QUAND M. OBAMA SE REND À TOULON

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Non, M. Obama ne lit pas le blog de Paul Jorion (enfin, je ne pense pas !). Alors comment se fait-il que le discours qu’il a prononcé avant-hier à Osawatomie dans le Kansas, pourrait tout aussi bien avoir été écrit par moi-même ?

Une hypothèse envisageable est celle de la pure coïncidence. Une autre, est que M. Obama a – pour une fois – décrit les choses telles qu’elles sont, et c’est là l’hypothèse qui me semble la plus plausible. Voici un bref échantillon de son discours :

Bien longtemps même avant que la récession ne débute, travailler dur ne faisait plus aucune différence pour la plupart des gens. Un nombre de plus en plus restreint des personnes qui contribuaient au succès de notre économie bénéficiaient véritablement de ses avancées. Ceux qui vivent au sommet s’enrichissaient plus que jamais, du fait de leurs rémunérations et de leurs investissements. Mais la grande masse des autres s’escrimaient avec des coûts en hausse constante et des feuilles de paie pour qui ce n’était pas le cas – et un nombre toujours croissant de familles s’endettaient toujours davantage, pour ne pas sombrer. […] Le château de cartes s’effondra en 2008. […]

L’histoire est maintenant connue de tous : des crédits hypothécaires accordés à des ménages qui ne pouvaient pas se les permettre, et qui bien souvent n’en comprenaient pas les termes. Des banques et des investisseurs à qui on a permis de reconditionner les risques qui en découlaient et de les revendre. Des paris colossaux – et des bonus colossaux – faits et accordés avec l’argent de quelqu’un d’autre. Des régulateurs dont on supposait qu’ils nous alerteraient quant aux dangers causés par tout cela, mais qui regardèrent ailleurs ou n’avaient même pas le pouvoir de regarder. […]

Les aciéries qui avaient besoin autrefois de 1.000 ouvriers font aujourd’hui le même travail avec seulement 100, et les licenciements sont du coup trop souvent permanents. Et de tels changements n’épargnent pas les cadres. Si vous étiez guichetier d’une banque, réceptionniste ou agent touristique, la plupart d’entre vous ont été remplacés par un distributeur de billet ou par l’Internet. […]

Examinez les statistiques : au cours des dernières décennies, le revenu moyen du 1% au sommet a augmenté de 250% […] Le dirigeant d’entreprise typique qui touchait autrefois 30 fois ce que gagnaient ses employés, gagne aujourd’hui 110 fois plus. Et pendant ce temps-là, les revenus de la grande masse des Américains ont baissé de 6%. […]

Quand les ménages de la classe moyenne ne peuvent plus s’offrir les biens et les services que les entreprises proposent, c’est l’économie dans son ensemble qui coule […] Les pays qui connaissent moins de disparités ont des économies plus solides et connaissent une croissance plus forte et plus robuste sur le long terme.

Les inégalités opèrent des distorsions sur la démocratie. Elles amplifient la voix du petit nombre qui peuvent recruter des lobbyistes excessivement bien payés et se permettre des dons au montant illimité aux campagnes des politiques. Le risque est grand que notre démocratie ne soit mise à l’encan et raflée par le plus offrant.

« Voilà le Barack Obama que beaucoup d’entre nous imaginaient avoir élu en 2008 », écrit avec un certain enthousiasme, Robert Reich, ancien Secrétaire à l’emploi de Bill Clinton.

Quand je dis que M. Obama « se rend à Toulon », c’est bien sûr une image. Ce que je veux dire, c’est qu’il « dit les choses comme elles sont ». Mais j’entends affirmer encore autre chose : qu’il ne suffit pas de « dire les choses comme elles sont », qu’il faut encore, si l’on dispose du pouvoir, ce qui est logique si on est chef d’État par exemple, et si l’on comprend que ce qui « rend confiance aux marchés », c’est qu’on leur rembourse l’argent qu’on leur doit, et que si on ne peut pas, il vaut mieux le leur dire le plus rapidement possible, plutôt que de leur faire miroiter indéfiniment qu’il sera peut-être possible de piquer les sous qui manquent dans la poche du contribuable alors que celui-ci est fauché, et je referme ici la parenthèse : il ne suffit pas de « dire les choses comme elles sont », il faut encore agir en conséquence, et poser les actes qui découlent logiquement de la brillante analyse qu’on en a faite. Sans quoi l’on sera taxé un jour ou l’autre de schizophrène : que si celui qui pense et celui qui agit se partagent bien le même corps, ils ne sont apparemment pas pour autant la même personne. Et que nous pourrions, de notre côté, nous contenter à l’avenir d’écouter leurs beaux discours d’une oreille seulement distraite. En attendant que ça se passe.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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77 réflexions sur « QUAND M. OBAMA SE REND À TOULON »

  1. i l’on comprend que ce qui « rend confiance aux marchés », c’est qu’on leur rembourse l’argent qu’on leur doit, et que si on ne peut pas, il vaut mieux le leur dire le plus rapidement possible, plutôt que de leur faire miroiter indéfiniment qu’il sera peut-être possible de piquer les sous qui manquent dans la poche du contribuable alors que celui-ci est fauché, et je referme ici la parenthèse

    Quel que soit les pays le défaut partiel de paiement demande d’inverser le rapport de force débiteurs/créanciers, afin d’exiger une remise de dette.

