LA “PASSIVITÉ DES GENS” NE DURE JAMAIS QU’UN CERTAIN TEMPS

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’ai beau rechercher l’origine de l’information selon laquelle la police de New York aurait récemment reçu 4,6 millions de dollars de la banque JP Morgan Chase, je ne trouve rien d’autre quant à la date à laquelle ce don aurait eu lieu que ce même mot « récemment », répété de dépêche en blog et de blog en dépêche. Ce qui rend bien entendu l’information éminemment suspecte. Pourquoi le succès de cette « information » fausse ou exacte ? En raison de sa plausibilité dans le climat de polarisation politique qui caractérise aujourd’hui les États-Unis. On aura noté aussi dans la journée d’hier la montée en puissance des « indignés » new yorkais « Occupy Wall Street », dont le mouvement a essaimé désormais à l’échelle du pays tout entier.

L’élément déclencheur de cette montée en puissance a été l’arrestation dimanche de 700 manifestants d’« Occupy Wall Street » et leur transfert vers les commissariats dans des bus réquisitionnés, alors qu’ils occupaient le Brooklyn Bridge. Le syndicat des métallurgistes a été le premier à apporter son soutien, suivi dans la journée d’hier de celui des transports en commun et du personnel paramédical. Ce dernier va apporter un encadrement sur le terrain, les conducteurs de bus s’opposent à leur réquisition dans le transport de prisonniers, et tous ensemble, ils offrent des fonds et l’accès à des équipes d’avocats et de juristes.

La preuve est faite une fois de plus qu’on n’a heureusement jamais l’occasion de se plaindre de la « passivité des gens » très longtemps.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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264 réflexions sur « LA “PASSIVITÉ DES GENS” NE DURE JAMAIS QU’UN CERTAIN TEMPS »

  1. bonjour, j’ai laissé un message sur le site de l’Eveil qui relate cette info (don de JP Chase à la Police de NY) et j’ai lu votre commentaire avec lequel je suis ok…
    j’ai dit en gros dans mon com : comment sait-on à quoi cette somme est affectée, si c’est pour la Fondation de la Police e NY, ça peut-être pour les orphelins, les malades et les blessés de la police, non,??? ne faudrait-il pas plus de sources avant de dénoncer… après, on sait bien que les subventions occultes passent par des dons à diverses fondations… mais de là à affirmer que la police équipera les équipes d’ordinateur pour ficher les gens… c’est un peu exagéré… même si le fichage existe par ailleurs, il n’a pas besoin de subventions de JP Chase… qu’en pensez-vous ???

  2. Je suis impressionné par l’ambiance actuelle dans les établissements scolaires. Les enfants semblent être dans les starting-blocks pour la grande révolte, et les faux départs ne leur font pas peur. C’est comme si tout le monde attendait le signal du défoulement général. Les autorités quant à elle ont l’air de prendre le phénomène très très au sérieux et tout le monde est à cran …

    1. De le guerre civile numérique :

      L’opération #invadewallstreet semble avoir été fomentée dès l’origine par les autorités dans un but d’identification de sympathisants. Le canal créé pour cette opération a été le fruit d’une infiltration.

      Il est vivement déconseillé de contribuer d’une façon ou d’une autre à cette manifestation (pour les amateurs du petit breton).

  3. Un des premiers Présidents ou pères fondateurs des States a dit à l’époque:(en subst.)

    “On peut tromper une partie du peuple tout le temps;
    On peut tromper tout le peuple pendant un certain temps;
    ON NE POURRA JAMAIS TROMPER TOUT LE PEUPLE ETERNELLEMENT…

  4. Finalement, il aura fallu une gauche carpette au pouvoir aux USA pour faire la muleta.

    Hollande sera-t-il ce déclencheur ?

  5. @ jaja
    5 octobre 2011 à 01:03

    Je disais: ” Baisse des revenus du travail => baisse du pouvoir d’achat => recherche des prix les plus bas => achat de produits manufacturés dans les pays à bas coût de main d’œuvre => délocalisation de l’emploi => nouvelle baisse des salaires et de l’emploi = >nouvelle baisse du pouvoir d’achat => recherche des prix encore plus bas…”

    Vous répondiez: “autre vision :
    baisse des profits => délocalisation pour vendre à prix occidentaux des marchandises coutant que dalle au sud ==> disparition des emplois bien payés ==> risque de baisse des ventes ( et donc des profits ) ==> utilisation massive du crédit ==> continuation de profits faramineux ==> impossibilité de rembourser les crédits , donc baisse des ventes
    une crise de surproduction ?”

