YOUN SUN NAH

Il y a des critiques qui sont tellement vachardes qu’on se dit après les avoir lues, que ce dont elles parlent doit vraiment être très bien. Cela vient de m’arriver, à la lecture d’un article dans Le Monde : « L et Youn Sun Nah, deux chanteuses pas très convaincantes » :

« …Youn Sun Nah en fait trop, épuisante de virtuosité. Sur la forme, le principe est un peu répétitif. Elle pose, avec le guitariste Ulf Wakenius la mélodie, qu’elle double de la voix, sans louper un quart de ton, une quintuple croche. Puis les deux improvisent. Dans la vitesse la plupart du temps. Et même sur tempo lent ils en mettent partout. C’est bluffant au premier abord. Puis assommant. Du jazz, elle oublie le nécessaire swing et la fantaisie ».

Le critique s’appelle Sylvain Siclier. La virtuosité l’épuise, la musique l’assomme.

Allez, en prime, pour un samedi matin. Par simple masochisme, bien entendu.

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133 réflexions sur « YOUN SUN NAH »

  1. Voix peu ordinaire, technique EXTRA-ordinaire, maîtrise totale…

    Elle a sans aucun doute le X-factor !

    Mais je suis d’accord avec Kerjean, ce n’est pas du Jazz mais du Bjork vitaminé…

    1. Mon dieu… La comparer avec Björk.. Comme si on disait que le corps de ma copine exhale naturellement du Loreal !

  2. Ha les histoire de cases, on n’a décidément pas fini d’en entendre parler.
    Elle est venue en France, dit-elle, pour apprendre le jazz. L’école serait-elle donc si mauvaise qu’elle arriverait à ne pas en faire ?
    On connait le même truc dans hip hop maintenant : c’en est, c’en est pas.

    1. Bon, faut avouer qu’il y en a qui disent que Johnny Halliday ou Elton John c’est du rock….

      Les Jazzeux Anglais ont su créer d’excellent produits de variété: Sade, Lisa Stanfield, Basia, Matt Bianco, mais ils font le distinguo.

      Je crains qu’en France on ai un peu plus de mal. C’est un peu comme Galliano(Richard, pas John) , virtuose certes, entouré de très grands jazzmen certes, plein de bonne volonté certes. Mais je suis désolé, ça sent quand même la balluche.
      Et ben là, je ressens ça pareil, c’est plein de technique virtuose, c’est entouré de musicos du sérail, c’est plein de bonne volonté. Mais ça tourne pas. Maintenant, je ne connais pas tout le répertoire, mais sur les dix ou sept morceau présentés ici, y en a pas un qui swing, y en a pas un avec une vraie tournerie ou une vraie intimité.
      Je veux bien tout ce qu’on veut, mais, bordel, le jazz c’est quand même, avant tout ,une tournerie avec au moins un fond ternaire avec un duo basse batterie sur laquelle vienne se greffer des harmonies qui fixent un décors et des solos qui racontent.
      Mais sur n’importe quel morceau de jazz joué jazz, même très lent, le beat prend aux tripes.
      Il est où son beat à elle?

      1. Galliano fait de tout: de la variété, du tango, du classique et même du jazz…

        Them There Eyes – Wynton Marsalis & Richard Galliano
        http://www.youtube.com/watch?v=Grhk8NZnO68&feature=related
        Richard Galliano – Bach
        http://www.youtube.com/watch?v=yfCFm5jqdWI
        Richard Galliano playing Libertango (Piazzolla Forever)
        http://www.youtube.com/watch?v=quZuGOcmVQ0&feature=related

        Quant à Johnny H., allez dire ça si vous avez le courage à la sortie d’un de ses concerts (au Stade de France, par exemple) et je vous garanti le lynchage par la foule en moins de cinq minutes…

      2. Je te trouve plutôt sévère…La sensation, le « beat », le « feeling », sont peut-être plus intérieurs chez elle, et sa version de « Ne me quitte pas » est quand même très émouvante (sauf la fin, mais bon..).

        J’aime tous ces critiques pointus qui prennent la file – je dis pas ça pour toi, parce que tu la joues pas intello – et balancent leur analyses « de pro ». C’est à peu près aussi bon et senti que du mouton froid.

