L’actualité des crises : LA TERRE BRÛLÉE COMME POLITIQUE, par François Leclerc

Billet invité.

En ce début de semaine, une avalanche de déclarations, toutes aussi péremptoires les unes que les autres, tente de convaincre on ne sait trop qui que la restructuration de la dette grecque n’est pas sur la table (ou bien pas à l’ordre du jour, selon une autre version). C’est à qui contribuera à nier avec la plus farouche énergie et la voix assurée ce dont les marchés sont pour leur part largement convaincus. Il leur est même – un comble – reproché de se tromper, par ceux-là qui en font d’ordinaire leur oracle.

Toutes nos vieilles connaissances sont au rendez-vous : Jean-Claude Trichet et Dominique Strauss-Kahn, Herman Van Rompuy et Jean-Claude Juncker, sans oublier Lorenzo Bini Smaghi, Klaus Regling et on en passe.

Deux indices ne trompent pourtant pas à cet égard : le taux des obligations grecques à 10 ans à dépassé le seuil de 14% et les valeurs des banques allemandes et françaises, connues pour être particulièrement exposées à celles-ci, chutent en bourse.

Les marchés ont toujours raison ! Une restructuration de la dette grecque sonnerait en effet le glas des tentatives européennes de stabiliser la crise de la dette et ouvrirait grand la porte à d’identiques remises en cause en faveur d’autres pays de la zone des tempêtes, précipitant le système bancaire européen à nouveau dans une chute libre. Ceci explique cela.

Christine Lagarde, ministre française de l’économie et des finances, redoute les conséquences d’une restructuration de la dette grecque, en raison de ses effets négatifs pour le pays, tout en occultant dans la grande tradition de franc-parler des milieux financiers son vrai danger. Effacer la dette serait « catastrophique », car une telle mesure empêcherait selon elle la Grèce de retourner « un jour » sur les marchés. Comme si, par ailleurs, elle en prenait le chemin en ne s’y résolvant pas.

Heureusement, le premier ministre grec tient bon envers et contre tous, et celui de l’Irlande vient de déclarer qu’il ne voulait pas créer le chaos. Nous voilà rassurés.

Le début des négociations entamées avec les Portugais, ou leur poursuite sans fin avec les Irlandais, passent dans ces circonstances au second plan. Des rumeurs circulent à ce propos de désaccords entre le FMI et l’Union européenne à propos des délais de remboursement qui devraient être consentis au Portugal et du taux dont il devrait bénéficier – le FMI proposant par réalisme de soulager un peu la peine – mais la crise autour de la restructuration de la dette grecque est en train de faire sérieusement déraper la situation là où on craint que l’Espagne y contribue en entrant résolument dans la danse.

Le risque que le nouveau gouvernement finlandais, issu de la consultation de ce week-end, bloque le sauvetage du Portugal, dont la négociation vient à peine de débuter, ou que la course d’obstacle de la chancelière Angela Merkel au Bundestag devienne impraticable à force d’embûches en deviennent somme toute également secondaires.

On en oublierait presque, dans ce ciel d’orage, de mentionner que l’agence Standard & Poor’s vient d’abaisser à « négative » la note AAA de la dette souveraine américaine, suscitant comme faible répartie de Tim Geithner, le secrétaire d’Etat au Trésor, que « Le monde perçoit toujours les Etats-Unis et le système politique américain comme étant à la hauteur (…) Si vous regardez le coût auquel nous empruntons aujourd’hui, vous voyez qu’il y a toujours une confiance énorme dans le monde dans la capacité du système politique ». S’il le dit…

Les négociations à répétition entre démocrates et républicains à propos du déplafonnement de la dette américaine, comme la perspective d’une longue campagne électorale présidentielle – qui a déjà commencé – à propos de la très douloureuse réduction du déficit public font que les Européens vont se sentir désormais moins seuls sur ce chemin qui ne mène nul part sauf dans le vide.

De coups de semonce en coups de semonce, c’est toute une stratégie qui progressivement se révèle être dans l’impasse, sans qu’aucune alternative ne soit envisagée. Une politique de la terre brûlée est menée partout, comme en témoigne sous son aspect le plus cru le programme des républicains américains, qui préconisent tout uniment de sabrer les programmes sociaux et de réduire les impôts. L’équivalent européen étant l’actuelle marche forcée en cours vers une Europe à deux vitesses, avec comme modèle nos sociétés elles-mêmes.

