L’actualité de la crise : IMPROBABLE GOUVERNANCE A DAVOS, par François Leclerc

Billet invité

Pour peu que l’on farfouille un peu, le Forum de Davos peut décidément receler des perles. Le soulèvement égyptien en a largement occulté le retentissement, mais n’a rien enlevé de l’intérêt aux événements où l’on n’accède que muni du précieux sésame qu’est le White badge, où le off the record est de rigueur.

Que retiendra-t-on de cette édition ? Ce ne sera ni l’ode à l’euro entonnée à la tribune par ceux-là mêmes qui ne disent pas comment ils vont le défendre, ni les exposés de politique économique diamétralement opposés de David Cameron et Tim Geithner, l’un en faveur de la rigueur budgétaire, l’autre soucieux de ne pas entraver la croissance. Car ces numéros étaient trop convenus.

Non, ce seront les propos restés confidentiels, tenus lors d’une réunion strictement privée organisée par les représentants des mégabanques, sous la présidence de Jamie Dimon (JP Morgan Chase), avec la participation présumée de Peter Sands (Standard Chartered), Brady Dougan (Crédit Suisse) et Bob Diamond (Barclays).

Sans doute ces derniers ont-il estimé propice le lieu et le moment pour sonner en catimini ce qu’ils considèrent être la fin de la récré, face à un auditoire choisi. Le niveau de représentation des gouvernements à cette rencontre n’a pas été divulgué, mais il est supposé que les ministre des finances ou à défaut des hauts fonctionnaires de leur entourage y assistaient. On apprenait en sortie de réunion que Jean-Claude Trichet, Christine Lagarde et Barney Frank (l’un des pères de la loi Dodd-Frank au Congrès américain) y avaient notamment participé.

Une seule phrase peut résumer le message présumé des mégabanquiers : « Arrêtez de taper sur les banques si vous voulez que nous soutenions la croissance économique ! ». C’est tout du moins ce qui peut être avancé, après avoir collationné les apartés entendus dans les couloirs et reproduits par les médias.

Premièrement, il serait temps de refermer le dossier de la régulation financière, et de circonstance de ne pas avoir la main lourde avec les nouvelles mesures destinées au renforcement des liquidités, ou bien plus spécifiquement aux mégabanques porteuses d’un danger systémique. Comment voulez-vous obtenir des banques de financer la relance de l’économie si elles doivent respecter de nouvelles normes extravagantes de liquidités ou des ratios de fonds propres démesurés ?

Deuxièmement, chacun faisant sa part du travail, vous devriez vous décider enfin à fermement prendre à bras-le-corps le problème de la dette publique, comme nous l’avons pour notre part fait avec nos propres dettes. Vous ne pouvez pas éluder vos responsabilités, particulièrement en Europe où les mini-crises à répétition et mauvaises pour les affaires doivent cesser.

Troisièmement, l’heure est pour nous grave et vous devez en tenir compte, car nous devons faire face à une préoccupante diminution de nos marges, subissant d’un côté le bas niveau persistant du rendement des obligations souveraines et constatant de l’autre le danger montant de l’inflation, notamment en raison de la hausse du prix des matières premières. Comment renforcer nos fonds propres en achetant de la dette publique, si nous ne pouvons pas la faire payer à son juste prix, afin de garantir notre marge ?

Les mégabanques ayant exposé leurs problèmes de riches aux représentants d’États qui pour la plupart ne le sont pas, ceux-ci se sont ensuite entendu dire par Robert Zoellick, ancien dirigeant de Goldman Sachs et actuel président de la Banque Mondiale : « Quelle que soit la nouvelle régulation financière que vous mettrez en place, elle ne sera probablement pas adaptée à la prochaine crise », concluant par « Il y aura une autre crise ! » pour implicitement justifier qu’il est décidément temps de tourner la page de la régulation financière.

