FUKUSHIMA : l’échelle du temps nucléaire, par François Leclerc

Billet invité

Quarante ans seront nécessaires pour démanteler la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, vient d’estimer le ministre de l’environnement japonais, Goshi Honoso.

Le respect de cette échéance est toutefois suspendu à la conception et au développement prioritaires de robots permettant de savoir ce qu’il en est effectivement de l’état du combustible nucléaire, car il n’existe pas d’engins capables de réaliser ces observations dans des conditions si extrêmes. Rigoureusement inaccessible et même inobservable, celui-ci est d’après des simulations informatiques supposé reposer sur une semelle de béton, en dessous de la cuve percée du réacteur, dont l’état est lui-même une inconnue.

C’est alors seulement que pourra être étudiée la possibilité et les moyens de recueillir ces trois coriums, un défi inédit étant donné leur intense radioactivité, leur masse et leur très haute température de plusieurs milliers de degrés. Devant débuter dans dix ans, des opérations d’une durée de vingt ans sont prévues pour cette tranche primordiale du démantèlement. Ce qui revient à dire, sans le reconnaître, qu’il n’est en réalité pas possible d’en évaluer la durée.

Ce n’est d’ailleurs que dans deux ans que le retrait du combustible usé des piscines devrait débuter, prévu pour durer plusieurs années avant d’être totalement achevé. Cette même période sera mise à profit pour renforcer les systèmes de refroidissement des réacteurs et piscines, qui doivent maintenir ce qui a été faussement dénommé “l’arrêt à froid” des réacteurs, étant donné la présence des coriums, qui ne sont pas prévus dans cette configuration destinée à permettre les opérations de maintenance régulières.

Ces travaux d’enlèvement du combustible nucléaire sont les plus problématiques mais ne doivent pas masquer d’autres difficultés déjà rencontrées par Tepco, l’opérateur privé de la centrale, qui vont s’amplifier. Il vient en effet de tenter d’obtenir l’autorisation de déverser à la mer des tonnes d’eau, selon lui faiblement contaminées, ne parvenant plus à la stocker faute de capacités suffisantes. Mais le stockage des débris des réacteurs s’annonce pour plus tard comme un autre enjeu, étant donné son gigantesque volume. Enfin, l’état général des bâtiments des réacteurs, suite aux dégâts causés par les explosions d’hydrogène, va considérablement gêner les futurs travaux.

Aux grandes incertitudes liées à leur exécution vont s’ajouter les dangers qui pourraient en résulter à chaque étape, les bâtiments et installations ayant été très éprouvés et fragilisés, notamment en raison de la répétition de nouveaux séismes.

Le sort de la population évacuée et l’avenir réservé aux zones d’interdiction n’a pas fait l’objet d’informations spécifiques lors de cette annonce gouvernementale.

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153 réflexions sur « FUKUSHIMA : l’échelle du temps nucléaire, par François Leclerc »

    1. ça arrive si par exemple on double-clic par erreur au lieu de cliquer sur le “Envoyer votre commentaire”…

      C’est un message automatique, rassurez-vous, Julien ne passe pas sa journée à envoyer des messages au ton militaire aux internautes…Enfin j’espère… 😉

      Le ton militaire du message doit s’expliquer par l’agacement du programmeur quand il a constaté avec horreur que son génie a été mis en échec par un abruti d’internaute qui est capable d’envoyer deux messages dans la même milliseconde, lui causant une FATAL ERROR de doublon en base de données… Du coup, il est énervé en général et dans la phase colère de son processus de deuil. Enfin, c’est un avis…

  1. Un résumé du travail parlementaire français sur l’avenir électrique du pays (source : http://sauvonsleclimat.org/articles-selectionneshtml/un-scenario-raisonne-de-levolution-de-lenergie-electrique-en-france-au-xxieme-siecle/35-fparticles/985-un-scenario-raisonne-de-levolution-de-lenergie-electrique-en-france-au-xxieme-siecle.html) :

    Un scénario raisonné de l’évolution de l’énergie électrique en France au XXIème siècle

    Patrick MICHAILLE

    Introduction

    Le député Claude BIRRAUX (Président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques – OPECST), et le sénateur Bruno SIDO (Premier Vice-Président) ont déposé le 15 décembre 2011 le rapport rédigé par les rapporteurs Christian BATAILLE (député) et Bruno SIDO. La mission comprend 24 députés (dont 2 députées) et 26 sénateurs (dont 9 sénatrices)[1]. Le texte qui suit est tiré du rapport, les annotations de l’auteur étant indiquées [entre crochets].

    Le scénario proposé vise un mix énergétique comprenant 50% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050, mais développé sans hâte, pour tirer parti des capacités de la France en matière de nucléaire tant que le stockage de l’énergie (réservoirs d’eau en bord de mer ; production d’hydrogène, utilisé directement dans des piles à combustible, ou pour produire du méthane à partir du CO2) n’a pas atteint le niveau de maturité qui permettra d’exploiter complètement les énergies intermittentes éoliennes et solaires.

    Après sa visite au Japon, qui possède 54 réacteurs produisant que 25 à 30% de l’énergie électrique consommée au Japon, la mission fait le constat qu’après un grave accident, la population est hostile au redémarrage des réacteurs. Le Japon est obligé d’importer massivement du gaz pour pallier le déficit d’énergie, alors que les entreprises délocalisent ou font faillite. Le niveau d’exposition en France, avec 75 à 80% d’énergie produite par le nucléaire, est considéré comme trop élevé, et il est visé de le réduire pour ne pas mettre en danger l’économie du pays si un accident nucléaire se produisait. L’exemple japonais invite à ne « pas mettre tous ses oeufs dans le même panier ».

    Le stockage d’énergie, qui viabilisera les énergies renouvelables en compensant leur intermittence, devra lui-même être alimenté en électricité. Or la sécurité d’un système énergétique suppose que celui-ci prenne appui sur une production en base totalement maîtrisée, sans risque d’aléa sur l’approvisionnement.

    L’Allemagne, dont le nucléaire ne représente que 22% de la production d’électricité, est adossée à d’énormes réserves de lignite (évaluées à 350 ans de consommation) et peut se permettre d’arrêter ses réacteurs, sur une période d’une douzaine d’années, le temps de mettre en service des centrales à gaz et à charbon modernisées (munies de filtres à souffre). Pour le CO2, l’Allemagne prévoit de racheter les droits de pollution prévus dans les accords de Kyoto…

    Le cas de la France est très différent, puisque nous n’avons plus de réserves de charbon, et que nous n’acceptons pas de polluer le sol, l’eau et l’air, par l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste (« L’abandon de l’exploration du sous-sol métropolitain, constitue un pas en direction des objectifs du plan énergie-climat. ») Notre seule réserve nationale d’énergie est l’uranium appauvri, dont l’exploitation dans les réacteurs de 4ème génération constitue une ressource pour des siècles de consommation d’électricité.

    Le nucléaire français

    Actuellement, les approvisionnements français en uranium, environ 8000 tonnes par an pour un montant de 200 millions d’euros, sont sécurisés par une provenance depuis plusieurs régions du monde : Afrique, Australie, Canada. Deux filières de recyclage permettent de réduire jusqu’à concurrence d’environ 17 % le flux annuel d’approvisionnement des réacteurs : l’une basée sur le combustible MOX; l’autre basé sur le ré-enrichissement de l’uranium issu du retraitement, opération longtemps effectuée à l’étranger (Russie), et qui sera bientôt réalisée par centrifugation dans l’usine d’enrichissement Georges Besse-2 de Pierrelatte.