    Cette solution est probablement la meilleure, mais pour cela, il faudrait que les états retrouvent leur souveraineté politique, c’est à dire que les dirigeants ne soient plus inféodés aux puissances d’argent.

    Le problème est de savoir quelles seraient les conséquences du défaut de paiement. Pour cela il faudrait connaître ce que les banques ont fait des obligations d’état qu’elles détiennent. Les ont-elles, comme les subprimes, diluées et vendues aux particuliers, assureurs, fond de de pension ? Une enquête est a mener sur ce sujet.

    Avec un discours comme celui là Obama va se faire taxer de communisme!! Ça va être un déchaînement médiatique !

    1. Des toulonnades en talonnettes…

      Paul a raison de rapprocher ce discours de celui de Toulon,
      comme j’avais raison de le rapprocher de Keynes,
      en y faisant référence il y a deux jours.

      Obama, comme Sarko, joue très bien sa partition,
      avec la marge d’impro exigée, sur la trame écrite par la Chambre de Commerce.

    2. Il faut demander au chinois, indiens, brésiliens, russes, ce qu’ils veulent vraiment dans la refondation obligatoire des institutions internationales. j oubliais l’iran, israel.la turquie.

      vite, bien et honnêtement. Sinon on va finir par l’avoir notre bombe sur la gueule, et les sdf nous rirons à la gueule, en disant bien fait pour notre sale race d’enfoirés.

      hein Coluche?

  2. Monsieur Jorion,

    Sarkozy a fait deux discours à Toulon. Votre titre fait référence au premier discours de Toulon. Quand je vois les effets de ce premier discours, je reste songeur. J’aimerais vraiment que cela corresponde à un changement, à une volonté politique d’agir et à des actes. Vu ce qui s’est passé entre 2007 et maintenant, j’ai un doute.

    Je ne peux pas décrire la tristesse que je ressens quand j’écris ça.

    1. Je trouve déjà bien de faire une bonne analyse.
      Ensuite, qu’en est-il du pouvoir des politiques? L’art ne consiste-t-il pas à concilier les divergences, les intérêts particuliers avec ses propres intérêts tout en laissant assez de grain au peuple pour qu’il s’en contente ?
      La démocratie ne se résume-t-elle pas aujourd’hui à un budget de communication et dire au bon peuple ce qu’il ne demande qu’à entendre ? Après on voit, mais le temps d’un mandat est court.
      Je suis donc pessimiste sur l’issue des difficultés actuelles. Proposer de taxer les parcs à thèmes pour contribuer à relever les finances, ma fait beaucoup rire…..pour ne pas pleurer. La seule issue sera de ne pas rembourser, clairement, car nous n’en n’aurons pas les moyens. Les pressions démographiques, écologique, énergétique, nous empêchera de retrouver les 30 glorieuses sur lesquelles nous avons construit nos équilibres économiques et qui sont définitivement perdus.
      Même en apurant la totalité de la dette actuelle, de profonds changements, des économies drastiques, une reprise et un contrôle stricts des taxes et impôts devront être engagés pour maintenir un équilibre financier durable.

      1. Oui. C’est un bon départ. J’ai vu les espoirs déçus placés en Obama et en Sarkozy. Je partage la déception de beaucoup de monde. Je me suis mis à douter des politiques. Je n’ai plus confiance dans les économistes. Alors je demande à voir.

  3. Marre, j’en ai marre que tous me prenne pour un idiot congénital, même PJ.

    Qu’on arrête de nous rebattre les oreilles avec « Les Marchés », les marchés ce ne sont jamais que ceux qui prêtent de l’argent à nos Etats.

    Moi quand j’ai emprunté du fric, non seulement j’ai dû me mettre à poil, jusqu’au dernier cent, mais en plus il y a une chose que je n’ai jamais oublié, et que je n’oublierai jamais c’est le nom des officines qui m’ont « généreusement prêté » ce pognon.

    Depuis des années, les Puants qui nous gouvernent essaient de nous faire croire qu’il est impossible de savoir qui sont les « ceuxs » qui prêtent aux Etats. Parce qu’ils ont sciemment décidé
    de ne pas le révéler ils préfèrent parler du « Marché ». Arrêtons cette escroquerie, à supposer même qu’il fut un temps (béni) où l’on pouvait vraiment ignorer qui étaient les marchés, auhjourd’hui, ce n’est ni acceptable, ni admissible et surtout pas vraisemblable.

    Le pognon il est là. Alors soit les « Ceuxs » du marché rendent la monnaie, soit tôt au tard on les massacrera. Avec beaucoup de joie.

    1. Eomenos, nous avons expliqué en long, en large, en travers, sur le côté, vu de dessous et même vu de l’espace qui étaient les marchés. C’est un peu fort de café de venir le reprocher ICI.

      1. Alexandre Julien, vous êtes gentil et peut-être (cela dépend de vos jours, aimable) mais alors, donnez les noms, ou taisez-vous.

      2. @ Eomenos

        Puisque le ton est à l’injonction, je vous invite gentiment et aimablement (c’est un de ces jours…) à lire le blog plus régulièrement ou bien à utiliser la fonction recherche ou bien google. Remember : he’s your friend.

