A PROPOS DE FREDERIC LORDON, CAPITALISME, DESIR ET SERVITUDE, MARX ET SPINOZA, par Jean-Luce Morlie

Billet invité.

«… les maquereaux de ses voluptés et les bénéficiaires de ses rapines » La Boétie, Discours de la Servitude volontaire

Chaque forme d’organisation économique ouvre ou ferme à différentes gammes de sentiments. Quelle forme de joie nous fera collaborer ?

Peter Sloterdijk relève que le mot « colère » inaugure la première phase de la tradition européenne (1) – « La colère d’Achille, de ce fils de Pélée, chante-la-nous, Déesse… ». Les souffrances engendrées par l’effondrement du capitalisme produiront-elles l’écœurement comme condition d’un redressement salutaire, ou bien le dégoût cédera-t-il le pas aux colères vengeresses fondées sur le ressentiment des injustices passées ? Fût-elle cette colère, comme le souligne Sloterdijk, « enjolivée pour prendre les accents de la rédemption du monde, du messianisme social ou du messianisme démocratique ». Observons sur ce blog, que les passions « reconstituantes » bouillonnent déjà, alimentées d’assez d’amertume pour revenir piller ce qui fut jadis enlevé. Crac, chacun y ira de son couplet, videra son ressentiment en promulguant la Loi. Quel pied !

Martine Mounier résume parfaitement l’enjeu de l’entreprise de balisage constitutionnel de l’économie proposé par Pierre Sarton du Jonchay, « Zebu » et Cédric Mas : l’ontologie de la valeur par le prix comme rapport de force – appelle à « maximiser le dialogue comme vérité des rapports et des enjeux ». C’est sans doute la seule voie démocratique pour éviter la terreur. Sur cette base, Cédric Mas teste une Déclaration des Règles économiques fondamentales, projet, toujours risqué, d’une économie juste. Cette approche raisonnée nous sauve des aléas que générerait un rassemblement de passions portées par des braillards voulant être applaudis par une « Constituante ». Pourtant, la Raison constituante serait incomplète si elle ne rendait pas compte des affects qui la portent. Sommes-nous démocrates dans le ventre comme nous le serions dans la tête ? L’usage du dialogue comme explicitation du rapport de force ne va pas sans pathos. Ne faut-il pas, comme le rappelle Jorion, faire la différence entre l’intellect du citoyen et les sentiments qui l’animent ? Le temps se couvre, peut être aurions-nous intérêt à devancer les trajectoires de nos affects pour poser nous-mêmes quelques paratonnerres, ou deviner ceux qui manœuvrent dans de nouveaux champs de captation de la « bonne gouvernance ». La frugalité consentie – déjà si consensuelle – ne pourrait-elle renouveler la domination de quelques-uns ? Ne pourrait-elle puiser ses forces dans le renoncement de tous à l’exultation, dans le partage fraternel de la contrition coupable ou mieux, dans une forme d’océanité qu’une pointe d’humilité vengeresse tournerait sitôt en « new-âge saint-sulpicien ». Discutons de l’économie, à commencer par les joies que nous en attendons. Par exemple, le point 1 du projet de proposition de Mas n’enrôle-t-il pas nos bons sentiments autour du « bien-être de la petite famille » et ne capte-t-il pas nos affects par la séparation d’entre les faibles, les mandataires et les déviants (point 9).

Frédéric Lordon (2), l’un des rares à avoir prédit l’orage, aborde le paysage passionnel du capitalisme et, reprenant le paradigme de la servitude volontaire, en dessine la géométrie, l’applique et perce « le mystère » de l’enrôlement au service de l’entreprise d’un patron. Lordon emprunte à Spinoza ses lentilles et construit la lunette qui lui permet de relire l’éphitumè (agencements de désirs) capitaliste. À l’heure où la couleur des cases risque de changer, ce n’est pas une mauvaise idée de revisiter la question de la domination en compagnie de La Boétie. L’effet est surprenant, Lordon maîtrise parfaitement la mise au point de l’instrument, mais curieusement n’observe que par un bout. Par de nombreux et passionnants détours, il nous offre à voir, en fin de course, qu’une organisation économique particulière sélectionne la gamme d’affects sur laquelle elle puise les forces qui la maintiennent. Ce que Lordon ne regarde pas est également éclairant ! Alors que La Boétie désigne la corruption comme « ressort secret de la domination », Lordon ne voit pas le pivot de la balistique qui propulsera le Discours au travers des siècles. Pour rappel, voici le paragraphe central par le moyen duquel La Boétie opère son étonnant renversement de perspective :

« J’en arrive maintenant à un point qui est, selon moi, le ressort et le secret de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie. … Ce ne sont pas les bandes de gens à cheval, les compagnies de fantassins… Il en a toujours été ainsi : cinq ou six ont eu l’oreille du tyran et s’en sont approchés d’eux-mêmes, ou bien ils ont été appelés par lui pour être les complices de ses cruautés, les compagnons de ses plaisirs, les maquereaux de ses voluptés et les bénéficiaires de ses rapines. Ces six en ont sous eux six cents, qu’ils corrompent autant qu’ils ont corrompu le tyran. Ces six cents en tiennent sous leur dépendance six mille, qu’ils élèvent en dignité. » (A)

Pour répondre à la question « quelqu’un a envie de faire quelque chose qui nécessite d’être plusieurs », comment ça marche ? Capitalisme, désir et servitude, analyse la captation des passions par l’ordre économique sur deux cents pages, mais curieusement « corruption » n’apparaît sur aucune, le thème n’est tout simplement pas traité! Faire ainsi l’impasse sur « maquereaux-rapines-cruauté-plaisir- volupté » pour la genèse de l’épithumogénie jusqu’à son stade néolibéral, voici un acte manqué qui sonne comme une parfaite réussite. Pour La Boétie, la vérité ne consiste pas simplement à dire « nous aimons notre asservissement, mais bien plus fort, il nous force à changer de regard sur nous à la façon dont Jorion inverse la perspective commune et nous fait penser « …ce sont les choses qui « captivent », qui capturent les hommes, » et nous pourrions dire d’une personne que « c’est l’ensemble des choses qui ont pu capturer son nom. » (3), de même, après Lordon, la voie est ouverte pour penser que se sont nos systèmes d’affect qui se choisissent la forme d’économie qui leur convient (écoutons les bruits de nos boyaux) et observons le mouvement du texte de la Servitude. La Boétie commence par nous mettre « tous dans le coup », il compte par 6 X 600 X 6000 (comme à son époque, l’opération est encore compliquée, il précise l’ordre de grandeur final « des millions », soit ici 21.600.000, – l’ordre de grandeur de la population de la France à son époque- . Ce décompte génère l’image de la chaîne de soumission en ordre strict descendant, et à laquelle depuis nous nous accrochons, Lordon (p. 4.1) confirme « c’est donc une structure hiérarchique de la servitude que donne à voir La Boétie » et prend pour principe de son intangibilité que chacun s’efforce de garder les avantages de sa position.