Sans plus tergiverser, quand elles auront le dos au mur une fois de plus, les plus hautes autorités finiront par accepter une restructuration de la dette grecque, avec encore l’illusion de pouvoir la doser afin d’en limiter les effets et la contagion. En privilégiant un rééchelonnement sur une décote, ou bien une baisse des taux, au pire, autant d’astuces de banquier pour essayer de se faire rembourser en douceur quand on ne peut plus le faire en force, et qu’un désastreux et impensable défaut non négocié ne peut plus être évité.

Rare voix discordante dans la meute, celle d’Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, qui a estimé que « tout ce qui pouvait être fait pour diminuer le taux d’intérêt des prêts européens [à la Grèce et à l’Irlande] serait très utile », remarquant que les programmes d’aide ont été jusqu’ici « une très bonne affaire » pour ceux qui ont prêté… Faisant également valoir que s’il n’était pas possible pour ces pays d’accroître la croissance économique, vu les « ajustements macro-économiques et budgétaires très difficiles » qui leur sont demandés, il ne restait plus qu’à diminuer les taux des prêts pour qu’ils puissent être un jour remboursés. CQFD.

Les dirigeants européens, en passe d’être rattrapés par les Américains, sont en train de précipiter eux-mêmes le rebondissement de la crise. Sans attendre que le système financier se charge à nouveau de cette basse besogne. Une victoire de plus à porter au crédit de leur clairvoyance.

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159 réflexions sur « L’actualité des crises : LA TERRE BRÛLÉE COMME POLITIQUE, par François Leclerc »

  1. Je parlais plus haut de la situation mondiale. Ben ça prend un mauvais virage :
    http://www.leap2020.eu/GEAB-N-54-est-disponible-Crise-systemique-globale-Automne-2011-Budget-T-Bonds-Dollar-les-trois-crises-americaines-qui_a6328.html
    « Et de toute façon, sanctionne le FMI, « les Etats-Unis ne sont pas crédibles quand ils parlent de réduire leurs déficits » (23). Cette remarque inhabituellement brutale du FMI, traditionnellement très prudent dans ses critiques concernant les Etats-Unis, est en tous cas particulièrement justifiée au regard du psychodrame qui, pour une poignée de dizaines de milliards de Dollars, a failli faire fermer l’état fédéral faute d’accord entre les deux grands partis. »

    Le reste de l’article est à lavement.

    1. Cela fait des lustres que l’europhile Biancheri annonce dans ses GEAB la fin du dollar et de la livre sterling. Il répète également sa foi dans l’euro, capable de limiter la casse en Europe.

      Son nouveau bulletin est à mettre en parallèle avec la très intéressante interview de l’économiste suisse Myret Zaki signalée plus haut par Dudule et Pablo75.

      Beaucoup de monde répète que l’Euro est en mort clinique, qu’il n’y a plus que de l’acharnement thérapeutique. Est-ce si sûr ?

      1. Pour le GEAB c’est la propagande américaine qui prédit la mort de l’euro. Eux c’est l’Europe contre tous. Par contre, pour les prophéties ils ne sont plus crédibles: ce qu’ils prédisent aujourd’hui ça fait 2 ans au moins qui le prédisent tous les trimestres.

      2. @pablo

        Je l’ai déjà dit mais je l’répète, « LEAP, c’est fini ! »
        « Vous voulez être à la bonne heure, savoir le temps qu’il fait vraiment, jusqu’au temps qu’il fera ? Une seule bonne adresse : Chez l’Horloger de Saint-Paul. Le Tavernier c’est Paul, les chefs de rang c’est François et Julien et en plus c’est coopératif ! »

      3. Pour LEAP, ce n’est pas fini, c’est même les plus crédibles de tous. De tous les arguments avancés il n’y en a guère de plus fondés. Seul la chronologie des événements est à la louche.

      4. J’admets que le LEAP prédit à chaque fois la fin du système, mais à un moment il va avoir raison et on s’en rapproche de ce moment-là.

