CE QUE KARL MARX N’EST PAS PARVENU À FAIRE, GOLDMAN SACHS Y PARVIENDRA

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Un article dans le Wall Street Journal d’hier est consacré à un sujet passionnant : comment Goldman Sachs encourage – une fois de plus : comme au temps des subprimes – ses clients fortunés à parier sur la destruction totale du système financier, dans des conseils « stratégiques » offerts le 16 août à des hedge funds, des fonds d’investissement spéculatifs, clients de la firme.

Ce n’est pas que cet effondrement n’aura pas lieu sans l’aide de Goldman Sachs bien entendu, mais il est quand même paradoxal que ce soit l’une des principales firmes financières au monde qui agisse de cette manière et précipite l’effondrement du capitalisme. La rationalité économique a bien du mal évidemment à distinguer l’intérêt à long terme de l’intérêt à court terme, et Goldman Sachs agit du coup de manière parfaitement rationnelle et on ne saurait certainement pas la critiquer sur ce plan.

Au temps quand même pour le malheureux Adam Smith et sa « main invisible » : l’intérêt individuel égoïste ne contribue à l’intérêt général qu’au-dessous d’un certain seuil de complexité depuis longtemps dépassé. Friedrich von Wieser (1851 – 1926) évoquait en effet déjà le fait que le système capitaliste, fondé sur la poursuite des intérêts personnels, permet cependant à des individus d’utiliser leur fortune pour subvertir l’intérêt général. L’un des plus éminents fondateurs de l’École autrichienne d’économie était donc déjà au courant.

Ce que Marx n’est pas parvenu à faire, Goldman Sachs y parviendra donc. Et l’on sait pourquoi : ce qui manquait au révolutionnaire, c’était (mais c’est, bon sang, bien sûr !) les moyens financiers !

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager

81 thoughts on “CE QUE KARL MARX N’EST PAS PARVENU À FAIRE, GOLDMAN SACHS Y PARVIENDRA

  1. La finance et les hommes (et femmes) qui la servent ne pouvant se faire aimer du monde n’ont plus qu’à mettre fin à ce monde.

  2. Et dire qu’on se cassait la tête à réflechir, à écrire et à proposer…

    La solution était toute simple ! enfin…

  3. comment Goldman Sachs encourage – une fois de plus : comme au temps des subprimes – ses clients fortunés à parier sur la destruction totale du système financier

    En général , après une destruction totale, il ne reste rien . Donc  » comment s’enrichir sur la base de rien  » me paraît assez curieux .
    En plus ces intervenants , Hedge Funds et autres , font partie du même système dont il prévoit la chute , comment être sûr qu’ils ne seront pas dedans ?
    Y a vraiment des trucs qui m’échappent !!!

      1. « Toutes vos lois juridico-pentouffles, tout vos décrets, toutes vos prières nous avons déjà des machines pour les révoquer.
        Il n’y a plus rien. »

        Raisonnait Léo le visionnaire à mes oreilles adolescentes.
        « Pull it » ordonna le propriétaire du WTC7……..
        A patriot acte.

      2. Après une destruction totale, on reconstruit sur d’autres bases.
        Ce sont ceux qui disposent de fonds qui déterminent les orientations nouvelles.
        Est-ce bien raisonnable de sous-estimer ses « adversaires » ?
        Après le tabula rasa, les gens ayant tout perdu suivront les prometteurs de beaux jours.

      3. @Pierre

        « Pull it » ordonna le propriétaire du WTC7…….. A patriot acte.

        Tain ! Si la modo t’as laissé passer ça, alors elle laissera aussi passer ça :

        Y remember getting a call from the Fire Department commander telling me they were not sure they were gonna be able to contain the fire, and I said, you know, ‘We’ve had such terrible loss of life, maybe the smartest thing to do is just pull it.’ And they made that decision to pull and then we watched the building collapse. »

        Ça s’est la version du proprio du WTC7, le joliment nommé « Pierre d’argent »…
        « Tirez vous » quoi…

  4. Vous oubliez néanmoins de préciser une chose M. Jorion concernant Adam Smith : dans la richesse des nations, il a lui-même écrit que le « commerce bancaire » devait être tenu hors de la sphère concurentielle (version son modèle)…
    Celui que vous dénoncez ici (encore une fois) avait déjà conscience du particularisme de la finance, et, manifestement il avait raison.

