L’actualité de la crise : DYNAMIQUE DE L’ENTÊTEMENT, par François Leclerc

Billet invité

Gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer est réputé pour pratiquer avec constance le double langage : rien ne transparaît jamais dans ses propos publics de la réalité du monde financier qu’il couvre d’un épais voile opaque. Il s’inscrit ainsi dans la tradition bien établie des autorités politiques françaises.

Le Gouverneur vient de franchir un pas de plus en pratiquant l’art de la menace, avertissant qu’il ne fallait pas « toucher à la dette grecque », se comportant comme le véritable protecteur de ses créanciers. Au prétexte s’apparentant à un chantage que « si vous touchez malgré tout à la dette et que vous provoquez un défaut ou un événement de crédit, il faut vous préparer à financer intégralement l’économie grecque ».

Mais son avertissement sans frais n’intervient-il pas trop tard, l’agence Standard & Poor’s n’ayant pas attendu que cet événement intervienne pour dégrader de trois crans et d’un seul coup la note grecque, au niveau le plus bas possible CCC, reléguant le pays au tout dernier rang mondial, derrière les îles Fidji et la Jamaïque, l’Argentine ou l’Équateur ? Il faut donc croire que l’événement de crédit a déjà eu lieu, dont la définition est d’entraîner une dégradation de la note par les agences, le déclenchement des CDS n’étant quant à lui pas encore intervenu. Pour le moins, nous sommes entrés dans des eaux troubles, Standard & Poor’s pratiquant l’art de la prophétie auto-réalisatrice.

L’objectif poursuivi par le Gouverneur semble donc être de prendre en défaut non pas la dette mais l’agence de notation, alors que les ministres des finances de la zone euro se réunissent une fois de plus et dans l’urgence, cette fin d’après-midi de mardi, pour à nouveau tenter de dénouer la situation. Afin que l’affrontement entre la BCE et l’Allemagne ne tourne pas au vinaigre et que les chefs d’État et de gouvernement puissent la semaine prochaine annoncer triomphalement un compromis lors de leur sommet.

Une formule permettant de résoudre la quadrature du cercle, en l’occurrence de restructurer la dette sans que cela prenne la forme d’un événement de crédit, est pour ce faire activement recherchée et la Commission de Bruxelles s’y emploie. Jean-Claude Juncker parle de « restructuration douce et volontaire », ce qui reste bien vague. « Nous ne sommes pas aussi loin d’une solution commune que certains le pensent » vient de déclarer à la Süddeutsche Zeitung le commissaire Olli Rehn, tout en se gardant bien d’énoncer celle-ci, faute de la connaître.

Qu’est ce qu’un événement de crédit et qui en décide est devenu la question au cœur de toutes les discussions. La BCE a pris une longueur d’avance en s’arrogeant le droit d’en statuer seule, se faisant ainsi l’interprète suprême et de part son statut indiscutable des marchés, prenant le risque de se voir considérée comme étant plus royaliste que le roi… Quant au caractère volontaire ou non des mesures qui pourraient être finalement décidées, le secret des alcôves et des antichambres le couvrira.

Si la fermeté des Allemands – qui réclament un rééchelonnement en bonne et due forme – vise à diminuer le montant de l’aide financière immédiate que les États devront apporter à nouveau, l’acharnement de la BCE à refuser cette option est à portée à peine plus lointaine. D’ici 2012, les principales banques européennes devront, selon la Banque des règlements internationaux (BRI), lever 240 milliards d’euros afin de satisfaire aux nouvelles normes et ratio de Bâle III ; il faut donc dégager à leur intention un marché financier trop encombré par les États, sommés de réduire d’urgence leurs déficits pour emprunter moins. D’autant que, prises entre ces nouvelles obligations réglementaires et les effets d’une faible croissance économique, ces mêmes banques voient déjà leurs perspectives de rentabilité s’assombrir et qu’il ne faut pas en rajouter.