    Le nucléaire a en effet constitué la réponse de notre pays aux quatre priorités stratégiques que sont : l’offre électrique ; l’indépendance énergétique (de 60% en 1950, nous étions tombés à 22% en 1973) ; la préservation du développement économique, par un coût de production d’électricité maîtrisé (il serait le double pour les industriels si la part du nucléaire était ramenée à 20% en 2030) ; la neutralité environnementale, par l’absence de rejets de gaz à effet de serre (« La France, avec 90 grammes par kWh, est mieux placée que le Danemark avec 303 grammes par kWh, et surtout que l’Allemagne, qui émet 430 grammes par kWh. Pour produire une unité de PIB, la France diffuse deux fois moins de CO2 que l’Allemagne. »)

    L’avance technologique française en matière de nucléaire, qui constitue un fleuron de notre économie, restera valorisable pendant encore de nombreuses années : d’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale d’énergie augmentera d’un tiers entre 2010 et 2035, 90 % de cet accroissement provenant des pays hors OCDE, notamment la Chine dont la consommation sera de 70 % supérieure à celle des États-Unis en 2035 ; la production électronucléaire pourrait croître de 70 % d’ici 2035, tirée par la Chine, la Corée et l’Inde.

    Les pays moteurs du développement de l’énergie nucléaire n’ont en effet que peu modifié leurs choix énergétiques depuis l’accident survenu à la centrale de Fukushima :

    • Les primo-accédants maintiennent leur intérêt pour la mise en place de réacteurs nucléaires (Maroc, Vietnam, Arabie saoudite, Égypte, Jordanie, Tunisie, Chili, Thaïlande), de même que les pays venant d’engager un programme (Émirats Arabes Unis, Turquie).

    • Les pays disposant déjà d’un parc significatif maintiennent eux aussi les objectifs qu’ils s’étaient assignés (Grande-Bretagne, Afrique du sud, Finlande, République tchèque, Chine, Corée du sud, Russie, Inde).

    Aux États-Unis, le ralentissement du programme est la conséquence de la progression de l’exploitation des gaz de schiste et de l’absence de réglementation sur le carbone.

    La sûreté nucléaire

    Cependant, l’exemple japonais confirme que le développement d’une filière nucléaire ne peut se satisfaire d’approximations ni de compromis. Comme l’a indiqué le rapport d’étape de la mission, la sous-estimation de l’aléa tsunami par les autorités et industriels japonais fut manifeste, ce que le gouvernement japonais a reconnu. Cela illustre a contrario, la nécessité de mettre en place un processus d’amélioration continue de la sûreté, basé sur des fondations non seulement industrielles mais aussi juridiques, seules garantes de l’acceptabilité de l’énergie nucléaire.

    Au plan industriel, une filière cohérente ne doit être ni trop diluée, ni trop intégrée. La cohérence de la filière française, telle qu’elle s’est développée historiquement, est un atout du point de vue de la sûreté. Elle permet une mise en commun des moyens et des retours d’expérience. En cas de crise, par exemple, elle permet d’envisager une solidarité accrue entre des sites fonctionnant de façon similaire.

    La mission parlementaire considère que l’organisation d’une offre cohérente, compétitive à l’exportation, ne doit pas conduire à la mise en place d’un système monolithique entièrement intégré, qui présenterait deux inconvénients majeurs, l’un interne et l’autre externe : en France, cela nuirait aux efforts en faveur de la transparence, qu’une pluralité d’acteurs aux intérêts différents facilite; à l’étranger, une offre intégrée pourrait être vécue comme contraignante pour les pays qui souhaitent, à terme, pouvoir faire jouer la concurrence internationale sur les services. Le maintien de l’autonomie du prestataire Areva par rapport à l’exploitant EDF est le gage d’une pluralité cohérente, préférable à l’intégration monopolistique. Au passage, la mission note l’importance du facteur humain dans la gestion de la sûreté, et rappelle que les pratiques de sous-traitance de la maintenance et de l’exploitation ne doivent pas conduire à une dilution des responsabilités susceptible de fragiliser les conditions de sûreté [voir fiche GASN N°39].

    Au plan juridique, le développement d’une production électronucléaire n’est acceptable qu’à condition d’être contrôlé par un régulateur spécialisé indépendant, à l’autorité et à la crédibilité incontestées. Les procédures d’autorisation, de poursuite d’exploitation doivent être définies, assorties de modalités de consultation. La gestion des situations d’urgence doit être préparée par des plans préétablis comportant des dispositions propres à la gestion de crise nucléaire. L’acquisition d’une véritable culture de sûreté, incluant son amélioration continue par la prise en compte des « retours d’expérience » nationaux et étrangers, est indispensable.

    La transparence est bien évidemment aussi l’un des aspects essentiels de ce cadre juridique. L’acceptabilité sociale de l’énergie nucléaire est par ailleurs améliorée lorsque les décisions sont prises pour des temps limités, donc réversibles et sujettes au débat démocratique.

    Pour les primo-accédants, cet apprentissage est un long processus, qui ne saurait être envisagé en moins de deux décennies, et qui doit s’accompagner d’une coopération internationale accrue au cours des premières années, afin d’optimiser la courbe d’apprentissage. La coopération internationale n’a aucunement vocation à supplanter à terme les contrôles nationaux, seuls à même d’être suffisamment efficaces pour garantir la sûreté. L’échelon international a toutefois vocation à vérifier l’existence d’un cadre adapté et à accompagner les évolutions nécessaires dans les pays souhaitant accéder à l’énergie nucléaire ou accroître leur production électronucléaire.

    La rémanence des charges inhérentes à l’énergie nucléaire

    Loin d’apporter une solution immédiate et définitive aux questions liées à l’activité nucléaire, une décision d’arrêt total ou partiel de celle-ci, risquerait, au contraire, de déstabiliser l’organisation mise en place au fil des années pour en assurer la maîtrise. En particulier, le besoin d’entretenir durablement une culture de sûreté serait contradictoire avec le mal-être des personnels chargés de l’exploitation des installations.

    L’exemple allemand est, à cet égard, particulièrement révélateur. Dès le premier accord sur une sortie du nucléaire, datant de 2000, entre le gouvernement et les exploitants, ces derniers avaient obtenu des assurances quant à l’absence d’exigences fortes en matière de sûreté de leurs installations. Les centrales allemandes pouvaient ainsi espérer s’exonérer des mises à niveau de sûreté les plus coûteuses résultant des retours d’expérience internationaux. De tels « arrangements » avec les contraintes de sûreté seraient inenvisageables dans un pays [comme la France] doté d’une véritable autorité de sûreté indépendante. De fait, ces mises à niveau régulières et systématiques des installations nucléaires constituent, en France, l’une des conditions sine qua non de la poursuite de leur exploitation.

    Par ailleurs, il est impossible d’esquiver la gestion des déchets : l’absence, dans notre pays, de seuil de libération pour les déchets radioactifs interdit de les recycler, comme cela se pratique en Allemagne ou encore en Suède, en tant que matières premières pour d’autres industries. Il faut d’ailleurs remarquer qu’en Allemagne, personne n’a indiqué où et comment seraient entreposées et stockées les quantités considérables de déchets qui résulteront de la fermeture, puis du démantèlement des centrales nucléaires.

