À LA FOIRE ET AU MOULIN, par zébu

Billet invité

Dans son avant-dernier billet, François Leclerc a réinventé une expression des plus communes par une licence poétique dont il a le secret : « Quant au FESF, il est décidément voué à être à la foire et au moulin, destiné à aider les États selon les uns et les banques selon les autres. »

En dehors de son sens premier, qui est de signifier que l’on ne peut pas être à deux endroits différents au même moment (ou faire deux choses en même temps, sauf les femmes), on peut y déceler une signification adaptée à l’actualité de la crise.

« Être au four et au moulin » est un proverbe attesté pour la première fois par le philologue anglais Randle Cotgrave, qui le recensa dans le premier dictionnaire anglais-français en 1611 (en fait, probablement issu de deux auteurs français, Robert Estienne et Claude de Sainliens). Elle tire son origine des droits banaux, de la féodalité. Les seigneurs devaient ainsi construire mais aussi entretenir ces installations et en contrepartie conservaient le monopole de droit de création de ces outils, obligeant la population à n’utiliser que leurs fours et leurs moulins sur leur seigneurie contre redevances. Plus largement, ces banalités servaient à s’étendre sur d’autres droits monopolistiques, comme par exemple les marchés au vin ou les capacités reproductrices des taureaux, pour le renouvellement des troupeaux.

La nuit du 04 août 1789 ne met pas fin à ces droits puisqu’ils devaient être rachetés, leur permettant de se maintenir ou d’être ‘réservés’ uniquement pour ceux qui étaient en capacité de les racheter.

Ce n’est qu’avec la Convention que les droits féodaux seront déclarés définitivement abolis le 17 juillet 1793 par décret, sans indemnités et brulés (le 10 août ou dans un délai de 3 mois, ceux ayant cachés ou recelés ces actes encourant ‘5 années de fers’). Ainsi, une grande partie de l’activité économique quotidienne des populations était dépendante de droits détenus par des seigneurs mais l’expression recelait aussi la place sociale centrale de ces outils : « Au four et au moulin, on sait toutes les nouvelles ». Et les nouvelles actuelles ne sont pas bonnes.

Dans le cadre de la crise en cours, le moulin, ce sont les banques et le four, ce sont les budgets des états. Les deux sont des droits seigneuriaux, les deux sont monopolistiques de leurs activités. Pour le moulin, les états y apportent leurs dettes que les banques réduisent en crédit. Le même crédit qui sera ensuite utilisé par les états dans le four, pour cuire le pain de leurs budgets, qui donneront lieu avec le service de la dette à versement de redevances. Récemment, ces droits se sont renforcés, puisque non contents de devoir être alimentés par les dettes, le four ET le moulin doivent aussi être entretenus et consolidés, sous peine de tomber en ruines. Les garanties des usagers s’en trouvent ainsi accrues, tandis que la matière première (le crédit) vient à faire défaut : la corvée est de retour, pendant que l’on taille dans les dépenses.

Il faudra donc choisir, la farine (le crédit) ou le pain (le budget). Certains ont d’ores et déjà décidé de réduire le poids du pain. Les populations ne goutent guère de ce met là et on les entend gronder, d’autant plus que les redevances augmentent pendant que le pain se raréfie, mais les jacqueries n’ont jamais fait les rois. D’autres décident de réduire la part de farine et de mélanger celle-ci à d’autres produits dont il vaut mieux ne pas connaître la composition et dont d’ailleurs les meuniers cachent coute que coute l’origine, l’égo de blé ayant déjà créé il y a quelques années une grave crise d’égotisme, provoquant des hallucinations collectives quant à la valeur du grain. Reste enfin la possibilité de gonfler le blé par l’adjonction de liquidités mais cette solution a l’inconvénient d’inflationner gravement ceux qui en consomment, tout en rendant anémiques ceux qui en attendent redevances, puisque tout ceci n’est que vent.