La BCE redoute particulièrement l’effet domino sur le système bancaire européen d’un défaut grec, car elle se trouverait en première ligne pour à nouveau le sauver, alors que son bilan présente déjà tous les signes d’un grand déséquilibre potentiel. Ce qui est en cause, c’est rien de moins que la nécessité de mettre sur pied l’équivalent du TARP, ce programme américain financé par le Trésor et dont les Européens de la zone euro n’ont même pas étudié l’opportunité, laissant chaque État seul aux prises avec son problème bancaire. Mais, dans le cas européen, la BCE aurait seule les moyens de faire face, sauf à créer de nouveaux importants besoins de financements des États, à l’opposé de ce qu’elle recherche.

Dans l’immédiat, elle a recommencé à davantage prêter aux banques espagnoles, dont l’en-cours auprès de la BCE a à nouveau dépassé le seuil de 50 milliards d’euros, ce qui illustre leurs difficultés renouvelées à se financer sur le marché et une fois de plus démontre que le cas de l’Espagne est loin d’être réglé, où l’on pourrait s’orienter vers des élections législatives anticipées, donnant les rênes du pouvoir au Partido Popular.

Vis-à-vis de l’Irlande, et selon le Financial Times Deutschland, la BCE arrondit autant que faire se peut les angles, utilisant la notation avantageuse de la petite agence canadienne DBRS pour accorder à la dette irlandaise la même valeur que celle de l’Allemagne ! Il y a toujours de petits accommodements possibles avec le Seigneur… Car il ne fait aucun doute que l’Irlande se prépare à son tour à renégocier les conditions de son sauvetage anticipant le besoin, comme la Grèce, d’une importante rallonge financière.

Tant que le problème du système bancaire européen ne sera pas pris à bras le corps, la crise de la dette se poursuivra, sous les apparences trompeuses de celle de la dette publique.

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144 réflexions sur « L’actualité de la crise : DYNAMIQUE DE L’ENTÊTEMENT, par François Leclerc »

  1. Selon la BRI les banques étrangères détiennent 145 Mi de dollars de créances privées et publiques sur la Grèce, dont 93% détenues par des banques européennes. Dans La Tribune de ce jour, Eric Benhamou rappelle que ces créances sont valorisées à la valeur de marché « mark to market » (soit avec une décote de 45% actuellement). Par contre, les créances détenues en direct sur l’Etat grec sont comptabilisées dans le « banking book » avec un provisionnement qui ne devient obligatoire que si le risque est avéré. En France il ne serait pas considéré comme avéré… En cas de risque avéré la perte latente est directement imputée sur un compte de capital (sans débit apparente en compte de résultat via un provisionnement). Donc à priori l’impact sur les résultats des banques sera limité. A noter que les dérivés sur la dette grecque seraient de 60 Mi de dollars dont 56% détenus par des banques étasuniennes.

  2. Excusez le hors sujet, mais je voudrai profiter de la tribune qu’offre ce blog pour passer le message suivant au nom du Comité de Soutien au Peuple Syrien

    Appel du 18 juin pour la Syrie :

    Depuis le 15 mars 2011 en Syrie, le régime dictatorial de Bachar Al Assad massacre sa population qui aspire pacifiquement à la liberté et à la dignité.
    Malgré cette sauvagerie, le peuple syrien continue de manifester avec un courage inouï pour la liberté.
    Au nom des droits humains que nous défendons tous, le Comité de Soutien au Peuple Syrien vous invite à vous réunir le samedi 18 juin à 15h place Pey-Berland devant l’hôtel de ville à Bordeaux.

    Nous avons besoin de tous pour faire progresser notre cause.

    Merci

    1. Depuis le 15 mars 2011 en Syrie, le régime dictatorial de Bachar Al Assad massacre sa population qui aspire pacifiquement à la liberté et à la dignité.

      Sans vouloir polémiquer, ce type d’affirmation n’est pas forcément le reflet de l’exacte réalité…

  3. Grèce : grève générale contre l’austérité, affrontements à Athènes.

    En début d’après-midi, le premier ministre M. Papandréou a annoncé qu’il allait se rendre chez le chef de l’Etat grec, Carolos Papoulias pour une visite qualifiée de “cruciale” par les médias grecs qui ont, du coup, levé leur mot d’ordre de grève de 24 heures.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=09b366b49ff6c280284908145235e5bd

  4. Pour ceux qui distinguent absolument la crise économique de la crise énergétique, voilà une simple coincidence, :

    http://blogs.ft.com/energy-source/files/2010/04/oil_eurotrib.png

    (Graph de la part du pétrole dans le mix énergétique des pays d’Europe)

    on notera avec intérêt que les pays les plus dépendants du pétrole sont, dans cet ordres : Grèce, Irelande, Portugal, Espagne…..