    Les économies d’énergie

    Au passage, la mission parlementaire note qu’un niveau élevé du prix de l’énergie a un effet de freinage de l’économie, et donc une incidence directe en termes de chômage ; en outre, il met en difficulté la partie de la population en situation de « précarité énergétique ». Une stratégie délibérée d’énergie chère pour contraindre à une meilleure maîtrise de la consommation et stimuler les technologies de l’efficacité énergétique n’est donc pas concevable dans une démarche au service de l’intérêt général.

    La mission égratigne, dans le domaine de l’isolation thermique des bâtiments, la priorité donnée à des objectifs de moyens, alors qu’il faudrait élaborer des protocoles de mesure du respect d’objectifs de résultats. « Le consommateur final s’attend à ce que les progrès de la réglementation thermique lui assurent une diminution effective et sensible de ses factures d’énergie. » La mission préconise, pour réussir la révolution de la performance énergétique dans les bâtiments, la création d’une « Agence de régulation de la construction et de la rénovation des bâtiments », créée sur le modèle de l’Autorité de régulation des télécommunications (devenue ARCEP[2]), en fusionnant en une autorité administrative indépendante les structures en charge des missions de régulation du secteur du bâtiment au sein de la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et de la construction, du Centre scientifique et technique du bâtiment, et de l’Agence de la maîtrise de l’énergie. Cette agence devrait présenter chaque année son rapport d’activité devant l’OPECST.

    La Mission souligne les effets « rebond » : lorsque de nouvelles technologies permettent des gains d’efficacité, ces gains, au lieu de générer une réduction de la consommation d’énergie, peuvent conduire en réalité à son augmentation par divers canaux : une utilisation plus intense, des modes d’utilisation plus variés, et la réaffectation des économies réalisées sur des usages plus intensifs. Ainsi, tous les gains d’efficacité énergétique réalisés sur l’électroménager et l’éclairage depuis 1995 auraient été annulés par l’augmentation de la consommation des TIC (technologies de l’information et de la communication) ; rien que la consommation électrique de l’audiovisuel a augmenté de plus de 78 % en dix ans. Dans le secteur résidentiel, les TIC occupent aujourd’hui le premier poste hors chauffage, consommant 30 % de l’électricité. Le téléchargement sur son ordinateur de la version électronique d’un quotidien consomme autant d’électricité qu’une lessive ; une recherche sur le site Google est équivalente à une heure de lumière dispensée par une ampoule à économie d’énergie. Un chercheur de l’université de Dresde aurait montré que le fonctionnement de l’Internet pourrait, dans vingt-cinq ans, consommer autant d’énergie que l’humanité tout entière aujourd’hui !

    Les énergies renouvelables

    La mission rappelle la nécessité de développer les réseaux en même temps que se développeront les énergies renouvelables intermittentes (4000 km de lignes THT sont prévues d’être tirées en Allemagne, alors que l’opposition des environnementalistes empêchait jusqu’à présent d’en tirer plus d’une centaine de km par an…) : d’après RTE (Réseau de transport d’électricité), il faut près de dix ans pour créer de nouvelles lignes alors que les nouvelles capacités de production peuvent arriver à l’étape du raccordement en trois ou quatre années. En attendant, le nombre d’arrêts forcés d’éoliennes en Allemagne a bondi de 285 en 2009 à 1 085 en 2010, soit une perte de production allant jusqu’à 150 GWh [la consommation annuelle d’une ville de 20 000 habitants], les parcs d’éoliennes étant concentrés dans le nord du pays pour une demande plutôt localisée au sud.

    Par ailleurs, tout n’est pas inépuisable dans les énergies renouvelables : le prix du néodyme, largement présent dans les turbines éoliennes marines, a été multiplié par quatre en 2010, et certaines technologies photovoltaïques de couches minces dépendent de métaux rares tels que l’indium, le sélénium et le gallium.

    Seul le développement de capacité de stockage économique permettrait de dépasser la limite couramment admise d’un taux de 30 % d’électricité d’origine renouvelable dans le réseau. La France dispose déjà d’une capacité d’ajustement cumulée de 5 GW sous forme de stockage par retenue d’eau, en particulier grâce au barrage de Grand’Maison dans l’Isère. EDF a proposé la réalisation en Guadeloupe d’une STEP (station de transfert d’énergie par pompage) qui serait construite en haut de falaise. Les STEP marines pourront constituer une solution pour la stabilisation de l’électricité produite par les parcs d’éoliennes marines [pour autant qu’on pourra créer les réservoirs d’eau suffisants[3]].

    La production d’hydrogène, utilisable pour la méthanation (procédé de production de méthane par un mélange d’hydrogène et de gaz carbonique en présence d’un catalyseur, mis au point par Paul Sabatier, prix Nobel de Chimie en 1912) est étudié en France par un GIE incluant Areva, Rhodia et GDF Suez.

    Les futurs « réseaux intelligents » ne se substitueront pas aux dispositifs de stockage massif d’énergie, mais serviront plutôt à les intégrer, de manière optimisée, au fonctionnement du réseau électrique.

    La réalité du temps énergétique face aux raccourcis politiques

    La mission rappelle les étapes incontournables permettant successivement de transformer un concept scientifique en maquette expérimentale, puis en prototype opérationnel, puis en équipement industriel, puis en noyau de système industriel, avant de le transformer en vecteur d’une véritable filière économique.

    Si l’on examine les quatre « grappes de technologies » en phase de développement aujourd’hui, à savoir les énergies renouvelables, les réacteurs de troisième génération, les technologies de stockage d’énergie et les réacteurs de quatrième génération, ils se dédoublent en deux groupes sur deux positions différentes le long du processus de maturation : le stockage d’énergie et la quatrième génération d’énergie nucléaire en sont au stade préliminaire de l’élaboration de la maquette expérimentale, tandis que les technologies éoliennes et photovoltaïques, mais aussi les énergies marines, tout comme les réacteurs de troisième génération en sont, peu ou prou, au stade de la mise en oeuvre d’un équipement industriel qui n’en est pas encore à bénéficier des économies d’échelle et de dimension.

    A partir de là, en faisant l’hypothèse qu’un cycle de maturation dure une cinquantaine d’années, il est possible de dessiner à grands traits un calendrier « raisonné » de déploiement de ces grappes technologiques.

    Avec un taux de charge moyen de 20 %, une capacité éolienne de 50 GW s’appuyant sur un système de stockage d’énergie pourra alors se substituer à une production de 10 GW en base, soit à peu près l’équivalent de 10 à 15 % de la production totale d’aujourd’hui.

    On peut donc concevoir qu’à l’horizon 2050, pourvu que les technologies de stockage intersaisonnier d’énergie soient effectivement disponibles, la part de production nucléaire dans l’électricité puisse être abaissée vers 50 à 60 % de la production totale actuelle. Cet abaissement s’obtiendrait par le remplacement en fin de vie des centrales nucléaires au rythme d’un réacteur sur deux, au bénéfice exclusif de la technologie de troisième génération ; on fait l’hypothèse que l’arrivée en fin de vie, qui relève de la décision de l’Autorité de sûreté nucléaire, serait prononcée en moyenne au moment de la cinquième visite décennale (à 50 ans).

    Le déclassement progressif, après 60 ans d’exploitation, des centrales nucléaires de troisième génération, donnerait lieu à une possibilité équivalente de substitution soit par des centrales de quatrième génération, soit par des équipements exploitant les énergies renouvelables en liaison avec des capacités de stockage d’énergie.

