L’ACTUALITE

Merci à vous tous pour la qualité de vos commentaires. Comme vous l’avez noté, François vous tient au courant de l’actualité japonaise. Personnellement, je ne passerai pas aujourd’hui à « Ce soir (ou jamais !) » dont l’émission a été reprogrammée pour tenir compte de cette actualité, mais je serai présent mercredi quand sera posée une excellente question : pourquoi n’est-ce qu’une proportion si faible du bénéfice des entreprises du CAC 40 qui passe en augmentation de salaires ou en primes des employés du rang ?

Autre chose qui vous intéressera certainement : Bernard Stiegler et moi avons enregistré tout à l’heure un entretien dont nous avons immédiatement jugé qu’il ne sera que la première étape d’un plus long dialogue. Dès que la transcription sera disponible, je la communiquerai ici. Ce dont nous avons parlé, c’est de l’avenir de nos sociétés. Les questions que pose l’alerte nucléaire au Japon font partie de ces questions cruciales, elles viennent se situer dans le contexte général que je définis personnellement comme « L’agonie du capitalisme » et que Bernard situe lui dans une métamorphose déjà en cours de la société industrielle. Je vais tenter dans les heures qui viennent de poser quelques-unes de ces questions, de la manière dont elles m’apparaissent. Je viens de parler à François : il continuera en parallèle à vous tenir informé de l’actualité japonaise.

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43 réflexions sur « L’ACTUALITE »

  1. La Science moderne a eu tort de renoncer à toute ontologie en ramenant tout critère de vérité au succès pragmatique. Certes, le succès pragmatique est une source […] de signification. Mais il s’agit d’un sens immédiat, purement local. Le pragmatisme -en ce sens- n’est guère que la forme conceptualisée d’un certain retour à l’animalité.

    René Thom, Esquisse d’une Sémiophysique.

    1. @BasicRabbit : digression intéressante, surtout à partir de René Thom. “retour à l’animalité” me semble osé, “régression” aurait suffi. Les animaux sont contraints par la nature à rester dans leurs limites, ce qui leur confère malgré eux une forme de sagesse, alors que les humains, enchaînés à leurs affects, se déchaînent de toutes limites. Il faudra bien admettre un jour que la comparaison entre l’espèce humaine et le monde animal n’est plus en faveur de la première.

    2. Retour à l’animalité ?
      Je suppose qu’il faut le comprendre en termes de rapport de forces.

  2. J’attends de lire ça avec impatience. J’en profite pour applaudir de toutes mes mains à la synthèse de FL sur le nucléaire japonais : bien que suivant les fils d’actualités sur plusieurs sites, je trouve ses synthèses éclairantes.

  3. Alors que les affaires graves se multiplient (biens mal acquis, escroquerie à la bourse du carbone, Karachi…), l’Association Française des Magistrats Instructeurs (AFMI) dénonce la réduction drastique des moyens du pôle économique et financier du TGI de Paris.

    La moralisation du capitalisme a du plomb dans l’aile. Mardi dernier, l’AFMI a publié un communiqué cinglant, pourtant guère repris dans les médias. Selon ces magistrats, “les enquêtes économiques et financières sont en danger” car “depuis deux ans, le Ministère de la Justice réduit significativement les moyens humains et matériels des enquêtes au pôle économique et financier du TGI de Paris”.

    Et pas qu’un peu : le nombre de juges d’instruction a fondu de 23 en 2009 à 18 aujourd’hui. “Parallèlement, le Ministère de la Justice réduit d’un tiers la surface des locaux de l’instruction, chassant ainsi des juges d’instruction et des assistants spécialisés de leurs bureaux, pour y installer des services administratifs”. Même tarif pour le parquet, qui voit pourtant ses missions augmentées : entre 2009 et 2011, l’effectif des parquetiers est passé de 23 à 21.

    Une baisse d’un tiers !

    Tout compris, “pour la section financière, on est donc passé en trois ans de 26 à 18 magistrats (juges d’instruction plus parquetiers), soit une baisse d’un tiers”. Sans compter les assistants spécialisés qui ne sont plus que quatre “dont un sur le départ qui ne serait pas remplacé, sur les dix assistants spécialisés prévus à la naissance du pôle”.

