LA CONVERSION DE CHARLES MOORE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

L’article de Charles Moore, I’m starting to think that the Left might actually be right, « Je me mets à penser que c’est la gauche qui pourrait bien avoir raison », a commencé à faire des vagues dès sa parution en Angleterre, le 22 juillet, dans les colonnes du Daily Telegraph. L’article connaît un regain d’actualité aujourd’hui du fait que Frank Schirrmacher l’a longuement analysé hier dans le Frankfurte Allgemeine, dans un article dont le titre se contente de traduire en allemand celui de l’article original en anglais : „Ich beginne zu glauben, dass die Linke recht hat

Pourquoi ces vagues ? Parce que Moore, successivement rédacteur en chef du Spectator, du Sunday Telegraph, puis du Daily Telegraph, magazines et quotidien clairement marqués à droite, a été jusqu’ici l’une des têtes pensantes journalistiques du conservatisme britannique pur et dur. Moore est en effet l’auteur de la bible à venir du thatchérisme : la biographie officielle de Margaret Thatcher, qui n’attend que le départ vers un monde meilleur de la Dame de Fer pour trouver sa place en tête de gondole chez votre libraire préféré.

Or Moore est pris par le doute. Il a toujours des mots très durs pour le rôle joué dans les années 1970 par les syndicats en Grande-Bretagne, mais cela ne l’empêche pas d’éclater aujourd’hui, parce que trop, c’est trop.

Moore écrit à propos de la finance : « Le secteur bancaire mondial est un terrain d’aventures pour ses participants, parfaitement équipé d’un sol spongieux approuvé sur les plans sanitaire et sécuritaire, pour que quiconque tombe, rebondisse aussitôt. Le rôle qui nous est réservé à nous, simples mortels, c’est de le payer ». Ou, à propos de la zone euro : « Le sort présent de la zone euro semble avoir été mis en scène par un propagandiste gauchiste comme une satire portant sur le pouvoir de l’argent. On crée une monnaie unique. Contrôlée par une banque unique. Sans qu’aucune institution démocratique n’ait l’autorité de la superviser, et lorsque les emprunts d’État au sein de la zone se trouvent en difficulté, il n’existe pas d’humiliation assez brutale que ne doivent subir des gouvernements régulièrement élus, plutôt que de permettre que des banquiers n’en soient affectés. Quant aux travailleurs, ils perdent immédiatement leur emploi à Porto, au Pirée, à Punchestown en Irlande ou à Poggibonsi en Toscane, pour permettre aux banquiers de Francfort et aux bureaucrates de Bruxelles de dormir sur leurs deux oreilles ».

Dans son commentaire relatif à l’article du Telegraph dans le Frankfurte Allgemeine, Schirrmacher transpose à l’Allemagne les interrogations de Moore. « Il en est résulté, écrit-il, un monde de deux poids deux mesures, au sein duquel les problèmes économiques se transforment immanquablement en questions morales. C’est là que réside le caractère explosif de la situation présente, et qui la distingue des crises d’autrefois dans notre République ».

La cas de Moore n’est pas comparable à celui du milliardaire Warren Buffett, qui déclarait il y a quelques années déjà que la lutte des classes existe et que ce sont les riches comme lui qui la mènent, et que le fait est qu’ils l’ont déjà gagnée, et qui écrivait dimanche dans le New York Times : « Que mes amis et moi soyons chouchoutés par un Congrès copain des milliardaires, cela a maintenant assez duré. Il est temps que notre gouvernement prenne au sérieux l’idée que le sacrifice doit être partagé » : Buffett s’est rangé depuis longtemps déjà aux côtés des duc d’Aiguillon, vicomte de Noailles, vicomte de Beauharnais, initiateurs de l’abolition des privilèges dans la Nuit du 4 août 1789, parce qu’avec Charles Moore, il s’agit d’une conversion qui a lieu, sous nos yeux-mêmes.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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52 thoughts on “LA CONVERSION DE CHARLES MOORE

  1. Ceci pourrait-il signifier qu’il reste un peu d’espoir et qu’une prise de conscience est en train de naître ?
    Espoir vite déçu lorsque tombe à l’instant sur la déclaration d’el presidente Sarkosy à l’issue de son entretien avec Angela Merkel : nous serons donnés en pâture à la grande finance avec gravé dans le marbre patati patata… Paix à notre civilisation !!!

