L’actualité de la crise : QUAND LES ZOMBIES L’EMPORTENT, par François Leclerc

Paul Krugman titre sa dernière chronique dans le New York Times « When Zombies Win » (Quand les zombies l’emportent). Il la débute ainsi : « Quand les historiens étudieront les années 2008-2010, ils seront interloqués par l’étrange victoire que les idées fausses y auront remporté. Les fondamentalistes du marché libre, qui ont eu tort sur tout, dominant la scène politique plus fortement que jamais. »

La question mérite en effet d’être posée. Est-il possible que le système financier, qui a implosé et dont la crise se poursuit sans être maîtrisée, puisse continuer à parader en prétendant retomber sur ses pieds ? De quelles nouvelles promesses désastreuses sera-t-il dans ce cas capable ? Toutes les hypothèses, après tout, doivent être posées, même les pires.

Si l’on considère les Etats-Unis et l’Europe, des chemins opposés y sont pour l’instant empruntés, selon le rôle qu’y jouent ou non les banques centrales. La Fed et la Bank of England utilisent généreusement la planche à billet, tandis que la BCE s’y emploie plus modérément en s’en défendant maladroitement. Le déficit public américain ne cesse de croître, tandis que les Européens prétendent le freiner brutalement sans attendre.

Mais les choses changent du tout au tout, si l’on adopte un autre critère de comparaison. Dans les deux cas, on assiste en effet à un rétrécissement du rôle de l’Etat, des organismes sociaux et des administrations publiques ; conséquence d’allégements fiscaux – voie privilégiée des Américains – de restrictions budgétaires ou de diminutions des prestations sociales. Ouvrant en Europe grande la porte pour de nouvelles intrusions du privé dans des domaines où il n’intervenait que de manière relativement limitée. Paradoxalement, la crise lui donne l’occasion d’élargir son champ d’action.

Si cette tendance devait se confirmer, on assisterait à une extension du rôle du marché financier, à qui il serait confié de nouvelles responsabilités, alors qu’il a sans conteste failli. Qui plus est, sans qu’il soit encadré par de strictes mesures de régulation, afin de si possible éviter que cette situation ne se renouvelle. Comme si aucune leçon n’était tirée des événements et que la poursuite de ces turpitudes allait de soi.

Cela accentuerait alors encore plus les déséquilibres déjà bien engagés dans les sociétés développées. Additionnant aux effets de l’émergence de nouvelles puissances industrielles et commerciales ceux d’une inégalité sociale accrue, dans un contexte où la machine à faire de la dette ne pourra plus remplir le même rôle afin de la rendre moins douloureuse.

Si l’on se tourne du côté des mégabanques, comment prévoient-elles de s’adapter à la nouvelle donne, continuant de bénéficier pour une longue période de liquidités à bas prix mises à leur disposition par les banques centrales ? Conscient d’une chute prévisible et inévitable de leur ROE (return on equity, retour sur investissement), elles tentent de limiter les dégâts en se raccrochant aux branches, actives sur tous les fronts. Elles poursuivent leur résistance acharnée à l’adoption de mesures de régulations financières contraignantes, réorientent une partie de leur activité vers les nouveaux marchés émergents et cherchent à réduire leurs coûts, notamment grâce à l’utilisation de nouvelles technologies.

Rien ne sera plus tout à fait comme avant. Dans les pays développés il faut exploiter d’autres gisements et, chez les émergents, s’implanter localement de manière plus solide face à des banques locales imposantes et protégées par les Etats qui y défendent des intérêts. Les mégabanques se préparent à jouer pour les grandes entreprises de ces pays le rôle qu’elles ont joué dans les années 70, en aidant les entreprises occidentales à devenir des multinationales. Ainsi qu’à développer des marchés financiers encore embryonnaires, afin d’ouvrir des salles de jeu à l’identique de celles où les mises sont désormais restreintes.

