L’actualité de la crise : COMPTE A REBOURS, par François Leclerc

Billet invité.

« Un point d’équilibre a été trouvé » permettant de « combiner réduction des déficits et soutien à la croissance » a affirmé hier et droit dans les yeux François Baroin, le nouveau ministre Français, à l’issue du G7 Finances. Sans bien entendu l’identifier. Mais la nouvelle du jour n’était pas son compte-rendu de la réunion de Cannes, mais bien la démission de l’économiste en chef de la BCE, Jürgen Stark, qui a choisi à dessein le moment de son annonce pour lui donner le maximum d’éclat.

Il accordait dans la foulée une interview à Handesblatt, l’un des deux quotidiens économiques allemands, et appelait à « un saut qualitatif ». « Un stimulus budgétaire ne ferait qu’accroître le niveau de la dette » européenne, alors que « les risques pesant sur les budgets publics sapent la stabilité financière ». Une vision dont l’orthodoxie quasi religieuse laisse peu de marge de manœuvre pour atteindre le « point d’équilibre » de François Baroin, et qui illustre l’acuité des dissensions européennes.

Avant la réunion, ce dernier avait eu une formule qui y faisait pourtant référence, en déclarant au Figaro que « nous aurons une discussion de fond sur le ralentissement observé cet été dans le monde, et le débat sera d’autant plus libre qu’il n’y aura pas de communiqué final ». Il a pourtant fallu se résoudre à publier des « termes de référence agréés », car le silence n’était plus possible dans ces conditions, quitte à sortir une platitude : « Nous sommes décidés à apporter une réponse internationale forte et coordonnée pour relever ces défis », est-il écrit.

La suite des événements dira si le geste de Jürgen Stark est un chant du cygne ou une tentative de blocage. Sa tâche sérieusement compliquée, la réaction d’Angela Merkel a depuis expliqué qu’il fallait être patient, en rappelant à ses compatriotes le temps nécessaire à la réunification de l’Allemagne.

En prélude du G7, Tim Geithner avait dans le Financial Times exhorté les européens à « agir plus vigoureusement », et à manifester « un engagement sans équivoque à soutenir le système financier européen… », remarquant que ce qui est en question « n’est pas de savoir si nous avons les moyens économiques et financiers d’agir pour renforcer la croissance, mais si nous avons la capacité politique d’agir comme il convient ». Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, a rétorqué que « combattre la crise avec un endettement encore plus prononcé, cela serait exactement le mauvais chemin à prendre ».

Faute que ce soit dans les salons, c’est donc sur le pré que va très prochainement se régler le différent, en premier lieu au Sud des Balkans.

De quoi augure, à ce propos, la réunion d’urgence du conseil d’administration du FMI, le 14 septembre prochain, qui doit entendre son représentant chargé de négocier avec le gouvernement grec dans le cadre de la Troïka ? Où en est la double course d’obstacle de l’adoption du second plan de sauvetage du pays, avec d’un côté une ratification par les parlements des pays européens qui s’éternise et de l’autre des accords des banques qui se font attendre ? Combien de semaines les Grecs peuvent-ils tenir sans nouvel apport financier ? Comble du bon goût, Günther Oettinger, le commissaire européen à l’Energie, vient de proposer dans les colonnes de Bild de mettre en berne les drapeaux des pays trop endettés devant les bâtiments de l’Union européenne, anticipant ce qu’il attend.

Une partie de poker est en train de se jouer, au risque de faire sauter des banques. Celles-ci se sont à nouveau enfoncées dans les abysses boursiers et le prix de leur CDS – montant de l’assurance sur leur dette et résultat combiné d’actions spéculatives – continue de monter, sans que les offres réitérées de liquidité de la BCE ne parviennent à calmer le jeu. A l’inverse, les taux des obligations souveraines refuge continuent de plonger, exprimant les craintes exacerbées des investisseurs.

Qu’est-il encore possible de faire, afin de tenter de désamorcer la bombe à retardement activée ? Nous ne devrions pas tarder à le savoir. Mais sauver in extremis le sauvetage de la Grèce, si c’est encore possible, ne fera pas pour autant une politique. Münich nous a déjà appris que, à suivre la ligne de plus grande pente, le pire devient parfois inéluctable.

