RESTAURER LA MONNAIE PAR LE CRÉDIT, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Quatre ans après la trappe des subprimes, tout le système monétaire et financier fondé sur le dollar est entraîné dans la trappe du crédit non régulable. Les États-Unis ne peuvent plus laisser croître les dettes que la Chine ne pourra plus racheter. Le système bancaire chinois est en contrepartie de ses réserves de change submergé de liquidités inemployables sur son marché domestique. Les bulles spéculatives et l’inflation témoignent de l’insuffisance de la production pour répondre à la demande potentielle. Toutes les économies émergentes naviguent entre les tensions inflationnistes, la hausse des taux d’intérêt domestiques et la perte de compétitivité extérieure issue de la dépréciation du dollar. L’équilibre global des échanges extérieurs de la zone euro offre une monnaie de réserve alternative au dollar. Mais le taux de change international de l’euro oblige l’Europe du Nord à prêter à l’Europe du sud qui ne parvient pas à combler son retard de compétitivité internationale.

Le crédit détruit par la monnaie

Le crédit non régulable est l’impossibilité logique de maîtriser l’allocation et la croissance des crédits internationaux en l’absence d’unité de compte internationale d’une règle commune. Les États-Unis émettent du dollar selon trois finalités à la fois domestique et internationales : exprimer la liquidité de leur dette publique, financer leurs déficits extérieurs et régler la liquidité des échanges mondiaux en dollar. Ces finalités ne sont pas nécessairement cohérentes. Quand la dette publique étatsunienne devient explicitement excessive par rapport à l’effort que le contribuable étatsunien peut assumer pour en freiner la progression, les Chinois s’obligent à prêter davantage pour ne pas perdre les dollars qu’ils ont déjà prêtés. Quand toutes les zones monétaires achètent d’autres monnaies pour protéger leurs réserves de change d’une possible dépréciation du dollar, elles forcent les autres zones émettrices de monnaie de réserve à emprunter à l’étranger au-delà de leurs besoins propres et de leur solvabilité réelle.

Les banques sont confrontées à un équilibre introuvable entre l’accumulation de dépôts monétaires en toute devise et le ré-emploi des liquidités dans des crédits ou des investissements suffisamment sûrs pour ne pas compromettre leur propre liquidité. La prudence bancaire impose de placer les soldes de compensation des règlements internationaux dans les titres de dette publique les plus sûrs. Le système financier ne peut pas fonctionner sans que les États réputés les plus puissants n’émettent de la dette indépendamment du potentiel réel de leur économie domestique et de la croissance possible de leurs recettes fiscales.

Les parités de change varient pour permettre l’équilibre des échanges de biens et services, de crédits et d’investissements. Mais à l’intérieur des balances de paiement des zone monétaires de réserve, il est impossible de différencier un crédit émis pour régler une transaction d’achat ou d’investissement réels dans la zone, d’un crédit émis pour comptabiliser une réserve de change internationale qui ne sera pas dépensée dans la zone. Les causes du crédit international ne sont pas discriminables par les banques, les banques centrales et les États. Pour maintenir la liquidité des paiements, les banques centrales n’ont pas d’autre solution que de prêter selon la demande des banques, qui reprêtent aux États qui émettent de la dette en couverture de la création monétaire. Le crédit est non régulable par une appréciation de l’économie réelle entre les banques et les États.

La capacité des zones monétaires de réserve à produire la contrepartie réelle de la monnaie émise par le crédit n’est pas mesurée ni mesurable. Explicitement déconnectée de l’économie réelle, la croissance des dettes internationales et des dettes publiques en monnaie de réserve est systémiquement nécessaire. Les crédits subprimes ont été inventés du besoin impératif d’émettre de la dette au-delà des critères raisonnables de solvabilité privée. Le système de l’émission monétaire sans limite internationale de crédit public est désormais caduc avec l’épuisement de l’ultime source de dette réputée sûre. Le surendettement public induit le retrait des services publics de régulation sociale et économique. L’insolvabilité générale s’accentue. La liquidité réelle de l’économie diminue et la solvabilité publique est définitivement compromise.