      5. Pablo.
        La mort de l’Euro…??? Pas vraiment, à priori :
        « En revanche nous considérons que la question des dettes publiques des pays périphériques de l’Euroland n’est plus le facteur de risque européen dominant en la matière, mais que c’est le Royaume-Uni qui retrouve sa position d’ « homme malade de l’Europe » (5). La zone Euro a en effet mis en place et continue à améliorer tous les dispositifs nécessaires pour régler ces problèmes (6). La gestion des problèmes grec, portugais, irlandais, … se fera donc de manière organisée. Que des investisseurs privés doivent en partie en faire les frais (comme anticipé par LEAP/E2020 avant l’été 2010) (7) n’appartient pas à la catégorie des risques systémiques, n’en déplaisent au Financial Times, au Wall Street Journal et aux experts de Wall Street et de la City qui essayent tous les trois mois de refaire le « coup » de la crise de la zone Euro du début 2010 (8). »

        (évitez de prévenir BA… 😉 )

        Autre chose que j’ai noté, car je les suis quand-même du coin de l’oeil :
        Là, leur prévision est à 6 mois. Soit, le plus court terme qu’ils aient prévu jusqu’à maintenant.

        Mais. Vous savez tous qu’une « grande panne » a déjà eu lieu et que les états n’ont pas hésité à utiliser notre argent…
        Le contexte était alors différent et, cette fois, l’inflation sera déjà en route.
        Soit, on va rire.

      6. Tu lis mal, Yvan (trop vite sans doute): pour le GEAB c’est la propagande américaine qui prédit la mort de l’euro, pour eux l’euro s’en sortira.

      7. n’en déplaisent au Financial Times, au Wall Street Journal et aux experts de Wall Street et de la City qui essayent tous les trois mois de refaire le « coup » de la crise de la zone Euro du début 2010 (8). »

        pour le GEAB c’est la propagande américaine qui prédit la mort de l’euro, pour eux l’euro s’en sortira.

        et bien , n’est-ce pas la même chose ?
        cf Interprétation Yvan versus Pablo

  2. Une question à qui peut répondre : si la Grèce, comme c’est maintenant probable, est contrainte à la restructuration de sa dette, je suppose que ça va ête négocié d’une façon qui fragilise le moins possible les banques françaises et allemandes exposées. Ce que je me demande c’est si une telle restructuration

    a) baissera les profits
    b) mettra les banques en situation réellement fragile
    c) mettra les banques en faillite quoi qu’on y fasse, tellement les ampleurs sont importantes.

    Question subsidiaire, si c’est a), à combien d’autres restructuration (Portugal, Espagne, etc.) sera-t-on du craquement sinistre ?

    1. Une « restructuration » va sans doute diminuer les dividendes, mais pas les bonus et peu les stock-options. Les états et la BCE se feront un plaisir de renflouer les banques à taux zéro, et avec un peu de créativité financière (pour dissimuler le problème). Il n’y a pas de raison que le système ne soit réutilisé à l’infini, quitte à provoquer une forte inflation et une récession importante.

      1. Tiens …en attendant …

        « François Pérol s’est bien augmenté de +247% en 2010
        Par Laurent Mauduit

        Ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, devenu patron de la banque BPCE, François Pérol a vu sa rémunération passer à 1,6 million d’euros en 2010… » / Mediapart.

  3. Les entreprises immobilières qui n’ont pas encore fait faillite en Espagne doivent aux banques 23 Mds €.
    http://lacartadelabolsa.com/leer/articulo/la_deuda_de_las_inmobiliarias_solo_cae_un_19_tras_dos_duros_anos_de_reestru

    Un thermomètre intéressant de la crise en Espagne: la situation des plus de 300 000 bars (le record européen), que les Espagnols visitent en moyenne 148 fois par an (on y sert 30 millions de tasses de cafés par jour et 50 litres de bière par personne et par an). La hausse des matières premières (café + 96 %, blé + 31 %) a fait monter les prix de la bière et de l’expresso. Résultat, les ventes s’effondrent: – 19 % en janvier 2011 para rapport à janvier 2011.
    http://www.elconfidencial.com/economia/2011/estamos-annus-horribilis-bares-20110418-77559.html

    Sous un gouvernement de « gauche », l’Espagne s’appauvrit vite: 90 % des familles perdent du pouvoir d’achat, 60 % ont des problèmes pour finir le mois, 23 % vivent sous le seuil de pauvreté. Et de l’autre côté 10 % des Espagnols possède 60 % de la richesse.