    “Tels sont les moyens judiciaires alloués au pôle de la rue des Italiens, au moment où cette vitrine de la lutte contre la délinquance économique et financière en France doit enquêter, notamment, sur des escroqueries massives à la TVA sur les droits carbone, des escroqueries aux encarts publicitaires au préjudice de milliers de français, l’affaire dite des biens mal acquis, un volet de l’affaire dite de Karachi”…

    “Gouverner, c’est maintenir les balances de la justice égales pour tous” disait Franklin Roosevelt. Et pas s’asseoir dessus !

  4. Si vous me permettez Mr Jorion, il me semble nécessaire à cet instant critique de rappeler l’importance qu’eut la catastrophe de Tchernobyl pour la chute de l’URSS.

    En 1986, Mickael Gorbatchev commence juste à mettre en pratique la perestroika. Dans son esprit, c’était le moyen de sauver l’URSS. Il était certainement le meilleur représentant de cette bourgeoisie Rouge que le régime avait réussi à faire émerger au cours du temps. Gorbatchev connaissait sans doute mieux l’URSS que quiconque. Avec sa femme, il avait parcouru ce pays tant géographiquement que sociologiquement pour la réalisation de sa thèse de doctorat. Youri Andropov, qui avait dirigé le KGB de longues années et connaissait lui aussi les carences du régime avait ainsi perçu son potentiel. C’est pour cela qu’il le coopte et fait tout ce qu’il peut pour le faire accéder au pouvoir lorsqu’il apprends qu’il est lui même atteint d’un cancer du foie irréversible. Gorbatchev arriva au pouvoir alors que la guerre froide menaçait de tourner au conflit nucléaire généralisé: Andropov en effet était persuadé que les Etats Unis s’apprêtait à déclencher une frappe nucléaire décapitante contre l’URSS. Son arrivée aux commande dans ce lourd climat deviendra l’occasion de tester de nouvelles méthodes de managements, inspirés de l’occident, sur les conseils des scientifiques d’Akademgorodok.

    Lors qu’advint Tchernobyl, Gorbatchev exigea de ses hauts fonctionnaires une totale transparence sur ce dossier, et surtout d’avoir les informations les plus objectives sur le sujet.

    Il ne sera pas écouté, ni obéis.

    Cet échec colossal ancrera chez Gorbatchev l’idée que l’Union Soviétique était impossible à réformer et qu’il devenait aberrant d’essayer de sauver un régime corrompu au dernier point par le secret et la peur.

    Par ailleurs, se furent auprès des dissidents que Gorbatchev tint à s’informer lorsqu’il devint patent que sa bureaucratie lui mentait.

    Il faut toutefois noter que la libération d’Andrei Sakharov de son long exil à Gorki, antérieur à l’accident de Tchernobyl, reposa aussi sur une demande d’information objective sur l’IDS américaine cette fois ci.

    1. Il me semble qu’il peut y avoir un parallèle avec la situation actuelle, si c’est le cas.
      Avec Tchernobyl, c’est tout le reste de confiance’ dans le système soviétique qui s’effondra, y compris dans les ‘réformateurs’ (dont Gorbatchev, qui ne fut pas informé de manière objective sur l’état réel de la catastrophe) car le système avait … menti : des milliers de personnes auraient pu fuir la catastrophe mais en lieu et place, ingérèrent des particules radioactives et en moururent.
      Tchernobyl, c’est le coup de grâce parce que c’est le mensonge ‘d’état’ de trop.

      Si, d’aventure, le gouvernement japonais suivait ce qui ressemble apparemment à des tentatives de dissimulation de TEPCO, mal lui en prendrait.
      Ce sera le mensonge de trop.

      PS : le Japon a une dette publique de 200% du PIB. Il possède les secondes réserves en dollars au monde. Ceci dépend de l’épargne des japonais, très importante.
      Or, cette épargne ‘accepte’ de financer le déficit (et les réserves en dollars) tant que les épargnants japonais ont confiance dans le système.
      Qu’un mensonge suffisamment important (la corruption ne l’est pas pour les japonais, le nucléaire l’est) soit mis à jour et c’est la fin de la confiance des japonais.
      Soit, la fin du système de financement de la dette publique japonaise. Et du dollar.

      1. >Zebu

        Je pense que vous avez parfaitement résumé ma pensée. Le peuple japonais a eu son avenir sacrifié lors des multiples plans de relance, qui n’ont profité qu’aux corrupteurs et à l’oligarchie.