    A cette échéance, ces deux types de technologie devraient être industriellement viables, c’est à dire en mesure, sans aucune subvention, de tenir le prix en vigueur sur le marché de l’électricité; et elles seraient équivalentes du quadruple point de vue de l’offre ajustée en électricité, de l’indépendance énergétique, de la neutralité climatique, et de « l’empreinte économique », en désignant ainsi l’apport en termes d’emplois localisés sur le territoire national.

    En considérant que l’énergie hydroélectrique et l’énergie thermique tirées des déchets et de la biomasse contribueront à l’assise du système électrique français pour une part qui pourrait atteindre au total 15 % de la production totale actuelle à partir de 2050, on voit qu’une composante nucléaire du bouquet électrique ramenée à 25 ou 30 % suffira pour donner à cette assise une ampleur suffisante d’au moins 40 % de la production totale actuelle. Cela laisserait une part de plus de la moitié pour les énergies renouvelables les plus productives (énergies éolienne et photovoltaïque), pour autant que leur démultiplication bénéficie de l’assentiment social dans les zones concernées, et que leur implantation soit couplée avec une gestion du stockage de l’énergie compensant complètement leur intermittence.

    Conclusion : se méfier de « l’effet de ciseau »

    Toute démarche de substitution qui prétendrait être plus volontariste prendrait le risque de l’incohérence climatique (CO2) et de l’impasse économique : C’est le prix relativement bas de l’électricité française, héritage de l’investissement historique de notre pays dans l’énergie nucléaire, qui permet de payer depuis 2003 la «Contribution du service public de l’électricité » (CSPE), de manière relativement indolore. Si la base de production nucléaire en vient à être brusquement réduite sans attendre la maturation des solutions de substitution, comme toute autre source d’électricité non hydraulique est plus chère, le prix final de l’électricité s’élèvera mécaniquement, réduisant d’autant la marge de revenu du client final pouvant faire l’objet d’un prélèvement. La ressource pour soutenir le déploiement des énergies renouvelables se tarira donc au moment même où ce déploiement aura au contraire besoin d’être accéléré pour compenser le déficit d’électricité provoqué par l’arrêt a priori des centrales nucléaires !

    Un tel arrêt précipité enclencherait donc un cercle vicieux qui contrarierait l’objectif d’accroître la place des énergies renouvelables; il conduirait en outre à une détérioration du bilan en CO2 via un recours contraint à un supplément d’énergies fossiles. C’est là l’illustration d’un « effet de ciseau » : une trajectoire trop directe pour obtenir des bénéfices va activer d’elle-même des facteurs antagonistes accroissant à rebours des charges et des contraintes au point d’annihiler les gains souhaités.

    Il serait irresponsable d’estropier notre pays en le lançant dans le vide pour s’éviter d’attendre les deux ou trois décennies indispensables à la mise au point d’innovations suffisamment robustes.

    (schéma de f’effet de ciseau : voir le site source)

    ANNEXE 1 : EXPLOITATION DU LIGNITE EN ALLEMAGNE

    « Des excavateurs à godets gigantesques, longs de plus de deux cents mètres et hauts de près de cent mètres, pesant plus de treize mille tonnes, peuvent chacun déplacer, en une seule journée, deux cent mille tonnes de minerai, acheminé sur des convoyeurs, puis un réseau ferré dédié, jusqu’aux centrales électriques. Rien ne semble devoir s’opposer à l’activité d’excavation de ces titans, pas même les villages ou les routes situés sur leur chemin, déplacés avant leur passage pour être reconstruits, quasi à l’identique, un peu plus loin, alors que le reboisement permanent permet de recréer le paysage en quelques années. » (p. 82 du rapport)

    ANNEXE 2 : AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES 3 SCÉNARIOS ÉTUDIÉS

    1 – SORTIE DU NUCLÉAIRE : [une solution ruineuse pour notre économie]

    – Aggravation du déficit commercial de 25 milliards d’euros pour un déficit actuel de 50 milliards d’euros

    – 400 000 emplois directs et indirects de la filière nucléaire

    – Faillite et délocalisation des entreprises victimes de l’électricité chère

    – L’émission CO2 du kWh passe de 90 grammes à 210 grammes

    Coût d’ajustement :

    – Démantèlement des 59 réacteurs et des installations aval et amont de la filière : des dizaines de milliards d’euros.

    – Création d’une capacité de 63 GW de production à flamme : 60 milliards d’euros

    – Installation d’une capacité en énergies renouvelables de 30 % du parc des centrales à gaz

    (10 milliards d’euros pour 3 GW) : 150 milliards d’euros

    2 – MAINTIEN DU PARC ACTUEL : [une solution risquée en termes d’acceptation]

    – Maintien d’un prix bas et stable de l’électricité.

    – Consolidation de la sûreté par des centrales de troisième génération.

    – La filière de gestion des déchets poursuit les recherches sur la transmutation.

    – Les réacteurs de quatrième génération sont déployés à partir du milieu du siècle.

    Mais le parc nucléaire est exposé au syndrome japonais : toutes les centrales nucléaires sont arrêtées si un accident survient, ce qui ramène au scénario précédent.

    3 – DURÉE DE VIE À 50 ANS ET RENOUVELLEMENT PARTIEL DU PARC

    – Le remplacement d’un réacteur sur deux en fin de vie (50 ans, sous réserve de l’avis de l’ASN) par des EPR ramène la part électronucléaire de la production d’électricité à moins de 2/3 de la production totale actuelle vers 2036 (ce qui suppose la construction à cette date d’une vingtaine d’EPR).

    – Le remplacement des deux derniers réacteurs de deuxième génération (Civaux) en 2052 ramène cette part à près de la moitié de la production électrique totale actuelle avec un parc d’une trentaine d’EPR.

    Le scénario laisse un délai pour faire émerger des solutions alternatives :

    – Développement de la sobriété énergétique (bâtiments passifs)

    – Déploiement à grande échelle des solutions de stockage d’énergie

    – Utilisation à plein du potentiel des « réseaux intelligents »

    Le scénario permet le maintien de l’atout industriel français dans la filière :

    – Renforcement de la sûreté grâce au remplacement par des EPR

    – Conservation de la compétence d’ingénierie grâce aux constructions

    – Poursuite des recherches intéressant la transmutation des déchets

    – Déploiement des premiers réacteurs de quatrième génération vers 2050

    [1] Parmi les députés : Yves COCHET pour EELV, François GOULARD, Jean-Yves LE DEAUT ; parmi les sénateurs : Chantal JOUANNO.

    [2] Autorité de régulation des communications électroniques et des postes

    [3] Une STEP a un rendement de 82% ; pour produire 50 MWh, il faut faire chuter de 90 m un million de tonnes d’eau, soit une capacité d’un km de côté sur 1 m de profondeur.

    NB personnel (Cassandre) : ce rapport ne prend pas en compte les effets de la fin du “plateau pétrolier” en cours, qui pourrait avoir lieu vers 2020 et provoquer une ruée sur l’électricité. Lire p.ex. ‘Energies : une pénurie au secours du climat ?” d’Adolphe Nicolas (Belin) et voir les sites de l’ASPO (http://aspofrance.org/) ou http://www.theoildrum.com/.

    1. Surtout ne pas prendre ce que disent nos Parlementaires pour argent comptant ! Il y a beaucoup de contre vérités dans ce rapport (400 000 emplois détruits ??? ) Celui qui a tenu la plume, c’est Bataille, un député bien connu pour ses opinions pro-nucléaires. Le tout complaisamment relayé par l’association Sauvons le Climat dont la composition du Conseil d’administration et du Comité Scientifique nous dit tout de suite de quel côté il penche.
      Une chose m’apparait sûre, les pro-nucléaires ne savent pas très bien comment remonter le courant, il font feu de tout bois, c’est amusant quelque part.