La Boétie ne s’arrête pas là, il rompt la stricte transitivité de la chaîne de domination descendante, en superposant une relation de domination montante sur l’un des maillons ! C’est le second maillon qui dirige le premier, « les six du dessous » utilisent le Tyran à leurs désirs. Les formes des relations sont données, dès lors, La Boétie laisse le lecteur déduire de lui-même les propriétés de l’ensemble, il le laisse libre de transposer, à la chaîne tout entière, l’exemple qu’il a donné de dépendance montante ; au lecteur d’annuler tout ce qu’il croit. Ce point du texte est métastable et la bifurcation inévitable, car si de lui-même, le lecteur n’applique la transitivité de la soumission montante sur toute la longueur de la chaîne, alors il s’oblige à lire que ce sont six sales types qui sont responsables de tout ! Avec La Boétie, sans même vous en rendre compte, vous choisissez de lire, ou de relire, selon votre état d’âme, vous choisissez d’en rester, ou non, au stade pour lequel le désir maître est de se faire chacun par rapport aux supérieurs comme aux inférieurs « maquereaux de ses voluptés et les bénéficiaires de ses rapines ».

« Renverser la perspective » aide à mettre en doute les méthodes avec lesquelles nous envisageons la construction du monde à venir, lorsque nous risquons de les justifier à partir d’une vision, peut-être fausse, de nous même. Aussi, chacun lit selon « son » La Boétie. Il est en effet, de bon ton, à gauche comme à droite, de souligner l’oxymore, comme de déplorer la faiblesse de l’argument de la servitude volontaire, puis de sourire poliment à la naïveté d’un La Boétie racontant que « le peuple prendrait l’habitude de servir si niaisement à cause de vains plaisirs qui l’éblouissent ». Mais non, Camarade ! Ce n’est pas « seulement cinq ou six », comme le croit La Boétie, mais bien, Camarades, les forces de l’ordre et de la répression qui nous tapent dessus, (« taper dessus », ça c’est sur !). Par contre, La Boétie le dit tout sec, nous restons soumis parce que nous sommes animés des mêmes passions mauvaises dont nous chargeons le tyran, ses sbires, et le concierge, de nous en redistribuer les petits bénéfices. L’avouer, à droite, serait perdre la face, tandis qu’à gauche, allez donc enrôler des maquereaux ! Quant aux « nanars », souvent ils n’y voient goutte, – le peuple s’asservit lui même par sa docilité- et ne retiennent de La Boétie que le mode d’action à la Cantona « si on ne leur donne rien, si on ne leur obéit point, sans combattre, sans frapper, ils demeurent nus et défaits et ne sont plus rien ». Reste « nos bons sociologues », qui se satisfont, comme d’une vertu dormitive, de dire que le peuple « introjecte les valeurs des dominants », s’octroyant ainsi et au passage la position d’en pouvoir absoudre la « fausse conscience ».

Les renversements de perspective prennent des siècles, il nous revient de poser ouvertement les choix éthiques et affectifs sur lesquels organiser les lignes de commandement des sociétés complexes. Ne refondons pas l’économie sans prendre garde à la construire comme faux nez de la domination, non pas « par les patrons », mais selon les désirs qui utilisent l’usine pour acheter les petits morceaux de soi dans les choses qui possèdent votre nom (je veux « de la marque » papa, moi aussi j’y ait droit n’est-ce pas ?).

§

Pour La Boétie, vu au travers du renversement qu’il suggère, l’Ancien Régime construisait sa ligne de commandement sur une gamme d’affects douteux – protégés par des piques. Avec la bourgeoise, l’argent voit son rôle renforcé. Lordon rappelle que le capitalisme est une variante de l’art de commander et d’abord, par la peur de crever de faim. Avec la dépossession des outils de travail, la soumission au salariat est la seule issue et, bien au-delà de la justification par la production matérielle, l’argent, que seul le patron peut dispenser, est l’instrument de cette domination. Tel un sésame, l’argent donne accès à toute satisfaction, sans lui point de salut, devons-nous nous étonner qu’il héritât de la charge d’affects crapules par lesquels, s’il faut croire que La Boétie ne fut point sot, régnait l’ancien régime ; l’argent n’a rien changé aux mauvaises habitudes, il est devenu leur instrument. Après deux siècles, s’est reconstituée une aristocratie d’argent possédant et imposant tout sans vergogne, croyons-nous le temps de la corruption dépassé ? Serait-ce alors inutile de se préoccuper de l’épithumogènese de la société qui vient ? Ne vivons-nous pas une succession de phases similaires à l’effondrement de l’empire soviétique, (et pourquoi donc, serions nous plus fins que les Russes). Ne nous retrouverions nous pas, dans quinze ans, autant dominés par le couple mafieux et ex KGB que dans la Fédération de Russie aujourd’hui (6), à la différence près, que l’ex KGB sera remplacé par les transfuges roués et super-entrainés des rouages combinards de la social démocratie (trsercsd). Si je m’amuse de cet acronyme peu lisible, c’est qu’il est, non seulement homomorphe au « sens de l’Etat » dans le cursus tout bêtement carriériste de nos représentants au Conseil Communal comme au Sénat, mais avant tout et qui plus est, tout aussi opaque que notre infinie tolérance aux déviances. Le « nous on sait tout, mais on ne fait rien » de Dutronc signe sans conteste et depuis quarante ans l’entrée en spectacle de notre volonté de consentir à notre servitude.

§

Alors point de révolte ? Émerveillement : chaque rotation terrestre s’accompagne d’une formidable onde de mise en marche des corps. Stupéfaction : les mouvements de tous nos corps sont alignés, à chaque lever du soleil, en métro, à pied, en voiture, à cheval et en bensodiazepine, nous convergeons aux désirs du patron. Plus finement vu, la division du travail rend possible l’enrôlement des parcelles dans un projet qui n’est pas leur, la puissance d’agir de chacun est capturée par le désir maître de l’entrepreneur. Le salariat serait donc une forme de capturat des désirs. Le paradoxe de la servitude volontaire serait résolu, aseptisé même, car avec l’approche moderniste, au-delà de la peur, le travail s’enrichit d’affects positifs, les techniques des ressources humaines transposeraient aux travailleurs le modèle de la réalisation de soi « inspiré du patron » en y ajoutant les petits plaisirs de la consommation, quitte pour le capital à en avancer le crédit.

