CORRUPTION ET SORCELLERIE DES MÉDIAS, par Jean-Luce Morlie

Billet invité

Des deux côtés de la méditerranée, les peuples s’indignent de la corruption tandis que dans le même temps, les journaux alignent « affaires » sur « affaires ». Mardi matin sur France Culture, Marc Voinchet  abordait la corruption en compagnie de Pierre Lascousmes, de Raphael Einthoven et de Leyla Dakhli, tandis que Pierre Péan était « l’invité sur bande magnétique ». Je crois utile d’interroger cette montée « en puissance médiatique » du thème de la corruption avant que la saturation de nos consciences n’occulte, une fois encore, son historicité au nom de sa naturalité supposée (Lucien Ayissi  Corruption et Gouvernance ). Sur la même radio, à 18h, dans sa chronique quotidienne, Alain-Gérard Slama reprenait ce thème pour souligner en substance que, par la corruption, le capitalisme creusait sa propre tombe ! Alors au fond, si la situation est si sérieuse, les médias auraient pu s’en occuper avant et avec autant de pugnacité, le phénomène est si massif ! Devant cet état de fait, il me semble légitime de tenter de comprendre comment cette spectaculaire mise en avant-scène pourrait n’avoir pour effet que de permettre, sans plus d’examen, de tourner la page du rôle de la corruption dans l’histoire des soixante dernières années du capitalisme ?

Pour nos sociétés européennes, les travaux de Pierre Lascoumes sur la corruption montrent sa prégnance quotidienne (l’attribution d’un logement social, etc.) et pas seulement en haut de l’échelle ; les formes diffèrent selon les pays, les « petites enveloppes » envers les fonctionnaires sont moins nombreuses en France qu’en Grèce, mais les « réseaux » de passe-droit y ont leur place. Globalement, cette gangrène exige sans doute d’autres conceptualisations que le raisonnement fonctionnaliste de type « huile dans les rouages » ou le pessimiste anthropologique anhistorique qui l’attache à la « nature humaine ». Un affinement de notre conception de la corruption est peut-être d’autant plus nécessaire que la menace du « tous pourris » (dont Einthoven se prêtait à produire l’écho) détournent de l’examen du passé par l’annonce de son traitement par les « ayatollahs de vertus », selon l’expression de Voinchet :  dans l’Italie des années trente, le fascisme désignait les mafias « hors l’État » et autorisait leur chasse tandis qu’il s’appropriait de ses  pratiques violentes à l’intérieur du tout État.

Nous avons changé d’ère, les sociétés capitalistes spectaculaires marchandes ont engendré une corruption de type capitaliste spectaculaire marchand dans laquelle les images de la corruption médiatisent les rapports sociaux à la hauteur de la corruption de ces rapports, par exemple DSK se trouve instrumentalisé avec pour fonction d’exploser l’audimat du voyeurisme, fut-il, par ailleurs blanc comme neige. Certes, cela se passe toujours un peu comme dans les années vingt, lorsque la publication de « Satan conduit le bal » assouvissait les mêmes désirs, mais à l’époque, Monsieur le Curé en interdisait la lecture et l’on obéissait ! Bien entendu, la base anthropologique de la corruption demeure l’assouvissement des passions vulgaires (Platon, commenté par Ayissi, p.101 et p. 126), tandis que son usage social demeure la constitution de chaînes de dépendances hiérarchiques ; cette compréhension n’est pas neuve, la Boétie, en son temps, désignait nommément la corruption comme « secret de la domination ». Il existe toutefois une différence essentielle entre le rôle joué par la corruption dans les sociétés anciennes et les nôtres. Pour l’ancien, elle participe encore du balancement des affects entre le « pur » et « l’impur », le « haut » et le « bas » des « passions corporelles », elle s’inscrit dans le double jeu carnavalesque relatif au système de normes. L’ancien principe de la réversibilité des rôles montrait à la fois la nature affective du lien humain et la nature imaginaire de l’adhésion aux formes sociales. La possibilité même de cette inversion de rôle confortait et maîtrisait d’un mouvement convergent cette construction humaine de la nature humaine et la construction humaine des formes de son adhésion au pouvoir. L’ambivalence des rôles subsiste, un peu abâtardie et moins « ouverte », comme lorsque la tricherie au sommet de l’État s’appuie sur le plaisir de tricher avec la feuille d’impôt et inversement. Aujourd’hui encore, la corruption conserve à merveille les jouissances qui lui furent attachées dans cette période d’accumulation primitive des affects soutenant les structures du pouvoir, et bien entendu, à l’insu de la conscience que nous en avons. La corruption n’existe qu’en référence à un code social, aussi dans sa première phase, l’entrée en corruption demande une phase de jeu. Et ce jeu est très sérieux, pour beaucoup, c’est l’entrée dans une chaîne de commandement parallèle motivée par l’espoir d’échapper ainsi aux contraintes tristes de l’acceptation d’un salariat étriqué, et pour d’autres, elle ouvre la voie permettant d’augmenter les jouissances que la promotion de ses propres talents par ses propres vertus ne pourrait satisfaire. Dans ce jeu ou l’éducation bascule dans le fossé, le couple corrupteur-corrompu commence par se tâter. Entre le petit fonctionnaire et son futur client, il s’agit d’abord de se reconnaître sur le mode de communication des affects et donc, sans que cela soit dit, de faire passer en réciprocité le message partagé selon lequel le code social sera mis hors-jeu et pour un enjeu de plus bas niveau. De plus, le corrompu ne sera pas tenté par le corrupteur, sans qu’il n’ait montré les signes préalables à la reconnaissance de sa prédisposition. Les menaces de violence physique pour rupture du pacte viendront plus tard, les mafias ne contestent à l’État son rôle de monopole de la violence physique que lorsque l’accord tacite d’acceptation d’une dominance hiérarchique est rompu et que les deux clans, désormais d’un même bord, ne viennent à s’affronter pour le pouvoir.

La corruption véhicule aussi tous les anciens plaisirs de la magie (Ayissi) : faire exister ce qui n’est pas, faire advenir une immense fortune, créer des marchés fictifs, et comme pour Giscard faire croire aux « avions renifleurs » (de pétrole). Bien entendu, la magie fonctionne, le fonctionnaire qui y réussit le mieux obtiendra, pour de vrai, le poste de niveau supérieur. Du plus haut niveau de l’échelle hiérarchique jusqu’au plus bas, la magie de la corruption court-circuite les exigences de la norme et transforme toute médiocrité en excellence, le fainéant trouve à s’y employer, tandis que les peu doués accèdent aux magistratures suprêmes 1 ;  mieux encore, au nom de l’intégrité, les plus doués – ces crétins qui n’ont pas les pieds sur terre – en boivent d’eux-mêmes la ciguë. Tous ces traits anciens sont encore présents aujourd’hui, et ne distinguent pas fondamentalement notre rapport à la corruption des rapports anciens. Il y a pourtant une caractéristique profonde de la corruption sur laquelle nous divergeons : la corruption , « on la tait » ou bien si l’on en parle ce n’est que « sur un mode particulier », une façon « de dire qui ne dit pas vraiment ». Ce silence – l’omerta – tient bien entendu à la nature parasitaire de la corruption, elle vit sur son hôte, aussi le tuer c’est se condamner, d’où l’étonnante remarque de Slama sur le suicide du capitalisme par corruption. Le silence sur la corruption n’est pas non plus le résultat d’une méconnaissance. Sous l’URSS, par exemple, la corruption de la nomenklatura était massive et les comportements des gens entièrement forgés par les passions vulgaires et étriquées qui lui sont nécessaires pour prospérer et dont elle se nourrit, le tout noyé d’humour et  d’alcool, l’œuvre de Zinoviev en témoigne (pour les réclamations, adressez-vous à lui pour le sac Vuitton – Glasnost et Perestroïka – voyez Poutine). Cette notion de discrétion déroule ses effets à partir du niveau psychologique pour passer ensuite  du micropolitique au macropolitique, le «  joue et tais-toi quel que soit le cas » initial rencontre le sentiment de risque, le sentiment de honte d’avoir violé la vertu, ensuite la société qui la laisse prospérer et que cette déchéance condamne perd toute fierté sur elle-même, aucune société globale ne peut se prendre la corruption comme un impératif moral catégorique et se dire « tu seras corrompue », pour ensuite soulever haut ses jupes pour bien montrer combien elle l’est. Pourtant, dans nos sociétés notre rapport social à la corruption passe plus par la TV que par les cours de justice, l’écran en est plein tandis que le marais croupi dans l’ombre, l’à quoi bon. L’image surmultipliée renforce notre rapport de défaite envers ceux  qui nous défont, les peuples sont battus !

Parvenu au stade spectaculaire marchand, le capitalisme est aujourd’hui aux mains d’une oligarchie financière mafieuse ayant réussi la mise en coupe réglée des  États, lesquels viennent de donner aux banques les liquidités par lesquelles elles spéculent et continuent à faire de l’argent en pariant sur l’endettement des États qu’elles viennent juste de mettre sur  la paille. Ce cercle magique absolu et par lequel s’achève sous nos  yeux l’ascension capitaliste appelle un retournement vers une forme de conception substantialiste de la corruption, qu’il s’agit peut-être, et pour autant que ce soit désiré, de prévenir et donc d’expliquer. L’astuce de ce retournement est d’une très grande banalité : il s’agit simplement de faire oublier l’historicité de l’instrumentalisation de la corruption dans la genèse de cette dernière phase du capitalisme, avant que de passer à autre chose. Nous aurons donc été défaits par les mauvais instincts que nous partageons tous ! L’amorce d’un débat sur la place de la corruption semble pourtant s’annoncer : ce mardi, sur France Culture, Raphael Einthoven s’abritait sous le rôle de l’avocat du diable pour défendre la thèse de la naturalité en s’aidant d’un éventail argumentaire allant de « tout le monde n’est pas comme ça », «  ce n’est pas toujours si grave » à la « possibilité de rédemption du pêcheur » ; moins léger, et à propos des dispositions fiscales délinquantes intra européennes, Pierre Lacousmes rappelait qu’il s’agit bien de deal politique et non d’une simple disposition schizoïde des dirigeants, lesquels autoriseraient pour leur main gauche, et sans en avoir nullement conscience, de faire ce que pour leur main droite ils refuseraient. Cette discussion sur l’intentionnalité de la corruption dans l’histoire du capitalisme présente un enjeu dont, je crois, il faudrait débattre en profondeur, ainsi, Paul Jorion sur son blog tient à apporter sur ce sujet la précision suivante :

« Dans ces exposés, Janet Tavakoli présente la crise des subprimes comme une « pyramide » ou une « cavalerie », non pas « spontanée », mais orchestrée. Autrement dit, tandis que je présente la crise des subprimes comme étant essentiellement une dynamique disons « de type physique », elle la présente elle comme résultant essentiellement de fraudes intentionnelles. Il ne me viendra jamais à l’esprit de dire que la fraude est étrangère à la crise des subprimes. Il y a eu fraude, mais celle-ci n’a pas joué à mon sens un rôle plus important dans la crise des subprimes que celui qu’elle joue en permanence en finance – et dans le monde des affaires en général où elle est endémique. »

