CONTROLE INCERTAIN D’UN PROCESSUS DE FUSION DES REACTEURS DE FUKUSHIMA, par François Leclerc (mise à jour 7)

Billet invité

Le gouvernement japonais a reconnu dans la nuit européenne qu’il est « hautement probable » que des processus de fusion sont survenus au sein des réacteurs n°1 et 3 de la centrale nucléaire Fukushima n°1. Il a été par ailleurs relevé une nouvelle hausse du taux de la radioactivité, après qu’il eut décliné, et une seconde explosion d’hydrogène est désormais redoutée dans le bâtiment d’un réacteur de la centrale Fukushima n°2.

Les propos des autorités se veulent rassurants, mais la maîtrise de la situation est incertaine, tout dépendant des tentatives en cours de refroidir les coeurs des réacteurs afin d’éviter qu’un éventuel processus de fusion – dont seules des manifestations indirectes peuvent être détectées, telles des fuites de césium – se poursuive, aux conséquences imprévisibles.

La panne des systèmes de refroidissement des centrales est considérée par les experts nucléaires comme un événement hautement improbable mais très critique, faisant entrer dans un territoire inconnu, avec comme références Three Mile Island et Tchernobyl. La suite des événements, si la fusion devait se poursuivre, dépendant de la solidité de la structure de confinement.

Le contrôle de la situation dépendra de la capacité des opérateurs à refroidir par tous moyens – y compris des expédients comme de l’eau de mer salée – le coeur des réacteurs, qui sont arrêtés, avant que le processus de fusion soit suffisamment avancé pour devenir irrémédiable.

Les autorités donnent des informations partielles, tandis que les évacuations contribuent à la situation déjà très chaotique que connaît le Japon, alors que l’on découvre de nombreuses nouvelles victimes du tsunami. Dans un rayon de 20 kilomètres, quelques 215.000 habitants autour des centrales Fukushima n°1 et 2, distantes de 12 kilomètres entre elles, ont été évacuées. Dans la ville même, à 80 kms des centrales, les reportages décrivent une atmosphère de peur et de stockage de vivres, une situation proche de la pénurie d’essence. De nombreux habitants portant des combinaisons et des masques chirurgicaux.

(D’après agences de presse)

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533 réflexions sur « CONTROLE INCERTAIN D’UN PROCESSUS DE FUSION DES REACTEURS DE FUKUSHIMA, par François Leclerc (mise à jour 7) »

  1. Selon certaines rumeurs, la Chine serait prête à fournir une aide « majeure » au Japon, au titre bien sûr de son intérêt bien compris, mais aussi plus profondement de la solidarité asiatique.

    Le processus de rapprochement était déjà plus ou moins en cours, mais si la rumeur est fondée, l’accélération d’un resserrement donnerait naissance à une alliance élargie irrésistible.

      1. « Ce n’est pas mépriser assez certaines gens que de dire tout haut qu’on les méprise. Le silence seul est le souverain mépris. » Sainte-Beuve, dans « Mes poisons »

      2. C’était juste un peu de lumière (dans ma propre nuit sans doute), sans aucune autre arrirèe pensée que de souligner la résilience de certains peuples. Mais j’ai affaire à des experts, dans un domaine qui m’échappe totalement.

      3. A François 78: « On place ses éloges comme on place de l’argent, pour qu’ils nous soient rendus avec les intérêts. » Jules Renard, Journal

  2. L’Allemand Mycle Schneider est consultant indépendant en énergie et politique nucléaires, auteur de nombreux articles dans des revues spécialisées et co-animateur d’un blog http://www.fissilematerials.org/blog/ de l’université américaine de Princeton sur les matières fissiles. Il décrypte pour Rue89 la communication défaillante des autorités japonaises et françaises sur les accidents nucléaires qui ont suivi séisme et tsunami au nord-est de l’archipel, et explique pourquoi il est très inquiet.
    http://www.rue89.com/planete89/2011/03/14/accidents-nucleaires-au-japon-ca-depasse-le-pire-cauchemar-194827