Choisissons donc entre deux visions du monde. La corruption, accompagnée de sa veulerie audiovisuelle à la Berlusconi, n’est ici surévaluée qu’afin de soutenir la presse et alimenter l’amertume des bistros, ou, la corruption est notre affaire à tous. Si vous hésitez devant le risque de vous faire traiter de « populistes tous pourris », voyez les ouvrages de Pierre Lacousme (4) et surtout sondez-vous les reins. Sous un autre angle, Jean de Maillard, dans une analyse aussi prémonitoire et serrée que celle de Jorion , montre a contrario, que sans la corruption, la simple application du droit aurait arrêté non seulement les dérives gigantesques des économies « grises » et « noires », mais aussi l’effroyable succession des dérapages financiers. Plus encore, de Maillard démontre que le détournement de la Loi est devenu fonctionnel, car nécessaire. Nécessaire, car depuis la crise des Savings & Loans, dans les années 70, c’est l’émergence de comportements déviants suivis de leur légalisation qui a permis la correction des embardées successives du système financier, et après chaque rétablissement a relancé les déséquilibres à venir, augmentés d’un degré de crise.

Il y a quelque temps, Paul Jorion rappelait que les crises rendent le fonctionnement normal plus visible. C’est amusant, l’exacerbation des scandales, aujourd’hui, préparerait la « prise des places » par les parangons de la vertu ? Il est vrai que le remboursement de la dette publique exigera le retournement des affects joyeux de la croissance consumériste en sentiment de contrition volontaire. Sur ce point, la lecture de l’épithumé capitaliste serait parfaitement éclairante de son devenir, voici venue l’ère des patrons quakers, tôt levés et si possible issus du rang et se rendant à l’usine en bicyclette.

§

Le statut ontologique de la vérité synthétisé par Mounier recueille notre défaillance, loin de devoir être dissimulée, notre habitude des passions crapules redevient une donnée dont la prise en compte est enfin possible :

« Dans ce cadre, nous acceptons le monde comme mouvant et faillible, c’est cela qui est à mon sens tellement intéressant. La défaillance apparaît par conséquent telle une donnée qui loin de devoir être évitée et dissimulée – ce qui est le cas actuellement : la dette en étant le symbole – doit être prise en compte(s) afin de permettre aux accords socioéconomiques de se réaliser dans des conditions optimales de satisfactions pleines et relatives. »

Assurément le mouvement de la vérité se montre en marchant, mais il faut partir d’un bon pied. La solution unanimiste « à la quaker » proposée par Paul, fonctionne parce qu’ils sont tous quakers au départ, il est normal qu’une solution « quaker » émerge. Mais si nous refusons de nous lire dans La Boétie comme passionnément corrompus , nous continuerons de l’être. La relecture de Lordon contribue quelque peu à forclore notre aveuglement, car si Lordon éclaire que le capital vit de nos passions, encore faut-il désigner lesquelles, celles qui justement nous produisent comme masse « informe », tel l’homo sovieticus, celui dont le florilège d’ironie démontre qu’il était parfaitement informé de la corruption générale et conscient de sa lâcheté, avec l’humour comme soupape. Dans la vérité du dialogue, « c’est la faute aux chefs », nous démarre d’un mauvais pied, l’accord se fera entre deux coquins s’arrangeant pour en pendre un troisième : notre morale commune sera d’une autre trempe que celle des quakers, voilà tout !

=====================

1.   Peter Sloterdijk, Colère et temps, Libella Maren Sell, 2006, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni.

2.   Fréderic Lordon, Capitalisme, désir et servitude, Marx et Spinoza, La fabrique, 2010

3.   Paul Jorion, La transition (V) – C’est quoi moi ?

4.   Pierre Lascoumes, Favoritisme et Corruption à la française, petits arrangement avec la probité, Sciencespo, 2010

5.   Jean de Maillard, L’arnaque, La finance au-dessus des lois et des règles, Le débat Gallimard 2010

6.   « Medvedev – Adresse à la nation, 30 novembre 2010 – repris par Médiapart – « … selon les estimations les plus prudentes : commissions, pots de vin et vols par des officiels pèsent 33 milliards de dollars …».

Et toujours d’actualité : http://h16free.com/2010/04/27/2578-la-discrete-mise-en-place-des-societes-publiques-de-corruption

.

Partager :

94 réflexions sur « A PROPOS DE FREDERIC LORDON, CAPITALISME, DESIR ET SERVITUDE, MARX ET SPINOZA, par Jean-Luce Morlie »

    1. @ Piotr
      mdr ! ce premier commentaire décontracte et ça fait du bien parce que je commençais à me sentir coupable…
      @ JM Morlie
      Nous serions donc collectivement coupable( je reste avec ce mot même si ce n’est peut-être pas le bon) ? On va bientôt parler du bon Dieu là, non?

  1. Une sorte de tension neutralisante entre le tu ne vaux rien (christianisme masochiste) et le parce que tu le vaux bien (hédonisme consumériste).

    1. Arrête de me tutoyer Piotr, tu vois bien qu’en bon schizophrène je suis deux.
      Parfois amis et parfois en conflit.
      Je veux ma Rolex et vivre dans les bois seul avec mon chien.

  2. Monsieur Morlie, comment pouvez-vous ne pas voir que, derrière ce discours de La Boétie, il n’y a rien ? Cette servitude volontaire est une pseudo-explication à ranger dans la catégorie des dieux créateurs. Elle ne mérite pas un mot de plus.

    1. Cela relève des études sur le charisme… mais dans la mesure où elle ne donne pas prise sur le phénomène, en effet cela ne sert à rien !

  3. Deux éléments complémentaires à ce “libre-propos” intéressant et original :

    D’une part le nouveau site de Mr Lordon à cette adresse qui regroupe pas mal de textes, dont des refusés, et surtout ses vidéos de conférences :

    http://www.fredericlordon.fr/

    à actualiser éventuellement sur le blog (en sus du blog du monde diplo).

    D’autre part, cette idée de “corruption” doit être élargie à la complicité. On approche alors les travaux sur les mécanismes d’adhésion à un groupe criminel ou extrêmiste.

    Intéressant donc.

    CM

    1. « libre-propos » intéressant et original .
      J’adhère, et suis entièrement complice de vos propos.
      J’ai pas lu. C’est pas grave, Je suis intéressant et original moi non plus.
      Assange aussi……. j’ai pas lu.
      Mais je signe pour lui.
      C’est un pot’ à moi….. “set them free” et vive la easy solitude de masse ! 🙂
      Intéressant donc, ….et bon pour le moral.
      Et un bébé sur la paille nous dit “je suis Amour”……

    1. Oui, Hub …. Cherchez l’erreur!

      Les “élites” sont maintenant décomplexées et les modifications de Loi récentes dans le domaine des affaires financières et économiques sont toutes dans le même courant de pensée : il faut pouvoir s’enrichir par tous les moyens et en toute impunité.