Takavoli vs. Jorion. La crise des subprimes : pyramide orchestrée ou spontanée

Pour Jorion, la corruption est de tout temps et de partout, mieux encore , dans son article Comment l’on devient l’anthropologue de la crise, il relate comment l’acceptation ou le refus de sa pratique trace le mur de verre par lequel les décideurs se séparent du commun et assurent leur pouvoir. Il semble toutefois que Paul Jorion considère que la corruption intervient à titre de variable extérieure à la dynamique propre des systèmes financiers et économiques. L’enjeu de ce cantonnement est en effet d’importance lorsqu’il s’agit de concevoir les règles d’un fonctionnement économique moins susceptible d’effondrement que la forme actuelle du capitalisme. Assurément, si la corruption devient un facteur explicatif, si le capitalisme est, bien au-delà d’un système de production destiné à satisfaire nos besoins, essentiellement un développement et une tentative de perpétuation dans le but de satisfaire le bonheur à dominer de quelques-uns, alors à quoi bon se tracasser d’une constitution pour l’économie, puisque rien ne peut s’opposer à l’éternel retour des débâcles, lesquelles seront tout au plus retardées (accessoirement s’il faut régler l’économie, organisons la production et choisissons des produits susceptibles de satisfaire de plus bénéfiques passions que les passions vulgaires, et surtout prenons, des précaution pour que l’économie ne serve plus de faux-nez à des visées de domination). Jorion apporte un argument supplémentaire : ne considérer que la corruption conduirait à jeter la critique avec l’eau du bain en faisant croire à la possibilité de régler ce genre de problème par quelques condamnations. Ces questions méritent discussions. Ainsi, pour Jean de Maillard, la corruption est devenue une nécessité fonctionnelle de l’économie à partir de la crise des Saving & loan (1970). Selon de Maillard, la succession des crises est engendrée par les déséquilibres résultant des moyens mis en œuvre pour stabiliser la crise précédente. À chaque fois, les seuls moyens de rééquilibrer à nouveau furent de sortir toujours davantage du cadre légal. Dans sa chronique, Slama évoquait le fait que l’accentuation réglementaire de la finance favorise l’émergence des failles qui permettent son exploitation délictueuse et terminait sa chronique en rappelant que les montages financiers nécessaires au maquillage des comptes de la Grèce pour son entrée dans l’UE furent commandés à Goldman Sachs : l’intentionnalité est patente. Il me semble que deux niveaux d’interprétation du rôle de la corruption peuvent être pris en considération et de façon simultanée. Casamayor remarquait déjà en 1973 que la complexité des systèmes, la multiplication des arcanes et des failles offraient un terrain propice à la corruption 2. Cette position rejoint celle adoptée aujourd’hui par Jorion. Toutefois, il convient de prendre en considération la coévolution des systèmes par la sélection de leurs opérateurs concepteurs, car de fait, une fois passé le mur de verre, le choix de développer la complexité résulte d’une simple succession de tactiques destinées à abriter l’intention de tricher des décideurs cooptés. Dans ce mécanisme, la complexité est instrumentalisée pour déguiser la triche, et dès lors, c’est bien une forme de corruption qui en définitive gouverne le système. Parallèlement et indépendamment des enseignements auxquels un débat de ce type pourrait nous conduire, nous pouvons également nous poser la question, toute différente, des intérêts liés à la représentation médiatique de ce débat, ce qui ultérieurement (je n’aborde pas cet aspect) conduirait à comprendre les distorsions que l’image imposée de la corruption imprime aux rapports de corruptions effectifs.

Au stade de l’oligarchie financière, le capitalisme spectaculaire marchand autorise – nous le constatons –  un « arrêt sur image » sur la corruption financière. Si les journalistes n’y faisaient pas attention, il est fort à redouter que le matraquage médiatique ne réactive notre rapport archaïque à la corruption. Comme l’écrit le professeur Ayissi dans son (très remarquable et plaisant) traité de phénoménologie de la corruption 3 :

La substantialisation de la corruption lors de sa dénonciation dans les discours officiels a quelque chose de superstitieux : on s’imagine qu’on dénonce un être coupable d’aliéner un cosmos et d’instaurer un chaos. Cette représentation fantastique est assortie de la croyance superstitieuse qu’à force de dénoncer publiquement cet être diabolique, on pourra finir par le tenir absolument en son pouvoir ; on pourra le neutraliser en enfermant hermétiquement son pouvoir destructeur dans les mots. C’est le bon vieux principe de la vigilance magique.

Lucien Ayissi, Corruption et gouvernance, l’Harmattan, 2008 210p. ; p. 23

Dans cette perspective, la crise de la finance se révélerait dès lors comme un abcès de fixation, une plume apotropaïque, recrachée par le capitalisme en quête de la croyance à sa propre guérison (l’effet Buffet). Du pillage de l’Amérique latine par l’United Fruit dans les années cinquante à la relégation en Afrique de nos déchets encombrants, en passant par le transit des valises par les paradis de la délinquance fiscaux, et l’exceptionnel management de Tepco, le capitalisme n’a prospéré que par la volonté des acteurs de sa construction de tisser, en quelques décennies de spectaculaire intégré, une toile de corruptions aussi serrée que diffuse, et dont l’usage spectaculaire consistait précisément à nous en présenter sous le nez de petites bouchées hollywoodiennes afin de nous tenir à l’écart de la perception de son mouvement d’ensemble. Il reste que substantialiser la corruption, la renvoyer à la partie démoniaque de la nature humaine gomme son historicité (Ayissi, p. 185) et par là même, nous prive des moyens d’avancer d’un pas dans l’histoire humaine de la nature humaine.

1 Casamayor, cité et commenté par Ayissi, P.76

2 « La corruption, comme tous les vices, part d’abord d’une vertu : la tolérance. Puis aussi de résignation : « on n’y peut rien », avec une pointe d’orgueil :  » je suis réaliste. » Elle n’est pas seulement un vice, elle est une maladie, et elle est aussi un défaut technique, ou tout au moins elle en révèle un grave, elle prospère sur les pannes du système, sur la complication, comme les champignons sur le fumier… c’est si vrai que l’on pourrait s’en servir comme d’un détecteur de panne… »

Casamayor, « La Corruption », in Esprit, N°420 – janvier 1973

3 L’ouvrage d’Ayissi pourrait, de façon jubilatoire, se retrouver dans l’une des poches de chaque indigné, en construction de l’émancipation qui vient.

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130 réflexions sur « CORRUPTION ET SORCELLERIE DES MÉDIAS, par Jean-Luce Morlie »

  1. Du pillage de l’Amérique latine par l’United Fruit dans les années cinquante à la relégation en Afrique de nos déchets encombrants, en passant par le transit des valises par les paradis de la délinquance fiscaux, et l’exceptionnel management de Tepco, le capitalisme n’a prospéré que par la volonté des acteurs de sa construction de tisser, en quelques décennies de spectaculaire intégré, une toile de corruptions aussi serrée que diffuse, et dont l’usage spectaculaire consistait précisément à nous en présenter sous le nez de petites bouchées hollywoodiennes afin de nous tenir à l’écart de la perception de son mouvement d’ensemble.

    Tout est dit.
    La lutte contre la corruption n’est qu’un voile jeté sur la prédation généralisée par le capitalisme.
    Ce dernier est incompatible avec tout vivre ensemble, toute démocratie.

    1. @Charles A

      ce que vous semblez retenir est accessoire (c’est atroce bien entendu), mais c’est ailleurs que je cherche à faire mal . Cherchez, c’est même pas le « petit cercle du matin », non c’est à nous tous !

      1. Certes, à chacun son accessoire.
        Mais puisque vous en offrez plusieurs, je souligne au moins votre conclusion:
        la dénonciation « holliwoodienne « visant à camoufler la grande prédation capitaliste,

        J’approuve tout autant la dernière phrase allant dans le même sens:

        renvoyer [la corruption] à la partie démoniaque de la nature humaine gomme son historicité et par là même, nous prive des moyens d’avancer d’un pas dans l’histoire humaine de la nature humaine.

      2. le pessimiste anthropologique anhistorique qui l’attache à la « nature humaine

        Ce n’est pas du pessimisme mais du réalisme, les philosophes nous l’ont montré abondamment (Machiavel, Hobbes, Spinoza…). Exprimer sa puissance par tous moyens, telle est la destinée humaine. Seuls les sages savent que leur intérêt bien compris, leur bonheur, la béatitude est dans la conduite vertueuse de la vie. Mais les sages sont rares. Il reste donc pour l’état de faire en sorte que les dirigeants ne puissent tricher, ou que le jeu en soit si dangereux qu’ils y renoncent. Si la première et la plus élémentaire sanction était instituée : – l’interdiction définitive de tout mandat électif pour tout élu condamné dans l’exercice de son mandat – la corruption serait déjà substantiellement réduite.
        L’expérience nous montre que la corruption est universelle, existe sous tous régimes car précisément elle est inhérente à la nature humaine. Dans tout échange, (marché, troc…) comme en mariage, suivant l’adage, « trompe qui peut »
        Ce n’est pas dans le roman, le délire, que sont les solutions.

      3. @pol (y tique)

        le pessimiste anthropologique anhistorique qui l’attache à la « nature humaine Ce n’est pas du pessimisme mais du réalisme, les philosophes nous l’ont montré abondamment (Machiavel, Hobbes, Spinoza…).

        Sans doute peut-on remonter jusqu’à Aristote, pour qui le meilleur des régimes possibles, la Démocratie, pouvait être aussi, tout à fait diamétralement, le pire, dans sa forme tyrannique, corrompue, la démagogie…
        Cela dit je me demande ce qui, du message supposé de ces penseurs précurseurs mais encore pessimistes des Lumières libérales ou bien de votre long séjour professionnel dans le ventre à recyclage saphrophyte (et boudiou ça profite) des charognards bancaires, vous aura inspiré le plus notablement ce fatalisme de « l’univerternelle » putréfaction ..

    2. (A Charles A)
      La corruption est au moins aussi importante, mais de forme différente (vernis idéologique), en pays socialiste, cf URSS, Allemagne de l’Est, Chine de Mao.

      Nous ne sommes toujours pas sortis de la dominance animale, où le dominant utilise les circonstances historique – prétexte socialiste ici, financiarisation là – pour augmenter sa soif de pouvoir.

      Vous remarquerez que cette façon de voir les choses permet de sortir de l’opposition stérile capitalisme/communisme qui continue à mobiliser les énergies.

      Amicalement,

      Delphin

      1. @ Delphin
        C’est vous qui opposez à tort capitalisme et ‘socialisme » soviétique.
        Les anticapitalistes, et les peuples de plus en plus du fait de la crise,
        opposent clairement ou implicitement démocratie à dictature du capital,
        que celui ci soit propriété propre ou du parti unique.

  2. Des sept péchés capitaux définis par l’église catholique, celui qui demeure intact est l’envie, moteur de la corruption et que la corruption produit en retour, pour pouvoir être.

    1. @ Marlowe

      la piste est très intéressante, avez-vous des références dans la littérature « chrétienne »; dans la perspective des neurones miroirs il y aurait asymétrie et donc, ordre hiérachique, ça me plait, dommage que Laborit ait peu de continuateurs.

      A+

      1. Diable, moi je voyais les neurones miroirs comme un opérateur de symétrie, essentiel dans l’empathie (discours rifkinien) et la mise en route du « système associé » qu’une société utilise pour sublimer ses pulsions (discours stieglerien).

        Qu’en revanche la structure fine de ces mêmes neurones miroirs, variables chez les uns et les autres conduisent à une asymétrie amplifiée (plus grande que celle qui est « prédisposée »), c’est très possible, comme le fait que des molécules chirales naissent d’atomes « ronds » avant qu’ils ne s’associent.

      2. S’il s’agit de « modestement » continuer le travail de Laborit, j’en suis. Avec Bateson, Decetti, Rizzolati, Atlan, Naccache, Prochiantz, Berthoz, Morin, Varella, et tant d’autres..
        et pourquoi pas Christiane Olivier (psych/som/analise revisitée par une femme…)
        Un nouvel anthropo- blog complémentaire ?

      3. à Jean-Luce Morlie,

        La piste a été relevée par le grand détective Debord, dans une lettre à Jaime Semprun, si mes souvenirs sont bons.

        Comme je suis en déplacement, je ne peux pas vous donner la référence avant ce soir ou demain.

        marlowe@orange.fr

      4. @ « et alors »

        Un tel blog serait passionnant même si je n’en « suis pas », je ne suis qu’un lecteur attentif de ces chercheurs.
        Par exemple le livre d’Alain Berthoz « La décision » est tout à fait dans le sujet au risque de ruiner définitivement la théorie économique des acteurs rationnels.

        Et Antonio Damasio ?

        La décision: http://www.decisio.info/Alain-Berthoz.html

      5. @ Timiota ,Et alors, Cadavre exquis, Marlowe

        Attention, j’utilise « neurones miroirs » comme une simple notion à laquelle j’applique une approche du même style que celle par laquelle Laborit rendait compte du circuit de la récompense ( par niveau d’organisation ). Je ne présuppose donc pas une dissymétrie dans l’organisation des neurones miroirs, mais simplement le fait que cette structure code en affects internes dissymétriques les positions sociales dissymétriques, et que dès lors, le rééquilibrage affectif interne de chacun passe par une compensation à l’intérieur de chacun du manque ressenti en provenance du haut de la hiérarchie par l’apport des satisfactions trouvées – à l’extérieur -dans la reconnaissance de l’envie ( merci Marlowe) reconnue chez celui pour lequel on a réussi à se positionner au-dessus de lui .