    1. Vous avez tout à fait raison, rendons justice à Adam Smith !

      Au lieu de toujours citer la « main invisible », qu’il n’évoque de façon tout à fait incidente qu’une seule fois dans la Richesse des Nations, dans un bref paragraphe situé en fin d’ouvrage et consacré au commerce international, rappelons que ses analyses économiques et politiques en avait fait l’économiste préféré de Marx.
      Quelques illustrations :
      « Le souverain, par exemple, ainsi que tous les autres magistrats civils et militaires qui servent sous lui, toute l’armée, toute la flotte, sont autant de travailleurs non productifs. Ils sont les serviteurs de l’Etat, et ils sont entretenus avec une partie du produit annuel de l’industrie d’autrui. [….] Quelques-unes des professions les plus graves et les plus importantes, quelques-unes des plus frivoles, doivent être rangées dans cette même classe : les ecclésiastiques, les gens de loi, les médecins et les gens de lettres de toute espèce, ainsi que les comédiens, les farceurs, les musiciens, les chanteurs, les danseurs d’Opéra, etc. » (Richesse des Nations Livre II). Il aurait évidemment cité aussi les banquiers s’ils avaient eu plus d’importance à son époque.
      « On n’entend guère parler, dit-on, de Coalitions entre les maîtres, et tous les jours on parle de celles des ouvriers. Mais il faudrait ne connaître ni le monde, ni la matière dont il s’agit, pour s’imaginer que les maîtres se liguent rarement entre eux. Les maîtres sont en tout temps et partout dans une sorte de ligue tacite, mais constante et uniforme, pour ne pas élever les salaires au-dessus du taux actuel » (Richesse des Nations Livre II).
      « Les lois et le gouvernement peuvent être considérées (….) comme une association des riches pour opprimer les pauvres et pour préserver (…..) l’inégalité (…..) qui serait autrement bientôt détruite par les pauvres qui, s’ils n’étaient empêchés par le gouvernement, réduiraient les autres à l’égalité par la violence ouverte » (notes de cours ,1762-1773)
      Bon, d’accord, ce n’est pas avec cela que l’on règlera la crise….

  5. Obama confirme son ralliement inconditionnel à la droite républicaine :

    Obama Asks EPA to Withdraw Proposed Ozone Rule

    By DEBORAH SOLOMON, JARED FAVOLE and TENNILLE TRACY

    President Barack Obama, citing the nation’s struggling economy, asked the Environmental Protection Agency to withdraw an air quality rule that Republicans and business groups have said could cost tens of billions of dollars a year or more and kill thousands of jobs.

    […]

    In a statement, Mr. Obama said he supported efforts to promote clean air but added, « I have continued to underscore the importance of reducing regulatory burdens and regulatory uncertainty, particularly as our economy continues to recover. »

    The rule, which would have tightened standards for smog-forming ozone, has been under attack for months from industry groups and lawmakers. Republicans have cited the rule as a prime example of the regulatory overreach that they say is hampering the economic recovery.

    […]

      1. Les prix nobel de la paix, avant Obama, il y en avait de deux sortes : ceux qui le méritent et ceux qui l’ont reçu pour faire chier d’autres. Obama, il a inauguré une nouvelle catégorie : ceux qui ne le méritent pas.

    1. Super intéressante analyse d’un Obama à droite pour raison sociologiques « personnelles », et pas parce qu’il est devenu bête depuis 2008.

      Son statut est avant tout d’être une parvenu récent aux élites (suivant un schéma qui en temps de faible crise fait tout le succès des USA, son immense vivier d’immigrants de toutes générations etc), et il fait donc tout pour montrer qu’il est digne des élites, comme tenter de les réconcilier, au hasard, même quand le moment semble, disons, mal choisi.
      C’est tout l’inverse de FDR (= F D Roosevelt), qui étant un yankee de 8eme génération, et d’élite wasp depuis le départ, ne se posa nullement la question de faire confirmer son statut. Il eut ainsi le loisir d’aller chercher la solution à la panne du capitalisme là où elle pouvait se trouver, chez Keynes, dans le combat de l’accumulation excessive, et dans des taux « spoliateurs » à 90% d’impôt, qui eurent pour effet de déplacer l’investissement depuis des achats de m’-as-tu-vu improductifs (« trickle down » [= ruissellement de la richesse vers les petites gens] pas au rendez vous) vers les consommations liés à de l’investissement d’état, du type énergie hydraulique de la TVA (Tennessee Valley Authority) et autres.