Les conditions universelles du crédit

L’affaissement des États rend invérifiable l’équité des transactions financières. Or l’équilibre des droits entre prêteurs et emprunteurs peut seule fonder des normes universelles de limitation du crédit. Des normes qui ne peuvent pas ne pas s’appliquer à tous les États, toutes les banques comme à tous les emprunteurs réels. L’équité et l’universalité des prix sont deux conditions d’équilibre du crédit non réalisées dans le système actuel d’asymétrie monétaire entre les nations ; d’asymétrie monétaire entre économie réelle et économie publique et financière. L’impossibilité d’exprimer un prix en monnaie universelle crée un privilège de régulation au bénéfice des émetteurs de monnaie de réserve. L’impossibilité d’évaluer le crédit d’une État hors la monnaie qu’il garantit, crée un privilège de crédit au bénéfice des banques centrales et banques qui transforment mécaniquement les dettes publiques en monnaies de réserve.

Le double privilège de régulation et de crédit est partagé entre États et banques aux dépens du financement de l’économie réelle. Le coût réel de la liquidité juridique et du risque de crédit est artificiellement majoré. La réalité des prix est la troisième condition d’équilibre du crédit : sans rapprochement vérifiable de tout prix anticipé à des biens et services réels pour un acheteur final, la prime de risque, le prix de la liquidité et le montant du crédit ne peuvent pas être justement évalués entre prêteurs et emprunteurs. La réalité des prix implique un marché financier où les acheteurs et les vendeurs de biens et services effectifs soient visibles et protégés par l’État de droit. Le marché n’est pas réel qui ne soit pas régulé par une autorité publique imposant un même droit pour tout acheteur et tout vendeur, une même obligation de livrer des biens et services réels à l’échéance convenue certaine et un même arbitrage judiciaire en cas de doute sur la chose ou sur le prix.

Quand les États appliquent des droits financiers distincts aux acheteurs et aux vendeurs dont ils sont eux-mêmes, quand les banques sont libres de choisir le droit qu’elles s’appliquent face à des contreparties tenues par la réalité saisissable de leurs engagements, il n’existe pas objectivement de marché financier. Le montant des crédits, le prix de la liquidité et le prix du risque de crédit sont arbitraires. États et banques s’appliquent des conditions de crédit indépendantes de la mesure de leur contribution réelle à la production de biens et services. Tout le risque de l’anticipation en crédit des prix de la production retombe sur l’économie réelle. Le risque de crédit est asymétrique : supporté par l’économie réelle quand les erreurs de calcul se résolvent en pertes et par l’économie financière quand les erreurs d’anticipation produisent des plus-values.

L’Union Européenne s’est construite sur un marché commun puis sur une monnaie unique entre certains de ses membres. L’Union est la première communauté de droit multinationale mais n’a pas le marché financier qu’elle pourrait induire. Il n’existe pas d’autorité commune capable de superviser un système de régulation commune du crédit par une monnaie commune ; une unité de compte qui évalue et garantit l’équilibre des engagements financiers entre n’importe quel emprunteur ou prêteur des monnaies de l’Union. La régulation du crédit qui restaurerait la solvabilité des États et des banques de l’Union implique à tout emprunteur l’obligation d’être garanti sur le marché financier commun. La monnaie commune évalue les primes de crédit de tous les emprunteurs systémiques souscrites sur la totalité de leur dette déposée et négociable. La notation réelle du crédit est assumée par des banques d’investissement exclusivement dédiées à l’achat des primes de crédit (CDS), des primes de change et des primes de capital. Elles analysent les comptes des emprunteurs ; en contrepartie de quoi elles reversent aux prêteurs les primes perçues si la cotation négative sur le marché indique la possibilité d’une perte à l’échéance des limites de crédit qu’elles ont garanties.