    1. Pablo…

      Gauche. Allllloooooooooooons !!!
      Crois-tu que cela ait une importance quelconque ???

      Même l’Islande est obligée de rembourser ses créanciers contre l’avis de son peuple !!!

      Tu veux connaître le sens gouvernement non aligné : la Corée du Nord !
      Alors arrête de parler de « gauche ».

      1. Oui, gauche entre guillemets. On voit que tu ne connais pas la droite espagnole… Et oui, il y a encore une différence, même si elle est petite. Regarde ce que Arturo Mas veut faire en Catalogne (même s’il commence à reculer) et tu la verras.

  4. C’est amusant de voir le jeu de poker menteur on est entrain de se livrer.
    Du moins se serait amusant si les conséquences n’étaient pas aussi graves.
    Honnêtement cité moi un seul pays réellement solvable…
    Que ça soit par la dette directe ou par phénomène de vase communicant, aucun pays ne peu se prévaloir d’avoir une économie solide.
    Le plus beau on parle toujours des effort que doivent faire les populations, alors que les enjeux ne sont plus entre leurs mains depuis longtemps.
    De toutes façon déjà en 2008 les dettes obligataire était une perspective de l’évolution de cette crise. Sauf qu’à l’époque il n’était pas envisageable que celle-ci soit directement orchestrée par les milieux financiers eux-mêmes.
    Alors deux perspectives d’avenir :
    – Soit effectivement c est une politique de terre brûlé telle un baroud d’honneur
    – Soit une l’émergence d’un nouveau système qui c’est doucement mis en place ces dernières décennies. Soit une ploutocratie mondial.
    Car au finale les banques et les milieux financiers décident de la vie ou de la mort des pays, et donc peuvent condamner leurs populations à la misère.

    Tiens sinon une explication qui date du 07/04/2011, sur les actions mené par les banques centrales, de la par d’un acteur de la fiance. Ceci n’est que sont opinion bien sur :

    La raison pour laquelle la BCE refuse tout haircut sur les dettes des pays en difficulté c’est que ça affaiblirait terriblement des banques qui sont toujours très fragiles suite a la crise 07-08 -09 et créerait un précèdent.

    Actuellement en fait, j aurais tendance à dire qu’on ne fait que gagner du temps (la restructuration des dettes des pays les plus faibles étant inéluctable : on le voit bien avec la grece, qui, en dépit des mesures prises ne parvient pas à tenir ses objectifs) … le temps de permettre aux banques de pouvoir encaisser le choc (d’ou la permissivité vis a vis des banques, de leurs spéculation effrénées, de leurs giga profits … – qui en temps normal aurait du être surtaxes)
    edgesse
    .

    1. Pays sans dettes

      Djibouti 0
      Botswana 0
      Antigua-et-Barbuda 0
      Grenade 0
      Bahamas 0
      Cap-Vert 0
      Sao Tomé-et-Principe 0
      Saint-Christophe-et-Niévès 0
      Érythrée 0
      Sainte-Lucie 0
      Comores 0
      Saint-Vincent-et-les-Grenadines 0
      Dominique 0
      Guinée équatoriale 0
      Malte 0
      Samoa 0
      Iles Salomon 0
      Iles Fidji 0
      Vanuatu 0
      Tonga 0
      Nouvelle-Calédonie 0
      Iles Cayman 0
      Nauru 0
      Groenland 0
      Kiribati 0
      Belau 0
      Brunei 0
      Macao 0
      Liechtenstein 0
      Source
      http://www.indexmundi.com/map/?v=94&r=xx&l=fr

      1. Oui effectivement tout les pays qui ont un commerce extérieur inexistant, effectivement ne sont pas touché. Soit un peu plus de 50 % de ta liste. (en même temps l’autarcie est loin d’être une solution idéal, et pas envisageable pour un grand nombre de pays )
        Cependant sur le reste de ta liste je ne serais pas aussi affirmatif, En terme d’interdépendance 😉

        Mais cela demande une étude approfondie au cas par cas.