        Allez, aimable, gentil et utile aujourd’hui :
        – les banques
        – les assurances
        – les établissements de crédit non bancaires
        – certaines entreprises
        – certaines administrations publiques (des écoles, des universités, des zoos, des hopitaux, des offices de promotion, etc.)
        – les gérants de patrimoine
        – les fonds de retraite / fonds de pension
        – les hedge funds
        – les private equity
        – les fonds souverains
        – tous les particuliers possédant des comptes d’épargne, des assurances-vie, des actions, des obligations, des Sicav, des FCP, et toute la ribambelle de produits dérivés ou non.

      3. Vous voulez les noms qui se cachent sous « les marchés », je les ai copié du site de Thomas Rudolf:
        S. Vitali, J.B. Glattfelder, and S. Battiston: “The network of global corporate control” de l’Institut ETH Zurich a analysé les degrés de contrôle mutuels des 43000 plus importantes entreprises mondialisées.
        Rank Elconomic actor name Count ry NACE code Cumul. network control (TM, %)
        1 BARCLAYS PLC GB 6512 >>> 4,05%
        2 CAPITAL GROUP COMPANIES INC, THE US 6713 >>>> 6,66%
        3 FMR CORP US 6713 >>>> 8,94%
        4 AXA FR 6712 >>>> 11,21%
        5 STATE STREET CORPORATION US 6713 >>>> 13,02%
        6 JPMORGAN CHASE & CO. US 6512 >>>> 14,55%
        7 LEGAL & GENERAL GROUP PLC GB 6603 >>>> 16,02%
        8 VANGUARD GROUP, INC., THE US 7415 >>>> 17,25%
        9 UBS AG CH 6512 >>>> 18,46%
        10 MERRILL LYNCH & CO., INC. US 6712 >>>> 19,45%
        11 WELLINGTON MANAGEMENT CO. L.L.P. US 6713 >>>> 20,33%
        12 DEUTSCHE BANK AG DE 6512 >>>> 21,17%
        13 FRANKLIN RESOURCES, INC. US 6512 >>>> 21,99%
        14 CREDIT SUISSE GROUP CH 6512 >>>> 22,81%
        15 WALTON ENTERPRISES LLC US 2923 >>>> 23,56%
        16 BANK OF NEW YORK MELLON CORP. US 6512 >>>> 24,28%
        17 NATIXIS FR 6512 >>>> 24,98%
        18 GOLDMAN SACHS GROUP, INC., THE US 6712 >>>> 25,64%
        19 T. ROWE PRICE GROUP, INC. US 6713 >>>> 26,29%
        20 LEGG MASON, INC. US 6712 >>>> 26,92%
        21 MORGAN STANLEY US 6712 >>>> 27,56%
        22 MITSUBISHI UFJ FINANCIAL GROUP, INC. JP 6512 >>>> 28,16%
        23 NORTHERN TRUST CORPORATION US 6512 >>>> 28,72%
        24 SOCIETE GENERALE FR 6512 >>>> 29,26%
        25 BANK OF AMERICA CORPORATION US 6512 >>>> 29,79%
        26 LLOYDS TSB GROUP PLC GB 6512 >>>> 30,30%
        27 INVESCO PLC GB 6523 >>>> 30,82%
        28 ALLIANZ SE DE 7415 >>>> 31,32%
        29 TIAA US 6601 >>>> 32,24%
        30 OLD MUTUAL PUBLIC LIMITED COMPANY GB 6601 >>>> 32,69%
        31 AVIVA PLC GB 6601 >>>> 33,14%
        32 SCHRODERS PLC GB 6712 >>>> 33,57%
        33 DODGE & COX US 7415 >>>> 34,00%
        34 LEHMAN BROTHERS HOLDINGS, INC. US 6712 >>>> 34,43%
        35 SUN LIFE FINANCIAL, INC. CA 6601 >>>> 34,82%
        36 STANDARD LIFE PLC GB 6601 >>>> 35,2%
        37 CNCE FR 6512 >>>> 35,57%
        38 NOMURA HOLDINGS, INC. JP 6512 >>>> 35,92%
        39 THE DEPOSITORY TRUST COMPANY US 6512 >>>> 36,28%
        40 MASSACHUSETTS MUTUAL LIFE INSUR US 6601 >>>> 36,63%
        41 ING GROEP N.V. NL 6603 >>>> 36,96%
        42 BRANDES INVESTMENT PARTNERS, L.P. US 6713 >>>> 37,29%
        43 UNICREDITO ITALIANO SPA IT 6512 >>>> 37,61%
        44 DEPOSIT INSURANCE CORPORATION OF JP JP 6511 >>>> 37,93%
        45 VERENIGING AEG ON NL 6512 >>>> 38,25%
        46 BNP PARIBAS FR 6512 >>>> 38,56%
        47 AFFILIATED MANAGERS GROUP, INC. US 6713 >>>> 38,88%
        48 RESONA HOLDINGS, INC. JP 6512 >>>> 39,18%
        49 CAPITAL GROUP INTERNATIONAL, INC. US 7414 >>>> 39,48%
        50 CHINA PETROCHEMICAL GROUP CO. CN 6511 >>>> 39,78%

      4. Très cher Julien,

        Ta réponse conforte mon sentiment. Un seul exemple mais il est déclinable quasi à l’infini.