      Chose amusante, cela accélère encore la concentration de richesse, car les moyens employés étant plus importants, les effets sont encore supérieurs.

      Pour en revenir à cette affaire précise, regardons bien que la punition étant inférieure au gain réalisé, cela implique un message fort :

      ALLEZ-Y, LES GARS : TRUANDER UN MAXIMUM, CELA VOUS RAPPORTERA TOUJOURS PLUS MEME SI VOUS VOUS FAITES GAULER.

  4. Je suis à la recherche d’une citation des Goncourts, si quelqu’un peut m’aider ? A propos d’insurgés, c’est du genre “tuez-les tous, qu’on en soit débarrassé pour un siècle”. En attendant, en lisant ceci :

    http://www.freres-goncourt.fr/BarbierSteMarie/a6maijuin1848.htm

    Il me semble que 1848 est intéressante à plus d’un titre, remarquez comme déjà les Goncourts se situent dans une perspective de lutte des classes ! Et comme l’avenir socialiste leur parait proche. Les Goncourts permettent de lire à coeur ouvert dans les sentiments de la bourgeoisie, leur naiveté ne cache ni leur misogynie ni leur paternalisme…

    merci, L

    1. @Charles A.

      Très intéressant, merci. L’actualité de 1848 serait dans le dévoilement de la vérité brute des rapports de force, ainsi que de la goujaterie des dominants… Des milliers de morts dans cette répression mais il ne s’agit pas de “Terreur”, c’est une répression amicale. En tous cas, je suis toujours à la recherche de cette citation des frères Goncourts ..

    2. Edmond de Goncourt ? : “On les abat à la mitrailleuse.Quand j ai entendu le coup de grâce , ça m a soulagé. “

    3. Il me semble que 1848 est intéressante à plus d’un titre

      juste feuilleté : un livre d’un témoin visuel de la révolution de février et des journées de juin 1848 …
      Louis Ménard( poète, helleniste et révolutionnaire ) ” Prologue d’une révolution” / La Fabrique

      en exergue du premier chapitre :
      “Une révolution qui n’a pas pour but d’améliorer profondément le sort d’un peuple n’est qu’un crime remplaçant un autre crime” / Robespierre.
      dans la préface :
      …” Alors on nous dira : ” La vengeance est impie,
      Il faut pardonner, non punir.”
      Et quand le sang versé veut du sang qui l’expie
      On parlera de repentir.”
      après le coup d’état de Louis-Napoleon :
      …”Mais je suis bien las de ces tyrannies
      Qu’adore en tremblant le monde à genoux;
      Peuples énervés, races accroupies,
      Nous léchons les pieds qui marchent sur nous….”

  5. La guerre a fait sortir Flaubert et les parnassiens de leur tour d’ivoire [4]. La Commune fait se craqueler le vernis d’opinion des écrivains. Ceux qui, sous l’Empire, dénonçaient le bourgeois, en défendent maintenant les intérêts. La situation est simple à leurs yeux : les Communards ne sont pas mus par des raisons idéologiques ou politiques, puisqu’ils ne sont pas des hommes mais des bêtes. Daudet les appelle têtes de pions, collets crasseux, cheveux luisants, Edmond de Goncourt une racaille déguisée en soldats [5], Anatole France, un comité d’assassins, une bande de fripouillards, un gouvernement du crime et de la démence, Gautier, des animaux féroces, des hyènes et des gorilles, qui se répandent par la ville épouvantée avec des hurlements sauvages [6]. [Que le peuple] crève donc de faim et de froid, ce peuple facile à tromper qui va bientôt se mettre à massacrer ses vrais amis ! écrit Leconte de Lisle. A l’histoire et à la sociologie, ces auteurs substituent la biologie. Ernest Feydeau : Ce n’est plus la barbarie qui nous menace, ce n’est même plus la sauvagerie qui nous envahit, c’est la bestialité pure et simple. Maxime Du Camp penche plutôt pour un accès d’épilepsie morale ; une sanglante bacchanale ; une débauche de pétrole et d’eau de vie [7]. Son ami Flaubert pense qu’on aurait dû condamner aux galères toute la Commune et forcer ces sanglants imbéciles à déblayer les ruines de Paris, la chaîne au cou, en simples forçats. Comme bientôt Taine et Renan, il considère que la perte de la guerre est la conséquence de la décadence morale et sociale du Second Empire. Ernest Houssaye écrit au sujet des Communardes : Pas une de ces femmes n’avait une figure humaine : c’était l’image du crime ou du vice. C’était des corps sans âme qui avaient mérité mille fois la mort

    1. Les riches ne se privent pas de mépriser les pauvres par contre.

      Il est possible qu’apparaisse bientôt une nouvelle sous-espèce humaine, celles des riches, suffisamment différenciée du sapiens pour exister en tant que groupe.
      Ils habiteraient sur quelques îles paradisiaques isolées et bien protégées des importuns, loin de la pollution et du stress, mangeant des produits de haute qualité et pas du tout OGM. Ils se feraient soigner dans quelques cliniques très haut de gamme, meilleurs médecins et équipées au top, qui leur permettraient surtout d’améliorer leurs descendance par clonage des meilleurs morphotypes et sélection des meilleurs embryons implantés dans une mère porteuse soigneusement alimentée et surveillée. Puis la meilleure éducation, les meilleures places dans les organismes internationaux leur permettant de s’approprier l’essentiel de la richesse disponible…

      En quelques génération l’écart d’avec le reste de la population, mal soignée, mal éduquée, mal protégée serait déjà très visible.
      Techniquement rien ne l’empêche dès aujourd’hui, et c’est déjà dans une certaine mesure une réalité, que la médecine et l’éducation pour tous ou presque ne permet pas de voir. Mais ça risque de ne pas durer.

    1. Sur le site de Lordon, on trouve (dans les refusés) Parti socialiste, socialisme parti qui commence ainsi :

      Trésor des archives audiovisuelles et formidable pouvoir d’une image : c’est en 1993, à un meeting socialiste dans le Nord, terre ouvrière s’il en est. M. Fabius est venu faire campagne. La réunion touche à sa fin. Le secrétaire de fédération qui a dans les 70 ans est d’une autre génération. D’un signe, il envoie l’Internationale et, suivi par la salle, lève le poing et se met à chanter. Comme transporté dans un univers parallèle et aberrant, M. Fabius cherche une réponse comportementale et, lui à qui toute sa trajectoire sociale interdit d’en appeler à la révolution et qui se trouve physiquement incapable de lever le poing ne voit pas d’autre issue que… de mettre sa main sur le cœur. Nous sommes tous américains.