Mais il est illusoire de relancer le marché de la titrisation et de retrouver un marché de la dette identique, ainsi que de retrouver les mêmes effets de levier faramineux, que la réglementation de Bâle III va restreindre. Bien que plus ou moins encadrés dans des chambres de compensation, les produits dérivés ne seront plus aussi profitables. L’interdiction aux Etats-Unis du proprietary investment, le trading sur fonds propres des banques, va également peser sur leurs résultats.

Tout additionné, les retours sur investissement atteignant 20 à 25% seront désormais hors de portée, les investisseurs devant se contenter de 10 à 15 % maximum, pour les banques les plus profitables, d’aux environs de 10% pour la catégorie au dessous, et encore moins pour les autres. Il devrait en découler une course à la dimension et une nouvelle vague de concentrations bancaires.

Réparer la machine financière est un travail de longue haleine. Ce ne sera pas à l’identique et va se faire au détriment des économies des pays développés, délaissées, accentuant une nouvelle donne mondiale déjà bien engagée. Voilà le mauvais tour que le capitalisme financier prépare, à total contre sens.

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99 réflexions sur « L’actualité de la crise : QUAND LES ZOMBIES L’EMPORTENT, par François Leclerc »

  1. Moody’s envisage d’abaisser d’un cran ou deux la note « A1 » du Portugal

    PARIS (AFP)

    L’agence de notation Moody’s Investors Service a annoncé mardi qu’elle réfléchissait à un possible abaissement d’un cran ou deux de la note du Portugal, actuellement de « A1 » pour la dette long terme, en raison de l’impact de son plan d’austérité sur son dynamisme économique.
    Dans un communiqué, Moody’s se dit préoccupé « par la croissance molle » du Portugal, liée à la faiblesse de la demande intérieure. Cette situation va être « exacerbée par l’impact de l’austérité budgétaire », a-t-il noté.

    […]

    Moody’s est tout à fait incohérent car les agences de notation demandent aux états des plans de rigueur et ensuite elles se rendent compte que cela va faire baisser croissance, donc recettes etc….et donc vous dégradent pour les conséquences envisagées de leurs demandes…..faudrait savoir les gars !!!

    1. Comme les plans de rigueur tuent la déja très faiblarde croissance, pourquoi persister dans cette voie sans issue?Et qui dit moins de croissance, dit encore plus de dettes et d’intérêts à payer, le cercle vicieux…impossible d’en sortir, mais il faudra bien trouver des solutions.Je me demande si les politiciens ne le font pas exprès dans leur gestion ‘coutermiste’ et ne visent plus que leur propre survie politique soit à terme de la prochaine élection?Après moi …le déluge!

    2. Dissy, notre monde fonctionne désormais comme un ordinateur, ou plutôt le programme informatique représente le fonctionnement de l’homme d’aujourd’hui.

      Ligne 40 du programme de Moody, c’était il y a un mois, la question posée était  » il y a t il un risque sur la dette portugaise  »
      ligne 41 du programme, la réponse est oui il y a un risque et la note est dégradée

      Mais nous sommes là dans le programme de Moody, par contre dans le programme informatique du Portugal :

      Ligne 40 avant la dégradation de la note de Moody, la réponse est tout baigne aujourd’hui
      Ligne 41 le programme reçoit la nouvelle notation et demande la réunion de tout le personnel
      Ligne 42 la réunion de tout le personnel décide devant la notation de Moody de faire un effort sur les dépenses

      Ligne 42 du programme de Moody, c’était hier, que dit on de la note du Portugal aujourd’hui, à l’évidence la croissance va ralentir du fait que les portugais décident de faire des économies, il y aura donc un ralentissement et en économie  » tous les programmes savent que c’est pas bon » donc la réponse est une nouvelle dégradation.