      2. C est juste pour dire que cela existe des pays sans dettes
        Mais ils doivent bien payer leurs importations donc ils exportent
        Mais sont peut être en autarcie donc c est possible
        Le modèle occidental n est pas la bible ni le graal
        Peut être regarder cas par cas et s en inspirer

      3. Dans tous les cas ce sont des pays minuscules qui ne doivent pas dépasser en pop une ville moyenne française, plusieurs sont des paradis fiscaux qui vivent sur le dos du reste du monde, ou exporte du pétrole ou autre.

      4. Plutôt que de centraliser a outrance et arriver a des situations de monopole
        Pourquoi ne pas vivre de façon humaine au niveau d un département ???
        Je sais cela est hors esprit du toujours plus grand
        Hors des désirs de ceux qui désirent nous asservir
        Mais y réfléchir est déjà voir le monde autrement

    1. On parle des mesure prise qui hypothéque l’avenir des pays ?
      Car si c’est le cas les souffleurs sont pas bien loin.
      Ce qui caractérise le monde de la finance ce n’est pas seulement ces actions, mais également l’idéologie qu’elle diffuse.
      Si en plus à ça on ajoute un fort phénomène de conivance, je ne suis pas vraiment sûr que la paternité de ces décisions n’appartiennent qu’au classes dirigentes.

  5. Le ministre Allemand des finances confirme que la restructuration de la dette de la Grèce est inévitable.Pourquoi ont’ils donc tous menti ce week end en prétendant le contraire?

     »German finance ministry advisor Fuest says Greek debt restructuring is inevitable. »

     »German public sector bank association says Greek sovereign debt haircut wouldn’t be end of the world for German banks. »

    Et la blague du jour:
     »German banking body says is confident German banks will pass stress test . »

    http://ransquawk.com/headlines/134059

    1. @ Dissy
      Merci de ces liens ..

      «  »”German finance ministry advisor Fuest says Greek debt restructuring is inevitable.”

      ”German public sector bank association says Greek sovereign debt haircut wouldn’t be end of the world for German banks.”

      Et la blague du jour:
      ”German banking body says is confident German banks will pass stress test .”  »

      @ tous :

      L’effet domino va se poursuivre .. BANQUES .. et d’autres branches

      Comment font les gens pour bien s’informer ?
      Pour bien décanter les infos, afin que eux ne fassent pas de bétises etc .;

      Je suis retraité (j’avais poussé un ouf ..)
      alors j’ai du temps .. et aussi pour résister aux sollicitations :
      banques
      mutuelles
      démarchage pour des pbs d’eau, de vagues sociétés  » bilan énergétique »
      de vente de meubles , de tas de trucs de la sorte .;

      Pour rester concentré sur ses objectifs .. coriace ..

      Assurer la maintenance d’un foyer  » à 1 seule personne » ..

       » Garde toi à gauche, garde toi à droite  » ..
      J’ai un sacré besoin d’une nature bucolique, pendant qq jours ..

      Comment font les Japonais pour résister ?? je saurais pas ..

       » Lucidité, approfondissement, refus de la vénalité  » : dur à réaliser ça à plein ..

      Comment ne pas être manipulés ?? car le temps passe pendant ce temps ..
      Bon am

  6. Trichet va être heureux:

    Le crime organisé lâche le dollar pour l’euro.

    Pendant que l’euro subit les aléas budgétaires des pays du sud de l’UE, un pan de l’activité mondiale ne jure plus que par la monnaie unique: le crime organisé. L’économie souterraine a tourné le dos à un dollar en déclin pour profiter des avantages de la devise européenne. Enquête.

    http://www.swissinfo.ch/fre/economie/Le_crime_organise_lache_le_dollar_pour_l_euro.html?cid=8300400

  7. J’ai retenu une chose de cette analyse, c’est que les taux d’emprunt des dettes souveraines montent et plus les valeurs bancaires diminuent. Et pourquoi.? tout simplement c’est que les Banques sont tellement « mouillées » dans les prêts qu’elles ont accordés à ces pays qu’elles risquent la faillite si ces pays tombent.. Et qui va payer alors pour les sauver suivant le « too big to fail »? Les « cons » appelés « contribuables ».

  8. La main invisible du marché ne pourra jamais réécrire l’équation de Say…

    Comment une grande surface ajuste-elle ses prix ? Elle doit optimiser produit volume x prix, + un facteur de paix sociale.

