LE POPULISME

Je ne sais plus qui a écrit ça. Je crois que c’est dans un roman de Philip Roth que j’ai lu une phrase comme celle-ci : « Elle m’a immédiatement ému. Quand je l’ai vue, ce qui m’est revenu en mémoire, c’est un visage de femme que j’ai un jour longuement scruté sur une photo qui s’appelait ‘Ouvrières à Stalingrad en 1941’ ».

Quand je vois le mot populisme utilisé comme synonyme de « haine », cela me fait très mal. Je vous ai déjà parlé de la casquette de prolo de mon père. Il faudra que la dignité du populisme lui revienne un jour.

Partager :

106 réflexions sur « LE POPULISME »

  1. A propos des mots :  » Internationale situationniste n° 8, janvier 1963  » , et dans la Table , l’article  » All the king’s men « 

    1. « Internationale situ », « All the King’s men » ?
      Oh yeah ! Louis (XI) Louis (XIV), Louis (d’or mais que d’un oeil), I Say (J.Baptiste) Money ! That’s What I Want !

      The Kingsmen, « Louie Louie » & « Money, that’s what i want » :
      http://www.louielouie.net/blog/?p=185

      1. C’est pas bientôt fini ces querelles!… A Popu, à Prolo, à Héros!
        Vigneron tu connais ça,
        « La politique a pourri l’Homme encore plus profondément depuis ces trois derniers siècles que pendant toute la Préhistoire. Nous étions au Moyen Age plus près d’être unis qu’aujourd’hui… un esprit commun prenait forme. Le bobard était bien meilleur  » monté poésie « , plus intime. Il existe plus.
        Le Communisme matérialiste, c’est la Matière avant tout et quand il s’ agit de matière c’est jamais le meilleur qui triomphe, c’est toujours le plus cynique, le plus rusé, le plus brutal. Regardez donc dans cette U.R.S.S. comme le pèze s’est vite requinqué ! Comme l’argent a retrouvé tout de suite toute sa tyrannie ! et au cube encore ! Pourvu qu’on le flatte Popu prend tout ! avale tout ! Il est devenu là-bas hideux de prétention, de suffisance, à mesure qu’on le faisait descendre plus profond dans la mouscaille, qu’on l’isolait davantage ! C’est ça l’effrayant phénomène. Et plus il se rend malheureux, plus il devient crâneur ! Depuis la fin des croyances, les chefs exaltent tous ses défauts, tous ses sadismes, et le tiennent plus que par ses vices : la vanité, 1’ambition, la guerre, la Mort en un mot. Le truc est joliment précieux ! Ils ont repris tout ça au décuple ! On le fait crever par la misère, par son amour-propre aussi ! Vanité d’abord ! La prétention tue comme le reste ! Mieux que le reste !
        La supériorité pratique des grandes religions chrétiennes, c’ est qu’ elles doraient pas la pilule. Elles essayaient pas d’étourdir, elles cherchaient pas l’électeur, elles sentaient pas le besoin de plaire, elles tortillaient pas du panier. Elles saisissaient l’Homme au berceau et lui cassaient le morceau d’autor. Elles le rencardaient sans ambages :  » Toi petit putricule informe, tu seras jamais qu’une ordure… De naissance tu n’es que merde… Est-ce que tu m’entends ?… C’est l’évidence même, c’est le principe de tout ! Cependant, peut-être… peut-être… en y regardant de tout près… que t’as encore une petite chance de te faire un peu pardonner d’être comme ça tellement immonde, excrémentiel, incroyable… C’est de faire bonne mine à toutes les peines, épreuves, misères et tortures de ta brève ou longue existence. Dans la parfaite humilité… La vie, vache, n’est qu’une âpre épreuve ! T’essouffle pas ! Cherche pas midi à quatorze heures ! Sauve ton âme, c’est déjà joli ! Peut-être qu’à la fin du calvaire, si t’es extrêmement régulier, un héros, ‘de fermer ta gueule’, tu claboteras dans les principes… Mais c’est pas certain… un petit poil moins putride à la crevaison qu’en naissant… et quand tu verseras dans la nuit plus respirable qu’à l’aurore… Mais te monte pas la bourriche ! C’est bien tout !…Fais gaffe ! Spécule pas sur des grandes choses ! Pour un étron c’est le maximum !…  »
        Ça ! c’était sérieusement causé ! Par des vrais pères de l’Église ! Qui connaissaient leur ustensile ! qui se miroitaient pas d’illusions !
        La grande prétention au bonheur, voilà l’énorme imposture ! C’est elle qui complique toute la vie ! Qui rend les gens si venimeux, crapules, imbuvables. Y a pas de bonheur dans l’existence, y a que des malheurs plus ou moins grands, plus ou moins tardifs, éclatants, secrets, différés, sournois…  » C’est avec des gens heureux qu’on fait les meilleurs damnés.  » Le principe du diable tient bon. Il avait raison comme toujours, en braquant l’Homme sur la matière. Ça n’a pas traîné. En deux siècles, tout fou d’orgueil, dilaté par la mécanique, il est devenu impossible. Tel nous le voyons aujourd’hui, hagard, saturé, ivrogne d’alcool, de gazoline, défiant, prétentieux, l’univers avec un pouvoir en secondes ! Éberlué, démesuré, irrémédiable, mouton et taureau mélangé, hyène aussi. Charmant. Le moindre obstrué trou du cul, se voit Jupiter dans la glace. Voilà le grand miracle moderne. Une fatuité gigantesque, cosmique. L’envie tient la planète en rage, en tétanos, en surfusion. Le contraire de ce qu’on voulait arrive forcément. Tout créateur au premier mot se trouve à présent écrasé de haines, concassé, vaporisé. Le monde entier tourne critique, donc effroyablement médiocre. Critique collective, torve, larbine, bouchée, esclave absolue.
        Rabaisser l’Homme à la matière, c’est la loi secrète, nouvelle, implacable… Quand on mélange au hasard deux sangs, l’un pauvre, l’autre riche, on n’enrichit jamais le pauvre, on appauvrit toujours le riche… Tout ce qui aide à fourvoyer la masse abrutie par les louanges est bienvenu. Quand les ruses ne suffisent plus, quand le système fait explosion, alors recours à la trique ! à la mitrailleuse ! aux bonbonnes !… On fait donner tout l’arsenal l’heure venue ! avec le grand coup d’optimisme des ultimes Résolutions ! Massacres par myriades, toutes les guerres depuis le Déluge ont eu pour musique l’Optimisme… Tous les assassins voient l’avenir en rose, ça fait partie du métier. Ainsi soit-il. » – Mea culpa – LFC –