      Nous sommes dans la logique informatique et celle du temps, quand vous vous levez le matin, la question principale est il faut déjeuner et se laver, le soir la question principale est il faut se coucher… voilà selon l’heure du jour, le jour de l’année, la question principale change et pourtant nous n’avons pas changé, seule solution pour tout reprendre, c’est casser le programme et le relancer…

      Aujourd’hui sommes dans l’urgence du temps, l’individualisme, le manque de vision d’ensemble, le court termisme, un homme politique ne pense qu’à sa réélection, pas à l’avenir de notre pays, la retraite, bien évidemment ne pas pouvoir prendre sa retraite demain est une hérésie, on ne pense pas à après demain car le programme ne lit et ne pose des questions que pour aujourd’hui.

      Les programmes de tous sont déconnectés désormais les uns des autres, il y a le programme des investisseurs, leur seul dilemme avoir un bon résultat cette année, le programme de l’entreprise c’est comment vendre ses produits, le programme du salarié c’est j’achète ma tv demain… aucun programme ne lie tous les programmes, logiquement on pourrait dire que c’est celui des hommes politiques…

      Cela va plus loin, par exemple sur ce site avec M. JORION et LECLERC, nous sommes dans le programme finance, il est évident que la folie de la finance a pris sa source dans la dégradation de la rentabilité ancienne des entreprises, ce faisant et petit à petit la finance a transformé la gouvernance des entreprises qui sont devenues exclusivement financière et ici sur ce site on ne parle donc que des conséquences et de la finance d’aujourd’hui…

      Il y a d’autres programmes, mais il ne fonctionne pas ici, le pic de production de pétrole, la dégradation des conditions d’activité des entreprises occidentales face à la montée en puissance des entreprises des pays émergents….

      Voilà pas de vue d’ensemble et comme nouveau paradigme, chacun s’occupe de ce qu’il connait et a envie de s’occuper, voilà la crise est avant tout humaine… là aussi ce n’est pas le programme informatique de ce blog et pourtant M. JORION pourrait faire un programme mixte, il en a toutes les qualités…lol

  2. Soutien de la Chine à l’Europe en perdition:
    L’euro se ressaisit grâce au soutien de la Chine aux mesures en zone euro

    L’euro se ressaisissait mardi soutenu par la Chine qui s’est dite prête à soutenir les mesures de l’Union européenne et du FMI pour assurer la stabilité financière de l’Europe, ont relevé les cambistes. Vers 06H45 GMT (07H45 à Paris), l’euro valait 1,3170 dollar contre 1,3126 dollar lundi soir. La devise européenne était tombée lundi en cours de séance jusqu’à 1,3095 dollar, son niveau le plus bas depuis le 2 décembre. L’euro se reprenait également face à la devise nippone à 110,21 yens contre 109,95 yens lundi vers 22H00 GMT. Le dollar reculait face au yen à 83,68 yens contre 83,78 yens lundi soir.

    Qui a une idée de la forme que peut prendre ce soutien?Achats de bons ou ???

    1. Ah, le bon temps où l’Europe dominait l’Asie à coups de sabres et de goupillons ! Ah , le bon temps où la patrie des droits de l’homme innondait le monde de paix, de justice et de prospérité !
      O tempora O mores !

    2. @Paul

      Autant pour ceux qui disent que je ne me trompe jamais dans mes prévisions. Dix ans au lieu de dix-huit mois !

      Oui, d’autant que ce n’était pas du tout de ce genre de « sauvetage » dont vous vouliez parler alors, I presume. Isn’t it ? 🙂

  3. Le mythique studio de cinéma MGM annonce sa sortie de faillite

    Le mythique studio de cinéma américain Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) a annoncé lundi que son plan de restructuration, approuvé début décembre par la justice, était désormais effectif et qu’il allait pouvoir relancer la production de films. « MGM sort de l’une des périodes les plus difficiles de son histoire », ont déclaré dans un communiqué ses nouveaux co-dirigeants, Gary Barber et Roger Birnbaum, également patrons de Spyglass Entertainment (« Le Sixième sens », « Bruce tout-puissant », « Star Trek », « Invictus », « The Tourist »…) « Nous sommes honorés et inspirés par la chance qui nous est donnée de conduire l’un des studios hollywoodiens les plus mythiques vers une nouvelle génération de films inoubliables, la production et la distribution télévisée, et le développement de nouvelles plateformes numériques », ajoutent-ils. afp