  3. Pluralité de l’information: les différences de traitement entre le Figaro et Le Monde par exemple. C’est hallucinant!

    le Monde: »Japon : risque de fusion d’un réacteur de la centrale nucléaire de Fukushima  »

    le Figaro:
    « On peut s’attendre à voir des milliers de cadavres au Nord»
    « Les sinistrés manquent de l’essentiel »
    et enfin « Fukushima : le gouvernement japonais ne se veut pas alarmiste »

  4. Fusion du coeur du réacteur: le corium, c’est à peu près un fer à repasser bien chaud sur une motte de beurre ( le béton et l’acier du fond de la cuve….ça passe au travers)
    Quand à la contamination, gaz et poussières radioactives, le plumet ( plus ou moins allongé voire tourbillonnant selon la direction et la force des vents, les précipitations…) entraine une contamination qui n’est pas régulière, en fait, « en taches de » léopard » pour reprendre une expression imagée…
    bonne journée!

    1. …Et si quelqu’un sait ce que sont devenues les piscines stockant les matériaux radioactifs, cela nous éclairerait sur la suite….

    2. Fusion du coeur du réacteur: le corium, c’est à peu près un fer à repasser bien chaud sur une motte de beurre ( le béton et l’acier du fond de la cuve….ça passe au travers)

      Sauf que c’est pas arrivé à TMI, la cuve a résisté et qu’à Tchernobil, le fond du réacteur avait cédé d’un coup, le magma liquide s’était écoulé puis définitivement solidifié 20 m plus bas dans les infrastructures, dans la piscine de suppression de pression qui avait heureusement été vidée par des pompiers qui y laisseront la vie.

  5. J’en rajoute un dernier pour les anti-nucléaires, qui devrait émerger à l’occasion du débat à venir : le démantellement des centrales. Trop peu provisionné dans les comptes (euphémisme), non encore maitrisé industriellement; sans parler du fait que les produits et déchets toxiques doivent etre traités à La Hague, qui est en saturation … et en fin de vie. Le dossier français sur ce point est indéfendable.

    Bonne soirée à tous.

    1. Nous sommes quelques uns, chez les anti-nucléaires qui ne se pavanent pas dans les médias, à savoir que le retour en arrière est très difficile, voire impossible parce qu’impensable pour des esprits assujetis au capitalisme et à son progrès.
      La question nucléaire n’est ni économique ni technique.

    2. @Les pieds dans le plat
      Vous êtes étonnant: manifestement scientifique, sans doute dans le secteur nucléaire ou proche, vous défendez l’expertise des ingénieurs dans la moitié de vos réactions et remettez en cause les choix globaux faits dans l’autre moitié? Ces choix ne sont peut-être pas toujours fait par des ingénieurs mais toujours grâce à leur expertise et à leurs conseils « avisés ». Et vous savez comme moi combien il est facile d’influencer un novice avec la notoriété de l’expertise scientifiques (voir les expériences d’Ingram – suis plus sûr du nom. ).

      Vous devez être très divisé intérieurement ces jours-ci. Cela nous arrive tous un jour dans ce système aux finalités devenues très peu humaines. J’espère que votre transition/conversion ne sera pas trop douloureuse et que nous pourrons vous compter bientôt parmi les libres-exaministes qui osent remettre en cause la foi dans lequelle ils ont été éduqués (la foi fut-elle pseudo rationnelle…)
      Cordialement

      1. @ Alain A
        Je ne suis pas tant divisé que ça, ou si je le suis, c’est depuis longtemps, car je trouve le dossier de l’énergie dans son ensemble complexe (je suis dans ce domaine, pas spécialisé en nucléaire).

        Vous me trouveriez autant divisé sur les ENR. Je pense seulement y être plus nuancé que d’autres et ne pas refuser des bons arguments simplement parce qu’ils sont portés par des personnes d’un avis différent du mien. Et je crois qu’il y a des vérités qui doivent être dites, parce qu’elles sont vraies, indépendamment du fait qu’elles sont dites par un parti ou un autre.

        Pour résumer, je suis objecteur du nucléaire, mais je soutiendrai tout énoncé de gens d’un autre avis du moment qu’ils sont compétents et honnêtes intellectuellement.