  2. « Il faudra que la dignité du populisme lui revienne un jour. »

    (…)
    l’s s’ront ben vus par tout l’village,
    Pasqu’i’s gangn’ront pas mal d’argent
    A fér des p’tits tripatrouillages
    Au préjudic’ des pauv’ers gens
    Ou ben à licher les darrières
    Des grouss’es légum’s, des hauts placés.
    Et quand, qu’à la fin d’leu carrière,
    l’s vouérront qu’i’s ont ben assez
    Volé, liché pour pus ren n’fére,
    Tous les lichés, tous les ruinés
    Diront qu’i’s ont fait leu’s affères…
    Moué ! j’s’rai un gâs qu’a mal tourné !

    C’est égal ! Si jamés je r’tourne
    Un joure r’prend’ l’air du pat’lin
    Ousqu’à mon sujet les langu’s tournent
    Qu’ça en est comm’ des rou’s d’moulin,
    Eh ben ! I’ faura que j’leu dise
    Aux gâs r’tirés ou établis
    Qu’a pataugé dans la bêtise,
    La bassesse et la crapulerie
    Coumm’ des vrais cochons qui pataugent,
    Faurâ qu’ j’leu’ dis’ qu’ j’ai pas mis l’nez
    Dans la pâté’ sal’ de leu-z-auge…
    Et qu’c’est pour ça qu’j’ai mal tourné !

    Gaston Couté, Le gas qu’a mal tourné

    1. Fujisan
      Mi, dji djose bé l’wallon, mais in da saquan rossi qui vont ré comprindre à t’charabia. N’faudrai ti né une traduction?
      Moi, je parle le wallon, mais il y en a beaucoup ici qui ne vont rien comprendre à ton galimatias. Ne faudrait-il pas une traduction?

  3. Ça me fait vraiment plaisir de voir que quelqu’un essaie de réhabiliter ce très beau mot de « populisme », honteusement dégradé par ceux qui veulent « assommer les pauvres ». L’attitude la plus sournoise et la plus malhonnête consistant à traiter de « populiste » aussi bien ceux qui défendent la dignité et la vie des « gens de peu » que les manipulateurs de l’extrême droite. Attitude convenue et répandue dans nos médias et nos « politiques » installés qui m’écoeure particulièrement.