    En fait un partage d’une partie des gains de productivité sous forme de salaire ne fait pas baisser les profits des capitalistes bien au contraire il les accroit : Ce partage des gains de productivité par une augmentation des salaires et même du temps libre crée une demande supplémentaire fondée sur un accroissement de biens créés, assurant donc un accroissement des ventes, principale source de profit avant que les financiers se mêlent de créer des “produits financiers” spéculatifs non créateurs de richesses réelles mais seulement de richesses fondées sur la circulation monétaire sans contrepartie de création de biens ou de services. Les analystes financiers avec leur vision du profit à court terme sont incapables de comprendre cette analyse qui va au-delà des modèles comptables dont ils se servent. Sans la demande finale ma machine économique ne fonctionne pas et la demande finale vient des utilisateurs en dernier ressort dont la grande majorité est composée de ménages à revenus modestes ou faibles mais qui représentent la très grande majorité de la population. Analyse faite en son temps par Wilfredo Pareto et qu’on ne voit jamais dans les médias, peut-être est-ce lié au fait que l’analyse des concentrations de revenus ne prend tout son sens qu’en la représentant sur un graphique logarithmique en X et en Y dit ‘’échelle log-log ‘’ qui seule permet des comparaisons dans le temps et dans l’espace. (voir sur mon site web une description pédagogique de l’analyse des distributions de Pareto
    http://trehinp.dyndns.org/prehistautistic/distribution_et_loi_de_pareto.htm

    Les acteurs de l’activités socio-économique aux USA, ayant appris la leçon après la crise de 1929, ont compris qu’il fallait assurer la demande par la distribution de revenus au travail. Henri Ford fut un des précurseurs de ce mouvement plus tard suivi de General Motors accordant des avantages en salaire et en “social benefits” (avantages sociaux) à ses employés sous la pression des syndicats qui avaient pu démontrer grâce à des modèles informatisés (parmi les premiers à l’époque) que General Motors augmenterait considérablement sa production et ses profits en faisant cette politique de distribution de salaires et d’avantages sociaux. Ce qui se vérifia, General Motors multipliant alors sa production et ses prifits par un facteur très élevé, désolé je n’ai pas ici le temps de retrouver ce taux de multiplication, mais il est documenté dans le livre précédemment cité de Pierre Larrouturou..
    Ce genre de politique prônant une augmentation des salaires en rapport avec l’augmentation des gains de productivité, fut même institutionnalisé par la conférence de Philadelphie, conférence convoquée quelques temps avant les discussions de BrettonWoods, où le gouvernement américain suivi par de nombreux industriels étaient convenu de la nécessité de redistribuer une part importante des gains de productivité sous forme de revenus salariaux. Allant dans ce sens, des réglementations imposèrent aux entreprises américaines des négociations annuelles sur les salaires. ‘exemple cité dans le livre de Pierre Larrouturou “Pour éviter le Krach ultime” Livre accompagné de statistiques très précises, comme le précédent livre de cet auteur:”Crise, la solution interdite” ‘Pour info, Pierre Larrouturou fut avec Paul Jorion un des très rares économistes à annoncer la crise financière de 2008. Crise dont je persiste à dire qu’elle n’est financière qu’en conséquence d’une crise structurelle dans la répartition inéquitable des gains de productivité effectués au cours de 40 dernières années entre travail et capital. , Déséquilibre de la répartition des revenus aggravé par les décisions politiques néolibérales de Regan et Thatcher réduisant les taux d’imposition des plus riches.. augmentant par ailleurs rapidement le déficit du budget américain.

    Et, Jaja comme vous le dites justement, et afin d’essayer de maintenir la demande, les autorités américaines au lieu de recommander une redistribution des gains de productivité aux salariés, on préféré se lancer dans une politique purement monétariste encourageant un accroissement de l’endettement des ménages qui y étaient invités par les politiques laxistes des banques tant au niveau des taux d’intérêts que dans les autorisations de crédit à des ménages non solvables.
    Votre analyse est donc valable, mais seulement en considérant que la nécessité de se lancer dans un politique de crédits déraisonnable, est venue d’une baisse dans la part du travail dans la création de valeur ajoutée des entreprises dont les dirigeants ont été incapables de se rendre compte qu’ils étaient en train de scier les barreaux de l’échèle sur laquelle ils étaient grimpés qui leur avait jusque là apporté des profits énormes… Et la vision à court terme des financiers d’une part et l’entêtement néolibéral des autorités politiques n’ont rien fait pour contrecarrer ces visions à court terme.

    Paul T.

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