      Et du coup, devant confirmer avant tout son appartenance à l’élite, ce qu’Obama fait, et refait nolens volens, c’est d’accroitre la division globale entre élite et peuple. Ce qui vaut quelques succès aux démocrates dans des élections partielles tant qu’ils parlent de création de job, et que les républicains font épouvantail comme dans le Wisconsin, et/ou sur les thèmes Medicare/Health spending, sans parler de la dette et de la « responsabilité fiscale ».

      Il me semble que cette analyse est assez juste et donne la clé qui me manquait pour comprendre en quoi ce président qui suscita un tel espoir, fit le discours du Caire, etc. semble s’abîmer dans un jeu de l’oie nul alors qu’on le disait stratège aux « échecs dans un espace à 11 dimensions » .

      Lisez et Oyez bonne gens !

    2. Aux USA les campagnes electorales sont financées par Wall Street, les présidents ne sont que des hommes de paille obligés; l’oligarchie investit sur les deux tableaux, démocrate ou républicain, mais in fine elle est toujours gagnante.

  6. C est lenine qui avait dit, n en deplaise a vigneron 😀
     » Les capitalistes sont des idiots utiles « . ( pour detruire les systemes pourrit ).

    Nous vivons une époque formidable, j espere vivre jusqu a 140 ans pour pouvoir reconter cela plus tard. C est sur qu ils me mettrons a l asile pour délire aggravé.
    Merci a M Jolion pour nous faire partager ces perles.

    1. L’expression « idiot utile » s’applique à des personnes qui, de bonne intention et de bonne foi, promeuvent aveuglément une politique ou, plus généralement, une idée.

      Historiquement, l’expression désignait les communistes occidentaux tel Jean-Paul Sartre qui soutenaient l’Union des républiques socialistes soviétiques. De telles personnes furent cyniquement utilisées par les dirigeants de l’Union Soviétique

      source wikipedia

      par contre lénine a vraiment dit « les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons » ce qui colle plus à la situation… à part qu’il n’y a plus d’union soviétique… ni de communistes…

  7. La finance détruit le monde et les filles dansent sur le pont d’Avignon que les vents vertement tancent. J’aime regarder les filles…

  8. Marx, sans doute l’auteur à avoir le plus écrit sur l’argent tout en en manquant cruellement, a spéculé en bourse une fois, pour voir, vers 1866, et a, une très rare fois dans sa vie, bien gagné des sous sur ce coup.
    Sa maman lui avait pourtant dit : « Au lieu d’écrire sur le capital, tu ferais mieux d’en amasser ».
    Ceci étant (et je change de sujet, quoique), la main invisible d’Adam Smith n’est pas entièrement celle que l’on croit et Smith était bien plus républicain old style et partisan du « bien public » que ses thuriféraires épigones qui en parlent plus qu’ils le le lisent (il n’y a pas que Marx …). Juste une chose pour le plaisir : Smith distinguait essentiellement trois classes, les rentiers, les capitalistes et les salariés (à l’exclusion des fonctionnaires parasites : prêtres, profs, sic ! ). Hé bien, pour lui, l’intérêt des rentiers et celui des salariés correspondait mathématiquement avec l’intérêt général car la hausse des richesses sociales faisait aussi monter les rentes et les salaires, le problème étant que les rentiers sont trop feignants, et les salariés trop accablés de travail, pour s’intéresser à l’intérêt général. Seuls les capitalites sont naturellement portés à bien connaître tout ce qui concerne celui-ci car leur activité affairiste l’exige et ils en ont la possibilité, mais problème : en raison de la tendance à la baisse du taux de profit quand les richesses sociales augmentent, leur intérêt particulier est systématiquement opposé à l’intérêt général et ils sont les mieux placés et les plus malins pour le faire jouer ! (Wealth of nations, livre II je crois).
    Adam Smith, c’était quand même autre chose que Hayek !

  9. GS prépare un gros coup sur les MP, en particulier alimentaires . çà va secouer , des révolutions oranges , va y en avoir à la pelle . Services US et OTAN , 24 h sur 24 .
    Internationale de mes deux , oui , l’Internationale , la vraie ne passe pas , ne passera pas par l’argent . Ceci dit ce gros coup pied au cul au prolétariat lui sera salutaire .
    Les fréres islamiques çà va amuser un moment , mais si y’a rien à manger …

    1. GS? MP? si vous pouviez écrire avec des mots!!!

      C’est déjà difficile pour quelqu’un qui n’a qu’une squelettique connaissance des termes de la finance et Cie mais si vous utilisez des acronymes c’est l’incompréhension certaine.