        Ces mêmes gens les sacrifient maintenant purement et simplement, là encore s’il s’avère bien que la TEPCO a fait pression sur le gouvernement pour maintenir en activité ses centrales vieillissantes.

      2. Le mensonge de trop” dit zébu pour expliquer la fin du régime soviétique. Il n’a pas tort, mais quel sera “le mensonge de trop” qui nous fera enfin comprendre les mécanismes de fond ? Dans tous les systèmes, dictatures comme démocraties, le mensonge est le moyen le plus simple et le plus économique pour préserver la confiance envers le pouvoir, parce que celui-ci en a besoin pour agir, et qu’un pouvoir impuissant, sauce Guayaquis de Pierre Clastres, nous est impensable. Nous croyons que l’amélioration de la condition humaine, aujourd’hui plus nécessaire que jamais, exige l’instauration d’un pouvoir doté de telle ou telle qualité, performant si possible, bien sous tous rapports.

        Ça ne marchera jamais. D’où qu’il vienne, ce pouvoir aura besoin de la confiance, et donc de mentir, parce que, à la confiance dont il a besoin et qui monte de bas en haut, il ne peut que répondre par une méfiance qu’il fait descendre de haut en bas. Ainsi il se verrouille aussi longtemps que possible, jusqu’au “mensonge de trop”.

        La solution est d’inverser ce schéma. 1) le peuple cesse d’attendre quoique ce soit du pouvoir ; 2) n’importe qui peut être au pouvoir, on s’en fiche ; 3) le peuple se méfie du pouvoir comme d’une guigne ; 4) le peuple exige des contres-pouvoirs : tout ce qui est indispensable à l’exercice de la méfiance, condition sine qua non pour prévenir les mensonges et les abus de pouvoir ; 5) pour le reste, le peuple se démerde comme il peut et ne place sa confiance qu’en lui-même.

  5. Métamorphose, oui, qui suppose que l’écorce cède. Ecorce terrestre, écorse de confinement nucléaire, écorces économiques, tout est lié. Il ne fallait quand même pas croire que tout ça se passerait en douceur. La naissance d’une autre civilisation se fera dans la douleur.

  6. Le FMI débloque 4,1 milliards d’euros pour la Grèce

    lundi 14 mars 2011, 21:35 afp
    Le Fonds monétaire international a annoncé lundi qu’il débloquait une quatrième tranche de son prêt à la Grèce, pour un montant de 4,1 milliards d’euros. Le FMI a indiqué dans un communiqué que son conseil d’administration avait voté pour mettre cette somme à disposition d’Athènes. Les sommes versées sont donc portées à 14,6 milliards d’euros, sur un total prévu de quelque 30 milliards d’euros. Le FMI a répété lundi, comme lorsqu’il s’était entendu en février sur les conditions de ce nouveau versement, que l’Etat grec ne pourrait se contenter de réduire ses dépenses, et qu’il devrait trouver des sources nouvelles de revenus pour combler son déficit.

  7. Quelle est la structure du capitalisme japonais ?
    (par exemple, y a t-il un Bébéar local ?)
    Ce n’est pas pour la théorie du complot, mais pour mieux savoir si au fond l’absence de communication ne viendrait pas du fait que quelques huiles de TEPCO ou de juste à côté ne veulent pas voir leur nom associé aux évènements en cours ?

  8. Et sur le fond, en pensant à Stiegler et à kercoz sur ce blog, comment doter de résilience les structures humaines qui “s’instabilisent” ? Est-ce que un seuil d’énergie ou de richesse ou d’une combinaison ne pourrait pas servir d’alerte ? (et qu’est-ce qu’on fait après, comment gérer la responsabilité collective de gros machins comme les barrages si on reste dans la thématique énergie renouvelable ) ?