  4. Intéressante, l’interview d’Emmanuelli dans le Monde d’aujourd’hui:

    http://abonnes.lemonde.fr/politique/article/2010/12/21/la-speculation-a-toujours-eu-un-role-economique-effectif_1456143_823448.html

    La conclusion est ahurissante :
    « Compte tenu de la place qu’on a laissé prendre à la sphère financière, je me demande si la gouvernance politique a les moyens de ramener ses acteurs à la raison. »

    Autrement dit: « Nous, les députés, sommes complètement impuissants. On n’a plus qu’à attendre la catastrophe. »

    1. Un autre l’avait dit dans les années 2000 sous une autre forme.
      Un dénommé Mr Jospin, à propos de Michelin si ma mémoire est juste.
      L’état ne peut pas tout …

      Mais l’Etat, nos politiques ont tout de même la possibilité de faire le contraire de ce que veut le peuple : voir le référendum européen rejeté à 55% et imposé au(x) peuple(s).

      Bref, ils font ce qu’ils ont envie de faire, au service d’une classe sociale.
      Pas la nôtre en tout cas.

  5. Les aides à trois banques irlandaises provisoirement autorisées

    La Commission européenne a donné son feu vert provisoire pour des aides publiques accordées à trois banques irlandaises. « Le secteur bancaire irlandais connaît des difficultés profondes », a commenté le commissaire à la concurrence.

    La Commission européenne, gardienne de la concurrence en Europe, a donné mardi son feu vert provisoire pour des aides publiques accordées aux banques irlandaises Anglo Irish Bank, Allied Irish et INBS, qui devront toutefois être restructurées ou démantelées.

    « Anglo Irish Bank et INBS devront soumettre début 2011 (à Bruxelles) un plan prévoyant leur démantèlement, tandis qu’Allied Irish Bank devra soumettre un plan de restructuration révisé », a indiqué le commissaire à la Concurrence, Joaquin Almunia, cité dans le communiqué.

    En attendant, Bruxelles a donné son feu vert provisoire aux nouvelles aides publiques accordées aux trois banques, à savoir une recapitalisation de près de 5 milliards d’euros pour Anglo Irish, de 2,7 milliards pour INBS, et de jusqu’à 9,8 milliards pour Allied Irish. « Il n’y a aucun doute que le secteur bancaire irlandais connaît des difficultés profondes en ce moment », a commenté Joaquin Almunia.

    Les aides « sont nécessaires pour s’assurer que ces institutions respectent leurs obligations respectives et aideront à préserver la stabilité financière en Irlande », a-t-il estimé.

    (afp)

  6. L’économie occidentale est basée sur la surconsommation.
    Je ne vois pas l’intérêt de sauver ça.
    Ma compagne m’a fait une remarque optimiste à ce propos : vu tous les milliards qui continuent à être dépensés dans la publicité, c’est peut-être que la consommation n’est pas si innée chez l’être humain.

  7. Le retour de l’étalon OR comme solution à la crise?

    Lentement mais sûrement, il refait son apparition dans les analyses économiques. L’étalon-or, que les gouvernements ont abandonné il y a près d’un siècle, semble être redevenu le Graal permettant de sortir des crises monétaires à répétition que nous connaissons depuis… près d’un siècle. Curieuse coïncidence, non ?

    A la mi-novembre, l’éditorialiste James Grant a chanté les louanges de l’étalon-or dans les colonnes du New York Times. Voici ce qu’il écrit :

    Laissez les économistes s’étrangler : l’étalon-or classique, le seul qui était en place de 1880 à 1914, c’est ce dont le monde a besoin maintenant. Dans son utilité, son économie et son élégance, il n’a jamais existé de système monétaire comme celui-là.

