C’EST LA RETRAITE PAR CAPITALISATION QU’ON ASSASSINE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Il y a quand même quelques bonnes nouvelles dans l’actualité, et l’assassinat de la retraite par capitalisation fait partie de celles-là.

Oui je sais : la retraite par répartition est une malédiction dont nous accablons nos enfants, et les enfants de nos enfants, et ceci pour sept générations. C’est du moins ce que nous claironne le Ministère de la Propagande. Mais nous n’accablons nos descendants que pour une unique et simple raison : parce que la richesse créée par l’augmentation de la productivité des années récentes est confisquée dans sa quasi-totalité par les actionnaires des entreprises, sous forme de dividendes en hausse même en période de récession, et par les salaires toujours plus mirifiques des patrons de celles-ci. Remettons bon ordre dans tout cela et tout ira déjà beaucoup mieux.

Comme vous le savez, les compagnies d’assurance qui vous vendent de l’assurance-vie comptent sur 10% de gains annuels garantis sur leur portefeuille boursier, et sur les gras coupons de la dette publique des titres qui composent leur portefeuille obligataire.

Commençons par les gains à la Bourse et oublions-les : les Bourses sont désormais aux mains des ordinateurs et les gens normaux les ont désertées. Voici quelques chiffres récents : de juin à août, les OPCVM à l’échelle planétaire ont subi des retraits d’un montant équivalent à 68 milliards d’euros et de 18,5 milliards supplémentaires depuis le début du mois de septembre. Et pour ceux qui n’ont pas encore abandonné la Bourse, je ne vous apprends rien en vous disant que les cours y sont en berne.

Oublions ensuite les gras coupons de la dette publique : je vous épargnerai par charité chrétienne le rappel des épisodes précédents et l’opération « twist », « torsion », annoncée par M. Bernanke jeudi dernier ne va pas arranger les affaires. En deux mots, la Federal Reserve échangera la dette américaine à court terme en sa possession pour des obligations à long terme, ce qui fera en sorte que les compagnies d’assurance devront prêter pour une durée supérieure à cinq ans si elles veulent récolter un taux supérieur à… 1 % sur les sommes qu’elles avancent à l’État américain. Comment garantiront-elles un revenu décent à leurs assurés dans un contexte comme celui-là ? C’est la question que tout le monde se pose. Mystère et boule de gomme !

Indexer sa retraite sur les gains d’un tel casino ? “Nein, Danke !” pour reprendre une expression historique aux anti-nucléaires allemands.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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155 réflexions sur « C’EST LA RETRAITE PAR CAPITALISATION QU’ON ASSASSINE »

  1. Paul, une remarque.

    La retraite par répartition est actuellement pensée exactement comme la retraite par capitalisation. En fait, ce que nous appelons retraite par répartition en France, est une retraite par capitalisation mutualisée.

    Il ne s’agit pas tant d’y répartir une quantité de richesses produites (qui pourrait varier à la hausse ou à la baisse) que de capitaliser des points qui ouvrent des droits pouvant faire peser – tout autant que la folie financière ou les écarts de richesse – des effets de contraintes sur les actifs

    Une vrai retraite par répartition serait sans doute la solution.
    Cela signifierait que la retraite par répartition serait moins calculée en fonction d’un parcours individuel, qu’en fonction de la capacité du tissu économique à transférer de la richesse vers nos vénérables anciens.

    Actuellement, la retraite par répartition est pensée à peu près comme une rente capitaliste (ce qui n’est malheureusement pas très étonnant). C’est aussi pourquoi la bête tentation de la transformer en système de capitalisation fut si facilement entreprise.

    La retraite par capitalisation de masse, qu’elle soit directe ou mutualisée est en effet vouée à l’échec.

    Amicalement,

    david

  2. Allons cher Paul Jorion, arrêtez de vous focaliser sur l’argent, les monnaies, les valeurs financières etc….. Vous-même l’avez dit, l’argent ne vaut que par l’idée qu’on s’en fait. Tout change, tout évolue, même les idées fixes, comme celle qui consiste à croire que c’est l’argent qui gouverne le monde, alors que c’est la physique qui régente tout.

    Ne vaudrait-il pas mieux s’intéresser à ce qui est essentiel à la vie et que la nature nous offre, à savoir, l’énergie gratuite ?

    Tant que notre système solaire et là en action, il nous délivre ce qu’il nous faut pour entretenir notre vie, sous forme de flux d’énergies diverses, rayonnements, circulations atmosphériques et marines. Depuis toujours les être vivants ont su capter ces énergies pour vivre. Et les hommes ont su plus que d’autres, modifier leur environnement grâce à l’énergie transformée en travail, pour se donner les moyens de vivre mieux, en mettant à profit leur curiosité et leur inventivité.

    Au 19ème siècle ils ont fait un bon en avant formidable lorsqu’ils se sont mis à exploiter une nouvelle source, l’énergie fossile, facile d’accès, facile à stocker, facile à transporter, facile à transformer en travail. Mais cette source, que la nature avait stockée pour nous, présente le défaut d’être non renouvelable. Que vaudra la monnaie quand nous aurons épuisé cette source d’énergie ?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ressources_et_consommation_%C3%A9nerg%C3%A9tiques_mondiales

    L’humanité est aujourd’hui placée devant un formidable défit. Alors qu’elle consomme beaucoup d’énergie, il lui faut très rapidement inverser ses sources d’approvisionnement. Au lieu de consommer 90% d’énergie non renouvelable, 10% de renouvelable, il lui faut viser l’inverse.

    Des études ont été faites au niveau mondial. D’autres ont certainement été faites au niveau des grandes régions et des grands pays, mais non publiées. Celles faites pour l’Europe, et particulièrement pour l’Europe du sud qui n’a pratiquement pas de réserves fossiles, ne doivent pas conduire à des conclusions très réjouissantes. http://www.countercurrents.org/chefurka201109.htm

    Quelle que soit la forme du financement considéré, capitalisation ou répartition, l’avenir des retraites et du reste, semble bien problématique, face au défi de l’énergie.

    Vous allez le constater, mon commentaire ne va pas susciter beaucoup de réactions. Les hommes sont devenus tellement courageux, qu’ils préfèrent détourner leurs regards et leurs réflexions des sujets qui dérangent.