    Maximisation du profit => Volume x Prix, (Maximun) < limité par la paix sociale

    Il ne s'agit pas pour la grande distribution et en général l'ajustement des prix réalisé par n'importe quel opérateur, de maximiser le pouvoir d'achat du client mais de pousser la limite de l'inflation jusqu'à la limite de la décence, et du respect du client. Le client est maintenu dans un état juste avant la révolte. La société est toujours en état de prérévolution, à cause de la maximisation de l'inflation réalisée par grands et petits intermédiaires.

    En ce cas l'idée de Johannes Finckh de faire fondre le capital, si je l'inclus dans l'équation de Say, ne pourrait que faire chuter la demande.

    Faute d'être dans uns société des prix maximum, nous sommes dans celle de l'inflation maximum, au niveau où s'établit le rapport de force offre/demande. C'est la faiblesse de liquidité du client qui en dernière analyse, détermine sa force dans le rapport de force, en effet cette limite de liquidité agit sur sa capacité d'achat comme une force majeure.

    Smith et Walras ont trouvé miraculeux que cela fonctionne malgré tout, pour le second il ne s'agissait plus de miracle mais d'évidence, alors que sur le marché il était facile d'échanger et donc, il n'y avait aucun miracle.

  9. Encore « une louche » de chiffres espagnols:

    La fraude fiscale en Espagne: 6,5 % du PIB.
    La dette des entreprises: 110% du PIB pour les financières, 130% pour le reste.
    La dette des familles: 100% du PIB.

    http://lacartadelabolsa.com/leer/articulo/ocupacion_sumergida

    Le chômage des jeunes de – 35 ans = 27,5% (en Andalousie et aux Canaries 35% ).
    De 16 à 19 ans: 64 %. De 20 à 24: 38 %. De 25 à 29: 26 %. De 30 à 34: 20 %

    http://www.abc.es/20110419/economia/abcp-andalucia-canarias-encabezan-ranking-20110419.html

    1. Oui, mais la dette des familles ne me semble concerner qu’elles mêmes, puisqu’elles doivent rembourser chaque mois (dans la mesure de leurs possibilités qui ne vont pas en augmentant, je suis bien d’accord) à un créancier qui n’est pas précisé dans l’article, mais dont on peut supposer qu’il s’agit d’organismes bancaires. Mais à qui les entreprises doivent elles de l’argent ? À l’état, comme certaines entreprises françaises à la sécu et autres organismes par exemple, ou à des boîtes financières ? Je ne trouve pas de réponse dans l’article sauf implicite puisque ces dettes « s’ajoutent » à celle de l’état, mais je ne suis pas sûr d’avoir bien compris.
      Merci de tes éclaircissements.
      mqr

      1. On voit que vous ne suivez pas l’actualité économique espagnole… Ça vous dit quelque chose la situation des Cajas de Ahorro? Et les sommes colossales engagées dans la bulle immobilière?

        Si vous voulez plus de précisions écrivez à Santiago Niño Becerra, l’un de rares économistes espagnols lucides: c’est lui qui donne l’information. Et c’est lui qui donne le chiffre de la dette totale de l’Espagne (publique et privée): 4 000 Mds € ( 400 % du PIB).

    2. Désolé, Pablo,
      non, je ne suis pas au jour le jour l’actualité économique espagnole, mais là n’était pas ma question : les 110 % auxquels je faisais référence étaient « inter-bancaires », donc là précisément bulle financière. Le souci de l’immobilier espagnol me semble fort proche de la crise des subprimes aux stètes, et ici, autre bulle, entraînant sans doute la précédente. La vie à crédit imposée par l’insuffisance des salaires (et sa cause : le profit maximum de la finance) qui a permis, et même nécessité, les endettements des particuliers (entre autres), reste le dispositif qui entraina la faillite actuelle du système, donc celui des Cajas. Je voulais seulement souligner les dettes entre banques dans le « bilan » de l’article et l’absurdité de la situation, sans la moindre agressivité.
      hasta luego.
      mqr

      1. Ça fait un bon moment que je dis ici que Santiago Niño Becerra est le Jorion espagnol. Mais je n’ai jamais eu la patience de lire tous ses articles depuis qu’il a commencé à parler de la crise, en 2004.

