LA TRANSMISSION DU SAVOIR A CHANGÉ DE NATURE, par Nicolas Lapétina

Billet invité. La confrontation immédiate du savoir transmis par l’enseignant à celui présent sur l’internet, modifie-t-elle radicalement la nature de l’enseignement ?

Dans cette période de turbulence stratosphérique, il serait bon de se pencher sur l’Après. Tant il est de plus en plus évident, hormis pour nos édiles et Alain Minc, que le vent du boulet va en décoiffer plus d’un.

Une fois avérée la fin du système dans lequel nous évoluons, ou plus précisément nous claudiquons depuis déjà trop longtemps, il conviendra de se pencher sur une refonte générale de la société et pas seulement sur le plan monétaire. Oui, il y a bien plus que le système financier à réformer.

Enseignant vacataire à l’Université Montpellier II, il m’est donné depuis maintenant 8 années, outre le principe d’enseigner, d’observer et d’échanger avec une population étudiante en profonde mutation.

Mes étudiants ne sont plus ce qu’ils étaient. Point de nostalgie, juste un constat.

Je ne peux m’empêcher à l’instant où j’écris ces lignes, de faire référence au récent discours que déclama Michel Serres sous la coupole à propos des « nouveaux défis de l’éducation ».  « Ils n’ont plus la même tête » nous dit l’Académicien éclairé.

Force est de constater que nous, enseignants, n’avons plus la même résonance. Car de fait, le monopole de l’information ne nous appartient plus. L’information est partout, elle s’immisce dans le moindre ordinateur portable, s’embarque sur nos téléphones cellulaires. Et via Internet, se consulte, se vérifie dans l’immédiateté.

Il y a 8 ans, il y avait tout au plus 10% des étudiants qui prenaient leurs notes de cours sur un ordinateur portable. Aujourd’hui, cette proportion s’est implacablement amplifiée. Celui ou celle qui use encore de son stylo pour « prendre le cours » fait office de résistant, tel Le Dernier des Mohicans.

Non seulement, tout s’apprend, tout se consulte, sans nous. Mais bien plus important, tout se vérifie sans nous. Je parlais tout à l’heure d’immédiateté. La vraie révolution est là.

Si Internet n’a pas aboli l’espace, il lui confère une autre dimension. Le contenant est en open source, le contenu aussi. Et donc, un nouveau contenu se fait jour, plus riche, plus dense, fort de nouvelles interprétations.

Combien de fois ai-je vu des étudiants derrière leurs claviers, tout en m’écoutant, tout en saisissant le cours, ouvrir la fenêtre Google afin de constater par eux-mêmes si ce que je proclamais, était vrai, tout simplement. Alors quel rôle peut tenir un enseignant dans cette profusion d’informations ?

Celui de facilitateur d’accession à l’information. Ce sera plus sage, et plus modeste. Et là, le vrai travail commence, celui de direction et de redirection. Accompagner l’étudiant dans ce dédale, en s’adossant à nos propres expériences, celles que nous confère l’âge. Il y a des sujets sur lesquels nous n’avons – nous les profs – plus la main. J’ai personnellement renoncé à faire cours sur : L’Internet.

Je suis né en 1964. Ils sont nés pour la plupart entre 1991 et 1993. Presque vingt ans nous séparent. Pour ma grand-mère c’était déjà beaucoup, pour eux c’est colossal.

Si Internet fut pour moi, un chambardement, pour eux l’outil s’inscrit dans une logique d’ores et déjà banalisée. Ils le connaissent mieux que moi, le manipulent plus aisément que moi, et ils osent s’impatienter toujours et encore de la relative lenteur du système. Ils sont nés avec. Notre modestie dût-elle en souffrir, il faudra bien s’y faire.

Nous ne devons plus nous imposer comme ceux qui savent, les seuls qui savent. Mais bel et bien comme ceux avec qui l’on peut, avec qui l’on doit échanger. Pour que chacun d’entre nous grandisse à l’autre.

Je suis pour sûr, le seul professeur de mon département et peut être de toute la Faculté à faire noter de façon anonyme mes modules de cours par les étudiants en fin de session, et ce depuis 8 ans. Aucun de mes collègues ne m’a jamais emboîté le pas. La confrontation n’est certes pas une sinécure. Le refus par l’absence, d’une confrontation constructive, est une lâcheté.

Il faudra à certains enseignants une sacrée dose d’abnégation pour faire le chemin. Beaucoup n’y sont ni prêts, ni préparés. Qu’importe, c’est dans la nécessité évolutive que s’inscrira le changement ; comme toujours, et c’est commun à toutes les espèces. Et le pré-carré de l’enseignement, tout comme le monde de la finance n’y échappera pas.

Partager :

119 réflexions sur « LA TRANSMISSION DU SAVOIR A CHANGÉ DE NATURE, par Nicolas Lapétina »

  1. J’apprécie votre article dans la mesure où il veut tout relier en semble, la fin d’un régime économique et l’émergence du savoir sous d’autres formes qu’antérieurement.

    Il se fait aussi plein d’humilité dans la mesure où nous n’avons aucune idée du nouveau monde que nous discernons à peine dans les brumes du présent.

    Les révolutions numériques arabes ont été une surprise, et nous en aurons bien d’autres… Bonnes ou mauvaises, dans lesquelles l’expérience des anciens encore ouverts à la vie, et l’enthousiasme des jeunes peuvent jouer à plein

    Personne ne sait rien, mais en même temps, il faut être prêts à relever les défis de l’avenir

  2. bonjour,
    le rôle d’apporteur d’information me semble réduire ce que le professeur où le « maître » peut et doit apporter à ses étudiants. Puisque la technologie est présente pour accéder à l’information ou à la « connaissance » dont l’accès est quasi illimitée et instantané, il me semble dérisoire et improductif de réunir des étudiants dans un amphi pour leur « donner  » de l’information. Des liens internet, des listes de texte, de vidéo et autres supports à consulter avant le cours… l’amphi redevient ce qu’il aurait du être, un lieu d’échange, de commentaire, d’analyse et de synthèse, d’argumentation, de contestation, de réflexion , sous la houlette éclairée du maître qui , accompagne, anime, arbitre et donne les outils et les méthodes de la réflexion rendue encore plus ardue par la mise a disposition de tant d’informations. Certains commentaires critiquent les cours en ligne en vidéo et toute cette technologie. Comme toute technologie son bienfait potentiel dépend de l’usage qu’on en fait. Le professeur doit re-devenir le « maître à penser » et non un dictaphone en cher et en os. Bon courage pour votre difficile métier.