Du côté des moulins, il semblerait donc bien que l’on continue à leur apporter des liquidités afin d’abonder dans le sens du courant, de peur que leurs meules ne finissent par se fissurer par absence de choses à moudre, les moulins ne pouvant pas s’arrêter de tourner, sous peine de s’effondrer. Les meuniers ne sont plus prêteurs entre eux, il faut donc y remédier aussi. Certains jettent alors leurs bonnets par-dessus les moulins, comme on jette les injections passées de capitaux, sans souci de convenance, tant il est vrai qu’il importe peu que la propriété soit publique ou privée, du moment que les redevances continuent à tomber, sans faire tomber les moulins à vent. Les états, après être entrés au capital comme on entre et sort d’un moulin, sans en détenir les clefs, reprendront le chemin des banques.

Ces mêmes états pourtant pourraient bien décider ne plus aller au four, contrairement à ce que l’on veut bien leur faire croire. Car un État peut tout à fait refuser d’y cuire son pain. Il lui suffit d’en faire des faux, ce qui inquiète d’ailleurs grandement ‘les marchés’ concernant la Grèce, après en avoir tiré toute la farine dont ils veulent faire leur gâteau. Des états donc à qui on passe une farine, gâtée, pourrie, qui ferment les yeux ou qui refuse de voir ce qu’ils pétrissent et ce qu’ils cuisent. Des États qui effectivement, comme le dit François Leclerc, iront bien plutôt à la foire. Celle des bestiaux, pour aller s’exposer et attirer le chaland, au plus offrant. Celle des camelots, qui ébaubissent les passants, faisant la retape à qui aura le plus beau pain doré, sans bulles à l’intérieur. C’est aussi la foire d’empoigne et chacun d’essayer d’exiger des autres des garanties dont ils savent qu’ils ne peuvent pas consentir eux-mêmes pour autrui.

Un vrai petit théâtre de foire, où l’on s’entend comme mauvais larrons entre France et Allemagne, où tous les mauvais coups ne sont pas ceux que l’on avait, à grand peine, anticipés, et qui sont escamotés avant même que d’apparaître. Mais on y voit aussi le bal des prétendants, de ceux qui veulent accéder au trône : un vrai jeu de massacre politique, où celui qui chamboule tout a perdu, où l’on fait la grande roue pour séduire, où l’on clame des ‘oh !’ et des ‘ah !’ dans le grand 8 du capital, secoués mais impavides dans les montagnes rudes des cours de la bourse. Un vrai petit palais des classes déformées, où la croissance tant espérée se rétrécit comme une illusion d’optique. Et tous, de chanter alors la même chanson : « Que la croissance est belle ! ».

En face, au moulin, on fait la foire, la vraie. On distribue des dividendes qui n’ont même pas eu le temps d’être moulu, on vend au même prix des pains de seigle en les faisant passer pour des pains de blé, on pille les réserves de grains et l’on augmente la voilure en pleine tempête, en se disant bien que les états seront toujours à la foire et au moulin… Et au final, tous ces états de se retrouver à la foire aux puces, où chacun regrettera les occasions qu’ils auront eues et qu’ils n’auront pas saisies et bien plutôt, auront à étaler les dernières breloques qui leur resteront à vendre, au plus offrant.

Reste que la question occultée par cette agitation extrême n’est pas même posée. Car si l’on définit la foire et le moulin comme des droits seigneuriaux, il faudra bien que l’on définisse aussi un jour qui sont ceux qui en perçoivent les redevances. La révolution française avait dans un premier temps supprimé ces droits, tout en consentant leurs rachats, avant que de les abolir sans indemnisations. Reste à savoir ce que l’on fera aujourd’hui de ces nouvelles banalités que l’on ne veut nommer.

Apparemment, il semblerait que l’on rachète ces droits, sans les abolir.

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41 réflexions sur « À LA FOIRE ET AU MOULIN, par zébu »

  1. La crise de la dette a gna gna, a gna gna..

    Vie du spéculateur:
    Entasser les billets de banques et mourrir stressé d’avoir eu à maintenir l’épaisseur de l’entassement.
    Bigre, quelle vie et quelle évolution !!