        Les très jolis fonds de pensions professionnels : ce sont des fonds où l’on OBLIGE des braves gens à déposer
        une part de leur rémunération pudiquement appelée – salaire différé- (il convient de remarquer qu’ils n’ont pas le choix de participer ou non) dans un véhicule financier dont ils n’ont en aucune manière la direction. En ce qui me concerne, lorsque je monte dans un véhicule, j’entends au moins pouvoir (même si je n’ai pas de permis) indiquer la direction à suivre (oula connaitre) pour me mener là où je désire (cela s’appelle un taxi, ou un bus/tram/train). Ici, c’est pas le cas. Le gestionnaire conducteur fait ce qui lui plait, sans en référer (au niveau de la décision finale) à quiconque (il y a au demeurant – dans certains pays (en Belgique notamment – de plus en plus d’employeurs qui se retournent contre les gestionnaires, car dans ce pays l’employeur est tenu à une obligation de résultat).

        Bref, le marché c’est trop souvent des gens qui décident sciemment d’en spolier d’autres.
        On force les gens à bosser pour leur pension et en même temps on confie le soin à d’autres de les en priver…
        Inacceptable, personne sinon certains politiciens et financiers pourris n’a besoin de se cacher
        derrière le faux nez de « les marchés ».

        A présent, il suffit : il convient de donner les noms de ceux qui ont triché et/ou mal géré.

        Au final, les administrateurs de la petite liste d’institutions que, Cher Julien, vous avez produite
        sont responsables et devraient être poursuivis, sur l’ensemble de leur patrimoine.
        Il y a de fait, énormément à récupérer.

      5. Political parties exist to secure responsible government and to execute the will of the people. From these great tasks both of the old parties have turned aside. Instead of instruments to promote the general welfare they have become the tools of corrupt interests, which use them impartially to serve their selfish purposes. Behind the ostensible government sits enthroned an invisible government owing no allegiance and acknowledging no responsibility to the people. To destroy this invisible government, to dissolve the unholy alliance between corrupt business and corrupt politics, is the first task of the statesmanship of the day.

        Théodore Roosevelt

      6. Peut-être faudrait-il définir « les marchés » dans le glossaire ?
        Ou faire une FAQ qui présenterait le point de vue « officiel » du blog sur quelques questions récurrentes. Ça permettrait de renvoyer les gens rapidement au bon endroit.

        Dire « Google est ton ami » est une chose. Mais on peut proposer une requête, c’est pédagogique : https://duckduckgo.com/?q=%22qui+sont+les+march%C3%A9s%22+site%3Apauljorion.com%2Fblog
        Et même donner la piste à d’autres outils que Google qui est de moins en moins un « ami » 🙂

    2. Je vais essayer de vous répondre différemment de Julien Alexandre qui a, par ailleurs raison.

      « Les marchés  » (notez le pluriel !) ce n’est pas une entité, ni même des gens, c’est un mécanisme.

      Ne pas confondre avec « le marché  » (notez le singulier) qui, lui, prétend désigner l’espace où se déroulerait les transactions bien à bien.

      Actuellement « les marchés  » servent de bouc émissaire : il est commode pour le journaleux moyen d’en parler sans approfondir. Ce qui dysfonctionne, ce ne sont pas « les marchés », c’est l’ensemble du système dont ils ne sont qu’un rouage.

      Si ce qui vous intéresse est « où est l’argent ? », on essaiera de vous répondre une autre fois, si le cœur m’en dit.

      1. pas de marchés sans marchands .
        derrière ce sont bien des gens en chair et en os , qui font pression pour réclamer leur dû sans tenir compte des gens . ils ont leur problèmes, techniques, des comptes à rendre à leur hiérarchie, et au détenteur de dette . est-il possible que ces détenteurs de dettes rendent des comptes à des instances encore plus « secrètes  » , ça c’est possible . secret de polichinelle .

        en tout état de cause, c’est révélateur d’intentions et du peu d’importance à leurs yeux de la vie , humaine et autres, et de ce qu’elle pourrait advenir .

  4. Pour tenter un tel grand écart entre sa politique ordinaire qui consiste à céder en permanence aux Républicains et ce discours d’analyste révolté par le désastre organisé par la finance, Obama prend vraiment les citoyens qui l’écoutent ou le lisent de par le monde pour des ânes, incapables de comprendre et juger un tel enfumage.

    1. Certes, mais c’est un enfumage qui peut se retourner contre son instigateur et tous ceux qui ont un intérêt à ce que rien ne change, car à révéler la vérité au grand jour elle se diffuse dans le corps social. C’est le signe évident que les arguments pro-système ont du plomb dans l’aile.

    1. C’est à Osawatomie que Teddy Roosevelt a lancé le New Deal en 1910 lors d’un discours historique.

      Le « risque » n’est donc pas limité comme vous dites, au contraire, il s’agit de donner encore plus de poids à ce discours avec la force du symbole.

