FUKUSHIMA : l’échelle du temps nucléaire, par François Leclerc

Billet invité

Quarante ans seront nécessaires pour démanteler la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, vient d’estimer le ministre de l’environnement japonais, Goshi Honoso.

Le respect de cette échéance est toutefois suspendu à la conception et au développement prioritaires de robots permettant de savoir ce qu’il en est effectivement de l’état du combustible nucléaire, car il n’existe pas d’engins capables de réaliser ces observations dans des conditions si extrêmes. Rigoureusement inaccessible et même inobservable, celui-ci est d’après des simulations informatiques supposé reposer sur une semelle de béton, en dessous de la cuve percée du réacteur, dont l’état est lui-même une inconnue.

C’est alors seulement que pourra être étudiée la possibilité et les moyens de recueillir ces trois coriums, un défi inédit étant donné leur intense radioactivité, leur masse et leur très haute température de plusieurs milliers de degrés. Devant débuter dans dix ans, des opérations d’une durée de vingt ans sont prévues pour cette tranche primordiale du démantèlement. Ce qui revient à dire, sans le reconnaître, qu’il n’est en réalité pas possible d’en évaluer la durée.

Ce n’est d’ailleurs que dans deux ans que le retrait du combustible usé des piscines devrait débuter, prévu pour durer plusieurs années avant d’être totalement achevé. Cette même période sera mise à profit pour renforcer les systèmes de refroidissement des réacteurs et piscines, qui doivent maintenir ce qui a été faussement dénommé “l’arrêt à froid” des réacteurs, étant donné la présence des coriums, qui ne sont pas prévus dans cette configuration destinée à permettre les opérations de maintenance régulières.

Ces travaux d’enlèvement du combustible nucléaire sont les plus problématiques mais ne doivent pas masquer d’autres difficultés déjà rencontrées par Tepco, l’opérateur privé de la centrale, qui vont s’amplifier. Il vient en effet de tenter d’obtenir l’autorisation de déverser à la mer des tonnes d’eau, selon lui faiblement contaminées, ne parvenant plus à la stocker faute de capacités suffisantes. Mais le stockage des débris des réacteurs s’annonce pour plus tard comme un autre enjeu, étant donné son gigantesque volume. Enfin, l’état général des bâtiments des réacteurs, suite aux dégâts causés par les explosions d’hydrogène, va considérablement gêner les futurs travaux.

Aux grandes incertitudes liées à leur exécution vont s’ajouter les dangers qui pourraient en résulter à chaque étape, les bâtiments et installations ayant été très éprouvés et fragilisés, notamment en raison de la répétition de nouveaux séismes.

Le sort de la population évacuée et l’avenir réservé aux zones d’interdiction n’a pas fait l’objet d’informations spécifiques lors de cette annonce gouvernementale.

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153 réflexions sur « FUKUSHIMA : l’échelle du temps nucléaire, par François Leclerc »

  1. Bonsoir,

    la photo mise en illustration est intéressante.

    Il s’agit du réacteur N°3.

    On distingue nettement deux panaches de fumée distincts.

    L’un vient de la piscine de combustible usagé.

    D’où vient l’autre?

    Cordialement.

    1. Il s’agit d’une photo prise au tout début de l’accident.

      François, petite correction: il n’est pas du tout sur que le corium soit encore a plusieurs milliers de degrés. Ou qu’il soit situé, il est sans doute refroidi par l’eau injectée. En revanche, il est vrai que les conditions radiologiques rendent toute inspection même par robot encore impossible.

  2. « Arrêt à froid » et on voit des ouvriers qui quittent le site, c’est réglé non?

    -Mais non c’est juste les journalistes qui répètent de la propagande.

    -Ah, encore…

  3. Pour tenir ces délais, l’hypothèse la plus probable est un contact avec une civilisation extra-terrestre avancée mettant à notre disposition une technologie supérieure.
    Le gouvernement japonais doit avoir des informations qu’il n’a pas diffusées.

  4. Le choix du nucléaire civile est un choix difficile, qui engage un pays sur une période de 50 ans (exploitation +démantèlement) ou plus et qui l’expose à des catastrophes sanitaires majeures. Le Japon a fait ce pari et l’a perdu mais le gain pendant toutes ces années est l’indépendance énergétique et la compétitivité industrielle du fait du faible coût de l’électricité.
    Nous vivons dans un pays qui a aussi fait ce pari afin d’assurer à ses habitants un avantage énergétique. Cela n’a pas empêché la désindustrialisation et n’empêchera pas la hausse des prix de l’énergie. Alors à quoi bon se disent les gens ? À quoi bon prendre un risque quand il n’est plus compensé par un gain ?