    Cet éloge est venu s’ajouter aux propos ambigus du président de la Banque Mondiale. Le 7 novembre, Robert Zoellick écrit, dans une tribune que lui accorde le Financial Times, qu’il faudrait mettre sur pied un Bretton Woods II, ajoutant que :

    Le système doit aussi envisager d’utiliser l’or comme point de référence international des attentes du marché vis-à-vis de l’inflation, la déflation et les futures valeurs des cours.

    Face aux commentaires que sa déclaration suscita, Robert Zoellick effectua une volte-face remarquable en déclarant, deux semaines plus tard :

    Je ne pense pas qu’on puisse retourner à un système de taux de change fixe comme l’est l’étalon-or standard. (…) Je ne suis pas partisan d’un retour au 19e siècle, lorsque l’offre de monnaie était couplée à l’or.

    En France, l’économiste Philippe Simonnot plaide, depuis longtemps, pour un retour à l’étalon-or. L’histoire et la crise que nous traversons nécessiteraient un “retour vers le futur”, un ré-ancrage des devises nationales au précieux métal.

    On oublie trop souvent que la monnaie n’est qu’une marchandise comme les autres. En des temps très anciens, plusieurs matières premières ont servi d’intermédiaires : le blé, le sel ou le thé. L’or et l’argent, deux métaux précieux, se sont finalement imposés en raison de leurs qualités intrinsèques. L’or est rare, inaltérable et facile à travailler. A cette époque, l’unité monétaire est le poids : on compte en grammes d’or, en onces ou en kilos. Sur ce système de mesures sont venues se greffer les premières monnaies nationales. Les gouvernements ont fait leur intrusion dans le système monétaire en créant des dollars (= un vingtième d’once d’or) ou des livres sterling (= un quart d’once d’or). C’est l’époque de l’étalon-or classique : chaque monnaie dépend de l’or et les taux de change sont fixes. Ils dépendent du marché, pas du gouvernement.

    Mais petit à petit, les monnaies sont devenues des instruments puissants pour les gouvernements. En obtenant le monopole de création monétaire, ils peuvent ainsi contrôler l’inflation. Quitter l’étalon-or permet de créer de la monnaie à cours forcé, autrement dit, à volonté. Voilà pourquoi la dette explose dans tous les pays du monde : la quantité globale de monnaie n’est plus liée à la quantité (forcément finie) des stocks d’or existant sur la planète. Avec Bretton Woods (1944), on instaure le Golden Exchange Standard : le dollar se substitue à l’or comme monnaie de référence, mais il y reste accroché, au taux fixe de 35 dollars l’once.

    Vint alors l’endettement croissant des Etats-Unis et l’ouverture d’une nouvelle ère monétaire, décidée en 1971 par Richard Nixon. Le président des USA déconnecta l’or du dollar, permettant à la monnaie américaine d’envahir le monde à grande vitesse. Les dollars dévalués s’éparpillaient pendant que l’or dormait dans les coffres de Fort Knox. Aujourd’hui, les économistes pointent du doigt la déresponsabilisation de tous les acteurs du système monétaire. Les banques centrales prêteuses en dernier ressort, incitent les banques à prendre des risques ; le FMI dernier recours contre les banqueroutes d’Etats, incite les gouvernements à dépenser ; et puis surtout les taux de change flottants qui permettent à chacun de fabriquer de la monnaie à partir de rien, sans aucune discipline, pour financer des politiques toujours plus gourmandes en moyens. Bref, depuis l’abandon de toute référence métallique, l’argent tombe du ciel. Et la crise inflationniste est là pour nous rappeler que le système se portait mieux sans l’intervention, à tout bout de champ, des gouvernements.

    Que pourrait apporter un retour à l’étalon-or ? Assurément davantage de stabilité, pour un système qui en a bien besoin. Les banques ne pourront plus prendre de risques non calculés car, pour éviter la faillite, elles devront couvrir toute leur monnaie par de l’or. Pas du papier sorti des rotatives de la Banque Nationale.