        Et il est possible que je change d’avis, bien sûr. Le dossier est infiniment complexe…. en tout cas pour moi.

      2. @Les pieds dans le plat et Alain A.
        Je comprends bien ce qui dit, avec modération Lpdlp, mais je crois Alain que vous avez mis dans le mille, pour moi la conversion est en cours et est assez douloureuse mais certainement nécessaire.

        D’un ingénieur qui a été spécialiste en Analyse de Risque, j’en suis venu à coller à une réflexion de Theodore Monod

        Je suis persuadé que le salut des individus est dans le rejet décidé de tout le compliqué, l’artificiel, l’inutile, dont la civilisation nous gave à étouffer

      3. Hema : ça ne fait pas mal, même si j’avance en laissant toujours une place au doute plutôt que bardé de certitudes; mais un doute doute qui n’exlut pas les affirmations de ce qui est juste, c’est à dire réel, cohérent, plausible, étayé, sans offenser la raison, les théories et le bon sens.

        D’ailleurs je ne suis spécialiste ni du nucléaire ni de l’analyse des risques, ce sont juste des connaissances dont j’ai besoin pour un autre sujet – que je vous laisse le soin de deviner, tiens !

        Mais je doute aussi qu’Alain A m’attire dans son militantisme.

      4. LPDLP
        Il y a mille autres chemins que le militantisme pour se trouver soi-même. Je sens en vous un honnête homme qui, comme vous le dites, laisse la place au doute et écoute les divers sons de cloche avant de prendre position.
        Je vous sens peut-être un peu trop centré sur les informations que vous donne la raison. Mais je me trompe sans doute
        Personnellement je crois que la raison est le meilleur moyen d’atteindre le but que l’on s’est fixé mais le but lui-même, ce n’est pas la raison qui peut nous l’indiquer.

      5. @Alain A
        Heureusement qu’à mon âge, je me suis déjà trouvé ! Mes choix de vie sont clairs et je n’ai pas de recherche existentielle particulièrement angoissante.

        Ce que vous évoquez, c’est la question plus difficile, mais aussi un peu plus accessoire, de l’action dans le champs social, ou sociétal, ou ce que vous voudrez qui concerne ce qu’on souhaite apporter au vivre ensemble. Le monde des humains est triste et laid, souvent, et c’est cela qui appelle mon action « publique ». Depuis l’individu, avec ses sentiments, ses idées, sa folie ou sa sagesse. Je m’appuie sur un baggage scientifique mais ce n’est pas lui qui me guide. Soyez-en sûr.

  6. sur le fil du monde:
    sur le site du New York Times, une infographie animée : Comment un réacteur s’arrête et ce qu’il se passe lors d’une fusion; http://www.nytimes.com/interactive/2011/03/12/world/asia/the-explosion-at-the-japanese-reactor.html

    16h42 Selon l’agence de presse AP qui cite des responsables japonais, les barres de combustibles seraient en train de fondre à l’intérieur des trois réacteurs nucléaires de Fukushima.
    Le secrétaire général du gouvernement, Yukio Edano a déclaré : « Sans pouvoir le vérifier directement, il est très probable que cela soit en train de se passer ».

    16h44 [Commentaire de la part de Cédric Cédric : ]
    En tant que spécialiste des relations avec le Japon , il me semble clair que les employés de Tepco cachent des informations graves. Il suffit de les regarder et d’avoir l’habitude de travailler avec les japonais pour en être convaincu.

    16h48 [Dernière minute] : Le Japon a demandé l’aide des experts de l’AIEA.

  7. Je jette un pavé dans la marre.

    L’énergie électrique de source nucléaire au Japon ne représente qu’un tiers de la consommation totale du pays.