    PS Cette remarque est un post de Raminagrobis, du forum Oléocène.

  5. Le plan d’austérité prévoit il une baisse de salaire pour les policiers anti-émeute ?

    1. Beeen… non, Vendez.
      Un policier anti-émeute reçoit une prime pour toute émeute comme les militaires reçoivent un avantage de retraite pour une guerre.
      Sinon, dans le même canal de pensée, un employé de banque reçoit une prime pour un produit placé…

      Et après ça, tu as des hypocrites qui veulent lutter contre la corruption.

      1. Sinon, dans l’industrie, tu as la prime de risque. Et dans l’administration, la prime de résultat.

      2. Et dire que dans l’Education Nationale, il n’y a même pas de prime aux résultats au Bac !
        On aurait pu le croire, surtout dans certaines sections où le contrôle continu domine, avec tous les procédés de rattrapage qui permettent d’approcher de plus en plus les 100% de réussite .

      3. @mianne

        Etant données les perles que vous enfilez sans vergogne, comme le niveau proche de zéro de l’esprit critique dont vous faites preuve sans discontinuer, et sans préjuger du bilan officiel ou certifié de votre cursus scolaire, il me semble effectivement qu’un contrôle continu du niveau réèl des vieux bacheliers ne serait peut-être pas superfétatoire.

      4. Je ne résiste pas. Une des chansons d´un camarade que je préfère :

        C’EST POUR TON BIEN
        Album J’y croyais pas (2011)
        Paroles de Fred ALPI

        Salut gamin, salut gamine
        Tu vas comprendre la combine
        Fini le savoir qui rend libre
        Celui qui fait aimer les livres

        Ils vont d’abord tuer l’école
        Puis à grands coups d’heures de colle
        Ils te laveront le cerveau
        Pour faire de toi un Homme Nouveau

        Tu apprendras la discipline
        T’apprendras à courber l’échine
        C’est pour ton bien, puisqu’on te l’dit
        C’est pour ton bien !

        Salut copain, salut copine
        Même si tu bosses pas à l’usine
        Tu seras esclave salarié
        Tu verras c’est un beau métier

        Tu t’abaisseras dans les rayons
        Pour des produits en promotion
        Tu serviras l’économie
        Alors elle est pas belle la vie ?

        Tu apprendras la discipline
        T’apprendras à courber l’échine
        C’est pour ton bien, puisqu’on te l’dit
        C’est pour ton bien !

        Salut cousin, salut cousine,
        Si du Gaulois t’as pas la mine
        T’es bon pour l’contrôle au faciès
        Tu march’ras en serrant les fesses

        Tu seras l’premier en prison
        Ou en centre de rétention
        C’est toi qui ramera dans l’bateau
        Pour quelques miettes du gâteau

        Tu apprendras la discipline
        T’apprendras à courber l’échine
        C’est pour ton bien, puisqu’on te l’dit
        C’est pour ton bien !

        Salut frangin, salut frangine
        Si tu crois les magazines
        Tu peux toujours aller voter
        En croyant qu’tout ça va changer

        T’as le droit de te révolter,
        Mais assis devant ta télé
        Et en allant le samedi soir
        Jouer au rebelle de comptoir

        Tu apprendras la discipline
        T’apprendras à courber l’échine
        C’est pour ton bien, puisqu’on te l’dit
        C’est pour ton bien !

        Cabotin, cabotine
        Tu veux du rab à la cantine
        Alors tu trahiras les tiens
        Depuis l’bon côté du refrain

        Pour être bien installé
        Au théâtre de la cruauté
        Tu seras cadre, flic ou maton,
        Dealer de came ou bien patron

        C’est toi qui fera la discipline
        C’est toi qui fera courber l’échine
        C’est pour ton bien, tu leur diras
        C’est pour ton bien !