      3. @Contempteur

        ce n’est pas une question de sévérité, mais de registre.
        Si dans une soirée, on me dit « tiens écoute ça, qu’esse t’en penses? » je vais dire:
        « c’est un peu froid, mais c’est pas inintéressant, ça mérite d’être creusé, un peu gonflant et prévisible mais pas désagréable. A écouter plus attentivement »

        Mais, si, on me dit  » tiens, t’as écouté la dernière révélation jazz de l’année? » , il est possible que j’éclate de rire, si possible, pas la bouche pleine, en étant certain que mon interlocuteur me fait un plan.

        ça me semblerait aussi hilarant que quelqu’un me parlant de révélation lyrique de l’année en me faisant écouter la chanson Caruso par Pagny.(là, je suis méchant pour Youn Sun Nah, je retire)

        @Pablo
        Même quand Galliona fait du jazz, avec les plus grands jazzeux, le phrasé, la froideur, ça sent la balluche. Quand il reprend à la lettre les morceaux de Piazolla, c’est magnifique, mais c’est encore beaucoup plus beau par Piazolla et surtout beaucoup plus émouvant. J’aime néanmoins beaucoup Galliano dont j’ai un grand nombre d’album et qui est un des dix artistes que j’écoute le plus(comme quoi, même si je suis sectaire, je reste ouvert)

        En ce qui concerne Halliday, mon adolescence sex-drug-and rock’n roll des années 70 me rappelle très bien que ses seuls fans de l’époque étaient des gros ploucs de village avec des chemises à passementeries argentées et des R8 Gordini à gente large qui écumaient les bals le samedi soir.

      4. Entre Belà Bartok, considéré comme avoir influencé le jazz voire même comme le père du jazz et ceux que vous qualifiez de vraiment jazz, du chemin a été parcouru non ?

      5. Oui je trouve cela vrai dans son cas mais c’est un avis de danseuse jazz, pas de musicien.
        Dans cette discipline, les frontières ne sont pas si tranchées… le corps doit le trouver.

      6. Disons que Johnny était un précurseur , un peu comme Elvis … après ils ont mal vieillis … Mais que seraient devenus Jim Morrison ou James Dean à soixante ans ?

        Pour la légende , c’est quand même pas mal de mourir jeune pour un artiste ..

        ( Quand on voit ce qu’est devenu Dylan .. )

      7. @ kerjean

        Personnellement, je m’en fiche complètement de la critique initiale relatée par Jorion à propos de Youn Sun Nah. Les critiques se laissent emporter par le sentiment de leur importance et par la nécessité de faire des critiques outrancières pour attirer l’oeil.
        Ceci dit, tu m’as remis en tête les Gordini à jantes larges, je ne te dirais jamais assez merci.
        J’ai souvenir, dans le genre instantané d’une époque, de Mike Brant se produisant à la fête d’un village près de chez moi, il y a un certain temps.
        Il nous balançait ses chansons d’amuur en tirant une tronche pas possible. Champagne pas frais en loge, pas assez de groupies…Quoiqu’il en fut, l’ambiaince de la balloche en devenait morose, d’autant que le nombre de nanas prête à s’intéresser à mon avenir tout à fait vribrant, à 15ans, était bien faible ce soir-là.
        Bref, on se frustra, on s’échauffa et on siffla la star, en plein « vous mes amis, tant de fois vous me dites.. ». Et on vit les pat’ d’éph du roucouleur s’immobilser, enfin.
        Il nous a regardé et nous a lancé, pour détendre l’ambiance sans doute, un « merde » bien sonore, accompagné d’un bras d’honneur sans ambiguïtés.

      8. @Simorg

        je n’avais pas vu ça sous l’aspect pourtant fondamental du langage du corps. C’est exactement ça. Prenez n’importe quel morceau de jazz ou même joué jazz, même le plus éthéré solo , mais vraiment solo de l’immense Michel P., vous vous retrouvez à taper le pied, claquer les doigts, tapoter sur la table ou hocher la tête suivant un obscure beat primal. Même quand Michel par complètement en couille, sans tempo sur des variations flyées sur Misty, il y a ce fond de beat primal qui vous prend.
        Mais la délicieuse Youn, je le sens pas son beat.