      Lever le poing, c’est comme le signe de croix : rien qu’un petit signe de rien du tout, mais qui en dit long car, si Fabius était “physiquement incapable” de lever le sien, c’est qu’il devait lui peser des tonnes. Cette gestuelle est bien plus significative qu’il y paraît, car l’on répugne fortement à faire des gestes dont le sens heurte l’intime conviction. Sans doute par héritage de notre “cerveau reptilien” qui nous présente les signes honnis comme ceux d’une intolérable soumission.

    2. En fait Lordon s’est trompé. Il vérifiait que son voisin, vieil ouvrier SFIO douteux,
      lui avait piqué le porte-taf…

    3. Comme Mitterrand et DSK Fabius est un parasite du PS.
      Sorti 3° de sa promotion à l’ENA il aurait aimé entrer au RPR avec une investiture liée à son rang de diplômé.
      Cà n’a pas marché, il aurait alors déclaré faire carrière au PS…et çà a marché.
      Je recherche ma source.
      Le PS est une auberge espagnole où on peut apporter son Jospin trotskyste ou son Fabius antiquaire…

  6. Merci.

    Nous nous contentons de notre asservissement : nous ne connaissons que ça. Ça remonte à notre entrée en société et aux raisons qui nous y ont poussés.

    Précisions sur demande, ou voir mes précédents messages !

  7. Ci-dessous texte trouvé sur Agoravox
    par Julien Arlandis
    mardi 8 juin 2010 – 133 réactions

    Le syndrome du larbin
    I) Définition

    Chez un individu, le syndrome du larbin est un comportement pathologique visant à prendre systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont il est issu. Ce syndrome diminue les capacités d’analyse du larbin et se traduit par un blocage psychologique l’incitant à agir préférentiellement contre ses propres intérêts au profit de ceux qui l’exploitent.

    II) Analyse des symptômes

    L’amour démesuré qu’affiche le larbin à l’égard des patrons, des rentiers ou des milliardaires, est l’acte de foi qui structure son discours. Le larbin agit sans discernement de ce qui pourrait être bon pour lui, il intellectualise le débat pour tenter de nous convaincre que piocher chez les riches est toujours la pire des solutions, quand bien même il en serait bénéficiaire. Les arguments économiques qu’il invoque inlassablement n’ont pas servi à forger sa conviction, le syndrome du larbin est malheureusement une vocation qui se trimbale dès le plus jeune âge et contre laquelle il n’existe aucun remède. Le larbin n’a pas choisi d’aimer les riches, il aime les riches parce qu’il est un larbin. De tendance nettement libérale le larbin est celui qui vous vante les bienfaits du bouclier fiscal alors même qu’il ne paye pas d’impôts. C’est encore le même larbin qui voudrait réduire ou supprimer l’impôt sur la fortune même s’il sait qu’il ne sera jamais concerné par la question. Un écervelé victime du syndrome du larbin n’a pas de conscience politique, il vote instinctivement dans l’intérêt de ceux qui l’exploitent pour s’attirer leur bienveillance. Le larbin estime que l’argent qui lui fait défaut, est beaucoup plus utile dans le coffre d’un riche qui pourra ainsi le réinvestir beaucoup plus utilement qu’il ne l’aurait lui même dépensé. Le larbin cautionne tous les sacrifices et les plans d’austérité dont il pourrait être l’objet comme la baisse des salaires, ou encore l’augmentation de l’âge de la retraite même si son travail ne lui convient d’aucune façon et que ses maîtres ne lui offrent aucune perspective d’améliorer sa condition.

    III) Hypothèses sur l’origine du syndrome

    Deux théories principales s’affrontent pour expliquer l’origine du syndrome : la thèse génétique et la pathologie mentale.
    Après des siècles d’esclavage et de féodalité, les larbins pourraient être le produit d’une sélection artificielle des soumis par leurs maitres. La transmission génétique des caractères aurait favorisée la sélection d’une souche vivace de larbins domestiques au profit d’une nouvelle espèce de primates : l’homo larbinus.
    Selon cette hypothèse le mécanisme en œuvre serait similaire à la sélection des chiens et des chevaux mais directement appliqué à l’homme.
    Pour les tenants de la pathologie mentale le caractère héréditaire n’est pas retenu, il s’agirait plutôt d’un trouble qui se développerait dès l’enfance. Le processus s’aggraverait au passage à l’âge adulte lorsque le sujet prend conscience de la médiocrité de sa condition, le larbin développerait des stratégies inconscientes visant à restaurer un équilibre cognitif pour justifier l’acceptation de sa subordination. Le larbin finit ainsi par s’identifier à ses maîtres en s’imaginant appartenir au corps social qui l’exploite.

    IV) Quelques exemples

    Le larbin réagit vivement à toute discussion qui ose remettre en cause les privilèges des plus fortunés, incapable de se livrer à une argumentation convaincante, ses messages distillent la peur et les intimidations dont il est l’objet. En réaction le larbin brandit instinctivement une succession de termes caractéristiques qu’il essaye de glisser dans son discours tels que : communisme, bolchévisme, tirage vers le bas, la Stasi, Corée du Nord, isolement, dictature socialiste, évasion fiscale, paupérisation, millions de morts…
    Les quelques messages qui suivent portent la quasi-signature “littéraire” d’un larbin digne de ce nom :

    Les riches il faut les bichonner, les câliner, si on les spolie trop ils s’installeront ailleurs.

    Le Bolchévisme ? Non merci les Russes ont essayé en 17…

    Comme en Corée du Nord ou au Zimbabwe ?

    La fortune de Bill Gates ? Ça fait 3 pizzas par Africain et après on fait quoi ?

    Si les riches disparaissent on pourra plus leur vendre des produits de luxe !

    Ma patronne paye trop de charges !

    Les parachutes dorés c’est une compensation pour dissuader de saboter davantage l’entreprise, divisé par le nombre de salariés ça fait beaucoup moins que dans une seule poche.

    V) Population affectée

    Le syndrome du larbin ne prolifère pas seulement chez les plus démunis intellectuellement comme on pourrait le penser, il affecte une large fourchette de la population sans corrélation apparente avec le niveau d’étude (20% de la population pense faire parti des 1% les plus riches). Les larbins sévissent en masse sur les forums d’économie dont l’étude de cette discipline semble en aggraver les symptômes. Le paysage politique avec l’élection d’un président au service des ploutocrates révèle un seuil de contamination critique dans la patrie des droits de l’homme. La situation est grave mais peut-être pas complètement désespérée et les symptômes ne cessent d’évoluer au fil de l’actualité, aussi aidez-nous à maintenir et à diffuser ce document pour lutter efficacement contre ce fléau des temps modernes.