    1. Ce n’est pas un sujet qui dérange, il est même devenu un poncif qui sous-tend la bascule de l’économie planétaire.
      D’aucuns préconisent un nouvel étalon pour remplacer l’or : l’énergie. A voir sous quelle forme.. Et il faudra apprendre à la stocker car nous n’en sommes qu’à de pauvres balbutiements en ce domaine, un des moins mauvais système consistant à pomper l’eau pour la remonter dans les lacs de barrage avec l’électricité en surplus…..
      Mais, l’animal hominidé étant ainsi fait, on a jamais vu son système social changer drastiquement pas simple bon sens. Il faut un élément fort pour ce faire : guerre, cata naturelle, menace ET…
      En attendant, cette problématique entropique de l’épuisement des ressources se développe, sous la tutelle, encore et toujours centrale des intérêts pétroliers.
      J’ai encore de l’espérance pour ce qui est de retour de l’humilité de l’homme, d’un usage sage de la techno science, etc… mais je suis de plus en plus poussé à croire qu’il devra “toucher le fond” avant.

      Un pessimiste n’est jamais déçu.

      1. @ mike 27 septembre 2011 à 09:15

        J’ai encore de l’espérance pour ce qui est du retour de l’humilité de l’homme, d’un usage sage de la techno science, etc… mais je suis de plus en plus poussé à croire qu’il devra « toucher le fond » avant.

        Le risque, quand on compte sur le fond pour impulser une remontée, c’est de se retrouver dans l’incapacité de rebondir du fait de la destruction des structures qui permettent à un pays de fonctionner. Même en recevant des aides, on peu rester au fond. http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/08/18/somalie-des-obstacles-a-l-aide-alimentaire-dans-un-pays-en-guerre_1561130_3244.html

        Il me semblerait nettement plus raisonnable de réagir avant, à condition d’en avoir le courage. Il vaudrait mieux tout faire pour aider le maximum de personnes à prendre conscience de l’impasse dans laquelle nous nous sommes mis tous, riches et pauvres, en consommant nos richesses en énergies stockées, surtout nous en Europe ou aucun pays, hormis la Pologne et un peu l’Allemagne, ne dispose de stocks fossiles significatifs (classés dans les 10 premiers mondiaux)

        L’Europe est la première économie du monde en termes de PIB, c’est-à-dire en dépenses. Mais lorsqu’on compare cela à ses réserves de valeurs matérielles, celles dont la valeur se maintiendra dans le futur, en particulier l’énergie stockée, elle me semble bien pauvre pour maintenir son train de vie actuel. Au rythme de ses dépenses d’aujourd’hui, peut-elle vivre bien longtemps avant d’avoir mangé son capital ?

        Son capital industriel a déjà été notablement entamé et continuera de l’être avec la chute des bourses. Combien de temps lui reste-t-il à vivre avant de toucher le fond et d’y rester ?

      2. Je comprends bien ce que vous dites mais en filigrane ce que je ressens, c’est comme une leçon donnée. (Les leçons ne servent qu’à ceux qui les donnent. P.Dac – mon aphorisme préféré)

        Réagir, agir, action, efficacité…

        Ce n’est donc pas contre vous mais je ressens chez vous comme la volonté de donner le ton, la direction, être une sorte de modèle. Pour parler de Somalie et des pays colonisés, combien leur a-t’il été volé, combien de mal leur a été fait au nom d’une pseudo “société plus avancée”. On se demande où sont les primates parfois. Et j’en reviens à l’humilité.

      3. @ mike 27 septembre 2011 à 14:24
        Il faut de tout pour faire un monde. Certains commentent, critiquent, restent au niveau du verbe et des idées, ne concrétisent jamais. D’autres font et mettent en pratique ou, quand ils sont à la retraite, suggèrent des solutions qu’ils croient sages, compte tenu de leur expériences réussies, mais aussi de leurs échecs.

        Réagir, agir, action, efficacité…Ce n’est donc pas contre vous mais je ressens chez vous comme la volonté de donner le ton, la direction

        Il y a beaucoup de vrai dans votre ressenti. C’est peut-être une déformation professionnelle. Après avoir été sous la direction des autres au plus bas niveau de la hiérarchie, j’ai effectivement été amené à donner le ton et la direction pour animer et mener des équipes vers le succès industriel et les rendre aussi heureuses que possible dans leur travail. Cela ne me semble pas condamnable.

      4. On pourrait en parler des heures. J’ai été grand chef aussi, par chance, ou opportunisme, ou courage parce que personne ne voulait y aller… donc sans avoir passé sous aucun joug !.
        Je n’ai par conséquent aucune certitude, surtout pas hiérarchique. A peu près n’importe qui avec de l’expérience, de la jugeotte, un peu d’adaptation… peut survivre dans bien des jobs ou des postes. L’école apprend si peu, si ce n’est justement à passer sous le joug.
        D’ailleurs j’ai sauté pour cette (mauvaise) raison, à savoir que les politiques au-dessus de moi avaient des problèmes à faire confiance à l’homme, ils n’ont pas cru en ma manière de faire alors que tout se passait bien. Des socialistes en l’occurrence (argument : l’homme est si pervers…). D’ailleurs mon successeur est en train de se prendre un joli râteau (Schadenfreude)
        Mais bref, l’idée serait plutôt du côté de l’oubli de sa petite personne et de sortir du dialogue d’egos. Etre humble et transparent, s’adapter à la situasse (ma maîtresse) suffit presque toujours il me semble.

      1. Et j’vote pas. (Si ça servait à quelque chose ça se saurait !)

        Tous les blaireaux et peigne-culs qui ont voté Sarkopte pour palper leurs heures- sup à l’oeil du fisc et de la sécu, profiter de l’abattement fiscal sur les intérêts immo, voir réduits à que tchi l’imposition sur les successions en dessous de 100 patates, voir s’élargir le champ d’application du locatif Scellier, voir passer la TVA du chiffre de leur pompe à pastis ou de leur tambouille à surgelé/sous vide à 5,5, etc, etc, y disent p’têt ben comme vous, mais ils mentent, soyez en sûr, et des comme vous, ils en redemandent.