Il ne fallait pas terminer sur une mauvaise impression, après la passe d’armes qui a opposé en début de Forum Jamie Dimon (JP Morgan) – demandant l’arrêt des mesures de régulation – à Nicolas Sarkozy. C’est Bob Diamond de Barclays qui s’en est publiquement chargé en sortie de réunion : « Un nombre impressionnant de choses a changé ces trois dernières années et nous devons en remercier les banques centrales, les ministres des finances et les régulateurs, car les banques peuvent désormais opérer dans un système financier plus sûr ».

Tout à la dénonciation de leur démon favori, Angela Merkel et David Cameron se sont fait écho l’un à l’autre, du haut de leurs tribunes respectives, la première affirmant que “la dette est la plus grosse menace pour la prospérité de ce continent, c’est pourquoi nous devons résolument lutter contre”, le second faisant de l’élimination du « spectre des gigantesques dettes souveraines » sa priorité absolue, en dépit de la publication d’indicateurs économiques alarmants pour sa stratégie. Tim Geithner avait sans doute ceux-ci en tête en déclarant : « Certaines personnes veulent aller très vite pour faire de très fortes coupes dans les dépenses (…) Mais ce n’est pas une méthode raisonnable » a-t-il estimé, car « Il faut être certain de ne pas affecter la reprise (…) cela nuirait à l’objectif à long terme d’obtenir une situation budgétaire stable ».

D’après Der Spiegel, une audacieuse synthèse serait tentée pour l’Europe par la chancelière allemande, qui proposerait à ses partenaires de la zone euro un « Pacte de compétitivité », assis sur « des obligations concrètes afin de renforcer la compétitivité, plus ambitieuses et plus contraignantes que celles décidées pour les 27 » de l’Union européenne. Il serait question de l’âge de la retraite porté à 67 ans ou bien de l’instauration d’un plafond impératif limitant le déficit public, ou encore plus vaguement de réduction des écarts entre les pays dans le domaine des salaires ou de la politique d’investissement.

C’est dans ce cadre que pourrait enfin être mis au point le réaménagement du fonds de stabilité européen (EFSF), alors que le Fine Gael, futur vainqueur des prochaines élections irlandaises, ainsi que le gouvernement grec, annoncent publiquement leur volonté de renégocier les termes du contrat déjà signé : taux des prêts pour les uns et délais de remboursement pour les autres. De premières remises en cause, en attendant une restructuration négociée de la dette publique, avec l’espoir de l’éviter en lui substituant un mécanisme inédit.

Il s’agit de faire financer par l’EFSF le rachat de leur dette par les pays qui bénéficieraient de l’aide, afin qu’ils profitent de la baisse de la valeur des titres déjà émis. Encore un entrechat. A l’occasion d’une interview accordée à Dow Jones Newswire, George Papaconstantinou, le ministre grec des finances, a utilisé un très diplomatique distinguo en reconnaissant que cette question, tout en ne faisant pas l’objet de « discussions officielles », était bien « sur la table ».

Un accord d’ensemble semble lentement progresser, dont les marchés sont convaincus de l’adoption finale, continuant d’accorder un répit en attendant sa conclusion. Cette “pause” permet de prêter plus d’attention à d’autres crises en puissance, au Japon et en Chine, qui n’ont été qu’effleurées dans les alpages suisses.

« Nous vivons un terrible rêve » vient de déclarer depuis Tokyo Kaoru Yosano, nouveau ministre de l’économie et des finances japonais. La dette du pays a largement dépassé les 100% du PIB, sans que les équipes politiques qui se succèdent à sa tête n’agissent pour en stopper la progression. Rapportant cette situation, le Financial Times en a conclu que la Grèce et l’Irlande pourraient n’être que des « hors d’œuvre » (en français) et qu’un choc financier provenant du Japon, troisième économie mondiale, aurait l’impact de la chute de Lehman Brothers.