  2. « … il n’existe pas d’humiliation assez brutale que ne doivent subir des gouvernements régulièrement élus, plutôt que de permettre que des banquiers n’en soient affectés ». Ce statut exorbitant accordé aux banques ne tient pas seulement à leur rôle purement mécanique dans la gestion des flux qui traversent l’économie. Ce serait même une raison secondaire. Cette importance centrale vient de ce que de plus en plus la création de « richesse » semble provenir du secteur bancaire. On parle là non pas de la banque de réseau qui vit de ses clients, mais de celle qui anime les marchés où opèrent les hedge funds et autres véhicules d’ « investissement « . En faisant passer la notion de richesse d’une production purement matérielle à une abstraction (l’argent) l’homme s’est donné le moyen de manipuler quasiment à l’infini cette abstraction pour créer une illusion de « richesse ». Il est plus simple de créer de la « valeur » (noble tâche) à partir de rien (c’est le côté magique) en jouant sur la volatilité que, autrefois, de labourer son champ ou de moissonner son pré. Le progrès est patent. Puisque cette illusion de richesse alimente malgré tout un peu une activité économique qui ne peut plus guère se reposer sur une vraie activité industrielle on comprend bien les égards dont bénéficient les banques de marché.

    1. @ando
      si je peux me permettre , je connais des gens très riches qui sont pauvres , et aussi des gens très pauvres qui sont riches , tout ceci n’est qu’une façon de voir le monde tel que l’on a essayé de me l’apprendre. Comme vous le dite si bien créer de la valeur à partir de rien ok, mais l’on peut aussi créer de la valeur a partir de pas grand chose exemple potier terre poterie , la seul différence pour moi est faire de l’argent avec l’argent , ceci doit être combattu avec vigueur , est faire de l’argent en investissant sur de la création industrie , art , aide , etc , pour faire de l’argent . Conclusion il faut non pas sortir l’argent des banques comme le disait CANTONA mais le déplacer dans les banques dites coopératives par exemple qui ne sont pas sur les marchés boursiers , alors problème comment savoir si ces banques au travers de montage financiers font se qu’elle dissent et si à leur tête il n’y a pas de méga banque ex SG CA etc je sais pas si je suis assez clair mais par retour si vous avez une liste de banques qui font le premier métier d’un banque dépôt prêt, merci de me donner réponse , sur ce je m’en vais boire un petit apéro a votre santé
      Amicalement

      1. Ou plus simplement transformer les banques et les entreprises en re-communes (<res communa, "chose commune".. comme dit Lordon), à commencer par les banques, une fois celles-ci récquisitionnées et nationalisées. Ca revient au même. Mais je suis d'accord avec vous, déjà dès à présent, deux mondes coexistent. C'est juste que les banques dites coopératives font la même erreur que les autres, même s'ils investissent dans des projets dits "soutenables" et que le monde qui a déjà fait un pas de côté n'est pas celui qu'on imagine. On ne le voit pas. C'est tout. Et pour l'instant..

      2. Ou plus simplement transformer les banques et les entreprises en re-communes

        oui …ce serait judicieux, pour ne pas dire vital …

        aucune fiabilité, quant à la séparation banques « tripatouilleuses » et banques solidaires …
        puisque, tout est brouillé …il faut clarifier la situation, et légiférer + contrôle …
        car le problème vient bien de la phynance en délire, et non des populations …( que l’on cherche à « contrôler », car dans le monde de l’envers ( mafia), on prend les questions à l’envers..

        http://blogs.mediapart.fr/blog/vivre-est-un-village/090811/crise-et-dette-en-europe-10-fausses-evidences-22-mesures-en-de
        … »Le logiciel néolibéral est toujours le seul reconnu comme légitime, malgré ses échecs patents. Fondé sur l’hypothèse d’efficience des marchés financiers, il prône de réduire les dépenses publiques, de privatiser les services publics, de flexibiliser le marché du travail, de libéraliser le commerce, les services financiers et les marchés de capitaux, d’accroître la concurrence en tous temps et en tous lieux…