        L’intérêt de l’approche est d’une part de montrer que le « bla bla » empathique (je parle des dégénérescences Rodgérienne des années soixante-dix) doit s’attaquer à la modification des structures sociales et d’autre part de monter que nous sommes neurologiquement équipés pour construire une organisation sociale qui progressivement dépassera l’état actuel de notre mode d’utilisation de ce que les philosophes appelaient jadis « la nature humaine », faute des instruments d’analyses nécessaires à la compréhension de son fonctionnement.

        Naturellement, comme Laborit l’a certainement fait remarqué quelque part, lorsque le mode actuel d’utilisation de la « nature humaine » m’apporte suffisamment de satisfaction, il n’y a pas vraiment de raison pour je m’intéresse à le changer et j’ai même tout intérêt à considérer qu’aucun changement ne viendra jamais.

        Et alors, allez-y, lancez un blog, dont le thème serait  » l’économie ne doit pas servir de faux-nez à un mode de domination, mais être organisée en vue de développer l’histoire humaine de la nature humaine.

        C’est clair qu’il y aura du boulot pour convaincre Pol Delphin, Arielle, et les autres.

        A+

      6. @ Jean-Luce Morlie,

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Envie_et_gratitude_%28psychanalyse%29

        L’envie est un concept de psychanalyse de Mélanie Klein qu’elle associe à la gratitude et qu’elle définit comme :

        « Le sentiment « hargneux » que l’autre possède et jouit de quelque chose désirable – la pulsion envieuse consistant à l’enlever ou à le corrompre.
        (the angry feeling that another person possesses and enjoys something desirable – the envious impulse being to take it away or to spoil it) »

        http://www.spp.asso.fr/main/conferencesenligne/Items/2.htm

        Voir le chapître sur l’identification projective via l’exemple d’un roman, bien sûr un pacte d’égo avec le diable.

        Le pavillon de la récompense, hisser à la découverte?

        Marc Hamilton – Comme j’ai toujours envie d’aimer
        http://www.youtube.com/watch?v=J8UkJx_TFVw

        Nom d’un circuit, des intégrés!?

        TETE – L’ENVIE ET LE DEDAIN
        http://www.youtube.com/user/teteTV?blend=22&ob=5#p/u/0/JR_jVpW_tEw

        Sans nuage, un sucre, merci.

        Maître yoga, la farce et le chat-pot l’y tique deux là croît?

        http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/cyprien/jalousie.htm

        habemus prépuce? Sam a gratté..

        Fab?

        Merci

        P.S: le lien du professeur philippe jorion de l’université d’irvine vaut son besant de noisettes, une des références mondiale de la gestion du risque, auteur demi-sel estudiantins es-bourrifants et grand stimulateurs de mirroirs neuronaux apprentis, dissection lehman brother et analyse UBSeque au programme, membre d’associations prestigieuses financées par blackrock et affinidés, la fesse obscure de la lune? Bigre!!

      7. @ Cadavre exquis

        Eh oui, Antonio Damasio, grand neurologue et philosophe, dont les travaux exceptionnels sont encore trop ignorés en France, pays trop engoncé dans un freudisme étriqué. Souvenons-nous du lynchage des auteurs du « livre noir de la psychanalyse » sans parler de celui d’Onfray.
        Damasio a pourtant bel et bien démontré, et cela de manière très scientifique, qu’en dehors de tout ressenti émotionnel il était impossible de prendre une décision, cassant en cela l’adage trop répandu que l’on ne peut peut pas prendre de décision sous l’influence de son affectif.
        C’est bien la théorie que je défends en prétendant que ce culte religieux du rationnel absolu nous a conduit dans une impasse où seule règne l’intelligence prédatrice, car c’est dans l’absolu, la seule qui est enseignée dans les grandes universités de cette planète.
        L’intelligence émotionnelle est très loin des pouvoirs, alors que Damasio avance par ailleurs, dans son hypothèse sur la genèse neurale des émotions, que nous sommes condamnés à l’empathie sous peine de disparaître rapidement de cette planète.
        Les exterminateurs sont d’ailleurs déjà à l’oeuvre, de manière encore plus perverse que ne l’étaient les nazis ou les apparatchiks du système soviétique, et la majorité des humains reste encore convaincus que nous sommes encore en démocratie et dirigés par des politiques qui n’ont que l’intérêt commun comme objectif.
        Je rêve!

      8. à Jean-Luce Morlie,

        Lettre de Guy Debord à Jaime Semprun du 4 mai 1986.
        Cette lettre accompagne le canevas d’un article rédigé par Debord pour paraître dans le bulletin de l’Encyclopédie des Nuisances sous le titre « Abolition » et figure dans le sixième tome de la correspondance de la page 412 à la page 421.

        Extraits : « L’envie est devenue un mobile exclusif et universel. L’envie a toujours procédé du fait que beaucoup d’individus se mesurent à une même échelle. Celle-ci était, le plus souvent, le pouvoir et l’argent.(…) Et cette poursuite du vent étant absolument vaine, tous les cocus d’aujourd’hui sont donc condamnés à courir sans fin.(…)
        On comprend aisémént ce triomphe de l’envie, la fusion incontrôlable de son coeur radioactif, et ses retombées partout. »

      9. @ Wielgus, Marlowe, Cadavre exquis, et alors, et J M Morlie bien sûr
        surtout @ Wielgus

        Vous pointez à peu près « la seule querelle qui vaille » (« …celle de l’homme », dixit De Gaulle).
        Je ne suis pas très partisan des tables rases, mais plutôt des hybridations qui n’en mènent pas trop larges en prétentions initiales.
        Donc je ne jetterais pas aux orties une raison absolue dont j’admets pour la discussion qu’on puisse dire qu’elle est défendue par les universités.

        Je veillerais plutôt à tisser des « raisons émotionnelles » pour « adopter » cet ovni biologique qu’est la « raison absolue » (adopter au sens de stiegler : sublimer, faire du système associer, infinitiser).

        @ J L Morlie : j’ai un peu de mal à voir les neurones miroirs comme engrammant une domination sociale. Ils font peut être ça à l’insu de leur plein gré en envoyant leur signaux en même temps que les autres affects qui signifient ladite domination (affect = baffe par exemple, on connait l’anecdote d’Héraclite, mais aussi des juste un peu plus subtils comme tout ceux que Bourdieu pointe). Et les circuits les plus « sociaux » du cerveau recoivent les deux.
        Il me semblerait préférable de garder la notion de neurone miroir pour le mécanisme qui nous faire ressentir une émotion à la vue d’un geste (contextualisé si on veut), en activant toute la partie amont du circuit (cela restant bloqué au cervelet). Que celui qui n’a jamais voulu enlever un outil des mains de son interlocuteur pour « lui montrer komenkonfaioukonpouraifaire » passe ces lignes.

        Enfin @Wielgus de nouveau, quelques armes contre la raison absolue quand même : Stiegler parle d’interscience dans sa vidéo sur l’université du XXIe siècle. Bruno Latour propose aussi moults concepts destinés à ré-encapsuler ce que une pure science a de trop absolu (« Traité d’anthropologie symétrique », de mémoire). L’écrivain journaliste Flore Vasseur (« Comment j’ai liquidé le siècle ») a quelques fois de belles intuitions dans cette direction, plus dur de m’expliquer là-dessus.

        Pour ma part, je sursautais à la radio en entendant une ènième enquête sur je ne sais quoi commençant par les mots fourre-tout « chiffres à l’appui, … » ! Il faudrait, comme pour l’interscience, forger des mots différents pour parler de ces chiffres qui n’en ont pas la consistance, qui sont fabriqués dans une sorte d’agrégation commode d’une quelconque « base de données » par une personne qui fait une offre systémique dans un monde médiatique qui lui en fait la demande systémique. Appelons cela des « chouffres » ou des « chaffres » mais pas des vrais chiffres. On pourrait en dire autant de la « valeur » de certains actifs !
        Quel scandale que mon cerveau se voit obligé de recevoir l’information « 15 [euros] » quand il entend le cours de la société générale ! Quel manque de respect pour le chiffre 15, pour le « vrai » chiffre 15, celui que mon cerveau a engrammé et qu’il a plaisir à voir sortir à l’issue d’un calcul ou d’un comptage qu’il fait lui ! Et l’on se joue de mon cerveau quand on lui demande la reconnaissance d’une information soit disant « neutre ».
        Prétendrait-on autant à la neutralité s’il s’agissait d’autres symboles qu’on me mette sous les yeux ? Nous savons bien que non… lorsqu’un journal s’ouvre sur les genoux de notre voisin de transport en commun, il se passe bien quelque chose de différent suivant qu’on y lit (qu’on ne peut s’empêcher d’y lire) un gros titre sur une starlette du moment ou sur un éloge de la blanquette de veau (Ph Meyer ce matin sur Fr Inter) ou encore sur un économiste anthropologue vannois !
        Me suis fait comprendre un peu ? (> 10%?) (zut j’ai écrit un chaffre ou un chouffre)

      10. @Timiota et à tous

        je vous cite:

        « Il me semblerait préférable de garder la notion de neurone miroir pour le mécanisme qui nous faire ressentir une émotion à la vue d’un geste (contextualisé si on veut), en activant toute la partie amont du circuit (cela restant bloqué au cervelet).  »

        je ne vous critiquerez pas sur le mélange des mots scientifiques ( neurone cervelet ) qui ne disent rien que ce que l’on voit et qui renvoient à des théories « sophistiques ». La critique porte plutot sur le terme d’émotion. Je ne crois pas qu’il soit possible de re sentir une émotion. Il me semble qu’une émotion est toujours du domaine du présent.

        En revanche cette émotion me semble être « ressentie » sous d’aspect quantitatif de bien ou mal. Le chef humain est en noir ou blanc. La sensation est en qualitative, l’émotion est en quantitatif.

        La democratie me semble colorée mais ne nécessite-t-elle pas un dictateur numérique?

        Etre + humain.

        Bonne journée

    2. A Arielle, Pol,

      Citation Pol : »Exprimer sa puissance par tous moyens, telle est la destinée humaine. »

      Bien présomptueux celui qui croit avoir définitivement compris le ressort profond de l’humain.

      1°- ce n’est pas parce que nombre d’humains présentent ces caractéristiques qu’elles sont inhérentes à l’humain. On peut trouver des sociétés, primitives ou à formes premières qui ne présentent pas tellement ces caractéristiques (ceci n’est pas l’apologie naïve du primitif).

      2°- Les dominants impriment leur vues à toute une société (cf la corruption en Grèce). Le comportement humain est extrêmement dépendant du contexte social.

      3°- Par conséquent, il n’est pas interdit de penser que si le contexte place les dominants en nécessité d’évoluer favorablement (crise écologique phénoménale), le virage idéologique obligé des dominants retentisse sur les dominés aliénés à la dominance eux-mêmes.

      En résumé, il n’y a peut-être pas de nature humaine, comme il n’y a pas de genre par essence (cf polémique des « réactionnaires »).

      Amicalement,

      Delphin

      1. Bien présomptueux celui qui croit avoir définitivement compris le ressort profond de l’humain

        Modestement, je ne fais que reproduire ici la pensée des philosophes des lumières mais peut-être que  » le Prince » de Machiavel,  » le Léviathan » de Hobbes ou « l’Ethique » de Spinoza ne sont que des tissus de conneries !
        A se demander pourquoi chaque année autant de thèses leurs sont consacrées !

    3. C’est curieux , ..car le seul malheur qui n’ a pu sortir de la boite de Pandore …C’est l’ Espoir …qui serait en fait mal traduit et qu’il faudrait traduire par « conjecturation » , prospective …
      Ce qui est normal , puisqu’on ne peut se remémorer la douleur (comme l’odeur ou la couleur) , il est logique de ne pas pouvoir la conjecturer .

    4. (A Charles A)

      C’est à cela que je pensais quand je parlais d’oppositions stériles (échantillon) :

      ————————————————————————————————————————————–

      « Charles A.
      18 septembre 2011 à 15:51

      @ Morviandeau
      Sans expropriation du capital, par la force et le nombre,
      ce qu’aucune urne n’a jamais fait,
      toute nouvelle constitution, comme les précédentes,
      coulera dans le béton la tyrannie du capital.
      « Charles A.
      18 septembre 2011 à 15:57

      « ALBIN
      18 septembre 2011 à 09:49

      « que la démocratie entre enfin dans les entreprises ? »
      Et si on clonait les abeilles pour que la démocratie entre enfin dans les ruches ?
      Parce que la ruche est un lieu de travail extraordinaire où règne une extraordinaire division en classes sociales !
      Si la démocratie réussit dans une ruche, pourquoi pas dans l’entreprise ?
      Être idéaliste commence comme cela.