      Obama fait ici de la politique intérieure, pas extérieure.
      Franchement quel serait l’impact et l’intérêt d’aller s’épancher à la tribune de l’ONU???
      Pour aider le monde à se sortir du chaos actuel, les US doivent d’abord régler les problèmes chez eux, et Dieu sait que la maison brûle (et depuis longtemps)…!
      (Sarkozy et Chirac sont et étaient les spécialistes de ce genre d’exercice de communication, genre je sermonne le monde entier perché sur une tribune internationale, mais à la maison c’est une autre musique…)

      Dans tous les cas de figure, le diagnostique est juste et dit de manière incroyablement claire et ce n’est pas anodin. A voir maintenant si il a les idées claires sur le remède.

  5. Rafael Correa a eu le courage de faire ce que ne fera pas Obama, a savoir dire : d’ abord la vie, après la dette.

    On entend beaucoup parler d’ Obama, jamais de Monsieur Correa.

    Ne me demandez pas pourquoi, je le sais.

  6. Il y a peut-être une possibilité :
    Obama attend son deuxième mandat pour mener les vraies réformes que demandent la situation. Durant son premier mandat, il a préféré composer avec les lobbys financiers qu’il considérait comme trop puissants et pouvant lui être nuisibles immédiatement. Il a donc considéré à l’époque qu’il avait le choix entre le mauvais et le pire et a choisi par conséquent le mauvais.

    Cette stratégie est risquée dans la mesure où il pourrait ne pas être réélu. Mais n’ayant probablement aucun adversaire à sa hauteur (peut-être Ron Paul, mais il est trop vieux et les centristes en ont une peur bleue…ne me parlez pas de Mitt Romney…), il considère sa réélection quasiment acquise et sachant que c’est son dernier mandat et qu’il a eu le temps de mettre en place une administration qui le soutient, il va aller à fond….

    Probabilité 1%.

    1. @Albatros

      Est-ce que la crise, est-ce que la dette, est-ce que le peuple lui laissera le temps d’attendre la prochaine élection ? (dans un an à peu près)

    2. Relisez Danielle Mitterrand, dont le principal mérite
      est d’avoir révélé une conversation avec le Président lui avouant
      qu’il est le gouvernement, mais pas le pouvoir.

      C’est l’évidence pour la majeure partie d’entre nous ici,
      comme pour les sociologues ou politologues,
      mais tant que des affrontements massifs avec l’appareil d’Etat
      n’auront pas lieu, la masse des français continuera à mettre la tête dans le sable,
      en priant pour une « révolution par les urnes »,
      et les politiciens professionnels de la « gauche » continueront
      à en faire leur beurre et fromage.

  7. C’est de la pure démagogie de la part d’Obama. Le reservoir électoral des « 99 pourcent » est immense, encore faut-il les mobiliser, leur faire prendre conscience de certaines choss et gagner leur confiance. On est déjà en pleine période électorale aux USA. Obama aura besoin de voix, de beaucoup de voix pour maquiller son image pâlie; il reste un président médiocre, peut-être le plus faible président dans l’histoire des Etats-Unis.

      1. izarn :  » Il essaye de récupérer le mouvement « Occupy »….  » –

        C’est très clair. Mais il échouera. Obama aura été un pitoyable président US et un triste criminel de guerre sous des latitudes éloignées. Il est enfin ce président élu qui a fait tué à distance par des drones un certain nombre de citoyens américains. (Si, si, renseignez-vous).

        La démocratie US est morte et ce ne sont pas les deux partis politique à la Janus Bifrons
        ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Janus_%28mythologie%29 ) qui changeront quoi que ce soit. J’ai personnellement confiance au peuple américain et visiblement il commence à comprendre
        que lui aussi a été sacrifié sur l’autel du capitalisme financier. Qui l’eut cru ?
        Le réveil va être à la ( dé )mesure de l’offense. Espérons que le peuple US agisse avant le général Petraeus qui a pris désormais le commandement de la CIA après s’être exercé à chasser l’ Irakien et l’Afghan.

  8. Ouch ! Il est schizo le monsieur, doit en baver.
    J’ose à peine imaginer les bas-fonds de cette violente société, doit en baver la dame (je veux dire celle qu’il enfonce – plus d’argent pour soigner ses dents équivaut à un horrible rictus).

  9. Mouais, enfin, Barack Obama fait TOUJOURS de beaux discours. Un peu comme notre Foutriquet se référant à Jean Jaurès ou se réclamant de Guy Môquet.

    Mais après…

  10. Jorion – Obama même combat ?

    Une petite longueur d’avance pour le président des usa qui commence à dénoncer l’implication d’une sale pratique en cours dans son pays comme de par le monde .
    J’vous laisse deviner laquelle .

    1. Obama commence à dénoncer la puissance des lobbies financiers , expliquant ainsi comment l’intérêt particulier prime actuellement sur l’intérêt général.

      « Les inégalités opèrent des distorsions sur la démocratie. Elles amplifient la voix du petit nombre qui peuvent recruter des lobbyistes excessivement bien payés et se permettre des dons au montant illimité aux campagnes des politiques. Le risque est grand que notre démocratie ne soit mise à l’encan et raflée par le plus offrant. »

  11. Singulière articulation entre le « disposer du pouvoir », le « dire les choses comme elles sont » et le « agir en conséquence ».
    Cher Paul, si je ne m’abuse vous disposez d’un pouvoir qui vous est conféré par votre notoriété et qu’on emballera sous la dénomination reductrice et vaguement vulgaire de ‘médiatique’. Partant, on ne peut pas vous reprocher de ne pas dire les choses comme elles sont.
    Toutefois vos actions consécutives à l’exercice de ce pouvoir découlent-elles logiquement de vos brillantes analyses?