    Une vieille chanson « populiste » que j’aime bien: ça commence par « Nous dont la lampe le matin au clairon du coq se rallume », ça continue par « nous vivons avec les hiboux et les larrons amis des ombres », et ça finit par « Nous nous plairions au grand soleil et sous les rameaux verts des chênes »

  4. La sémantique montre que les signifiants des termes ne sont pas stables et évoluent aussi bien géographiquement que temporellement.
    le terme « Populisme » a pris une connotation colorée dont il ne se remettra pas . son sens a introduit des notions de « manipulation » consciente et calculée . Manipulation des points faibles ET du peuple (de ses aspects « crédule » et peu érudits) , ET du groupe (caractere du groupe maniable aisément …voir la notion de « bande anonyme » chez K.LOrenz . ) .
    Populaire à réussi a sauvegarder une certaine virginité en dépit de la réduction de la masse ouvriere et paysanne .

    1. oui, il y a le pop art qui pense fric et la pop qui pense autrement .
      populaire a de l’air .
      l’isme de l’isthme , ou de l’asthme, c’est selon l’angoisse .

  5. Une chanson de Renaud (1988)

    Rouge-Gorge

    Prolo ordinaire
    Peuple de Paris
    Rouge-gorge est fier
    D’être né ici
    Quartier populaire
    Bistrots et bougnats
    Et marchés couverts
    Rues des enfants rois
    Rouge-gorge doit
    Son surnom bizarre
    A sa jolie voix
    Et à son foulard
    Rouge son foulard
    Autour de son cou
    Rouge sa mémoire
    A jamais debout

    Rouge-gorge chante
    Le Temps des Cerises
    Dans les rues vivantes
    Lorsqu’un jour arrive
    Le temps des noyaux
    Et des bulldozers
    Et des vrais salauds
    En costumes clairs
    Quelque sous-ministre
    A attaché-case
    Et mine sinistre
    L’âme versaillaise
    Décrète trop vieux
    Tout ce quartier-là
    Y foutra le feu
    Si l’ vieux s’en va pas

    Rasée la maison
    Détruit l’atelier
    Des cages en béton
    Les ont remplacés
    Adieu, réverbères
    Ampoules au plafond
    Bonjour la lumière
    Des tristes néons
    Chassés les prolos
    Et chassée la vie
    Parkings et bureaux
    Ont bouffé Paris
    Les petites gens
    Sont des gens sérieux
    Iront gentiment
    Peupler les banlieues

    Chante, Rouge-gorge
    Les Temps des Cerises
    Savigny-sur-Orge
    Paraîtra moins grise
    Chante aussi Paname
    Que les assassins
    Ont livré aux flammes
    Sans brûler leurs mains
    Chante la mémoire
    Que Doisneau préserve
    De Paris, le soir
    D’avant qu’elle crève
    Chante la bâtarde
    Paris-la-soumise
    Que Doisneau regarde
    Et qui agonise.

    Rouge – gorge – Renaud 1988 par sfogliatello

  6. Ce qui est curieux c’est que « Démocratie » avait , chez les grecs , la meme connotation négative que « populisme » : gouverner en s’appuyant sur le vulgaire .
    Curieux et marrant en y regardant de plus pres …puisque l’ AUDIMAT etant le comble de la démocratie élective on y retrouve le meme caractère « manipulation » de masse …
    En fait POPULISME et DEMOCRATIE seraient des synonymes .

    1. ça promeut de la « kulture générale » à 20 h 07 à propos de statue équestre et ça invoque la synonymie pour confondre Dèmophilos et Poivre d’Arvor à 20 h 17 : générale, la culture à kercoz, générale, Mon général.

    2. « Ce qui est curieux c’est que « Démocratie » avait , chez les grecs , la meme connotation négative que « populisme » : gouverner en s’appuyant sur le vulgaire . »

      http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Politique_%28trad._Cousin%29 (Platon)
      « L’ÉTRANGER.

      Nous avons dit que de la monarchie naissent la royauté et la tyrannie, du gouvernement du petit nombre l’aristocratie avec son nom d’heureux augure, et l’oligarchie : quant à celui de la multitude, nous ne l’avons nommé que d’un seul nom, démocratie ; mais maintenant il faut aussi le partager en deux.