      1. Procès d’intention, amalgame, délit de sale gueule, anti-parlementarisme primaire : degré zéro de la réflexion.

    2. Et le le coût de l’assurance-risque nucléaire est à inclure dans la dette publique à venir, n’est-ce pas ?

    3. Pure propagande pro-nucléaire. 2 exemples:

      – 400 000 emplois directs et indirects de la filière nucléaire
      – Faillite et délocalisation des entreprises victimes de l’électricité chère

      Le démantèlement des centrales occupera le personnel actuel pendant des dizaines d’années, jusqu’à la retraite. Après, d’autres emplois seront crées dans les énergies se substituant au nucléaire.
      En Allemagne, l’électricité et plus chère, et leur industrie se porte bien.

    1. Cupidité toujours, les charognards ne font pas mieux.

      Le groupe Areva ne fera donc aucun commentaire, si plus grand bénéfice de choses en retour. Et oui si plus grand nombre de charognards alors forcément meilleure énergie pour le monde.

      Sans doute avec la même ambition commerciale et mondiale que d’autres, pouvoir toujours gagner un peu plus de parts de marché, et oui le monde n’est vraiment pas prêt de passer à quelque chose d’un peu plus soucieux de la santé humaine. La bonne énergie moins coûteuse, tu parles ils font bien croire tout ce qu’ils veulent dans leurs premiers intérêts marchands et commerciaux sur toute la terre.

      Quel grand savoir faire, c’est comment dire toujours très merveilleux à voir l’atome, c’est fou de vouloir autant s’aveugler commercialement sur terre. C’est même aller carrément à l’encontre du simple bon sens. A les entendre ce serait même Fukushima la plus bénite du ciel, ils prennent bien les gens pour des cons je trouve !

      Avec certainement des modifications de réglement qui ne vous feront pas mieux savoir ce que vous mangez en réalité dans votre assiette, à longueur de temps et de vie. La très bonne hygiène sanitaire du monde aussi bien dans les premiers bidonvilles du globe, mouches et autres petits insectes de plus contaminés, ne parlons pas plus des rats.

      Oui c’est à se demander parfois s’ils n’oeuvrent pas plus pour une meilleure solution finale.

  2. “Objet : Modification du règlement d’exécution (UE) N° 961/2011 du 27 septembre 2011 imposant des conditions particulières à l’importation de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux originaires ou en provenance du Japon à la suite de l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima et abrogeant le règlement (UE) n° 297/2011

    Le règlement (UE) n° 297/2011 avait été modifié à plusieurs reprises en peu de temps. Il avait donc été remplacé par un nouveau règlement, le règlement d’exécution (UE) N° 961/2011 du 27 septembre 2011. Ce nouveau texte n’avait pas modifié le dispositif précédemment déployé.

    Le règlement d’exécution (UE) N° 1371/2011 du 21 décembre 2011 (voir PJ) vient modifier le règlement N° 961/2011 sur plusieurs points :

    – la préfecture de Nagano est retirée de la liste des préfectures “à risque” pour lesquelles une analyse est obligatoire avant exportation vers l’UE ;

    l’analyse de la présence d’iode-131 n’est plus obligatoire pour les produits originaires de l’une des 11 préfectures “à risque” ;

    – l’obligation de procéder à des contrôles d’identité sur l’ensemble des lots est remplacée par l’obligation de procéder, comme pour le contrôle physique, à des contrôles sur 10% ou 20% des lots, selon que les produits sont originaires ou non des préfectures “à risque”. Le contrôle documentaire reste systématique ;

    – il est admis que les attestations d’origine pour les produits originaires des préfectures autres que les préfectures “à risque” soient signées par un organisme tiers, sous l’autorité et la supervision de l’autorité compétente.

    – le règlement s’applique à partir du 25 décembre 2011 jusqu’au 31 mars 2012.”

    (mise en gras par moi)

    1. Précision (source: extrait “RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) No 1371/2011 DE LA COMMISSION du 21 décembre 2011 modifiant le règlement d’exécution (UE) no 961/2011 imposant des conditions particulières à l’importation de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux originaires ou en provenance du Japon à la suite de l’accident survenu dans la centrale nucléaire de Fukushima” )

      “(5) Les résultats des analyses effectuées dans le cadre des
      contrôles à l’importation réalisés par les autorités compé
      tentes des États membres sont à ce jour très positifs et
      montrent que les mesures de contrôle imposées, concer
      nant les denrées alimentaires et les aliments pour
      animaux destinés à être exportés vers l’Union euro
      péenne, sont correctement et efficacement appliquées
      par les autorités japonaises. Par conséquent, il convient
      d’envisager une diminution de la fréquence des contrôles
      à l’importation lors du prochain réexamen des mesures
      adoptées.
      (6) Étant donné que la période radioactive de l’iode-131 est
      courte (8 jours environ) et qu’aucun nouveau rejet de ce
      radionucléide dans l’environnement n’a été signalé récem
      ment, il n’est plus détecté d’iode-131 dans les denrées
      alimentaires et les aliments pour animaux, ou dans l’envi
      ronnement. De nouveaux rejets d’iode-131 étant très peu
      probables, il y a lieu de ne plus exiger d’analyses visant à
      détecter la présence de ce radionucléide.” (fin extrait)

      Sauf erreur de ma part, l’iode-131 serait l’élément à la base de cancers de la thyroïde.

      1. @ Bruno,

        Bonjour,

        Les éleveurs utilisant ou pas ces aliments pour animaux devraient donc par variation de mortalité de cheptel pouvoir expérimentalement infirmer ou confirmer la justesse de ce choix…à terme échu de durée de cancer, donc.

        D’une part,
        Faut-il supposer une pression à la baisse des prix desdits aliments pour animaux (nous inclus), redonnant un espace de marge à la filière ? Ceci est un exercice d’expression économique..

        D’autre part,
        La confiance populaire largement stimulée par ces mesures prudentielles extraordinaires peut engendrer une désaffection pour la viande en général, d’élevage dit industriel en particulier, le boomerang de cette logique, à titre double simple.

        Enfin,
        Assis par ces phénomènes, le bio-élevage et maraîchage retrouvent une attractivité subite..et une niche à marge forte car incapable de satisfaire la demande en volume, la dépollution des sols chimiquements cultivés et la chute des cours des géants de la famille de secteurs accompagnant ce mouvement re-structurel ? Autant pour la triplette.

        Le quatrième joli degré, n’est pas contable, il relève de la propriété interdite, de celle que la mort révèle, paraît-il..alors, imaginez le tout seuls ?

      2. @jérôme

        Quand je lis, dans le RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) No 1371/2011:

        “…concernant les denrées alimentaires et les aliments pour animaux…”,

        j’ai bien l’impression qu’il s’agit: 1) des denrées alimentaires (= pour hommes), et 2) des aliments pour animaux

        Sinon, ce serait redondant.

        Mais rassurez-vous, à la première lecture, j’ai eu la même réaction que vous, je pensais qu’il s’agissait uniquement des aliments pour animaux!

        D’ailleurs, si cette mesure ne concerne que les animaux, cela montrerait qu’il y a un problème, par rapport à ce qui est affirmé. Cela ne peut donc concerner que les hommes ET les animaux. Sinon, cela serait incohérent.

