L’actualité de la crise : SAUVEZ LES MEUBLES !, par François Leclerc

Billet invité

En dépit de toutes les pressions des dirigeants européens, aucun accord concernant la décote grecque n’a pu encore être enregistré à Bruxelles à une heure trente du matin, ce qu’a confirmé l’Institute of International Finance. Voilà qui illustre le rapport de force entre les mégabanques et les chefs d’Etat et de gouvernement, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy allant jusqu’à interrompre le sommet pour négocier avec les représentants des banques dans le bureau du président de l’Union européenne, Herman van Rompuy. Dans quel monde sommes nous dans lequel les dirigeants de l’Allemagne et de la France doivent composer avec les banques sans pouvoir imposer leurs vues ?

Au terme de près d’une semaine de négociations, le résultat reste cette nuit très maigre. Afin de sauver les apparences, il est mis en avant l’accord intervenu à propos de la recapitalisation des banques, devenu par la force des choses le principal objectif du sommet, seul résultat tangible à présenter. Le montant global qu’elle représentera sera annoncé « en temps utile par les autorités européennes », a précisé le ministre polonais des Finances, Jacek Rostowski, qui a poursuivi  : « Il faut bien comprendre qu’il s’agit d’une procédure exceptionnelle [qui ne] se reproduira pas [et] ne sera pas permanente ».

Mais Traian Basescu, le ministre Roumain des finances, a aussitôt malencontreusement vendu la mèche dans un couloir en déclarant « Que le montant soit de 100 ou 200 milliards d’euros, il sera suffisant pour les six ou sept premiers mois. S’il faut des montants supérieurs, nous en parlerons plus tard ». L’EBA, régulateur européen des banques, a de son côté donné le chiffre de 106 milliards d’euros, alors que la décote grecque n’a pas été fixée, dont l’incidence sur les besoins de recapitalisation est forte…

Tout cela a un petit côté stress test qui ne dit pas son nom, ne pouvant plus être crédible ! Il est par ailleurs prévu que des garanties publiques permettront aux banques de s’assurer des financements à moyen et long terme, le court terme étant du ressort de la BCE, qui va par ailleurs continuer d’acheter des obligations sur le marché secondaire.

Sur le troisième volet du triptyque, le résultat des sommets est en pointillé. Deux mécanismes de levée de fonds ont été retenus dans leurs grandes lignes, comme prévu, mais seul le premier a été accompagné d’un chiffrage des moyens financiers qu’il permettra de mobiliser. La somme ronflante de 1.000 milliards d’euros est mise en avant, en oubliant de signaler qu’il s’agit d’un montant potentiel et que l’attitude des investisseurs au montage financier qui leur sera proposé – une garantie de leurs pertes à hauteur plafonnée de 25% du montant de leur investissement – est une totale inconnue.

Le second mécanisme, qui pourrait concerner la Chine, le Brésil et la Russie, et impliquer le FMI, est totalement dans les limbes et ne pourra pas être prêt pour être présenté au G20, sa configuration étant à géométrie variable. On en reste donc à l’esquisse, car presque tout reste à faire, une fois enregistré les manifestations d’intérêt des pays concernés, qui ont été sollicitées. On peut seulement retenir que sa mise sur pied est indispensable, vu la surface financière potentielle limitée du premier dispositif.

Il est question qu’une nouvelle réunion des ministres des finances soit organisée dans les tous prochains jours, afin de tenter de finaliser ce qui pourra l’être.

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180 réflexions sur « L’actualité de la crise : SAUVEZ LES MEUBLES !, par François Leclerc »

  1. c’est quoi le machin effet de levier?

    un truc qui te permet quand tu as 100€ dans la poche d’en utiliser 400€?

    il te faut donc un prêteur pour 300€, c’est donc un emprunt, donc une dette.

    et le prêteur veut des garanties de remboursement!

    y va souscrire des CDS peut-être?

    On vit une époque formidable!

  2. pour sauver les meubles, les bourses flambent à leur place ; ironie du sort … (bernique va être content) …

  3. « Il faut bien comprendre qu’il s’agit d’une procédure exceptionnelle [qui ne] se reproduira pas [et] ne sera pas permanente »

    C’est un classique, il me semble avoir déjà entendu cela. je sens comme de l’exaspération dans l’air. Après la rigoureuse austérité il y aura, l’ascétique misère, la misérable guerre ou la révolution des poltrons…
    Il n’y a plus que le père Noël pour sauver le monde,
    Cher Père Noël,
    Je souéteré avoar un caca 47 avec bocoup de minition pour re mètre un peu d’ordre dans les affaires. Si il te reste des grenades, des gilets flash ball, quelques missiles nanti-char.

    Merci & GROS BISOUS à tes rennes

  4. Les taux souverains se détendent fortement, le spread France-Allemagne repasse sous 100 points. Visiblement les résultats de ce sommet satisfont pour l’instant pleinement mais peut être Wall Street va-t-elle mettre des grains de sable dans les rouages cet après midi.
    Si cela pouvait être l’amorce d’une détente générale sur la zone euro ce serait fantastique.
    En tout cas les banques européennes ont été mises au pas par les états et perdent progressivement de leur influence, l’Europe s’éloigne encore un plus des USA et de la GB, pays où les banques tiennent plus que jamais tout le monde en otage. Nos institutions financières vont devoir payer enfin leur juste contribution et les dividendes à venir ne seront pas lourds. La Grèce n’a pas été lâché par ses partenaires qui prennent donc une partie importante du fardeau à leur charge et vont continuer à financer ce pays, voilà le signal fort d’une réelle solidarité qui renforce énormément la zone euro.
    Finalement, l’Allemagne accepte de prendre le leadership et la BCE continue à soutenir l’édifice en dernier ressort en attendant que le nouveau Fond Monétaire Européen prenne définitivement le relais.
    Nous vivons peut être un moment historique.