        Étonnant d’écrire, en effet, en juillet 2007 que « dans quelques semaines va commencer l’acte final de l’oeuvre dans laquelle la planète participe depuis 1820, c’est-à-dire en septembre va débuter la fin du système économique dans lequel on est plongés depuis presque deux siècles et qui se traduira par une grande crise qui commencera en 2010. À partir de là, le système évoluera jusqu’à sa totale transformation en un autre système très différent […] La crise de 2010 sera la conséquence du processus de mort de la structure actuelle… »

        Il faut dire que Niño Becerra est professeur, à la Faculté d’Economie de l’Université Ramón Lull de Barcelona, d’Estructure économique.

      2. À Pablo,
        tu vois bien que je manquais de culture et que c’était pas une histoire de mauvaise foi. La situation de l’économie (?) mondiale me touche depuis peu, je ne saurais même plus dire pourquoi ni quand, ça n’a jamais été ma tasse de thé, l’esthétique, la statique et la résistance des matériaux, oui. Mais le sort de notre petite planète me concerne comme il devrait concerner tous les humains, en particulier ceux qui sont en mesure de se documenter, via tout ce qui est possible.
        Donc je m’informe, en refusant de me laisser séduire par quelque discours que ce soit. Les arguments pèsent plus que les ânonnements télévisuels dont je n’ai jamais voulu, mais il n’est pas facile de trouver, depuis ma montagne de quoi satisfaire mes exigences « scientifiques » pour cause de formation (au moins) lycéenne. Il se peut que je sois « fouille-merde » dans certains cas, peut-être. J’ai le souvenir de « réponses » sibyllines du batracien dont la suffisance et l’intolérance m’avaient choqué. Pour enseigner (ne serait-ce le but de ce blog?), et c’est mon boulot : je suis sous-prof, avec des sous-élèves (j’enseigne en lycée professionnel et de plus en arts appliqués, ce qui « ne sert à rien »), il faut, à mon avis, laisser tomber sa propre fierté, l’évidence d’une  » connaissance  » et l’idée que  » la culture  » va de soi : j’ai été sidéré en 81-82 par des élèves (je débutais alors) en CAP habillement , à Auchel, dans le Pas-de-Calais , à l’époque j’étais étudiant et il me fallait trouver de quoi faire manger ma petite famille, j’imaginais pas rester prof longtemps (évidemment, y’a la sécurité de l’emploi
        ), mais je ne l’avais même pas, étant maître auxiliaire, c’est à dire pas titulaire, ce qui s’est généralisé depuis, avec des statuts de plus en plus pourris : contractuel, vacataire…). Les filles que j’avais dans cette classe voyaient leur mères licenciées des boîtes de fabrication de lingerie du secteur, leur CAP, le  » but  » de leur formation . Elles savaient que ce diplôme ne les mènerait à rien, mais elles ont été capable de produire des travaux sur le thème  » dessinez ce qu’est le dessin  » (en référence à Escher pour moi) qui m’ont convaincu que la  » culture  » n’était pas le seul élément, mais qu’il était possible d’en  » (re)mettre  » une couche (la façon dont le thème avait déjà été traité, la xylogravure, la xyloglyphie, par exemple), juste question de motivation, de volonté de la part de  » l’apprenant  » suivant les termes du ministère à je ne sais plus quel moment, ça change tout le temps (mais il faudrait que ce soit l’enseignant qui apporte la motivation des élèves dans ses bagages!!!). Le truc que j’ai utilisé à l’époque a été de parler  » patois « , parce que j’en avais la possibilité et que ça limitait mon vocabulaire universitaire. J’ai eu plusieurs remarques des élèves me disant  » qu’il ne fallait pas parler comme ça « , mais de mon point de vue, ça a fonctionné.
        Donc, se mettre à la portée! Mais c’est pas forcément facile d’être simple. J’ai déjà râlé sur ce blog pour que les citations en langue étrangère soient sinon traduites, mais du moins résumées par les commentateur(e)s et je maintiens, il (nous) faut faire un effort d’accessibilité.
        Par ailleurs, je reviens à une vie « collective » après le décès de mi querida mujer le 13 août 2009, après presque un an passé en soins palliatifs à côté d’elle, à raison d’au moins 50 heures par semaine. Alors j’espère que tu ne m’en voudras pas trop de ma « candidité »
        mqr

      3. De nuevo para Pablo

        Il faut dire que Niño Becerra est professeur, à la Faculté d’Economie de l’Université Ramón Lull de Barcelona, d’Estructure économique.