    1. JulienC : je vous donne quelques infos qui ne sont vraiment pas en ligne avec ce que vous dites. L’électricité nucléaire est produite à partir de l’uranium, matière première entièrement importée. La France importe charbon, pétrole, gaz naturel, uranium, soit 90% de sa consommation d’énergie primaire.
      En 2010, l’électricité représentait 24% de l’énergie fournie aux consommateurs (ménages, tertiaire, industrie, transports, agriculture) ou « consommation énergétique finale ». L’électricité d’origine nucléaire contribuait pour environ 70% à cette consommation d’électricité. Donc le nucléaire contribuait pour 17% à la consommation énergétique finale française.
      Où est l’indépendance SVP ?
      Quant à l’avantage prix, vous savez bien que vous payez votre électricité comme client et comme contribuable, le dernier compensant le manque sur votre facture.

      1. Quant à l’avantage prix, vous savez bien que vous payez votre électricité comme client et comme contribuable, le dernier compensant le manque sur votre facture.

        Ce à quoi il faudra ajouter le rôle d’assureur même pas en dernier recours vu qu’il n’y a aucun assureur pour ce genre de risque (et c’est sans doute heureux, il vaut mieux éliminer le risque plutôt que de trouver des mecs assez malades pour parier là-dessus).

        On nous sert sans arrêt la soupe de l’indépendance mais les chiffres que donne Didier sont pourtant bien explicites : l’indépendance énergétique est hors sujet en ce qui concerne le nucléaire.

      2. L’électricité est obtenue à partie d’une source primaire d’énergie.
        Soit du gaz : le rendement des meilleures centrales à cycle combiné gaz est de 60%
        Soit à partir de Charbon : le rendement des centrales à charbon les plus performantes est de 45% ; celles en service en France qui pour la moitié vont être déclassées d’ici 2015 est de 30 à 35%.

        Dans la réglementation thermique de la construction, l’énergie utilisée est comptabilisée en énergie primaire.
        On multiplie donc par 2,4 la consommation d’électricité telle qu’elle est mesurée par les compteurs.

        Dans la comparaison que vous faites, il faudrait donner les deux informations ; si on n’utilisait pas le nucléaire, on utiliserait du charbon ou du gaz ; les importations d’énergie primaire seraient en augmentation de 17%*2,4 soit environ (et sans faire le calcul exact) 40% de l’énergie primaire actuellement consommée.

        sur le second point : le programme nucléaire a été finanancé par EDF par emprunt et non par des subventions de l’Etat ; de même EDF finance AREVA (enrichissement de l’uranium et retraitement des déchets et également certaines activités du CEA) et certains coûts échoués comme superfenix qui a été arrété il y a plus de 10 ans ; donc il n’y a pas de seconde facture sur la feuille d’impôt

      3. Bonsoir Didier.

        « Quant à l’avantage prix, vous savez bien que vous payez votre électricité comme client et comme contribuable, le dernier compensant le manque sur votre facture ».

        C’est une évidence qui mériterait d’être quantifiée et étalée sur la place publique d’autant que le prix payé par le particulier compense le faible prix payé par l’industrie et les administrations.

        Il y a un autre aspect à prendre en considération, le nucléaire en France est vieillissant, nous contribuables allons payer pour chaque tranche un démantellement évalué à 50 ans et hors ce délai, on ne sait pas quoi faire de la cuve et de l’énorme masse de béton dans laquelle celle-ci est ancrée. Ceci dans le cas d’un arrêt idéal.

      4. @I.Lucas : votre facteur de 2.4 ne signifie pas que l’indépendance énergétique de la France soit liée au nucléaire. Je confirme, 90% de dépendance pour l’énergie primaire. Presque 50% de l’énergie consommée en France à sa source dans le seul pétrole : les transports. Qu’essayez vous de nous démontrer ? Prenez le par tous les bouts, l’indépendance énergétique de la France n’existe pas.
        Par ailleurs, avez vous connaissance des sommes fabuleuses dépensées par l’État pour la R&D dans le nucléaire ? Croyez vous que l’ex-Framatome aujourd’hui Areva soit sorti de la licence Westinghouse sans une aide de quelqu’un ? Et dites moi, qui a décidé de Flamanville si ce n’est Sarkozy, le chef de l’État, c’est un signe non ? Qui paie décide non ? Là c’est le contribuable. Ça va vous couter 6 milliards d’€ ! Enfin, aumieux si j’ose dire. Notez entre parenthèses que le nucléaire est la seule activité où les coûts augmentent avec les séries.
        Voyez plus haut la question des assurances. Sans parler des déchets. la liste est longue hélas. Le contribuable est le pigeon 🙂

      5. Et n’oublions pas le démantèlement des centrales. Grand sujet de désinformation du Lobby nucléaire. En effet, la plupart des centrales française voient leur durée initiale de vie allongée uniquement parce que commencer un démantèlement serait révéler le coût exact de ce dernier. Coût colossal, qui réduirait tous les arguments du nucléaire pas cher. D’où cette fuite en avant, et cette persistance du mensonge: « le nucléaire est l’énergie la moins chère »..