      Merci

      1. @ La Zélie 2 septembre 2011 à 21:46
        (Si je peux me permettre et si j’ai bien compris)
        GS = Goldman Sachs
        MP = Matières premières (dont « la bouffe »)

        Cordialement 🙂

    2. GS = Goldman Sachs (et pas la citroen historique)
      MP = Matière Première (Commodity markets)
      et pour clore :
      TP = Tuyau percé (si ça fuit si facilement, ça ne se fera pas ouvertement)
      CNCDT = Cygne Noir Comme Dit Taleb (Quelque chose d’autre arrivera, un tsunami d’un autre genre, comme dit Nicholas Nassim Taleb…)

  10. excusez moi, mais c’est bien marx qui a prévu que le capitalisme courrait de lui même à sa perte et c’est bien les marxistes qui ont développé le concept paradoxal selon lequel chaque progrès du capitalisme était en vérité un pas de plus vers la société socialiste, non ?

    je vois bien que c’est vendeur de pondre un titre de cet acabit, reste que c’est pas très fair play envers karl… il a bien prévu que ça finirait comme ça…

    1. Ce n’est pas parce que c’est arrivé quelques fois qu’il avait raison là-dessus.
      C’est plutôt une extraordinaire mobilisation et beaucoup de sacrifices et de victimes qui ont permis que ces « quelques fois » arrivent.

      Goldman Sachs a peut-être compris, lui, que le capitalisme avant d’être une structure économique est d’abord une structure mentale (celle du patriarcat) dont on ne se débarrasse pas facilement. Les Russes ont essayé et nous avons eu notre soi-disant ‘Révolution sexuelle’ des années 60-70.

      Les gens en redemanderont (du capitalisme).

  11. Si effectivement les responsables de Goldman Sachs font le pari de l’effondrement du système capitaliste financier et utilisent pour cela les ressources de leurs clients cela correspond à un sabordage du système économique actuel.

    Les dirigeants de Goldman Sachs seraient au système capitaliste financier ce qu’a été Gorbatchov dans l »effondrement du système soviétique.

    Goldman Sachs, bras armé de la révolution économique, éliminerait ses concurrents traditionnels et mettrait à la disposition de ses clients un nouveau pouvoir sur le monde.

    Un pouvoir tant souhaitées par les intellectuels de l’ultra libéralisme comme Francis Fukuyama et qui finaliserait l’intuition de Hegel sur la fin d’une histoire dominée par les idéologies et des croyances qu’elles induisent.

    Dans les circonstances actuelles même l’improbable devient possible.

  12. Effacer les traces et lancer de fausses pistes…..
    Combien de disques durs se sont écrasés en septembre 2001 ?
    Combien faudrait-il en écraser en 2011 ?
    Allez, je m’écrase.

  13. Le calcul du risque n’impose-t-il pas d’envisager le pire ?
    Les marchands de bonheur sont de grands tristes.
    Et de grands méchants inquiets.
    Prévoyants, et sans surprises si vous les connaissez.

    1. La conduite stratégique impose d’envisager le pire, car même pour ceux, certifiés optimistes, pour lequel le pire n’est pas certain, le pire est probable.

      A propos de Karl Marx, il serait quand même utile de savoir s’il a eu ou non des successeurs dignes de lui, mais plus modernes (encore que Marx ne soit pas dépassé) et qui pourraient nous aider à avoir une conduite stratégique tant il est patent que :

      Quelque critiques que puissent être la situation et les circonstances où vous vous trouvez, ne désespérez de rien ; c’est dans les occasions où tout est à craindre ; c’est lorsqu’on est environné de tous les dangers, qu’il n’en faut redouter aucun ; c’est lorsqu’on est sans aucune ressource, qu’il faut compter sur toutes ; c’est lorsqu’on est surpris, qu’il faut surprendre l’ennemi lui-même.

      Sun Tse. L’Art de la guerre.

      Il est vrai aussi que la plupart d’entre nous ont quelque chose à perdre, ou croient qu’ils pourraient avoir encore quelque chose à perdre.

  14. Est-ce que je dis ça par ironie ?

    En finir -au plus vite -avec le vieux monde;« Il faut que tout change pour que rien ne change ». Dans la foulée du paradoxe évoqué ,ici, par Paul Jorion mais dans un cadre batesonnien, il suffirait, il me semble, de renoncer à une conversion, « psychologiquement difficultueuse », vers un stade « +1 » , pour avoir l’assurance de régresser vers le confortable « train-train » du stade antérieur « -1 ».