      9. @ Kerjean
        Je comprends : ). Essayez toujours, votre corps sait peut-être mieux que votre tête.
        Et si on met de côté le jazz, vous aimez ou pas ?

      10. @michelh79

        Tenter d’établir un lien ou un parallèle entre les Doors et Johnny H…… c’est … c’est ABJECT !

        😉

    2. Pour Halliday, désolé, ce n’est qu’un pur produit Showbizz qui n’a rien à voir avec le Rock. Un mec qui commence sa carrière à moins de 20 ans avec une chanson « Retiens la nuit » écrit pour lui par Aznavour, c’est pas franchement Rock. Il a choisi e rock comme toute la kyrielle de tocards des années 60 qui se contentaient de franciser les tubes anglais. Mais ils n’étaient pas rock. Schmol était rock lui, jusqu’au bout des ongles. Pas Halliday. Dites moi que Higelin, Lavilliers, Bashung étaient rock, ok. Mais pas tous ces blaireaux show bizz paillette à la Marity et Gilbert Carpentier qui poussaient leur révolte entre une bluette de cloclo et un couïnement de C. Jerome.

      C’est comme Aufray avec Dylan. Rien qu’une question de filon commercial. Ce mec, avec de récupérer, et avec quelle lamentablerie les perles du Bob, chantait, les cheveux bien courts « moi je veux m’engager dans la marine américaine ».

      Et pendant qu’on y est Sylvie Vartan est une chanteuse de Rythm’n blues par ce qu’elle a repris , et avec quelle bidonnerie « what I say ».

      On a eu en France, un très très grand chanteur de jazz, un jeune Israelien, hélas on l’a gâché en lui faisant chanter des niaiseries pour gamines, lui qui rêvait de jouer avec les grands et qui était homo de surcroît. Il s’en est suicidé. Mike Brand.

      1.  » Il a choisi le rock comme toute la kyrielle de tocards des années 60 qui se contentaient de franciser les tubes anglais. »

        Tout comme Elvis a choisi de chanter des chansons  » négros » alors qu’il était blanc ..

        Elvis a introduit la musique noire chez les blancs .

        Johnny , et d’autres . , ont introduits la musique américaine en Europe …

        Après , je ne nie pas qu’il y avait une dimension commerciale derrière tout çà …

      2.  » et qui était homo de surcroît. »

        Ce n’est qu’une rumeur et en plus je ne sais pas si tu le sais…

        Mais En fait , on s’en tape …

      3. Pour Brand, c’est ce qui se disait chez les musicos, les pros, ceux que je regardais avec des yeux béats d’admiration rêvant du jour(jamais venu) où moi aussi je squatterai les studios et j’arracherai des moues d’approbation aux plus grands(ça non plus, c’est jamais venu, à chacun son niveau d’incompétence). Pour le coté homo, ça a son importance si on considère qu’on lui faisait déjà jouer les kermesses et balluches(un crime) et qu’en plus, on le présentait comme chanteur à minettes.
        En tout cas, j’ai été très surpris du nombre de musicos qui m’ont confirmé qu’il allait boeufer en douce et assurait comme un bête. Et pour avoir le respect de musicos jazz quand on est chanteur…. de varietoche qui plus est…..

        Pour Elvis, comme pour JL Lewis, on entre dans un phénomène plus grand, celui du dépouillement systématique des noirs américains de leurs musiques.
        Ils ont créé le jazz, les blancs leur ont piqué le jazz et en quelques années, si presque tous les musicos étaient noirs, il n’y avait presque plus de public noir. Depuis 30 ans, vous pouvez toujours chercher un noir dans le public d’une salle de jazz.
        Puis ils ont créés le rock et s’en sont fait dépouillé encore plus vite et avec encore moins de complexe. De la même manière, le public noir a abandonné le rock.
        Puis les noirs ont inventé conjointement le blues et le rythm’n blues.
        Les blancs ont repompé le blues depuis les années 60, abandonné par le public noir.
        Les blancs n’ont jamais pigé le rythm’n blues. Comme il n’ont jamais pigé le Funk, la Soul, le Hiphop et il suffit d’entendre le p’tit blanc Eminem rapper comme une patate pour s’en convaincre.
        Mais comparer Elvis à Halliday, fallait l’oser celle là. Elvis a inventé un chant, une dance, un esprit. Il l’a fait à une époque où c’était complètement nouveau et furieusement scandaleux. Le KKK avait déclaré qu’Elvis « ravalait l’homme blanc au niveau du nègre ». Son charisme sexuel sur scène lui valait les foudres, des procès, une surveillance de ses concerts. ça c’est arrangé grâce à Sullivan et Sinitra. Mais Halliday n’a fait que suivre un bon filon déjà bien balisé.