    Pour la santé publique.

    1. (En Grèce on dit depuis un siècle que deux cents familles gouvernent le pays/huit millions d’habitants).
      En 1967 les colonels viennent au pouvoir pour « la sante public», parce que le système politique était corrompu. En 1973 la démocratie revient parce que les colonels étaient corrompus. En démocratie nous avons eu une quinzaine de gouvernements qui s’échangent pour lutter contre la corruption et la terre brulé du gouvernement antérieure. Finalement la troïka et le plan d’austérité sont arrivés… sauf leur utilité majeure à payer les créanciers étrangers, les autochtones espèrent qu’ils vont les libérer pas seulement des dettes mais surtout de la corruption.
      Personnellement, je repose tous mes espoirs à la science. Localiser et éliminer si possible «le gène corrompu ».

    2. Le syndrome du larbin ne prolifère pas seulement chez les plus démunis intellectuellement comme on pourrait le penser, il affecte une large fourchette de la population sans corrélation apparente avec le niveau d’étude (20% de la population pense faire partie des 1% les plus riches).

      !!!

  8. Benoitement, je pense que le chaos qui déjà sourd de toutes parts, est à imputer à une crapulerie multiforme érigée en système.
    Mus par la force des choses, ce n’est qu’en marchant que les éclopés apprendront alors.

  9. J’aurais préféré trouvé autre chose dans mes souliers, car me voici désormais “informé de la corruption générale et conscient de [ma] lâcheté” ! Je concède que nous sommes tous coupables, (et névrosés du reste, ça va ensemble), mais pas responsables. La raison en est fort simple : si la société avait été faite autrement, alors j’aurais tout aussi bien vécu autrement : comme l’homo sovieticus si j’étais né sous Staline, comme un Inuit si j’étais né sous un igloo, etc. A vrai dire, je m’interroge sur cette propension à se flageller soi-même au lieu de viser les “chefs” qui n’y seraient pour rien, car incapables de résister à la corruption “montante”. Puisque d’affects il est question, pourquoi ne pas appliquer ce genre d’explication aux pédophiles ? Ce serait un peu gros, n’est-ce pas ? Mais logique aussi, puisque “La Boétie [et] son étonnant renversement de perspective” ne font rien d’autre que nier le sens hiérarchique. Sur ce blog, le poing ne sert pas à en appeler à la révolte, (par crainte névrotique et superstitieuse de “tuer le père”), mais à battre sa coulpe.

    1. ah bon !
      moi qui attend toujours un choeur de banksters chantant a capella et en canon :
      “mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa” ! je suis non seulement déçue, mais peinée !

      le système est certes fort contaminé du Haut en bas, mais bien à partir du haut ! soit des dirigeants ayant laissé la phynance les diriger, mais pas pour des clopinettes(!), entourés de complices (N-1, pour utiliser la merveilleuse langue entreprise) …
      mais, nous ne lisons pas La Boétie de la même façon …car on ne peut user du même regard envers le puissant et le misérable …
      après, ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi …
      mais, la Loi s’exerçant avec extrême sévérité sur les innocents de toutes ces magouilles : contrôles bizarroides …agio sur ceux qui n’ont pas suffisement pour se loger et se nourrir …
      propriétaires mettant dehors ceux qui n’arrivent plus à payer des loyers exhorbitants pour des taudis…on en passe et des meilleures !

  10. Vous connaissez certainement l’expérience de Milgram testant le niveau de soumission à l’autorité.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Milgram

    Pour le reste La Boétie serait un des premiers adeptes de la théorie du complot?
    Le tyran est mis en place par six “puissants”.
    Les présidents aussi?

    Alassan Ouattara a été sous directeur du FMI.
    C’est lui le préféré de l’ONU mais on ne sait pas vraiment si le vote est certifié dans toutes les urnes de Côte d’Ivoire.
    http://www.afrique-express.com/archive/OUEST/cotedivoire/cotedivoirebio/ouattara.htm
    Je ne suis cependant pas un des “six” qui soutiennent Gbagbo…
    Joyeux Noël!

    1. l’expérience de Milgram

      oui…
      mais, il y a toujours eu ceux qui disaient Non ! ex.)” Responsable de la Mission Citronnelle, il est parachuté dans le maquis en 1944, où confronté aux atrocités nazies commises au Maquis des Manises, il acquiert la conviction que la torture est le propre des régimes totalitaires.
      Jacques de Bollardière est le seul officier supérieur à avoir condamné ouvertement l’usage de la torture pendant la guerre d’Algérie : il dénonce « certains procédés » pratiqués par une partie de l’armée française dans la recherche du renseignement lors de la guerre d’Algérie. Sa prise de position publique lui vaut une sanction de soixante jours d’arrêt de forteresse,le 15 avril 1957. à La Courneuve[2].” / wikipedia.
      lui est visible; il y a ceux qui le sont moins, mais ils existent !
      ….
      et, tout n’est pas égal à tout : il y a des choix à faire ! “Indignez-vous”!

  11. Tout ceci est plus qu’intéressant, longue sera la route car changer de paradigme ne se peut sans big bang…
    Dans ce paradigme, il n’y a pas de lumière au bout du tunnel mais un autre tunnel…
    Le talent (devrais-je dire le pouvoir) de nos bourreaux, de ces spoliateurs des pauvres est, par de falacieux montages, de repousser, virtuellement, le constat d’une réalité avérée!!!

    Sans être un mathématicien émérite, il me semble que les infinis, les extrêmes parlent… Plus l’expansion de l’univers de la finance s’accélère, par la création de l’infiniment pauvre et de l’infiniment riche, plus nous constaterons sa virtualité par le refroisissement accéléré de l’économie réelle!!!!
    Cette phrase mérite un prix NOBEL!!!!

    En d’autre terme, plus les mégabanques accélerons les montages financier virtuels et plus la route sera courte!!!
    L’important c’est aujourd’hui d’être équipé “tout terrain” car au bout du bout plus de route plus de chemin!!!!!

    Joyeuses fêtes à tous

  12. …Perso je ne me sens ni larbin ni saigneur du verbe saigner…Et comme Crapaud rouge je déments ces propos…Je ne suis ni coupable ni responsable…Je l’écris le point levé.

  13. Au moins, Chez F. Lordon, il y a de l’humour ! et de l’humilité !
    La vrai question est peut être : qu’est ce qui fait que F. Lordon “touche plus”, “parle à plus” de personnes que J.L. Morlie ?

    Triste haine de soi et triste haine des autres !!!