    Ceux-là qui rêvent l'(-(‘) -eur-)) avenir dans la « prolétarisation de la conscience des classes moyennes insurgées » à Syntagma (constitution) sont, peut-être, les « alliés objectifs » de l’alliance entre Goldman Sachs et la décentralisation vers la nomenklatura municipaliste,telle que mécaniquement proposée par un candidat à la présidence de la République française ; qu’en penseraient Henry Laborit et la Boétie ?

    Dans le roman, il m’a semblé que Lampedusa attache plus d’importance que Visconti à la femme visitée en ville (c’est une différence marginale sans importance, et je lis en traduction) .

    1. la Boétie ? :
      « Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux », Discours de la servitude volontaire, 1576

      Henri Laborit ? :
      « Certains travaux d’Henri Laborit ont révélé que dans la nature, face à un danger ou lors d’un événement générant de la peur, la posture de lutte est loin d’être le comportement le plus répandu chez les animaux : c’est la fuite qui est le plus souvent adoptée. Or, la fuite est l' »un des mécanismes utilisés pour permettre l’établissement de structures hiérarchiques de dominance chez les mammifères sociaux comme l’humain » .

      Sans être « complotiste » il est aisé d’analyser que les dangers de voir s’installer des régimes autoritaires, dictatoriaux est grand…seuls les peuples en mouvement peuvent changer la donne : et ce ne sera pas facile !!
      Journée nationale d’action le 11 octobre
      http://www.cgt.fr/Journee-nationale-d-action-le-11.html

      1. Laborit nous a aussi montré comment nous sommes biologiquement armés pour dépasser les comportements de domination

      2. Les mauvais jours finiront,
        et garde à la revanche
        quand tous les pauvres s´y mettront,
        quand tous les pauvres s´y mettront.

      3.  » et gare à la revanche » V. Wallon

        Pourquoi oubliez-vous le mot revanche dans votre citation de la semaine sanglante ?

      4. @JLMorlie
        ////////Laborit nous a aussi montré comment nous sommes biologiquement armés pour dépasser les comportements de domination
        /// ////
        Laborit a le droit de se tromper .
        Il est assez démontré (me semble t il ) que la rigidité des comportements des animaux sociaux est tres grande ; du moins pour leurs interactions internes au groupe …alors qu’elle est tres souple aux éléments externes (environnement) .Le capitalisme (immoral) , puis le libéralisme (amoral) , jouent sur cette élasticité ecterne , mais surtout interne ..les « camps » et les banlieues ont d’ailleurs montré la grande possibilités de souplesse sur les interelations internes ..mais sagit il encore d’ etres humains ?
        Le comportement interacté par le couple soumission domination nous formate comme est formaté le sabot d’un cheval ..il faut des millénaires pour modifier ces « formes » .

    2. « vers la nomenklatura municipaliste »

      Est-ce que ce qui suit inspire les situationistes dans la salle ?

      La renaissance féodale

      Clé de voûte de la théorie de l’État depuis le XVIè siècle, la souveraineté est impropre à rendre compte de ses transformations contemporaines. Les auteurs attentifs à ce déclin usent pour le décrire de la métaphore de la pyramide et du réseau. Mais si l’on veut bien se souvenir que la matrice des réseaux est la féodalité, l’on comprend vite que le Droit en train de naître dans le contexte de la globalisation est imprégné de formes passées, et que la société en réseaux marque, non pas la victoire du contrat sur la loi ou de la « société civile » sur l’État, mais la résurgence de montages institutionnels antérieurs à l’édification des États souverains. Ceci n’a rien qui doive surprendre. Ainsi que l’ont montré notamment Aziz Al-Azmeh à propos de l’Islam ou Pierre Legendre dans le cas occidental, les catégories dogmatiques du passé ne s’inscrivent pas dans une histoire linéaire, mais constituent une réserve enfouie de sens, toujours susceptible de revenir au jour et d’y produire de nouveaux effets normatifs. L’une des raisons de ce caractère sédimentaire est qu’il n’existe pas une variété infinie de types de structures juridiques. Seules varient les déclinaisons de chacun de ces types.