      6. @Didier
        Ce qu’il essaye de démontrer, et plutôt bien a mon avis, c’est qu’indépendance ne doit pas se comprendre stricto sensu. En effet, une indépendance à 100% est irréaliste pour un pays sans manne énergétique.

        En revanche, on peut a la fois essayer de diversifier ses sources et essayer de réduire sa dépendance.

        Dans le cas du nucléaire, sur les trois pays miniers de tête on trouve l’Australie, le Kazakhstan et le Canada. Tout ça pour un combustible qui ne représente qu’une part très faible du cout final (10% environ de tête). Et qui, une fois chargé, peut continuer à fournir de l’électricité pendant un an et demi. On est bien loin du pipe-line provenant d’une pétromonarchie qui peut en fermer les robinets à n’importe quel moment.

        Ensuite, concernant le démantèlement, je ne vais pas re-rentrer dans les détails, mais je signale qu’EDF a provisionné environ 20 milliards d’euros pour le démantèlement. Qu’effectivement la somme finale envisagée par centrale est bien inférieure au Royaume-unis, mais qu’elle est plus grande qu’aux Etats-unis, et qu’on peut compter sur un parc homogène.

        J’ai envie de dire: on verra bientôt sur Fessenheim 🙂 (Enfin passé le délai nécessaire avant démantèlement).

    2. Je viens de lire un article sur une realisation de chercheurs allemands : du charbon a base de detritus vegetaux. Je crois malheureusement que nous sommes encore une fois dans le syndrome concorde, rafale, etc… etc…mais en plus dangereux. Et le premier symptome en ait l’invendabilite a d’autres nations…A suivre…

  5. Dimanche 18 décembre 2011
    Les disparus de Fukushima

    « Alors que le gouvernement japonais vient de décréter l’arrêt à froid des réacteurs de Fukushima (comme s’il y avait encore des « réacteurs » à Fukushima !), un journaliste japonais indépendant, Tomohiko Suzuki, a donné vendredi une conférence de presse très instructive. Cet homme courageux, journaliste de terrain, s’était fait embaucher à la centrale de Fukushima Daiichi comme ouvrier par l’intermédiaire d’une filiale de Toshiba. Il a pu ainsi enquêter à l’intérieur même du site du 13 juillet au 22 août 2011, assigné à une tâche liée au retraitement de l’eau contaminée. Ses révélations décapantes nous amèneront à nous interroger une nouvelle fois sur la disparition de dizaines, voire de centaines d’ouvriers sur les listes administratives de la centrale nucléaire. »

    http://fukushima.over-blog.fr/article-les-disparus-de-fukushima-93065109.html

    1. @ Bossuet
      Il faut indiquer que cet article provient du  » blog de Fukushima  » , blog en japonais , anglais et français . Excellent .

    2. Décapant…Les expertes analyses ici posées paraissent bien légères face à la gestion calamiteuse, opaque et mercantile et des crises dans le nucléaire et de la protection des salariés sur le terrain.
      Quitte à avoir une facture un peu plus élevée, je pense qu’il est indispensable de sortir de cette filière de production d’énergie.
      Sans parler de inconnues majeures que décline F. Leclerc. La technologie insuffisante, le temps compté et les moyens financiers manquants pour ne serait-ce que pallier la catastrophe advenue à Fukushima que les statistiques indiquent largement possible en Europe.

  6. Ce n’est pas un problème technique, c’est un problème de cupidité argentesque..

    Quand on construit une centrale nucléaire de 300000 m3, on construit à côté un robot broyeur de 500000 m3 et le tout à côté d’une montagne de 10 millons de m3 de terre..
    Dès qu’un accident survient, le robot de 500000 m3 broie la centrale de 300000 m3 et la mélange aux 10 millions de m3 de terre, afin que le taux de radioactivité retombe au taux de radioactivité naturel inoffensif !!
    Le capitalisme va certes s’effondrer, mais il faut qu’il laisse la place à une situation maitrisée de maniere civilisée et non pas à la barbarie gogol.

    1. Tiens, ta réflexion tombe « bien », veau.

      Il y a quelques mois, le « gouvernement » français a autorisé un mélange de déchets radioactifs aux matériaux de construction ET d’ameublement dans notre pays.
      Tout bénéf pour areva.