  3. Vous ne parlez que d’information . A mes yeux vous n’êtes pas un professeur digne de ce nom . Un professeur n’enseigne pas des informations mais des connaissances .
    Avec ces connaissances que vous méprisez et sous-estimez , l’humanité a voulu transmettre une morale , un art de vivre , une sensibilité , des goûts … ce qu’aucune information ne peut réaliser . Qu’est-ce qu’une information ? Le mot anglais nous le dit bien : « data » , datum  » ce qui est donné » . Une information est une parcelle de ce qui existe , une chose qu’une machine , un ordinateur pourrait observer .
    Or un humain observe bien plus que ce que peut observer un ordinateur fut-il très sophistiqué . Dans l’oeil humain , il y a toujours jugement de valeur , jugement de moral . C’est l’une des manifestations de la supériorité de l’homme sur la machine .
    Vous , vous rabaissez la conscience humaine à un disque dur . Votre discours est un crime contre l’humanité de tout homme .

    Un historien je crois a voulu tenter cette expérience de transformer les connaissances en informations . Il a composé un cours d’histoire où étaient bannies toute référence morale . Il ne parlait plus de l’assassinat de Jules César mais d’objets de formes oblongues s’enfonçant dans des tissus humains provoquant l’arrêt de fonctionnement de l’ensemble de ce système vivant .
    Ces « objets de forme oblongue … » , voilà une information .
    L’assassinat de Jules César , voilà une connaissance .

    Vous n’enseignez que depuis 8 ans , vous faites donc partie de cette génération qui pour une grande part , n’a jamais eu un professeur digne de ce nom , ni de cours dignes de ce nom en raison de la chute catastrophique et rapide du niveau culturel des enseignants . Sans compter les professeurs assez anciens qui pourraient faire de bons cours mais qui devraient pour cela aller contre les théories pédagogogistes de leur hiérarchie et donc sacrifier leur carrière , quand il y a une maison à payer sur 25 ans , on réfléchit bien avant de sacrifier sa carrière .

    Vous prenez internet pour la référence absolue , intimidé que vous l’êtes par vos étudiants . Vous ignorez donc que l’on peut manipuler des informations ?

    Un test : demandez à vos étudiants pourquoi en France le nom d’Hector a été souvent porté , le nom d’Achille beaucoup moins et le nom d’Ulysse presque jamais .
    Tous les fanatiques de l’internet , drogués au point qu’ils ont abdiqué le pouvoir de penser à cette entité inhumaine , vont chercher là la réponse . Combien auront l’idée de lire l’Iliade , l’Odyssée et les tragiques grecs ? Les Anciens lisaient plus et mieux que ceux d’aujourd’hui , voilà pourquoi ils aimaient donner le nom du brave homme vertueux à leur enfant plutôt que celui du soldat assoiffé de gloriole et quasi jamais celui du salopard de service qu’était Ulysse .

    Cette question est une question complexe , aussi complexe que la vie , que l’existence , ue la profondeur de l’âme humaine … Internet est incapable de penser , comprendre et d’étudier à la place de ceux qui devraient être des esprits et qui ont choisi de n’être que des clones d’une page numérique . pathétique . Le plus tragique étant qu’il y ait des professeurs qui encouragent leurs élèves/étudiants à déchoir de leur statut d’être pensant et à glorifier la toute-puissance d’un joujou informatique qui n’est qu’une amélioration de cette grande invention nommé livre .

  4. Et votre argument selon lequel le monde a changé donc l’enseignement doit être entièrement rénové ( même discours tenu par les obscurantistes du pédagogisme qui ont pris le pouvoir dans l’education nationale il y a de cela quelques décennies ) … l’enseignement se fait en vertu de l’âme humaine ou des phénomènes naturels ( je vire à dessein toutes les pseudo-sciences qui n’ont rien à faire dans l’université , les seules matières devant être enseignées à l’université sont celles qui se rattachent au trivium et au quadrivium , non monsieur , ce ne sont pas des insultes , c’est du latin , pour le reste , il y a toujours eu des écoles spécialisées ou l’apprentissage quand il s’agissait d’une compétence manuelle à acquérir , voir les écoles de médecine , les ateliers d’artisans ) . La nature humaine n’a pas changé en quelques millers d’années ni les lois de l’univers .
    Quelle matière enseignez-vous ? Ca ne doit pas être la littérature . Croyez-vous que la médecine s’enseigneraient mieux avec votre prétendue méthode ?

    Pas un de vos étudiant n’est donc assez intelligent pour se demander qui est l’auteur des articles où il a déterré les informations qu’il recherche . Et s’il trouve des informations contradictoires , comment fait votre étudiant ? Le plus logique pour lui serait de tirer à pile ou face , de toute façon vous ne pourrez jamais le blâmer de se tromper puisque ce serait la faute d’internet .
    Jamais avec vous vos étudiants n’apprendraient la distinction entre le vrai et le faux . Ils doivent et j’espère qu’ils l’ont appris ailleurs .

  5. Bon, je suis plutôt du genre « lecteur silencieux », mais je me lance quand même.

    La question de la notation par les élèves, à la Faculté, cela peut se discuter, mais ce n’est pour moi qu’un élément d’une pédagogie. Par contre, sans critiquer ce choix, je n’en ferais pas un modèle, tout simplement parce que chaque enseignant est libre et responsable de sa propre pédagogie.
    La confrontation constructive peut intervenir dans des situations très variées au sein d’une classe. Je parle par expérience.

    Né en 65, professeur des écoles depuis presque 20 ans, dans des milieux très campagnards, je peux vous dire que je constate le même phénomène que l’auteur du billet, toutes proportions gardées.