Le silence des oppositions est assourdissant…

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290 réflexions sur « L’actualité de la crise : COMPTE A REBOURS, par François Leclerc »

  1. @vanishing point
    Tout est fonction de l’offre et de la demande.
    L’Italie émet des bonds, personne n’en veut, cela fait monter les taux pour rémunérer les acheteurs qui prennent le risque d’en acheter quand même.
    Comme la majeure partie des acheteurs ne veulent pas prendre trop de risque, elle cherche à acheter des bonds Allemands. Dans ce cas, il y a plus d’acheteur que de bonds à vendre, du coup, le taux baisse. Il baisse même tellement qu’il est devenu inférieur à l’inflation. En gros, les investisseurs perdent de l’argent, il payent pour mettre leurs capitaux à l’abrit.
    La BCE met de l’huile en achetant des bonds Espagnoles où Italiens. En jouant le rôle des acheteurs elle fait en sorte que les taux ne montent pas trop. Elle joue un jeu dangereux, car elle se gave de bonds à risque sans avoir suffisament de fonds propres. La BCE aussi devra à therme se recapitaliser.
    Enfin, ils ya ceux qui ne croient plus ni à Deux, ni à Diable et qui achètent de l’or. Comme l’or est relativement rare, cela fait monter le cour.
    Voilà en gros ce qui se passe.

    1. merci pour cette réponse. donc le taux reflète le risque.
      quelqu’un a parlé de ligne de crédit qui pourrait être mis en place; comme ceux que Jimmy Carter avait mis en place pour la ville de New York en faillite en 1975?…

  2. Compte à rebrousse poil à dormir debout et à se réveiller raide mort.
    … un aveugle sourd-muet paralytique au chronomètre tic tac

  3. Le silence de DSK est assourdissant .
    Que pense-t-il en tant que « ministre des finances » d’opposition de la république Française ?
    La même chose que l’ex ministre des finances de la majorité présidentielle de la république Française ?……
    Les Black Berrys doivent chauffer les cerveaux…… Gaffe aux tumeurs ! 🙂

  4. « Qu’est-il encore possible de faire, afin de tenter de désamorcer la bombe à retardement activée ? »

    On dirait ‘Die Hard’.

    1, puis 2, puis 3, …

  5. Ecoutez Mrs Leclerc et Jorion, j’écoute Mr JM Sylvestre sur BFM, un grand spécialiste de l’économie-minute (c’est à dire vision réduite). Il est rassurant , déstressant, il positive chaque crash hebdomadaire, d’ailleurs je le surnomme JM Prozac. Je vous lis d’abord, pour avoir une analyse froide de la situation, puis je me shoote avec lui, c’est génial!

  6. Excusez mon orthographe mais je me débrouille mieux en Luxembourgeois… Pendant des siècles, le prèt d’argent avec intérrets était considéré comme une érrésie par le clergé… Effectivement, si on regarde bien le problème actuel, c’est bien les tots d’intérets qui on conduits à se désastre… Bon je ne suis pas religieux pour deux sous, mais je pense que si on avait respecté des tots d’intérets résonables surtout envers les pays les plus sensibles on n’en serait pas là. Pour moi, la solution est dans une remise en question de la périodicitée des investisseurs, le fet même de pouvoir à la seconde vendre des titres à fusion devrait être reconcidéré… On devrait obliger les porteurs à se tenir une période défini dans un temps plus long pour la revente… A vouloir du rendemant au cour terme avec beaucoup de bénéfices, n’est pas compatible avec une logique économique, je ne vois pas pourquoi on dit aux simples salariés de patienter avant d’obtenir plus, alors que certains dirigeants et actionnaires réclament leurs duts tout de suite… Pourquoi ne pas créer une logique du long terme ??? Je suis même sur que cela serait plus rentable que la forme actuelle pour les investisseurs… Par exemple l’achat d’un titre ne devrait pas être remis sur la revente avant trois ans, par exemple… Ce qui laisserait le temps aux stuctures d’évoluer, et dans le cas contraire, permettrait d’éviter les éffondrement de masses… De plus, pourquoi taxer ce qui on le plus de mal a rembourser, pourquoi ne pas leurs donner la possibilitée au moins de rembourser le fond brut du pret, et après seulement leurs imposer une forme de rigeur pour la suite ??? Bon ceci n’est qu’un avis, mais vue la situation actuelle, je pense, comme disait quelqu’un plus haut, qu’il faudrait geler les marchés pour le momment, et regarder toutes les propositions qui peuvent êtres trouvés, si il y en a, bien sur, même comme disait mon prof de Math, quand il y a un problème, il y a une solution….