Afin de relativiser cette très sombre perspective, l’argument habituel consiste à faire état de l’auto-financement de sa dette par le Japon, en omettant de mentionner qu’il repose largement sur l’achat de celle-ci par les banques japonaises financées par la Bank of Japan, un montage audacieux. Et que le maintien d’un taux d’intérêt bas, clé de voûte de l’ensemble, repose sur un édifice qui ne peut tenir debout que tant qu’un minimum de croissance est maintenu et que la dette peut être en conséquence roulée. Sans que cela ne permette de la diminuer.

Car, dans le contexte déflationniste persistant, les recettes fiscales de l’État ne sont plus ce qu’elles étaient, et la solution que représenterait une augmentation de la TVA (plus discrètement envisagée aux États-Unis) aurait des conséquences sociales devant lesquelles les gouvernements successifs reculent.

Alors que Standard & Poor’s vient d’abaisser la note de la dette japonaise (ramenée à AA-), l’augmentation du taux que le pays doit consentir pour financer sa dette se rapproche, les Japonais devenant progressivement tributaires du marché international. Si cela se confirmait, le montage financier actuel s’en trouverait totalement déséquilibré.

Concernant la Chine, des inquiétudes d’une toute autre nature se font jour. Pas une semaine ne passe sans qu’une nouvelle mesure ne soit annoncée par Pékin avec pour objectif de combattre la surchauffe de l’économie et de renforcer les banques, suite aux énormes injections préventives de liquidité de la banque centrale. De surcroit, la banque centrale chinoise vient de publier un long document dans lequel elle met en cause la politique de quantitative easing de la Fed, inefficace selon elle et ayant pour conséquences d’accroître les prix des matières premières, et de créer dans les économies des pays émergents de l’inflation importée.

Une hausse significative du prix des produits alimentaires de base est constatée en Chine, alors qu’une énorme bulle immobilière ne parvient toujours pas à être contrôlée et continue d’enfler. A ses dépens, la Chine fait connaissance avec les beautés du capitalisme financier, et les analystes s’interrogent sur sa capacité à procéder à un atterrissage en douceur, ainsi que sur les répercussions de celui-ci sur la croissance économique du pays, premier facteur de la croissance mondiale.

Cette menace est accompagnée d’un accroissement de la corruption et des inégalités sociales, alors que l’objectif de développement du marché intérieur chinois, réaffirmé, est une perspective qui ne peut que progressivement et lentement se réaliser. Dans l’immédiat, on constate un développement très socialement inégalitaire, confirmant que le modèle de développement des pays émergents est générateur de profonds déséquilibres, à l’image des tendances à la tiers-mondisation constatée dans les pays développés.

Suspendus à la réévaluation du yuan, considérée comme facteur majeur de rééquilibrage mondial, les participants à Davos ont encore une fois manifesté leur impatience, ne prenant toujours pas en compte les avertissements chinois qui mettent l’accent sur le temps qui va être nécessaire pour procéder à un grand changement stratégique d’orientation de leur développement économique. La fibre sociale dont le Forum de Davos aime à se prévaloir aurait pu trouver avec la Chine une excellente occasion de s’exprimer, mais ce n’a pas été le cas. Signe des temps ?

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178 réflexions sur « L’actualité de la crise : IMPROBABLE GOUVERNANCE A DAVOS, par François Leclerc »

  1. @ karluss
    il faudrait non seulement séparer les activités de dépôt et d’investissement, mais aussi restreindre l’aide « gratuite » des Banques centrales et des États, puis retrouver des possibilités d’émission de la dette publique hors de leurs griffes avides.

    Exactement c’est le bon programme ambitieux mais réaliste.