        C’est seulement un argument d’autorité.
        Toujours le même emmerdeur.
        Avec toute mon amitié.
        mqr

      4. @ MQR

        « Il faut dire que Niño Becerra est professeur, à la Faculté d’Economie de l’Université Ramón Lull de Barcelona, d’Estructure économique. » C’est seulement un argument d’autorité. »

        Non, du tout, je le disais à cause du mot « Estructure » qui peut expliquer ses prédictions étonnantes sur les cycles de l’économie.

        Le problème avec toi c’est qu’on ne sait pas si tu es ironique et de mauvaise foi (vu en plus ton pseudo´- à ta place je le changerai) ou sincère et de bonne foi. Lu ton texte, je vois que la 2e option est la bonne. Je préfère… 😉

      5. Dans son article d’aujourd’hui, Niño Becerra donne un chiffre inquiétant: en Espagne 88 % de l’argent des pensions de retraite est investi en dette publique espagnole (le reste en dette de la Hollande, la France et l’Allemagne). On imagine ce qui arriverait si l’Espagne doit restructurer sa dette…

        http://lacartadelabolsa.com/leer/articulo/cosas_13

  10. Tout cela aboutira comme dans les années 30 à la mort de la démocratie…
    Comme quoi on ne retient jamais les leçons de l’histoire: c’est bien ce qui est dramatique et
    désespérant.

    1. Bonsoir Joan,
      c’est pas que je sois fan d’Aragon, dont la température sous abri ce matin n’excédait pas… (Pierre Desproges), mais :

      L’homme crie où son fer le ronge
      et sa plaie engendre un soleil
      plus beau que les anciens mensonges

      Faut pas désespérer : tant que Fukushima n’aura pas explosé, la conscience humaine dans son ensemble pourrait s’éveiller, peut-être au travers du web, à défaut de réunions vivantes (qui pourraient suivre ?)
      Tant qu’y’a d’la vie… Y’a plus de fréquentation du blog !!!
      mqr

    2. @Joan: « Tout cela aboutira comme dans les années 30 à la mort de la démocratie… »

      Ah, elle est morte et ressuscitée? Et là elle va re-mourir? Fichtre.

      1. À Moi (?),
        là, faut demander à saint Paul, y doit être dans la confidence du suprême (Brahma, YHWH, Zarathoustra …) .
        À part ça, je (me) pose la question : la démocratie n’est elle qu’une vue de l’esprit, ou a-t-elle, a-t-elle eu une réalité quelque part sur la planète ?
        Et comment qu’on fait pour la mettre en place (publique…)
        Ça semble rester LE problème.
        mqr

  11. – Emprunt à 3 mois :

    Quand l’Allemagne lance un emprunt à 3 mois, elle paye un taux d’intérêt de 0,830 %.

    Quand la France lance un emprunt à 3 mois, elle paye un taux d’intérêt de 0,872 %.

    Et la Grèce ?

    Mardi 19 avril 2011, la Grèce a lancé un emprunt à 3 mois : la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,10 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 3,85 % lors de la précédente émission en février 2011.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/04/19/97002-20110419FILWWW00398-la-grece-emprunte-1625-mds-a-3-mois.php

  12. « Les hedge funds dépassent les 2 billions de dollars pour la première fois de l’histoire.

    Selon les données de Hedge Fund Research, les hedge funds ont augmenté leurs fonds de 32 Mds $ de suscriptions nettes au premier trimestre de cet année. Ils gèrent maintenant 2 billions de $ d’actifs, le chiffre le plus haut de l’histoire. »

    http://www.eleconomista.es/mercados-cotizaciones/noticias/3003849/04/11/Los-hedge-funds-superan-los-2-billones-de-dolares-por-primera-vez-en-su-historia.html

  13. – Emprunt à 3 mois :

    Mercredi 20 avril 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 3 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 4,046 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 3,403 % lors de la précédente émission.

    – Emprunt à 6 mois :

    Mercredi 20 avril 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 6 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 5,529 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 5,117 % lors de la précédente émission.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=ab038073bca922aece3e74e1cea491c7

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 10,283 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 10,566 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT3YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 10,809 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,167 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

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