    1. Vous avez raison mais ce n’est pas la raison qui mène ce monde mais la cupidité et ce désir idiot et méchant d’écraser l’autre car comme dit le proverbe : il ne suffit pas d’être heureux il faut encore que les autres ne le soient pas

    2. En toute logique : si il n’y a pas de solutions; c’est qu’il n’y a pas de problèmes ! Ou les problèmes sont mal posés ( faux problèmes …)

    3. Le clerge,ca leur va bien,y’a meme eu meurtre je croit dans les affaires de la banque du vatican,la noblesse,le haut clerge…

    4. Comme le disait Coluche au sujet des maisons Merlin et du crédit qui allait avec :  » moins tu peux payer, plus tu paies ». Malheureusement, la simple logique interdit le fonctionnement inversé que vous souhaitez même dans un système politique autoritaire. Si on prêtait de l’argent à un taux de moins en moins cher selon que l’emprunteur considéré est de moins en moins fiable dans son remboursement, à la limite, on donnera de l’argent gratuit à celui qui ne pourra jamais rembourser. C’est évidemment impossible et immoral sauf pour les besoins élémentaires vitaux et basiques, relevant de la solidarité à un niveau majoritairement accepté. Mais là, on est dans le domaine de l’assistance humanitaire, pas dans celui du business.

    1. « prédit » ? ce n’est pas exactement cela: des plans sont en cours d’élaboration pour le cas où, avec semble t-il 2 variantes. ce n’est pas parce qu’un plan d’intervention existe que le fait générateur doit forcément se produire!

  7. Et le Royaume Uni et la livre sterling ? Vont-ils eux aussi s’écrouler et faire faillite ? Jouent-ils contre l’euro ? Les boites comme AIG vont-elles finalement fermer si éclatement de la zone euro?

  8. FRENCH BANKS POISED FOR MOODY’S DOWNGRADE C’EST SUR BLOOMBERG ET ZERO HEDGE CETTE FOIS CA SENT VRAIMENT LE ROUSSI!

  9. Une collègue récemment rentrée de vacances en Grèce à qui je posais la question à propos de l’ambiance qu’elle ressentait à Athènes me rétorqua : « elle est active, il y a une circulation d’enfer dans la ville ! »

    A la réflexion, je me demande s’il ne s’agissait pas plutôt d’un exode.

  10. GAme OVER !?

    Nous pourrions assister cette semaine a un début de « Bank run » …. La BCE ayant annoncer des liquiditées sans réserve cela tombe bien !

  11. Suite à la probable dégradation de nos 3 banques par Moody’s.

    Des bruits de plus en plus insistants, font état d’une possible dégradation de la note française dans la foulé.

    Il nous manquerait plus que ca.

    Ca en serait fini du plan de sauvetage Grec et du FSFE

    1. Pas nécessairement si tout le monde en finit par s’entretuer pour le boire et le manger, n’avez-vous jamais vus de films sur les hordes de zombis affamés, qu’est-ce qui n’est plus tout jetable aujourd’hui.

  12. 11 Septembre ahahahahahahahahhahahahhaha….aieaieaieaieaeiaieaieaieaiaiaiaiaiaaaaaaaaaaaaa
    AIEHAIEH.
    Politicard belge ce matin , sauvons le pays…AHAHAHAHAHA PAS HONTE ……………

  13. Qu’on laisse la Grèce faire faillite et qu’ on arrête ce cirque que les spéculateurs, les intermédiaires les assureurs les banques ect… Que tous prennent leurs pertes et qu’on passe au suivant, qu’on nettoie la crasse financière et qu’on reparte à zéro

  14. à ceux qui disent votez NPA ou votez Mélanchon ou PS, ou FN etc….
    je leur dit « N »allez pas votez… »
    De toute évidence, le gagnant au final sera un candidat du SYSTEME….
    alors à quoi bon?

    et puis…
    profitez-en pendant qu’on a le droit (de ne pas aller voter), je ne sais pas si vous en avez entendu parler, mais de plus en plus d’hommes politiques commencent à parler d’instaurer une « obligation de voter »…..

    Ne pas voter les gènent….. Ne pas voter est le seul moyen qu’ils nous restent de leur dire ce que l’on pensent d’eux….

    et comme je m’exprime moins bien qu’ Elisée Reclus, je vous joint ce lien…..
    http://www.lepost.fr/article/2010/03/05/1972840_elisee-reclus-voter-c-est-abdiquer.html

    1. Au contraire, ne pas voter revient à leur laisser carte blanche. Vous pouvez avoir un scrutin avec un gagnant soutenu par moins de 20% de la population (suivez mon regard…), cela ne changera pas le fait que dans les faits, il a le pouvoir. L’abstention ou le vote blanc sont une politique de l’autruche.