      1. Tu pourrais citer tes sources Yvan ?
        J’en connais qui vont s’imaginer que tu as encore un peu forcé sur la camomille

      2. Sans l’accord des gouvernements, pas besoin, dans certaines régions de France, limousin pour ne pas la citer, des routes, des écoles et autres constructions ont été faites à partir de mélanges avec des déchets issus de sites d’extraction d’uranium et ceci depuis les années 70.

      3. Exact, Brigitte. J’ai vu une vidéo sur Youtube (n’ai plus le lien), il y a quelques semaines, concernant le département de la Haute-Loire (ancienne(s) mine(s) d’uranium, détritus ayant servis à la construction de routes ou rues, et remblais, en quantité, le tout, radioactif).

        Le matériau étant offert par la mine, à charge pour ceux que cela intéressait de s’occuper du transport; cela a intéressé bien du monde!

        Moralité: de la radio-activité disséminée au hasard la (mal)chance…

      4. @Tikarol

        C’est pas du pipeau.
        La CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité)
        se mobilise contre « l’AJOUT de SUBSTANCES RADIOACTIVES
        dans les BIENS DE CONSOMMATION et les MATERIAUX DE CONSTRUCTION
        . » (voir « Dossiers CRIIRAD de référence »)

        Preuve que c’est une réalité. D’ailleurs l’association donne les textes de loi et l’historique de la légalisation de la contamination de nos vie par des types qui ont écharpe tricolore, des leçons et des appels vibrant plein la bouche.

  7. Et pendant ce temps, le lobby nucléaire français continue son intox !
    EDF a diffusé à tous ses cadres une petite présentation intitulée « Quel débat sur le nucléaire après Fukushima ? » Charge à ces cadres de faire une petite leçon aux personnels et d’en parler au cours du réveillon de Noël, ces employés se transformant ainsi en agents du lobby nucléaire.

    1. En parlant de lobby…

      Quel est le chauffage le plus économique selon vous ? A infrarouge, ou par convection ? il me semble que c’est par infrarouge car on reçoit directement le rayonnement, mais dans ma grande surface je ne trouve que des radiateurs à convection, qui vont donc chauffer l’air. Celui-ci monte et chauffe le plafond…

      Et d’autre part pourquoi les réactions sont stabilisées à Fuckushima, pourquoi les centrales ne forment pas de champignon atomique ?

      1. Bonsoir Lisztfr.

        N’oubliez pas les infrarouges lointains, cela vaut largement la pompe à chaleur et ne consomme pas un iota d’énergie.

      2. Lisztfr : qu’est-ce que c’est que le chauffage électrique ? On produit de l’électricité à partir de centrales nucléaires dont le rendement est de l’ordre de 33%, ce qui signifie qu’à partir d’une quantité de 100 d’énergie primaire vous en sortez 33, soit 2/3 perdus. Cette électricité provient de la chaleur et vous transformez cette électricité encore en chaleur ! Ne croyez vous pas qu’il y a une certaine stupidité dans le processus ?

      3. Le contenu de la piscine du réacteur n°3, est-il allé dans le champignon?
        Deux députés japonais, Tomoyuki Taira et Yukio Hatoyama (premier ministre de 2009 à 2010), affirment que le seul moyen de connaître la situation réelle à Fukushima Daiichi est de nationaliser la centrale accidentée.
        Tous deux ont fait partie d’un groupe de travail parlementaire formé le 24 mars afin de concevoir un plan d’action face à la catastrophe prenant en compte le pire scénario possible. Le groupe doit publier prochainement un rapport dont les conclusuions seront, «indépendantes de celles du gouvernement japonais, de l’autorité de sûreté nucléaire (Nisa) et de Tepco », affirment les deux parlementaires.
        Les deux parlementaires japonais estiment que trois questions principales restent non résolues et doivent faire l’objet d’investigations :
        – La «re-criticité»: y a-t-il eu redémarrage de la réaction nucléaire au sein du cœur d’un ou plusieurs réacteurs, et avec quel intensité?
        – Les explosions: Selon les données du Mext (le ministère japonais de l’éducation, de la culture, des sports, de la science et de la technologie), du plutonium- 238 a été trouvé jusqu’à 45 kilomètres de Fukushima Daiichi, à une concentration inhabituelle qui exclut l’hypothèse d’une retombée d’essais nucléaires antérieurs. Ce plutonium doit donc avoir été projeté depuis la centrale, et ils ne peuvent pas avoir été transportés dans le panache radioactif. Leur présence suggère que des débris de barres de combustible ont été projetés autour du site, ce qui représente un grave danger. «La question de savoir si une explosion d’hydrogène aurait pu avoirla puissance de projeter ces débris de métaux lourds n’est pas tranchée », écrivent nos deux députés.
        – Fusion du combustible: s’il est certain que le cœur des réacteurs 1, 2 et 3 a au moins partiellement fondu, on ignore à quel degré la dalle de béton à la base des réacteurs a pu être détruite par le combustible fondu. Après avoir nié cette possibilité, Tepco a admis il y a deux semaines que le combustible fondu pouvait avoir détruit jusqu’aux trois quart de la dalle de béton du réacteur n°1, et avoir aussi endommagé le béton de deux autres réacteurs. De sorte qu’il peut exister des fuites de liquides radioactifs au niveau de la base des trois réacteurs concernés, sans que l’on connaissent aujourd’hui l’importance de ces fuites.
        Il faut nationaliser Fukushima .17-12-2011 Par Michel de Pracontal