      Albin ne décevra jamais:
      toujours porte-voix du MEDEF: ici un modèle de l’esclavage et la spoliation.
      Espèce menacée, comme les abeilles… »
      —————————————————————————————————————————————

      « Charles A.
      18 septembre 2011 à 16:12

      Sans aucun doute, Chevènement, nationaliste réactionnaire,
      aurait sans doute suivi en 1914 la bourgeoisie française et allemandes,
      faisant tourner leurs cigares, leurs usines, les gaz, les bombardements,
      les mitraillages, et les fusillades.
      Jaurès, au secours. Ils veulent te tuer et sacrifier ton peuple encore une fois.

      francis
      18 septembre 2011 à 19:30

      @ Charles A
      Qu’elle démonstration d’intelligence! et pourquoi pas fasciste, voire stalinien
      Mon pauvre ami, argumentez au lieu de dire des conneries! vous ne savez pas ce que vous dites
      ———————————————————————————————————————————–
      etc.

      Amicalement,

      Delphin

  3. Formidable ! Je m’apprêtais justement à faire un billet sur cette émission surréaliste, avec à la baguette ce Raphaël Enthoven (ex de la « première dame de France  » si je ne me m’abuse) et du chœur hallucinant qui l’accompagnait tout au long de cet hilarant matin cuculturel-là (ah, cette ébouriffante diatribe sur les « ayatollahs de la transparence » !)

    Mais bon, l’article de Jean-Luce Morlie se suffit largement à lui-même. Je partage à mort cette mise à mort par knock-out mort de rire de ces Diafoirus ampoulés 😀

    1. La mise en évidence de la corruption par les médias « alignés » pourait étre comprise comme un début d’incitation à la désobéissance civile, ce qui permettra le début du chaos redempteur tel qu’expliqué par Naomie Klein.
      Rien ne se perd, rien ne se crée mais tout commence à se comprendre ! 😉

      1. @ J.L. Morlie
        N’ayez crainte, Mr Morlie, l’inverse peut étre tout aussi vrai en ces temps de grande incertitude.
        La désinformation n’étant jamais que de l’information destinée à ceux qui ne veulent pas l’inconfort de la réalité, et ils sont nombreux !
        N’avez vous jamais imaginé à quoi ressemblerait un monde sans « intellectuel » ?
        Un monde organisé autour du droit naturel et non du droit positif.
        Un monde sans expert mais géré avec bon sens.
        Un monde sans soldat mais permettant aux généraux de se battre ensemble.
        J’ai ce monde en téte, c’est ma vérité.

      2. @morlie

        22 septembre 2011 à 00:5@ Kalon à propos des médias, je crains d’avoir cherché à dire exactement l’inverse.

        Hé bé oui… et je ne craindrais pas de dire, quant à moi, que c’est « exactement » le problème, votre problème et pas « l’inverse ». Je crains que ce soit mieux de trouver quelque chose à dire plutôt que de chercher quelque chose à dire à ne pas dire mais qui va sans dire; dit et redit mais jamais dit comme ça, pour finalement ne rien dire mais tellement bien dit qu’on y voit couic, oh dis donc !
        Cette phrase en exemple :

        Parallèlement et indépendamment des enseignements auquel un débat de ce type pourrait nous conduire, nous pouvons également nous poser la question toute différente, des intérêts liés à la représentation médiatique de ce débat, ce qui ultérieurement (je n’aborde pas cet aspect) conduirait à comprendre les distorsions que l’image imposée de la corruption imprime aux rapports de corruptions effectifs.

        Voui, voui, voui… Je ne retiendrai qu’un mot, le fautif « auquel », dont la forme plurielle bizarrement oubliée pourrait bien nous resignifier votre servile consentement monomaniaque et irréducriblement singulier à la boétienne antienne pour béotiens sans antennes, en illustrant ainsi l’implacable dangerosité dénoncée ici par le père Jorion.
        La servitude volontaire, en tant que discours, c’est très sympa, très important sans doute. On le garde dans un coin cortical, ok, et pis on passe à autre chose, au risque sinon de danser autour comme un derviche tourneur, de s’y perdre, soit, mais d’y perdre son petit monde aussi. La Boêtie, ferment de solitude.

      3. @kalon

        N’avez vous jamais imaginé à quoi ressemblerait un monde sans « intellectuel » ? Un monde organisé autour du droit naturel et non du droit positif Un monde sans expert mais géré avec bon sens Un monde sans soldat mais permettant aux généraux de se battre ensemble. J’ai ce monde en tête, c’est ma vérité.

        Et bien laissez l’y, dans votre tête, votre monde. C’est celui d’un anarcho-capitaliste, chapelle jusnaturaliste, grand prêtre et Docteur ès attraction universelle : Murray Newton Rothbard, en bref de la merde en boite de Campbell’s soup, cherchez pas l’ouvre-boite…

      4. @kalon

        N’avez vous jamais imaginé à quoi ressemblerait un monde sans « intellectuel » ? Un monde organisé autour du droit naturel et non du droit positif. Un monde sans expert mais géré avec bon sens. Un monde sans soldat mais permettant aux généraux de se battre ensemble.
        J’ai ce monde en tête, c’est ma vérité.

        Et bien laissez l’y, votre monde, dans votre tête. C’est celui, rêvé, des anarcho-capitalistes, chapelle jusnaturaliste, grand prêtre et Doctor ès gravitation universelle : Murray Newton « Ma pomme, ma pomme… Rothbard, en bref de la très sale daube en boite de Campbell’s soup. Cherchez pas l’ouvre-boite.

      5. La mise en évidence de la corruption par les médias peut aussi s’entendre par la crainte de perdre le statut fiscal avantageux des journalistes et les subventions massives aux journaux.

        Quant à cette expression de « chaos rédempteur », elle sent son judéo-chrétien à 20 bornes. Une bonne punition divine (ou simplement transcendante) pour ceux qui ont fauté en abandonnant la Voie…
        Des orages, nous pouvons craindre qu’ils nous tuent ou espérer qu’ils nous entrainent « vers les abîmes d’une autre vie » dont rien, absolument rien, ne dit qu’ils seront plus fastes que ceux où nous chutons aujourd’hui.

      6. Ho oui, qu’il serait beau ce monde à la Mad Max, chacun son pétard, chacun dans une bande, un clan, une tribu , dans laquelle les plus forts auraient tout les droits. Ha oui, quel monde merveilleux que ce monde sans Moïse, Socrate, Aristote, Bouddha, Confucius, Zenon, Manie, Jesus, Martin, Gregoire, Remi , Abelard, Bernard, François, Memon, Kayyam, Avicenne, Copernic, Galilé, Rabelais, Pascal, Descartes, Montesquieu, et quelques autres perturbateurs de cette bonne loi bien naturel.
        Haaa, le libertarisme, y a que ça de vrai.
        Question, les libertaires sont-ils les neuneus des libertariens?

      7. @Kerjean

        Je viens de recevoir un mail du baron Secondat de Montesquieu de la Bréde qui te fait dire « qu’il te serait fort gré que tu aies l’heur de lui complaire en ôtant le patronyme de son glorieux ancêtre de ton petit libel anti-libertaire. Non que les petits camarades le précédant dans ta liste lui deplussent, non, diantre !, simplement que ce fût ta liste »…

        Ps : moi c’que j’en dis… j’fais juste le facteur.

      8. @Vigneron

        Ayant consulté, le conseil de M. Montesquieu m’informe que le grand homme dit très fermement à son descendant:
        « velocypédus méméra? »

      9. @Kerjean
        /// Question, les libertaires sont-ils les neuneus des libertariens? ///
        Tu as l’air de t’y connaitre en « neuneu » ….mais a insulter les gens planqué derriere un pseudo , on ne risque pas grand chose …Curieux qd meme le net …perso , vu ma taille et qqs années de rugby-montagne , je n’ai pas l’ habitude (dans la vraie vie ) des insultes et des roquets …et suis désarmé …

      10. « velocypédus méméra? »….. (sob)
        Ahhh, l’autre qui degaine, son p’tit Mickey maouse, son tout tiot anar de droite de mes deux, le clown gris, Desproges…
        Fonds de tiroir au premier coup d’froid, vivement le gong, c’est pas Cassius Clay 68, c’est Georges Foreman last waltz.
        Té, pisque t’aimes bien les verveux de droite, en bon p’tit franchouillard, révolutionnaire juste pour la salive du juré-craché, et contre-revolutionnaire des pellicules coaltarisées pré-calvitiennes aux mycoses pévarylisées sousgrosorteilliennes, un zoli passage d’un Audiard qui passe pas…

        Mais revenons z’au jour de gloire ! Je conserve un souvenir assez particulier de la libération de mon quartier, souvenir lié à une image enténébrante : celle d’une fillette martyrisée le jour même de l’entrée de l’armée Patton dans Paris […] Édentée, disloquée, le corps bleu, éclaté par endroits, le regard vitrifié dans une expression de cheval fou, la fillette avait été abandonnée en travers d’un tas de cailloux au carrefour du boulevard Edgar-Quinet et de la rue de la Gaîté, tout près d’où j’habitais alors. Il n’y avait plus personne autour d’elle, comme sur les places de village quand le cirque est parti. parti
        Ce n’est que plus tard que nous avons appris, par les commerçants du coin, comment s’était passée a fiesta : un escadron de farouches résistants, frais du jour, à la coque, descendu des maquis de Barbès, avait surpris un feldwebel caché chez la jeune personne. Ils avaient – naturlicht ! – flingué le Chleu. Rien à redire. Après quoi, ils avaient férocement tatané la gamine avant de la tirer par les cheveux jusqu’à la petite place où ils l’avaient attachée au tronc d’un acacia. C’est là qu’ils l’avait tuée. Oh! pas méchant. Plutôt, voyez-vous à la rigolade, comme on dégringole des boîtes de conserve à la foire, à ceci près: au lieu des boules de son, ils balançaient des pavés cheveux jusqu’à la petite place où ils l’avaient attachée au tronc d’un acacia. C’est là qu’ils l’avait tuée. Oh! pas méchant. Plutôt, voyez-vous à la rigolade, comme on dégringole des boîtes de conserve à la foire, à ceci près: au lieu des boules de son, ils balançaient des pavés tuée. Oh! pas méchant. Plutôt, voyez-vous à la rigolade, comme on dégringole des boîtes de conserve à la foire, à ceci près: au lieu des boules de son, ils balançaient des pavés.

        Audiard par Audiard, éd René Château, 1995.

      11. @Kercoz
        Plait-il????
        Je ne vous adresse pas la parole et vous vous sentez insulté?
        Je pose une question générique et vous vous sentez insulté?

        Il faut se calmer l’ami.

        @Vigneron
        voit pas la rapport. A moins que vous fassiez parti de ces gens qui considèrent que tous les résistants étaient des porcs de la dernière heure. Même les 80 000 qui sont morts sous les balles(pas toujours allemandes) , sous la torture ou en déportation. Mais ça ne m’étonne pas, vu votre engouement suspect pour la supranoationalité et votre acharnement à faire dans le Céline.

      1. @Kerjean
        Il faudrait y ajouter Platon et son allégorie de la caverne car c’est exactement ce qu’il se passe actuellement ! 🙂

    2. A Pol,

      « Modestement, je ne fais que reproduire ici la pensée des philosophes des lumières mais peut-être que » le Prince » de Machiavel, » le Léviathan » de Hobbes ou « l’Ethique » de Spinoza ne sont que des tissus de conneries ! »

      Non, mais de l’eau a coulé sous les ponts et ce qui n’était effectivement pas présomptueux dans un contexte donne’, prend une autre signification dans un tout autre.

      Il serait mal venu de reprocher à des philosophes classiques, même à vocation universaliste, de ne pas prendre en compte les apports de générations successives suivantes.