    2. Ne pas voter est idiot du point de vue démocratique, aller demander aux population qui n’ont pas le droit de vote si elle sont heureuse de cela, au contraire il vaut mieux que le droit de vote soit obligatoire ( pour moi c’est un devoir autant qu’un droit) a condition que l’on introduise la comptabilisation du vote blanc.
      enfin voter ne suffit pas, ce n’est que le début du processus démocratique il faut encore s’intéresser aux faits et gestes de ceux pour qui on a voter, les surveiller et ne pas hésiter à leur demander des comptes à chaque fois que quelque chose ne nous plaît pas.

      1. …les surveiller et ne pas hésiter à leur demander des comptes à chaque fois que quelque chose ne nous plaît pas.

        Montrez nous comment faire et surtout, les résultats que vous avez obtenus vous même depuis 30 ans de crise…
        Des années que chaque rapport de la cour des comptes (justement…) dénonce ironiquement « des abus », ce que j’appelle, moi, la malversation… Et puis quoi ?
        On les fout en tôle, les racailles en col blanc qui nous gouvernent ? On leur demande de payer leurs « erreurs » ? Nenni… que dalle !
        Et je m’en rends malade de plaindre votre naïveté pleine de conséquences…
        Et, tant puis, même si ça vous fait souffrir, je me dois de vous confier tout de même cette vérité : Figurez vous que, bien que ce que vous en ayez entendu jusqu’à ce jour, le père noël n’existe pas…
        Bon réveil, si un jour vous avez le courage d’ouvrir les yeux…

      2. autant de problématiques que nos élites de 1789 avaient triturées de long en large… ah oui plus de 2 siècles ont passé…

  15. Le scandale monstrueux est que les nations sont esclaves des marches financiers au lieu de les reguler. Ne soyons pas complices de notre decheance et ne laissons pas faire.

  16. Affreux à dire
    Stéphane Denis le jeudi, 08/09/2011
    dans

    Parlons Vrai

    La question ne se pose pas encore en France mais, en Grande-Bretagne ou en Allemagne, on la trouve sous la plume d’éditorialistes vedettes de la presse conservatrice et libérale. Il y a deux mois, avant de les lire, je l’ai posée lors d’une rencontre avec des banquiers internationaux : et si nous, les conservateurs libéraux, nous nous étions trompés ? et si ce à quoi nous avons cru, l’économie de marché, n’avait jamais été qu’un moyen pour le plus petit nombre de faire travailler le plus grand pour acquérir le maximum de capital et donc de liberté ?

    C’était au moment où il devenait clair que la crise grecque serait épongée non par les banques mais par l’argent public ; que le Congrès américain, après avoir ruiné l’essentiel de l’amendement Dodd-Frank, laisserait le système financier prêt à recommencer ; que Barack Obama allait passer un compromis qui réduirait les dépenses mais n’augmenterait pas les impôts ; et que la mondialisation consisterait plus que jamais à récupérer les bénéfices mondiaux en replaçant les pertes chez les contribuables.

    On a de plus en plus le sentiment que les gouvernements défendent des intérêts au lieu de répondre à la crise, ou encore répondent à la crise en défendant des intérêts. Et cela quelle que soit leur couleur politique. Aussi, la seule chose qui reste à se demander est la part d’autonomie dont ils jouissent ; à vrai dire elle consiste à mettre en scène des décisions qui donnent l’impression que les dirigeants politiques les ont apprises cinq minutes avant de s’y convertir. Tout se passe comme si une force supérieure leur disait : “Voilà comment seront les choses, à vous de vous débrouiller pour que les gens s’en accommodent ; ces détails ne sont pas notre affaire, faites votre métier et, si vous n’y parvenez pas, d’autres dirigeants vous remplaceront.”

    C’est affreux à dire, mais il est possible que nous ayons été aveuglés par la sottise, l’archaïsme et l’utopie de la gauche depuis trente ans, et que la ritournelle de ses vieilles recettes nous ait empêchés de voir qu’elle avait raison sur le fond : le système destiné à faire progresser le plus grand nombre a été récupéré de façon à enrichir sans limites le plus petit. On a commencé de s’en rendre compte en France quand le scandale des rémunérations est devenu patent et qu’il est apparu que le but du jeu était devenu de multiplier les revenus exonérés d’un côté en finançant par l’emprunt et les subventions la consommation de l’autre. On le vérifie aujourd’hui quand le sauvetage de la Grèce n’est pas le sauvetage de la Grèce incapable d’atteindre les objectifs qu’on lui assigne mais celui des banques imprudemment et par appât du gain compromises dans sa faillite. Dans moins de deux mois, le nouveau président de la Banque centrale européenne prendra ses fonctions et, quelles que soient ses qualités indiscutables, je doute qu’il adopte une attitude plus sévère à leur égard : il s’agit de Mario Draghi, un ex de Goldman Sachs, précisément la banque qui a aidé les Grecs à maquiller leurs comptes pour entrer dans l’euro.