      2. @ juan nessy 27 septembre 2011 à 10:20
        Il ne vous a pas échappé qu’écologie va avec la préservation du capital. Avec Eva Joly j’ai plutôt l’impression que c’est le combat contre le capital.

        La Chine qui dispose de gros stocks de non renouvelables sous forme de charbon, (3ème réserve mondiale) va préserver le plus possible son capital énergétique en investissant massivement dans la captation de l’énergie renouvelable. http://www.novethic.fr/novethic/planete/environnement/energies_renouvelables/la_chine_investit_massivement_dans_energie_solaire/132431.jsp

        Très pragmatique, ce pays fait d’ailleurs entrer des spécialistes du stockage de valeur dans le comité central du PCC. Apparemment, ces gens là ont dépassé le stade de la lutte des classes. Ils nous donnent des leçons dans ce domaine là aussi.http://actu.orange.fr/insolite/l-homme-le-plus-riche-de-chine-peut-etre-bientot-au-comite-central-du-pcc-afp_242908.html

        Cordialement.

      3. moi je vote pas non plus comme çà j’ai moins l’impression de m’etre fait chahuter le fondement ,j’ai fait la course aux500 signatures dans ,les annees 90,promesses obtenue 2 pour la transformation,(oui ca se passe en 2 fois,il faut d’abord que les promesses de signatures des maires passent en pref avant de retourner voir les maires pour faire valider et entre temps driiiiiiiiing) apres coup de telephone de la PREF DE L’AIN(je donne le nom des maires si vous voulez) 0 signatures aucune rancoeur pour mes 2 seings,mais voila j’ai vu.Parceque c’est comme les coupes d’europes,tu regardes les budgetsau depart et tu connais les finalistes du moins jusqu’a present(d’ou karachi et compagnie) et que encore pour plein d’autres raison,tiens referundum avec victoire du non par exemple c’est parlant aussi,une des rares chose intelligente qu’ils ont dit en 68 c’est “elections piege a consssssssssssssss”.

      4. C’est ça que j’aime chez Vigneron, ce côté français caricatural, râleur, toujours contre, hâbleur, sportif verbal etc…. le raisonnement exposé est amusant mais, pour un esprit tudesque comme le mien, il n’est pas adaptable à tous les biotopes.
        Les allemands sont un peuple de valets, les français des veaux… pas la même chose.

      5. @Mike

        Les allemands sont un peuple de valets, les français des veaux… pas la même chose.

        C’est sûr, pas pareil; les premiers y vont en chantant et la main sur le coeur – ou bien tendue, au pas de l’oie, les seconds y vont en meuglant, une décharge de 50 000 volts sur l’trou d’balles, au pas d’pas contents… à l’abattage.
        A part ça donc les casques à pointe ils votent pas pour leur pomme, eusses ? T’m’étonnes…

      6. Ben vôui, mais y’a comme une inversion je trouve qu’ils votent comme des veaux et les français comme des laquais….

      7. @Jducac:

        EELV contre le capital ?

        Outre l’éternel sujet de la définition partagée des termes utilisés , cette affirmation est à nuancer assez sérieusement :

        http://www.sondages-election.com/programmes/programme-europe-ecologie-verts.htm

        Pour le PCC et son utilisation des milliardaires , je crains qu’il s’agisse beaucoup plus de l’utilisation d’une image ( là aussi de façon étrangement comparable aux réactions occidentales ) pour attirer les investisseurs étrangers .

        Décidément l’âme des peuples se dilue dans le capitalisme , comme nos entrées de villes se diluent dans la médiocrité des zônes commerciales et de leur urbanisme de boîte à chaussures .

        PS : petit complément sur un sujet qui mérite effectivement d’autres analyses :

        http://lebondosage.over-blog.fr/article-vers-une-panne-economique-en-chine-71812314.html

      8. @Mike :
        Jolie formule.
        Tant qu’on ne finit pas canard laqué …
        Pour les allemands, j’ai aussi ça alors : s’ils continuent à veaux-ter, ils risquent laquais-rissage sauvage.
        (oui bon, d’accord …)

      9. @ juan nessy 27 septembre 2011 à 16:34
        Merci pour les liens que vous avez indiqués. Pour EELV il y a beaucoup de choses qui, a mon avis, ne vont pas dans le bon sens. On peut être écologique sans être démagogique à moins de vouloir absolument se faire élire. Mais dans ce cas là que fait on du respect de l’électeur, donc de l’homme qui est derrière ? C’est aussi ça l’écologie.

        C’est bien ce que je pressentais, c’est un programme qui conduit à manger le capital du pays.

        Pour le lien concernant l’économie Chinoise, c’est bien évident que le pays ne peut pas ne pas être impacté par les perturbations de l’économie mondiale. Mais ce pays a mieux que d’autres, les moyens de maintenir un niveau d’activité nationale en disposant d’un potentiel considérable de consommation interne. Il suffit d’augmenter les salaires où il y a de grandes marges avec ceux de l’Europe occidentale.

      10. vigneron
        27 septembre 2011 à 15:40

        et

        mike
        27 septembre 2011 à 16:25

        =) ah, le beau couple ! uni pour la vie, on vous dit !

    2. @ Jducac

      Les hommes sont devenus tellement courageux, qu’ils préfèrent détourner leurs regards et leurs réflexions des sujets qui dérangent.

      Ce sujet ne dérange personne. Comme le fait remarquer Mike, c’est un poncif. Par contre, je pense que vous lui accordez une trop grande importance pour trois raisons :
      1°) la polémique autour du Peak Oil nous empêche d’affirmer avec certitude que nous sommes proches d’une pénurie d’énergie fossile.
      Il semble de moins en moins possible d’établir une prévision acceptable, d’abord devant la multitude de prévisions contradictoires existantes, maintenant avec l’aspect supplémentaire de révélations concernant la manipulation des prévisions les plus officielles à cet égard
      .http://www.dedefensa.org/article-le_peak_oil_et_notre_marche_en_aveugle_12_11_2009.html
      2°) la problématique énergétique est davantage en lien avec la problématique écologique, et c’est à ce titre, plus qu’à une éventuelle pénurie, que nous devons réfléchir à des énergies substitutives.
      3°) et pour finir, la problématique énergétique doit être repensée dans un cadre plus large : celui du système capitaliste actuel qui repose sur l’aliénation consumériste, d’une part, et sur l’aliénation du travail au nom de la production d’autre part, et tout cela bien sûr sous couvert du principe de la maximisation des profits et d’une rentabilité tous azimuts.