  14. Comme le monde animal, nous les humains nous fontionnons depuis des lustres sous le régime de la carotte et du bâton.
    Précisons ce que sont de nos jours la carotte et le bâton.
    Pour le bâton, c’est assez facile, de la privation physique de liberté à la mort en passant par la faim, les processus de domination sont évidents à tous et déjà plus complexes quand il s’agit de la privation de la pensée.
    Pour la carotte, cela va du “plaisir de la consommation” aux “lendemains qui chantent”, sur cette terre ou aux cieux.
    Mais quel est le secret de tout cela ?
    Les différentes formes de névrose ?
    Parlons en.

    1. Pour le bâton, c’est assez facile” ? C’est tout un art, monsieur, que la gente au pouvoir a peaufiné au fil des siècles ! Jadis l’on démembrait, écartelait et ébouillantait les corps, ensuite on les tuait par humanité, pour leur épargner d’inutiles souffrances, jusqu’au jour où il est apparu que la matraque suffisait. Mais preuve que la servitude volontaire n’est qu’un mythe à l’usage des puissants : la matraque semble ne plus suffire, voici les “armes non létales”, “sublétales”, ou à “létalité réduite” qui visent à un usage “plus offensif”. Il s’agit de ne pas trop tuer, de ne tuer que par “accident”, en laissant à chaque policier la liberté de se montrer, selon ses goûts et ses humeurs, plus ou moins agressif. Donc, preuves à l’appui, l’état n’a de cesse de perfectionner ses moyens et méthodes de domination, mais, selon ce très perspicace La Boétie, c’est précisément ce que nous demanderions nous-mêmes, à corps et à cris, de toute la force de nos “affects”. Cela dit, on peut toujours s’imaginer que ce “renversement de perspective” va bouleverser la face du monde…

    2. Marlowe,

      “Parlons en.” : on essaye !

      Crapaud Rouge,

      La solution de facilité a toujours été de s’en prendre à l’autre, de trouver un coupable, un bouc commissaire.

      “l’état n’a de cesse de perfectionner ses moyens et méthodes de domination” : l’état, c’est nous. Si ce n’est pas le cas, ou si l’on pense que ce n’est pas le cas : c’est là qu’est le problème, c’est là que doit se porter notre attention.

    3. Crapaud Rouge,

      Il y a quelque part encore des peuples et des troupeaux, mais ce n’est pas chez nous mes frères, chez nous il y a des Etats. Etat, qu’est-ce que cela ? Allons ! ouvrez vos oreilles, je vais vous parler de la mort des peuples.
      L’Etat, c’est le plus froid de tous les monstres froids. Il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : « moi l’Etat, je suis le peuple ».
      C’est un mensonge ! Ils étaient des créateurs ceux qui créèrent les peuples et qui suspendirent au-dessus des peuples une foi et un amour : ainsi ils servaient la vie.
      Ce sont des destructeurs ceux qui tendent des pièges au grand nombre et qui appellent cela un Etat : ils suspendent au-dessus d’eux un glaive et cent appétits.
      Partout où il y a encore du peuple, il ne comprend pas l’Etat et il le déteste comme le mauvais œil et une dérogation aux coutumes et aux lois.

      Là où finit l’État, là seulement commence l’homme qui n’est pas superflu : là commence le chant de la nécessité, la mélodie unique, à nulle autre pareille.
      Là où finit l’État, – regardez donc, mes frères ! Ne voyez-vous pas l’arc-en-ciel et le pont du Surhumain ?

      Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, De la nouvelle idole.

      “L’état, c’est nous. Si ce n’est pas le cas, ou si l’on pense que ce n’est pas le cas : c’est là qu’est le problème, c’est là que doit se porter notre attention.”

      Bonne journée

    1. Ca se termine mal, ce texte – l’entraide au lieu de l’assistanat, – un grand pas intellectuel. Un texte qui lutte pour déciller les yeux du lecteur et qui se termine sur un mensonge, voilà le paradigme de pas mal d’ambitions politico-littéraires.

    1. Le Salut par l’éthique spinoziste.
      La vertu, la grande, a-t-elle un rapport quelconque avec la petite?
      Il n’y a aucun rapport, les dames de petite vertu ne veulent pas d’enfant.

  15. Sortir du cadre, du système, de la valorisation par la dévalorisation d’autrui, à mon sens est la voie, mais j’étais bien embêtée avec les messieurs pour cette “sortie de cadre” et c’est un monsieur qui m’a donné la clé: “ne pas vouloir se valoriser” permet la sortie.

    Alors, sortir du cadre, peut être utile dans tous les domaines notamment scientifique:
    http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/a-propos-de-discours-sur-l-origine-86102

    1. C’est un texte de Jean-Paul Baquiast. Encore un collaborateur de dedefensa… Décidément ils savent se faire remarquer les nouveaux réacs de la bande à Philippe Grasset. Même chez Jorion…

  16. Spéculation criminelle : stop à l’impunité !

    Une opinion de Marc Bolland, Député wallon, bourgmestre de Blegny (PS).

    Depuis des mois, les Etats souverains ne sont pas à l’abri d’attaques des spéculateurs.

    On peut se sentir réduit à l’impuissance devant l’ampleur des opérations de spéculation, leur rapidité, leur complexité, leur opacité et, surtout, l’ampleur de leurs conséquences. Mais ces actions sont criminelles et elles doivent être fermement combattues. Il faut d’abord préciser que ce n’est pas la spéculation en soi qui est en cause. Dans une économie de marché, la démarche spéculative n’a en elle-même rien de choquant, puisqu’elle joue simplement sur les fluctuations inévitables de l’offre et de la demande. C’est la spéculation anormale sur la dette des Etats qui pose problème, et cela, pour plusieurs raisons assez évidentes :

    – d’abord, elle s’attaque effectivement à des Etats souverains en les déstabilisant; elle est donc contraire à l’ordre public;

    – elle est terroriste, car elle tend à maintenir en permanence les Etats sous la pression de la peur, les limitant considérablement dans leurs marges de manœuvre;

    – elle est profondément antidémocratique, car elle tend à donner le pouvoir d’orientation des dépenses publiques à des structures privées, au détriment des mécanismes constitutionnels et légaux de décision via la représentation élective et le processus électoral;

    – enfin, mais la liste pourrait être plus longue, elle se distingue également par son caractère dramatique : les conséquences terribles pour les populations des plans de redressement budgétaire que prennent ou que doivent prendre les gouvernements sont totalement disproportionnées par rapport à la recherche du profit de quelques-uns.