    Oui, c’est assez terrible pour un libéral d’admettre que la gauche avait peut-être raison même si c’est en dépit de la gauche et de ses solutions éternellement inappropriées. Surtout à un moment où elle frappe de nouveau à la porte du pouvoir et semble en passe de l’emporter. La voilà qui se représente avec sa confiance inébranlable dans l’État. La seule consolation, c’est qu’elle est aujourd’hui à peu près aussi révolutionnaire que la droite mais, si on se rappelle que la droite nous a menti pendant vingt-cinq ans avec son maniement du libéralisme, la seule perspective est que la gauche nous mentira tout autant avec son futur faux dirigisme, et c’est une assez maigre satisfaction.

    J’ai écrit “peut-être raison” parce qu’il reste une chance, très mince, pour que le nouveau conservatisme, celui du partage consenti du monde entre les riches et tous les autres, ne soit, malgré les scandales qu’il provoque, pas sauvé par le conservatisme de la gauche si elle gagne, ou le contentement de soi qu’éprouvera la droite si elle réussit à rester au pouvoir. Elle consisterait à reconnaître que nous nous sommes trompés et qu’il faudrait essayer autre chose. Je doute qu’elle survive à une présidentielle. Stéphane Denis, journaliste, écrivain

    http://www.valeursactuelles.com/parlons-vrai/parlons-vrai/affreux-%C3%A0-dire20110908.html

    1. quant on confie aux faux monnayeurs le contrôle de l’émission des billets…
      (aphorisme Grouchien )

      1. Tout n’est pas dit en société,

        Je veux voir d’abord le changement dans les autres après je changerais un peu le vase de place.

    1. Curieux, Le Monde n’évoque nulle par sur son site (hors zone abonnés que je n’ai pu consulter) la déclaration de Schäuble évoquant la possible faillite de la Grèce. Pourtant le moindre rebondissement de l’affaire DSK justifiait l’affichage du bandeau jaune signalant les nouvelles urgentes ! Libé, par contre s’est fendu d’un article.

    2. Quant on voit que ça fait une semaine qu’ils font le teasing sur « la plus grande catastrophe humanitaire du siècle », le sensationnel à grand tirage, la disparition des twin towers, comment attendre, de la part des médias, la moindre once d’information crédible et utile ?
      Voilà le genre de purge vomitive qu’ils nous filent à boire pour ne pas avoir à parler des choses importantes :
      http://www.linternaute.com/actualite/monde/11-septembre-heure-par-heure/?f_id_newsletter=5562&utm_source=benchmail&utm_medium=ML8&utm_campaign=E10206481&f_u=2143290
      Et combien vont suivre cette « actualité brûlante » la larme à l’œil, pleins de compassions et de crainte du « terrorisme international »… 60 % des français, comme on le dit dans un sondage relayé par Reuters ?
      Franchement, il y a longtemps que je suis désespéré par la « nature humaine » dont parlait PJ récemment… La fainéantise intellectuelle, suivie de la béatitude arrangeante avec, pour conclusion le célèbre, « comment aurait on pu se douter »…

  17. Vendredi 9 septembre 2011 :

    Grèce : CDS à 5 ans : 3 399 634 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=CGGB1U5:IND

    En clair :

    Untel veut s’assurer contre un défaut de paiement de la Grèce, qui a emprunté 10 millions de dollars sur 5 ans. Untel va donc acheter une assurance contre un défaut de paiement de la Grèce, et cette assurance s’appelle CDS.

    Combien cette assurance va-t-elle coûter à Untel ?

    Chaque année, pendant 5 ans, Untel va payer 3 399 634 dollars. (Par comparaison, pour s’assurer contre un défaut de paiement de l’Allemagne, Untel ne devrait payer que 84 240 dollars par an.)

    Conclusion : quand la Grèce lance un emprunt de 10 millions de dollars sur 5 ans, l’assurance contre un défaut de paiement de la Grèce coûte 16 998 170 dollars !

    Les CDS sont des instruments de spéculation : certains achètent des CDS alors qu’ils n’ont même pas prêté d’argent à la Grèce. Mais le niveau des CDS grecs montre une chose : le défaut de paiement de la Grèce est inéluctable car les marchés internationaux parient tous sur ce défaut de paiement.