        Merci Fred.

  6. L’agence de notation Standard and Poor’s a annoncé mercredi avoir abaissé de trois crans la note de quatre banques grecques à “CCC”, soit la même note que celle attribuée en début de semaine à la dette à long terme de la Grèce.

    Ces quatre banques, la Banque nationale de Grèce, l’Eurobank EFG, Alpha et Piraeus, sont “exposées à des risques renforcées en raison de la détérioration de la solvabilité de la Grèce”, relève l’agence.

    Ces risques sont également liées à la “perception des déposants grecs quant à la possibilité d’une restructuration de la dette grecque”, ajoute S&P’s, qui envisage un nouvel abaissement dans les prochains mois au cas où ces banques ne pourraient pas faire face à leurs obligations.

    S&P juge que, dans le cadre d’une restructuration de la dette grecque, le secteur privé (banques, fonds d’investissement, assureurs), mis à contribution, se retrouverait face soit à un “échange de titres” soit à un “allongement des maturités”.

    De telles opérations seraient considérées “de facto comme un défaut” par l’agence de notation, et dans ce cas, elle pourrait attribuer à la Grèce une note encore plus basse, la reléguant dans une situation de défaut partiel.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_societes.phtml?num=31159b9d7819d212c5da7e653d07a414

  7. UN si joli petit système. Tout le monde voudrait bien que ça marche, mais ça ne marche pas ! Que c’est triste.

    Tous ces gens qui se croyaient si malins et qui croyaient avec plus ou moins de sincérité avoir compris quelque chose à l’économie, ceux du genre “la mondialisation a sorti des millions de gens de la misère”, et autres “le taux de mortalité infantile est bien plus faible qu’au 19è s”, et les autres qui déplorent votre sang de navet et vous feraient pendre pour manque d’énergie, ces gens si intelligents n’est ce pas, si éduqués et si savants n’est-ce pas, HEC, Harward, école de Frankfurt am Main, etc, ils n’arriveront pas à sauver ce système. Merci pour la théorie des cycles, nous avons bien ri. Ils n’y arriveront pas ! Pas plus que le Pape n’est arrivé à remettre la Terre au centre de l’univers.

    Si malins et pourtant complètement impuissants. Si diplomés si experts et pourtant complètement hors sujet. Hautes études, master en business affaires, classes affaires, management international, commerce international, spécialiste, chef du FMi, etc etc… Je suis mort de rire. Ils ont tout compris des crises, des cycles, etc, Ah ça, ils ont longtemps étudié, longtemps transpirés. Ah les cycles.

    Bernankee expert de 1929.

    Ils ont tout compris de l’économie : “Hic Rhodus, hic salta!”

    La droite a tout compris de l’économie, des réformes, la preuve.

    Bref… je passe au choses sérieuses c’est à dire, la cuisine.

    1. Excellent ! Mais croyez-vous que la gauche ait davantage compris ?

      Qu’ils s’en aillent tous, Mélenchon itou.

  8. Grèce : la foule affronte les forces de l’ordre à Athènes.

    Une manifestation monstre est en cours dans la capitale. C’est une nouvelle journée de grève générale dans le pays dont l’avenir est suspendu aux décisions de ses créanciers.

    Des dizaines de milliers de personnes sont actuellement dans les rues d’Athènes en milieu de journée.

    Alors qu’un bloc de manifestants est parvenu à rompre le cordon policier qui protégeait les palais présidentiels, la police a eu recours aux gaz irritants pour disperser le groupe à une vingtaine de mètres seulement du palais présidentiel (vous pouvez suivre ici un direct télévisé, en grec, des événements :

    http://www.xodrobizeli.gr/2011/05/livestream_25.html

  9. Greek PM Prepared To Step Down To Form Alliance Government Even As Opposition’s Samaras Demands Substantial Renegotiation Of Bailout Terms.