        En tant qu’économistes, nous sommes atterrés de voir que ces politiques sont toujours à l’ordre du jour et que leurs fondements théoriques ne sont pas remis en cause. Les arguments avancés depuis trente ans pour orienter les choix des politiques économiques européennes sont pourtant mis en défaut par les faits. La crise a mis à nu le caractère dogmatique et infondé de la plupart des prétendues évidences répétées à satiété par les décideurs et leurs conseillers. Qu’il s’agisse de l’efficience et de la rationalité des marchés financiers, de la nécessité de couper dans les dépenses pour réduire la dette publique, ou de renforcer le « pacte de stabilité », il faut interroger ces fausses évidences et montrer la pluralité des choix possibles en matière de politique économique. D’autres choix sont possibles et souhaitables, à condition d’abord de desserrer l’étau imposé par l’industrie financière aux politiques publiques…. »
        … »Il est une autre affirmation fallacieuse qui confond économie ménagère et macroéconomie, celle selon laquelle la dette publique serait un transfert de richesse au détriment des générations futures. La dette publique est bien un mécanisme de transfert de richesses, mais c’est surtout des contribuables ordinaires vers les rentiers.

        En effet, se fondant sur la croyance rarement vérifiée selon laquelle baisser les impôts stimulerait la croissance et accroîtrait in fine les recettes publiques, les États européens ont depuis 1980 imité les USA dans une politique de moins-disant fiscal systématique. Les réductions d’impôt et de cotisations se sont multipliées (sur les bénéfices des sociétés, sur le revenu des particuliers les plus aisés, sur les patrimoines, sur les cotisations patronales…), mais leur impact sur la croissance économique est resté très incertain. Ces politiques fiscales anti-redistributives ont donc aggravé à la fois, et de façon cumulative, les inégalités sociales et les déficits publics…. »

  3. Intéressant en effet mais cela va t-il bouleverser quoi que ce soit? Quelques milliardaires occidentaux vieillissants se convertiraient comme ceux qui, voyant la mort arriver, se tournent vers dieu, ou une quelconque croyance.
    Qu’en est-il des milliardaires d’Asie qui commencent à peine à découvrir cela? Sachant qu’ils seront de plus en plus en nombreux et bien plus influents que les occidentaux, j’ai bien peur que tout ceci ne fasse partie du cycle normal du capitalisme!

  4. Eh oui!
    lui il doit commencer à sentir le vent des boulets et donc, il utilise ses neurones, et voilà-t’il pas qu’elles lui indiquent une autre route que…..
    Les révolutions ne viennent-elles pas, toujours de la bourgeoisie………

    1. « Les révolutions ne viennent-elles pas, toujours de la bourgeoisie… »
      Non. D’abord parce que les »révolutions » qu’est-ce , puis parce que l’histoire est comme ça.
      Moore, une prétendue « tête pensante » (P. Jorion dixit), c’est tout dire, et très révélateur quant à ce qui est considéré ainsi. Non, ce n’est peut-être pas un idiot, juste un « communiquant », pourquoi ajouter plus.
      Comme d’hab, M. Jorion voit la nuit du 33 août (ou out ?) partout, et partout des vicomtes éclairés prenant parti contre les privilèges, des aristos-bourgeois-révolutionnaires ( lorsque la bourgeoisie était révolutionnaire).
      Toujours le futur dans le rétroviseur, attention à la secousse, qui est devant.
      L’HISTOIRE NE REPASSE PAS LES PLATS.
      Ni classes, ni assignations, ni frontières, ni états : abolition des rapports sociaux médiés par et pour la reproduction des classes. C’est cette révolution.

      1. Ni classes, ni assignations, ni frontières, ni états : abolition des rapports sociaux médiés par et pour la reproduction des classes. Une planète sans êtres humains dessus, quoi.

    2. Un prof d’histoire m’avait dit : « une révolution, c’est quand les femmes descendent dans la rue pour réclamer du pain pour leurs enfants ». On en est pas encore là dans l’immédiat. Peut être dans un avenir proche cela dit

  5. L’on pourrait en citer des convertis célèbres : l’empereur de Chine Puyi, par exemple, ou encore quelques pensionnaires du goulag.
    Une bonne trouille, ça ne fait pas forcément un repenti crédible.
    La vérité, c’est que les riches occidentaux commencent à avoir les jetons.