      Amicalement,

      Delphin

      1. La science, n’est pas tabula rasa, le passé n’est pas démonétisé mais il y a cumul des acquis. Preuve en est, Damasio, dont il est question ci-dessus a écrit un ouvrage « Spinoza avait raison » Il tente de répondre à l’interrogation du philosophe « on ne sait pas ce que peut le corps » Il semble répondre dans une optique « physicaliste » qui dit que tout est corporel, même l’âme (la pensée serait une secrétion « physique » du corps) Pour info, il y a des discussions interminables et passionnante sur le site « Spinoza et nous » entre les « dualistes » et les « monistes »

  4. Dans le fond, les textes védiques d’il y a 5000 ans expliquaient la même chose: la corruption est le moteur du « progrès » qui est lui-même voué à s’écrouler à cause de celle-ci. Le Grand Cycle et tout le toutim….
    Ce qui est effarant, c’est le changement dans la façon dont on parle dans les premiers billets -qu’ils soient de ce blog ou d’un autre- de la crise. Aborder cette crise avec le champ lexical religieux (pêchés, vices, rédemption, sorcellerie) est obligatoire un moment donné, les mots manquent, on ne veut pas se répéter et on finit fatalement par en parler dans des termes qui étaient oubliés voire bannis.
    Ce que je me demande, c’est pourquoi croire à chaque fois qu’on change le système en prenant l’exact opposé de celui-ci. Je ne dis pas que c’est ce que vous insinuez ou ce que vous préconisez, mais la nature humaine veut cela. A l’Eglise, on a opposé les Lumières. Au féodalisme, on oppose le capitalisme. Mais tout cela fait partie de la même soupe. Tout est dans tout et l’un s’imbrique dans l’autre jusqu’à finalement ressembler à ce qu’il détestait. Peut-être aussi, ce n’est qu’à posteriori qu’on oppose des systèmes qui ne font que se suivre. Les transitions sont considérées comme des oppositions de fait. Est-ce le cas? Je ne sais pas… Mais ce que je retiens, c’est qu’on est vraiment tous logés à la même enseigne et cela de tous temps…

    1. @ Tim K :

      Tout est dans tout et l’un s’imbrique dans l’autre jusqu’à finalement ressembler à ce qu’il détestait. Peut-être aussi, ce n’est qu’à posteriori qu’on oppose des systèmes qui ne font que se suivre. Les transitions sont considérées comme des oppositions de fait.

      Allez voir le cours récent de Stiegler donné à Epineuil.
      Ce que vous entrevoyez y est codifié sous le gloubi au début peu aguichant de « double redoublement épokhal ».
      Car dans une première phase la technologie n’est qu’adaptée, désublime, c’est le premier coup du changement d’époque. Puis dans un après coup, on retrouve un nouveau « système associé » où l’adaptation des technologies est effectué, plus qu’une digestion, c’est une nouvelle forme de sublimation qui émerge. Exemple avec l’écrit/les sophistes au temps de Platon, l’imprimé/La bible/les pamphlets et libelles /les Lumières etc. ; aujourd’hui internet ou autre réseau. (Dur à résumer, j’admets !)

  5. La crise des subprimes résulte en réalité d’une corruption organisée sur la base d’une vaste escroquerie à deux étages : d’une part auprès des petits épargnants naïfs floués, une titrisation qui s’en est suivie puis une escroquerie évidente à l’assurance (AIG l’a compris trop tard) car en définitive les CDS constituent une sorte de garantie pour n’importe quel spéculateur que ce soit une banque d’investissement, un hedge fund ou un trustee de la City ou de Singapour mal intentionné. Et ces acteurs de l’ombre de la finance internationale vivent de la corruption qui a le champ libre depuis l’avènement de l’internet haut débit précipitant cet état de fait. La partie émergée de cet iceberg géant et très sombre (des milliers de milliards de dollars qui circulent stérilement) est parfois révélée par un naïf qui aurait vu des valises aller d’une main à une autre, mais c’est purement anecdotique. En d’autres temps, celui qui aurait osé parler de corruption n’avait aucune chance de survie. Mais de nos jours, ces personnages de l’ombre, de l’opacité, du non-dit, ont droit de cité jusque dans les couloirs très privés des petits salons des présidences, des parlements, des chancelleries, des conseils d’administration des grandes multinationales dont on ignore le lieu réel de leur siège social pour faire prospérer des capitaux anonymes issus eux-mêmes de la corruption basée sur une spéculation basée sur des instruments financiers qui n’ont qu’un seul but, perturber l’équilibre financier précaire de nombreux pays de la planète en réalisant le maximum de profits. Bernanke et son prédécesseur Greenspan devraient partager la même cellule que Maddoff, qui après tout était un naïf en comparaison de l’immense corruption de ces deux tristes personnages qui, pour le premier cité, n’hésite pas à en rajouter au mépris de toute espèce de loi.
    Le monde bancaire ignore les lois élémentaires et n’est intéressé que par le profit immédiat sans frais, sans risques et sans analyse de ces derniers, ce qui à mon sens constitue une arnaque organisée à l’assurance qui ressemble étrangement à de la corruption puisque les agences de notation ont menti depuis le début de cette crise qui n’en est malheureusement qu’à la fin de sa gestation. Attendons donc d’assister à la véritable naissance de cette crise imminente …

  6. La corruption c’est offrir un sacrifice au détenteur de la puissance pour obtenir quelque chose qu’on aurait pas autrement ou de plus grande valeur que le sacrifice. C’est la version douce du coup de poing dans la figure, la loi du plus malin qui remplace la loi du plus fort : quand on est motivé par un objectif, il vaut mieux un petit sacrifice que de risquer un mauvais coup. Tout comme est douce l’occupation et la mise en coupe réglée d’un pays comme la Grèce par ses nouveaux propriétaires au moyen d’un gouvernement fantoche par rapport à une guerre d’invasion.

    Un moyen de supprimer la corruption serait de supprimer les règlements et la puissance, l’autorité chargée de les faire respecter. Mais ces règlements sont indispensables pour éviter ou codifier les conflits dans une société organisée, et l’autorité est supposée, dans une démocratie du moins, être une émanation de chacun, une représentation de soi dans laquelle on se reconnaît. De ces choix de mode de vie et des règles de son fonctionnement acceptées par tous découle des droits, notamment d’égalité, que la corruption annule.

    Peu importe l’origine ou la nature philosophique de la corruption, c’est discuter du sexe des anges. Ce qui importe pour l’éviter c’est d’abord le sentiment d’appartenance à une communauté, impliquant l’adhésion à ses règles, et ce sentiment est devenu bien rare en occident. Et ensuite le contrôle social sur l’égalité de chacun pour que le fruit de la corruption soit visible, et l’égalité de droit pour empêcher quiconque de profiter d’une situation de « dominance ». Là aussi on en est loin, notamment en matière de fortune.

    Qui de l’oeuf ou de la poule… provoque ou accepte l’idée de corruption puisque « tous pourris, pourquoi je n’en profiterais pas aussi puisque j’en ai besoin et l’occasion? » Non sans raison, renforçant d’autant plusse l’idée de « tous pourris ».

    La corruption ne détruira pas le capitalisme, elle entrainera le capitalisme à devenir autoritarisme par refus d’accorder les mêmes droits à tous, sur base de la propriété privée, pour conserver son avantage. Et d’une certaine croyance dans l’existence d’élites, mais cette croyance a toujours existé. Nous sommes au début d’un cycle de ce genre, après avoir vécu un cycle d’autoritarisme d’état sur base idéologique capitalisme contre communisme.

    1. « La corruption c’est offrir un sacrifice au détenteur de la puissance pour obtenir quelque chose qu’on aurait pas autrement ou de plus grande valeur que le sacrifice. »

      A rapprocher de Condillac:  » Il est faux que dans les échanges on donne toujours valeur égale pour valeur égale. Au contraire, chacun des contractants en donne toujours une moindre pour une plus grande… L’avantage est réciproque et voilà ce qui a fait dire qu’ils se donnent l’un à l’autre valeur égale pour valeur égale. Mais on a été peu conséquent car, précisément de ce que l’avantage est réciproque, on aurait dû dire que chacun donne moins pour plus. »

  7. SILVIO BERLUSCONI RENVERSÉ PAR GIUSEPPE VERDI

    Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité.
    L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

    Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l’épisode de l’esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 – époque où l’opéra fut écrit – était opprimé par l’empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu’à la création de l’Italie unifiée.

    Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

    Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la représentation…

    Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d’orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

    Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie ».

    Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière. », raconte-t-il.

    Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s’est produit :
    [Après que les appels pour un « bis » du « Va Pensiero » se soient tus, on entend dans le public : « Longue vie à l’Italie ! »]

    Le chef d’orchestre Riccardo Muti :
    Oui, je suis d’accord avec ça, « Longue vie à l’Italie » mais…
    [applaudissements]

    Muti : Je n’ai plus 30 ans et j’ai vécu ma vie, mais en tant qu’Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j’ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j’acquiesce à votre demande de bis pour le « Va Pensiero » à nouveau. Ce n’est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Chœur qui chantait « O mon pays, beau et perdu », j’ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l’histoire de l’Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment « belle et perdue ».
    [Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]

    Muti : Depuis que règne par ici un « climat italien », moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant… nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théâtre de la capitale, et avec un Chœur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

    C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »

    « Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »

    Voici une vidéo de ce moment plein d’émotion :
    http://www.youtube.com/embed/G_gmtO6JnRs

    Nous vivons le trouble d’une période allant vers une transmutation révolutionnaire.
    Elle n’est pas qu’une crise économique, politique, sociale ni financière.

    Nous arrivons au tournant de notre histoire.
    Pas d’une société à refaire emprunte d’anciens modèles sans espoirs,
    Mais d’une nouvelle civilisation à inventer, construite sur l’Être plutôt que l’avoir.
    En reflet de cette émancipation qui vient, la culture en est l’un de ses miroirs.

    La voix des peuples se fait entendre jusqu’aux loges des arènes qui les rassemblent.
    Car toutes ces voix ont en commun et d’une manière de plus en plus ample,
    Des aspirations qui, substantiellement les réunies, les rattachent, leurs ressemblent.
    Pendant que ce système vacille, ceux qui le représente et l’ont modelé, tremblent.

    1. Merci, Sam’s pour ce lien superbe (un peu comme la Marseillaise chez Rick’s) que je me suis « play it again ».
      Au delà de toutes les ambiguïtés qu’il comporte, j’aurais aimé y être et pleurer comme la choriste à la fin.
      A voir le niveau social (fourrures, bijoux, costards,…) de ceux qui se sont levés dans le public, peut-être ne sommes nous finalement pas si loin de cette nuit du 4 août que Jorion appelle de ses vœux et du rejet de ce pacte de corruption générale dont les élites se rendent désormais compte qu’il les entraîne toujours plus bas.

      1. @ Sam’s,

        Bonjour,

        Magnifique exemple.

        En fin, d’autres vidéos, dont « la quasi même » version arte, avec sous-titrage français des paroles du choeur, l’avant, le pendant, et le bis.

        Nabucco – Riccardo Muti contre les coupes sombres au budget de la Culture
        http://www.youtube.com/embed/G_gmtO6JnRs
        14’26

      2. @jérôme,
        Le lien que vous avez postez est le même que le mien.
        Pourriez-vous poster à nouveau celui que vous avez visionné : la  » version arte, avec sous-titrage français des paroles du choeur, l’avant, le pendant, et le bis. »
        Merci à vous 😉

    2. Sam’s

      Grandiose, magnifique, fabuleux, sublime !
      Quand l’art réveille l’âme d’un peuple endolori, quand Verdi et Muti la main dans la main
      mettent debout les esclaves, tous les espoirs sont permis.

      Merci, merci, merci.

    3. @ sam’s
      Ce sont les artistes qui changent le monde !
      Je pense à Bram van Velde , le peintre , qui , après avoir vu une bagarre dans la rue n’a plus peint pendant une année .
      Ya vraiment des mecs qu’ont des couilles !

      1. Malheureusement, l’intuition artistique n’est pas souvent prise en considération.
        Les artistes sont souvent considérés comme des agents de divertissement, de gentils décorateurs qui agrémentent la grisaille quotidienne.

        En voici encore un dont on a négligé l’appel visionnaire à la prudence:

        http://www.youtube.com/watch?v=Zd8T76E45k0

      1. Yep yep @Hervey,
        C’est comme pour l’artiste, 1 % d’inspiration et 99 % de sueurs suffisent pour créer une œuvre.

        Je tenais à signaler que certains commentaires qui suivent la publication originale de l’article ne manquent pas d’intérêts notamment celui-ci :

         » Bonjour,
        Merci beaucoup de cet article et de la vidéo qui l’accompagne.
        Deux remarques sur la traduction française des propos de Riccardo Muti :

        1) […] alors que je dirigeais le Choeur qui chantait « ô mon pays, beau et perdu » […] : Muti dit :« o mia patria, bella e perduta », « ô ma patrie, belle et perdue ».