    Comment accepter que les secteurs financiers viennent sans pudeur s’enrichir au préjudice de ceux qui les ont sauvés de la crise qu’ils avaient eux-mêmes provoquée ? Comment accepter que les contribuables (personnes et entreprises) doivent aujourd’hui financer les plans de redressement provoqués par les attaques des spéculateurs, alors qu’ils ont déjà financé, via l’aide des Etats, le sauvetage de ces mêmes spéculateurs ? Comment accepter que des dizaines de millions de personnes soient privées de services sociaux, sans discussion démocratique à ce sujet, pour payer les profits de ceux qui sont les premiers fautifs puisqu’ils sont à l’origine de la crise ? Comment accepter que les Etats concèdent de façon aussi considérable leur souveraineté face à des acteurs privés ? Allons-y carrément alors et supprimons les élections et le suffrage universel ! Comment accepter aussi que la criminalité spéculative tue les Etats à petit feu, alors que comme ils l’ont démontré seuls, les Etats pourront jouer le rôle de pompier lors de la prochaine crise qui ne manquera pas de survenir ? Par son caractère excessif et par l’importance des conséquences qu’elle provoque, la spéculation sur la dette des Etats, en cours depuis plusieurs mois, est bien une activité attentatoire à l’ordre public et à la cohésion sociale.

    C’est bel et bien une action criminelle contre laquelle la société doit se protéger. Sans parler des actions au niveau européen. Il faut, à notre niveau, renforcer les mesures de régulation et de prévention, certes, mais aussi prévoir l’indemnisation des préjudiciés (pouvoirs publics, entreprises, citoyens) et sanctionner fermement les coupables. Je propose ainsi d’imposer aux créanciers une procédure de médiation, les amenant à des exigences plus raisonnables et plus objectives en matière de taux d’intérêt.

    Impossible ? Cela existe au profit du secteur privé. L’exemple de General Motors est extrêmement lumineux : GM a refusé de rembourser ses dettes en se mettant en faillite (sous la protection du chapitre 11 du Bankruptcy Code, puis est revenue en Bourse avec un succès retentissant, après avoir ruiné ses créanciers et ses actionnaires. Sans aller jusqu’à cette extrémité et avec un réel sens de l’équilibre, je suis certain que la procédure de médiation serait très utile et efficace. Je propose aussi de mettre en œuvre un mécanisme de suspension de la cotation des titres émis par les Etats en cas d’urgence. Impossible ? Cela existe au profit du secteur privé, par la suspension de cotation boursière pour les actions lorsque les autorités de Bourse estiment qu’il y a des opérations anormales en cours attaquant un titre.

    Je propose encore la mise en place d’outils publics sous la forme de missions de service public concédées aux banques en échange de la garantie de l’intervention des pouvoirs publics, en cas de crise future; ce serait la juste prime d’assurance à payer a priori par les banques pour un sauvetage futur, aussi efficace que celui accompli – gratos ! – lors de la dernière crise financière ! Ce système devrait permettre d’abaisser les taux d’intérêt pratiqués envers les Etats (comme le fait, mais de façon isolée, la Banque centrale européenne). Je propose également le renforcement de la concertation avec les détenteurs de l’épargne belge (banques, assurances, fonds de pension, Sicav, ) : quand on sait que la dette belge est principalement détenue par l’épargne… belge, spéculer sur la dette, c’est en quelque sorte spéculer sur soi-même; y réfléchir doit amener des solutions concrètes.

    Mais au-delà de ces mesures techniques de régulation et de prévention, je propose aussi que l’on pense à l’indemnisation des victimes (pouvoirs publics, entreprises, citoyens) en appliquant les règles classiques de la responsabilité civile : il y a faute (un comportement contraire à celui qu’adopterait le bon père de famille, honnête, diligent et prudent); il y a dommage (énorme, tant sur le plan individuel que collectif); il y a lien causal. Si une modification des textes est nécessaire pour permettre l’application effective de ce principe élémentaire de responsabilité, il faut la mettre en œuvre sans tarder. Et, enfin, après la régulation, la prévention et l’indemnisation, il faut penser à la sanction : la spéculation anormale sur la dette des Etats est un crime. Dés lors, il me semble évident qu’une incrimination spécifique doit être intégrée dans notre législation pénale, avec des sanctions d’amendes et d’emprisonnement pour les coupables. Dans une société organisée, les crimes doivent être punis. Il y va de la cohésion et de la survie de la société même. Et cela doit être vrai pour la spéculation criminelle comme pour les autres crimes.

    http://www.lalibre.be/economie/libre-entreprise/article/631925/speculation-criminelle-stop-a-l-impunite.html

    1. Raisonnement implacable et de bon sens.
      Cependant, la collusion existant entre le pouvoir politique et le pouvoir financier étant ce qu’elle est, il est illusoire à court terme que ces mesures de bon sens soient mises en oeuvre.
      Et d’alleurs pourquoi le seraient -elles puisque, hormis quelques sursauts, convulsions isolées, les peuples acceptent peu ou prou de payer la rançon exigée par les terroristes que vous dénoncez ?

      Lors du mouvement de grève pour les retraites, vous avez pu noter que le terme ”prise d’otages” était largement utilisé par les politiques, les médias à l’encontre de quelques salariés refusant d’être plumés sur l’autel de la finance.
      A aucun moment durant la crise financière je n’ai remarqué que le terme de ”terrorime” était utilisé pour caractériser les actes des marchés financiers.
      Or, c’est pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit, de criminalité organisée, la spéculation allant jusqu’à condamner à la famine des régions entières.
      Vaste chantier à mettre en oeuvre à condition que l’électeur ne soit pas lui-même complice.

    2. Que penser des partis corrompus qui dilapident l’argent public pour conforter leur pouvoir ?
      Que penser de la pauvreté que l’on entretient à coup de subsides ?
      Que penser de ceux qui préfèrent niveler la société par le bas au lieu d’investir dans le savoir, l’éducation pour aider le peuple à sortir de l’ornière ?
      ……….. etc.
      Ne serait-ce pas l’autre facette du terrorisme que subissent les Citoyens ?

    3. oui, tiens, terrorisme est le mot ( nous aussi pouvons retourner les situations, mais pour les mettre dans le bon sens). Car la peur est utilisée par ce gouvernement, après avoir si bien fonctionnée aux zuesses : semer la peur de l’autre, montrer l’autre du doigt, le vouer à la vindicte, se livrer à la manipulation, par un biais marketing-medias achetés, n’est-ce pas criminel en soi ?
      et d’une violence symbolique inouie ?

  17. Cette mise en garde contre le parlementarisme bourgeois Constituant est fort bienvenu.

    Il faut faire un saut des deux pieds vers la souveraineté populaire en même temps que vers la Raison (et ce n’est que rendre à Spinoza) : pour en trouver l’esquisse d’un modèle, on peut se référer à “Qu’est-ce que la démocratie directe ?”, de Fabrice Wolff.

Les commentaires sont fermés.