    Alors qu’il semble être minuit moins 2 sur l’horloge a retardement de la crise systémique, en vertu de votre pouvoir ne pensez-vous pas qu’une action en forme d’éclairage sur les choix du commun des mortels en matière financière et d’épargne aurait quelque-chose de salutaire , dut-il engendrer un petit accès de panique?
    Car je n’arrive pas a comprendre si vous conservez un espoir de maintient du statut quo du système pour une période indéfinie (en gros si vous naviguez a vue) ou si vous êtes résolu dans l’idée que le système est mort-vivant, KO-debout, mais alors on passera tous a la caisse et dans ce cas la mieux vaut être en début de file d’attente, d’autant que le one percent, lui, double toujours le 99%…

    Peut-être manque-t-il donc le motif dans l’articulation présentée plus haut. Obama le fait pour raison électoral. Mais vous, Mr Jorion ?
    Je ne cherche pas a vous embarrasser, et je peux bien comprendre qu’on ait pas envie de se poser en messie social, maaaais le pouvoir accordé par la notoriété (‘médiatique’..j’y’arrive pas, merdiatique oui) confère-t-il peut-être aussi des devoirs?

    1. j’ajoute que si j’insinue effectivement le retrait de liquide, la lessiveuse,et le risque d’hyperinflation, il y a peut-etre d’autres choses à faire ?
      – aider ses petits enfants tout de suite plutot que d’attendre que le FISC et ladite hyperinflation ne trouent le bas de laine
      – rembourser ses dettes
      – acheter un petit lopin pour y faire des legumes

      Je suis presqu’en train de repondre a la question que je posais a Paul… mais pas tout à fait 🙂

    1. Ou empecher les attaques de type « man-in-the-middle ».
      N’empeche que ca n’est pas evident a transposer au domaine de la politique.
      Plus d’infos, des idees?

  12. Je me demande si l’histoire va repasser les plats, bon comme le dit Marx dans le 18 Brumaire, et alors quels plats ? Ceux de 1789, ou bien 1905 en Russie. Le PC est quand-même à 20% dans ce pays. L’avantage du communisme c’est qu’il est prêt à l’emploi, suffit d’ouvrir le sachet. Clef en mains, suffit de le refaire, sans réfléchir… Lorsque je lis Gorki ou Trostky, ça me parle davantage que St. Just, etc. Parce qu’il y a un vrai regard sur la vie, sur l’enfance, la misère etc. Comme dans Marx. Il y a un langage commun entre tous ceux-là… Donc goûterons nous les mêmes plats sachant aussi que 1789 a déjà été servi 2 fois, donc c’est périmé plus ou moins. Mais il se pourrait que le PC arrive au pouvoir en URSS un jour… L’avantage c’est que ce n’est pas compliqué…

  13. Bonsoir,

    le doute m’habite concernant la sincérité d’Obama.

    A-t-il vraiment le pouvoir?

    JFK n’a-t-il pas trop cru qu’il l’avait?

    Cordialement.

  14. Si être chef d’état et de plus de la (encore) première puissance mondiale se réduisait à simplement prononcer de beaux discours, nombreux sont ceux qui pourraient prétendre à la fonction. Le chef d’état, le vrai, est celui qui démontre sa capacité à agir. Le discrédit qui atteint aujourd’hui Obama démontre à l’évidence qu’il s’est réduit lui-même à la première définition.
    S’il gagne la prochaine élection ce sera sans doute par défaut les citoyens craignant encore plus ses adversaires et leur irresponsabilité actuelle. Beaucoup de pays développer en sont réduit à la même situation et c’est pour cela que l’on finira par être gouverné par des technocrates ou quelques héros de la finance. Les politiques ne sont plus d’aucune utilité tant ils s’agitent pour ne rien faire. La fin de la démocratie n’est pas loin. Peut-on réagir et comment lorsque l’on est gouverné par la manipulation et la peur ?

  15. Je constate que la campagne américaine pour les présidentielles est en synchronisme avec la française. Ce qui pourrait expliquer l’attentisme des candidats, en France.
    Si Obama déclare: Austérité, c’est Sarko qui gagne.
    Si Obama déclare: Relance et planche à billet, c’est Hollande.
    Nous sommes peu de choses…

  16. Finalement, c’est encore pire : il connaît parfaitement la situation mais n’a rien foutu (pas tout à fait exact, d’accord) en 4 ans.

    1. Ca fait des annees que ce journal annonce l’imminence de l’effondrement Europeen…
      Pas ailleurs, Paco Rabanne, lui, fait preuve de vrais talents de designer!

  17. quoi de plus normal que le travail rapporte moins que le capital.
    Les machines qui produisent a la place des hommes appartiennent au capital, et le travail perd de sa valeur.

    Poussé a l’absolu ce raisonnement en arrive a une personne qui possède toutes les machines qui produisent toutes les richesses de la planète, mais personne pour acheter en face.