    @ chris06

    Ce sont donc [les activités spéculatives] qui doivent être interdites. Une « activité spéculative » c’est « l’achat ou la vente de biens avec intention de revente (ou de rachat) à une date ultérieure, lorsque l’action est motivée par l’espoir d’une modification du prix en vigueur et non un avantage lié à l’usage du bien, une transformation quelconque ou le transfert d’un marché à un autre. » (N.Kaldor) Interdire les activités spéculatives revient à interdire à quelqu’un d’acheter un bien s’il n’a pas l’intention de l’utiliser. Mais comment fait on pour contrôler l’intention?

    Comme la spéculation n’est rien sans le levier; Ne pourrions nous pas remettre un handicap au levier ? Revenir à l’encadrement du crédit par exemple ?

  2. Insupportable gouvernance, plutôt.
    Voici ce que Monsieur Blair avait à dire aujourd’hui, insistant sur le fait que toute transition démocratique ne peut avoir lieu qu’avec Mubarak !
    http://www.bbc.co.uk/worldservice/news/2011/01/110131_egypt_blair_wt_sl.shtml
    http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-12313027
    http://news.bbc.co.uk/today/hi/today/newsid_9379000/9379415.stm
    (dans la 2ème, de Davos, il est tellement enthousiaste qu’il aurait vu une transition en cours)
    Il n’a pas lu les Wikileaks sur la torture ? apparemment le nouveau vice-président égyptien est concerné au premier chef, si l’on en croit le témoignage publié ici:
    http://dissidentvoice.org/2011/01/the-torture-career-of-egypts-new-vice-president-omar-suleiman-and-the-rendition-to-torture-program/
    Blair s’inquiète des Islamistes, mais quand ils sont au pouvoir en Arabie Saoudite et que tout le système éducatif s’en ressent, ca ne le dérange pas.
    Il faudrait lancer contre Blair une pétition pour “incapacité à être envoyé spécial du Quartet”, sur le modèle de cette lettre adressée par des universitaires américains à Obama l’appelant à lâcher Mubarak:
    http://www.accuracy.org/an-open-letter-to-president-barack-obama/

    Toute la journée, al jazeera fait des interviews avec d’anciens membres du régime, des services secrets, de la police, etc. qui témoignent tous du peu d’intérêt que Mubarak a toujours montré sur ce qu’il se passait dans la société. Elites coupées du monde. Potentats sans conscience, les yeux rivés sur les cours de la bourse et leurs actions dans les biens spoliés.

    1. Blair en rajoute:
      http://www.guardian.co.uk/world/2011/feb/02/tony-blair-mubarak-courageous-force-for-good-egypt

      Je ne comprends pas comment ce type peut rester “envoyé du Quartet” alors qu’avec ses déclarations il rend impossible toute négociation avec le Hamas.
      En gros, il défend Mubarak avec les mêmes arguments qui ont sauvé Saddam Hussein pendant des années: peur du chaos, des islamistes, des affrontements chrétiens-musulmans.
      Pendant ce temps là, Mubarak se défend avec les arguments d’Ahmadi Najad il y a un an: 2 millions de personnes dans la rue ca fait 83 millions de personnes qui me soutiennent en restant chez eux.

      C’est crédible comme politique ?? Il a détruit la gauche anglaise il veut maintenant détruire ce qu’il reste de l’Europe ?

  3. Une lettre des économistes, destinée à l’administration américaine en faveur d’un durcissement du contrôle des capitaux à travers le monde.
    Ils motivent leur position par deux arguments :
    1) Prévenir la formation de bulles liées souvent à la libre circulation des capitaux.
    2) Donner aux Etats plus d’autonomie dans la conduite de leur politique monétaire.