    Dans un monde meilleur, les paris sur les fluctuations de prix seraient interdits. Je suis entièrement d’accord avec cette idée de PJ.

    Mais dans le monde actuel, les paris sur les fluctuations de prix condamnent la Grèce au défaut de paiement.

  18. Apparemment l’élite politique grecque est de plus en plus isolée, en Thessalonique :

    http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/0,1518,785574,00.html

    Papandreou kämpft einsam gegen die Wut der Massen

    => Papandreou lutte seul contre la colère des masses.

    Immer weniger Rückhalt für Papandreou

    Draußen auf der Straße, wo die Proteste im Verlauf der Rede weiter eskalieren, kommen solche Appelle längst nicht mehr an. Die Polizei geht mit Tränengas gegen Jugendliche vor, die Schaufensterscheiben eingeworfen und Feuer in Verkaufsstraßen gelegt haben. Die Polizei nimmt nach Behördenangaben mehr als hundert Demonstranten fest. Mindestens zwei Menschen sollen verletzt worden sein.

    => Dans la rue, alors que les manifestations s’accroissent contre son discours, ce genre d’appel n’est plus entendu. La police fait usage de gaz lacrymogènes contre les jeunes, qui ont brisé des vitrines et mis le feu dans les rues commerciales….

    Doch nicht nur vor der Messe, sondern auch unter dem ausgewählten Publikum bei Papandreous Rede scheint der Rückhalt für den Premier angesichts der zunehmend verzweifelt erscheinenden Lage des Landes dünner zu werden. Am Ende gibt es nur wenige Sekunden Applaus. Vielleicht am heftigsten geklatscht wurde zuvor an einer anderen Stelle. Als Papandreou sagte: « Auch ich bin nicht frei von Fehlern. »

    => Non seulement devant la messe, mais aussi parmi le public trié sur le volet pour le discours de Papandreou, le soutient semble s’amenuiser étant donné la situation désespérée du pays. A la fin ne retentissent que quelques secondent d’applaudissement…

    Mitarbeit: Ferry Batzoglou. Mit Material von Reuters

      1. Le PS, comme toute association de politiciens professionnels
        adoptera la ligne qui permet d’être élu par les votants
        Très effets de manche à gauche au besoin, avec Méluche dans les cartons…

        Le PS fera la politique que lui dicte la bourgeoisie.
        Nationalisations pour éponger les pertes
        privatisations quand les profits remontent
        Comme toujours, au service des mêmes.

      2. @ Charles A.

        Votre fixation sur Mélenchon est injuste, c’est un procès d’intention. Il n’a encore
        rien fait. Quelques mois de patience et soit vous pourrez vous glorifier à raison
        par un « j’l’avais bien dit » , soit vous serez obligé de manger votre chapeau.
        N’oubliez-pas l’enseigne: celui qui est promis à l’étranglement chapelier,
        c’est big brother, pas vous.
        En attendant son hypothétique trahison de classe, Mélenchon est utile pour agir, changer
        le sens de l’initiative. C’est important parce que rare. Lisez sa production en enlevant
        de votre esprit la trahison: vous verrez qu’il y a du bon. Pas tout bon, mais du bon:
        vous savez que l’esprit d’absolu est NOTRE handicap.
        Accordez-lui une gràce et je suis sûr qu’il fera son possible pour la mériter.
        Et ce faisant, vous ne vous dévaluez pas.
        Appelons çà soutient critique distant ou paix armée rapprochée.
        L’ ennemi est encore trop puissant …

      3. Aveugle celui qui ne veut voir.
        Les politiciens du FdG sont ceux qui sous la houlette de Mitterrand,
        ont détruit les espoirs de changement, se couchant devant le capital.

        Ce sont les mêmes qui sabottent les luttes,
        comme en opposant un référendum contre la grève générale
        qui pouvait sauver les retraites et infliger une défaite cinglante à la bourgeoisie.

        Une minorité est en consciente.
        Elle doit s’exprimer, pour défendre les luttes et affrontements titaneques à venir,
        pour rassembler le peuple au milieu des désastres qui approchent,
        contre tous les politiciens d’alternance au service du capital.

      4. Incapable de répondre à un argument ?

        Quant aux militants indignés, révoltés ou révolutionnaires,
        de partis et traditions diverses, ils sont dans les luttes,
        au quotidien, pour rassembler et préparer les grandes luttes à venir.

        Ils détournent pas ces luttes au profit des bourgeois amateurs de caviar.

    1. S’y préparer est la moindre des précautions. Qu’elle puisse encore être repoussée est encore possible, mais si c’est de moins en moins vraisemblable.