    Mes CM1-CM2, n’ont pas d’ordinateurs portables en classe, mais au cours de ces années, j’ai pu constater le même type de changements. Les enfants sont soumis à un flot d’informations que nous adultes (parents et enseignants) mesurons mal et souvent, nous ne soupçonnons pas ce qu’ils sont capables d’intellectualiser (à leur manière). Par la force des choses, ils s’adaptent à ce flot continu auquel ils sont soumis depuis leur plus tendre enfance, mais nous, nous n’avons pas forcément mis en place ces mêmes « adaptations ».
    Ils restent des enfants, mais en fonction de ce que génère cette somme d’informations (intérêt ou inquiétude), des questions fusent en classe ou sur « les rangs ». Des questionnement qui souvent me désarçonnent par rapport à leur jeune leur âge.
    Et ce changement n’est pas dû qu’à internet, mais aussi avec la télévision et ses bouquets satellites (chaînes d’informations et thématiques).
    Je ne suis pas « anti-informatique » (analyste-programmeur de formation et de première carrière), mais je comprend les inquiétudes de certains, car le changement est vraiment rapide et profond.
    Toutefois, je n’arrive pas à y voir une « régression ».
    Par nature, un changement important à tendance à être craint, souvent plus que nécessaire.
    Les risques de manipulations, désinformations, etc sont exactement les mêmes qu’à chaque époque, avec son média du moment.
    Enfant, j’entendais souvent : « On l’a dit à la télé ! », sous-entendu, c’est forcément vrai. Pourtant…
    Les nouvelles générations sont nées avec internet, pour elles, ce n’est qu’un vulgaire « objet » : c’est plutôt nous (les plus anciens) qui avons tendance à dramatiser. Eux, le gèrent et le perçoivent comme un élément de leur quotidien.

    Le risque d’une génération perdue et décérébrée à coup de « trash TV » et « internet de caniveaux », je n’y crois pas une seconde.
    Par exemple, comme beaucoup de ma génération, à la sortie de la cinquième chaîne « la Cinq » (1985-1992), avec ses films saucissonnés à la tronçonneuse par des coupures de pub au final plus longues que le film lui-même, ses séries américaines « à dix balles », j’étais « aux anges » : enfin « du nouveau ».
    Qu’est-ce que je n’entendais pas, à l’époque, au sujet de ces nouvelles chaînes ! « Décérébration », « génération-Berlusconi », etc, etc.
    Tout cela, pour finir à l’âge de 46 ans, lecteur assidu du blog de Paul Jorion !

    Bien que je n’ai rien d’un optimiste, je crois qu’il faut faire confiance à l’esprit critique de chacun. La seule chose qui le « limite », c’est le cerveau : tous les autres carcans, tôt ou tard, tombent ou sont contournés. L’esprit critique ne supporte aucune chaîne, et perçoit toute frontière comme une limite à dépasser.
    Dans ma classe, il arrive que des ricanements moqueurs répondent à une question sérieuse concernant une information loufoque avant même que je n’intervienne.
    De fait, une part de plus en plus importante de notre travail d’enseignants ET de parents consiste à susciter et aiguiser cet esprit critique. C’est la dessus qu’il faut travailler.
    Les générations qui nous suivent ne seront ni perdues et n’auront pas régressé : elle feront leur part de boulot.
    Pas à notre manière et ni avec les mêmes outils, d’où notre angoisse d’ « Ancien ».

    Il y a 15000 ans, ce message aurait été peint de manière symbolique au fond d’une grotte anonyme, seulement connue d’une poignée d’initiés.
    En l’an de Grâce 1180, un moine copiste l’aurait reproduit (en y rajoutant quelques références à Dieu !), pour quelques grands Princes.
    Les descendants de Gutemberg l’aurait imprimé en une centaine d’exemplaires, pour de riches Bourgeois.
    Quelques siècles plus tard, il aurait pu sortir en mille exemplaires sous forme de tracs distribués sous le manteau.
    Début XXième siècle, il aurait pu sortir dans la gazette de ma ville (avec le feu vert de M. le Maire, bien entendu…)
    Aujourd’hui, il devrait être publié direct sur ce blog (si je me décide à cliquer sur « envoi »…)

    Vin Diou ! C’est pas beau le progrès ?!!

    Bonne journée à tous.

  6. Hélas, vous avez raison. Je dis hélas parce que les étudiants, de la connaissance, pour la plupart ils s’en foutent. Pas ce qui font Lettres Classiques, évidemment. Non juste tous les autres.
    Mais dans quel monde vivez vous monsieur ? Regardez les choses en face.
    Vous soulevez par contre une question importante : Est ce pour cela que l’on doit baisser la garde et abandonner la transmission de la connaissance ?
    Sur le principe, bien sûr que non. mais la réalité est tout autre. Je le regrette autant que vous.
    J’avais un brillant collègue, latiniste, helléniste confirmé. Il transmettait ces langues mortes dans son cours de communication écrite. Les étudiants n’en pouvaient plus, ils le disaient tout net : Rien à foutre ! C’est raide, mais c’est ainsi.
    Effectivement, je n’ai pas eu de grands professeurs, je ne suis pas allé à l’Université; Je n’ai qu’un bac G, un bac à bon marché comme dit le chanteur populaire.
    Je vous trouve bien irrévérencieux à mon égard. Vous ne me connaissez pas, et vous m’accusez d’être un prof indigne, de crime contre l’humanité. Vous êtes drôle ou dangereux, je ne sais pas.
    Mais c’est le lot des esprits totalitaires. Moi je n’ai pas cette violence.
    Dernière chose, je lis les philosophes depuis toujours, et je récite la poésie classique à mon fils de cinq ans. Tous les soirs, invariablement, lui une partie, moi l’intégralité d’Océano nox de…. Cette masse protéiforme au système pileux abondant, irrégulier et hirsute.

  7. Ils sont nés avec

    Certes, et mon fils le confirme « Toi, tu es né avec DOS » . Un peu comme le gamin américain qui s’étonne de ne pas voir tomber les boîtes de lait du pis de la vache, lors d’une visite dans une ferme du Middle-West. Oui, je me souviens des systèmes sans fenêtrage, des programmes qu’il fallait écrire car il n’y en avait pas, de l’assembleur…même si je peux aussi « surfer ».
    En clair, notre expertise est meilleure, car derrière un click, nous pouvons démonter les mécanismes qui nous conduisent au résultat. Se servir d’Internet rapidement, c’est bien. Mais comprendre la scène derrière, c’est aussi se protéger, décrypter les projets ACTA ou autres tentatives de « civiliser » l’Internet; c’est finalement cesser d’être un consommateur -abusé ou non- pour devenir un utilisateur responsable, une lacune majeure dans le programme de l’Education Nationale.