    http://www.ase.tufts.edu/gdae/policy_research/CapCtrlsLetter.pdf

  4. Les derniers posts de François ,sur Davos, sont comme toujours éclairants, mais enfin, faudrait pas pinailler dans les explications : ces gens des mégabanques et autres “instances” de pseudo régulation n’ont qu’un motif d’action et on le connaît que trop : règner, règner encore, dans et par la fraude légale et illégale. Ils sont plus que jamais en guerre pour garder leur puissance et la renforcer, pourquoi? S’il est à prévoir que l’oligarchie financière manipulera encore plus la fraude demain et après demain (et les politiques suivront le mouvement), c’est que pour eux il s’agit de survie de l’occident. La seule carte qui reste à l’occident pour tenter de garder sa suprématie sur le monde réside dans l’industrie financière . Déjà, la puissance économique (recherche, production, innovation) bascule sérieusement du côté des émergents (nom qui n’est plus très judicieux). Et demain, la stupidité des pouvoirs politiques de l’occident se révèlera, lorsque les oligarques financiers les auront quittés (après avoir bien essorés nos pays) car ils feront leurs affaires les plus juteuses là où les affaires se feront, hors des anciens pays riches. Les peuples assoupis n’auront que leurs yeux pour pleurer, à moins que, se souvenant des Tunisiens, des Egyptiens, des ……..
    Ne soyons donc pas dupes : il n’y aura pas de régulation, mais uniquement toutes sortes de manoeuvre pour renforcer le pouvoir des oligarques financiers

    1. Le capitalisme financier survivra tant que les deux mastodontes ( USA et Chine , mais les Indiens ne sont pas mal non plus ) y trouveront leur compte et pour le moment ils y trouvent leur compte ( sa survie pour l’un , sa croissance attelée à la survie de ce même un , pour l’autre ) . Ils n’ont même pas d’autre issue .

      Il n’y a qu’un espace politique homogène suffisamment fort et possiblement “autonome” qui puisse se glisser entre eux pour se donner des règles différentes . Il n’y a pour ce rôle possible que l’Europe sans l’Angleterre et si possible avec la Russie .

      Avant de dégommer le capitalisme et les outrances spéculatrices , il est urgent de rassembler la maison Europe dans une réelle communauté de destin , de politique économique , de solidarité financière , avec des outils de péréquation inter-états suffisamment importants et convaincants pour donner confiance aux peuples .

      Je ne suis pas sur que le traité de Lisbonne réponde à cette attente .

      A défaut , nous ne pourrons que nous contenter de regarder les deux trains passer , et nous appauvrir sur le quai de la gare .

      A l’énergie près , on enseignait autrefois que la France pouvait vivre en autarcie .

      Mais le détail énergie est un peu embêtant .

    2. Vous résumez bien le sentiment général sur le blog.

      De même que nos “démocraties” s’accommodèrent, et même ont soutenu des décennies durant les dictatures arabes (et autres !) ont perdu leur alibi du rempart contre l’islamisme pour accorder leur soutien aux dictatures avec le soulèvement consécutif de deux peuples, demain, de ce coté-ci de la méditerranée, le principe de l’alternance démocratique apparaîtra comme une coquille vide lorsque la preuve aura été faite que la démocratie telle qu’elle se définie est impuissante et même s’avère un rouage subtil du système oligarchique, les contradictions du système ayant été poussées à leurs extrémités, il n’y aurai plus d’autre issue pour les peuples que de renvoyer les gouvernants à leurs chères études.

      L’issue de la crise ne peut être que politique au sens le plus fort du terme. Une démocratie incapable de faire face à la faillite régime capitaliste devra nécessairement étendre le périmètre de sa souveraineté, une souveraineté qui aujourd’hui ne s’exerce toujours pas de plein droit et par principe sur la sphère financière.

      Ce ne sont pas les incantations d’un Sarkozy, même quand il est en porte à faux devant quelques banquiers arrogants à Davos, qui feront avancer les choses d’un iota.
      Les remèdes sont connus. Faute de coupler le discours contre la spéculation avec un discours offensif manquant la volonté de faire basculer le rapport de force à l’avantage des salariés pour créer les conditions de la solvabilité, autant dire marquer une rupture avec le dogme néo-libéral et initier dans son propre pays des politiques allant en ce sens, les discours visant à réguler la finance sonneront toujours creux.