    Les temps sont-ils en train de changer ? La crise et ses répercussions sur les dettes souveraines a-t-elle fait prendre conscience d’un indispensable retour à la responsabilisation ? Il faudra qu’un gouvernement fasse preuve de courage, pour agir avant la grosse catastrophe. Aux Etats-Unis, la Fed a enclenché la planche à billets pour une nouvelle dose de quantitative easing. Mais la Federal Reserve a désormais intérêt à se méfier de son nouveau tuteur. Le député républicain Ron Paul vient d’être nommé à la tête de la sous-Commission parlementaire sur les dépenses internes. Avec ce “chien de garde”, la Fed a de quoi s’inquiéter. Depuis des années, Paul réclame un audit de la banque centrale américaine, et son livre End The Fed a été un best-seller. Cette nomination politique représente, mine de rien, un événement de taille aux Etats-Unis, à l’heure où un sondage Bloomberg nous apprend que de plus en plus d’Américains demandent la suppression de la Fed.

    De même, l’empressement des dirigeants européens à renflouer les caisses de la BCE et à instaurer un fonds d’urgence devrait aussi interpeller tous les démocrates. L’euro, cette construction politique, “doit être maintenu à tout prix“, fût-ce en modifiant unilatéralement le tout frais Traité de Lisbonne. Le subterfuge durera-t-il encore longtemps ? La Slovaquie évoque déjà son retrait de l’eurozone, 35% des Français veulent retrouver le franc, un Allemand sur deux est nostalgique du deutsche mark, tandis que les agences de notation continuent de dégrader ou de faire peser des menaces sur les pays de la zone euro. Le décalage de plus en plus flagrant entre les bureaucrates européens et la population de l’Union ne laisse pas présager d’une évolution positive. Le sauvetage des banques et celui de l’euro seront toujours assurés, en dernier ressort, par les citoyens.

    L’ère des banques centrales et de l’expansion aveugle du crédit est-elle révolue ? Nous sommes, soyons-en sûrs, à un tournant de l’histoire monétaire. L’or, qui a servi de monnaie à l’humanité pendant plus de cinq millénaires, mérite sans conteste d’être réhabilité. Il suffit de jeter un oeil sur l’évolution de son cours pour en être convaincu.

    PS : grâce à Wikileaks, on apprend que les grandes éminences de ce monde étaient conscientes, dès début 2008, de l’insolvabilité systémique des banques. Le plan de recapitalisation massive se profilait déjà, mais à l’époque (comme aujourd’hui d’ailleurs), on préfère siffler l’air de Ray Ventura.

    Ludovic Delory – Econoblog – RTL INFO.be

    « En s’alignant sur Angela Merkel, Nicolas Sarkozy fait une erreur tragique »

    http://www.marianne2.fr/En-s-alignant-sur-Angela-Merkel-Nicolas-Sarkozy-fait-une-erreur-tragique_a200981.html

    Sortir de l’euro : plus facile qu’on ne le croit

    http://www.marianne2.fr/Sortir-de-l-euro-plus-facile-qu-on-ne-le-croit_a200989.html

    http://www.marianne2.fr/L-euro-sauve-qui-peut_a200851.html

    1. l’étalon or, c’est totalement débile! Si on veut provoquer une superdéflation, faisons’cela!
      Comment même oser y penser?
      C’est un crime contre l’humanité!

    2. l’étalon or, c’est totalement débile!

      Non seulement c’est debile, mais c·est pas du tout ce vers quoi notre syteme monetaire est en train d’evoluer et a zero chance sur 100 d’arriver.

      Les cretins de journalistes ont bien entendu mal interprete la pettite phrase de Zoellick:
      « Le système doit aussi envisager d’utiliser l’or comme point de référence international »

      Ces cretins en ont conclu qu’il parlait de retour a l’etalon or.

      Evidemment Zoellick a repondu qu’il n’envisageait pas un retour au XIXe siecle.

      Et maintenant ces cretins n’ont toujours pas compris ce qu’il voullait dire.

      Ce qu’il voulait dire, c’est ce vers quoi notre systeme est deja en train d’evoluer a vitesse grand V sans que personne dans les medias ne s’en rendent compte.