        2) La phrase de Riccardo Muti est : […] Siccome siamo in un clima molto italico e molto spesso Muti ha parlato ai sordi per tanti anni, vorrei…, facciamo un’eccezione, siamo in casa nostra, no ? nel teatro della capitale, siccome il coro l’ha cantato magnificamente […].

        Reprenons la partie de phrase en caractères gras « molto spesso Muti ha parlato ai sordi per tanti anni », littéralement « très souvent Muti a parlé aux sourds pendant de nombreuses années ». La phrase de l’article « moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années » est un contre-sens. Riccardo Muti, sur son nom, fait un jeu de mots appréciable. Dans la langue italienne, muti est le masculin pluriel de l’adjectif muto qui signifie muet [muta, mute : féminin singulier et pluriel, muette(s)].
        Cordialement,
        Patricia « 

  8. Les articles défilent trop vite ces temps-ci sur ce blog pour que je trouve le temps d’y répondre.
    Bientôt il sera relégué dans les profondeurs du web, alors qu’il est essentiel, je crois.
    Une fois dépouillé du factuel (l’émission de France Q) nous reste alors le tableau de sociétés en tous temps et en tous lieux gangrénées par la corruption.
    Sauf que les mots sont trompeurs. La gangrène suppose la décomposition physique, la corruption la décomposition morale.
    Or la corruption, à vous lire et à y repenser, c’est avant tout du lien social. Le lien puissant de la complicité, le lien sans cesse retressé du silence, puisqu’un mot de l’un pourrait faire tomber l’autre et réciproquement.
    Lien social théoriquement possible dans l’égalité, un même manquement réalisé de concert, mais qui mène rapidement à la soumission de l’un à l’autre (mafias, réseaux, baronnies, …). Lien plus puissant que les liens légaux puisqu’inavouable.
    Comme tout ce qui prétend transcender la loi commune, ce lien est forcément mortifère pour la société qu’il parasite, des lors qu’il détourne plus de richesse qu’il n’en produit.
    La corruption peut être également vue comme contrat social. Nous (sauf naturellement les lecteurs et rédacteurs de ce blog) avons toléré la corruption de nos élites, que nous connaissions ou soupçonnions parfaitement, tant qu’elles nous octroyaient des miettes de ce qu’elles détournaient en pillant les pays du sud : avantages sociaux, retraites, smic, sécu, bagnole, …
    Mais voici qu’elles ont rompu le pacte de corruption tacite qui nous liait. et que plus rien ne nous est accordé en échange de ce dont on nous prive.
    Alors seulement nous entendons les voix (pas toujours pures) qui dénonçaient élites et corruption.
    Et nous tentons de leur reprendre ce fruit dont le plus terrible n’est pas qu’il soit défendu, mais que nous n’y pouvons plus croquer.

    1. Tous collabos, tous coupables alors ?
      Ceux qui ici luttaient pour quelques miettes, essentielles, dénonçaient aussi le pillage des pays du Sud… Votre raisonnement fait table rase des luttes passées… et des rapports de force.
      Il a une part de vérité cependant… Nous aurions tous contribué, pour croquer à crédit, à scier la branche sur laquelle ils étaient assis.

      1. @renard, « Nous (sauf naturellement les lecteurs et rédacteurs de ce blog) avons toléré la corruption de nos élites, que nous connaissions ou soupçonnions parfaitement… »
        Voilà une jolie variante de la corruption…
        Pourtant « Renard pris n’accuse que le piège. » W. Blake

      2. Louise M.
        Je tiens à rappeler que j’ai volontairement placé en dehors du « nous » corrompu les lecteurs et rédacteurs de ce blog afin d’éviter que qui que ce soit se sente visé ad hominem.
        J’ai également essayé de dire qu’il ne convenait pas de juger la corruption comme une faute morale mais comme un fait économique et social.
        Oui, notre niveau de vie, même des plus défavorisés, n’était possible que grâce au pillage de nos anciennes colonies. Oui, nous le savions et nous savions parfaitement que s’il s’accroissait, alors que chez nous les inégalités s’accroissaient également, c’est que les richesses qui le permettaient venaient bien de quelque part.
        Puis la source s’est tarie, disons à partir du premier choc pétrolier, quand les émirs et autres potentats ont décidé de spolier eux-même leur peuple sans faire appel à l’occident.
        Ici commence notre endettement. Et nous avons fait mine de croire que les théories keynésiennes de relance par la dette pouvaient fonctionner dans une économie ouverte alors que les exemples du contraire se multipliaient (France 1981-83 par exemple). Pire, pour beaucoup, nous l’avons vraiment cru parce que ça nous arrangeait.
        Qu’il y ait eu d’honnêtes personnes pour dénoncer (à gauche généralement) le pillage éhonté ou (à droite le plus souvent) l’endettement imbécile, c’est vrai. Mais nous avons toujours cessé de les entendre quand leur raisonnement remettait en cause notre niveau de vie et nos avantages acquis. Et pour rester au pouvoir, les politiciens les ignoraient. Voyez la difficulté que PJ a eu à sortir son premier livre sur la crise « parce que ça n’intéressait personne ».
        Je respecte vos luttes, et nous nous y sommes, sans doute, parfois croisés. Mais je ne crois pas que votre position puisse être généralisée.

      3. @ Renou
        Vous avez raison, j’aurais du mettre un smiley. Mais je pensais qu’un certain second degré était évident.
        Je vous serais reconnaissant de croire que je ne suis pas de ces flatteurs qui vivent aux dépens de ceux qui les écoutent, ou qui les lisent. ;=)

  9. Au risque de me répéter (Lol !)
    La corruption ne peut exister au niveau de prédation actuel, qu’ en raison de la méconnaissance des sujets entre eux du fait de la structure hypertrophiée du groupe . Les « Médias » sont un palliatif insuffisant et manipulable de cet outil nécessaire . Les Rites Moraux qu’ imposait le nombre les interactions d’ un nombre réduit d’individus nous semblent désuets et la contrainte d’une aliénation insupportable (on ne pouvait pas etre ministre de la justice avec deux freres en tole…parce qu’on EST responsable partiellement de la faute d’un proche ) .
    La corruption n’est possible que parce que les individus du groupes sont trop nombreux ,leurs interractions encore plus , pour etre connus des autres individus .
    Le problème est une nouvelle fois structurel ….et les tentatives « linéaires » comme les médias , pour faire des retours (feed backs) ne parviendront jamais au niveau des interactions complexes d’ un système naturel .

  10. L’esprit général de ce billet me remet en tête une tare que « les gens du Nord » imputent , beaucoup plus largement , aux  » gens du Sud  » .

    On a résolu le problème quand on en a parlé .

    C’est un virus qui peut facilement infecter un blog , et qui m’a souvent fait écrire que les échanges , aussi sympathiques ou remplis d’acrimonie soient ils , auxquels on y procède , ne se substituent pas aux actions auxquelles on participe , une fois le PC éteint ( ou en veille ) .

  11. J’ai tenu un tiers du texte…

    Le sujet est bon et d’actualité. Le traitement est confus et enflé. L’auteur aurait pu dire les choses bien plus simplement avec des phrases, un texte bien plus courts.
    Je suppose que c’est très intelligent comme vision, mais j’attendrai un résumé ou une réécriture.

    Incidemment, le pedigree de deux figures de commandeur médiatique, pour montrer l’enfumage massif de la canaille médiatique.

    Enthoven.
    Enthoven parlant du « tous pourri », c’est plutôt bancal comme légitimité. Ce personnage arrogant, qui tente toujours de donner des leçons à ses invités à coups d’intonations pédantes – il ressemble très fort à Beytoux Nicolas, autre abonné de la cuillère en argent, toujours définitif dans ses injonctions, particulièrement pour tanner le bas-peuple – émissions sur France-Culture, grenouille dans le système clanique sarkozien, au plus près, soulignant ainsi que cooptation et corruption commencent par la même lettre.

    Alain-Gérard Slama, il suffit de lire sa bio :
    éditorialiste et membre du comité éditorial du Figaro, chroniqueur au Figaro Magazine et à France Culture, président de la Fondation de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, vice-président du groupe des personnalités qualifiées au Conseil économique, social et environnemental, membre du Conseil d’analyse de la société auprès du Premier ministre2, membre du Comité consultatif national d’éthique, membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique, membre du jury du prix Alexis de Tocqueville. Il a aussi été membre du conseil d’orientation de l’Institut Montaigne.

    Cet individu est un rouage convaincu de l’appareil gouvernemental ultra-libéral, cet appareil qui utilise la corruption dans le tiers-monde, fait disparaître les rivaux et gênants par des nominations prestigieuses, et qui a débauché une palanquée de socialisses, sans que Slama s’en émeuve, et encore moins qu’il quitte le confortable fauteuil, les petits-fours et indemnités grasses dont bénéficie le cumulard qu’il est.

    Il préférait cracher sur Pierre Bourdieu, alors que celui-ci que celui-ci se débattait avec le crâbe. Ce fut fait avec une formule heureuse frappée au coin de la qualité. Il déclarait ainsi que le sociologue devrait plutôt de « serrer les dents », avec une gouaille insultante amenant le propos vers « serrer les fesses » .

    Quant à ses opinions, son idéologie tel qu’elle suinte quand il se répand là où il a table ouverte, elle est celle d’un bon petit brun qui se la joue, à force de voir tous les postes de « prestige » s’ouvrir à lui, dans le paradigme d’êxtrême-droite qu’à su développer le résident de l’Elysée.

    1. Très juste Contempteur mais il me semble qu’ Hante-au-vent n’a pas dit « tous pourris », au contraire il dénonce ceux qui usent de cette expression. Il la qualifie de, comment dit-on déjà, ah oui, « populiste », le disqualificatif préféré des corrompus. J’ajouterais que la corruption des esprits est beaucoup plus efficace car tellement confortable pour celui qui s’y soumet. C’est aussi ça la chaleur du troupeau, l’instinct grégaire ou, pour les plus joyeux, le désir d’appartenance.
      En ces temps de farce onusienne, je redonne un petit lien sur ce gars-là :
      http://lmsi.net/Les-Chemins-de-la-Meconnaissance

      1. Tu as sans doute raison. Ca lui va mieux au teint de brâmer « populisme », à l’Hante-au-vent…
        Confortable chaleur de la corruption des esprits…C’est vrai qu’iils sont nombreux, les mediacrates suceurs…
        Attention quand même pour eux, si jamais ils avaient des envies de se laver plus blanc.
        Une copine, bossant la fabrication de moteurs spéciaux a été confrontée à ces pratiques et a dû se renseigner, se renforcer par l’échange d’expériences avec ses collègues, pour résister sans risques – car il n’y a personne qui prend le risque de proposer le chèque et s’en va en après refus avec un « excusez-moi de vous avoir dérangé ». Sauf peut-être chez Soeur Pénible de Poitou du Socialisme Militaire…Cette copine m’a expliqué qu’on y trouve son bonheur financier dans la corruption, mais qu’on ne peut plus en sortir. La « nouvelle » se répand vite et chaque nouveau interlocuteur traite avec le/la corrompu(e) sur une base…de corruption.

    2. Comme disait mon petit fils, » c’est c’ui qui dit,qui est « .C’est a mon sens,parfaitement résumé la situation;Comme toujours,la vérité sort de la bouche des enfants.

  12. +1
    Il faut au moins être un fervent capitaliste « des lumières » pour entendre croissance lorsqu’il n’y a que pillage, performance lorsqu’il n’y a que corruption…
    Sur la domination, citation du pirate Bellamy à son procès en 1720: Ils nous dénigrent, les escrocs nous dénigrent, alors qu’il n’y a qu’une différence, ils volent les pauvres sous couvert de la loi, alors que nous volons les riches sous la seule protection de notre courage.

  13. La corruption ne pourrait disparaître que si l’être humain disparaîssait de la surface de la planète, le capitalisme semble être la résultante de ce qu’est l’être humain, l’essai de communisme supposait de se faire violence et ça n’a pas marché, sommes-nous condamnés à ne jamais sortir de ce système ? Je pose la question aux anthropologues.

    1. @ Vivanco

      Les anthropologues (sérieux) vous répondront que ce que vous appelez la « nature humaine » n’est qu’un artefact, une construction ex nihilo pour éviter de rendre compte de la complexité des interactions avec l’environnement. physique et émotionnel. Une part croissante des citoyens de l’ex URSS font part de leur nostalgie du régime communiste (je ne parle pas des néo-staliniens, mais des citoyens ordinaires qui s’estimaient mieux vivre sous ce régime que sous le régime capitaliste). Il ne sont pas tous maso, donc la violence qu’ils se faisaient à eux-mêmes devait être très tolérable au regard de la « nature humaine ».