La monnaie refondée par l’Union Européenne

Les primes de change cotent les comptes macro-économiques déposés par les banques centrales de l’Union à l’appui de leur émission monétaire. Une prime de change négative en monnaie commune d’une monnaie de l’Union signale une création monétaire excessive à terme. Elle implique soit la dévaluation de la monnaie, soit le rachat par les partenaires de l’Union de la prime qui soutienne la parité à terme, soit encore la révision de la politique monétaire surévaluée. Les primes de capital cotent les besoins en fonds propres des banques de l’Union. Une banque de l’Union dont la prime de capital devient négative est obligée de céder des actifs pour réduire ses risques. Si la prime de capital ne peut pas redevenir positive, la banque est liquidée et les acheteurs de la prime de crédit comblent la perte sur le passif bancaire.

La compensation des achats et ventes de prime sur un même marché de mutualisation des garanties de crédit, de change et de capital produit un équilibre général des échanges commerciaux, du crédit et des risques entre la valeur présente des investissements et leur valeur à terme. Les parités de change à l’intérieur de l’Union établissent l’équilibre entre les épargnants domestiques ou étrangers et le potentiel économique réel de tous les emprunteurs publics et privés. La compensation européenne est ouverte à tous les partenaires mondiaux de l’Union. Tout actif et toute monnaie étrangers à l’Union sont cotés par un prix nominal et une prime. La prime souscrite par des investisseurs identifiés eux-mêmes garantis par des primes de crédit, garantit le prix nominal à l’échéance de la vente à terme ou du remboursement déposés dans le marché. La monnaie financière commune des Européens est un étalon de prix universellement stable. Tous les actifs et toutes les monnaies sont cotés en nominal et en prime pour que tout engagement formulé dans un quelconque droit européen soit visiblement exécuté ; et garanti en dernier ressort par un juge européen.

La compensation européenne des risques financiers est par nature un système de régulation du crédit. Elle induit par elle-même une couverture permanente des pertes potentielles de crédit par l’actualisation des comptes et des transactions des emprunteurs de toute nationalité. Elle fournit une évaluation objective et internationalement garantie des contreparties de l’émission monétaire des banques centrales. Pour ce faire, les pays européens constituent une société financière transnationale qui contrôle l’équité de la compensation. En achetant des primes de capital des banques de marché, banques de crédit et banques d’investissement opérant séparément, l’autorité commune de régulation contrôle la gouvernance financière de la monnaie commune.

Toutes les pertes de l’actuel système financier sont liquidées par le réajustement internationalement négociable des parités de change. La conversion des dettes publiques en monnaie nationale dévaluée ou réévaluée par rapport au nouvel étalon international de crédit rétablit la solvabilité publique sur l’engagement fiscal des nations et non sur la manipulation des règles du crédit. Le pouvoir politique de réglementer le crédit se sépare radicalement du pouvoir financier de réguler la mesure et l’allocation du crédit. La réalité économique retrouve sa logique propre à l’intérieur de son cadre politique. Le pouvoir financier est obligé de se soumettre à la loi pour emprunter à l’économie le calcul des prix et prêter la liquidité qui transforme la réalité présente en production réelle dans le futur.

 

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18 réflexions sur « RESTAURER LA MONNAIE PAR LE CRÉDIT, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Monsieur PSdJ , je salue votre texte.

    Un détail me gêne: votre première partie est descriptive et elle procède normalement par affirmation.
    La fin du texte rassemble vos propositions mais elle procède, elle aussi, par affirmation positive (et en s’attachant plutôt aux buts à atteindre).
    La transition est trop floue.
    Quand cesse l’information sur le réel tel que vous le percevez et quand commencent vos propositions ?
    Ou peut-être me trompé-je complétement : affirmation descriptive et
    affirmation propositionnelle sont mélangées?