      Le nouveau systeme monetaire qui est en train de se mettre en place va effectivement, comme le dit Zoellick, utiliser l’or comme point de reference international pour toutes les monnaies dites de reserve (USD, EUR, GBP, JPY, AUD, CAD, CHF, SWK, etc….).

      Mais cela ne veut pas dire un retour a l’etalon or.

      La fragiliete du systeme actuel provient, en autres, au niveau monetaire, du fait que les reserves, c’est a dire les actifs des banques centrales, creances de dettes qui permettent de creer la base monetaire, sont principalement composees de dettes des etats et autres d’nstitutions publiques et privees Or ces memes etats et institutions sont pour la plupart clairement et effectivement insolvables.
      Insolvables car il est evident, pour toute personne qui dispose d’un cerveau en fonctionnement normal, que la capacite de ces etats de rembourser ces dettes (principal + interets) par le surplus degage sur la collection des impots est absolument inexistente. Il faut vraiment etre con pour pas comprendre que, meme avec les exercices de rigueur qu’on nous promet, il s’agit seulement de reduire le deficit, et encore ces reductions pre-supposent des reves impossibles de croissance comme si on retournait a la normale,

      Ecoutez bien cela : meme avec ces hypotheses debiles que nos politiciens veulent faire croire comme realistes, on arriverait seulement a reduire le deficit et donc meme pas a degager un surplus pour rembourser le principal.

      Donc insolable, il n’y a pas d’autre mot.
      Donc ces obligations d’etats et autres creances qui constituent la majeur partie des reserves des banques centrales vont disparaitre, c’est a dire etre liquidees, zilch, valeur = 0.

      Il leur restera donc leur creances en or, dont la valeur en Euros, ou dollar ou autre monnaie du systeme actuel, va gonfler au fur et a mesure que les autres actifs vont disparaitre.

      Cela veut dire que finalement, les reserves seront constituees exclusivement en or, mais que le cours de l’or en monnaie, au lieu d’etre fixe, flottera en foncton de l’extension de la base monetaire des differentes monnaies.

      Je avis prendre un exemple numerique avec des valeurs approximatives pour simplifier :

      Le bilan de l’ECB est constitue actuellement pour les actifs de 500 milliards d’Euros de creances en or au cours actuel de 1000 euros l’once (mark to market) et de 1500 milliards d’euros en creances douteuses (mark to fantasy) dont la valeur reelle est beaucoup plroche de zero que de ce chiffre fantaisite. De l’autre cote on a un passif de 2000 milliards d’Euros, 1900 milliards pour la base monetaire (billets et reserves des IFM) et 100 milliards de fond propres.

      Donc a l’arrivee on aura 2000 milliards d’euros de creances en or au cours de 4000 euros l’once, 0 en creances douteuses, et la meme base monetaire qu’aujourd’hui.
      Si l’ECB voudra ettendre la base monetaire, il lui faudra sot acheter plus d’or, si elle souhaite aue le cours de l’euro en or reste stable, soit laisser le cours de l’euro diminuer.
      Vous repettez le meme mecanisme pour les autres monnaies et vous avez un systeme de monnaiies flottantes entre elles par rapport a un cours de l’or flottant par rapport a ces monnaies en fonction de l’expansion des bases monetaires respectives.

      On aura donc un systeme dual : la monnaie de reserve sera l’or, les monnaes d’echanges seront les monnaies papier actuelles dont les cours flotteront par rapport a l’or.

      Cette nouvelle mutation du systeme monetaire est en train de se mettre en place actuellement sans que rien ne puisse arreter cette evolution.

      Cdt

  8. Ouvrant en Europe grande la porte pour de nouvelles intrusions du privé dans des domaines où il n’intervenait que de manière relativement limitée. Paradoxalement, la crise lui donne l’occasion d’élargir son champ d’action.

    Oui, en même temps, faut-il s’en étonner ou y voir un paradoxe ? Car cette aporie apparente ne fait finalement que renforcer la thèse de Naomi Klein sur le capitalisme du désastre, qui sait tirer profit de chaque crise pour renforcer ses intérêts.