      Ne soyez donc pas résigné, le système est déjà en train de changer.

      1. En Allemagne de l’Est aussi (plus de 30% regrettent le communisme), en revanche peu de polonais regrettent vraiment le communisme… pour des raisons historiques, même si tout va mal en Pologne également. La Pologne reste une énigme, sans doute soutenue par des valeurs patriotiques en premier lieu, religieuses également mais à leur manière « rustique »…

        La Pologne est patriotique et bénéficie des fonds européens, sans compter du retour d’argent de la diaspora à l’étranger donc c’est très difficile de comprendre, parfois le pays n’est qu’une base arrière de gens extrêmement mobiles… les vendanges en France étaient une tradition, maintenant les maçons, charpentiers etc, qu’on retrouve partout, les polonais sont partout, serveuses à Hambourg, à Paris vendeuses, à Bruxelles etc. Ca c’est véritablement être européen…

  14. Ce titre du Figaro d’aujourd’hui:

    L’économie mondiale inquiète le CAC 40

    C’est presque risible de naïveté…pour ne pas dire plus.(pardon d’être un peu hors-sujet, mais on n’a pas tous les jours une telle perle…)

  15. Très bonne analyse avec laquelle le psychiatre que je suis ne peut qu’être d’accord. Derrière « l’homo économicus » rationnel il y a un « homo magicus affectivus » qui prévaut.

    La corruption c’est aussi un registre relationnel pervers, qui se réjouit d’ échapper à la loi et de rouler les autres.

    Il se développe d’autant plus qu’il y a un vide idéologique qui ne maintient plus les valeurs de la sociabilité humaine : honnêteté, réciprocité, respect de l’autre.

    1. Mais qu’est ce qui nous empêche de les développer ces valeurs, chacun dans nos vies, cela pourrait avoir un effet boule de neige autour de nous. C’est nul ce que je dis là ? bon je sors !

      1. Ce n’est pas nul, c’est même très juste.
        Mais le remède est insuffisant.

        Les attitudes individuelles sont dépassées et entraînées par les grands mouvements collectifs.

        C’est pour cela que les « réseaux sociaux », comme celui sur lequel nous sommes grâce à ce blog sont important. Ils apportent une dimension collective.

      2. Ne sortez pas trop vite.
        Il n’y a pas que l’intérêt matériel qui pousse à la compromission individuelle, la paresse motive aussi la stase dans la râlerie ( néologisme ? ) incantatoire; et aussi le fait de vouloir être aimé, donc en conformité avec les attentes de l’entourage.
        Le baromètre personnel indique à ma grenouille le degré de désagréments et de périls qu’elle est prête à supporter pour ne pas s’écraser.
        Là, Vigneron risque de manger mes pattes pour une image qui fait la courte échelle.
        Qu’il se rassure ma grenouille n’ambitionne pas de devenir boeuf, simplement, dans le quotidien elle s’oppose au si consensuel déni de soi.

  16. Hors sujet (mais peut-être pas tant que ça): dans 2 heures, à 14h30, à la cinematheque Paris, Mon Oncle d’Amérique de Alain Resnais pour illustrer les travaux de Henri Laborit.

  17. Comment mettre en cohérence nos actes et leurs conséquences, nos libertés et nos responsabilités? Sur un plan individuel et sur un plan collectif.
    C’est l’esprit de principes comme « pollueur-payeur » par exemple.
    Je vous invite à suivre la piste sociocratique qui me semble particulièrement intéressante pour rapprocher liberté et responsabilité. bien que très largement à développer sur le plan politique.
    Auguste Comte en avait établi les principes de base, mais il avait complètement échoué à éviter le piège communautaire dans ses tentatives de mise en pratique qui furent un fiasco. En associant les principes de Comte avec les principes cybernétiques, Gerard Endenburg a fait faire un premier pas pratique réussi à la sociocratie appliquée à l’entreprise. Les principes de subsidiarité sont cohérents avec la sociocratie. Le Bancor l’est aussi en redonnant du sens à la souveraineté monétaire. Ecarter les parieurs qui n’ont rien à faire sur les marchés l’est également.

    1. Une petite remarque sur comte , la cybernétique , la sociocratie et le structuralisme …Ils sont venus échouer , juste , trop tard , au moment des découvertes sur la Th.du Chaos et de la complexité …découvertes mathématiques qui auraient pu leur offrir les solutions qui leur faisaient défaut . Le « principe » de subsidiarité est une structure fractale .On presente souvent les fractales comme une invariance d’echelle …c’est vrai et faux : les dessins ou interelations sont similaires sans etre identiques . Les relations entre groupes sont du meme ordre que les relations entre individus , sans etre identiques ….

      1. @Kercoz,
        Les grands mots (Sociocratie, cybernétique, subsidiarité, structuralisme, fractales, théorie du chaos) sont sources de maux en cas d’abus, ou pour le moins de mécompréhension, voire d’incompréhension. Encore plus si on les mélange ensemble.
        J’avoue n’avoir rien compris à ton commentaire. Est-ce que tu pourrais nous le dire plus simplement et plus en détail? Pourquoi tu ne ferais pas un blog où tu pourrais prendre le temps de développer tes intuitions et trier ton vocabulaire, parce que là, ça fait quand même un peu fouillis. (par exemple, je ne vois pas la traduction mathématique immédiate du structuralisme sur les idées de Comte etc…ça me semble voler très haut,, en tout cas très au-dessus de ce que je peux atteindre, à moins que ce ne soit de la « logique floue » 🙂 ?)

  18. J’ai deux remarques à faire:
    Primo, il serait bon de faire précéder aux articles longs et différenciés comme celui-ci d’une sorte « d’abstract », c’est-à-dire quelques phrases qui indiquent les traits charactéristiques que l’auteur veut exprimer, comme le pratique Marianne2, par exemple.
    Certains articles sont assez longs, je n’ai pas le temps dans la journée (j’imagine que je ne suis pas le seul) de les lire attentivement, si un texte serait susceptible de m’intéresser, j’y revendrais dans la soirée.

    Secondo, une observation qui n’a aucun rapport avec la corruption, mais avec les médias.
    Dans de nombreux pays se concrétisent des mouvements conservateurs pour limiter la « libertas publica ». C’est le cas de l’Allemagne. Un certain Laszlo Trankovits a publié un ouvrage, paru dans l’édition « Frankfurter Allgemeine », qui plaide pour moins de démocratie, moins d’élections, moins de libertés d’expression. Le but: rendre l’executif politique plus « efficace », écourter les voies décisionnels……..
    On peut craindre que cet esprit se développe, d’autant plus que l’ouvrage a recu des héloges de nombreux supports de presse. Il est fortement appuyé par une partie de la société et de la classe plolitique.
    L’objectif final consiste à mon avis à imposer d’une manière plus rude et sans équivoque les conséquences économiques et donc sociales de la mondialisation – y compris les diktats des marchés financiers et les banques – à la population.

  19. Pour alimenter le débat:

    Cornelius Castoriadis, La montée de l’insignifiance (1993)

    « la décomposition se voit surtout dans la disparition des significations, l’évanescence presque complète des valeurs. Et celle-ci est, à terme, menaçante pour la survie du système lui-même. Lorsque, comme c’est le cas dans toutes les sociétés occidentales, on proclame ouvertement (et ce sont les socialistes en France à qui revient la gloire de l’avoir fait comme la droite n’avait pas osé le faire) que la seule valeur est l’argent, le profit, que l’idéal sublime de la vie sociale est l’enrichissez-vous, peut-on concevoir qu’une société peut continuer à fonctionner et à se reproduire sur cette unique base ? S’il en est ainsi, les fonctionnaires devraient demander et accepter des bakchichs pour faire leur travail, les juges mettre les décisions des tribunaux aux enchères, les enseignants accorder de bonnes notes aux enfants dont les parents leur ont glissé un chèque, et le reste à l’avenant. J’ai écrit, il y a presque quinze ans de cela : la seule barrière pour les gens d’aujourd’hui est la peur de la sanction pénale. Mais pourquoi ceux qui administrent cette sanction seraient-ils eux-mêmes incorruptibles ? Qui gardera les gardiens ? La corruption généralisée que l’on observe dans le système politico-économique contemporain n’est pas périphérique ou anecdotique, elle est devenue un trait structurel, systémique, de la société où nous vivons. En vérité, nous touchons là un facteur fondamental, que les grands penseurs politiques du passé connaissaient et que les prétendus « philosophes politiques » d’aujourd’hui, mauvais sociologues et piètres théoriciens, ignorent splendidement : l’intime solidarité entre un régime social et le type anthropologique (ou l’éventail de tels types) nécessaire pour le faire fonctionner. Ces types anthropologiques, pour la plupart, le capitalisme les a hérités des périodes historiques antérieures : le juge incorruptible, le fonctionnaire wébérien, l’enseignant dévoué à sa tâche, l’ouvrier pour qui son travail, malgré tout, était une source de fierté. De tels personnages deviennent inconcevables dans la période contemporaine : on ne voit pas pourquoi ils seraient reproduits, qui les reproduirait, au nom de quoi ils fonctionneraient. Même le type anthropologique qui est une création propre du capitalisme, l’entrepreneur schumpétérien – combinant une inventivité technique, la capacité de réunir des capitaux, d’organiser une entreprise, d’explorer, de pénétrer, de créer des marchés – est en train de disparaître. Il est remplacé par des bureaucraties managériales et par des spéculateurs. Ici encore, tous les facteurs conspirent. Pourquoi s’escrimer pour faire produire et vendre, au moment où un coup réussi sur les taux de change à la Bourse de New York ou d’ailleurs peut vous rapporter en quelques minutes 500 millions de dollars ? Les sommes en jeu dans la spéculation de chaque jour sont de l’ordre du PNB des Etats-Unis en un an. Il en résulte un drainage des éléments les plus « entreprenants » vers ce type d’activités qui sont tout à fait parasitaires du point de vue du système capitaliste lui-même. Si l’on met ensemble tous ces facteurs, et qu’on tienne, en outre, compte de la destruction irréversible de l’environnement terrestre qu’entraîne nécessairement l’ »expansion » capitaliste (elle-même condition nécessaire de la « paix sociale »), l’on peut et l’on doit se demander combien de temps encore le système pourra fonctionner. »

    1. @ Fuji , oui c’est très clair ça vient aussi de Castoriadis, j’ai lu le bouquin à l’époque tout oublié depuis, mais c’est là et puis ça ressort comme ça, redigéré avec d’autres trucs, le bouquin d’Ayassi est vraiment bien !

      A+

    2. Tout est dit – déjà en 1993 !! – et l’on vit peut-être les (derniers ?) soubresauts de ce changement de paradigme.
      On peut lire aussi (avec profit !) le livre d’Hervé Kempf: « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme » (2009) ou il est clairement montré que la corruption est au cœur du capitalisme financier.

    3. Oui si personne ne produit plus rien, on voit mal comment continuer à spéculer, c’est peut-être une forme de résistance, ne plus rien produire, ou juste pour son entourage, juste de quoi manger.

    4. @fujisan
      « Ces types anthropologiques, pour la plupart, le capitalisme les a hérités des périodes historiques antérieures : le juge incorruptible, le fonctionnaire wébérien, l’enseignant dévoué à sa tâche, l’ouvrier pour qui son travail, malgré tout, était une source de fierté. De tels personnages deviennent inconcevables dans la période contemporaine : on ne voit pas pourquoi ils seraient reproduits, qui les reproduirait, au nom de quoi ils fonctionneraient. Même le type anthropologique qui est une création propre du capitalisme, l’entrepreneur schumpétérien – combinant une inventivité technique, la capacité de réunir des capitaux, d’organiser une entreprise, d’explorer, de pénétrer, de créer des marchés – est en train de disparaître… »

      Si vous êtes parents, qui vous empêche d’être un ‘passeur de valeurs’. D’exécuter votre travail professionnel correctement, du mieux possible, d’en être fier. Et de transmettre cette notion à vos enfants. Nous somme tous utiles à notre niveau, pourquoi ne pas y attacher de l’importance. Et pourquoi éviter de dire sa fierté, son honnêteté. Sans arrogance. Les enfants nous observent. Nous sommes des exemples de comportement, qui les forment – les déforment…

      Quant aux entrepreneurs, aux vrais, je pense que quoi qu’il se passe, ils ne peuvent s’empêcher d’entreprendre. Seul le niveau qu’ils peuvent atteindre dépend du contexte offert par le système.