      4. A Arnaud::

        Je ne pense pas que vous avez bien lu ou entendu les articles mentionnés dans mon écrit. On peut bien sur toujours remettre en cause la véracité de ceux-ci, mais il me semble qu’il y a suffisamment de preuves de leur authenticité, il faudrait des ‘clones’ de nombreuses personnalités du monde scientifique telles: Brian Josephson Prix Nobel de Physique,Dennis Bushnell Chief Scientist- NASA Langley, Sven Kullander Professeur de physique U. Upsalla Suede, pour ne citer que ces trois noms dont google vous donnera de nombreuses références.
        Concernant la présentation de la NASA voir ici copie la lettre adressée a Mr. Krivitt par la NASA suivant sa demande de FOIA
        – Il est compréhensible qu’on rejette, a priori, l’existence de la fusion froide étant donné la mauvaise réputation qui lui a été faite, notamment par des physiciens travaillant sur la fusion chaude, mais après plus de 20 ans qu’elle a été découverte par F et P; il y a maintenant de multiples preuves de son existence. A vous de revoir votre opinion et de revenir peut être aux rêves de votre enfance qui peuvent bien être la réalité d’aujourd’hui. Bon Noel! 😉

    2. Didier

      Il est certain que Fukushima a réveillé les esprits dans tous les sens de la question posée par l’énergie électrique. D’autant plus que le Japon ne passait pas pour un pays technologiquement bricoleur, comme on pouvait l’avoir cru avec Tchernobyl.
      Nous sommes tous conscients Qu’Areva n’est pas un modéle transparent comme tout lobby qui cherche à vendre sa soupe, EPR , retraitements des déchets, etc.

      Mais;
      Si l’on considere qu’en 1960 il y avait 2 Milliards d’habitants et que nous frolons les 7 milliards, que d’autre part tout le monde, pays émergeants et sous développés, a un droit et un besoin légitime
      à l’électricité; comment faire ?
      A t’on des chiffres fiables pour extrapoler les besoins, l’apport des solutions alternatives non polluantes, des pollutions par les centrales au fioul ou au charbon ?
      Bref sommes nous capables d’objectiver cette question, autrement que par des attitudes idéologiques favorables ou défavorables au nucléaire ?

      Qu’en est t’il des promesses théoriques de la fusion?

      1. @ Bernard Laget : rejeter le nucléaire n’est pas une position idéologique. Vous demandez d’objectiver la question (objectiver = se rapporter à la réalité nous dit Larousse), alors objectivons :
        1/ le risque nucléaire existe t-il ? oui. Est-il de même nature que celui du charbon par exemple ? non.
        2/ le risque nucléaire a t-il des conséquences que les hommes ne savent pas traiter aujourd’hui ? oui.
        3/ si les accès à l’énergie et à l’électricité en particulier doivent être considérés comme vitaux, est-il raisonnable de vouloir que la consommation d’énergie de 9 milliards d’habitants soit la même que celle des États-uniens ? Non bien sûr. Il faut faire cesser le gâchis
        4/ en admettant mon point 3, peut-on produire assez d’électricité pour tout le monde ? oui mais il faut une vraie politique. A commencer par un mix énergétique intelligent. Les technologies des renouvelables sont aujourd’hui au point. Leur prix ne fait que baisser, ça va faire comme nos téléphones portables d’il y a 10 ans. D’autres technologies sont prometteuses à très court terme : géothermie profonde, captage et stockage de CO2, stockage d’électricité, bâtiment à énergie positive, …. sans oublier les compteurs intelligents (je précise, pas le Linky d’ERDF)

        Ma mère m’a toujours dit et me dit encore : « quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage  » Comme on veut tuer toutes les possibilités autres que le nucléaire, on n’hésite pas à dire des âneries ( y a pas de soleil la nuit) et on fait surtout en sorte que les conditions règlementaires et économiques ne permettent pas le développement normal du marché.