    Combien, en pourcentage, représente la consommation des supercalculateurs du pays, des équipements électroniques, de tous les biens « modernes ».
    En parallèle, qu’elle économie énergétique est-il possible d’atteindre sur tous les biens consommateurs d’énergie qui aujourd’hui sont obsolètes, voraces en énergie, souvent inutiles.(400W pour un pc de bureau c’est trop en 2011).
    Combien d’alimentations intelligentes qui ne gaspillent pas l’énergie en pourcentage du parc.(PC, transports, domotique, etc, etc…)
    (J’ai envie de dire: construisons intelligemment, durablement en intégrant l’évolutivité, standardisons les procédés de connections, d’adaptabilité,….)
    Interdisons la spéculation et l’émargement excessif des produits innovants en rapport avec l’économie d’énergie.(Le cout du pétrole est une manne qui s’évapore)
    La recherche énergétique doit être financée à hauteur de ce qu’elle est en mesure de servir à l’homme, pour résumer, elle doit être placée au centre de l’assemblée des composants vitaux.

    « J’ai aperçu beaucoup de maisons emportées par les flots qui me semblaient manquer cruellement d’isolation(structures métalliques, etc..) . »

    Quel était/est l’état de la perte énergétique sur tout le réseau japonais, des courts circuits, en passant par l’efficience des installations publiques aux problèmes d’isolations des maisons…
    Un simple exemple, une maison mal isolée consomme souvent 30 à 40% d’énergie en plus que ce qu’elle devrait si elle était aux normes Eco.(idem en France)
    Même constat dans l’industrie, quel est le rapport entre la consommation d’énergie des robots (qui remplacent les hommes) et la part que cela représente dans la consommation totale.
    Quel consommation énergétique relative à l’obsolescence programmée des produits vendus.
    Quelle part représenterait le déploiement massif de panneaux solaires monocristallins (fonctionnant par jour gris) entres autres solutions sur la consommation totale.(Je n’ai jamais entendu parler d’une usine de panneaux qui ait brulé, malgré le manque de normes et l’intensité de la production en chine par exemple. Si cela est un problème alors il faut décentraliser/dispatcher/sécuriser les productions de panneaux et mettre les moyens d’étude pour un recyclage parfais)
    Le panneau solaire est sans aucun doute moins dangereux que le nucléaire.
    Gardons nos ressources en radio-éléments pour nos futures vaisseaux, nos future recherches, etc…

    Quelle serait le gain réalisable sur la consommation totale en chutant certains standards de voltages, (12V to 10V ; 230V to 200 V) ainsi qu’avec la mise en place d’un réseau public intelligent qui allume et éteint les lumières, le chauffage, etc, quand-il le faut.
    Je penses que plutôt que jouer à la dinette, il est venu le temps d’innover, et de réfléchir quant à comment on va vivre, avec quels outils. Je suis contre la régression, je suis pour l’évolution.
    On dispose d’un savoir magnifique que l’on n’exploite qu’aux limites de sa compréhension.
    Les écrivains du savoir voyaient dans leurs lignes bien plus loin que nos exploitants d’aujourd’hui.
    Ils savaient que l’évolution signifiait que leurs savoirs ne représentaient qu’une infime partie du reste à découvrir. Là est la clef de l’humilité nécessaire à la découverte.
    Je tiens à ne pas discréditer les cerveaux de notre monde, qui sont certainement furieux envers les pseudos cerveaux lobbyistes.
    Il ne faut pas rester sur nos acquis, profitons-en pour recentrer nos budgets sur la recherche, et que ces applications soit elles aussi blindées d’éthique.

    Quoi qu’il en soit on dispose aujourd’hui de moyens pour sortir du nucléaire. Il ne faut pas privilégier une énergie tant quelle ne tend pas vers un impact nul. C’est pourquoi demain nous construirons des Centrales fonctionnant à l' »énergie de Higgs »*, et autres moyens.

    1. Je suis assez d’accord.
      (La baisse en tension n’améliore pas les pertes, au contraire).

      Le concept de réseau qui ajuste au mieux la production par rapport à une conso s’appelle le Smart Grid, ça arrive. Et bien sur qu’on peut se passer du nucléaire. Même en France ! Il « suffit » de le vouloir ». Mais on remplecera cela par un bouquet assez diversifié, intégrant beacoup de petite génération proche. C’ets une mutation importante, qui s’opère en ce matin surtout …. aux états-unis et dans les BRICs.