      La problématique des retraites s’inscrit en droite ligne du problème précédent, elle en est un des aspects et prouve que la question sociale reste et restera une problématique aussi essentielle, sinon plus, que le défi de l’énergie. Elle n’est donc pas aussi anecdotique que vous le dites, car elle touche à un problème de fond

      1. @ FOD 27 septembre 2011 à 16:14
        Il est possible que, contrairement à vous, je mette trop l’accent sur les questions d’énergie alors que vous, vous êtes peut-être trop enclin à mettre l’accent sur les questions sociales.

        C’est plus qu’une simple question d’appréciation et de sensibilité, c’est une question de prise de conscience. Tout le monde ne perçoit pas la criticité du sujet et l’urgence à devoir le traiter. Or, sans vouloir jeter la pierre à quiconque, je suis amené à penser que ces questions d’énergie, ne sont pas ressenties et perçues comme il conviendrait, c’est-à-dire avec l’importance qu’elles revêtent, parce qu’on ne les aborde pas assez dans la vie courante.

        L’énergie est essentielle. Pour l’économie en général, dans nos pays développés, elle joue le même rôle que celle que nous ingérons par notre alimentation, pour nous maintenir en forme et bonne santé ; pour nous animer, nous maintenir vivants. On ne peut pas s’en passer. Quand on n’en a peu de stockée sur son territoire, c’est une matière première critique, stratégique même, celle qui peut mettre en cause le pronostic vital d’une économie et d’un pays. Être en manque d’énergie, c’est se trouver dans l’antichambre de la mort, en situation de devoir être assisté pour survivre. Cela nécessite une puissante source d’appoint, un apport substantiel car, bien souvent, l’organisme qui en a besoin est en mauvais état, son rendement de conversion est très mauvais. Il vaut mieux ne pas le laisser s’affaiblir trop, car au-delà d’un certain seuil, la réanimation n’est plus possible.

        Vous mettez en avant la primauté des considérations sociales sur celles concernant l’énergie. Pourtant, il me semble plus aisé de surseoir à la satisfaction de besoins sociaux qu’à la permanence d’alimentation en énergie. En effet, il est possible, pour peu que l’on s’en donne la peine, d’expliquer pourquoi la satisfaction des besoins sociaux, n’a de sens que si l’on a au préalable pris les dispositions pour assurer la satisfaction des besoins vitaux.

        Il faut aussi prendre en compte l’évolution probable des coûts de l’énergie, compte tenu de l’épuisement inexorable de celle que la nature a stockée gratuitement pour nous. En effet, il nous en coûtera beaucoup plus cher en investissement (donc en énergie) pour capter sur les flux comparativement à ce qu’il faut pour capter sur des stocks. Les pays qui auront été les premiers à investir en captation sur les flux pourront, avec la même quantité d’argent, c’est-à-dire d’énergie, c’est-à-dire de durée de vie, obtenir une plus grande capacité de captation. Les retours sur investissement en énergie seront bien plus longs à obtenir avec les énergies renouvelables qu’avec les énergies non renouvelables. Alors, c’est une raison de plus pour s’attaquer à ce problème crucial dès que possible, au lieu de consommer l’énergie d’aujourd’hui à satisfaire des besoins sociaux du moment, au détriment de nos enfants et petits enfants.

        Au risque de choquer encore une fois ceux qui refusent de saisir ce que je veux leur faire comprendre, il s’agit d’adopter vis-à-vis de la production d’énergie, l’esprit capitaliste du paysan. Il consiste à ne pas ménager sa peine du moment afin de réduire ses dépenses pour investir, ce qui permet de mieux vivre demain. C’est une attitude inverse de celle qui guide les obsédés de la jouissance immédiate, les tenants de la revendication sociale, qui poussent à consommer dès aujourd’hui ce qui permettrait de donner une meilleure vie demain. C’est pour cela que le capitalisme (le bon, le vrai, pas le magouilleur) a plus d’avenir que l’anticapitalisme.

        Les êtres qui oeuvrent le mieux pour le bien être social, sont ceux qui savent comprendre et faire comprendre que toute consommation qui s’opère au détriment du capital, en ne veillant pas à le préserver de son obsolescence, est suicidaire à terme.

      2. Bonjour Jducac,

        Il est incontestable que nos formations orientent nos priorités intellectuelles et notre perception de la réalité. Le technicien que vous êtes sera plus sensible aux aspects techniques et le diplômé en sciences humaines que je suis beaucoup plus aux problèmes de société. Toutefois, l’un et l’autre ne sont pas antinomiques, mais au contraire, peuvent parfaitement se compléter comme je l’avais évoqué dans ce commentaire précédent (http://www.pauljorion.com/blog/?p=27925#comment-220341) auquel – simple remarque amicale qui n’appelle aucun retour – vous n’aviez pas répondu.

        Que l’énergie soit essentielle, c’est un point sur lequel nous sommes d’accord. Il convient de faire remarquer que les grands progrès civilisationnels ont toujours été en rapport avec l’exploitation de nouvelles sources d’énergie (soleil, eau, vent, charbon, pétrole) qui ont contribué, en améliorant nos capacités productives, à la survie et au développement de l’espèce humaine. En parle-t-on directement assez ou pas ? Je ne sais pas, mais une chose est certaine, c’est qu’elle apparaît toujours en filigrane derrière la problématique écologique dont la prise de conscience est avérée. Donc indirectement, il y a une prise en considération du problème énergétique qui n’est que l’un des aspects du défi écologique qui s’impose à nous et qui nous oblige à revoir en profondeur notre modèle de société. Je suis convaincu que la problématique énergétique sera, en partie résolue ou très atténuée, quand nous aurons pris la décision au nom de notre survie commune de relocaliser les productions vitales (nourriture, produits manufacturés de 1ère nécessité, habillement, etc…). Cela sera rendu possible quand nous aurons décidé de ne plus nous soumettre aux diktats de la rentabilité financière dont la seule finalité est de créer de la valeur pour les actionnaires. C’est contre cet aspect-là du capitalisme qu’une majorité de ceux qui fréquentent ce blog se bat. Ce capitalisme que vous appelez (et je crois que c’est la 1ère fois) : le capitalisme « magouilleur ».