  6. Bonjour M. Jorion,

    je fais presque systématiquement des liens à partir de vos articles vers FB ou Twitter… mais j’aimerais pouvoir le faire aussi sur Linkedin. Ets-ce que votre webmestre pourrait vous installer cela? D’avance merci

  7. Pour rejoindre une brûlante actualité, voilà Moore sur le chemin de Damas. Le dieu de la raison lui a parlé contre le dieu des marchés. Alleluiah ! Le premier converti, il y en aura sans doute d’autres, au fur et à mesure que des plaies terribles et diverses vont s’abattre sur le monde..
    Mais comme Paul, il va peut-être transformer la vieille religion en dogme aussi rigide que n’est celui du libéralisme. Prudence !

  8. La crise économique est l’arbre qui cache la forêt, la vraie crise est une perte totale de confiance vis à vis de ceux qui pretendent diriger le monde alors qu’il devient flagrant qu’ils ne gérent rien et que leur seule possibilité de rester au pouvoir est de supprimer la démocratie pour la remplacer par un systéme totalitaire.
    Que les états et les banques fassent faillite n’empéchera jamais les tomates de pousser ! 🙂

  9. Pendant ce temps, Angela et Nicolas accouchent d’une nième horreur : un « gouvernement économique européen » dont ils proposent la présidence à…Hermanneke ! Au programme, austérité, règle d’or imposée dans la constitution de tous les pays de la zone, etc.

    Ce qui tend à prouver que malheureusement, les prises de conscience de certains viennent trop tard, et que la parole différente n’est plus ni entendue, ni écoutée, ni même reconnue comme existant. Bon, allez, c’est fini, merci d’avoir joué. Plus qu’à attendre la chute finale.

    Sincèrement, ils sont fous, ou quoi ? Ce pauvre Keynes, il doit se retourner dans sa tombe. Et le malheureux Paul Krugman (lire son article sur le « non-miracle » économique du Texas est une nécessité urgente maintenant que ce taré de Rick Perry est candidat à l’investiture Républicaine) va nous refaire une vraie déprime dans le NYT d’ici peu. La règle d’or, c’est quoi, cette idiotie ? Ils ne savent pas qu’un investissement, ça peut rapporter dans l’avenir, ils n’ont plus aucune notion de vision à moyen ou long terme ? Spectacle lamentable, souligné par la proposition de Hermanneke comme président d’un gouvernement économique européen anti-démocratique. Ils auraient pu aller rechercher Maggy, tant qu’ils y étaient, en lui redonnant un petit coup de boost avec un cocktail vitaminé…

    Finalement, ce n’est plus la réalité, ici, c’est Beetlejuice…ou The Meaning of Life…ou… Enfin, bref, c’est — euh, j’ai même plus de mots, là.

  10. Mais tous les jours ils mènent la lutte des classes, dans les médias n’en parlons pas !

    Le fait de maintenir un taux d’inflation bas est une activité délibérée de maintient de la pauvreté, on pourrait dire que PAR DEFINITION la majorité est pauvre, selon la maxime de « Fitoussi, les riches ont besoin des pauvres pour être riche » !

    Instituer un taux d’inflation faible, la conséquence directe est la société dans laquelle nous vivons, la lutte des classes c’est faire en sorte que 80% des gens n’aient pas grand-chose, par définition, et il y a des gens qui arrangent ça, et c’est visible dans le taux d’inflation !

    Tout ce qui a une importance n’est jamais discuté ! Et sur ce forum, PJ semble croire qu’une inflation est une mauvaise chose, mais une faible inflation c’est le marasme actuel et cela signe l’effet de l’absence de consommation pour la très grand majorité de nos pauvre concitoyens, c’est tout !

    Maintenant vous ne voulez pas d’inflation, c’est la déflation que vous aurez !

    Et ça se terminera par un jugement et une prison !

    Le taux d’inflation faible est une condamnation de l’ensemble du peuple au même titre que la dette ! C’est parce que personne ne peut consommer que les prix n’augmentent pas.