    2. Baisser la tension sur une installation existante : c’est en route

      un peu moins de volts sur le secteur

      Et ça économise de l’énergie sur une installation existante parce que on utilise les régulateurs internes des consommateurs plus près de leurs limites. En revanche, dimensionner à basse tension dès le départ est évidemment une perte, les lignes hautes tensions, seule solution au transport longue distance (sans supraconducteurs), c’est connu depuis mathusalem ou presque.

      1. Ah encore un machin de l’EPRI. Avec évidemment, époque oblige, le label Smart Grid.

        Si le diagnostic est vrai lorsqu’on regarde l’alimentation d’un appareil, on doit quand même prendre en compte les règles de base d’une réseau électrique : la tension est assignée par un transformateur, elle chute au long des cables, et pour que le dernier au bout de la ligne ait la tension minimale garantie, le premier de la ligne n’est pas loin du maximum.

        Donc une fausse bonne idée, à mon avis.

  8. Le point sur la situation à 18h, par lemonde.fr

    lundi 14 mars 2011 18h13
    18h13 Dans la centrale nucléaire Daini, Fukushima

    > 3 réacteurs sur 4 connaissent des problèmes de refroidissement. Pour l’instant, aucune fonte de combustible n’a été signalé mais il est probable qu’un scénario identique à celui de Dai-Ichi se produise.

    lundi 14 mars 2011 18h13

  9. La conférence d’il y a quelques heures de Tokyo Denryoku (la société d’électricité qui gère Fukushima) était très relâchée et brouillon.
    Première fois que j’entendais les journalistes japonais interpeler à haute voix les responsables pour qu’ils sortent une info, perdus qu’ils étaient dans leur feuilles… des têtes vont tomber.

    Juste après l’annonce que le niveau d’eau dans le réacteur 2 était retombé à 0, c’était édifiant.

  10. je ne sais pas si cela a été signalé, mais l’émission de 14 h, » La tête au carré » était à la fois équilibrée et trés alarmante :
    / faille
    / risques sysmiques élevés forts
    / irradiations
    / difficultés d’information : en direct Japon
    / risques actuellement non prioritaires actuellement évidemment, mais néanmoins, sites types Seveso endomagés ….

    http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/lateteaucarre/

  11. On peut rappeler que Tchernobyl c’était une centrale qui marchait plein gaz mise en état de stress pour tester le système, et qu’il n’y avait pas d’enceinte de confinement, juste une dalle de béton. Quand la dalle a sauté, comme un bouchon de champagne, tout le combustible s’est enflammé et dispersé dans l’air.
    Au Japon la centrale était à l’arrêt mais il faut quelque jours pour que le coeur refroidisse (dans des conditions normales), c’est cette chaleur résiduelle qui pose problème. L’enceinte de confinement est dimensionnée pour résister à l’arrêt du refroidissement, si elle tient ses promesses il n’y a pas de danger.
    Les dégazages d’hydrogène et de vapeur radio-actives sont très peu de choses, même si bien sûr il vaut mieux ne pas respirer le nuage… mais la population locale a été évacuée.
    L’hydrogène est créé par pyrolyse avec le zirconium des gaines de combustible, sous forme gazeuse c’est un produit extrêmement explosif, c’est ce qui a causé l’explosion spectaculaire du bâtiment mais cette explosion est sans danger (sauf pour le personnel).

    Les centrales pétées sont une catastrophe industrielle mais il n’y a pas de perte humaine et il n’y en aura sans doute pas, c’est à peine une goutte d’eau dans la tragédie tremblement de terre + tsunami qui a fait des milliers et probablement des dizaines de milliers de morts, et des centaines de milliers de sans-abris qui ont tout perdu.
    Même dans le pire des cas (fêlure de l’enceinte) ne représente PAS une difficulté de gestion particulière. On noie le réacteur par la fêlure, on recouvre tout le bâtiment de terre amenée par camions et c’est une affaire réglée.

    Ce serait pas mal de cesser de se focaliser sur les centrales, il y a d’autres problèmes importants, même si on n’y peut pas grand-chose.
    L’économie nippone était déjà en déflation depuis 20 ans avec une dette fantastique, quoique détenue en très grande partie par ses résidents, elle pourrait ne jamais s’en remettre. Le gouvernement aura besoin d’énormément d’argent pour tout remettre en état, ce qui pourrait amener le pays à emprunter sur les marchés, mais avec sa dette monstrueuse l’opération devrait causer quelques perturbations.