    Papandreou disposé à démissionner pour laisser se former un gouvernement d’union nationale dont il ne serait pas le premier ministre.L’opposition est d’accord mais à condition de renégocier fortement l’accord avec la Troika.

    http://www.zerohedge.com/article/greek-pm-prepared-step-down-form-alliance-government-even-oppositions-samaras-demands-substa

    1. Actualité de toute première importance !
      Adieu Euro , USdollar , FMI , Banque Mondiale et vive la future alliance économique et monétaire entre l’OSC et l’UNASUR
      Du coup je me sens tout petit mais soulagé …

      1. @ François

        Tout comme vous, je pense que c’est une information majeure pour les années qui viennent . L’activité et l’économie de ces pays ne repose plus exclusivement sur une clientèle occidentale qui auparavant faisait la loi et qui deviendra de plus en plus marginale avec l’abandon progressif du dollar comme devise internationale.

    2. J’estime que si les pays en développement n’arrivent pas à augmenter leur part dans le FMI, ils devront établir un FMI qui leur appartiendra, ceci pour obtenir la justice et la transparence en terme de droit de vote au sens propre du terme.

      A l’heure actuelle, les conditions sont déjà réunies pour la création de cet organisme. Avant la crise financière, les fonds possédés par le FMI n’étaient pas très importants. A l’heure actuelle, les forces réelles des nouvelles économies ont dépassé de loin les fonds du FMI. Selon une étude du journal britannique « Financial Times », les prêts accordés par deux banques nationales de la Chine à des pays en développement ont déjà dépassé ceux de la Banque mondiale.

      Sur ce problème, les pays en développement doivent avoir confiance en eux-même. Cette confiance ne doit pas provenir de leurs importantes réserves en dollars, mais de la monnaie de leur propre pays

      Jean-Claude Werrebrouck pensait sans doute à ce sommet de l’OSC et à son alliance avec l’UNASUR qui mettront fin à l’hégémonie américaine et cantonneront la prétendue “crise” ( escroquerie financière) aux pays occidentaux pendant que les émergents commerceront tranquillement entre eux .

      A moins que …les Etats-Unis, derrière l’OTAN, aient déjà entamé depuis la première guerre du Golfe, suivant leur habitude quand ils veulent se sortir d’une crise financière, une guerre mondiale, la troisième, dont l’OTAN ne sortira pas nécessairement gagnante, après la récente défection de l’armée britannique faute de disposer des finances, bien nommées “le nerf de la guerre”, pour la poursuivre .
      Période troublée en perspective .

      1. Et comme par hazard on peut lire sur Le Monde : L’OTAN craint un décrochage technologique des partenaires européens …

        http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/06/16/le-secretaire-general-de-l-otan-craint-un-decrochage-technologique-des-partenaires-europeens-de-l-alliance-atlantique_1536714_3214.html#ens_id=1481986&xtor=RSS-3208

        D’autre part les Polonais parlent sérieusement d’abandonner le bouclier anti missile de l’OTAN car trop couteux.
        Cela craque de tout coté.

        Sans être un lecteur de Jean-Claude Werrebrouck il me semblait évident d’en arriver a cette alliance car définitivement les US traînent trop de casseroles vis a vis de l’Amérique Latine comme le plan Condor monté de toute pièce par la CIA
        http://www.monde-diplomatique.fr/2001/05/ABRAMOVICI/15179

        Tous ces détails se paieront au grand comptant .

      2. @ François

        Toutes les magouilles occultes de la CIA en Amérique Latine et ailleurs n’empêchent pas que, comme vous le dites fort justement, “cela craque de tout côté” pour les USA et leurs alliés .