      À grands traits on peut distinguer, transposant ici une vieille distinction de la philosophie politique chinoise, le gouvernement par les lois et le gouvernement par les hommes. Dans un système de gouvernement par les lois, la Loi exprime la volonté d’un pouvoir souverain qui s’impose également à tous. La soumission de tous à des lois générales et abstraites est la condition de la liberté reconnue à chacun. Cette structure implique la mise en scène d’un Tiers, source et garant des lois, qui transcende la volonté et les intérêts des individus. Ce montage dogmatique rend possible l’articulation de deux plans juridiques distincts : celui du calculable et celui de l’incalculable. Le premier concerne les questions (au premier chef, celles de l’état des personnes) qui transcendent tout calcul d’utilité individuelle, et relèvent de la délibération et du domaine de la Loi. Le second concerne les questions qui sont susceptibles d’être régies par des calculs d’utilité individuelle et peuvent donc relever de la négociation et du domaine du contrat. Seul ce type de montage autorise à traiter, sur le plan contractuel, les hommes et les choses comme des entités abstraites et échangeables, dont la valeur peut être rapportée à un même étalon monétaire. Car leurs différences qualitatives sont prises en charge par le domaine de l’incalculable qui échoit à la Loi.

      Dans un système de gouvernement par les hommes, chacun se trouve inséré dans un réseau de liens de dépendance. Est recherchée, non pas la soumission de tous à une même loi abstraite, mais la conformité du comportement de chacun à la place qu’il occupe dans ce réseau. Chacun doit servir au mieux les intérêts de ceux dont il dépend et pouvoir compter sur la loyauté de ceux qui dépendent de lui. C’est l’inscription dans des liens personnels, et non la soumission à une même loi impersonnelle, qui définit la condition juridique des hommes, aussi bien dans leurs rapports mutuels que dans leurs rapports avec les choses. Dans ce type de montage, la distinction du calculable et de l’incalculable se brouille. La loi est négociée entre représentants de groupes d’intérêts, tandis qu’en revanche des considérations d’intérêt général irriguent la sphère contractuelle. La figure du Tiers garant ne disparaît pas, mais elle se fragmente en pôles multiples reliés entre eux au sein d’un même réseau. La position de l’État s’apparente alors de moins en moins à celle d’un souverain et de plus en plus à celle d’un suzerain.

      Au plan national, ce retour de la suzeraineté se donne à voir dans la contractualisation de l’action publique. Écrasé sous le poids des innombrables missions dont il s’est chargé, l’État providence tend aujourd’hui à réduire toujours davantage le nombre de celles qu’il assume directement, pour confier la gestion des autres à des opérateurs privés qu’il place sous le contrôle d’autorités indépendantes instituées et nommées par lui. Ces techniques dites de « régulation » font ressurgir, avec la figure d’un pouvoir suzerain, qui n’a plus de contrôle qu’indirect sur ses sujets, la vieille distinction du pouvoir et de l’autorité, typique des manières féodales de lier tous les pouvoirs et de conjurer ainsi les risques de l’absolutisme et de la toute-puissance.

      Alain Supiot, L’esprit de Piladelphie – la justice sociale face au marché total, Seuil, 2010, pp. 103-106

      1. Debord disait des situationnistes « qu’il les avait fait disparaître » et, pour suivre, prescrivait de commencer par lui tordre le coup ; il ne devrait donc plus en rester dans la salle.

        Paul Porion n’a pas tort de rappeler que la classe moyenne est structurée par le rapport social de salariat et qu’elle est donc prolétaire. Il conviendrait toutefois d’ajouter que nos sociétés sont également structurées par un rapport social de redistribution et que les groupes sociaux qui opérationnalisent le transfert de l’argent public réorganisent le mode de gouvernement par les hommes par la corruption, depuis longtemps et jusqu’au bas de l’échelle. Remarquons encore que le mode de gouvernement par la corruption fut énoncé par la Boétie comme le principe même de la domination (1) .En conséquence, il me semble que l’analyse des classes sociales aujourd’hui devrait s’effectuer selon deux axes de rapports de domination : le salariat et la corruption. Comme j’ai tenté de l’expliquer, mais en vain, l’ »opération Buffet » et sa dénonciation simpliste masquent le jeu d’une classe sociale invisible se nourrissant des prébendes de la redistribution. Dénoncer la classe sociale invisible des redistributeurs n’arrange personne et surtout pas les durs et purs du retour à la lutte des classes à l’ancienne.

        (1) petite note pour servir à l’histoire de ce temps

      2. à Jean-Luce Morlie,

        Il me semble que vous négligez un léger détail en disant que la classe moyenne, autrement dit les cadres, est dans un rapport social dominé par le salariat.
        D’une part de nombreux cadres ont des statuts libéraux (méditons sur les nombreux sens possibles du mot libéral) et d’autre part, peut-on penser sérieusement que le statut économique d’un individu ou d’un groupe lui impose d’avoir une conscience claire de sa situation ?
        En un mot, à la classe moyenne prolétarisée, il semble qu’il manque encore la conscience de ce qu’elle est pour lutter contre la domination.