    1. « ..pas de danger…sans danger….sans doute pas de perte humaine….affaire réglée…quelques perturbations…. »

      HP , on jurerai que vous souhaitez faire passer un message en filigramme. Dans quel but ?

      1. Ok, je résume 😀
        1. quoi qu’il se passe on n’y peut rien.
        2. ici en europe on ne risque rien.
        3. voir mon dernier paragraphe.
        et je reste persuadé, avec de bonnes raisons sous le coude, que la situation de ces centrales n’est pas grave du point de vue humain, on s’inquiète pour rien, il y a bien pire à côté.

      2. Je crois que c’est à nos centrales vieillissantes que l’on pense en voyant ce feuilleton se dérouler.

        Par rapport au nombre de centrales en exploitation, le nombre d’accident de niveau 5 et plus rend un accident en France statistiquement très probable France prochainement.

        Mais si le pire vous rassure, tout va bien !

  12. Concernant l’industrie nucléaire, il faut tout de même dire qu’elle est à l’origine des AMDEC ou FMEA, qui sont des procédures d’évaluations des risques devenues courantes dans l’industrie.

    Sauf que ces procédures sont très bureaucratiques, et ressemblent vite à des discours sur le sexe des anges dans lesquelles tout peut être biaisé si l’on ne tient pas compte des experts aptes à faire un croisement critique de ces méthodes qui se croient toutes puissantes.

    Le simple fait que les groupes électrogènes ou pompes des centrales n’étaient pas hors de tout risque de tsunami est une belle démonstration des limites de la bureaucratie organisationnelle, alors que très probablement des professionnels du domaine avaient vu directement la faille, sans qu’on les écoute.

    Le problème que je souligne est celui du croisement des approches, et non pas se fonder une seule méthode. Ça n’est pas une découverte, tout calcul doit être soumis à divers types de recoupements permettant la plausibilité d’un choix.

    1. la question n’est pas là !

      peut on comparer un accident majeur d’une centrale nucléaire à un crash d’avion ?

      la réponse me parait évidente

      je suis devenu anti-nucléaire quand j’ai commencé à prendre conscience que nous allons laisser aux générations futurs la pire des saloperies : les déchets nucléaires

      rien que cette problématique de déchets devraient interdire le nucléaire producteur d’électricité.

  13. j’ai lu qu’on parlait de fêlure de l’enceinte: « Japanese Reactor Container Breached March 12, 2011 1804 GMT Japan’s nuclear reactor container was breached, according to STRATFOR sources » Stratfor c’est la référence absolue en matière d’espionnage, une sorte de CIA privée qui voit l’avenir dix coups à l’avance. Malheureusement, il va falloir beaucoup de sable, de ciment et d’hélicoptères.

    1. 55 000 résultats sur votre recherche, ça se confirme !

      Je comprends pourquoi les japonais fuient Tokyo !

    2. peut être s’agit-il de l’apparition de fissures de corrosion suite à l’introduction d’eau salée : dans certaines conditions de températures, matériaux et présence d’ions chlorure, la fissuration du métal peut être très rapide.

  14. Ce serait pas mal de cesser de se focaliser sur les centrales

    Effectivement cela gêne le lobby…
    Mais la réalité est plus forte que la progagande, démentie dix fois par jour:
    le gouvernement des Etats-Unis annonce que son porte-avion Ronald Reagan placé en secours au large du Japon pour l’alimentation des hélicoptères, a traversé un nuage radioactif important et que son équipage a reçu une dose équivalente au maximum autorisé en un mois….

  15. >HP

    Je suis personnellement assez favorable au nucléaire. Non que cela soit une énergie qui m’enthousiasme particulièrement, vu les dangers réels qu’elle implique mais bien parce que nous avons peu d’options pratiques développable dans la fenêtre actuelle d’une vingtaine d’années qui nous sépare du maximum de production des énergies non renouvelables.

    Mais si vous me permettez, je vous trouve assez peu judicieux sur ce post.