    1. Certes, et mon fils le confirme « Toi, tu es né avec DOS » .

      Flûte, nos gamins se connaissent ??? 😀

      Désolé, mais je n’ai pas pu résister.

      Je partage entièrement votre point de vu consommateur / utilisateur responsable, mais croyez-moi, l’Éducation Nationale n’y arrivera JAMAIS SEULE : ce travail doit être fait à la maison ET à l’école.
      Les politiques (par calcul électoral) et certains pédagos (par naïveté ou soumission à la hiérarchie) ont repris la maxime « Dieu y pourvoira » pour la transformer en « L’enseignant y pourvoira » : multiplication des missions pendant le même volume de temps scolaire.
      Pas besoin de sortir de l’ENA pour comprendre que c’est voué à l’échec…

      Pire, en mettant tout sur le dos de l’E.N., ils ont dévalorisé le rôle, le « métier » de parents. Triste.

      Mais bon, je ne suis qu’un « magister simplex »…

  8. Monsieur,

    Sachez tout le respect que je porte à mes « professeurs » de français bien sûr, mais de maths de physique-chimie et même d’anglais voire d’allemand. Même mon prof de gym! Quant à la prof de musique on lui en a fait voir des ronds de chapeau…C’est grâce à vous que de mon milieu très populaire je me suis élevée comme on dit…les temps changent, c’est sûr mais il n’est pas dit que rien de tout celà soit resté lettre morte, comme on dit. Bien respectueusement. France Furby

  9. Qu’Internet soit un réel bouleversement, c’est une certitude. Cependant, l’Internet que j’ai connu, reliant les universités, auxquelles les étudiants avaient accès dans des labos, était d’abord et avant tout un formidable espace d’échange, d’information réelle, et aussi de partage de passions, de choses qui se trouvaient trop loin pour être à portée, et devenait tout à coup accessible en quelques commandes FTP.

    Ca, c’était le début des années 90.

    Aujourd’hui, Internet n’est plus ça, même si des espaces d’échanges et de partage réels (pitié, ne me parlez pas de fesse de bouc ou autre) résistent encore et encore à l’envahisseur « capitalistique » – parce qu’Internet, en se « démocratisant » en devenant plus facilement accessible, s’est aussitôt vu envahir et noyer par le commerce, le profit, la propagande de tous bords, et la désinformation. Le n’importe quoi. Le bruit de fond qui augmente sans cesse et couvre tout autre son qui pourrait être intéressant.

    Le danger qu’il présente est tout simple : la fausse facilité d’accès à l’info, à la « réponse », au copier/coller de travail tout fait. Et la dépendance. Si on n’intègre pas un minimum de savoir, et si on se cache tout le temps derrière l’excuse qu’il suffit d’un coup de google, alors on ne vaut vraiment rien intellectuellement, et on se fera bouffer par le premier plus malin venu. Sans compter bien sûr, que plus que jamais un esprit d’analyse et un esprit critique acérés sont de plus en plus indispensables. Sinon, on prend tout et n’importe quoi pour argent comptant… et rien ne remplacera jamais les savoirs, la base, le socle de connaissances sans lequel nos pouvons nous faire mener en bateau par le premier crétin venu qui fait un blog, qui va bidouiller un article de wikipedia, ou autre.

    Il nous faudra toujours pouvoir lire, comprendre, calculer, raisonner, réfléchir, mémoriser. Sinon, quoi, nous ne serions plus que des excroissances de terminaux d’ordinateurs, de borne Wifi et de nos tablettes PC ?

    Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai une plus haute idée de ce qu’est un être humain.

    Et j’ai une plus haute idée de ce qu’est un enseignant, même si ce métier a été battu en brèche,le plus souvent par la droite, mais aussi par des « penseurs » de gauche, qui seraient les premiers à sa sauver en hurlant d’une classe d’ados en lycée professionnel.

    Alors, que le métier évolue, sans doute, mais ses racines, son coeur ne changeront jamais : il faut rassembler les élèves/étudiants/enfants, il faut prendre ce groupe hétéroclite, fatigué avant d’avoir commencé sa journée, dégoûté d’avance du monde dans lequel on le fait vivre, et lui insuffler la volonté, l’envie, la force d’aller de l’avant. Il faut le fédérer, il faut l’élever, il faut le faire vous dépasser. Il faut lui apprendre à réfléchir, à être autonome, à utiliser ce réseau de neurones qui crépite à l’intérieur de chacune de ses boîtes crâniennes. Et ça, ce n’est pas un simple « dispatcher » d’information, un passeur d’adresses internet ou un gentil médiateur/organisateur qui peut le faire.

  10. j’ai assisté à un point de bascule là où je travaille , le momemt où 50% des etudiants ont délaissé les tables à dessin pour le pc portable ..

    l’enseignement est different car l’informatisation permet un éclatement de l’attention , plus besoin de mémoriser des textes techniques et administratifs sur la construction c’est dans une base de donnée ! plus besoin de faire un metré c’est inclu dans le plan electronique et les modifications sont transmises en temps réel !

    « l’hyper-texte  » permet une consultation instantanée et une efficience opérationnelle étonnante ,par contre l’assimilation est toujours à la ramasse , l’informatique ne supplée pas totalement à la pédagogie .mais est elle encore adaptée un savoir éclaté est il toujours un savoir ?

    les formations universitaires et les grandes écoles pechent par un defaut d’encadrement -trop lache pour les facs ,trop conformiste pour les écoles – les etudiants « papillonnent » ,vont là où l’ambiance est bonne , là où le master ne donne pas de chomage là où la ville propose les meilleurs équipements -l’égalité territoriale est intenable – ! des mercenaires donc …

    ils n’attendent plus une quelconque notation « qualité iso90001 « ou retour sur soi tardif des mandarins , la diversité hallucinante de diplomes -trop de marques tue les marques – en a fait des consommateurs de savoir !

    un savoir banalisé (ce qui cadre parfaitement avec l’AGCS accord général sur le commerce et les services qui préconise la marchandisation de toute chose ) exige forcement des etudiants un peu autonomes et curieux pour etre au dessus du lot mais le systeme ne pousse pas à ça .

    le futur des universités comme des halls techniques : faire des rassemblement pour quelques examens , tp et td le reste se faisant en alternance/apprentissage ou en enseignement à distance avec une recherche reduite à des PPP -partenariat public-privé (nouvelle sorte de subprime vendant à l’encan les infrastructures lourdes aux groupes privés qui n’en demandaient pas tant ) .

    en attendant , on fait garderie pour faire baisser les stats du chomage .premiere ligne … service social , emplois jeune ,conscription seraient d’autres lignes de defense contre le chomage mais ça resoud pas le probleme des universités poussives et poussiereuses .