    Visiblement , le dernier chapitre décrit une organisation ou une structure idéale…
    On pourrait le reprendre point par point et le trouver certes idéal mais irréaliste, ou abstrait.
    3 exemples de proposition:
    (P1) :”l’autorité commune de régulation contrôle la gouvernance financière de la monnaie commune.”,
    (P2): “réajustement internationalement négociable des parités de change..”
    (P3)”…la solvabilité publique sur l’engagement fiscal des nations…”

    (P1): nécessiterait des réformes de la finance , c’est-à-dire une volonté commune, pour l’imposer, du pouvoir politique international. Volonté et pouvoir qui n’existent pas.
    Les info, depuis 4 ans montrent que le déni démocratique est total, jusqu’au suicide.
    (P2): même remarque avec en plus un FMI, ou une BM, absent, occupé à punir pour prendre
    des garanties, rassurant les “marchés”.
    (P3): l’équilibre entre fiscalité et solvabilité primaire des Etats est essentiel. Il n’est pas
    difficile de voir que, partout, le pouvoir politique croit devoir faire échapper à l’impôt la ou les classes qui les ont élus. ( La “solution” est l’emprunt qui à l’avantage d’apporter des gains
    aux prêteurs-exemptés d’impôt; soit une dérivation directe des fonds publiques vers le privé…)
    C’est exactement la question que doit résoudre Obama face à certains Républicains.
    Or, votre description-proposition, si elle est rigoureusement logique et recevable, n’apporte
    strictement rien aux problèmes concrets, d’Obama par exemple.
    Comment convaincre les Républicains, engagés dans un jeu politique et idéologique,
    de permettre à l’ éxécutif d’ajuster les fiscalité et solvabilité de la nation US ?

    En conclusion, vos 3 propositions, ou préalables, restent théoriques. A vrai dire, n’importe qui moyennement informé pourrait les formuler, si même confusément et avec moins de panache.
    Disant cela, je crois pas trop m’avancer, c’est d’ailleurs le mérite essentiel de ce blog.

    Une fois acquise la description d’une réalité calamiteuse et peu contestée, la vraie question,
    la problématique, et surtout la novation résident dans le “comment”.
    Il ne s’agit pas seulement de proclamer ‘bancor ! ‘ , à l’issue d’une démonstration imparable (le bancor est une autre question, mais liée), pour qu’automatiquement les bas du front
    enfermés dans une camisole idéologique le prennent en considération.

    1. @Daniel,
      Votre commentaire montre votre compréhension du diagnostic et des propositions formulés. Le diagnostic et les propositions sont mélangés parce que procédant de la même logique de garantie du crédit qui n’existe pas systématiquement mais qui devra être systématisée. Ce texte ne décompose pas la mécanique des garanties de crédit (CDS) décrite précédemment. Il en récapitule la logique afin de démontrer que la crise financière est terminée puisqu’il existe un système financier d’équilibre général du crédit et des parités de change. Vous remarquez à juste titre que nous sommes entrés dans une crise purement politique dont l’enjeu est le partage de la valeur ajoutée en fonction des besoins et des productions parfaitement identifiés sur le plan économique théorique. La question en jeu désormais est la reconnaissance accordée aux différentes revendications politiques. Si les citoyens de base ne s’organisent pas pour être reconnus et respectés dans leurs droits, les mécanismes économiques et financiers disponibles ne peuvent rien changer par leur seule existence. Sans volonté de l’appliquer, l’équité économique et financière reste une théorie. C’est maintenant dans la rue, dans les parlements et aux élections que cela se passe.

  2. Pourrais-je connaître votre avis sur la conversation suivante prélevée aujourdh’ui dans un blog du quotidien “Libération”…………….nous pourrions y découvrir quelques indices intéressants…

    Mes remerciements anticipés.