      LE J. SOCRATE.
      Comment donc ? Et quelle division adopter ? »
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Ochlocratie

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Anacyclose « cycle en six phases qui fait basculer la monarchie dans la tyrannie, à laquelle fait suite l’aristocratie qui se dégrade en oligarchie, puis vient la démocratie, qui entend remédier à l’oligarchie, mais sombre, dans une sixième phase, dans le pire des régimes qui est l’ochlocratie, où il ne reste plus qu’à attendre l’homme providentiel qui reconduira à la monarchie. »

      1. @Sylla:
        C’est curieux , je pensais que c’etait la monarchie qui provenait de la royauté .
        Dans l’ ordre de succession des régimes (qui de fait ont accru la progression du « Pouvoir » sur l’ individu): Royauté + aristocratie // Royauté devenant monarchie en affaiblissant l’aristocratie // Puis Monarchie Absolue ///puis souveraineté populaire (qui peut se permettre une emprise dont les royalistes n’ ont meme pas rèvé !

      2. à Kercoz
        7 octobre 2011 à 09:22

        « C’est curieux , je pensais que c’etait la monarchie qui provenait de la royauté . »
        Le roi est un monarque, mais le monarque n’est pas nécessairement roi.

        ce n’est « qu »‘une synthèse grecque antique, déjà présente chez Platon :
        le pouvoir d’un seul, la monarchie qui bonne est nommée royauté, mauvaise, nommée tyrannie ;
        le pouvoir de plusieurs qui ____________________aristocratie, ______________ oligarchie ;
        celui de la multitude, qui _____________________démocratie, ______________ochlocratie.
        Pour la grèce et rome, ce cycle « fonctionne » assez bien, en france aussi (peut être ailleurs aussi, mais l’Histoire n’est pas mon point fort…), du moins dans les grandes lignes : c’est une typologie.
        Dans la réalité, le monarque s’appuie sur une aristocratie elle même dépendante du travail de la classe en dessous : cette description est plus une analyse théorique qu’une loi de l’Histoire.

        Ce découpage a le mérite de montrer le lien entre les régimes ainsi qu’un passage entre eux (le tyran se fait bien renverser par un échelon inférieur moins corrompu, de même l’aristocratie, et lorsque la démocratie dérape, on tend à retourner au monarque) et surtout de donner le vocabulaire pour les classer. (lorsque l’aristocratie déraille, il est préférable de ne pas l’appeler aristo (meilleur) pour la critiquer, un peu comme dans 1984 d’Orwell où la nov’langue limite et détourne le vocabulaire pour limiter et détourner la critique et pour finalement la désarmer).

        Platon ajoute un septième régime, idéal celui là : la royauté divine. Ce régime idéal lui sert à évaluer les autres en fonction de leur éloignement de celui ci ; le pasteur divin règne selon les lois « réelles » car il connaît la vérité (régime où la loi correspond à l’être) : pour Platon (comme Socrate : « il n’y a qu’un vice : l’ignorance ; une vertu : le savoir), c’est le vrai qui doit gouverner et donc le savoir ; ainsi sont jugés les régimes (Platon concède qu’un tel ministère est de toute façon hors de portée des hommes, d’où sa tentation de mettre ceux qui savent le plus ou le mieux à la tête de la cité, ou sa tentative un peu utopique de faire des rois et tyrans qu’il rencontra des hommes de science, pour les rapprocher de ce modèle. Heidegger écrit non sans raisons que la philosophie n’est que notes en bas de page des textes de Platon…).
        Sur ce point, de fait Platon est très sévère avec la démocratie, qui nécessite un grand nombre de citoyens « savants », ce qui est pour Platon au moins rare, et donc pour lui la démocratie est vouée à péricliter rapidement. Il n’est pas le seul dans cette approche : de là vient peut être votre commentaire : « Ce qui est curieux c’est que « Démocratie » avait , chez les grecs , la meme connotation négative que « populisme » : gouverner en s’appuyant sur le vulgaire . ». Mais il a employé une autre désignation (ochlocratie, mot courant à l’époque) pour la nommer.

        « //puis souveraineté populaire (qui peut se permettre une emprise dont les royalistes n’ ont meme pas rèvé ! » je ne comprends pas. Une emprise sur qui ou quoi?

Les commentaires sont fermés.