    3. @ Juan Nessy

      ” Sans l’Angleterre et avec les Russes”, quel vision et quel souffle !
      Vivre à l’est du Rhône ( et même à l’est du Thiou !) donne un regard neuf sur notre vrai espace ,
      notre Grand Large: l ‘est lointain.
      Probable que les Allemands regardent dans la même direction.

      Mais il y a le TCE et toutes ces choses, il y a la Baronne Ashton , un bon symbole de l’orientation actuelle, plus qu’un élément agissant, une nuisance…

      C’est pas demain la veille.
      Rêveries d’une Eurasie pacifique, auto-suffisante et bienfaisante; un pôle pour équilibrer ce monde
      souffrant…
      Plus tard peut-être.

    4. La principale différence, de nos jours, entre un régime dictatorial et un régime dit démocratique est que, dans le cas du régime dictatorial, un seul parti (ou un clan) accapare le pouvoir, alors que dans un régime dit démocratique, ce sont les deux grands partis de gouvernements qui se partagent le butin.
      Le problème des dictateurs est qu’à un moment ou un autre ils perdent toute retenue et finissent par provoquer la révolte de leurs peuples tout en cessant de plaire aux puisances qui les ont installés sur leur trône.

  5. Il y a parfois des graphiques qui parlent d’eux-mêmes. A tel point que l’analyste n’a pas besoin de trouver des mots modérés, ni s’inquiéter s’il a commenté la situation avec la neutralité nécessaire, mais juste à laisser le lecteur se faire son jugement.

    Selon la Fed, le total de la dette américaine (Total credit market debt outstanding) financée par les marchés de crédit à la fin du troisième trimestre 2010 était de 52 200 milliards de dollars.

    Le passif total de tous les secteurs (Total Liabilities) des Etats-Unis, publié par la Fed dans le Flow of Funds Matrix s’élevait à 139 500 milliards de dollars fin 2009.

    Début 2011, ce chiffre a dépassé les 140 000 milliards de dollars.

    Pour mémoire, le PIB américain s’établit à environ 14 575 milliards de dollars

    http://www.moneyweek.fr/20110147120/conseils/marches-etrangers/fed-surendettement-dollar/

    1. @Ba : ces chiffres donnent le tournis, tellement affolant qu’on se demande comment la maison USA peut encore relever d’une quelconque forme lointaine de démocratie, tant le pays tout entier est dans la main des marchés de crédit ! froid dans le dos …

    2. Cher BA, ils envoient un éclaireur pour trouver une solution:
      (Source BBC) • 2025: The US says it is despatching a representative to Cairo to help it understand the situation on the ground. Officials say Frank Wisner is a private citizen, not an envoy. (en fait un ancien ambassadeur qui paraît-il à la confiance de Mubarak).
      (Traduction: Les US disent envoyer au Caire un représentant pour les aider à comprendre la situation sur place…)

      Les manifestants ont installé depuis cet après-midi 4 écrans télé sur la place Tahrir pour suivre al-Jazeera. Artistes, profs, avocats, pauvres, familles, tous sont là.

      On devrait aussi s’installer quelque part en sit-in et mettre des écrans braqués sur le blog de Jorion en attendant l’annulation définitive des prochains sommets de Davos (ils n’ont qu’à utiliser le téléphone et l’informatique, moins coûteux et prétentieux).

  6. Davos ou pas Davos, nous irons dans le mur. Il n’y aucun moyen, rigueur ou relance, pour réduire les dattes dans le régime capitaliste tel qu’il est!
    Si, par miracle, une dette publique devait reculer, ce serait au seul détriment de dettes privées plus élevées et désormais aussi peu remboursables que les dettes souveraines.
    Le tout s’appelle: crise systémique

    1. Si les dettes étaient de dattes, peut-être que les pays arabes ne se révolteraient pas?
      Il vaut mieux une grosse datte qu’une grosse dette, attention à la grosse tête.