    ————————————————————————————————-
    DEBUT DE L’ ECHANGE……………

    QUESTION :

    Rachat de la dette grecque
    Je ne suis pas un spécialiste de la dette obligataire mais j’avoue que l’idée de racheter de la dette grecque décotée comme moyen de réduire l’endettement de ce pays me laisse perplexe. Tout d’abord, il me semble que cela ne pourrait pas être de la dette arrivant à maturité, sinon il ne pourrait y avoir décote sans défaut. Cet effort ne ferait donc qu’augmenter la note. Ensuite, je m’interroge sur les volumes de titres susceptibles d’être ainsi rachetés. Pour de nombreux intervenants, notamment les banques, cela reviendrait à faire apparaître des pertes conséquentes, ce qu’ils cherchent précisément à éviter. J’ai le sentiment que les taux d’intérêt extravagants affichés ces derniers temps ne concernent qu’un niveau de transaction marginal sur le marché secondaire. Enfin, il me semble clair que les plans de soutien visent en premier lieu à limiter les pertes pour les banques détentrices de titres. S’il s’agit d’entériner de larges décotes, alors à quoi bon l’intervention publique?

    REPONSE :

    C’est simple

    La zone euro ne peut pas vivre normalement avec un pays membre qui ne pourrait plus emprunter et qui ne pourrait donc plus rembourser les dettes contractées auprés des banques européennes.

    En effet, si ces banques devaient passer leurs obligations grecques par pertes et profit, elles provoqueraient immédiatement un effondrement du cours des sicav et autres FCP constituées en partie par ces obligations.

    Il faut donc sauver les finances grecques pour sauver les banques et, par voie de conséquence, l’épargne des électeurs allemands, français, etc etc…

    SOUS-QUESTION en réponse……………………….!!!!!!!!!!!!!!!! :

    Je suis d’accord…
    mais relisez bien ma contribution, je ne dis pas le contraire. Je m’interroge seulement sur cette modalité de soutien, apparue la semaine dernière me semble-t-il et qui fait flores (Jacques Delors en parle dans sa récente tribune au Monde), consistant à racheter de la dette sur le marché secondaire (c’est à dire les transactions sur des titres déjà émis) pour réduire l’endettement public grec. Je ne vois pas en quoi cela peut réduire la note des plans de soutien dont la plus grande part sert à rembourser des obligations arrivées à échéance, notamment ceux détenus par le secteur privé, et non pas à financer le déficit public courant.

    FIN DE L’ECHANGE…………………!

  3. Les bulles spéculatives et l’inflation témoignent de l’insuffisance de la production pour répondre à la demande potentielle.

    Faudrait-il donc que la production s’adapte à la masse de moyens de paiement disponibles, –réels ou fictifs–, plutôt qu’aux besoins et aux moyens de production ?

    Voilà un raisonnement à l’envers ! Ne serait-ce pas plutôt : « les bulles spéculatives et l’inflation illustrent l’indépendance de la phynance par rapport à l’économie réelle » ?