    On en est la. Le problème n’est donc pas la gestion du risque, ni même les « salauds de riches » ou les « salauds de pauvre »… le problème c’est : comment répartir équitablement les fruits de la production … non mérités … puisqu’on aurait droit a de la richesse aujourd’hui sans aucun mérite, juste par le fait que les machines font le boulot à notre place …

    C’est donc toutes les notions de mérite, de répartition, de distribution qu’il faut revoir, et donc, tout le fondement de notre économie. Le libéralisme devient un anachronisme. Le communisme devient de plus en plus adapté dans un monde dominé par les machines.

    Mais on est entre 2 eaux. Les machines ne font pas tout, pas tout le temps, et pas partout. Elles font beaucoup dans certains domaines et plus dans d’autres, et pour ceux qui peuvent se les payer.

    Les machines produisent plus que l’homme avec moins d’énergie. Et donc, la personne a droit a moins d’énergie pour elle, au fur et a mesure qu’elle se fait de plus en plus en rare (pic pétrolier).

    On ne peut rien y faire, sauf a ré-inventer de fond en comble tout un nouveau modèle social, sauf que ce modèle ne pourrait pas être appliqué a l’ensemble de l’humanité qui vit a des époques différents, certains étant quasiment a l’age de pierre et d’autres côtoient presque des cyborg.

    Si on met de coté la souffrance humaine, on est juste en train de vivre une lutte darwinienne entre l’homme, la machine et l’homme machine. L’homme état amené à disparaître. Et dans ce nouveau monde, j’en ai peur, il n’y aura pas de place pour les Obama et les Jorion qui se sont arrêtés dans l’ancien monde, avant les machines intelligentes, qui sont resté a l’époque des hommes.

    1. « Normal que le travail rapporte moins que le capital puisque les machines appartiennent au capital! On est juste en train de vivre une lutte darwinienne entre l’homme, la machine et l’homme machine. »
      Et moi qui me prenais la tête!
      Aaaah, ça fait du bien, ça soulage, de tomber par hasard à quatre heures du mat sur le blog de Johnny Hallyday!

  18. Pour bien commencer la journée, on est vendredi :

    Allons à Messine pêcher la sardine, allons à Toulon pêcher le Aron.

    (Chanson à boire)

  19. Monsieur Jorion, je ne verserai jamais un cent à ce blog car l’utilisation de PayPal est dangereuse pour la liberté d’expression. Vous rappelez-vous de Wikileaks et Paypal ?
    Voulez vous continuer à vous exprimer librement ? Boycottez Paypal…

  20. J’ai écouté tous les discours d’Obama, ceux de la campagne, ceux de l’investiture et après… en vo et en direct.
    Dès le début j’ai été subjugué : ça sonnait tellement juste, quel espoir !.. De grands moments.
    Puis sont venus les actes : rien ou presque. Beaucoup d’inertie, issue de l’administration précédente, les mêmes personnes aux mêmes postes, un peu de social avec medicare mais les républicains se sont assurés que ça ne fonctionnera pas ou a retardement, juste le temps de revenir au pouvoir et de tout supprimer.
    Alors un petit discours dans le Kansas, pour nous refaire celui de Boston et puis presque rien après ? : il peut aller se rhabiller.
    La confiance est partie, c’est comme pour l’Europe. Pourquoi faire confiance à des gens qui nous trahissent dans de telles proportions ?? On peut accepter les difficultés, un écart raisonnable dû aux contraintes rencontrées avec la réalité lors de la mise en place d’un programme. Mais pas faire un constat lucide, proposer des solutions, et puis faire presque le contraire.
    Tous les responsables qui lisent ces lignes feraient bien d’être inquiets, parce je fais partie des gens nombreux et sincères qui les ont soutenus. Et que ce soutien a disparu.

  21. A tous ceux qui se sont donné la peine de répondre à ma question un grand merci.

    Vous voudrez bien observer que lorsque l’on indague pour connaître les noms des personnes
    physiques qui décident des mouvements des « marchés » l’on découvre, souvent avec peine, car ces
    personnes se cachent derrière maintes sociétés, fondations, trust et autres, que l’on retrouve les mêmes en différents endroits…
    Ils se cachent, se multiplient, profitent des effets de levier organisés par ces structures en matriochka…

    La plupart de ces gens ne sont sous couvert d’honorabilité que des bandits internationaux, qui portent sciemment et de concert, en bande organisée, atteinte au crédit des Etats…
    C’est un crime. Il est plus nuisible à la cohérence sociale que bien des crimes de sang, dont les
    effets pour déplorables qu’ils soient, sont plus limités que ceux des crimes des délinquants économiques multi-récidivistes.

  22. Mr Jorion, vous dites « Mais j’entends affirmer encore autre chose : qu’il ne suffit pas de « dire les choses comme elles sont », qu’il faut encore, si l’on dispose du pouvoir, ce qui est logique si on est chef d’État par exemple ».

    Je pense que le fond du problème est bien là et je pense que vous devez intégrer dans votre réflexion les quelques points suivant :

    1- les lobbies sont une entité floue et indéfinie que l’on peut définir comme étant une communauté d’intérêts économiques. Ce sont eux la nouvelle oligarchie qui nous gouverne dont parle OWS (les 1%). Au passage, c’est bien pourquoi les PC chinois se sent tellement à l’aise dans le libéralisme non régulé, non concurrentiel et finalement oligarchique. Une oligarchie de Parti-Etat ou une oligarchie Corporate fonctionnent de la même manière et ont en gros les mêmes intérêts. Cette comparaison avec le PCC permet d’entrevoir le problème de fond : la démocratie occidentale a été polluée par les lobbies, par cette oligarchie, et est maintenant en grand danger.