        Voilà un constat de la situation. Aucune idéologie là-dedans. Pour mémoire, 8% du sol japonais est condamné pour des milliers d’années.

      2. @Bernard Laget

        C’est un peu plus que de l’idéologie le pro ou anti nucléaire.

        De mon point de vue, le fait majeur est la gravité des risques pris. Nous savons désormais que le risque zéro n’existe pas. Nous savons que, si accident il y a, nous ne savons pas maîtriser les forces en action.

        C’est un peu comme un petit cadre de la Défense qui roule à 90 entre les files de bagnoles bloquées parce qu’il est en retard pour sa réunion de fin de journée de 20H00 à 21H00. Je me dis que le gars ferait bien mieux de se demander pourquoi il court et pourquoi il accepte de prendre de tels risques.

        Après j’ai aussi des tas de raisons idéologiques, mais surtout humaines comme par exemple les conditions d’extraction du minerai d’Uranium avec tout son chapelet de jeux géopolitiques, de désastres sociaux, économiques, politiques, écologiques et humains qui est passé sous un « voile pudique » des pertes et profits de l’intérêt suprême de l’Etat (oui, de l’Etat, pas forcément du Peuple) qui se traduit au Café du coin en « On fait pas d’omelette sans casser des oeufs »….

        Alors, oui, j’entends bien ce que dit Janco et d’autres sur la faible adaptation des techno renouvelables à nos besoins actuel. Je me dis donc qu’en attendant, il serait peut-être temps de faire un STOP – THINK – ACT comme je l’ai apris en secourisme.
        Pourquoi et comment utilisons nous les énergies ?
        N’y a-t-il pas moyen de ne pas dépenser autant d’énergie ?

        Bref, ce genre de questions…

        En plus l’avantage, avec ce genre de questions, c’est qu’on dérive vite vers de vastes questions sur l’organisation actuelle de nos sociétés et de nos vies et qu’il faut bien reconnaître que tout cela semble bien absurde par de nombreux aspects.

      3. A Alain Semoun,

        Votre article me laisse « froid » et pas prêt de fusionner avec.
        La présentation à laquelle vous faite référence (Aucun logo de la Nasa) est un enfumage même pas crédible. Ecrire qu’on a de la chaleur en exces, ou une réaction nucléaire et déclarer qu’on a la solution facile, pas chère et industrielle c’est un mauvais conte de Noël.
        Mais je préférais avoir tort, étant gosse cette histoire de fusion froide m’avait passionné.
        PS:Dans la même veine mais en beaucoup plus drôle; un episode de cette hilarante série pour ado des années 90 Parker Lewis ne perd jamais ou un héros Koubiac avait découvert l’energie Pomme de terre. Ca doit se trouver facilement sur le tube.

  8. Le nucléaire et le capitalisme.

    Le problème à long terme de l’industrie nucléaire est, que même si nous décidions de nous en débarrasser, il faudra au mieux des dizaines d’années, voire beaucoup plus, et entretenir à grands frais des spécialistes dont l’intérêt ne sera certes pas de faire au plus vite ce qui leur sera demandé.
    Le nucléaire doit donc considéré comme un mode de survie (une sorte de survivalisme) du capitalisme industriel que l’évolution financière est en train de mettre à mal alors que c’est l’incapacité du capitalisme industriel et marchand de dépasser ses contradictions qui a provoqué la crise dite financière, mais bien réelle.
    Nous ne sommes pas sortis de l’auberge !

    1. oui, mais compte en millier d’année (pour les combustibles des centaines pour les vêtements et autres trucs résiduelles), le nucléaire est une dette comme une autre.
      D’un point de vue keynésien, c’est idiot, d’un point de vue scientifique, c’est juste qu’on est pas arrivé à la génération 4 (ou 5) qui brule tout en oubliant le rêve de fusion (le soleil, faire de l’énergie avec de l’hydrogène et obtenir de l’hélium) mort dans les années 80.
      Mais malheureusement de ton point de vue, c’est la fée électricité, sauf que sans il n’y a pas de blog…..

      1. Mais malheureusement de ton point de vue, c’est la fée électricité, sauf que sans il n’y a pas de blog…

        Voilà exactement ce que j’attendais comme réponse quand j’ai émis l’idée que l’électricité (c’est-à-dire le « progrès « ) est à la base de tout nos maux, sans oublier l’appropriation privative.

        C’est bien vrai que sans électricité il n’ y a pas de blog, mais, sans électricité, aurions-nous l’idée ou l’usage d’un blog ?