  4. Pierre Sarton du Jonchay
    Pourvu que votre titre ne se traduise pas, comme d’habitude, par:
    Restaurer la monnaie par l’usure…
    Vos analyses sont riches en qualités et fournies à souhait par les nombreux champs financiers (exhaustifs ?) qu’elles couvrent. Mais il y manque le principe de SUBSIDIARITÉ.
    Cette subsidiarité existant dans l’organigramme financier banal en Suisse voisine (je fais allusion à l’organisation financière domestique intérieure à la Suisse et non pas à son intégration bancaire mondialisée).
    En vous suivant, bien sûr, sauf erreur ou omission de ma part, quelque soit l’ “habillage”, ou la “nudité”, j’ajouterais les “travestissements” et les “faux nez” des CDS (qui sont à mon avis un tripot à fermer d’urgence, à moins que l’économie réelle et saine de production-consommation soit vraiment protégée et préservée à 100%), en vous suivant dis-je, l’organigramme financier à naître doit comporter impérativement le développement et la culture de l’ – argent de consommation – destiné à – toute – les sociétés civiles productrices des biens et des services. Ces biens et ces services qui, SEULS, donnent de la valeur à l’argent, à la monnaie; on l’a oublié et c’est un oubli fatal à terme, car nous y sommes confrontés, telle a été la “politique” délibérée bancaire et monétaire mondialisée.
    Cet argent qui n’aurait pas la moindre valeur si, au préalable, ou en même temps, il n’y avait pas la – production des biens -. Telle est la leçon de l’histoire économique. De même, comme cela devrait exister dans l’organigramme économique et financier contemporain. Ce qui est loin, très loin d’être le cas pour la ruine de la majorité des habitants de cette planète.
    À présent, on coule massivement par la cause et les effets d’un naufrage de l’argent d’investissement qui n’est, pour ainsi dire, jamais discriminé de l’argent de consommation. Les usagers de l’argent de consommation, soit ~80% d’entre nous et même plus, voient dans l’amertume prolongée leur pouvoir d’achat diminué vertigineusement. Car c’est cet agent de consommation, devenu une peau de chagrin, qui paie iniquement de sa poche la rémunération délétère de l’argent d’investissement. Cette rémunération qui se retrouve “nécessairement” bien cachée dans les prix de vente, qui sont à peu près tous faux. Visiblement, cet argent de consommation n’interesse personne dans les “hauts” milieux financiers, et pour cause…
    Pourquoi l’argent de consommation ne deviendrait-il pas une monnaie identifiable ?
    Car enfin les producteurs s’affranchiraient décisivement de l’ – usure -, laquelle est quasiment institutionnalisée sans jamais s’annoncer, encore moins ne dit son nom, et l’on en crève de partout.

    1. @Rumbo,
      Dans un marché organisé de garantie de crédit, l’usure devient parfaitement identifiable et détectable. L’usure consiste à faire payer un taux d’intérêt à un emprunteur supérieur à celui qu’il obtiendrait sur le marché contre transparence de ses comptes. Un vrai CDS qui ne soit pas un outil d’usure est une prime de crédit négociée sur un marché organisé et transparent.
      Un marché organisé de primes de crédit établit une distinction nette entre la consommation et l’investissement de l’objet sous-jacent à l’emprunt. L’acheteur à terme de l’objet emprunté est le consommateur et l’acheteur primaire du risque de crédit est l’investisseur. L’emprunteur vendeur à terme de l’objet de son crédit est entrepreneur et producteur de l’objet réel représenté sous la monnaie empruntée.

  5. Il me faut un peu me prendre la téte pour vous suivre . C’est surtout l’approche juridique , (d’où cette division en deux parties comme la bien perçu Daniel ?) , c’est intéressant comme angle de vue , mais çà provoque un décalé par rapport à la chrématistique , à l’économie , pardon .
    Et plus encore par rapport au politique , parce que qu’en méme la monnaie c’est hautement politique . Là c’est carrément décalé , à mon avis . Votre portrait de l’euro est touchant de tendresse , je suis ému de tant d’idéal .
    Présenter l’Euro comme une monnaie de réserve à l’égal du $ , c’est gentil pour l’Euro , je ne le souhaite pas personnellement . Je crains que cette utopie , l’Euro fort ,( il faut qu’il le soit pour étre réserve sans excédent commercial conséquent, ce qui implique TROP fort ), ne soit pour partie la cause de nos déboires , mais confortable pour le financement des déficits publics et flatteur pour la vanité. A cela s’ajoute l’abscence de discipline budgétaire des Etats et l’abscence de compensations entre Etats bref la carence du politique .
    On devine que vous esperer un super-FMI , qui serait aussi une super-foire d’empoigne , comme le révéle déjà l’affaire Stauss-Kahn , comme transition vers un systéme équitable , oui ,
    mais n’ y aurait-il pas mieux ? A moins que vous envisagiez aussi un gouvernement mondial?