      3. Il ne s’agit pas de prolétariser les classes moyennes, Marlowe !

        Il s’agit de favoriser l’émergence d’une conscience de classe spécifique aux classes moyennes leur ouvrant la perspective de leur rôletorique ; c’est en cela qu’il convient de » tordre le cou » à Debord.

        Les économistes définissent les classes moyennes par un intervalle de revenu (variable selon les nécessités d’une démonstration), de leur côté, les sociologues la constituent comme un catalogue de situations sociales assez disparates allant de « l’employé municipal », au « chef d’entreprise » ; les plus radicaux considéreront que « les classes moyennes » sont un mythe et font partie du prolétariat. Questionnée à ce sujet, environ quarante pour cent de la population estiment appartenir à la « classe moyenne », soit que, venant du bas, ils aspirent à son style de consommation, soit que , par le haut, se dire « petit bourgeois » stérilise les valeurs « d’ascension sociale » et de « travail » nécessaire à la justification de l’american way of life.
        L’important est que les classes moyennes ont été produites par le spectacle (au sens debordien strict) ; la fin de la « société de consommation » à laquelle « les décroissants » nous préparent ne signifie pas la fin de l’économie politique du signe (au sens baudrillardien). Les classes moyennes sont de fait un « melting pot », mais avec « les indignés » nous vivons une phase d’unification négative qu’il conviendrait de saisir.

        Le capitalisme a produit les classes moyennes comme machines à consommer et à rêver : en les détruisant, il l’unifie.

        Les différents mouvements décroissants, convivialistes, font l’impasse sur la lutte des classes à l’ancienne, mais se refusent à envisager l’existence d’une géométrie nouvelle de la lutte des classes. Pourtant l’histoire avance par des rapports de forces entre groupes sociaux, lesquels, lorsqu’ils comprennent les rapports sociaux qui les structurent comme groupe, peuvent agir consciemment pour modifier ces rapports sociaux afin de mettre fin à la domination des uns sur les autres. Il me semble que nous allons vers une inversion molle des cases sur l’échiquier et que le résultat sera baveusement mafieux !

      4. à Jean-Luce Morlie,

        Puisque vous écrivez sans lire ce que j’écris, restons en là.

        Sachez tout de même que l’eau et le vin ne doivent pas être bus dans le même verre.

      5. L’absolutisme et la toute puissance conjurées à l’époque féodale étaient en réalité, confisquées par l’union du pouvoir spirituel et temporel de l’Eglise.

  15. Rationaliser l’invitation au suicide est difficile.

    Ce que propose GS s’apparente à une martingale.
    Les bénéficiaires en puissance ont perdu le sens du possible
    et se croient immortels. Tout sera en ruine et mais ils émergeront
    indemnes. Ils le savent.(?)

    L’habitude du gain à courte vue leur cache le gouffre qu’ils créent. (?)

    La réalité probable sera un moyen terme entre la situation actuelle
    et une aggravation sévère. Ils ont prouvés qu’ils s’en sortaient
    toujours gagnants.
    Ils ont joué ce jeu contre la Grèce et tous les acteurs sont encore
    vivants. ( Acteurs : GS, Grèce et hedge-funds )
    Les Public relations de GS vendaient au même moment le slogan:
     » Nous sommes les meilleurs parce que nous embauchons les meilleurs ».
    Résultats: gagnants sur tous les tableaux, pas un pouce d’opprobre.
    Cynisme indestructible. ( cynisme : subversion choquante des normes
    morales établies.) (?)

    Plus sérieusement n’y-a-t-il pas une loi condamnant une société
    commerciale à agir et parier contre son objet social?

  16. @ Marlowe,

    bonsoir,

    La « pratique » du choc, version GS.

    Et une médaille de psychiatre de l’économie? Une tenue de robin des abois en prime?

    Suivez le traitement..

    Perplexe-ment? La onzième dimension?

    1. Quand un individu n’aime pas le monde dans lequel il doit (sur)vivre, il peut quitter ce monde par le suicide (ou une éventuelle retraite monastique) ou lutter contre ce monde.
      Quand ceux qui possèdent le monde qu’ils ont façonné à leur image désespèrent de leur création, ils n’ont plus qu’à tout détruire, car le candidat au suicide, quand il est hystérique, envisage d’entraîner ses proches dans la mort et les narcissiques qui tiennent les commandes sont véritablement des déments.