        En ce qui concerne « les besoins sociaux », cela mériterait une définition plus précise de votre part, car nous en avons probablement une approche différente d’où un risque d’incompréhension. Pour moi, les besoins sociaux se résument à assurer a minima une vie décente à chacun (sécurité, santé, éducation, logement, habillement, nourriture) dans un cadre parfaitement démocratique. Rien de plus, rien de moins. Dès lors, « satisfaire les besoins sociaux du moment” ne consiste pas obligatoirement en une surconsommation énergétique comme vous le supposez dans votre commentaire, si parallèlement à cette démarche, est développé le primat de « l’être » sur « l’avoir », vaste débat qui remonte à la nuit des temps philosophiques. Je reste convaincu que notre humanité s’en sortira le jour où il y aura une prise de conscience de la supériorité des valeurs de « l’être » sur celles de « l’avoir », fondatrices du capitalisme et qui nous mènent tout droit dans le mur.

        Là où réside notre principal point de divergence, c’est sur la définition et la place du capitalisme. Sur le 1er point, nous avons déjà échangé, et je pense que le terme de « capitalisation » serait plus juste pour illustrer vos théories. Si vous faisiez cet effort, je suis persuadé que vos commentaires trouveraient un écho plus favorable. Par contre en ce qui concerne sa place, j’estime qu’elle est trop surestimée dans vos analyses. Pourquoi ? L’association de « capital » et « isme » signifie théorie, dogme, doctrine ou idéologie du capital, lequel devient l’élément central. Or, le capital et sa gestion ne sont que des moyens au service de questions plus importantes : dans quelle société voulons-nous idéalement vivre et quel est le but d’une vie humaine ? Le capital en se dogmatisant avec le suffixe « isme » tend, dans votre discours, à s’imposer comme un modèle idéal alors que le capitalisme n’est en réalité que la description d’un mode de production, de gestion et de répartition des ressources. Or, ce modèle ne fait référence à aucune valeur humaniste, aucun idéal social, aucun modèle sociétal ou civilisationnel. Il tend même à éradiquer l’humain de ses considérations en centrant son intérêt sur quelque chose qui est, en vérité, complètement inerte, mort, sans action humaine.
        Vouloir l’ériger en principe fondamental m’apparaît donc comme un non-sens dans la mesure où :
        1°) il ne répond pas aux questions existentielles qui fondent le sens de la vie, et plus simplement le sens d’une vie, et
        2°) n’évoque aucune valeur fondamentale d’un modèle de société comme le sont le libéralisme, le libertarianisme, l’égalitarisme, le socialisme ou le communisme qui sont porteurs, avec leurs défauts et leurs qualités, d’une certaine idée du « vivre ensemble ». Or, c’est cette idée qui doit présider à toutes les autres et prévaloir sur toute autre considération. C’est à partir d’elle que s’élaboreront dans un 2ème temps les modalités de gestion, de production et de répartition des ressources.

        Le capitalisme n’étant porteur d’aucune valeur humaniste, d’aucune idée sur le « comment vivre ensemble », et n’étant qu’une simple théorie sur une certaine forme de gestion et de répartition des ressources, en d’autres termes de la simple intendance, vous comprendrez mieux pourquoi je lui dénie la place que vous lui attribuez et le croit totalement incapable de fonder les bases sociales d’un modèle de société.

        Cordialement.

      3. @ jducac

        Les êtres qui oeuvrent le mieux pour le bien être social, sont ceux qui savent comprendre et faire comprendre que toute consommation qui s’opère au détriment du capital, en ne veillant pas à le préserver de son obsolescence, est suicidaire à terme.

        Je n’irais pas jusqu’à dire comme vous que ce sont ceux-là qui oeuvrent le mieux au bien-être social. Je préfère attribuer cette qualité aux personnels soignants, aux bénévoles des organisations humanitaires, aux animateurs de banlieue, à toux ceux qui luttent contre la pauvreté et la misère, etc… mais je suis d’accord avec vous pour reconnaître qu’ils y contribuent aussi à leur façon.

        Je suis moi-même petit-fils de paysan et je comprends ce que vous voulez dire. Avec eux, j’ai fait l’expérience des plaisirs simples, de la convivialité, du partage, de l’amour de la nature, de l’honnêteté, du travail bien fait, tout ce qui relève plus de ” l’être ” que de ” l’avoir”, toute une philosophie de vie qui s’est délitée dans les limbes d’un consumérisme et d’un individualisme excessif.

        Pour que votre voeu puisse se réaliser et comme je tentais de vous l’expliquer dans mon commentaire précédent, il sera nécessaire de revenir à des valeurs qui privilégieront ” l’être ” sur ” l’avoir “. La cure de désintoxication sera longue et difficile mais ne désespérons pas ! Certaines de ces valeurs sont en train de refaire surface sous la forme de nouvelles solidarités et risquent de revenir avec force sous le poids d’un environnement de plus en plus difficile à vivre.

        NB : Le “carpe diem” dont je vous avais parlé fait partie de ces valeurs de l’être.

        Bien à vous.

      4. la polémique autour du Peak Oil nous empêche d’affirmer avec certitude que nous sommes proches d’une pénurie d’énergie fossile.

        Nous sommes loin d’être proche d’une pénurie d’énergie, mais nous sommes dans une pénurie de croissance d’énergie fossile qui est le moteur du capitalisme.
        C’est je pense, à ce niveau que se situe le problème, sans croissance énergétique, il n’y a pas de croissance tout court et forcément plus de capitalisme financier.
        Substituer la rente énergétique à la rente financière, et à partir de celle-ci (la rente énergétique), activer les allocations de toutes sortes pour créer une activité de temps libre qui approvisionne la rente énergétique.