    Un autre aspect de notre présence sur Terre est que nous ne sommes plus très loin d’être l’espèce animale la plus “lourde” sur Terre, …sachant que chaque kilo de vivant a sa consommation de O2, N, S, P, Ca, etc. et les rejets associés (éléments N,S,P surtout), nous ne sommes plus des fétus sur la planète, mais au sens de la masse :
    3e11 kg la masse totale de la population humaine mondiale
    1e11 à 8e11 kg la biomasse totale de krill d’Antarctique, Euphausia superba, considérée comme la créature la plus abondante de la planète
    (wiki : les masses

    (et l’énergie, voila notre E=mc2 avec c=3 (!) à peu près :
    3,91e12 kg la production de pétrole mondiale en 2001)

  9. Oui ! : “Les questions que pose l’alerte nucléaire au Japon font partie de ces questions cruciales, elles viennent se situer dans le contexte général”. Pour B.S. le contexte général se situe “dans une métamorphose déjà en cours de la société industrielle”, pour P.J. le contexte général est « L’agonie du capitalisme » : ça devrait bien se passer Paul !

    Une parenthèse : timiota dit : “”comment doter de résilience les structures humaines qui « s’instabilisent » ?”. Brrr!, ça fait froid dans l’dos. Qui va doter cette machinerie de bonnes structures ? C’est une phrase d’ambiance. Cette vision est inhumaine. Elle est égoïste. Elle ne considère même pas la possibilité que l’homme puisse être à l’origine de la nature des liens, et des structures, c’est ce qui se passe sur ce blog et de manière générale dans les échanges : on applique sur les liens la contrainte de la structure. C’est une faute grave. Et après on s’étonne de la rigidité du système, on parle alors sans souci de résilience des structures humaines. Et on cherche à fabriquer l’outil le mieux adapté pour modifier la contrainte sans perturber de trop les sommets de la structure, les homos sapiens, les pôv.

    L’homme est une source de créativité infinie : c’est une lapalissade mais ça va mieux en le disant. La capacité à créer dépend de la capacité à verbaliser. C’est une contrainte mécanique, un peu comme quand on prend un mot pour argent content : on ne remet pas en question la valeur forte qui lui est attribuée sans lui affecter sa propre valeur…

    En pratique, en économie par exemple, on sait maintenant que l’erreur qui caractérise le mieux le système est que c’est le salaire qui impose l’échange (faites doucement : Pierre dort) : l’échange marchand est imposé, c’est le seul lien qui unisse les hommes actuellement. Deux liens ça peut faire une chaîne, mais la seule possibilité de système avec un seul lien c’est le lien lui-même qui traverse les individus : c’est une contrainte. Trois liens ça peut faire une pyramide. Etc. La mathématique expose cela très bien, jusque dans les structures fractales ou la théorie des jeux par exemple. Ah ces écoles…

    Je suis curieux de connaître votre réaction ainsi que celle de BS sur la manière dont vous allez bien pouvoir intégrer cette vision dans votre propre école ! Sauf à considérer l’homme comme un rouage qui réponde aux injonctions de la machine, je ne vois pas bien. Tout ça pour dire que derrière chaque science se cache l’homme. Et qu’à chaque fois qu’une sagesse s’est appliquée à le rappeler, de nouvelles écoles se sont crées – vite !- avec chacune sa maxime, son cadre, histoire de bien compartimenter l’approche afin qu’on ne s’y retrouve suffisamment pas histoire de ne pas prendre le risque de tomber sur l’homme ! L’homme ne veut pas se voir, et du point de vue réussite il a largement dépassé la nature.

    Et à chaque crise, moment propice s’il en est, c’est la même foire d’empoigne : les écoles se retrouvent sur le pont ! La guerre des écoles peut commencer, faite d’affrontements, d’alliances et d’absorptions…C’est surtout vers la fin que c’est long.

    Alors que si on se place du point du vue de l’homme, c’est tellement simple que ça risque d’effrayer les spécialistes qui ont si longtemps évolué sur leur branche, dans leur cadre ! Et puis cela présente l’avantage que l’homme puisse exprimer ses valeurs sans (trop de) contrainte, de manière à ce qu’il puisse augmenter le nombre des liens qu’il peut nouer avec l’autre.

    Or…, afin de réduire la contrainte il faut du temps de cerveau disponible pour se lancer sur le chemin de la conscience. D’où le programme (Oups ! Je vous réveille pas Pierre au moins..?) ! Mais attention, ce programme – puisqu’il semble qu’il faille passer par là pour dialoguer, pour échanger, pour permettre à l’autre de se faire écouter…c’est d’une tristesse, mais bon vous savez c’que c’est les habitudes…- est un bulletin, chacun doit se l’approprier, sinon ça ne marche pas !