    1. Pour sécuriser les placements ce serait au Canada qu faut placer son argent en ce moment.

      Pour sûr ! Ya pas mieux que les banques de ces fondus de la dette de canadiens pour placer son sirop d’érable… Pensez ! un pays où, rien qu’en crédit conso, on explose les records mondiaux à 10 000 $ par tête de noeud. Où le taux d’endettement des ménages est à plus de 140 % du revenu disponible (contre 120 % en 2006…). Où le secteur financier est massivement dependant de la croissance US et par ailleurs bien fourni en bonds d’états ou municipalites du même « big neighbour ».
      C’est clair, tout est clean au « pays qu’est pas un pays mais l’hiver »… Les yeux fermés qu’on peut y aller.
      The canadian is a very optimistic caribou (and heavily endebted…).

      1. Mais secteur bancaire canadien bien plus régulé que voisin yanqui, non ?
        Pas de panique bancaire et pas de levier délirant avec aléa moral par conséquent.
        N’arrive pas bien à faire le lien avec votre moût, vigneron :
        Endettement perso surtout non ? , c’est aussi le cas du Japon, mais la démographie canadienne c’est pas mal très ++ je crois… (immigration encore vivace)

      2. @ Roma,

        bonjour,

        Richard Desjardins – La maison est ouverte
        http://www.youtube.com/watch?v=lHkNMUj_3Sg&feature=related

        Même qu’elle a pas de murs
        Et que c’est pas chez moi
        Mais quand on y est c’est là
        Toute la joie qui nous concerne
        Et la beauté une transformation perpétuelle
        Immuable vie à mort, sans gages rions
        qui tond un oeuf est fou, loulou
        qui pond un boeuf est drôle?

        Ben à toué Jéronimo

    1. si c’est « plusieurs fois » et de plusieurs sources différentes çà peut signifier que le tuyau est déjà percé . Essayez plutôt les Bermudes , Denis.

  17. Je me demandais aussi quand cela arriverait (que des capitalistes essayent de profiter de la fin du capitalisme)

    Mais Goldmann-Sachs ne me parait pas bien malin sur ce coup: prendre des CDS sur de la dette qui va être répudiée et empocher l’assurance (les CDS donc) dessus, ne marche que si il y a encore quelqu’un avec les ressources pour payer ces CDS. Or, dans le cas de l’effondrement total, y-aura plus de CDS et plus personne pour les payer. Les CDS étaient justement un des outils de financiarisation qui ont causé l’effondrement !!!

    En fait, Goldmann-Sachs n’arrive pas encore à se rendre vraiment compte que le Titanic coule, ils en sont encore à tenter d’en profiter pour avoir les meilleures cabines.

    Mais bon, on a au moins 2 infos avec ça:

    – le système va s’effondrer dans les 6 mois
    – les pires capitalistes vont disparaître avec

  18. Il est clair qu’avec Mario Draghi aux commandes, ils emmèneront la BCE où ils veulent. De toutes façon entre la peste et le choléra quand de toutes façon on a prise sur rien… qui vivra verra. Le plus dur sera certainement de vivre… et d’y voir clair.

  19. C’est une vieille histoire drôle, quoique…

    Un scorpion est cerné par un incendie sur la rive d’un fleuve. Survient un hippopotame que le scorpion convainc de le laisser monter sur son dos pour parvenir à l’autre rive.
    Mais, au milieu du fleuve, le scorpion pique l’hippopotame.
    – T’es couillon quand même, maintenant que tu m’as piqué, je vais mourir et couler. Et toi, tu vas te noyer .
    – J’y peux rien. C’est dans ma nature.

  20. Je n’arrive pas à retrouver un bouquin qui s’appelle « le banquier anarchiste », mais ça y ressemble, le plan cata de GS!
    bon, cela dit, S§P raconte que les euros machins mutualisés seront notées comme le maillon faible, soit CC! c’était bien la peine de se donner du mal; allez, c’est plié!
    Quant à GS, c’est pas un peu la blague « accroche toi au pinceau, j’enlève l’échelle? »

  21. pour formater un disque on a des options :parmi elles garder certaines fichiers.ce coté farce cache bien la tragédie,pour refonder le système une guerre 3d est presque inévitable . parce qu ‘ ile s’agit toujours d’un rapport de force et d’une nouvelle vérité…la monnaie mondiale unique une redéfinition de la démographie et un point de chute de la mondialisation.le rôle des khazars sera redondant

Les commentaires sont fermés.