    1. //////// plus besoin de mémoriser des textes techniques et administratifs sur la construction c’est dans une base de donnée ! plus besoin de faire un metré c’est inclu dans le plan electronique et les modifications sont transmises en temps réel ! ////////

      J’ai moi meme assisté a ce « point de bascule « , mais de l’autre coté : je faisais de controles qualité-sécurité -conformité d’installations ou projets elec , levage , ERP construction etc ..
      En moins de 3 ans on a vu chuter la compétence des intervenants qui nous faisaient face et nous envoyaient des projets , notes de calcul , a valider ……
      Les CAO et DAO permettent d’effectuer des projets sans maitriser la logique de calcul …et ce travail intellectuel (formules , règles , abaques…) outre la connaissance qu’elle apporte est une gymnastique intellectuel en soi .
      Sur une erreur ,nous avions l’ habitude de shunter la procédure , pour gagner du temps et de tel directement au bureau d’etude ou a l’entreprise pour lui dire que sa section de terre etait insuffisante en régime IT , et qu’il pouvait soit placer un DR , soit augmenter la section ,soit mettre un magnétique bas …le gus comprenait au moins la démarche et un diamogue pouvait s’établir …. tres vite la réponse standard devint …. »le logiciel a valider la note de calcul  » meme si le magnétique etait règlé a 1,2 e thermique , ce qui nese trouve pas ds la commerce et disjoncte qd un moteur démarre ……
      Les entreprises ont embauché a un niveau plus bas et les CAO ont supprimé toute possibilité d’évolution dans la connaissance et le calcul des réseaux .
      Je pense que ds les autres domaines c’est pareil et qu’on peut affirmer qu’on a divisé pr 20 le niveau de compétence des bureaux d’étude .
      Comme pour les bateaux , pour les derniers chantiers que j’ai suivi , on verifiais la conformité ISO de la note de calcul , pourtant bourrée d’erreurs ou truandée … temps de controle réduit because ISO !! comme ça on a le contrat et un suivi de 120 heure sur un projet passait à 40 heures , rapport et consuel compris ……..j’ai préféré m’échapper que de signer des faux .

    2. A pseudo cyclique
      Vous écrivez

      « un savoir banalisé (ce qui cadre parfaitement avec l’AGCS accord général sur le commerce et les services qui préconise la marchandisation de toute chose ) exige forcement des etudiants un peu autonomes et curieux pour etre au dessus du lot mais le systeme ne pousse pas à ça  »

      Mais le système pousse a quoi ?

      Essayons de conceptualiser l’ entité qui pose problème : appelons la « transmission de la connaissance ». C’ est un concept psycho physique.
      Quel est le début de ce concept ? A partir de quand ou de quoi le concept est il formé ?

      Par exemple quel est le début de cette table ci ? (pas le début de la période ou je possède la table)
      Le début de cette table serait l’ objet tout assemblé.

      En acceptant le meme sens au mot « début » , quel est le  » début » du concept physique de « chaise  » , c est l objet conceptuel qui comporte un siège, un ou des pieds et sur lequel on peut s assoir de façon commode.

      Quel est donc le début du concept  » transmission des connaissances  »
      C’ est l objet conceptuel qui relie un ou des enseignants a)qui possèdent personnellement une connaissance, b) qui ont pour BUT de transmettre cette conaissance a un ou des étudiants qui ne la possèdent pas encore, c) les étudiants ayant pour BUT de recevoir du ou des enseignants leurs connaissances.

      Ce concept étant défini, il faut le décrire pour le connaitre.

      Les descriptions dépendent des observateurs qui les font, chacun avec leur propre subjectivité, il y a les professionnels de l enseignement, les étudiants, les parents, les contribuables , les chefs d entreprise ( ces catégories se chevauchant).
      Il faut que chacun des observateurs décrive ce concept avec les mêmes quantificateurs qu un autre observateur, afin que les descriptions puissent etre comparables et comparées.

      Les étudiants sont ils attentifs , respectueux, le prof est il autoritaire ou non, utilise t il ou non l outil informatique, connait il ou non Hector, ne sont pas des qualificateurs ni quantificateurs du concept
      que l’ on veut décrire. De tels quantificateurs seraient par exemple (une fois la définition réalisée) des taux de succès a des épreuves, le resultat d évaluations de capacités a résoudre des problèmes etc…

      A lire les réactions des professionnels de la transmission des connaissances, il existe une immense frustration, parfois de la nostalgie , parfois de la colère par rapport a la description du concept faite dans ce billet.

      Mais il n existe pas de confrontation de points de vues sur le concept , il n est pas qualifié avec les mêmes qualificateurs, il n est pas fait usage de quantificateurs non plus.

      Les intervenants s écharpent sur tel ou tel aspect de la pédagogie, tel ou tel préjugé sur les opinions politiques, telle ou telle nostalgie sur telle ou telle vision du monde.

      Mais aucun ne remarque que si l on accepte la définition du concept (un ou des profs, un ou des élèves et une relation de transmission de sa connaissance personnelle, tous animés de buts convergents ) alors ce dont il est question dans le billet n est pas de la transmission de la connaissance. C’ est autre chose qu’ il faut définir.
      On peut tout imaginer : du gardiennage, de la conversation, de l étude encadrée, de l’ endoctrinement, du théatre…

      Pour définir ce qu’ est cette chose , il faut la conceptualiser , (la définir ), puis choisir des quantificateurs et des quantificateurs, ensuite décrire cette chose a l aide de ceux ci.
      Enfin les descriptions utilisant les mêmes outils pourront etre comparées en fonction des différentes subjectivités (prof, élèves ..,). Exemple de concept au hasard  » transmissions d’ outils nécessaires pour trouver un travail dans cette société par des professeurs n ayant pas ces outils sur des élèves qui le savent très bien »

      La colère que l on ressent chez certains intervenants vient de ce qu’ ils perçoivent sans pouvoir le nommer car non encore conceptualisé, l objet conceptuel qui remplace aujourd’ hui la « transmission des connaissances » , il lui donnent alors a regret le même nom, ce qui les frustre.