    Allez, une petite illustration de lecture : au lieu de Yahvé, Jéhovah, Jésus, etc. lisez Je suis dans les sagesses. C’est stupéfiant. Descartes s’est-il inspiré de ce constat pour donner sa définition du produit ou est-ce l’inverse qui s’est produit ??? Voici cette définition : Pour tout groupe A, pour tout groupe B, il existe un groupe P unique formé de tous les individus de A et de B qui vérifient la condition suivante : dire qu’un élément de A et un élément de B coexistent revient à dire que le couple existe (en P).

    Bonne journée

  10. Petit point sur le logement, les prix, les revenus disponibles en France, avec la courbe des indices de Friggit de mars 2011 :
    http://www.immobilier-danger.com/Courbe-de-Friggit-024.html
    Où on constate que les prix sont presque arrivés en moyenne en France (et on ne parle évidemment pas de la région parisienne), au niveau de ceux de leur apogée début 2008 …
    Pendant ce temps, le ‘gouvernement’ ‘réfléchi’ à ‘plafonner les prix à … 40€/m2 !

    Là aussi, on va droit dans le mur.

  11. A réactualiser sur fin 2010.
    Concernant l’immobilier, je pense qu’il faut éviter l’analyse globale et qu’il convient de différencier la situation par pays, voir à l’intérieur d’un même pays, par région. Si l’on en reste au niveau national, ce qui se passe par exemple aux US est sans commune mesure comparable à la réalité Française.
    Souvenons nous qu’il y a trois ans certains anticipaient une baisse de 40 voir de 50% sous peu des prix en France. D’autres étaient beaucoup plus mesurés…
    Si tout était aussi simple dans l’analyse qu’un retour, par exemple, dans le tunnel de Friggit, les prix chez nous auraient déjà chuté depuis bien longtemps. N’oublions pas que les Français font partie des ménages les plus riches au monde et que leur enrichissement sur ces 20 dernières années provient aussi du capital. Un capital d’ailleurs assez peu touché par la crise car peu investi sur les marchés. La courbe de Friggit fait une analyse par rapport à l’évolution du revenu des ménages et occulte l’évolution de la valeur des patrimoines des particuliers et de l’enrichissement associé.
    Dans des pays comme les US, la GB, l’Espagne… cette courbe a beaucoup plus de poids qu’en France puisque là bas les ménages sont surtout riches de dettes et ont une épargne financière faible, voir inexistante et même certaines années, négative. Chez nous on navigue depuis de très nombreuses années entre 15 et 20% du revenu !! De ce fait, les acquisitions immobilières restent ancrées dans les patrimoines et ne se bradent pas ou peu. Dans les années défavorables le nombre de ventes baissent bien plus que les prix eux mêmes.
    Bien entendu, la perspective d’une croissance molle dans les années qui viennent et les poussées de “déflation associée” pèseront à nouveau sur les prix, entre autre, de l’immobilier et de l’or, mais de là à voir les prix immo en France chuter en moyenne de moitié, il y a quand même un monde.
    A l’inverse une stagflation, scénario de plus en plus probable pousserait les prix à la hausse.
    Les derniers chiffres de la “richesse Française” publiés par l’Insee confirment ce que j’évoque : les ménages détiennent une très très grande part de la richesse nette nationale (administrations publiques comprises…), à savoir 9,275 T€ sur un global de 12,115 T€.
    Pour aller dans le sens de mes remarques sur la résistance spécifique du marché immobilier français, vous noterez que le passif financier lié aux crédits n’est “que de” 1,023 T€ sur un actif brut de 10,6 T€ soit 9.6%. A comparer aussi à la richesse nette des ménages 9,275 T€ soit 11%.
    Rien à voir avec les chiffres US. Là bas les home mortages sont de 10.240 T$ sur un total assets de 68.536 T$ soit 14.9% et une net worth de 54.565 T$ soit 18.8%. De plus, comme ils vivent à crédit, il faut aussi rajouter le consumer credit de 2,421 T$ pour être vraiment objectif. Et là on monte à 12,661 T$ de crédit pour 54.565 T$ de net worth et ça nous fait un 23,2% à comparer au 11% Français.
    De plus, ces chiffres US tiennent compte de la baisse du marché 2006-2009 de l’immobilier US (cf baisse du real estate sur la période, -28%). Donc même avec une “remise à niveau” des prix ils sont toujours complètement plombés.
    Dans ces conditions il n’est pas étonnant que les prix de l’immobilier en France résistent aussi bien à la crise depuis 3 ans.
    En passant, une des raisons importantes du maintien pour l’instant du AAA sur notre dette souveraine malgré les 80% PIB, tient au fait que la dette publique était de 1,489 T€ à fin 2009 à comparer à une richesse nette nationale de 12,115 T€ soit 12.2%.
    Aux US on a 8.627 T$ pour une net worth de 54.565 T$ soit 15.8%.