      2. le nomadisme, après le rêve bourgeois de la révolution, pas de propriété, des outils limités, pas de spécialisation sans danger pour la communauté (au cas ou le spécialiste à un accident, faut que la communauté, le remplace facilement).
        C’est un mode de vie respectable, mais un peu décalé de notre quotidien, difficile d’y voir une solution 🙂
        Sinon la sédentarisation, spécialise les taches (l’avantage d’avoir des docteurs qui n’ont plus à cultivé leurs jardins), le nombre permet une spécialisation sans danger (si un boulanger meurt y aura d’autres, on a plus à savoir cuire le pain par exemple), mais inclus une propriété des savoirs et des biens des spécialités, arrive l’argent pour gérer des communautés de plus en plus grande et éloigné, une hiérarchisation de plus en plus poussé etc… (qui alimente l’égo par la propriété, mais aussi par sa place en haut de l’échiquier, ou toutes autres distinctions: « je passes à la télé »), dans ce cadre, l’idée de progrès et nécessaire à la gestion de ces communautés devenant ville, nation, global.
        La propriété est une simplification (une simplification apporte des tares), mais on a plus à s’occuper du four à pain, c’est son propriétaire qui le fait, reste le problème de concentration.
        Si tu simplifies et annule la propriété, tu complexifies l’administration nécessaire à sa gestion et limite l’initiative à la base.
        Je cherche pas un modèle parfait 😉

      3. Après y aussi le problème de l’hyper-spécialisation, qui comme le microscope donne une image très précise de l’infiniment petit, mais ne permet pas d’apprécier le grand canyon, il faut des non spécialisés polyvalent, en haut des hiérarchies, ne serait-ce que pour déterminé quels sont les progrès réels (ce qui est utile à la gestion de la complexité).
        Sinon c’est la situation actuel , qui ce résume à une finalité strictement technique, sans progrès humain.

    2. Le problème à long terme de l’industrie nucléaire est, que même si nous décidions de la développer, il faudra au mieux dans une dizaine d’années, voire beaucoup moins, restructurer la totalité de nos centrales nucléaires qui approchent voire dépassent le seuil de 30 ans, accumulant toujours plus de déchets, dont plus de 40 ans après nous ne savons toujours pas quoi faire.

  9. Bonjour,

    « C’est alors seulement que pourra être étudiée la possibilité et les moyens de recueillir ces trois coriums, un défi inédit étant donné leur intense radioactivité, leur masse et leur très haute température de plusieurs milliers de degrés »
    ———-
    Aussitôt la réaction nucléaire de fission stoppée par l’insertion des barres de contrôle (recouvertes de métal absorbeur de neutrons), la puissance du « combustible » chute ( à 7% environ de la puissance avant arrêt de la réaction), puis décroit rapidement, puis très lentement (1% environ, après plusieurs mois).

    7% de 2 000 MW thermiques (mégawatts) environ, ça représente tout de même 140 MW et 1%, 20 MW.

    10 mois après l’accident, les corium, où qu’ils se trouvent, sont donc normalement à moins de 100 °C. Plus leur température baisse, plus se produisent éventuellement des reprises localisées d’activité, accompagnées d’un vif dégagement de chaleur local qui annihile la réaction, avant une nouvelle reprise quand la température a suffisamment baissé et que la concentration des matières fissiles, au gré des migrations liquides, devient suffisante.
    Les corium « respirent ».

    Amicalement,

    Delphin

    1. C’est à la règle à calculer que vous en êtes arrivé à 100C ? Car amicalement, ils sont toujours en fusion à des milliers de C.

      1. 3000°, environ,(trois mille), et pour un temps indéterminé, en un lieu impossible à situer avec précision…
        Y a d’la joie…

      1. A Klaki et à Lisztfr

        Bonjour,

        « C’est à la règle à calculer que vous en êtes arrivé à 100C ? Car amicalement, ils sont toujours en fusion à des milliers de C. » (Lisztfr)
        « Où sont vos barres de contrôle quand la majeure partie du coeur a fondu? »(Klaki)*
        ———-
        Lorsque les barres dites de contrôle se sont – heureusement – insérées dans les coeurs des réacteur, la réaction de fission qui s’y déroulait a été stoppée net.
        Très vite, par défaut de refroidissement, les coeurs se sont mis à fondre (fusion), agglomérant les structures internes fondues des cuves pour former une pâte liquide de plusieurs milliers de degrés celsius.
        Tout ou partie de cette pâte liquide a bientôt percé le fond des cuves pour, soit s’étaler sur les radiers en béton (point de vue d’ Arnie Gundersen), soit percer le béton « réfractaire » pour s’enfoncer dans le sol en agglomérant tout ce qui s’y trouve, ce qui « dilue » encore le corium formé.
        Il est possible que l’initiative prise rapidement, par le directeur de la centrale d’arroser tant bien que mal, par de l’eau de mer, puis par le système « bricolé », l’intérieur des enceintes fuyardes ait participé à un certain refroidissement des corium étalés sur les bétons.