  2. Bonjour Monsieur Zébu,
    j’achève votre miche avec délectation.

    Je peux même dire, comme on l’entend parfois dans le moulin d’à côté: ich liebe (Ihre) miche!
    Mais en écrivant ces mots je me rends compte que cela peut être mal interprété… dans l’enceinte de notre propre moulin… Preuve si il en est que l’union des moulins est aussi affaire de sémantique et que l’entente commune sans arrière pensées n’est pas pour demain.

    Petite question subsidiaire: vous ne semblez pas faire toutes vos courses au journal « Les Egos ». Est-ce pour éviter les hallucinations?

    Merci pour ce billet très drôle.
    Cordialement
    YR

  3. Faut-il alors se battre contre les moulins à vent comme Don Quichotte ? Il avait raison dans le fond, c’est bien là que ça coince !

    Et Accessoirement, je n’ai jamais accès à plus de 35 ou 36 commentaires tout au plus. Comment faire pour accéder à l’ensemble des commentaires. Merci pour l’info.

    1. Le nombre des commentaires inclus les sous-commentaires, je crois. J’ai mis très longtemps à le comprendre.
      Soit dit en passant, ça me laisse rêveur quand à ma compréhension de l’économie et d’une façon plus générale du monde qui est le notre.

  4. Quelle parfaite analogie qui a le mérite de rappeler que l’histoire se répète étrangement. ce qui signifie en corollaire que la nature humaine n’a pas vraiment évolué en deux cent ans.
    Mais où situez-vous les dark pools ? A la foire ou au moulin ? Peut-être dans les deux à la fois puisque les dits dark pools n’existent pour partie que grâce à l’informatique (électronique) haut débit. Or, comme vous le savez, l’électron et d’autres particules sub-atomiques peuvent se trouver en deux endroits différents au même moment selon le principe d’incertitude d’Eisenberg… de là à affirmer que les dark pools se trouvent en deux endroits différents au même moment, il n’y a qu’un petit pas à franchir !
    C’était juste un trait d’humour …

    1. @ Henry38

      Pour filer la méta-foire de Zébu, je dirai que le dark pool est la fosse d’aisance des moulins.

      Faut-il le dire à Zébu ? Quel régal ce billet! A faire circuler généreusement!

  5. Apparemment, il semblerait que l’on rachète ces droits, sans les abolir.

    Il semblerait plutôt que, derechef, le boulanger (l’État), avance une partie du prix des récoltes de froment à venir (les ressources budgétaires futures) au meunier qui dort et dîne (les banquiers, leurs actionnaires et leurs gros fournisseurs) pour que ces dîneurs-dormeurs conservent à moindres frais la totalité de leurs droits seigneuriaux, non ?

    1. Il semblerait plus exactement que ce soit le gouvernement
      à la tête de l’Êtat (aux affaires), non ?
      … c’est cela la bonne gouvernance, n’est-ce pas ?

      1. Ben voui, normalement… Comme le boulanger, qu’est maître de sa boulange, surtout si la boulangère a des écus qui ne lui coûtent guèè-ère… et tant que le client accepte du pain noir aux balayures de moulin au prix du pain blanc… et qu’la boulangère passe pas trop de temps à dîner-dormir avec le meunier.
        (Et j’vous parle pas des douaniers, pi des étrangers qui viennent manger l’pain des Français ! Ce s’rait trop long, un peu comme un jour sans pain, un peu comme du Zébu..)

      2. C’est qu’un zébu bref, ça n’existe paaas, et qu’en plus,
        un zébu, ça a tout son temps plein sa bosse.

    2. @ Vigneron :
      Oui, tout à fait.
      Les états rachètent en fait non pas l’abusus mais seulement le fructus de ces droits seigneuriaux.
      Ceux-ci ne sont donc évidemment pas abolis.
      Le fructus s’en trouve modifié : en lieu et place des dividendes, on y trouve le coupon des dettes à verser, cette fois-ci par la garantie de ces mêmes états.
      De la servitude, mais volontaire.
      On progresse, depuis la révolution …

      La chose n’appartient pas à son/ses propriétaire(s)-actionnaire(s).
      Elle appartient à ses débiteurs.
      La créance, voilà le nouveau titre de propriété !!