      3. Le poids (pour ne pas dire le boulet) US en Amérique du Sud est en fonte rapide, très rapide… Le Brésil a désormais pour premier partenaire la Chine, l’Argentine commerce pour sa majeure part avec le Brésil. La victoire de Humala fait que la droite ne dirige plus que le Chili et la Colombie (dont la Cour constitutionnelle a invalidé en août 2010 l’accord d’installation de bases US négocié alors par Uribe). Les avocats du Consensus de Washington ont perdu toute crédibilité auprès des populations et se font rares dans les mass médias. L’intégration régionale se poursuit et une coopération de plus en plus renforcée s’effectue entre pays de la périphérie, délaissant ceux du centre, avec toujours plus d’accords visant au règlement des échanges commerciaux sans le dollar.
        S’il est un endroit où l’on remarque le déclin de la toute puissance des Etats-Unis (une hégémonie ne s’exprime pas seulement en capacités militaires, mais aussi culturellement, idéologiquement, médiatiquement), il suffit de visiter ce coin du monde.
        @BA Sache que, pour ma part, je comprends et approuve totalement ta démarche, qui consiste, je crois, à créer les conditions de la réflexion eau-delà de toute tribu. Là où je ne te suis pas, c’est dans ton analyse de l’UE avec des outils qui eux-mêmes, deviennent … inadéquats. En marge des Nations en Europe, nées d’une mémoire et d’oublis communs (la solidarité en est une résultante), se crée une identité européenne. Une surcouche… Il suffit de voir comment les manifestants en Grèce, Espagne, France, etc., s’interpellent entre eux. Cela pourrait être très intéressant par la suite, notamment via une revendication croissante de légitimisation des institutions européennes. En clair, d’une constituante européenne élue par les peuples.

  10. Mercredi 15 juin 2011 :

    Grèce : Georges Papandréou propose de former un gouvernement d’union.

    Georges Papandréou a proposé mercredi de former un gouvernement d’union nationale, à condition que ce dernier soutienne le plan de sauvetage financier de la Grèce élaboré par l’Union européenne et le Fonds monétaire international, rapporte la chaîne de télévision Net TV.

    Le Premier ministre socialiste aurait également offert de démissionner pour faciliter la constitution d’un tel gouvernement d’union.

    http://lci.tf1.fr/filnews/monde/papandreou-propose-de-former-un-gouvernement-d-union-6538263.html

  11. Article publié aujourd’hui sur le site de la BBC (traduction de mon cru) :

    Criblée de dettes, la Grèce est enlisée dans la colère et l’humiliation

    On humilie les grecs. Leurs fréquentes manifestations ont un parfum de futilité. Leur destinée se joue ailleurs : dans les mains de fonctionnaires qui n’ont pas de mandat d’élu pour ce faire, ceux du FMI ou de l’UE.

    Les commentaires entendus aujourd’hui dans les manifestations oscillent entre la rage et le désespoir. L’un des manifestants parlait d’un « pays déchiré en lambeaux. »

    Le FMI et l’UE envoient des comptables, des économistes, qui occupent l’espace du ministère des finances. Lorsqu’il s’agit de vendre les bijoux de famille de l’état – de manière à lever 50 milliards d’euros – on débat pour savoir si cela ne devrait pas être piloté par un organisme non grec. Cela aurait constitué l’humiliation ultime.

    On a aussi suggéré que des étrangers soient chargés de la collecte des impôts. Ces idées ont peut-être été écartées, mais le ressentiment ne s’est pas, lui, évaporé.

    Certains disent que la Grèce est devenue un protectorat de l’UE. Les interventions de l’extérieur dans les affaires grecques sont certainement sans précédent.

    Le premier ministre grec, Georges Papandréou, s’envole pour des rencontres au cours desquelles on lui fait part des termes de sa reddition. Il a promis qu’il n’y aurait plus de coupes dans les dépenses publiques, mais le prix du sauvetage de la Grèce est qu’il abatte la hache des économies sur les emplois du secteur public.

    Des coupes de 6,4 milliards dans les dépenses publiques, c’est la condition posée par l’UE et le FMI en échange d’une aide supplémentaire.

    Les joyaux de l’état sont vendus. La foule hurle « nous ne vendrons pas ! », mais c’est précisément cela qui a été ordonné à leur gouvernement.

    Nombre de précisions quant au prochain tour de vis budgétaire sont encore inconnus. Si la Grèce échoue à rencontrer les exigences du FMI, les hollandais, les allemands et les finlandais pourraient bien refuser un second sauvetage.

    M. Papandréou a dit : « nous sommes au milieu d’une bataille qui continue. Nous ne baisserons pas pavillon. »

    Mais le peuple est de moins en moins avec lui. Les sondages montrent un déclin constant du soutien à sa personne. Aujourd’hui, les manifestants voulaient empêcher les députés d’atteindre les bâtiments du parlement.