  9. Monsieur Paul Jorion ,dans l’intervention de Vendredi a cru ,me semble-t-il,nécessaire de quasiment se justifier quand à son athéisme parfaitement assumé. C’était,selon mon point de vue, un peu trop « soumis ». Simple avis sans prétention de ma part.

    Ceci dit,et considérant le propos concernant,selon lui,l’aventure allemande à court terme , une certaine analogie se fait à propos de la Chine,dans une intervention un peu plus ancienne. Serait-ce que l’épaisseur des obscurités des arcanes gênerait sensiblement une lisibilité plus grande ? Je le conçois volontiers.Néanmoins,concernant nos cousins d’outre-rhin (où est né notre Fils ,mais point à Coblence. c’était à Trêves…comme Karl Marx !!! ) ,je peux suivre la logique de Paul Jorion avec beaucoup d’aisance sur cet aspect.

    En réalité,le brouillard qui régnait encore ce matin sur nombre de régions françaises,domine très largement sur toutes les sphères économiques,financières et sociales et ce,dans tous les pays.

    Que dire,hors les faits connus,visibles,quant à la suite,quant aux suites ???

    Pour ma part,et j’en remercie Monsieur Jorion et Monsieur Leclerc,ainsi évidemment que tous les « Pros » du blog,–avec bien sûr Messieurs les  » Dircab  » et autres Hauts Commis de l’Etat lecteurs et/ou intervenants fidèles et avisés : il vous faut perdurer,et ce ,à fortiori compte tenu de l’opacité généralisée signalée ci-dessus.

    Je crois aux Possibles,je nourris espoirs et Espérance ,et je souhaite ,avec la vigueur de cette Espérance,qui chez moi est Vitale comme chez nombre d’autres, à Chacun de Bonnes Fêtes de Fin d’année.
    A Tous La bonne étoile.
    A Tous ,ensemble ,condition essentielle, d’emprunter Le Bon Chemin.

    Ici ,via ce blog ,nous sommes gâtés,vraiment bien servis….Chose très très rare aujourd’hui !!! Et pourtant ,Si Indispensable.

  10. Quatres américains sur 10, ce n’est pas tout à fait la moitié, croient au créationisme. Est-ce assez ZOMBIE à votre goût ?
    Four in 10 Americans, slightly fewer today than in years past, believe God created humans in their present form about 10,000 years ago. Thirty-eight percent believe God guided a process by which humans developed over millions of years from less advanced life forms, while 16%, up slightly from years past, believe humans developed over millions of years, without God’s involvement.
    A small minority of Americans hold the « secular evolution » view that humans evolved with no influence from God — but the number has risen from 9% in 1982 to 16% today.

  11. Self-righteous Germany must accept a euro-debt union or leave EMU
    If Germany and its hard-money allies genuinely wish to save the euro – which is open to doubt – they should stop posturing, face up to the grim imperative of a Transferunion, and desist immediately from imposing their ruinous and reactionary policies of debt deflation on southern Europe and Ireland.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/comment/ambroseevans_pritchard/8212936/Self-righteous-Germany-must-accept-a-euro-debt-union-or-leave-EMU.html

  12. A propos des agences de notations, je pense qu’il faut bien remarquer qu’elles peuvent toujours être à côté de la plaque. Il y a quelques jours, S&P a admis s’être trompé sur des notations récentes de produits titrisés. Voir ici par exemple:
    http://stprodex.blogspot.com/2010/12/les-agences-de-notations-ont-encore.html
    http://stprodex.blogspot.com/2010/12/lerreur-de-s.html

    Après la contributions des agences de notations à la crise financière, on pourrait s’attendre à ce qu’elles sachent un peu mieux ce qu’elles font. Se tromper sur des notions basiques de structures comme dans le cas de S&P c’est impardonnable.

    Alors quand une agence émet une opinion sur la qualité de la dette d’un pays Européen, quelle foi faut-il avoir en leur jugement ?

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