      1. @tique
        à défaut de définir le savoir , on peut essayer de caracteriser sa transmission :

        un bon enseignant -et je vais pas faire plaisir – doit etre capable en 5 lignes d’expliquer sa thése de doctorat , il arrive à interesser sur des matières arides et réussit à faire assimiler des trucs de base et je dirais peu importe la méthode ,parceque là où ça coince c’est la méthode :

        des supports inadaptés parcequ’obsolètes (du matériel qui aurait sa place dans des musées ) ou des supports pas assez bien maitrisés (une keynote de steve jobs et un powerpoint fait à l’arrache ça a rien à voir ^^ par exemple ) .

        un enseignant excellent enseigne sa maniere de vivre à travers sa matiere .et c’est tres rare .

        la plus part du temps les etudiants se debrouillent avec des enseignants faisant le job ni plus ni moins ,il n’y a pas d’enthousiasme ni de dialogue : c’est ça le noeud du probleme , les amphi ne sont pas adaptés aux générations d’autistes iphonesques , les semestres sensés donner une equivalence eurpéenne ne riment à rien .et le diplome n’assure en rien une place garantie dans la société -à part le classement dans les grandes ecoles et la feroce concurrence regnant dans les formations medicales .

        @kercoz
        +1 pas mieux
        et c’est étonnant qu’il n’y ai pas plus de problemes que ça dans les batiments nouvellement construits …

      2. >Pseudo cyclique

        Richard Feynman disait: « Si je peux vous expliquer pourquoi j’ai eu un prix Nobel en moins d’une minute, ça ne vaut pas un prix Nobel ».

        Et pourtant, question enseignement, il s’y connaissait le Dick…

  11. Sujet très intéressant et discussion à laquelle je souhaite participer en tant qu’informaticien.

    Je désire ici orienter la réflexion sur l’objet Internet dans quelques directions précises que je n’ai pas encore vu aborder ici. J’aimerais avoir l’avis des lecteurs de ce billet.

    1) pérénité des informations
    avec les sauvegardes, centres de secours et autres copies personnelles, on peut désormais
    rendre indestructibles les documents ; si un exemplaire disparaît (référence à la bibliothèque d’Alexandrie), il en reste bien d’autres répartis dans le monde entier, qui plus est facilement reproductibles ; en outre, un site tel que http://www.archive.org conserve le contenu des sites, même ceux ayant disparu.

    2) capacité infinie de conservation
    Les capacités d’enregistrement ont tellement progressé que l’humanité peut désormais
    conserver toutes les informations qu’elle produit, en plus du pré-existant ; ce n’était pas le cas il y a moins d’une génération, lorsque l’on perdait le contenu de chaque mémoire humaine, bien mortelle.

    3) quelle qualité ?
    On trouve (presque) de tout sur Internet, en bien comme en mal ; qui peut présumer la qualité d’une information particulière et sa signification, une fois mise en relation avec une autre ? Pensons en particulier à une supposée encyclopédie en ligne dont les articles sont modifiés dans le dos des rédacteurs par diverses personnes et selon des critères non affichés.

    4) qui paie et pourquoi ?
    Comme nous sommes sur un blog qui traite d’économie, parlons aussi d’argent (oh, le gros mot
    !) : Internet doit être gratuit, affirme-t-on partout ; pourtant, son fonctionnement ne l’est pas (ordinateurs serveurs, réseaux), alors qui paie ? Pour l’instant, la seule publicité ou le don fait par quelques individus enthousiastes ou au contraire soucieux de se faire connaître (je pense à certains réseaux sociaux tels que Fesse de Bouc). Mais, en particulier, qui diffuse de la publicité n’est pas neutre et le fait dans un but précis, d’où la question de la dépendance ou indépendance de ce qui se diffuse sur Internet.

    5) Les auteurs, ces oubliés
    Tout le monde estime normal de payer pour avoir un ordinateur, l’électricité pour l’alimenter et le réseau pour le relier à d’autres, mais pas pour obtenir les informations se trouvant sur Internet ; or un sujet ignoré ici mais qui existera toujours est le rôle du droit d’auteur sur Internet : tout ce qui se publie a été créé par un être humain ; si l’auteur diffuse gratuitement sa création, de quoi vivra-t-il si ce n’est pas le travail pour lequel le paie un employeur ? Si éventuellement l’auteur voit copier son travail, se l’approprier (voire le déformer) par d’autres sans indication d’origine, pourquoi voudra-t-il continuer de le diffuser, gratuitement qui plus est ? Tout travail mérite salaire, disait on ; d’où l’existence de certains refus de diffusion. On avait pourtant lancé l’idée des
    micropaiements pour rémunérer la consultation en ligne, mais elle n’a guère connu le succès
    à ce jour.

    6) Les manipulations possibles
    Il est des personnes ou institutions aux moyens parfois très puissants qui tentent pour des
    raisons diverses de manipuler l’information diffusée sur Internet : par le refus de diffusion (parce que c’est décrété illégal, c’est secret ou bien c’est réservé à nos clients, ceux qui paient), ou bien par refus de diffusion d’informations vraies (mensonge par omission), par création d’informations volontairement fausses, par dénigrement d’informations vraies, par manipulation des moteurs de recherche pour modifier l’ordre d’apparition des pages en réponse à une interrogation, etc.
    Vous avez dit censure ? Manipulation ? En prime, l’anonymat fait des ravages, certains croyant pouvoir diffuser impunément n’importe quoi sans se sentir pour autant responsable de ce qu’ils font.

    7) L’esprit critique
    Bref, seuls l’examen critique et le libre arbitre permettent de faire le tri des informations, sur Internet comme ailleurs : tout ne s’y trouve pas et ce qui est visible n’est pas forcément chimiquement pur ; encore faut-il le savoir, être formé et habitué à son examen et à son usage.