  6. Votre raisonnement s’inscrit dans une finance virtuelle où la spéculation n’existerait pas et où l’information serait parfaitement symétrique ce qui n’est absolument pas le cas comme l’a démontré J. Stiglitz..
    Les simples chiffres suffisent à démontrer que l’activité fonctionnelle des banques n’est vraiment que la partie émergée de l’iceberg; les transactions sur le marché des dérivés représente environ 20 fois celles sur le marché financier de leurs sousjacents; celles sur le marché des changes représentent prés de 50 fois les transactions internationales qu’elles sont censées couvrir. Le simple encours sur les produits dérivés s’élève à plus de huit fois le PIB mondial soit plus de huit années de production de richesses du monde.
    Lorsque vous parlez de liquidités je pense qu’il conviendrait d’en définir le sens exact car toutes ces “liquidités” ont des degrés de virtualité-ou de réalité-trés différents et que je ne pense pas que les produits dérivés fassent partie des agrégats monétaires.
    Et c’est peut être bien là que se trouve le coeur du problème.

  7. @jc redrock,
    L’information est un processus subjectif. Les asymétries d’information sont strictement voulues ou inconsciemment consenties par l’intelligence cognitive. Les conditions d’une symétrisation de l’information sont parfaitement identifiées depuis fort longtemps. La liquidité est justement une situation de symétrie réelle, objective et finalisée de l’information du prix.

  8. Pierre Sarton du Jonchay
    @ 19 juillet 2011 à 17:13

    Quand vous écrivez:
    – La liquidité est justement une situation de symétrie réelle, objective et finalisée de l’information du prix. –
    je ne suis pas d’accord avec vous. Certes, cette symétrie peut avoir lieu accidentellement, mais c’est plutôt rare, car à peu près tout l’argent vient au monde par le truchement des
    – dettes -, donc: intérêts à payer, frais à payer,agios, etc.

    et

    19 juillet 2011 à 17:29

    Il n’empêche que le – juste prix – n’existe pas. Et que le l’ “hystérésis” ou, mécaniquement parlant, le “balourd” financier vient hypothéquer, fausser et alourdir les transactions en chargeant iniquement les prix de vente dans leur généralité. Magrit Kennedy, architecte allemande très avancée en économie, démontra (dans un ouvrage publié vers 2000) l’accumulation des intérêts bancaires et des frais financiers dans les prix de vente , tel des plaques de “cholestérol” bouchant les artères économiques (soit environ 40% en moyenne des prix de vente, il y a de grandes différences entre les produits). De même, 80 ans auparavant, l’ingénieur économiste Clifford Hugh Douglas, praticien du terrain économique et financier concret comme directeur dans l’industrie et les travaux publics avait fait exactement la même découverte expérimentale que Magrit Kennedy, il donnait alors 37% d’acculmulation dans les prix industriels d’intérêts bancaires dû au crédit bancaire. Ces deux investigateurs ont trouvé que, dans ces conditions, les revenus des producteurs ne pourraient – jamais – égaler les “coûts” deproduction industrielle.
    Le pouvoir d’achat est vraiment mis à mal. Les consommateurs paient très cher, et à leur insu, la rémunération du capital pour des investissements qui ne seront opérationnels que bien plus tard que ce qu’imposent les calendriers bancaires du remboursement des crédits… Il faut, d’une manière ou d’une autre, discriminer le circuit l’argent de consommation de celui des investissements. Les consommateurs dont une grande majorité sont des producteurs, nous tous, n’ont pas à payer la rémunération du capital, et en plus, pour des biens que nous produisons nous-mêmes.
    La réforme technique, ou organique, très possible à effectuer, nullement spectaculaire, est absolument fondamentale à opérer. C’est là un assainissement obligé de ce que l’on nomme le capitalisme. Mais on dirait qu’on préfère les crises, le chômage massif, les guerres et les révolutions, le saccage de l’environnement, etc…

    1. @ Rumbo 20 juillet 2011 à 17:38

      Les consommateurs dont une grande majorité sont des producteurs, nous tous, n’ont pas à payer la rémunération du capital, et en plus, pour des biens que nous produisons nous-mêmes.