  7. Poids de l’internet !
    L’opposition auto-organisée des jeunes qui occupent Tahrir dit aujourd’hui que:
    – pour qu’elle puisse exprimer ses revendications il faut que le gouvernement rétablisse internet;
    – qu’elle souhaite que la transition soit assumée par des gens qui n’appartiennent à aucun des partis, des personnalités morales qui ne se sont pas salies avec le régime (on dit aussi que si Mubarak a reconduit 6 ministres hier c’est parce que personne n’accepte, tellement il est fini), des noms sont donnés comme Muhammad Hassanein Heykal, Qardawi, etc…); ils disent refuser les personnalités issues de partis qu’ils considèrent corrompus;
    – il semble que des gens de toutes les provinces tentent à présent de venir au Caire, en voiture puisque les trains ont été suspendus depuis hier par peur de cette MULTITUDE.

    L’internet comme nouvelle agora. Les blogs pour décanter et échanger, twitter pour les phases d’urgence, Google pour la doxa.

    1. déséquilibres dangereux
      1,3774$ pour 1€
      ça monte: c’est pas bon
      ça baisse: c’est pas bon

      je peux être n’importe où à la surface du globe
      on me dit toujours: austérité et rigueur pour la compétitivité
      « Arrêtez de taper sur les banques si vous voulez que nous soutenions la croissance économique ! » – Oui ce sont bien des souteneurs
      je comprend: “déséquilibres dangereux” de eux vers moi

      depuis qu’on me vend cette rigueur la planète se lève tout les matins
      elle produit assez de bouffe pour tous MAIS c’est mal réparti
      elle produit assez de biens pour tous MAIS c’est mal réparti

      le profit de la faiblesse d’autrui comme moteur social arrive au bout de son nulle part

  8. L’agence de notations Standard and Poor’s a annoncé mardi avoir abaissé la note souveraine de l’Egypte, et envisager une nouvelle dégradation dans les trois mois, en raison de l’instabilité politique dans ce pays, au lendemain d’une décision similaire de l’agence Moody’s.

    “De notre point de vue, l’instabilité politique et les troubles vont ralentir la croissance économique de l’Egypte et affecter ses finances publiques”, affirme l’agence de notation dans un communiqué.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=ce01d635f7dfc1ac7810be6be1e54e30

    1. Ces agences de maintien de l’ordre capitaliste ont bien raison mais devrait se montrer de plus en plus prudentes et ne pas envoyer leurs managers dans certains pays.

  9. Soyons réalistes.
    Le dialogue ou accord entre possédants, classe moyenne (vachement réduite) et population modeste, voir pauvre et précaire est impossible.
    Les premiers veulent augmenter, au minimum conserver leurs privilèges et confort. C’est normal.
    Les autres se battent pour survivre et mieux, si possible accéder aux places confortables que les autres leur refusent. C’est encore normal.
    Ce sera donc un combat d’épreuves de force.
    Emeutes, révolutions, guerres civiles. Le peuple gagnera un temps et l’éternel ancien régime reviendra plus impitoyable.
    Ce qui a changé et changera, se sera le rythme des changements.
    Cela sera du à la vitesse des informations, comme le sont les divers soulèvements du Maghreb et l’Islamisation de l’Egypte.
    Je ne serais pas très serein si j’étais Israëlien…
    Il n’y a plus d’USA mos-costaud pour une grosse intervention.
    Déjà plombées en Afganisthan, laminées en Irak, inquètées par l’Iran, les limes e l’empire se retrécissent. avec ce nouveau gros, très gros problème de diplomatie dans les quelles, ils ne sont pas très bons. L’habitude d’imposer vers l’obligation de souhaiter!

  10. Mardi 1er février 2011 :

    Irlande : dissolution du parlement.