    8) L’enseignement
    Enfin, pour ce qui concerne plus particulièrement l’enseignement et en corrolaire du point
    précédent, le rôle central de l’enseignant est selon moi de savoir guider l’élève dans l’acquisition des connaissances ; ce en quoi il reste et restera irremplaçable. Après tout, le mot instituteur contient la racine tuteur, celui qui soutient.

    Meilleures salutations.

    Frédéric de SOLLIERS

    http://www.de-solliers.fr

    1. 8) Dans l’état actuel de la technologie informatique et énergétique et de l’accès aux matières premières, il est impossible de fournir matériellement un terminal informatique à tous les habitants de la planète.
      9) La mémoire informatique du grand publique, conservée à titre privé, est très sensible aux armes électro-magnétiques…….

  12. Nous ne devons plus nous imposer comme ceux qui savent, les seuls qui savent. Mais bel et bien comme ceux avec qui l’on peut, avec qui l’on doit échanger. Pour que chacun d’entre nous grandisse à l’autre.

    Merci………de tout coeur…merci!

    Qu’importe, c’est dans la nécessité évolutive que s’inscrira le changement ; comme toujours, et c’est commun à toutes les espèces. Et le pré-carré de l’enseignement, tout comme le monde de la finance n’y échappera pas.

    Une conclusion qui ouvre un champ de perspectives nouvelles. Derrière le mur de nuages sombres d’un monde qui s’achève, l’horizon à perte de vue du « nouveau né ».

    Quand tout est fini c’est que tout reste à faire.

    Oui ce blog est atypique, c’est le blog d’un anthropologue qui aime le « petit d’homme » que nous sommes.

  13. @nicolas

    C’est vrai que le passage d’une relation one to many à une relation many to many risque de changer la donne dans bien des domaines. ( enseignement , politique ).
    Selon moi, ça va éliminer les plus mauvais ou les moins bons selon le sens que l’on veut bien voir. Ca va aussi forcer les professeurs les tenants du savoir à être compétent sur des sujets très variés. Les frontières autrefois infranchissable entre sciences dures et sciences humaines vont être abattues. Le meilleur exemple à ça est Paul qui peut parler de la relativité restreinte en passant par Freud pour finir sur elvis presley avec au milieu la finance.
    Internet multiplie le champ des possibles pour les élèves mais aussi pour les professeurs.

    Je suis impatient de mesurer les changements que cela va entrainer sur le monde politique. Comment faire passer un message onte to many essence meme du politique à l heure du many to many?

  14. Cet élément a déjà été abordé par certaines réponses mais je voudrais réagir vis-à-vis de l’auteur, dont je partage l’âge puisque je suis de 64 également, ainsi que les préoccupations de saut générationnels, puisque mes trois enfants ont entre vingt et seize ans : selon moi, Internet n’a strictement rien changé à l’objectif fondamental d’un enseignement quelconque qui doit être de transmettre à l’enseigné les outils critiques nécessaires à la mise en forme de l’information ; j’entends par là non pas l’acquisition des faits (ou des data bruts) mais bien leur mise en questionnement et l’élaboration d’une opinion personnelle et critique sur ceux-ci.
    Contrairement à l’opinion générale, je pense qu’Internet ne simplifie pas le travail d’acquisition de la connaissance mais justement, si vous me passez ce néologisme, l’informise, c’est-à-dire le rend informe.
    Ce phénomène prend sa source dans la surabondance de l’information brute disponible et dans la difficulté de prendre le recul critique nécessaire. Comme les systèmes d’enseignement sont depuis près de vingt ans axés sur l’acquisition de l’information brute immédiatement utile et on relégué au rayon des accessoires inutiles le travail critique sur celle-ci (nonobstant les établissements qui font ici ou là de la résistance), Internet est un frein autant qu’un outil.

    1. non, je reste persuadé du contraire. C’est un changement majeur. L’écart type de niveau entre les plus faibles et les meilleurs va largement augmenter.
      Les meilleurs ceux qui arrivent à faire le lien entre les informations et les connaissances vont pouvoir apprendre des choses qui étaient autrefois impossible ( soit par temps par argent ou les deux).
      Les moins bons, c’est à dire les moins autonomes, ceux qui ont besoin justement d’un professeur risquent d’être perdus.

      1. Comme je suis d’accord avec vous mais que vous commencez votre phrase par un « non », c’est que je me suis fait mal comprendre : je postule que l’usage d’internet ne peut être un plus que si l’on renforce le rôle de l’enseignant en tant qu’apportant la méthodologie de mise en forme critique de l’information, rôle qu’Intenet seul ne peut assumer.
        Les « moins bons » ont effectivement besoin d’un professeur !

    2. Il y a un côté humain dans l’enseignement, une transmission qui va de l’enseignant à l’enseigné au moins dans l’enseignement basique, ce qui n’empêche pas de parfaire ensuite ses connaissances au moyen d’Internet, une fois que s’est développé le sens critique de l’étudiant, mais pas avant .

  15. Il faut transmettre aux élèves la maîtrise de l’apprentissage. Il faut leur apprendre à chercher l’information plutôt qu’à l’emmagasiner, à savoir faire preuve d’esprit critique et à recouper ses sources, à juger de sa crédibilité… Mis à part lire, écrire et compter il n’y a rien de plus fondamental que ça aujourd’hui.

    Il faut aussi apprendre à s’exprimer car internet est un média bi-directionnel qui permet de lire du contenu (au sens large: information technique, opinion, oeuvre..) mais aussi d’en publier, hors sans publication, pas de contenu.
    Ne regarder que l’aspect « réception » c’est passer à côté de la moitié de l’enjeu du numérique. Qui est de permettre à chaque personne ayant quelque chose à publier de savoir le faire, de pouvoir le faire, et de le faire efficacement.

    L’époque où le seul moyen d’accéder immédiatement à de l’information était d’être érudit ou de demander à un érudit est RÉVOLUE. Aujourd’hui, l’information qui pouvait se trouver à 800km au fond d’une bibliothèque mal classée nécessitant une journée de voyage et des heures de recherche est disponible en un clic et 2 secondes. Et à l’intérieur du bouquin de 800 pages qu’il fallait feuilleter pendant 2 heures, aujourd’hui, on fait une recherche par mot clé et on a le résultat dans le quart de seconde.