  6. Bravo cher Zebu,
    enfin un billet où l’humour n’a d’égal que la clarté.

    Mais dites moi, les banalités dont vous faites état ne sont elles pas ce jour de vraies généralités, qui s’étendent sans limite visible?
    Enfin, où peut bien être l’équivalent de cette assemblée conventionnelle qui vota l’abolition de ces unilatéralement prétendus droits, et quand viendra t elle ?

    Merci encore pour ce sourire plein de vie!

  7. Trop c’est trop, passé(es) les bornes, il n’y a plus de limite, pour les citoyens AUSSI.

    Je ne réclame même plus la nationalisation des banques, ni même leur saisie consficatoire, je réclame leur défaisance pure et simple et la reprise des actifs sains par une ou plusieurs banques crées à cette effet.

    Quoi qu’il en soi, dès après-demain, j’applique la « méthode Cantonna », et advienne que pourra …

    Ensuite, quelqu’un peut t’il calculer combien coûtera Dexia par personne ou par foyer, afin que je puisse le déduire de mes impôts, à la mode Grecque.

    Ci-après le sentiment de Michel Santi, que je partage sans aucune restriction.

    http://www.gestionsuisse.com/2011/pensee-dexienne%e2%80%a6/#more-2552

    1. François78 @
      Je crains que Vous n’ayiez pas bien saisi la « réalité »;
      on ne va pas demander aux contribuables belges et français de supporter les pertes énormes de la banque Dexia et de rembourser.
      On va simplement « mutualiser » dans un esprit de socialisme la charge de redresser la situation de cette banque franco-belge.
      Ce que l’on fait pour la sécu ou pour la retraite des fonctionnaires français est nettement plus élevé dans leurs montants et cela dure depuis des années…..
      Et depuis 1981, on sait comment faire en France avec les faillites des banques nationalisées par la gauche qui avait mis tous les copains aux postes de direction.
      Le peuple français s’en est il plaint ?
      Au contraire il a réélu pour 7 ans de plus !

      1. Albin.
        Il me semble que la situation planétaire a largement dépassé le stade des petites disputes de clans.
        C’est l’ensemble du système capitaleux qui prend l’eau.

        Ne pas comprendre ça est franchement bas en réflexion.

      2. Le peuple français s’en est il plaint ?

        Oui, le peuple prend conscience, en France et ailleurs,
        au rythme des coups portés dans la crise par la bourgeoisie et ses inutiles,
        qu’il faut se débarasser du théatre des politiciens manipulés par le capital,
        qu’ils entrent sur scène par la gauche ou la droite.

      3. « on ne va pas demander aux contribuables belges et français de supporter les pertes énormes de la banque Dexia et de rembourser.
        On va simplement « mutualiser »

        comprend pas.

  8. Meunier, tu dors
    ton moulin, ton moulin
    va trop vite.
    Meunier, tu dors
    ton moulin, ton moulin
    va trop fort.

    1. C’est pas le moulin qui va trop vite c’est les planches à billets qui s’emportent (Gone with the Wind). Il faut revoir ses standard & poor, la note sent la grosse gabelle.

  9. Pour le moment il y en a qui érigent des pics de fortunes diverses et l’évolution va dans le sens de la douceur, car les Alpes qui égratignent les cieux deviendront comme les Vosges aux douces rondeurs

  10. En cette époque de charlatanisme et de sorcellerie financière nous mangerons bientôt de la Marie-Antoinette.

    1. je suis comme vous, j’ai eu la flemme d’aller vérifier … ;-/

      ergot de blé ou de seigle, oui, mais égo de blé, jamais entendu.

    2. Jeu de mot, pour signifier ‘ergot’, qui produit des hallucinations : l’égotisme produit lui aussi des hallucinations mais sociales.