      4. @Kerjean

        Aucun affection particuliere pour lui, mais expèdier le Jaunâtre du rock à grenouilles comme un pur produit du showbiz avec 50 ans de carrière derrière lui ?!!? Connerie en branche. Ou en rémoulade comme vous préférez.
        En attendant en 67 au palais des sports c’est Johnny qui faisait gratter Hendrix sur Hey Joe :

        http://m.youtube.com/watch?gl=FR&client=mv-google&hl=fr&v=gvbs7duNwkY

        Et lui aussi qui lui apprenait à faire des « ring smoke »…

        http://m.youtube.com/watch?gl=FR&client=mv-google&hl=fr&v=5U7UOUBJIiE

        Quant à Mike Brant, vraie grande gloire et vraie belle victime de la variétoche française, vrai crooner, vtaie belle voix, vrai beau et grand dépressif – homo on s’en branle – et d’abord vrai israèlien, sa version live de Summertime. C’est pas Jarrett, c’est la version de Moshé Michaël Brand, dit « gloire à 23 ans, enterrement à 28″…

        http://m.youtube.com/watch?gl=FR&client=mv-google&hl=fr&rl=yes&v=AESh6ETTKOc

      5. @Vigneron

        A propos d’Hendrix, c’est pas gentil de créditer ‘Halliday du « pif » de Barclay.
        Et si c’est Sacha Distel qui a fait connaître Al Jarreau en France c’est pas pour ça qui en fait pour autant un Funker fou.

        A propos de ce concert de 67, une anecdote marrante, mon grand frère(10 ans de plus) était un jeune garçon brillant avec cheveux en brosse qui préparait l concours de Navale.
        Mes parents, forts pauvres, pour le féliciter de ses résultats scolaires excellents, se saignèrent aux quatre veines pour lui payer une entrée à ce fameux concert.
        Et là, le frangin, en première partie, vit un black fou avec les cheveux en boule, des sandales aux pieds, comme Jesus, des tuniques violettes et une guitare en V dont il jouait comme un grand malade en chantant avec la chambre d’écho à fond(il a appris plus tard ce qu’était une chambre d’écho) . Ce fut une révélation.
        Le jeune homme abandonna navale, se laissa pousser les cheveux qu’il teint au hénné, il se mis à fumer et mâcher des choses louches, appris à jouer de la guitare et parti finalement en Lozere pour faire le charpentier tout en retapant une ruine et en faisant son jardin bio avec compost.
        Comme quoi, les révélations….

      6. Voir le >Vigneron défendre le « grand chanteur de Rock français -et-ses-50-ans-de-carrière » j’aurais pas parié.

        JH, et ses « managers » a plombé la scène rock française.

        A partir de 65 les groupes sont entrés en dissidence et en clandestinité : interdits de radio, télé, média (le « Nouvelle Star » Manoeuvre a fait autant de mal à la scène rock française que JH) alors qu’ils explosaient à Londres. Pourtant nous écoutions les mêmes bluesmens, les mêmes ricains et nous avions appris les mêmes accords MI-LA-SI sur les mêmes stratocasters…Certes la langue fait la différence, mais pour en avoir vu des dizaines je confirme qu’il y eut (et qu’il y a encore aujourd’hui) des tas de groupes français largement au niveau des britishs.
        Mais quand il n’y a pas de débouchés commerciaux (ne serai-ce que pour croûter) les meilleurs volontés s’étiolent et les meilleurs talents s’évaporent ou finissent dans la fumette…

        Comparer Elvis au Jean-Philippe c’est à se pisser de rire dessus…

      7. « On a eu en France, un très très grand chanteur de jazz, un jeune Israelien, hélas on l’a gâché en lui faisant chanter des niaiseries pour gamines, lui qui rêvait de jouer avec les grands et qui était homo de surcroît. Il s’en est suicidé. Mike Brand. »