    http://bercy.blog.lemonde.fr/2010/07/09/patrimoine-menages/#xtor=RSS-32280322

    http://www.federalreserve.gov/releases/z1/Current/z1r-5.pdf

    1. Vous rigolez ou quoi ?
      Vous faites complètement abstraction du fait que les prix immobiliers ont été artificiellement entretenus depuis 3 ans grâce aux mesures concernant l’investissement d’immobilier locatif (notamment, le Scellier, qui devrait tenir les ‘promesses’ qu’ont tenu les autres dispositifs préalable : demandez aux ‘Robien’, ce qu’ils pensent maintenant de leur ‘patrimoine’ …).
      Ne pas le faire, c’est mentir par omission. De même, la valorisation du patrimoine est toute fictive puisqu’elle est basée … sur les prix moyens du marché. Si ce marché vient à chuter, quelle valorisation selon vous, de leur patrimoine ?
      Foutaises !
      Vous bossez pour qui, pour faire de la retape comme ça ?
      “Si tout était aussi simple dans l’analyse qu’un retour, par exemple, dans le tunnel de Friggit, les prix chez nous auraient déjà chuté depuis bien longtemps.” :
      Friggit ne ‘dit’ pas que c’est simple. Il propose un système d’évaluation, autrement plus efficace que le mark to market du marché immobilier actuel.
      Et il ne ‘dit’ pas que les prix auraient dû chuter depuis longtemps.

      Posez-vous la question de savoir POURQUOI les prix n’ont non seulement pas chutés mais aussi AUGMENTES !
      Rien à voir avec la spéculation, notamment dans l’immobilier locatif défiscalisé ?
      Regardez le nombre de logements neufs vendus en France et vous serez ‘surpris’ (et je le serais, surpris, que vous le soyez) du pourcentage de logement en investissement locatif défiscalisés.

      Punaise de vendeur de soupe …

      1. Tiens, le marché immobilier, c’est comme les pesticides : la dose journalière de spéculation admise permet d’admettre que les prix peuvent continuellement progresser pendant que les revenus stagnent, dixit ‘Jef’, le vendeur de rêves en cube (de béton) et de patrimoine virtuel :
        http://www.liberation.fr/terre/06013220-pesticides-notre-poison-quotidien

        Suffit juste de s’endetter de plus en plus …
        Et alors ?
        L’est pas belle la vie ?
        Vu que le patrimoine ‘augmente’ …

        PS : pour info, selon justement Friggit, qui ne fait pas QUE des analyses sous forme de ‘tunnel’, il ‘dit’ aussi que si en Franc eon continue comme ça, on va rejoindre le niveau d’endettement moyen des US, dans les 15 ans à venir (références déjà mises en ligne de l’étude sur ce blog).
        Mais ça, c’est pas grave, pour ‘Jef’.
        L’essentiel, c’est que la soupe continue d’être vendue.

      2. Article fait en novembre 2009 pour le cercle des Echos… Vu l’évolution du marché en 2010 et début 2011 il ne doit pas y avoir que des bêtises.
        Posez vous plutôt cette question : en 2009 les transactions ont baissé de l’ordre de 40% et les prix n’ont pas chuté de plus de 10%, pourquoi ?
        Et puis si vous preniez le temps d’analyser les chiffres plutôt que de montrer les dents et de réciter votre Pater… enfin bon, difficile de remplir une coupe pleine. L’immobilier du patrimoine virtuel ? Les plus de 60% de Français propriétaires de leur RP seraient donc des veaux ?