    C’est parce que la majorité des millions de gens en France sont extrêmement gentils que ça ne dégénère pas encore qu’ils tolèrent ça et dans des situations d’exploités oui ! c’est le cas de le dire.

    Il y a des jours où j’en ai ras le bol.

    1. Ils ne sont pas »gentils ».Ils(nous)ont encore trop à perdre pour bouger.Ensuite,les plus salauds prendront le pouvoir et ses avantages,aux détriments de ceux qui n’osent ou ne savent être salauds.Entre ces situations extrêmes qui ne cessent de se représenter,une courte période où les valeurs morales semblent mener l' »Humanité ».Nous assistons à la fin d’une telle période.

  11. Je ne connais pas Moore. Seulement la loi d’un pseudonyme. Déjà empirique.
    Je connais bien buffet. Le genre de saloperies au centime près. Déjà empire-maniaque.

    Les conversions me rappellent une chanson d’un auteur français…
    A propos de veste et retournement.
    Souvenez-moi.

    Hhhhhmmm… Si certains veulent me sortir, faites gaffe à Pavlov.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_Pavlov
    Ivan, lui aussi, братец

    1. Bizarre que la loi est tant d’importance pour moi.

      Peut-être qu’un ingé a-t’il besoin de lois…
      Histoire de se rassurer face à des incertitudes dont il lui a été appris qu’elles pouvaient lui faire perdre son boulot s’il ne les maîtrisait pas.
      Car un ingé est un humain transformé en calculatrice sur pattes.

      Après, le pentagone cowboys s’étonne que les groupes « terroristes » soient constitués de 30% d’ingé.
      Alors que, tout simplement, il ne font que constater que les lois qui veulent les régir ne correspondent plus à leur monde.
      Tout simplement….

  12. On ferme les marchés financiers car ils baignent dans le virtuel stressant ..
    C’est un problème de santé publique.. Le Peuple a besoin de calme et non de montagnes russes schizophréniques.. On ferme ..

  13. Des repentis à la pelle, comme s’il en pleuvait…
    L’ Anglais a trouvé son chemin de Damas: tout à coup l’illumination
    qui terrasse son homme: trop de droite, c’est trop.
    Manquent les larmes pour énamourer les foules, même celle de crocodiles
    pourraient faire effet, avec les sanglots qui vont avec.

    Churchill, jeune et impétueux avait théorisé le question sociale,
    (son nom à l’époque), en substance:
     » si on retient tout, on va se faire tout prendre. Une vraie politique conservatrice
    est d’en lacher un peu pour garder le contrôle. »
    Bismark avait été le créateur pratique d’une sécurité sociale
    modèle. Il a eu à lutter – jusqu ‘aux voies de fait, dit-on- contre des excité
    du patronat; même l’adoubement de l’ Empereur était insuffisant
    pour les convaincre.

    Le pénible de ces gens, c’est qu’il faut que le balancier
    aille jusqu’à une extrême droite suicidaire et destructrice
    des classes sociales démunies pour qu’ils s’aperçoivent de l’ excès.
    Le boutte-feux, le couteau entre les dents et l’intelligence à la dérive,
    c’est leur classe toujours insatisfaite.

    Les comparer aux initiateurs du 4 Août est leur faire trop d’honneur:
    ils ne sont pas en situation.

    William Manchester- Winston Churchill tome 1: Rêves de gloire
    1874-1932 – Robert Laffont, 1985.
    Henry Valloton- Bismark , l’homme de fer- Librairie Arthème Fayard
    1961.

  14. Si parmi les critiques de la zone Euro les plus médiatisées on a celles qui émanent du pays qui « profite » le plus de l’Euro ainsi que du plus important de ceux qui n’en a pas voulu…

    P.S. C’est vrai que nous, on a la Jeanne d’Arc de la Ste Trinité/Père, mais je ne suis pas sûr que cela aide

  15. Après Oborne, voici Moore ! Décidément les Brit conservateurs virent leur cuti.. (cutie ?) Ils ont été, je crois, très effrayés et choqués par les émeutes, une sorte de réveil soudain en plein rêve capitaliste. Le vent de ce boulet décoiffe, le prochain décapitera peut-être.