      Selon vous, qui devrait financer le capital et le rémunérer afin de l’amortir, le maintenir en état, le renouveler ?
      Y avez-vous réfléchi ? Que feriez-vous si vous décidiez de produire à partir de rien ?

      1. “Y avez-vous réfléchi ?” z y régfléchi; produire à partir de rien, ça existe en marge du capital? y’a votre télescope monté à verlan, juste vous signaler, même à risquer de vous mettre tête en bas, bien qu’ à vous lire le risque soit garanti… enfin j’y connais pas comme vous d’un système que vous tirez comme une couverture électrique climatisée branchée à vie. excusez, ciao!

      2. À 76 ans vous n’êtes pas foutu d’attraper au vol le nouveau système ? Système D – que vous avez appelé de vos vœux. D comme démerde aussi pour les jeunes.

    2. @ octobre 20 juillet 2011 à 23:42
      Détrompez-vous. Lorsqu’on prend de l’âge et que l’on voit comment évolue le monde, on se soucie davantage des générations qui suivent que de sa propre existence. C’est un état d’esprit qui subsiste encore chez certains qui ont mon âge, ou qui sont plus âgés et encore lucides.

      Hélas, chez beaucoup de ceux appartenant aux générations suivantes, leurs préoccupations centrées sur leur propre soif de consommation immédiate, leur propre jouissance, leur désir de satisfaire leurs multiples envies les moins nobles, les ont empêchés de voir plus loin que le bout de leur nez.

      Malgré les investissements considérables réalisés dans le domaine de leur éducation, ces générations, ont été incapables de prendre conscience de leur rôle dans la marche de l’humanité.
      Ceux qui les ont initiés à la vie sociale, ont sciemment occulté, par pur idéal, voire-même par stratégie politique, tout ce qui dans la vie de l’être humain en fait un être vivant supérieur aux autres. Ils ont délibérément passé à la trappe les aspects moraux et spirituels qui ont grandement contribué à façonner l’homme depuis ses origines et l’ont amené à évoluer dans une autre dimension que celle, essentiellement instinctive et matérielle, des animaux.

      Ces générations de formateurs souvent politisés, n’ont pas vu qu’elles avaient une mission de perpétuation à remplir. Cette mission recouvre bien évidemment la transmission de la vie, mais c’est la part la plus facile à réaliser pour les humains qui, pour se faire, n’ont qu’à laisser œuvrer leur animalité.

      L’aspect essentiel, le côté moral et spirituel de l’existence humaine, celui qui permet de donner tout son sens à notre vie a été occulté, sacrifié, étouffé, passé sous silence, alors même que nous sommes confrontés aux limites en ressources matérielles de notre petite planète. Si nous ne réinvestissons pas dans l’immatériel, ce qui nous distingue des autres espèces, nous perdrons confiance dans notre capacité à affronter et à dominer le futur. Alors, nous échouerons dans notre mission de perpétuation qui, pour l’homme, n’a pas qu’une dimension matérielle.Nous nous comprterons comme des animaux.

      Il n’y a pas de honte à avoir recours au « système D » pour survivre en période difficile, à condition de se conduire en homme (femme) responsable et respectable. Se prendre en charge. Travailler beaucoup, en se donnant de la peine. Ne pas tromper ses semblables. Ne pas abuser de la collectivité. Å’uvrer pour le futur. Ne pas chercher qu’à jouir au présent.

      Votre système D, celui que vous enseignez aux jeunes, insiste-t-il sur toutes ces exigences?

      1. Il n’y a pas d’êtres vivants supérieurs aux autres. Vous pouvez toujours vous donner des airs de père supérieur.
        Notamment je fais bien comprendre autour de moi qu’il est hors de question d’être un larbin juste bon à nettoyer les latrines des autres. Il y a mieux à faire, évidemment.

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