        Cordialement

      3. @ Bruno,

        Bonsoir,

        Oui-da, cher bruno d’où le (nous inclus) par extension…

        La période du C 131 de 8 jours, soit, est une chose, la connaissance actuelle de la transmissibilité éventuellement nocive des autres particules fines, même en quantité n’affolant pas geiger conteur, relevant encore plus de la terra incognita que d’un domaine expressément maîtrisé, amha, non ?

        D’où l’exercice de projection conséquentiel fictif, voilà voilà…de l’échange, du profit, des risques, et des précautions..

    2. C’est bon Bruno, les japonais contrôlent tous leurs lots exportés, jusque là les États européens importateurs se fadaient un contrôle systématique, documentaire et physique, et les résultats etant systématiquement bons et concordants, on se contente désormais d’un contrôle documentaire sur une partie des lots pendant que les japonais continuent leurs contrôles systématiques. Rien à dire, procédure normale, au bout de neuf mois de tatillonnage sans révélations de problèmes, on échantillonne et c’est marre. Faut arrêter là.

      1. Vous savez Vigneron avec un bon dessous de table et une bonne bouteille de vin, je vous ferais même passer Mère Grand en tutu devant vous et cela sans même que vous puissez vous en apercevoir, si si je vous assure, c’est fou vous ne trouvez pas ? C’est bon vigneron, procédure normale tu peux passer, par contre ne vous étonnez pas plus d’avoir des selles un peu plus bizarres au bout de neuf mois, vous savez bien qu’avec l’argent on peut tout acheter maintenant.

        En plus vous savez lire le japonais c’est un peu comme le chinois, alors forcément aux niveaux des importations et des échantillonnages, vaut mieux d’abord enfin je vous fait pas voir le tableau.

      2. …”les Japonais contrôlent tous leurs lots exportés” …ouah…vous pouvez sourcer là ?… parce qu’en interne, les contrôles sont une plaisanterie (du genre : un contrôle ponctuel d’un produit d’un producteur valide toute la commune, et elles sont parfois immenses et compartimentées !). Même si les quantités exportées par le Japon sont faibles, le bât blesse là, on aimerait savoir ce qui motive la confiance des autorités de l’UE vis-à-vis des contrôles nippons.
        Quels contrôles et quelle intensité de contrôle : contrôle du rayonnement, contrôle des radionucléides (Bq/kg), quel nucléide (on ne trouve que ce qu’on cherche), tous les produits, tous les lots, etc. ?
        Il est d’ailleurs faux de dire “neuf mois… sans problème” : il y a eu des contrôles positifs à l’entrée de l’UE (thés de Shizuoka, etc.).
        Sinon, le retrait de la préfecture de Nagano peut à la rigueur s’expliquer, elle est très peu touchée par les dépôts. Quant à l’iode-131, c’est un radionucléide très radioactif mais dont la demi-vie est très courte en effet (8 jours), inutile donc de le rechercher des mois après (même si on en a parfois retrouvé des traces ces mois derniers, ce qui peut faire penser à des reprises de criticité à Fuku). En revanche césium et strontium devraient être systématiquement recherchés, sans baisser la garde.
        Au total, ces modifications des directives européennes ne me paraissent quand même pas particulièrement laxistes… rien à voir, en tout cas, avec le laxisme éhonté qui sévit ici !

      3. Toi comprendre langage des eurocrates ?

        ) Les résultats des analyses effectuées dans le cadre des contrôles à l’importation réalisés par les autorités compétentes des États membres sont à ce jour très positifs et montrent que les mesures de contrôle imposées, concernant les denrées alimentaires et les aliments pour animaux destinés à être exportés vers l’Union européenne, sont correctement et efficacement appliquées par les autorités japonaises. Par conséquent, il convient d’envisager une diminution de la fréquence des contrôles à l’importation lors du prochain réexamen des mesures adoptées.

        Par contre je rectifie volontiers mon jugement un peu léger, j’en conviens : ils contrôlent tous leurs lots exportés à l’exception de certains produits de contrebande et de qualité douteuse provenant principalement d’un certain quartier nord-ouest de la métropole tokyoïde.

      4. Toi pas comprendre vérité derrière lignes ? Toi faire confiance aux eurocrates ? ..toi vieux cep dont on fait les flûtes !
        Toi rien expliquer sur ton “les Japonais (avec un J, purîzu..) CONTROLENT TOUS leurs lots exportés” :
        – c’est quoi “un lot” (un conteneur, une palette, une caisse, un sac, tous les articles du sac, un seul)?
        – c’est quoi “contrôler” (voir ce que j’ai déjà dit plus haut).
        …parmi les “denrées” contrôlées, il y a du thé, du riz, des poissons et autres poulpes ou seiches congelés ou séchés, des fruits séchés (kakis, prunes, mandarines mikan, etc.).
        C’est la bouteille à l’encre (de seiche) : un champ sera nettement contaminé, pas un autre, même un arbre fruitier au confluent de ravines ou rigoles (rigole!) le sera énormément plus qu’un autre ; quant aux poissons, ils se baladent partout et les plus gros reconcentrent les doses (chaîne alimentaire). Alors si toi garantir que CHAQUE boîte de thé, CHAQUE sac de champignons shiitaké ou matsutaké, CHAQUE bestiau, etc. est contrôlé à tout (rayonnements alpha, bêta, gamma ; radionucléides : les 2 césium, le strontium voire le plutonium), moi OK, avaler mon chapeau de paille de riz…
        Balader un Geiger-Müller sur une caisse, c’est une plaisanterie ou un geste pour conjurer le sort.
        (PS/ on dit “TokyoïTe”, comme Moscovite, à moins que toi faire exprès).

        Pas plus tard que ces derniers jours :
        – algues radioactives en baie de Tokyo (ça tombe bien, j’aime pas les algues…)
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/radioactive-nori-in-tokyo-bay.html
        – riz de Watari très radioactif :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/radioactive-rice-from-watari-district.html
        – tomates radioactives à Kashiwa (banlieue de Tokyo)
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/radioactive-tomato-in-kashiwa-city.html
        …toutes ces productions continuent d’être autorisées, il suffit de les couper avec d’autres pour faire tomber les taux sous les seuils “officiels” et/ou les réemployer pour faire des crackers de riz, des plaquettes d’algue séchée pour sushis, etc. Encore une fois, comment sont faits les contrôles ? …ça coûte cher et ça prend du temps de contrôler les principaux radionucléides dans la masse de l’aliment… il suffit de quelques particules radio-actives ingérées et bien placées (muscle, os…) pour un bombardement alpha ou bêta durable et catastrophique.

        Si toi faire tes recherches sur l’économie et la finance comme tu rebalances un règlement sybillin pour t’en contenter, toi…homme péremptoire mal barré !

        Toi oser dire encore mes liens, = m….e, mais moi les donner ici POUR TOUS les gens vraiment sérieux du blog :

        contamination au césium jusqu’à l’orée de Tôkyô.
        – contamination par particules radioactives.
        – lait en poudre pour enfants, contaminé.
        contamination par les cantines scolaires… et partout.
        – sur le césium issu de Fukushima…

        Et pour V., le bouquet final : la cirrhose sur le gâteux, en somme :
        http://www.youtube.com/watch?v=TeRutaMSEzI&feature=related
        “As an ODA (Official Development Assistance), the Japanese government is
        planning to purchase products such as canned fish from the devastated area
        and send them to developing countries if they ask for the products.” …c’est-à-dire dans des pays qui n’ont sûrement pas les mêmes procédures aussi “drastiques” (?) que l’UE (si on en croit V.).