  11. Brioché. Un délice. Permettez de parler encore la bouche pleine des seuls trois premiers paragraphes… excellent.
    Poursuivons…
    Je me perds un peu dans toute cette imagerie pourtant très explicite et vos références aux fours banaux, ban vin, octroies divers du Moyen Age… abolies mais pas tout à fait. Droit ancien et nouveau. Complexe. Complexe aussi la monnaie et ses édifices cachés (on comprend pourquoi)…Mais j’applaudis à la construction des métaphores et du projet de simplification de ce dessin animé. Merci pour la fable qui tourne comme les ailes d’un moulin.
    Mais, peut-être, que tant qu’il y aura du vent cet autre machin que vous décrivez, lui aussi tournera. Mais alors qui est le vent et qui le fera caler?
    Les « indignés » dont la rumeur nous parvient de tous côtés portée par le souffle des dieux Eole, Zéphir, Borée et Notos?

  12. @zébu

    Je glisse dans cet page spirituelle pour laisser, du coq à l’âne, exploser ma joie et ma confiance dans l’avenir

    LA FRANCE VIENT DE BATTRE L’ANGLETERRE !!!!!!!!!!!!

    Pardonnez ce chauvinisme exacerbé mais je veux voir dans cette nouvelle inattendue une saine illustration des propos du Général.

    QUAND LA FRANCE EST PERDUE UN MIRACLE SAUVE LA FRANCE

    Il ne sera pas dit que devant une catastrophe annoncée la « furia francese » puisse rester sans effet.

    Haut les coeurs ! Nous avons perdu bien des batailles mais le combat continue.

    On est toujours les meilleurs même si on reste très indisciplinés.

  13. A part ça cher Zébu vous résumez tellement notre pensée. Que je reste sans voix.

    Chapeau bas, j’applaudis….

  14. Le moulin et le four.

    Partager le pain.

    La tradition médiévale, imprégnée de christiannisme, disait « j’ai mangé son pain » et plus tard, certains disaient « j’ai bu son vin ».
    Le moulin et le four, c’était le pain.
    Depuis que l’industrie agro-alimentaire a changé la nature du pain, en conservant le nom, le citoyen pourrait avoir le sentiment d’être roulé dans la farine, mais l’électeur s’en contente puisqu’il n’a pas été consulté sur le changement de nature du pain, ni sur celle du vin.

  15. Pas mal, Zébu.
    Ca donne envie d’y apporter de l’eau. Histoire d’emballer un peu plus le moulin. Nous ne sommes plus à un sabotage près, acte de révolte des ouvriers bloquant les engrenages avec le seul outil à leur disposition : leurs sabots.

    J’ai vaguement l’impression que leurs droits ne vont plus être utiles à grand chose, bientôt.
    Ce qui n’empêchera pas une révolution.

  16. Les références céréalières ont toujours un fond de vérité quand il s’agit de révolutions ( qu’elles soient française , russe ou chinoise ).
    On pouvait encore citer : Marie Antoinette et sa brioche , le boulanger et le petit mitron , le pain et les jeux , tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ( version Jducac ) , Gandhi ( » Si chacun s’efforçait de travailler pour le pain qu’il lui faut , alors il y aurait assez de nourriture et de loisir pour tous » ) , le pain-hostie , manger son pain blanc .

    Je crains de mon côté qu’à force de manger le blé en herbe , il n’y ait plus de semence et que les meuniers , via les OGM , continuent à essayer de survivre , pour « faire leur blé » , poursuivant leur appropriation des terres , des hommes , des graines promises à la stérilité et à la stérilisation biologique , des moulins et de la distribution de la farine comme des boulangers-pâtissiers .

    Il commence à ne même plus y avoir la possibilité de manger son pain noir .

    Pour ne pas crever avant les meuniers , ne reste que la protection des champs , la collectivisation des moissons , des moulins publics ou privés , assez nombreux pour ne pas être trop incontournables .

  17. A relire le billet , il y aurait sans doute matière à une ou deux pages d’illustration dans la BD à venir de Grégory .

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