      3. “Posez vous plutôt cette question : en 2009 les transactions ont baissé de l’ordre de 40% et les prix n’ont pas chuté de plus de 10%, pourquoi ?” :
        Si vous regardiez les chiffres, vous verriez justement que la baisse des transactions n’a pas concerné tout le monde. Et qu’à l’inverse, c’est l’investissement locatif défiscalisé qui a explosé, tirant les prix à la hausse. Sans parler, évidemment, de la spéculation sur l’immobilier en région parisienne, dont vous ne parlez évidemment pas (comme c’est bizarre) …
        Je vous le répète : pour qui travaillez-vous ?
        Citer Les Echos comme source fiable, c’est de la rigolade (qui plus est de fin 2009 !).
        Je vous cite une source fiable, celle de Friggit, qui s’appuie lui sur les statistiques réelles.

        Votre messe, allez la faire ailleurs.
        Et je montre les dents à tout vendeur de soupe. que vous êtes.

        PS : C’est vous qui faites erreur si vous pensez que les français sont propriétaires pour d’abord se constituer un patrimoine, dont la ‘valeur’ n’est réelle que quand la vente sera débouclée. Soit probablement à leur mort ou lorsqu’ils seront en maison de retraite ou qu’ils déménageront. Pas avant.
        On n’est pas (encore) aux US ici. Mais ça va venir, patience, avec des gens comme vous, qui n’arrivez même pas à comprendre que si les prix augmentent tandis que les salaires stagnent, cela ne peut pas durer comme cela, ‘patrimoine’ ou pas ‘patrimoine’. A part s’endetter plus longuement (ce qu’ils font), augmentant ainsi le poids du logement dans leurs revenus, je vois pas.
        C’est ce que vous préconisez, M. ‘patrimoine’ ?

      4. Pas la peine de faire le méchant…
        Si les Français aiment la pierre c’est avant tout parce qu’ils ressentent que quasiment tout le reste est effectivement du virtuel comme les val mob voir plus récemment le fiduciaire. La hausse de l’immo l’an dernier s’explique avant tout par une fuite devant la monnaie, pas autre chose. Et je vous confirme que ceux qui deviennent propriétaire le font effectivement pour commencer à se constituer du patrimoine, tant mieux pour eux.
        Au fait, qui a dit que l’immo ne peut que monter et que l’endettement type US était une bonne chose ?
        Cette capacité de faire dire à son interlocuteur ce que l’on a envie d’entendre n’est pas très sport.

      5. @ Jef :
        Et je vous confirme que ceux qui deviennent propriétaire le font effectivement pour commencer à se sentir chez eux et à ne plus verser de loyers pour des logements qui ne sont pas les leurs.
        Ce n’est qu’après et ensuite que les propriétaires pensent à se constituer un ‘patrimoine’ (la plupart du temps à léguer ou à transmettre, non pas comme dans votre représentation, d’une partie d’un ‘capital’, virtuel, à se constituer).
        Votre vision des choses trahit votre incapacité à comprendre le réel.
        Et vos véritables motivations et activités.
        C’est tragiquement le type même d’explication de la réalité que l’on veut faire passer pour … la réalité. Si vous visitez ce blog, vous comprendrez ce dont on parle.
        Sinon, je ne peux rien pour vous.
        PS : assumez votre ‘pensée’ et mettez là en correspondance avec votre langage. Si vous n’arrivez pas à assumer les propos correspondant à cette ‘pensée’, c’est votre problème.

      6. @ Jef :
        “La hausse de l’immo l’an dernier s’explique avant tout par une fuite devant la monnaie, pas autre chose.” :
        La ‘fuite’ de qui d’après vous, quand vous annoncez, vous même, une chute de 40% des transactions ?
        Soit vous admettez votre incohérence totale, soit vous admettez que ce ‘marché’ est tout sauf un marché ‘réel’ mais bien spéculatif, entretenu, surtout, par des ‘fuites’ d’investissements soit sur la région parisienne, soit sur du locatif défiscalisé.
        Regardez les chiffres des ventes en neuf.
        Point final.

    2. Immobilier et nucléaire, la comparaison est simple.
      Les sectateurs de l’immobilier et du nucléaire racontent la même fable : la bulle, comme le réacteur, ne peut pas exploser.
      ET pourquoi ?
      Parce que nous disons que cela ne peut pas arriver.
      Traduction en langage publictire : parce que vous le valez bien.

      1. Exact, Marlowe.
        Je voudrais bien voir la tronche du ‘patrimoine’ des japonais qui ont pris des actions de TEPCO maintenant, après l’explosion de ‘la bulle’ nucléaire …

        Patrimoine qui pourtant augmentait, de manière croissante … et virtuelle.
        Comme le montrait, pourtant, les analyses du mark to market …
        Et comme le montre l’analyse de ‘Jef’, l’ami du béton, qui se base sur les prix actuels du marché pour ‘consolider’ le patrimoine des français.