      1. Merci, mais c’était pour souligner le matérialisme qui se dit cutie je crois dans la langue d’outre channel.

  16. La règle d’or à mettre en place est celle des équilibres des transactions internationales : le Bancor.

    1. @rodj
      Merci! C’est réconfortant de lire une telle nouvelle dans un monde du sport pourri par le fric. Il y a quelques jours le Real Madrid a fait signer un contrat d’exclusivité à un gosse de 7 ans hyperdoué. Sans commentaire…

  17. Buffett s’est rangé depuis longtemps déjà aux côtés des duc d’Aiguillon, vicomte de Noailles, vicomte de Beauharnais, initiateurs de l’abolition des privilèges dans la Nuit du 4 août 1789, parce qu’avec Charles Moore, il s’agit d’une conversion qui a lieu, sous nos yeux-mêmes.

    Incidemment, j’avais le souvenir Robert-Devleeshouwer commentant la nuit du 4 Aout avec son acidité coutumière. Je n’avais plus aucun souvenir de son argumentation, la retrouve sous la plume d’un certain Vingtras, blogueur Mediapart. lequel sur base des dispositions juridiques précises qui furent décidées cette nuit là, nous montre que ce fut plutôt la nuit du grand enfumage

    Je paraphrase et résume l’argument de Vingtras ( je ne sais si les blogs Médiapart sont accessible sans abonnement)

    §

    Ce soir là, pour calmer le pillage des châteaux, lesquels déjà appartenaient autant aux bourgeois qu’aux nobles, faisait rage partout ; le député du tiers État – Target – proposait de voter la répression des geux.

    « …Considérant que les troubles et les violences qui affligent différentes provinces répandent l’alarme dans les esprits et portent l’atteinte la plus funeste aux droits sacrés de la propriété et de la sûreté des personnes…déclare que toutes les redevances et prestations accoutumées doivent être payées comme par le passé jusqu’à ce qu’il en ait été autrement ordonné par l’Assemblée. »

    Target

    Comme avec cette disposition la guerre civile eut été assurée, la noblesse, plus politique, fit passer trois idées

    – Proportionner l’impôt aux revenus
    – Que les corvées liées aux personnes seraient détruites sans rachat.
    – Que les autres droits féodaux (liés à la propriété donc) seraient rachetables

    Trois mois plus tard, les gueux prirent conscience qu’il fallait encore et toujours payer les champarts, les terrages, les cens, les lods et ventes et même les dîmes inféodées, et que seul le rachat de la dîme ecclésiastique leur était épargné

    « Ils se liguèrent par endroits pour ne plus rien payer et ils accusèrent les bourgeois, dont beaucoup possédaient des fiefs, de les avoir trompés et trahis. »

    Albert Mathiez

    Personellement, je redoute l’embrouille instaurée par l’effet spectaculaire la conversion Buffet

    Mais, …. L’embrouille est-elle la seule manière d’éviter la guerre civile ?

    1. Non, ils peuvent aussi donner leur fric pour de bon.

      PS: Merci pour le lien vers le billet sur le 4 aôut.

  18. En France aussi les riches donnent de la voix : Les français les plus riches doivent participer à la réduction du déficit sous la forme d’une contribution fiscale exceptionnelle estime Maurice Levy président de l’association française des entreprises privées… M. Levy souhaite également « une vraie, une sérieuse, une profonde réforme » des systèmes sociaux et une réduction sensible des charges salariales. http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE77F0HD20110816
    Je te donne et tu me rends au centuple, capito !

    1. contribution fiscale exceptionnelle

      ben oui, exceptionnelle !
      c’est bien ce qu’il nous semblait !

      traduction :
      exceptionnelle = faudra pas y revenir, hein ! =) juste de quoi continuer ce système qui nous a si bien réussi, sinon, ça risque de nous « péter » à la gueule ! …
      ( on peut toujours essayer : les gueux n’étant pas futfut, n’y verront, peut-être, que du feu ! )

      système US : parfois, qq super-riches font l’aumône, avec moult communication …
      surtout pas de répartition, hein ! en prévision du GMT, alignement : rompez !