    Le premier ministre irlandais Brian Cowen a annoncé aujourd’hui qu’il allait demander à la présidente Mary McAleese la dissolution du parlement en vue de l’organisation d’élections législatives anticipées, qui pourraient avoir lieu le 25 février prochain.

    “Je souhaite informer la chambre que je vais me rendre à (la résidence de la présidente Mary McAleese) afin de lui recommander de dissoudre le Dail (chambre basse du parlement)”, a déclaré Brian Cowen.

    Selon la Consitution irlandaise, il revient à la présidente de prononcer officiellement la dissolution du parlement, ce qui n’est qu’une formalité.

    La date du scrutin sera annoncée en fin d’après-midi par le ministre des Autorités locales, Eamon O Cuiv, chargé de l’organisation du scrutin. Celle du 25 février est la plus probable, avait indiqué le ministre ce matin à la radio-télévision publique RTE.

    (Dépêche AFP)

  11. Egypte : violents heurts entre anti et pro-Moubarak au Caire.

    14 heures.
    Des hommes à dos de cheval ou de chameaux remontent la place, chargeant la foule. Il semblerait qu’il s’agisse de manifestants pro-Moubarak.

    13h50.
    La confusion la plus totale règne sur la place Tahrir. On assiste à des mouvements de foule dans toutes les directions.

    13h45.
    Selon l’AFP, les heurts entre manifestants auraient fait des blessés.

    13h40.
    Sur les images diffusées en direct on aperçoit des colonnes de fumée, sans pouvoir distinguer s’il s’agit de gaz lacrymogène ou de début d’incendie. L’armée est très discrète.

    13h30.
    Selon des images diffusées par la télévision AL-Jazeera, de violents accrochages se produisent entre les deux clans sur la place.

    13h25.
    Armés de bâtons, les pro-Moubarak repoussent avec violence les anti-régime et sont entrés en force place Tahrir qu’ils tentent d’occuper. Il s’agirait, selon les manifestants, de policiers en civil.

    Le Parisien

    1. Le nouveau ministre de l’intérieur, Mahmoud Wagdy, est l’ancien directeur des prisons égyptiennes. Bien placé pour savoir qui il a fait libérer il y a quelques jours.
      Son ministere dément à l”instant que les gens qui ont chargé à cheval entre autre soit des policiers en civil, et ceci alors même que des cartes d’officiers de la police ont été montrées aux caméras quelques minutes après la charge et la saisie des personnes par des groupes de manifestants (plus nombreux). L’armée ne bouge pas, après avoir demandé aux “pro-Mubarak” de ne pas attaquer les manifestants. Plusieurs équipes de TV ont été attaquées par les Pro-M.
      Stratégie de la terreur.

  12. Je vois qu’on parle du criminel de guerre Tony Blair un peu plus haut. Le caniche de G.W.Bush qui continue à sillonner le monde sans qu’ un mandat d’arrêt international ne le concerne jamais. C’est tout de même hallucinant cette histoire pour un type qui a participé et fomenté une guerre coloniale en Irak qui a coûté la vie à 1 million de civils Irakiens. Celui-là même, qui à l’heure actuelle encense le dictateur Mubarack et appelle la communauté internationale
    ( USA ) à conserver “la bête brune” à la tête du pays avant une hypothétique transition
    ” démocratique ” en Égypte. A quand un tribunal international pour juger ces deux types, voire toute la clique des Bushistes ? Il ne peut y avoir deux poids deux mesures ad vitam aeternam en ce bas monde. L’ Ordre “Occidentaliste” ne peut désigner les bons dictateurs des mauvais jusqu’à la fin des temps. Il va falloir rompre avec cette mentalité néo-coloniale assez rapidement si l’on ne veut pas que ça se finisse mal. Un tribunal international, vite ! Pour tous les criminels de guerre comme Tony Blair, G.W, Bush et tous les Ben Ali de la planète. Oui, ça va en faire du monde !

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