      5. Pour le confort des lecteurs :
        http://www.youtube.com/watch?v=NLMufDf-rC0&feature=related
        …c’est le départ de la précédente vidéo. On y voit un groupe de citoyens japonais demander instamment à l’administration japonaise de ne pas envoyer – au titre de l’aide publique (ODA) – de produits issus de l’agriculture des régions dévastées, comme le projet en a été (incroyablement !) lancé pour soutenir les agriculteurs desdites zones :
        http://www.youtube.com/watch?v=EUtBrUuY3Ng&feature=related

        …ce sera décidément la caractéristique des années à venir : dans un tel océan de corruption, d’immoralisme et d’exploitation par les Etats et les administrations censés être au service des citoyens (mot éteint) desquels ils sont censés être l’émanation, il ne peut y avoir de riposte à cette déchéance gigantesque de l’humanité que par l’entraide et l’organisation de ces gens “d’en-bas” (merci Raffarien), idéalistes, mignons, non-spécialistes, isolés.
        Cela prendra du temps ; la course de vitesse est engagée avec ce processus de perversion du monde par les “responsables qui savent”…

        En attendant, voici où en sont réduits les “citoyens” japonais (et les “gaijins” comme moi) :
        http://www.youtube.com/watch?v=dUvXIT_AKt4&feature=related

      6. C’est bon Bruno, les japonais contrôlent tous leurs lots exportés

        … nous narrait l’inénarrable Vigneron, qui a son avis définitif sur tout, et qu’il impose à tout contradicteur par l’attaque ad personam !
        * sur le crédit à accorder, d’une manière générale, aux autorités japonaises :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/canadian-medical-association-journal.html
        * sur la qualité des contrôles effectués au Japon :
        http://www.gen4.fr/blog/2011/12/informations-du-japon-2512.html (“tout le poids de ces contrôles reposera sur les épaules déjà fragiles des autorités municipales et préfectorales Japonaises”)
        …si d’un côté, le gouvernement japonais impose (enfin !) des seuils plus sévères, de l’autre, il se défausse de ces contrôles sur les autorités locales, qui n’ont ni les moyens, ni même l’envie de les appliquer. Au fond, peu importe le niveau des seuils (ça, c’est pour épater la galerie internationale et européenne, en particulier), la réalité est que les contrôles sont épars géographiquement, discontinus dans le temps, jamais systématiques (sur un même producteur, sur la chaîne de conditionnement du produit, etc.).

        Exemple de la qualité d’un contrôle : http://ex-skf.blogspot.com/2011/04/radiation-in-japan-government-notice-to.html

        Exemples sur le thé (on pourrait prendre d’autres produits, ce serait pareil : algues, viande, etc.) :
        – collation d’articles : http://ex-skf.blogspot.com/search/label/radioactive%20tea
        – parmi eux, parcourir au moins les suivants, c’est édifiant :
        * une autorité “locale” (gouverneur de préfecture quand même !) va contre la démarche de transparence d’un producteur :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/06/radioactive-tea-shizuoka-government.html
        * politique de dilution :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/10/dilute-and-sell-radioactive-tea-blended.html
        * produit “sûr” s’il reste en-dessous des normes :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/10/radiation-in-japan-shizuoka-tea.html
        * promotion à l’étranger de thé contaminé au césium :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/shizuoka-prefecture-goes-to-new-york.html

        Ces “contrôles” donneront donc immanquablement lieu à de nouveaux scandales (comme la viande de boeuf contaminée consommée dans les cantines scolaires en avril-mai derniers).
        In fine, l’UE semble se défausser de ces contrôles sur la première et unique ligne de défense : le niveau contrôle local, dont on voit combien il est sûr !

      7. Les « contrôles » donneront donc immanquablement lieu à de nouveaux scandales(comme la viande de boeuf contaminée consommée dans les cantines scolaires en avril-mai derniers).

        Eh bé ouais bien sûr, il est bien évident que, pour ne pas déranger le gvt japonais, les agriculteurs et pêcheurs nippons, Areva, le lobby des importateurs européens des misérables 200 millions d’euros de produits alimentaires agricoles ou marins japonais, comme pour conserver religieusement – et à tout prix sanitaire – le cadre Euratom plutôt que le cadre de l’OMS ou FAO quant aux normes visant la contamination par radionucléides, les commissaires européens signataires vont tranquillement prendre le risque de nouveaux scandales alimentaires et donc de se voir personnellement impliqués du seul fait de leur laxisme “irresponsable et coupable”. Ça crève les yeux, ce sont assurément de dangereux criminels assurés en hauts lieux d’éternelle impunité. C’est évident, cher tokyoïde (je réserve le t aux tokyoïtes-non Canada-dry).

  3. Moi cela me rappelle la tempête de 1999 en France Il y a eu une centrale nucléaire qui a eu d’énorme problème.La centrale du Blayais a une heure prés nous auront connu les même conséquence que Fukushima

  4. Govt likely to take over TEPCO / Liability fund would hold stock majority

    The Yomiuri Shimbun

    The government will likely bring Tokyo Electric Power Co. under state control as part of a 2 trillion yen plan that involves using the Nuclear Damage Liability Facilitation Fund to obtain more than two-thirds of the utility’s stock, according to an informed source.

    The state-backed compensation funding body will provide 1 trillion yen and the government will ask TEPCO’s main private banks to finance another 1 trillion yen.

    TEPCO has begun studying the proposal and has responded positively so far, the same source said.

    La suite ici http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T111221006388.htm

  5. Apparement, le bâtiment 4 de la centrale penche beaucoup et “ressemble de plus en plus à la tour de Pise”. S’il s’écroule …
    Mais même sans ça, la situation n’est pas joli joli, parce que :
    Si on compte l’argent nécessaire 1) pour le démentellement de la centrale, 2) pour la décontamination, 3) pour l’indemnisation des victimes et leur relogement, 4) pour les soins médicaux des personnes contaminés, …) ça va coûter vraiment cher.
    Et si en plus de ça une partie des revenus du Japon se cassent la figure (contamination des produits japonais = baisse des exportations, activités maritimes presque réduites à nénant à cause des rejets en mer, ect …).
    Bref : Est-ce que les frais dûs à cette catastrophe mis bout à bout ne pourraient pas provoquer la faillite du Japon sachant que le pays est déjà endetté aux alentours de 200% ?
    Et si le pays fait faillite, est-ce que les opérations de décontamination ne seront pas diminuées voire abandonnées (la morale pour certains dirigeants, c’est pas leur truc), surtout si les pays de l’ouest font faillite aussi (la crise actuelle) et ne peuvent pas aider ?

    Sinon, un excellent site (en anglais) entièrement consacré à la catastrophe de Fukushima et mis à jour quotidiennement : http://www.enenews.com (Energie News).

    1. Pierre, je ne dirai pas que le site enenews est excellent : il collationne le pire et le meilleur (le ragot et le fait prouvé). Mais il donne les sources ; on peut (on doit) donc se faire une idée par soi-même.
      Le site “ex-SKF” me paraît meilleur, tenu par un Japonais parfaitement bilingue, qui développe une argumentation et recoupe ses informations :
      http://ex-skf.blogspot.com/ (son blog en anglais)
      http://ex-skf-jp.blogspot.com/ (son blog en japonais, qui n’est d’ailleurs pas équivalent au premier, développant mieux ou alors résumant les nouvelles du premier, en fonction des attentes du public japonais)

      …sinon, pour la faillite du Japon, ce n’est pas encore à l’ordre du jour ;-). Le Japon reste, à tous points de vue, collé à la Chine salvatrice ; il est et sera longtemps la 3e puissance mondiale, et reste leader sur de nombreux secteurs (automobile, robotique, écrans plats, etc.).
      A long terme, ce genre de catastrophe est une saignée qui permet à un pays de rebondir plusieurs mois ou années plus tard (effet Kobé 95). Mais je reconnais que la reconstruction se fait lentement, cette fois, que l’accident nucléaire en lui-même est plutôt du type cancer que saignée, et que le personnel politique est absolument au-dessous de tout, comme jamais dans l’histoire récente du Japon !