      5. @ FOD 28 septembre 2011 à 17:18 28 septembre 2011 à 20:50
        Cher FOD, nos échanges prennent une tournure passionnante parce qu’ils amènent chacun à s’exprimer sur ce qu’il comprend et ressent de la pensée de l’autre, avec le désir d’expliquer pourquoi il privilégie tel aspect de la vie sur tel autre.

        Je reste convaincu que notre humanité s’en sortira le jour où il y aura une prise de conscience de la supériorité des valeurs de « l’être » sur celles de « l’avoir », fondatrices du capitalisme et qui nous mènent tout droit dans le mur.

        Je veux bien partager votre point de vue. Mais est-ce une raison pour mépriser à ce point l’avoir, le côté matériel des choses et des êtres ? N’est-ce pas le matériel qui sert de support à la part immatérielle qui nous habite ? N’est-ce pas dangereux de ne donner de la valeur qu’aux pensées, qu’aux sentiments, qu’aux croyances qui nous conduisent à agir, plus ou moins bien vis-à-vis des autres et de nous-mêmes, en négligeant ce qui physiquement nous maintient en vie, à savoir l’énergie matérielle.

        Certes, il ya l’énergie mentale, laquelle commande beaucoup de nos actions. Mais que peut-elle quand il manque l’énergie de base pour apporter ce qu’il faut à la part matériel qui supporte et concrétise tout organisme vivant ?

        Non, jusqu’à preuve du contraire, je prétends que le matériel prime sur l’immatériel de notre être. Cela veut dire qu’il doit passer avant, qu’il conditionne l’aspect immatériel de l’être, lequel n’existe que lorsque le matériel est en vie. Refuser de l’admettre c’est d’une certaine façon, manquer de réalisme. C’est placer l’avenir de l’humanité sous la domination des idées, des idéaux, des croyances de toutes sortes, religieuses, philosophiques, politiques, intellectuelles, sectaires etc… tous courants qui, d’une manière ou d’une autre, veulent imposer leurs vues en faisant en sorte que d’autres pourvoient à leurs besoins matériels.

        Ne veulent-ils pas ainsi les asservir comme cela a été souvent le cas depuis des millénaires? Et de quel droit ?

        C’est l’attitude courante de ceux qui n’ont pas connu les affres des manques fondamentaux, des besoins de bases, comme beaucoup de baby boomers et post baby boomers. Est-ce bien moral que les besoins matériels, tout aussi indispensables aux penseurs et gens du verbe qu’aux autres, soient autant déconsidérés et mis à l’index ?

        Est-ce bien moral, que la part de l’être qui dépend matériellement de l’autre, incite autant à la mépriser et à la vouer aux gémonies ? Est-ce bien moral que cette part incite autant à la haine de l’autre ? Est-ce viable que ceux qui dépendent autant des autres, ne sachent pas voir ce qu’ils doivent de vital, d’essentiel, de capital aux autres, ceux qui oeuvent sur le matériel ?

        Ne prenez pas mon interrogation comme l’amorce d’une critique, mais seulement comme une incitation à la réflexion.

        Bien cordialement. Jacques.

    3. @ jducac
      Vous êtes épatant. Je croyais que les retraites par capitalisation étaient un de vos chevaux de bataille. Voilà que justement PJ vous donne l’occasion d’en débattre et … rien. Soudainement, vous semblez n’avoir aucun avis au sujet des retraites par répartition vs par capitalisation.

      PS Je vous avais répondu ici.

      1. @ fujisan 27 septembre 2011 à 20:40
        Tiens, vous vous adressez à celui auquel vous prêtez des propos infâmes qu’il n’a pas tenus, et cela ne vous gêne pas ? C’était pourtant simple de vous excuser et de montrer ainsi un peu de savoir vivre, vous qui vous drapez dans des qualités que vous déniez aux autres, du seul fait qu’ils démontrent l’illogisme de votre argumentation.

        Oui, vous avez été mis en échec et mat sur une démonstration. Cela arrive dans la vie et, quand son égo n’est pas trop hypertrophié, il encaisse. Cela ne peut que lui être bénéfique à condition qu’il le reconnaisse. C’est loin d’être le cas pour vous, puisque pour vous venger de cette défaite, vous avez voulu me salir, par des procédés qui sont loin de vous honorer.

        Néanmoins, parce que je ne suis pas rancunier, je donnerai suite à votre sollicitation visant à ce que je m’exprime une nouvelle fois sur la retraite par capitalisation.

      2. @jducac
        « Tiens, vous vous adressez à celui auquel vous prêtez des propos infâmes qu’il n’a pas tenus, et cela ne vous gêne pas ? »
        Ah, j’ai dû mal lire…
        Ce n’est pas vous qui me prêtez l’intention « vous soutenez une option qui consiste à vouloir donner plus à ceux dont on est certain qu’ils le dépenseront en prélevant sur des sommes appartenant à ceux qui ont le souci du futur et qui donc, dépensent moins que ce qu’ils pourraient »
        Ce n’est pas vous qui écrivez « Un employeur, sensibilisé à l’écologie et disposant d’une certaine hauteur de vue, sait bien que tout ce qu’il verse en salaires se retrouve en destruction de la planète » ?
        Ce n’est pas vous qui glorifiez « les capitalistes ont été conduits à freiner les salaires, afin de repousser l’heure de l’épuisement lié à la consommation de ceux qui, bien que consommant peu individuellement, sont à l’origine de l’essentiel de la consommation globale d’énergie non renouvelable. »
        Ce n’est pas vous qui vous accommodez par « pragmatisme » que « ceux qui ont tendance à naturellement épargner » exploitent sans vergogne les vils penchants ataviques de « ceux qui ont tendance à naturellement consommer plus », seuls et uniques responsables de leur situation et qui s’éliminent d’eux-même ?
        Ce n’est pas vous qui faites l’éloge du darwinisme social, qui parlez d’atavisme pour justifier votre « pragmatisme » ?
        Ce n’est pas vous qui montrez en exemple le régime chinois ?

        « vous avez été mis en échec et mat sur une démonstration »
        Vous voulez parler de cette discussion là ?