  20. J’ai beaucoup apprécié ce texte, il agite les neurones et pose des questions fondamentales.
    Toutefois, je crains que ses prémisses ne soient biaisées.

    Le terme même de corruption est trop large pour faire l’objet d’une réflexion et d’une analyse sans définir préalablement ce qu’est la corruption.

    De ce fait, vous mélangez à mon sens deux sens du mot corruption : la corruption illicite, quelle que soit sa nature, qui par le mensonge et la dissimulation, permet à certains d’être favorisés en versant des pots-de-vin. Si les deux bénéficiaires, corrupteur comme corrompu, sont découverts, ils sont sanctionnés.
    On peut donc reconnaître la faiblesse humaine et admettre que pour des raisons diverses et variées, il peut y avoir transgression de la loi. Mais les institutions sont là pour y remédier. Évidemment, ça ne se passe pas toujours aussi simplement, et il y a de nombreuses injustices, mais dans le principe, c’est ainsi.
    Et une seconde forme de corruption, licite celle-là, fait qu’en démocratie, chacun ayant une part de pouvoir, mais au même titre que chacun des autres, une distorsion se fait par l’économie, et où celui qui paye peut augmenter son pouvoir de façon à réduire le pouvoir du voisin qui n’a pas eu la même chance. De tous les voisins. Mais il le fait de façon tout-à-fait légale, et on lui reconnaît la légitimité de le faire.
    Mais ça reste dans la limite d’une acceptation de ce fait par le reste de la société.

    La différence entre les deux formes de corruption n’est non pas la légitimité, qui varie en fonction des cultures, des nations, et des individus, mais la loi.

    Quand un groupe d’individus ayant des intérêts convergents, à la tête d’entités de type capitaliste, s’arrangent pour profiter d’une loi qui leur laisse la bride sur le cou, et ainsi accumuler plus d’argent, donc plus de pouvoir, il y a corruption, mais qui reste légale. Dans la mesure où ils le font dans le respect de la loi, ce n’est pas répréhensible, ou si ça l’est, la loi peut intervenir et après enquête, se mettre en branle….

    Mais derrière l’accumulation du pouvoir encore supplémentaire (too big to fail) que cette liberté de s’enrichir suppose, il y a une loi inepte, contraire à la démocratie, qui est un problème de nature politique, et pas du tout économique ou de corruption. Il y a la question de la limitation à l’accumulation du pouvoir, et dans quelle mesure cette augmentation est tolérable pour la démocratie.

    1. @ Yanne

      J’ai beaucoup apprécié ce texte, il agite les neurones et pose des questions fondamentales.
      Toutefois, je crains que ses prémisses ne soient biaisées.

      Vos prémisses sont tout aussi biaisées, en plaçant la distinction des formes de corruption sur le terrain de la légalité. Je ne vois pour ma part de justification que si l’on fait reposer l’appréciation du caractère frauduleux ou corrupteur sur la morale et l’éthique, ce qui annihile implicitement la distinction que vous faites.

    2. @ Yanne

      Bonjour,

      Je définis la corruption comme l’établissement d’une chaîne de commandement occulte

      Par ailleurs, c’est clair, le problème est le trop de domination des uns sur les autres, la volonté d’inégalité. Vu sous cet angle, le seul intérêt que je trouve à mon petit texte est d’établir une équivalence fonctionnelle entre le salariat (forme licite) et la corruption (forme illicite ) comme deux modalités jumelles de domination par l’établissement de hiérachies de commandement, l’une produisant l’autre, car faut bien laisser le champ à une société parallèle pour que plus nuls aient aussi leur chance de grimper et de l’autre côté, les plus civils, meurent étouffés.

      « …pour beaucoup, (entrer en corruption est) l’entrée dans une chaîne de commandement parallèle motivée par l’espoir d’échapper ainsi aux contraintes tristes de l’acceptation d’un salariat étriqué, et pour d’autres, elle ouvre la voie permettant d’augmenter les jouissances que la promotion de ses propres talents par ses propres vertus ne pourrait satisfaire.  »

      A+

      1. La corruption est une pratique au service de la domination ou, comme disait Maurice Joly, la conspiration occulte permanente, pour maintenir le rapport de force social en faveur de ceux qui tiennent les rênes.
        Le pouvoir lui-même est une corruption et le pouvoir absolu corrompt absolument.
        Corruption a des sens anciens, parmi lesquels décomposition et empoisonnement.

  21. A lire Aujourdhui 22 septembre 2011,sur le site de MEDIAPART:
    « Vers de vraies-fausses nationalisations »…pour sauver les copains et les coquins, par Laurent Mauduit

  22. Bonjour,

    capitalisme corrupteur la belle affaire… ! mais il n’est pas seul dans le deal. Je me rappelle un étudiant Finlandais qui a réussi à attirer l’attention d’une chef de scolarité à partir du moment où il lui a offert un bouquet de fleurs : il y a des gens qui se foutent totalement d’une éventuelle utilité du boulot qu’ils font ou bien qui décident en plus du salaire de faire payer leurs grande magnanimité au quotidien.

    cordialement

  23. @ Michel Martin,

    Bonjour,

    [Documentaire] Vanessa Paradis – Bashung,Faisons Envie – Hommage à Alain Bashung
    http://www.youtube.com/watch?v=_grCpSAjcWk

    Faisons envie (paroles)
    http://www.youtube.com/watch?v=b30Dnq032mc

    Nos corps ont joué
    Tellement joué à se toucher
    À s’effleurer
    Personne n’a rien vu

    Faisons envie
    Jusqu’au dégoût
    Pas de pitié
    Pas de quartier
    Faisons envie
    Afin que rien ne meure

    Tant que l’on se désire
    Avant que l’on se déchire
    Pour ne pas un jour se découvrir
    Faisons comme si je n’aimais que toi
    Faisons l’amour comme jamais
    Tout est si léger
    Laissons ça entre guillemets
    Faisons les difficiles
    Refusons en bloc les sentiments figés

    Restons en vie
    Même en dents de scie
    Restons uniques
    Restons en vie
    Les doux mots du passé
    Tout est si léger
    Oublions sur quel air il faut danser

    Faisons envie
    Faisons envie
    Jusqu’au dégoût
    Pas de pitié
    Pas de quartier
    Afin que rien ne meure

    Pour que jamais tu ne m’oublies
    Avant que l’on ne prenne peur
    Restons-en là

    Gaetan Roussel – J’passe pour une caravane
    http://www.youtube.com/watch?v=PJ4f1tAWtOY&NR=1

    1. Merci Jérôme, bien que je ne vois pas le rapport avec le billet de Jean-Luc.
      Oui, je suis très sensible à l’équilibre, la combinaison masculin-féminin qui ressort des morceaux que vous avez sélectionné. Ce que dit Vanessa me semble très juste.

      Pour revenir au sujet, il se trouve que ce qui caractérise le management par consentement (sociocratie d’Endenburg), c’est justement son équilibre masculin-féminin. Passer d’une domination masculine à une domination féminine n’aurait aucun intérêt à mes yeux. Je crois que les artistes qui expriment cet équilibre qui ne renonce ni à l’écoute ni à la fermeté sont dans l’air du temps.

  24. @Jean-Luc Morlie,

    Vous explorez la réalité d’un phénomène de langage dont Paul Jorion livre les clés dans Comment la vérité et la réalité furent inventées. La révolution scientifique et industrielle engagée depuis la fin du Moyen Age nous a habitué à confondre l’objet de la réalité avec le sujet de la réalité. L’homme qui parle et connaît est devenu le sujet inconscient de la réalité par le langage scientifique et l’utilisation des techniques.

    Nous connaissons intuitivement la corruption par l’objet : la réalité de l’objet corrompu n’est pas à la hauteur du bien qu’on en dit. Cette corruption est simple à démasquer à la condition que l’objet soit visible à coté de celui qui le qualifie. Le bon sens et l’honnêteté constatent par eux-mêmes que l’objet est dégradé par celui qui le corrompt en dessous de ce qu’il devrait être.

    La corruption que le capitalisme financier nous montre est plus retorse. Elle touche le sujet et la relation entre les sujets. L’objet financier est anticipé. Il n’est pas visible au moment de son engagement dans une promesse et dans un prix. La corruption financière consiste à éluder la condition morale du langage afin de spéculer librement sur la particularité du bien. La disparition du bien universel permet de livrer un objet à l’échéance sans engager les qualités nommées à l’origine.

    La finalité de la corruption financière est de vendre le bien nominal plus cher qu’il ne coûte réellement ou de l’acheter réellement moins cher qu’il ne coûte nominalement. Le « réellement » est ici le bien de la victime délibérément diminué par le corrupteur nominaliste soit par le prix soit par l’obligation effectivement remplie.

    La corruption financière est la conséquence ultime de la confusion scientiste entre la théorie vraie et la réalité subjective improbable. La mathématisation de la preuve rompt toute référence à l’être donné objectivable indépendamment du sujet. La finalité du langage à partager la réalité entre ses sujets est dissoute dans des quantités non qualifiées par un don de sens. Les langages sont alors des instruments de domination sans objet réellement échangé. L’homme est corrompu par une réalité réduite exclusivement au prix détaché de l’objet réel de la vie.

    1. @ Pierre Sarton du Jonchay

      Bonjour,

      Pour l’objet, nous comprenons d’emblée par « prendre des vessies pour des lanternes » et pour les produits financiers, par « acheter des châteaux en Espagne » ; ces expressions rendent compte de l’état d’esprit dans lequel nous laissent ces opérations corrompues. Si elles ne suffisent pas à nous prémunir contre leur retour, elles nous font ressentir qu’un bénéfice peut nous être extorqué par la simple opération du langage. voyez pour « le ravi », lorsqu’il contemple ses lanternes dans un éternel sourire sans qu’aucune vessie ne traverse jamais son champ, d’une certaine façon, « il nous pompe l’air » marquant par-là, que sur le fond de son silence, la corruption de notre propre discours nous extorque à nous-mêmes. (Je vous rassure, j’ai bien horreur des trucs zen méditatifs et autre « humanisme » toujours saint sulpicien, mais, pour exprimer, il faut parfois « dire » d’une façon par laquelle justement on ne pense pas.)

      Lorsque vous écrivez « La finalité du langage à partager la réalité entre ses sujets est dissoute dans des quantités non qualifiées par un don de sens. Les langages sont alors des instruments de domination sans objet réellement échangé. L’homme est corrompu par une réalité réduite exclusivement au prix détaché de l’objet réel de la vie. »celà résonne comme du Vanheighem qui serait bien charpenté. par ailleurs, votre propos me semble, heureusement, croiser le seul intérêt que je trouve à mon petit texte, soit avancer l’équivalence fonctionnelle entre le salariat (forme licite) et la corruption (forme illicite ) comme deux modalités jumelles de domination par l’établissement de hiérarchies de commandement, l’une produisant l’autre, puisque, très banalement, il faut bien laisser le champ à une société parallèle pour que les plus nuls aient aussi leur chance de grimper et que de l’autre côté, les plus civils s’étouffent d’eux-mêmes, mais vous, vous révélez, que ce qui importe avant tout, c’est que des deux côtés, la voie licite comme l’illicite, nous détachent de l’objet réel de la vie; Je vous remercie de travailler à nous en rapprocher, à vous lire je me comprends mieux.

      jean-Luce Morlie

  25. Minima Moralia, Théodor W. Adorno, 1951 (hors sujet mais le temps de retrouver le passage sur les médias)

    p 104 Depuis que je l’ai vue – Le caractère féminin et l’idéal de féminité selon lequel il a été modelé sont les produits de la société masculine. (… ) Lorsque cette société masculine prétend être humaine, elle se corrige souverainement elle-même dans les femmes et révèle dans une telle limitation son impitoyable maîtrise. La caractère féminin est le négatif de la domination. Et de ce fait il est aussi mauvais qu’elle. D’ailleurs tout ce que la bourgeoisie dans son aveuglement désigne par le terme de nature n’est que le stigmate de la mutilation sociale.

    (…)

    (La fin est sur Nietzsche qui suggère perfidement de ne pas oublier le fouet) : La femme elle-même n’est-elle pas le produit du fouet ? Supprimer cette fabrication artificielle signifierait enfin libérer la nature. La glorification du caractère féminin implique l’humiliation de toutes celles qui le possèdent…

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