        Qu’il fut israelien, pourquoi pas, je ne vois pas le rapport avec la choucroute sur l’autoroute. A moins que tu ne veuilles souligner une nationalité, une communauté qui a une certaine présence dans le spectacle musical, aujourd’hui plus encore.
        Qu’il ait été « obligé », j’en doute un tantinet. Sauf s’il voulait à tout prix faire carrière…Un peu comme Sacha Distel, pointure également, qui fit de la monnaie dans la variété. Un certain nombre de jazzmen ont bouffé de la semelle avant de vivre de leur art, et innombrables sont ceux qui ont végétés, ou même sont décédés de ne pas céder à la compromission.

        « homo de surcroit »…Encore une fois, on peut trouver des artistes qui ne sont pas allés chauffer les minettes ou mépriser les bals de la France profonde pour faire de la thune en contrariant leurs inclinaisons naturellles.
        Bals qui ne sont d’ailleurs incompatibles avec des musiques évoluées, les latinos en donnent chaque jour l’exemple et les jazzmen ont fait longtemps danser leur public, avant de tomber dans des dérives abstraites rimant avec…

      8. @Contempteur
        Hahaha, merci beaucoup. J’étais certain d’être le pire casse-couille atrabilaire et négatif, mais je vois que j’ai trouvé mon maître.
        Bravo.

      9. Quand tu regardes ton miroir ce n’est que toi que tu vois. C’est-à-dire un personnage qui ne supporte pas qu’on ne soit pas d’accord avec ses péremptoires jugements et passe à l’insulte.

    3. @Simorg
      j’essaye docteur, j’essaye…
      Mais décidément non, je trouve ça chichiteux ,ça ne parle pas à mon corps. Il n’y a rien de « noir » là dedans. Même de très loin. C’est désespérément ….blanc.
      Par contre, ça s’écoute.

  3. La quatrième vidéo « Enter Sandman » me fait réagir car à l’écoute des premières vidéos je trouvais à cette artiste des qualités « métal » : maîtrise de la puissance, extrême précision, dextérité

    Sa distorsion naturelle (technique « fry » je présume) est impressionnante !!

    Merci pour cette découverte, je rediffuse 🙂

  4. merci à tous pour cette avalanche de liens tous intéressants, du coup un week end prolongé n’est pas de trop …
    pour ce qui est de youn sun nah, on peu la trouver comme ceci, comme cela, pas assez truc, ou trop machin, etc. mais, le fait est qu’au final, avec un brin d’honnêteté et sans considérer ce qui nous plait, on constate qu’on en prend plein la tronche et quelle est extrêmement douée.
    alors il n’y a plus qu’à ouvrir encore plus ses esgourdes…

  5. En prenant en cours ce fil, deux remarques me viennent à l’esprit :

    – ce Sylvain Siclier, a-t-il un rapport avec Jacques Siclier, en d’autres termes cherche-t-il à se faire un prénom ?

    – à Kerjean : vous avez 50 ans, avez joué 30 ans, êtes très péremptoire, mais pourtant semblez découvrir E.S.T. Savez-vous que la scène jazz continue sa route depuis Fitzgerald, Coltrane ou Miles Davis ? N’avez-vous pas suivi que certaines convergences, surtout dans le jazz européen, se font à la fois vers la chanson « variété », le rock, mais aussi vers le classique (mais ça depuis très longtemps) et la musique contemporaine ? Enfin bref, pitié, arrêtez de nous bassiner avec votre « jazz » mais parlez plutôt de MUSIQUE.
    Tiens,au hasard (pas tout à fait, c’est parce qu’il vient de sortir un nouveau disque formidable), écoutez ça : François Couturier : un jour si blanc, hommage à Andreï Tarkovski. Jazz ? pas Jazz ? quelle importance ? 100% musique.

    – Personnellement, j’ai tous les disques de Youn Sun Nah, que je trouve tous vraiment très bons. Immense chanteuse, d’une facilité inouïe, ayant à sa disposition une palette tellement énorme qu’elle peut se laisser aller à en faire un peu trop. Les vidéos laissent penser que cela peut être le cas parfois sur scène. Mais c’est le propre des concerts par les grands musiciens, tout dépend du contexte, du public, …

    1. Oui, je dois avouer que ma culture s’est arrêtée aux années 90.
      Sinon, effectivement, elle est méritoire et je conçoit aisément qu’on puisse adorer ça, mais en ce qui me concerne, au premier abord, ça ne me parle pas.
      Peut-être plus tard.