        Je l’ai déjà dit : «exception faite de la part minime mise en réserve», mais il n’est pire sourd… Pour reprendre votre image, vous êtes mis en échec à 98% à savoir la part de l’épargne que les banques ont pour fonction de prêter. Par soucis de simplification, j’avais omis les 2% des dépôts à vue mis en réserve à la banque centrale, mais fondamentalement l’épargne et l’emprunt sont les deux faces de la même chose. Sans oublier que les banques et assureurs peuvent prêter 100% de l’épargne à long terme.

        Au risque de me répéter, votre division entre « vils consommateurs » et « vertueux travailleurs » n’est pas pertinente. Je ne peux séparer, comme vous le faites, production et consommation, épargne et emprunt, exportation et importation, car se sont fondamentalement les deux faces de la même chose.

      3. @ fujisan 27 septembre 2011 à 20:40
        Le sujet des retraites, notamment par capitalisation, a déjà été évoqué à plusieurs reprises sur le blog. Personnellement, je ne vois pas de raison de changer le point de vue que j’ai émis à ces occasions. Afin d’éviter les répétitions, ceux que cela intéressent pourront consulter les files suivantes où, parmi d’autres, je me suis déjà exprimé :
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=11875#comment-81795
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=16214#comment-110607
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=28462#comment-225677

        Quant à l’assassinat de l’assurance vie, nous verrons bien ce qu’il en sera. J’observe seulement que la revue “Le Particulier”, dans son N° d’octobre 2011 cite l’assurance vie comme moyen (parmi d’autres) de mettre son épargne à l’abri de la crise financière.

  3. Bonjour ,
    Il y a un autre argument : supposons que les fonds collectés pour la retraite par capitalisation soient investis dans le système productif …
    Supposons …
    Ces fonds exigeront un, rendement à deux chiffres .
    Donc l’exacerbation de la productivité …
    Soit par plus de travail fourni et à quelle condition ?
    Soit par les plans structurels , c’est à dire en clair licenciements et délocalisations…
    Ou encore investis sur la production de logements locatifs hauts de gamme qui ne réduisent pas la tension sur le logement social . Donc qui accroissent encore le prix du logement ….

    Autrement dit pour assurer votre vieillesse vous mettez en péril votre présent …

    Ce qui n’empêche pas les médias d’être envahis par des publicités promettant des résultats à deux chiffres : en ce moment adressées aux professions libérales …

    Que ce système théorique de libéralisation ait pu intéresser les gogos , ou les gens non au fait , il y a trente cinq ans , ça peut se concevoir . Mais aujourd’hui nous avons sous les yeux les conséquences perverses de ce système qui ne rapportent à court terme qu’aux filous , début de Ponzi , avec les catastrophes apparues aux US , faillites frauduleuses , et effondrement des valeurs boursières , cela ne fait que stimuler ma perplexité sur “l’intelligence” des populations …
    Fait dire que la propagande est forte .
    Bs.

    1. C’est combien le Prefon ? Dix milliards à tout casser, aux trois-quart placés sur de l’obligataire. Les ass-vie, fonds de pension à la françaises, c’est près de 1 500 milliards…

      1. L’a pris une particule ?

        noblesse d’épée à x quartiers, noblesse de robe, noblesse d’empire ?

        non, môssieur, noblesse de malettes !

  4. Mais le problème est seulement déplacé. À moins de trouver une dette non plus souveraine, mais cosmique, de façon à créer et à exploiter une bulle financière extraterrestre, je ne vois pas comment sortir de cette catastrophe en continuant à imposer et à appliquer les principes même qui l’ont causée. Le capitalisme fonctionne toujours de cette façon : déterritorialisation délirante et hypermoderne, qui repousse ses limites toujours plus loin et reterritorialisation raciste, nationaliste, machiste, patriarcale et autoritaire qui dessine un mode de vie infâme : “vivre et penser comme des porcs” – sauf le respect que nous devons aux cochons –, mode de vie dont l’Italie berlusconienne a assuré la mise en scène d’une vulgarité incomparable.
    lien

    Nous avons perdu beaucoup de temps et perdu tout court en essayant de nous justifier par rapport à la dette. Toute justification vous rend déjà coupable ! Il faut conquérir cette seconde innocence, se délivrer de toute culpabilité, de tout devoir, de toute mauvaise conscience et ne rembourser pas même un centime, il faut se battre pour l’annulation de la dette, laquelle n’est pas un problème économique rappelons-le, mais un dispositif du pouvoir qui non seulement nous appauvrit, mais nous mène à la catastrophe.

  5. “c’est la retraite par capitalisation “que l’on déflate.La retraite par répartition , les salaires, les avantages sociaux vont suivre.Tout cela pour restaurer une pseudo-competitivité alignée sur le plus petit dénominateur commun mondial disent les politiques.Je trouve normal de faire payer un impot sur les plus-values mais pas qu’on me fasse payer les moins-values spéculatives des banques.Nationalisons les banques au tiers ( pas chères en ce moment )et envoyons la Cour des comptes mettre son nez dans leurs agissements.

  6. Mais, je me demande, est-il possible, à l’exemple du système financier qui s’est remis sur pied après 2008, que, à l’occasion d’un retournement de tendance de la bourse, même fondé sur une irréalité, on se retrouve dans la même situation, et que le système par capitalisation retrouve une nouvelle jeunesse ?

    Je sais, je bafouille, alors je vais retourner faire ma récolte fulgurante de figues, que je distribue tout autour de moi, au lieu de la vendre, sotte que je suis !

  7. +6% pour le CAC en 2 jours, la capi ne capitule pas, le capital n’est pas décapité, le fond de stabilité, sorte d’euro-obligation, permettra le rebond ; les jours meilleurs sont à l’orée, les marchés entonnent des chants de paix à la gloire du libéralisme libéré !
    – écoutez “aux marchés citoyens !” http://www.myspace.com/compteurblues

    1. +6% en une seule journée, c’est les soldes : vendez l’or pour du papier !
      je vais écrire un livre, la déflation de François Leclerc est derrière nous. Le grand retour de la rente contre la récession.