      1. Merci pour les infos et pour le blog Nerima, je ne le connaissais pas.
        Sinon, je ne dis pas que le Japon ferait faillite maintenant, surtout que la dette du Japon est en quelque sorte détenue par les japonais mais ce pays exporte beaucoup et notamment des véhicules, des produits haut de gamme, de la robotique, de l’électronique, … et c’est aussi un pays de pêche, …
        Et à moins que Fukushima soit déjà sous contrôle, la contamination ne peut que s’étendre. Et si beaucoup de caragaisons japonaises sont refusées par des pays étrangers, les compagnies japonaises vont perdre pas mal d’argent et surtout la confiance de leurs acheteurs ce qui pourrait les pousser à la faillite ou au mieux à délocaliser leur production ce qui enfoncerait l’économie japonaise déjà très endettée.
        Dans le même temps, l’argent nécessaire à cause de la catastrophe va coûter très cher.
        Donc baisse des revenus à venir pour le Japon + augmentation importante des coûts (décontamination, indemnisation, soins, …) dans une économie déjà très endettée … Je parlais d’une faillite au bout de quelques années, pas cette année ou dans 6 mois.

        Quand à l’aide de la Chine au Japon, Larry Lang (Xianping), un professeur de finances à l’université d’Hong Kong a récemment fait une conférence où il déclarait que “toutes les provinces chinoises étaient dans le même état que la Grèce”. Si c’est le cas, il faudra déjà que les chinois s’aident eux-même avant de pouvoir aider qui que ce soit.

        Et pout les politiciens japonais, c’est juste des politiciens de carrières comme preque tout ceux qu’on a en Europe, … Il ne faut pas oublier qu’Areva (entreprise contrôlée par l’Etat français) voulait vendre du MOX aux japonais après la catastrophe.

  6. On peut aussi en déduire que le Japon, déjà très avancé en robotique (assistance à domicile aux personnes âgées, vastes usines qui n’emploient plus qu’une douzaine de personnes, etc.) va encore progresser en la matière.

    On nous annonce ici ou là que bientôt, la totalité des automobiles de la planète sera fabriquée par moins de 100 000 ouvriers.

    La crise actuelle impose donc également de revoir en profondeur l’organisation du travail et la distribution des fruits de l’activité.

    1. Cassandre, vous insinuez, il me semble, un faux dilemme comme si vous-vous vautriez dans la pensée unique du “tout nucléaire”. Le charbon ne sera qu’une des solutions de transition vers les énergies renouvelables, pour sortir du nucléaire. Le nucléaire quant à lui, est une roulette russe, un pari sur le risque, profitable à un petit nombre de joueurs par l’endettement financier et écologique qu’il impose aux générations futures.
      Il n’y a de durable, dans le nucléaire, que les déchets qu’il produit.
      http://www.energies-renouvelable.com/nouvelle/dossier,fournisseur,electricite.html

      Joyeux Noel à tous!

      1. Quand le climat deviendra vraiment méchant, vous verrez que c’était un vrai dilemme. Mieux vaut jouer à la roulette russe et n’avoir qu’une chance sur six de perdre que de jouer au plus con avec le climat avec 99% de chances de tuer les 2/3 des habitants de la planète.

  7. @ Cassandre.
    Marrant comme les nucleaucrates sont devenus soudainement très conscients de la défense de la planète en ce qui concerne les gaz de serre; et oublient les dangers,pour cette même planète,des radiations des produits de fission.
    La roulette Russe? Ah oui vous voulez dire Tchernobyl!
    1/6 pour 56 réacteurs en France? Allons, disons 56/1

    1. Cela ne me dérange pas qu’on stigmatise les dangers du nucléaire. Ce qui m’indigne, c’est qu’on s’en serve pour jeter un voile pudique sur les dangers des autres énergies, ce qui permet de continuer à brûler du fossile en toute bonne conscience, et de garder ainsi le mode de vie auquel on est habitué.

      Alors, pour ne pas risquer quelques Bq à côté de chez soi, on préfère sacrifier des millions – pour l’instant – d’habitants du tiers-monde. Ce n’est pas de l’écologie, c’est de l’égoisme crasse.

      1. Cassandre, 8 % du territoire du Japon (pays surpeuplé, qui ne produit que 37% de son alimentation) est gravement contaminé au césium ; ce ne sont pas “quelques Becquerels”…
        Mais, sur le fond, je suis d’accord : il ne faut pas relancer les énergies fossiles (le pétrole, de toute façon, se raréfie) mais changer de civilisation : plus de conservation, moins de consommation (une consommation plus efficiente) et, on n’y coupera pas, une frugalité “raisonnable” (ça commence tout de suite par la prise de conscience individuelle et l’éducation).

      2. 30.000.000.000.000.000 de Bq , c’est selon Arnie Gundersen le nombre de désintégrations de radionucléides par seconde, dans le pacifique, suite aux déversements et fuites radioactives de la seule centrale de Fukushima Daiichi en 2011, sans compter la contamination de l’air et du sol.

      3. Et alors ? Cela fait combien par litre d’océan, et combien par rapport à la radioactivité naturelle ? Quant aux sols, c’est dommage mais ça reste local et ça ne sera pas éternel, et les habitants ont probablement été évacués à temps. Encore une fois, comparez au charbon sur les mêmes critères.

      4. Sourire très jaune…

        J’imagine une explication logique à l’inertie constatée à Durban : les gros pollueurs travaillent en secret au “plan B” : l’injection d’aérosols sulfatés dans la stratosphère pour réduire l’énergie solaire reçue au sol, en imitant les volcans. Mais je crains de leur attribuer là une capacité d’anticipation excessive.

      5. Les quantités requises pour baisser d’un degré la moyenne mondiale sont trop faibles pour poser un problème de pluies acides. Les inquiétudes concernent surtout l’effet (inconnu) sur l’ozone stratosphérique.

      6. Les habitants n’ont PAS été évacués à temps, et quand ils l’ont été, ils l’ont été sur des zones parfois autant contaminées ! …enfin, un million de personnes vivent dans des zones à forte radio-activité (jusqu’à 20 miS/an).

  8. Analyse intéressante (Reiichido , un commentaire ?) de IEEE Spectrum sur le discours en faveur de l’expertise scientifique de Socolow, et en face sur l’expertise des gens.

    Expert vs public Risk Assessment

    Le chroniqueur d’IEEE Spectrum met assez bien le débat en valeur, s’agissant d’un milieu initialement technophile.
    On retrouve grosso modo les chiffres de PJ, à des facteurs 2 à 5 près, sur le nombre de fusion de réacteur par année-réacteur (environ 1/1300 actuellement semble-t-il puisqu’il y aurait eu 11 fusions, vs une prévision entre 1/2000 et 1/10000 par le “calcul” (calcule qui croit, en vérité, parler de la réalité, hum) -:)

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