      Il y a comme ça des genres ou des artistes ou des morceaux à coté des quels on passe, étranger, indifférent et un jour….paf, la magie se met à opérer.

      Par exemple, je n’ai jamais été très Chopin. Et vers la cinquantaine je me mets à en raffoler. C’est pareil pour le Bourgogne ou l’architecture florentine.

      1. Merci Hélène, raison pour laquelle j’écoute plus de classique que de jazz depuis un peu plus de dix ans.

      2. Incomparable Arrau quand la musique se fait « intérieure » !

        Pour Kerjean : Chopin + Arrau = Nocturnes

        Pour oublier les frontières entre le jazz et le classique : François Couturier, Stéphan Oliva, Lionel Belmondo et l’ensemble « hymne au soleil », John Surman, Raphaël Imbert (qui réussit le pont entre Coltrane et Bach !), Brad Mehldau, Vincent Courtois, Franck Avitabile, Tord Gustavsen, Ketil Bjornstad, etc., etc., etc…

      3. Permettez-moi de continuer :
        Il faut écouter Nathalie Dessay chanter « over the rainbow » dans le disque Fiction du quatuor Ebène, sur un registre très étonnant pour elle, ou bien Anne-Sofie Von Otter accompagnée par Brad Mehldau sur du ferré : Songs. Merveilleux.

      4. @ Jean François

        « Incomparable Arrau quand la musique se fait « intérieure » ! »

        Quels jolis mots pour dire ce que l’on ressent en écoutant Arau après avoir écouté d’autres interprétation.

      5. @Pablo75

        Méritoire certes. Mais j’ai un problème, je suis un esprit simple. Limite primaire. Par exemple, j’aime beaucoup le gigot. J’adore la chantilly. Mais je n’aime pas le gigot à la chantilly.

    2. @Kerjean
      J’étais sûr que vous étiez un Mozartien!
      Partant comme s’il fallait proposer du contre-Backh, of course…

      Avec le Jazz, les musiciens africains accompagnaient traditionnellement les danseurs, c’est à dire rythmant leur musique sur l’allure des danseurs, la danse précédent la musique…
      Le Jazz fut peut-être une façon d’un très agréable rattrapage, un certain moment venu.
      Et le boogy, c’était limite archaïque…

      Mais, les passionnés de HIFI, dont les juristes, ne jurent que par Mozart…, enfin, ceux que je fréquente.
      Quant au rap:
      http://www.youtube.com/watch?v=3KjKTyGVAoM&feature=related
      La HIFI est absente, ne m’excusez pas, il faut excuser les danseurs!

      1. zenblabla
        cool le battle… vous connaissez la XX tribu ?
        Je ne peux pas mettre de lien ça marche jamais quand j’essaie ?

      2. Non, je savais pas!
        Merci à Julien.

        Je déduis juste que deux de mes neveux ont misés 10€ pour obtenir un battle au Canada, et qu’ils y sont allé.
        Ils étaient « Crew 2 Bildé » avec une dizaine de copains, le sont encore pour l’entrainement à la transmission « Crew 2 Bildé », sont partis en Corée aussi puisqu’ils avaient gagné la French Cup une année, n’ont jamais trouvé le moindre financement sauf obscène en regard de leurs entrainements, furent invités contre deux sandwichs pour dorer l’inauguration du Grand Palais quand il fut nouvellement réhabilité…

        Je sais que j’ai assisté avec bonheur à plusieurs « battle » de banlieues où ils se produisirent, eussent-ils perdu, car ce n’était pas là l’importance de l’ambiance.
        Bayreuth est juste un peu plus habillé…
        Je sais aussi que lorsque j’ai proposé à un fils de sénateur, patron de bistrot de nuit, qu’ils viennent s’y produire, il m’a ri au nez et, que notre sympathie quand même jusqu’alors solide, a mué en empathie….