    Peut-être était-ce en blaguant – mais cela n’en demeurait pas moins cinglant – que des fonctionnaires allemands et européens ont parlé de la Grèce comme devant vendre ses îles.

    La souffrance aurait pu être supportable si le remède avait fonctionné. Un an après le premier sauvetage de la Grèce, le pays a vu la production industrielle chuter de 11%. Le chômage est en hausse, à 16%. Le nombre de grecs sans travail a augmenté de 40% depuis l’année dernière. La montagne de la dette a encore gonflé, se dirigeant vers les 153% du PIB.

    Et voici le pire de cette histoire : les grecs sont sur le point de recevoir une nouvelle tranche d’argent. Cela ne fera que s’ajouter à la dette. Et il est difficile de trouver un économiste sérieux qui ne pense pas que la stratégie consiste seulement à donner un coup de pied dans le caillou pour le repousser un peu plus loin.

    Le défaut de paiement menace. Peut-être pas cette année, mais certainement en 2015 au plus tard. Au niveau des fonctionnaires européens, l’espoir est que les banques seront alors pus résistantes pour encaisser le choc. Il est certain que les très respectés économistes allemands ne s’attendent pas à récupérer leur argent.

    Mais dans le même temps, il y a un coût humain. L’organisation des services sociaux Klimaka gère une cuisine qui nourrit 3.000 personnes chaque jour – et beaucoup de ces personnes proviennent à présent de la classe moyenne. Sa ligne de téléphone anti-suicide reçoit 30 appels par jour. Certains, comme l’ancien premier ministre Stefanos Manos, préviennent qu’il y a un risque d’explosion sociale.

    Et si le peuple grec refuse d’accepter des mesures d’austérité supplémentaires, la faillite menace.

    Comment en sommes-nous arrivés là ? La Grèce a été séduite par les taux d’intérêts bas qui ont suivi son entrée dans l’euro. Elle a accumulé trop de dette. Lorsque le crash est survenu, elle s’est trouvée avec des dettes qu’elle ne pouvait plus gérer. De la fraude fiscale à grande échelle. Un marché du travail rigide. Un secteur public gonflé hors de toute proportion. La possibilité de prendre sa pension tôt. Ces accusations contiennent une part de vérité, mais les grecs ordinaires ne voient pas comment les politiques actuelles vont leur permettre de s’en sortir.

    S’il apparaît que Georges Papandréou ne peut obtenir le vote du parlement sur les mesures d’austérité, il se peut qu’il convoque des élections anticipées, ou fasse même le pari d’un référendum.

    Il se peut qu’il y ait encore une majorité silencieuse pour soutenir les coupes dans les dépenses publiques et la privatisation de l’état. Mais la Grèce est un pays blessé, et on ne peut plus compter sur l’opinion publique.

    1. Il serait plus simple de poser les questions suivantes aux Grecques :

      ” souhaitez-vous abandonner votre souveraineté nationale pour les décisions régaliennes et devenir un des membres de la nouvelle Europe Fédérale ? ”
      “Adhérez-vous au traité Berlin-Paris ?”

  12. Et on s’y met aussi en Irlande:

    The IMF’s Day Just Got Worse: Noonan Seeks Haircut On Anglo Irish Senior Bonds.

    * NOONAN SAYS IRISH SHOULDN’T REDEEM ANGLO SENIOR BONDS AT PAR
    * NOONAN SAYS IMF OFFICIALS UNDERSTOOD POSITION ON ANGLO IRISH
    * NOONAN SAYS ANGLO IRISH NO LONGER A BANK
    http://www.zerohedge.com/article/imfs-day-just-got-worse-noonan-seeks-haircut-anglo-irish-bonds

    Et problème de liquidité sur les marchés:

    Lehman Deja Vu: There Goes Market Liquidity.

    http://www.zerohedge.com/article/lehman-deja-vu-there-goes-market-liquidity

  13. Le blog est piraté.
    Ce qui devait arriver un jour ou l’autre à force de “trop de vérités”.

    Jorion.COM n’est pas assez communiste, à priori… dans les commentaires et tant pire pour les ventes de livres.

    Koikil en soie, va falloir se faire halyday que jony a eu raison d’aller en suisse.

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