      1. Oui mais le « tabou » de la sortie de la Grèce de la zone ‘euro est évoqué.

        «  »….Mais selon les informations de l’hebdomadaire allemand Spiegel, le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, aurait déjà mis au point deux scénarios sur l’avenir de la Grèce. Dans le premier cas, le pays reste dans la zone euro, dans le second le pays sort de l’euro et revient à son ancienne monnaie, la drachme. Ce serait alors la faillite du pays. L’hebdomadaire allemand ne précise toutefois pas quel pourcentage est attribué à ce deuxième scénario…. » »

      2. A ce propos :

        Il serait temps, en France, de se préparer au double choc à venir de la crise bancaire et de la crise des finances publiques. Il vient. Il sera là bientôt. Et personne ne réfléchit assez au scénario du pire ; comme s’il suffisait, pour le conjurer , de ne pas y penser.
        Voici ce que serait son déroulement, en dix étapes :

        1. La Grèce, n’ayant plus les moyens de financer ses déficits, arrête de rembourser ses créanciers, de servir une partie de ses retraites, de payer une partie de ses fonctionnaires. Toutes les banques lui ayant prêtées et toutes les entreprises qui lui vendent des armes et autres produits de première nécessité subissent des pertes . La Grèce ne sort pas alors pour autant de la zone euro : aucun traité ne l’y contraint, ni même ne le rend possible ; de plus, nul ne peut forcer les Grecs à convertir les euros qu’ils détiennent en une drachme de moindre valeur.

        2. Pour renflouer ce pays, l’eurozone refuse alors d’utiliser les maigres ressources du Fonds de stabilisation Européen, et de créer des eurobonds, ( qui n’ont de sens qu’avec une fiscalité européenne, pour les rembourser, et un contrôle européen des déficits des budgets nationaux , pour éviter d’en faire un mauvais usage) .
        suite http://blogs.lexpress.fr/attali/2011/09/11/se-preparer-au-pire-pour-leviter/
        par Attali

  19. Il n’y à qu’un jounal français comme le Figaro pour permettre de faire connaitre de telles conneries de la part de notre Ministre des Finances, François Baroin. Il ya le feu dans la Maison Europe et comme au XVème siècle pendant le siège de Constantinople où les barbares montaient à l’assaut des murailles, nos dirigeants européens eux, discutent du sexe des anges. Vive l’Europe dirigée par des ‘Incapables » et des « Incompétants ». Et qu’on se rassure les CDS français se vendent (très vite) et on achète (encore plus vite) les CDS allemands. Le gérant d’un « fond de pension » situé dans un « bled perdu » du Minnésota n’en a cure et regarde les intérêts de ses actionnaires et de ses pensionnés. Ce n’est pas encore « demain » qu’on s’occupera des paris sur l’avenir.

    1. Sans vouloir défendre la ligne éditoriale d’Etienne Mougeotte, le rôle d’un journal reste néanmoins d’informer, du meilleur… et du pire.

    2. pendant le siège de Constantinople où les barbares montaient à l’assaut des murailles

      Ce parallèle des chutes d’Empires, je l’emploie volontiers, car il vient à l’esprit naturellement. Je voudrais juste souligner le fait que vous tombez dans le piège de l’ethnocentrisme facile. Ce n’étaient pas des barbares qui envahirent Constantinople, mais des turcs à la culture millénaire, transfigurée par un Islam conquérant et alors en plein zénith culturel et scientifique, à des lumières du purgatoire où il s’enfonçait doucement, quand l’Occident l’a redécouvert lors de ses conquêtes coloniales du XIX…

      1. C’est bien pis, ce sont les « croisés  » qui ont saccagé Constantinople en premier, poussés par les Vénitiens auprès desquels ils étaient endettés , pour le transport des troupes.

        « Alexis fit à Boniface une proposition alléchante : le paiement de la dette des croisés à Venise contre une aide pour récupérer le trône de Byzance…. »

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Quatri%C3%A8me_croisade

        Et ce saccage fut d’une grande sauvagerie..
        De plus, lors de l’attaque par les Turcs, Constantinople encore Byzance à l’époque, je crois, demanda l’aide du Pape qui ne répondit pas à cet appel à l’aide.