        Maintenant, les articulations de mes neveux sont esquintées, mais ils ont trouvé de bon jobs dans la gestion de réseaux informatiques et autres fabrications de process boxotiques ou portatiques, et dans le PAF, même si le PAF c’est beaucoup moins lucratif quand on y est danseur rapporté et pas originellement paffeur!!!
        Tout va correctement si on en veut!

        Mais, il n’est d’investissement que depuis l’extérieur, et pas si seulement entre-nous on en voudrait!
        Intérieur-Extérieur, vaste sujet!

      3. Il s’y passe plein de choses intéressantes en banlieue. Effectivement les « batteleurs » ne vivent généralement pas de leur activité… mais ils vont trouver.
        Trop vieille pour danser du jazz désormais, j’ai dit banco à des jeunes danseurs du 20ème qui se plaignaient que sans argent, on arrivait plus à rien. Ils avaient du potentiel et l’un d’eux était danseur professionnel. Je leur ai proposé de faire autrement et d’y aller quand même. une condition, c’est qu’il fasse une version spectacle vivant pour espérer avoir des sous… seul moyen à part ceux qui profitent des quelques endroits encore autorisés sur la voie publique (mais pour combien de temps après la loi des rassemblement, enfin des non rassemblement ?!) . C’est du black mais ils en vivent.
        Et, surtout, se passer de toute subvention, d’ailleurs il n’y en a plus beaucoup, enfin. Ce travail, depuis 6 ans, a été un riche échange, moi formée à l’école Jean Vilar (pour ce qui est l’esprit du spectacle) et leur vision à eux. Voilà prochain spectacle sur Paris, le 29 Juin aux Métallos.
        Merci ! Ca fait plaisir de lire sur le hip hop, à mon avis, grande carrière que cette danse-là.
        Merci aussi Julien… alors le teaser de leur 2ème spectacle est de mauvaise qualité (on en est à récolter des dons nous aussi pour nous doter d’une bonne vidéo… c’est pas encore fait mais ça progresse) :
        http://www.youtube.com/watch?v=4Vmo_qKt4gk&NR=1
        Vous remarquerez que la musique n’est pas du « classique hip hop » mais réalisé néanmoins par un danseur hip hop…. c’est la danse effectivement qui mène…

      4. Les twins : c’est leur nom d’artistes ? D’où sont-ils ? Ils racontent des trucs ces deux là.
        C’est fout la créativité des jeunes dans le hip hop. Ça m’épate.

  6. C’est un peu le reproche général que je fais à la musique américaine ( jazz -country , etc .. ) , à force de puiser dans le  » great american songbook  » , on tourne un peu en rond … , forcément , les jeunes interprètes cherchent à se distinguer par leur virtuosité …. et plus du tout par leur créativité …

    Style Stacey Kent (pas toute jeune , d’accord ) qui nous fait de très belles reprises , mais qui ne fait que çà ….

    1. Mais Stacey Kent est un aimable produit qui a été très bien lancé sur le marché français, souvent très agréable à écouter, mais qui n’arrive pas à la cheville d’une Youn Sun Nah ou de toute vraie chanteuse.

  7. Juré c’est pas moi!
    ça rappelle l’empereur Joseph II devant L’Enlèvement au sérail : « Trop de notes mon cher Mozart, trop de notes ! »

    1. Quand on y réfléchit, ce n’est pas une critique si idiote. Je pense que l’empereur préférait des pièces avec plus de respiration, de silences.
      C’est vrai que Mozart en met de partout, c’est effervescent. Nous, on est habitué, mais à l’époque…
      Quoique Salieri aussi « mettait des notes partout ».

      1. S’il y a bien un compositeur chez qui il n’y a jamais une note de trop c’est bien Mozart, Kerjean. Mozart c’est la perfection en musique. Même Bach ne donne pas cette impression d’achèvement idéal. Après, on peut ne pas aimer la perfection dans l’art, comme l’ami Joseph, mais ça c’est une autre discussion.