  19. après la conversion des gauchistes à l’ultra-libéralisme,

    la conversion des idéologues libéraux à la gauche ?

    au stalinisme sans doute ( ça les changera pas trop dans leur attitude fondamentale d’avant-garde guidant le peuple ignare )

    conversion à l’émancipation sociale , j’en doute

    Socialisme ou barbarie

  20. Ah ah ah…. Le repenti vicelard qui nous joue la scène et met un coup de boule au passage à la zone euro en oubliant les saloperies qui se passent dans son propre pays… Mort de rire, dans l’art de la manipulation on est vraiment des nazes.

  21. Bof,
    C’ est comme si un aide de camp de madelin avait rencontré une responsable de com’ au chomage de borloo :

    Sur le front des CDS rien de nouveau.

  22. C’est pour demain :
    Bolloré, Arnaud, les Dassault père et fils, Lagardère et Parisot, bras-dessus, bras-dessous, mémé Zinzin au milieu, la voilà la belle brochette en tête du cortège des racailles de la finance et de l’industrie, jettant le pavé entre République et Bastille, hurlant les slogans hostiles au gouvernement, le marteau dans une main et la faucille dans l’autre. Los ricardos envahissent les rues de la capitale :
    « Laissez-nous payer nos impôts ! »
    « Nos lingots pour les prolos ! »
    « Sarkozy à la lanterne, Mélenchon à Matignon ! »
    « Anti-social ? : t’es qu’un trou d’balle ! »

    Il y a le feu braves gens, prenez toutes les précautions nécessaires à votre sauvegarde, la Révolution est en marche ! Faisez gaffe à vos miches, la colère monte chez les riches.

  23. Le même Noailles qui ensuite importa des chiens de Cuba pour les nourrir des esclaves qui se révoltèrent à St Domingue… il ne faut pas l’oublier 🙂 Les pauvres d’alors ne méritaient ni balle ni corde, ils n’étaient pas des êtres humains mais des meubles (le Code noir étant toujours en vigueur) tout juste bons à nourrir les chiens.

    Les femmes, filles et fillettes étaient systématiquement violées.

    Puis la France, impériale et conservatrice, laissa le leader Toussaint Louverture mourir de froid et de faim dans une prison du Jura, son médecin ayant été jugé inutile, les « nègres » n’ayant pas la même constitution que « nous ».

    En revanche, la France républicaine et socialiste offrit une résidence de luxe à Duvalier.

    La pensée des lumières à ses limites, la propriété y est infiniment supérieure à la dignité humaine…

    1. « la propriété y est infiniment supérieure à la dignité humaine » : excellent.
      Vigneron, qui parle de faillite des lumières, devrait apprécier …
      Sans doute est-ce là l’horizon pour de nouvelles lumières : la propriété.

    2. Bien avant, la France républicaine et socialiste a massacré en masse de Madagascar à l’Algérie…
      Toujours en promettant de « changer la vie » ou la « révolution par les urnes »…
      Basta des politiciens rassis et radis:
      rouges dehors, blanc dedans et toujours près de l’assiette au beurre.

  24. Les riches voient le vent tourner.

    ils ont le choix de ne rien céder, et de tout perdre.
    ou de céder une partie de leur fortune, et de garder le reste.

    on touche peut être au but!

    1. Parce que c’est ça ton but : récupérer les quelques miettes que daigneront nous jeter les bons maîtres ?
      Avec des objectifs pareils, la révolution n’est décidément pas pour demain.

      Quant aux puissants qui commencent à comprendre nos misères : tu peux toujours rêver…

  25. Avant le virage des années 80, avant que l’argent ne devienne une fin, quel esprit animait l’entrepreneur? Les congés payés sont-ils une idée des seuls syndicats en lutte contre les patrons? Petit bourgeois né de grands bourgeois, et lecteur admiratif de ce blog, je ne me sens en rien en rupture avec mes racines, élevé comme je le fus dans le respect des valeurs de partage, de devoir, de travail et d’amour. Et je reprends espoir en lisant de tels articles, quand je vois de grands esprits comme celui de Moore rendre justice aux valeurs de droite, celles qu’une gauche fatiguée, et à court d’arguments depuis la chute du communisme dans les année 50, a cru faire siennes par le hold-up honteux de la pensée unique.

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