    Il me parait extrêmement hasardeux de prétendre que tout va se passer pour le mieux vu le peu d’information valable que nous possédons et vu la situation de chaos inextricables que connaît le Japon. Comme vous le rappeler vous même, ce sont des dizaines de milliers de morts, et d’autres dizaines de milliers de blessés, sans compter tout ceux traumatisés que doit gérer au jours le jours le gouvernement japonais, et cela avec des infrastructures et des réseaux logistiques fortement endommagés. Doit on rappeler que ce tremblement de terre est de niveau millénaire, et donc malgré toute l’organisation japonaise et l’habitude qu’à ce peuple de ce type de situation, il ne peut qu’y avoir qu’une pagaille sans nom, comme cela arrive dans toute situation d’exception?

    Et donc, sur cet arrière fond plus que lugubre vient se greffer une crise nucléaire sur laquelle nous n’avons aucun recul. Faut il rappeler que Three Miles Island avait eu lieu dans un pays en paix, et sans catastrophe naturelle, et que cette crise avait failli aboutir à un désastre par une série de fautes humaines résultant de l’impréparation des opérateurs…

    Là encore, les japonais sont contraints d’improviser, car nous n’avons aucune expérience d’une multitude d’accidents nucléaires simultanés. J’espère de tout coeur que les japonais seront à la hauteur, mais si vous permettez, à l’instant où j’écris, tous les impodérables sont possibles, aggravé par la pagaille et les difficultés de communication et de transport résultant de ce désastre naturel.

    Avant de pousser un soupir de soulagement, attendons que ces réacteurs sont définitivement refroidis.

    Cela étant dit, je partage votre inquiétude pour l’après: j’ai nettement l’impression que nous venons d’assister au choc systémique qui va faire replonger l’économie mondial…

  16. Ce serait pas mal de cesser de se focaliser sur les centrales

    C’était le discours nucléocrate il y a 3 jours…
    Continuer maintenant, c’est vraiment 50 ans de mauvaise et sourde habitude…
    Même le gouvernement le plus lié au fric atomique n’ose plus:
    Selon l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN) et d’autres sources officielles, l’accident nucléaire de Fukushima a atteint un niveau de gravité « au-delà de Three Mile Island (niveau 5) sans atteindre Tchernobyl » (niveau 7).

  17. Juste une question :

    L’eau est utilisée pour ralentir les neutrons, pour qu’ils interagissent mieux avec le combustible, donc sans eau ça devrait se refroidir ?

    1. L’eau a le bête rôle caloporteur, quoi d’autre l’aurait, Lisztfr ?
      Après, oui, l’eau est aussi un ralentisseur neutronique qui , lorsqu’on est en régime critique, est indispensable pour y rester, les neutrons restés rapides n’étant pas recapturés là où il faudrait.

      C’est d’ailleurs ce qui faisait osciller le réacteur naturel d’Oklo (réacteur géologique attesté sue Terre : Oklo ).
      Donc effectivement le réaction en chaine dépend de l’eau. Mais dans le régime actuel, il y a des barres de graphite qui « modère » la réaction, et il n’y a quasimen plus d’aito entrerien. c’est juste la chaleur de la radioactivité « en cours », soit typiquement 30 à 90 MW qu’il faut évacuer des barres (10000 cuisinières plein pot les 4 feux) : les noyaux sont excités et se désintègrent (p ex Pu239 en 14 jours) les voies de desexcitation les plus rapides fournissant le plus de chaleur. C’est une course contre la montre. On peut usuellement ouvrir un réacteur après un mois (moins sur les nouveaux EPR parait-il) , ce qui suggère une demi-vie effective (c’est du multi-exponentiel, pour les intimes) de l’ordre de la semaine.

    2. Absorber les neutrons c’est le boulot des barres de graphite, qui sont bien en place. Reste l’activité des produits secondaires à l’intérieur des barres, ces produits ont une demi-vie courte en général, il suffit d’attendre mais il faut quand même refroidir, et le + simple est d’envoyer de l’eau, pour éviter que les crayons brûlent et fondent. Ces crayons ont déjà commencé à bruler, ce qui n’est pas grave en soi mais pas souhaitable à cause du dégagement de produits dangereux dans l’enceinte de la cuve, produits qu’il faudra gérer d’une façon ou d’une autre. Et qui peuvent s’échapper si l’enceinte est fêlée.