        Adagio de sa Symphonie concertante K.364, par David et Igor Oistrakh
        http://www.youtube.com/watch?v=tjhU85zt0AI

  8. ………………………………………..Carrousel perpétuel
    http://www.youtube.com/watch?v=rmFtUx1ANKM
    ………………………………………………..Ma fin est mon commencement
    http://www.youtube.com/watch?v=6-NLeGUSMsU&feature=related
    …………………………………………………………………Bach’s Crab Canon
    http://www.youtube.com/watch?v=36ykl2tJwZM
    Karlheinz Stockhausen: Refrain
    http://www.youtube.com/watch?v=N9NqwJBiJvo

    – (Peter Szendy, Ecoute, Une histoire de nos oreilles (2001) –

    « Telles mesures de Don Giovanni, telle respiration de Glenn Gould, tel murmure dans une improvisation de Keith Jarrett, tel accent ou tel silence chez Bill Evans… Bref, un moment favori dans ma musicothèque à moi. Simplement pour te préparer à entendre ces moments comme je les entends, je commence à te les décrire – mais à peine – par des mots. Et je commence aussitôt à les perdre. Quand nous écoutons, tous les deux ; et quand je sens, comme par télépathie, que ce que tu écoutes est si loin de ce que j’aurais aimé te faire entendre, je me dis : ce moment n’était peut-être pas le mien, après tout. Car ce que je voulais t’entendre écouter – oui : t’entendre écouter ! -, c’était mon écoute. Désir peut-être impossible – l’impossible même.
    Malgré mon dépit (il est toujours immense), je m’interroge : peut-on faire écouter une écoute ? Puis-je transmettre mon écoute, si singulière ? […] Que puis-je donc faire pour faire écouter cette écoute, la mienne ? Je peux répéter, je peux rejouer quelques mesures en boucle, et je peux dire, redire ce que j’entends. Parfois, tu m’écoutes écouter. Je t’entends qui m’écoute écouter. Mais c’est si rare. »

    1. @ Roma

      Vous êtes du genre à dire: « tiens, aujourd’hui je n’ai envie que d’écouter de la musique, je vais m’asseoir sur mon canapé et je vais mettre « Refrain » de Stockhausen comme apéritif, après je vais écouter « Répons » de Boulez en entier, je vais enchaîner avec les 4 livres de Music of Changes de J.Cage et comme dessert, pourquoi pas un Xenakis, par exemple « Terretêktorh pour orchestre éparpillé dans le public »?

      1. malheureusement pas ce confort intérieur pour me réserver un tel programme et sans doute pas non plus l’estomac, canapé j’ai pas mais siège voiture oui musique à fond ou maison casque sans fil seihneser top pour ne pas casser les oreilles à famille ou pour couvrir le bruit de l’aspiro, ou quand prendre temps pour cuisiner … ou comme là Andreï Vieru http://www.andreivieru.com/ blog suffisamment et absolument blanc pour allez lire chez Jorion – l’économie et pire la politique c’est si comment dire ? allez, tant et si peu etc… musique dope pour redonner un peu d’air aux mots, … et vous c’est quoi pour la musique votre « genre à dire »?
        – Andreï Vieru on l’entend là aussi, cette fois parler de Maria Yudina, la pianiste de Staline ( 1899-1970), http://www.franceculture.com/player?p=reecoute-3047281#reecoute-3047281

  9. Comme je savais même pas que vous l’aviez fait!
    Merci alors.

    Ce n’est pas un critique musicolâtro-mondialiste tel que celui qui vous en veut avec « Le Monde », on ne sait pourquoi, qui m’aurais indiqué l’existence de votre voie, assez amoureuse!
    Tous les restrictifs de l’authenticité « à parvenir », finissent par me sembler n’agiter qu’un motif, qui est celui de parvenir, sans jamais aller où cela pourrait ne pas se dire.
    Des fleurs!

  10. Moi, la première fois que j’ai entendu YSN, elle chantait accompagné de David Neermann. J’ai noté son nom sur un morceau de papier pour ne pas l’oublier. La deuxième fois, c’était sur FIP il y a qqs jours. Là j’ai été médusé, la chair de poule, le bouleversement total. Elle a chanté « Favorite things ». Des voix comme ça, il n’y en a pas beaucoup. Quand on ressent une pareille émotion, on ne se pose pas la question de savoir si c’est pas mal ou bien.
    Quand j’ai lu cette critique de M. Sickier, je me dis: le pauvre. « Du jazz, elle oublie le nécessaire swing et la fantaisie », et là je me dis: quel pauvre conformisme. Je vais (p-ê ?) éviter les commentaires de ce monsieur.

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