  8. Voir les conférences de Bernard Friot sur ” Le salaire différé”….mais aurons-nous encore des “salaires” dans? 10 ans. Nouveau monde!!!!nouvelle donne..Bientôt si nous continuons nous les supplierons de nous donner un travail. (cf Annah Arrendt and Robert Antelme ” L’espèce humaine”). En tout cas, nous tricotons de la layette pour le bébé de Carla. Pour Rappel manif des Sages-femmes à Paris le 4/10 RV 11h 00 Montparnasse Grand Pique-nique puis avec tambours et trompettes manifestation jusqu’au bien dénommé Ministère des affaires sociales de la santé et du TRAVAIL. France Furby

  9. le capitalisme ne sait pas gerer les gens audela de 70 ans point .

    plutot que de passer de la capitalisation à la répartition , vous allez voir dans quelques années des lois qui vont assouplir considérablement l’euthanasie !

  10. Par contre l’indexer sur l’espérance de salaires des générations futures ne vous semble pas dangereux ? Pour moi c’est un encore plus grand casino que celui auquel vous faites référence.. Il faut que les générations futures acceptent de payer… et ça c’est pas gagné.. Déjà 20 milliards de déficit cette année sur la sécurité sociale en France…

    1. Si l’Etat payait ce qu’il doit à la sécu, il n’y aurait pas de déficit. Votre argument ne tient pas.
      On en a débattu dans ce blog.
      Il en est de même pour la dette, en revenant aux taux d’imposition des années 80, pour les entreprises et les hauts revenus.

  11. e capitalisme ne sait pas gerer les gens au dela de 70 ans point.

    Oula ! Faut en toucher deux mots à Warren B., Georges.S, Ruppert M., Alan Gr. (Ah non, lui il a appris sur le tard…), Michel Péb., Claude Béb., Jacques Serv., etc…
    Il les gère p’têt mal, mais il me semble bien géré par, non ?

  12. Notre problème de vieux, c’est qu’on vieillit trop! Mon problème c’est que je rajeunis et qu’en plus j’suis pas trop Alzheimer. Je pense donc je nuis….Eliminez-nous mais faîtes-pas de quartier et si vous en êtes d’accord on procède par tirage au sort!!!!je dis des bêtises mais à force de penser surpopulation et le coût voire surcoût qu’elle entraine dans les esprits passés au décolorant ultra-libéral on ne sait plus très bien qui doit y aller en premier….J’vous en prie;;;”;plaît-il vous d’abord.”…Je vous ferai la politesse de m’esquisser subrepticement de ce faux-débat …..France Furby

  13. A l’instant même sur France Inter, le sujet du soir est le système des retraites, encore. Et le présentateur – dont je préfère ne pas me rappeler le nom, ça vaut d’ailleurs mieux pour lui – entame son laïus sur la pauvre pauvre retraite par répartition martyrisée par l’allongement de la durée de la vie, encore…

    Depuis le temps que B. Friot a sorti son bouquin “l’enjeu des retraites”, il reste encore des ahuris comme ce présentateur pour nous rabâcher cette farce grotesque du “problème démographique”. Argument pourtant si simple à faire voler en éclat (source F. Lepage):

    Le problème démographique appliqué aux retraites, c’est qu’il y a de moins en moins de travailleurs qui cotisent pour de plus en plus de retraités.

    Si l’on applique scrupuleusement le même raisonnement à l’agriculture, on doit alors en déduire que la France vit depuis bientôt un siècle en famine chronique et croissante: En effet, il y a de moins en moins d’agriculteurs pour nourrir de plus en plus de français.

    Or, dans ce cas précis on voit bien que le raisonnement est totalement absurde, puisque la baisse du nombre d’agriculteurs a été totalement compensée par les gains de productivité. Mieux (si on veut), l’agriculture se paye même le luxe d’être en sur-production quasi permanente. Or, les gains de productivité ne sont pas le fait de la seule agriculture. Par conséquent, s’ils n’étaient pas captés de manière indue par la finance, ces gains de productivité pourraient tout à fait, et même devraient, en bonne logique, pouvoir financer les retraites.

    Ce raisonnement pourtant simple à comprendre ne semble pas encore avoir effleuré notre cher journaleux, pas plus que bon nombre de ses confrères. Ne parlons même pas du personnel politique. J’enrage.

  14. La dernière fois que j’ai pu discuté sérieusement de retraite, cela remonte à un bon dixième de siècle…
    Un jour, un huissier que je connaissais déjà de nom et même de vue, vint me visiter au sujet de la retraite. Il y avait avec lui, deux personnes que je ne connaissais pas, même de vue.

    Il me parla de ma retraite, ce qui m’avais un peu surpris relativement à mon âge assez vague…
    A la suite, je ne su quoi d’autre dire:
    “Vous y croyez, vous, à la retraite?”

    Il lança un coup d’œil circulaire sur mon environnement, un amoncellement incroyable de vieilleries informatiques élimées, parfois tendues de spara-draps, des croquis et divers outillages élimés tant ils avaient servis partout, divers matériaux en tous genres enceints de sac poussiéreux…
    Sans presque dire mot , même pas un “au revoir”, il tourna instantanément les talons entrainant son escorte que je n’ai plus revue….
    Quant à moi, je repris mon ouvrage, à la suite de là où l’intrusion l’avait interrompu.

  15. @ P.Jorion
    Indexer sa retraite sur les gains d’un tel casino ?

    Bien d’accord.
    Et vous pouvez compter sur “eux” pour ne rien en dire !

  16. émission :

    http://www.franceinter.fr/emission-questions-sur-l-europe-questions-sur-la-retraite

    avec celle qui, je n’engage que moi, est un remède contre l’Europe.( comme on disait un remède contre l’amour : il s’agissait d’hommes bien sûr ! )
    soit :
    – A L, députée européenne, groupe du Parti Populaire européen – L. ( paradis fiscal )
    La députée, à la voix de mêlécasse, ne chante pas le blues, hélas, mais le saint pognon !
    Elle nous fait bien 1 million d’europhobes définitifs en 30 secondes !
    C’est trés fort.
    Espérons au moins qu’elle travaille gratuitement ( hélas, on me dit que non : elle cumule emploi-retraite ) !

  17. Personne n’a noté le “ministère de la propagande” ds le 2ème paragraphe de l’article ci-dessus de P. Jorion .
    C’était le ministère créé par les nazis en 1933 pour Goebbels qui a su très bien l’utiliser .
    P. Jorion , séditieux …

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