      Il y a 3 enceintes : l’enveloppe en zirconium (très résistant à la chaleur et aux radiations) des crayons qui garde le combustible ensemble bien enfermé, la cuve en acier, et le bâtiment en béton très épais.
      Une rupture de la peau des crayons est embêtante mais pas grave : faut nettoyer la cuve.
      Une rupture de cuve est très grave mais seulement du point de vue industriel : le réacteur est foutu, mais sans rejets à l’extérieur, donc pas grave.
      La rupture du béton du bâtiment serait catastrophique, avec diffusion dans la nature de produits contaminants. Mais en quantité infime par rapport à Tchernobyl, ou (presque) TOUT le combustible (plusieurs dizaines de tonnes) s’est vaporisé et retrouvé dehors.

      Au Japon on devrait compter, au pire, en kilos parti dans l’atmosphère, s’il y a fuite (et pas que dégazage). Comme ce sont des poussières « froides » (pas issues d’un incendie massif à l’air libre) elles ne devraient pas aller bien loin.

      1. >HP
        Je vous trouve singulièrement cavalier dans vos commentaires. Vous semblez n’avoir aucune conscience du désordre pouvant régner dans ce type de situation d’urgence. Croyez vous vraiment que dans un pays ayant subit un tremblement de terre aussi intense, et qui vient d’ailleurs de connaitre une nouvelle réplique intense les choses peuvent se passer calmement, sans risque d’incendies ni d’impondérables?

    3. Merci pour ces explications ! Encore une question, celle de la masse critique. Est-ce qu’on risque de l’atteindre ? 6kg.

      J’ai retrouvé un passage de « Génération X » (D. Coupland), à cause du mot « cuisinière » :

      p 94 :

       » Je me suis toujours juré », dit le gros, d’une voix tellement normale que ça vous en bouche un coin, « que quand le moment viendrait, je me conduirais avec dignité jusqu’au bout et donc, Mademoiselle », dit il en se tournant vers l’employée, « laissez-moi régler mes achats ». L’employée, en l’absence d’alternative, prend son argent.
      Puis vient l’éclair.
      « Couchez-vous », criez vous mais ils poursuivent leur affaire, daims paralysés par les phares. « Vous n’avez plus le temps ! » Mais ils ne tiennent aucun compte de votre avertissement.
      Et alors, juste avant que la baie vitrée ne devienne un grappe onduleuse, liquéfiée, implosante – la surface d’une piscine pendant un plongeon de haut-vol, vu d’en dessous –
      – Et juste avant d’être mitraillé par une grêle de chewing-gum et de magazines –
      – Et juste avant que le gros soit arraché de ses chaussures, maintenu en animation suspendue et n’explose en flammes sous le plafond liquéfié qui gicle en geyser –
      – Juste avant tout ça, votre meilleur ami vous baisse la tête, s’écroule sur vous et vous embrasse sur la bouche, après quoi : « Voilà » dit-il, « il y a longtemps que j’en avait envie. »
      Et c’est tout. Le vent brûlant s’engouffre en silence, pareil à l’ouverture d’un milliard de fours que vous imaginez depuis l’age de six ans, et tout est fini : de la peur, du sexe, teinté de nostalgie. Ca ressemble assez à la vie, non ?

      hm il me semble qu’il y avait un autre passage… non c’est ça. L. A, base navale Palm vingt-neuf…

      Marrant cette façon anté-chronologique de décrire les choses. Plus on avance dans la lecture et plus on recule dans le temps…

  18. un des 3 réacteurs à problème a du MOX ( Le combustible MOX est un combustible nucléaire fabriqué à partir de plutonium et d’uranium appauvri )

    MOX fourni par ……… la france

  19. Selon les autorités japonaises, citées par l’AFP, l’explosion dans le réacteur 2 a bien endommagé l’enceinte de confinement, mais ne l’a pas trouée.

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