    2- les lobbies ont l’argent et le temps pour eux (les présidents, les administrations passent, les lobbies restent). Ils financent aux US les campagnes électorales et les partis. Évidemment il n’y a rien de gratuit et personne ne pense qu’il n’y a pas de retour d’ascenseur (plus ou moins conscient et consentis) de la part des politiques.

    3- Au delà de cette influence directe, et comme toute oligarchie financièrement puissante, ils ont un mode d’influence indirect via la propagande et je pèse le mot que j’utilise ici : répéter un mensonge suffisamment de fois pour finalement le transformer en réalité historique, déformer les faits, réécrire l’histoire etc etc c’est faire de la « propagande ».
    Cette propagande est diffusée :
    a- en direct, grâce à la proximité, voire promiscuité, des lobbyistes de Washington qui vivent en symbiose des cercles politiques
    b- ou indirectement via les médias qu’ils contrôlent. Ainsi, ils diffusent et font patiemment infuser leur pensée (la propagande c’est comme le thé, ça infuse) dans la tête des citoyens lambda.

    4- Résultat, l’américain moyen pense à l’envers et les USA font actuellement face à une crise idéologique dramatique (à mon sens on touche ici à l’origine même de la crise économique et financière) : « les impôts c’est mal, c’est du communisme / socialism », « le privé c’est bien, le public c’est mal, c’est du socialism », le gouvernement est toujours suspect alors que le privé est paré de toutes les bonnes intentions (voir le débat ubuesque sur la réforme du Health Care)… Et tout cela en oubliant soigneusement que toute économie repose sur ses infrastructures (ponts, routes, aéroports…), or les ponts par exemple, tombent littéralement en ruine aux US. Et pour cause.
    En oubliant que sans les impôts, il n’y aurait tout bêtement pas d’Internet qui est à l’origine l’application d’un programme militaire et donc financé par les impôts des américains!
    Mais non, il faut « libérer les forces du privé et réduire la poids du public »… Pathétique.

    Le fond du problème est que depuis 30 ans et les années Reagan, les lobbies financiers ont obtenus tout ce qu’ils voulaient en matière de dérégulation, administration après administration => Clinton a été celui qui a fini de mettre à bas du Glass Steagal Act.

    Vous me direz, « la solution est donc de re réguler ». Oui sauf que les lobbies sont aujourd’hui trop puissants et leurs idées trop bien acceptées par les « Very Serious People » et le bon peuple, on le vois bien. Donc quelle est la solution?
    Elle est simple à énoncer, mais infiniment complexe à faire accepter au peuple américain (je me concentre ici sur les US car c’est fondamentalement et originellement là que le problème se situe) : réduire l’influence des lobbies => en réformant la loi de financement des campagnes électorales et en rendant les financements essentiellement publics et dans l’idéal plafonnés.

    Facile me direz vous. Non, car faire cela serait évidemment considéré par une énorme majorité d’américains comme du « socialism ».
    « Comment? vous voulez financer VOS campagnes avec NOTRE argent? » Je vois déjà les gros titres…
    Sauf que c’est l’inverse qui est du « socialism » (du « corporate socialism » pour être précis, disons du « totalitarisme privé » pour éviter les connotations politiques de classe), mais comme je l’ai déjà dit, ils pensent à l’envers.

    1. Haut niçois, je vois que tu inclines lourdement vers l’angloy. Aurais-tu préféré un bulldog anglais, genre Winston ou Maggie en lieu et place de notre lassante Lassie obamesque ? Rassure toi. Si Gingrich continue sur sa lancée, t’auras les aboiements et les morsures qui vont avec. Mais ni les mêmes aboiements, ni les morsures où l’on voudrait…

  23. si l’on dispose du pouvoir, ce qui est logique si on est chef d’État par exemple

    Il serait vraiment utile de savoir de quel pouvoir le chef d’État en question dispose, ou si on veut de savoir de quels pouvoirs il dispose et de quels pouvoirs il ne dispose pas.

    J’ai déjà cité à d’autres occasions le cas de Louis XVI qui n’avait ni le pouvoir de lever suffisamment d’impôts ni le pouvoir de faire ce qu’il croyait n’être que des réformes et qui nécessitait en réalité un bouleversement beaucoup profond de la société et le cas de Gorbatchev et ses prédécesseurs qui ont perdu progressivement la plupart des pouvoirs dont ils étaient encore sensés disposer jusqu’au jour où Eltsine, après le coup d’état manqué de l’armée, s’est mis à parler de l’EX-URSS. Dans ces deux cas les pouvoirs en question n’ont pas manqué de jeter une lumière assez crue sur ce qui n’allait pas.

    On peut rêver d’un Obama qui expliquerait mieux qu’il ne l’a fait pourquoi il est inutile de voter pour lui la prochaine fois mais je trouve que c’est déjà un début honorable d’indiquer non seulement ce qui ne va pas mais de donner aussi quelques-unes des raisons pour lesquelles il ne peut pas y remédier…

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