    Il ne s’agit donc plus tant d’apprendre aujourd’hui, que de rechercher, filtrer, sélectionner, juger, raisonner, mettre en perspective.

    Et ça exige de revoir l’ensemble du processus scolaire. Pas juste une matière de 2h au collège pour apprendre des rudiments d’économie numérique et de recherche Google. Tout revoir : les buts, les méthodes, les cours, les cursus, les priorités, les évaluations, les examens…

    Même les capacités cognitives à développer doivent être revues. Ça ne sert plus à rien aujourd’hui d’entrainer à mort la mémoire à long terme, avec des poésies à retenir, des cours à bachotter, etc., mais il faut mettre le paquet sur la mémoire de travail qui est essentielle pour mener une recherche, mettre en perspective, recouper, vérifier…

    Il ne s’agit évidemment pas de la mort des connaissances, ce n’est pas parce que j’ai accès à des tas de cours de chimie sur le net que je peux m’improviser chimiste demain matin. Mais l’info brute doit être remplacée par le savoir-faire. C’est un truc qu’on connait en informatique : savoir coder, ce n’est pas connaitre par coeur absolument toutes les classes, commandes et langages ; il y a des docs pour cela. Bien-sûr qu’il faut quand-même en connaitre, mais l’essentiel ça reste le savoir-faire, plus le savoir brut.

    1. « Ça ne sert plus à rien aujourd’hui d’entrainer à mort la mémoire à long terme »
      Vous auriez dû dire cela cela à Primo Levi qui récitait (pour lui) des extraits de la divine comédie du fond de son trou à Auschwitz.
      « Mais l’info brute doit être remplacée par le savoir-faire »
      C’est une erreur de penser que le savoir n’appartient pas au savoir faire. exemple: Comprendre l’ironie suppose un grand savoir-faire qui repose sur un savoir.

  16. Je suis pour sûr, le seul professeur de mon département et peut être de toute la Faculté à faire noter de façon anonyme mes modules de cours par les étudiants en fin de session, et ce depuis 8 ans.

    C’est à celui qui détient les connaissances et le savoir-faire de noter ses apprentis, pas l’inverse . L’Education Nationale a tenté le procédé de la notation des professeurs par les élèves dans des collèges et des lycées, ce qui a abouti à une perte du contenu du cours , obligeant les profs à jouer à qui serait le plus démagogue en surnotant les devoirs et en retirant du cours tout ce qui ne plaisait pas, tout ce qui n’était pas ludique et au goût du jour .

    Si votre analyse fouillée et argumentée de chercheur n’est pas conforme à la pensée unique du moment dans laquelle baignent des étudiants encore inexpérimentés et leur fait vous attribuer une mauvaise note, changerez-vous le contenu de votre cours pour vous y conformer afin qu’ils vous donnent une bonne note ? Cela manquerait d’ honnêteté intellectuelle .

    C’est l’écolier qui a besoin de trouver ses repères et de se rassurer avec les bonnes notes que l’adullte-qui-sait lui attribue, pas l’inverse .

    Par contre, trouver un moyen de répertorier avec eux les passages de votre cours où ils ont besoin d’explications ou de précisions supplémentaires leur serait plus profitable que de vous noter.

  17. Toute nouvelle technique/nouveau support de mémoire commence par « désublimer » ce qui était tissé dans les apprentissages précédents. (Discours Stieglérien, pour ceux qui ne connaissent pas).

    Les caisses automatiques au supermarché vous en convaincront peut être.

    Ce n’est que par une stratégie d’attention et de soin que l’on adopte la nouvelle technique au lieu de simplement s’y adapter (exemple « récent » : la lecture, exemple « archaique » : la langue, support de la transmission du savoir technique des hominidés lorsque se développa le cortex néo-frontal (lire Leroi-Gourhan, Damasio, Rifkin,…)

    L’évolution actuelle est toutefois extrêmement rapide et s’accompagne de glissements globaux (environnement, nourriture). Nos chances de faire de « l’adaptation » sont réduites d’autant, et l’entrée dans un régime d’instabilité tel que celui qu’on voit issu du néolibéralisme sur les bourses et ou les matières premières me semble prémonitoire.

    Le but de l’éducation « de sauvetage » dans cette situation, serait donc de retrouver le stable dans un environnement très instable.
    Or le seul noyau dont nous soyons « sûrs » est biologique, c’est le fonctionnement de notre cerveau, et nos mécanismes d’empathie qui nous poussent à éviter le pire et à un minimum d’altruisme.
    Le but de l’éducation serait donc selon moi, de permettre une lecture « stabilisante » (mais non figée), de la réalité, et notamment de la place des techniques dans cette réalité. Place qui a besoin d’être expliquée avec grand renfort de nos amis historiens et sociologues, voire avec les … anthropologues.

    1. trois Rqs :
      – kercoz (j’anticipe) vous dira que la stabilité se retrouve en fragmentant les entités.
      C’est sans doute assez vrai, mais à mon sens la raison est que cela fait naturellement plus de place à l’empathie (on pourrait faire une théorie entropique de l’empathie, et expliquer sa dilution logarithmique dans les grands systèmes, p ex les systèmes totalitaires).
      – Je recoupe donc un peu le Cygne Noir de N N Taleb, en disant qu’il faut se préparer à de l’instabilité, en ne mettant pas trop d’œufs dans le même panier.
      – Avoir réalisé que l’homme n’était qu’un animal (Darwin) pas maitre de ses pensées (Freud) n’était qu’une toute petite partie de la question, dans la mesure où cela nous ramène à notre fonction d’acteur aveugle d’un système complexe.

  18. L’universitaire qui a appris quoi jusqu’alors? A bien se comporter une fois désoeuvré? Transmission du savoir, mais quel savoir au juste? Celui de prétendre comprendre des choses qui au final n’ont guère d’utilité?
    L’enseignement supérieur dans la médiocrité selon moi, et c’est mon sentiment pour tout le système éducatif, qui encense la distinction par l’intelligence et entretient donc la notion de classe…

    J’ai eu l’occasion de discuter avec un professeur de musicologie, donnant des conférence à normal sup, directeur d’un master je ne sais plus trop où… Bien conscient que l’université n’apporte rien d’autre que le chômage pour la majorité, et émarge à plus de 5000 EUROS par mois pour faire ce fameux constat.

Les commentaires sont fermés.