  20. oui : le silence assourdissant des oppositions… et je préciserai de la Gauche dite de gouvernement !
    Ça restera un mystère (?) : pourquoi les principaux candidats PS n’osent -ils pas affronter les financiers? Leur formation à l’ENA qui leur a définitivement borné le ‘comprenoir’? La possibilité implicite d’accéder à la présidence à condition d’être responsable = aux ordres?
    Ils pourraient simplement suivre une règles du capitalisme ‘normal’ telle que F. Leclerc la rappelle dans un commentaire plus haut :

    Des recapitalisations sur fonds publics ne devraient pas intervenir sans contre-parties. En premier lieu, les actionnaires des banques devraient en faire les frais, comme c’est naturel en économie de marché.

    Dans l’émission sur France Culture Paul propose aussi un fixing hebdomadaire ou mensuel pour le prix des actions qui n’a pas de raison de fluctuer par microsecondes si ce n’est pour la spéculation. Là aussi une mesure simple que l’alternative de Gauche devrait proposer clairement aux électeurs et avec pédagogie – et bien sûr en Europe aussi. De toutes façons si vous expliquez autour de vous ce qu’est le HFT, les gens d’abord vous croient à peine et ensuite en comprennent la nuisance. Mais pour le moment le risque concret (systémique) reste obscur pour les gens, ce qui peut expliquer qu’il n’ y a pas (encore) d’indignation puissante contre l’oligarchie financière.

      1. Les campagnes gigantesques avec des millions d’euros, ça ne marchera plus si les gens n’y croient plus. On ne supporte pas un parti politique comme une équipe de foot quand la crise frappe aux portes du foyer. Il faudra du vrai contenu (ça coûte moins cher que d’imposer médiatiquement des slogans creux moyennant finances, mais ça fait appel à l’intelligence). Par contre, il serait bon de diffuser largement ces listes de sponsors dans les journaux, de les diffuser aussi largement que les sondages. 😉

    1. Bonjour et merci à tous de nous tenir informé.
      un fixing hebdomadaire fera apparaitre de nouveaux algorithmes, tout aussi incrontrolable.
      Les ordinateur se lacheront une fois par semaine, mais de quel manière?
      ON NE PEUT PAS LEUR FAIRE CONFIANCE. c’est tout.
      On les à laissé s’enrichir a outrance au détrimant des peuples.
      La seul solution c’est une remise à zéro et le juste partage des richesses, oû ils continueront d’une manière oû d’une autre.

      1. En supposant que vous parliez de la bourse, je crois pouvoir
        dire que le taulier n’est pas d’accord.
        Plusieurs suppositions :

        La bourse est un symbole. On ne touche pas aux symboles. elle est – point barre.
        La bourse est réformable par des changements minimes. On n’y touche pas.Inutile.
        La bourse est la marque d’une organisation de la Société dans ce qu’elle a de plus
        intime : la Propriété. Et vous ne voulez certainement pas aliéner le droit de la Propriété,
        parce que si voulez vous en prendre au legs sacré de la Révolution, alors
        il faut… il faut… il faut le dire.

        Mais j’ignore tellement de choses.

      2. Un algorithme qui ne fonctionnera qu’une fois par semaine, plutôt que tous les 10.000ème de seconde sera très malheureux. Je les ai fréquentés, j’ai l’intuition de leurs états d’âme.

        Je suis adversaire de la concentration des richesses. Vous êtes peut-être au courant.

      3. Pourquoi sont-ils à ce point inaudibles en haut lieu et dans les médias traditionnels, les adversaire de la concentration des richesses ?

        C’est la question à 15 trillions.

    1. Une idée me turlupine depuis quelques jours.
      Si au lieu de « la Grande Perdition » on assistait au « Grand Sabordage  » nous ne serions pas les seuls à souhaiter un nouveau modèle économique. Dans cette hypothèse, après le désastre auto-programmé que pourrait nous imposer un « Néo-Capitalisme » conscient des limites de la croissance, quelles mutations sont-ils capables d’imposer ?

      1. Il me semble que le capitalisme, en tant que système d’appropriation et/ou d’exploitation des ressources (dont humaines) est né avec la révolution néolithique. Et qu’a la fin de la renaissance il est devenu moderne (privilégiant des stratégies, plus commerciales et économiques ).
        Et que si le capitalisme s’effondrait réellement (je le crois et l’espère),
        qu’il ne resterait que 2 choix:

        – Un système Orwellien (qui serait la continuité encore plus radicalisée du système actuel, j’y crois pas trop)

        – Une révolution post néolithique (gestion universelle des ressources )

        Je pencherais plutôt pour ça, car j’ai l’impression (malgré la radicalité, mais aussi la faiblesse du système actuel ) que l’ appréhension ( vision ) de l’autre devient de plus en plus universaliste.
        Ce serait enfin la fin de l’histoire (Graal des humanistes universalistes).

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