  5. Hors sujet mais, leur raisonnement me donne trop envie de gerber…

    GDF Suez hausse le ton contre les gouvernements français et belge

    « GDF Suez a haussé le ton, jeudi, face aux gouvernements français et belge en critiquant ouvertement le gel des tarifs du gaz en France, qui amputera ses résultats de 400 millions d’euros cette année… »

    « De janvier à septembre, le bénéfice brut d’exploitation de GDF Suez ressort en hausse de 10% à 12,1 milliards d’euros et le chiffre d’affaires de 9% à 65,4 milliards d’euros… »
    9 % d’augmentation du chiffre d’affaires, ce sont 9% de clients supplémentaires ?
    + 10 %… Acquis par de nouvelles parts de marché ou par la compression des « coûts de production » et l’augmentation des tarifs ?
    Quid des 12,1 milliards d’euros ? Réinvestis pour améliorer les services ou pour en donner plus en dividendes ?
    Les pauvres… 400 millions de « manque à gagner »… 400 briques qu’ils réclament en haussant le ton, c’est 400 briques qui sortiront de la poche des « clients », dont une majorité aujourd’hui peinent déjà à payer les factures en cours…
    Ces mecs sont des psychopathes, des sociopathes, des vrais criminels en devenir quand on commencera à compter les morts de froid dans notre belle société, comme ce fut le cas dans certaines contrées de l’europe de l’est…
    Vraiment, ça me fout la gerbe… !!!

      1. Oui la privatisation de GDF et sa fusion, plûtot absorbtion par le groupe SUEZ, conduisent à des augmenations de prix car il faut dorénavant engraisser les gros actionnaires et les équipes dirigeantes au détriment de l’intérêt général , exit le SERVICE PUBLIC..

    1. « Ces mecs sont des psychopathes, des sociopathes, des vrais criminels en devenir  »

      Et vous êtes gentil en les qualifiant de la sorte….S’ils sont jugés un jour, ils obtiendront des circonstances atténuantes pour ce comportement inqualifiable…
      En attendant le procès, les années à venir vont causer bien du mal à ce peuple qui pour l’instant est heureux, avec les supermarchés encore pleins ….du foot et du rugby….etc…du crédit….

  6. Les Français, peuple issu de la paysannerie, sont prévoyants: épargne totale des ménages : 8 mille milliards d’euros à mettre en face des 1700 milliards de dette de l’Etat. Etant néophyte, je pose la question:l’Etat peut- il être tenté de taxer notre épargne? (ou encore plus si c’est déjà le cas?)

    1. Le problème,c’est que les 8 000 milliards, ils ne sont déjà plus là… Ils les ont bouffé depuis longue date…

    2. Vu le niveau de sérieux et de vertu des braves gens qui nous dirigent, si j’avais de l’argent de côté, je m’inquièterais.

    3. Ils n’épargneront personne, pas de prisonnier sur la terre brûlé. Des peuples issus de la paysannerie, c’est très rare…

    4. C’est déjà le cas ! Attendez-vous à des augmentations substantielles des impôts directs et indirects.
      Par contre rien n’est prévu pour les taxes sur les transactions financières….pour le « marché » tout baigne…

    1. Oui méeh qui va payer ?
      Assureur & banque à la fois le bon sens près de chez-vous qu’ils disent. La banque s’assure elle-même contre son défaut, c’est d’un comique.

  7. Pour l’instant, tout va bien; surveillez la bourse: quand le 1% gagne contre les 99%, elle s’envole!
    Ce soir, c’est « nous irons danser » avec NS dans le rôle du crooner; ça va être chouette; c’est comme si Daladier revenait de Munich avec en prime une promesse de AH de nous prêter du fric pour construire la ligne Maginot….

    1. Ce soir, c’est « nous irons danser » avec NS dans le rôle du crooner; ça va être chouette; c’est comme si Daladier revenait de Munich

      La comparaison est tout juste énorme entre Daladier qui revient de Munich et qui dit qu’il a sauvé la paix et Sarkozy qui revient de Bruxelles pour certainement nous dire que le plus gros de la crise est passée grâce à un sommet « historique » (La conférence de Munich a été certes historique, mais pas dans le sens que voulait Daladier et Chamberlain) !

  8. Si on emprunte à la Chine et que la Chine se dote d’une armée puissante du point de vue équipements, technologie et effectifs.
    Que cette armée devient plus forte que le misérable embryon nommé Eurocorps.
    Que les USA et son eurobras l’Otan sont défaillants faute de crédits et de volonté d’en découdre (pour une fois puisque l’Europe est un nain politique).
    Si l’Europe n’arrive pas à assumer ses dettes envers cette Chine.
    Quel genre de moyen de rétorsion les chefs du péril jaune vont-ils employer in fine?
    Autrement dit n’est-il pas carrément dangereux de devenir débiteurs de la Chine?
    Mais nos dirigeants s’en foutent, ils pensent être hors d’atteinte quand le temps de la cerise approchera.

  9. C’est normal qu’il y est un chinois à notre table ,une personne sur cinq est chinoise.
    Jour historique por les rentiers de tous les pays,ils se sont unis avant les prolétaires.

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