        Marre de ces … ‘analyses’, Marlowe.

    3. non Jef, t’es pas tout seul ; encore un peu de soupe de zébu ?
      zébu est impressionnant, faut le reconnaitre, c’est lui qui devrait aller chez Taddei ! 😉

  12. Souvent, je me prenait à sourire en lisant des commentaires apocalyptiques lus sur le blog.
    Aujourd’hui, je me sens mal et me demande si je n’avais pas tort. La catastrophe naturelle au Japon a induit un catastrophe industrielle touchant l’électronucléaire, le sommet de la logique techno-scientiste de nos sociétés, dites développées. La catastrophe économique semble devoir suivre (déjà baisses de 5 à 10% des Bourses en deux jours).
    Le soft landing qu’espéraient les écologistes des années 70 ayant lu “Halte à la croissance?” semble devenu impossible. On va casser du bois… Espérons que l’on pourra quand même ne pas “partir en vrille” comme ont dit certains dans les heures qui précèdent…

    1. A propos des commentaires désespérants sur le blog, ils ont un usage possible.
      Comme on dit qu’un homme averti en vaut deux, plus nous serons avertis plus nous serons nombreux.
      Je pense que nous entrons dans la période historique dans laquelle ceux qui savent que ce monde n’est plus viable doivent compter leurs forces.

  13. Super heureux de voir que Bernard Stiegler et Paul Jorion se retrouvent en tête à tête. Paul Jorion a mis en place l’un des plus bel exemple de “modèle associé” dont parle Bernard Stiegler.
    Et en effet, grâce à ce modèle, je crois que Paul Jorion est aujourd’hui le chroniqueur le plus indépendant et le plus au service de ses lecteurs (il ne sert ni la publicité, ni des intérêts financiers extérieurs). Il enseigne à sa communauté autant qu’il apprend d’elle. Il suffit pour cela de voir les centaines de commentaires de chacun de ses articles et certains articles et lui permettent de modifier ses refléxions…. Aujourd’hui, la communauté ne souhaite pas voir disparaître ce travail d’éditorialisation de Paul Jorion, et le finance en “intelligence collective”, puisque chacun donne comme il peut et quand il peut. Au final, on se sent implique dans le travail réalisé ici. Et en effet, nous sommes quasiment associés à tous les niveaux du travail mené sur ce blog,, puisque nous pouvons aider à l’écriture, financer, commenter, et être lecteur…
    A travers ces modèles associés, nous ne sommes plus juste des consommateurs qui “achètent et jettent sans connaître l’impact de ce mode de consommation”, ou alors des personnes dédiées à un emploi “où nous ne sommes qu’une force de travail réalisant des procédures dont nous n’avons ni le contrôle ni la connaissance”, ou bien des “chercheurs qui conçoivent puis développent des procédures que l’on impose aux travailleurs”…. Mais nous devenons à la fois les concepteurs, travailleurs et les usagers, avec une compétence à produire du savoir, qui permet dans le même temps, de grandir soi-même et de rendre plus puissant le groupe au sein duquel nous contribuons…

    Ces modèles où l’individu s’élève en même temps que le groupe nous feraient tendre vers une “économie de la contribution”, capable de mettre un terme au consumérisme actuel.
    Tout cela est assez bien expliqué dans le manifeste 2010 de l’association de Bernard Stiegler.

    On sent bien qu’un ensemble de solutions sont en train de voir le jour…Des “voies” qui nous amèneront à une métamorphose de notre société (Edgar Morin reprend aussi ce terme de “métamorphose” dans le superbe livre “la voie”).

    Certains parlent aussi de l’avénement d’une société de la relation, où la quêté de l’infinie se fera dans la multitude d’échanges avec les autres, plutôt que dans l’infinie possession de biens ou service pour soi. D’autres comme Jean François Noubel parlent de l‘intelligence globale, avec l’avénement des monnaies libres (sur le modèle du logiciel libre), dont il a parlé à TEDx Paris. Toutes ces voies nous guideraient vers un “mieux vivre ensemble”…

    Il n’y a plus qu’à faire :-).

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