        Les barres de contrôle ont donc effectivement fondu en même temps que le coeur lui-même, mais un coeur de réacteur contient trop peu (qques %) d’uranium 235 et éventuellement de plutonium 239, seuls susceptibles de subir la réaction de fission, pour être – globalement – le siège d’une telle réaction autoentretenue, laquelle expliquerait les 3000 ° C avancés par certains. Même en supposant suffisamment d’uranium 235 réunis par les convections, l’élévation de température est un facteur puissamment limitant de l’entretien d’une telle réaction.

        Si les corium étaient restés actifs, générant alors continuellement de nombreux produits issus de la fission, une partie de ceux gazeux (les iodes par ex.), remonteraient ou auraient remonté par les failles et microfailles du sol.

        La relative petite taille des coeurs détruits (entre 600 et 800 MW électriques, je crois) est également favorable à un certain fractionnement, donc à un certain refroidissement, une fraction restant dans les cuves, l’autre – plus facile à refroidir de par sa moindre quantité – s’étalant sur les radiers de béton réfractaire.

        Après presque un an depuis l’événement, les produits de fission qui dégagent le plus de chaleur ont largement disparu abaissant énormément la température de coeurs devenus « déchets nucléaires ».
        Soit les coriums sont, pour tout ou partie, sur les radiers et ils bénéficient d’énormes quantités d’eau en refroidissement, soit ils sont dans le sol, celui-ci dissipant la chaleur qui reste grâce aux « impuretés » de toutes sortes agrégées.

        Par contre, plus les corium se refroidissent, plus sont susceptibles de se produire – générant à chaque fois de nouveaux produits de fission – des reprises localisées sporadiques de fissions, vite stoppées par la montée consécutive en température (défaut de modérateur : les atomes d’hydrogène de l’eau présente, qui ralentissent par des chocs successifs les neutrons émis, se raréfient lorsque cette eau se dilate).

        Delphin (profondément opposé à l’énergie nucléaire, mais qui sait que ses tenants cherchent espièglement la moindre erreur pour disqualifier les opposants)

  10. Dans ce domaine du nucléaire les risques incluent aussi le nombre de centrales et la superficie disponilble du pays.
    Dans la mesure où notre territoire est relativement exigu , et au vu du nombre de centrales , le risque pris est complètement démesuré : en cas d’accident majeur nous serons tous des réfugiés nucléaires et si nous tombons sur des ministres de l’intérieur aussi symphatiques que les nôtres … il y a du souci à se faire .
    Un autre approche me semble particulièrement intéressante pour réfléchir à ce problème c’est l’âge de nos centrales et le calendrier de démantellement de ces centrales qui de fait arriveront dans un temps pas du tout à échelle nucléaire à l’âge de la retraite .
    Ce qui est profondémment agaçant dans cette histoire si sérieuse c’est notre incapacité à la traiter du fait de l’inadéquation de nos outils politiques ; soit il faut s’inscrire chez Green Peace ( dont je salue le travail ) soit il faut s’enchaîner dans la rue parce qu’il ne faut pas compter sur nos bulletins de vote pour faire avancer ce problème de fond qui oblige à une réflexion approffondie et à la mise en oeuvre de solutions si globales qu’elles ne peuvent pas s’imposer au premier coup d’oeil .
    Le discours énergies renouvelables contre nucléaIre est un peu court et il faut creuser beaucoup plus en profondeur.
    On retombe dans la complexité systémique qui selon moi ne peut pas se résoudre par secteurs (sparadraps) mais par une réflexion globale ; encore faut il disposer des outils pour ce type d’approche….
    Sans quoi les problèmes que pose ce blog seront eux aussi
    à l’échelle du temps nucléaire.

    1. @ Di Girolam
       » …soit il faut s’enchaîner dans la rue parce qu’il ne faut pas compter sur nos bulletins de vote…  »
      A défaut des actions que tu cites , tu pouvais venir à Valognes tenter de retarder le plus possible le départ du train de déchets nucléaires vers Gorleben en Allemagne.
      Cette action n’était que le début d’une série d’actions à venir . Pour infos , consulter le site  » Valognes stop castor  » .
      L’industrie nucléaire n’est pas si loin de se casser la figure mais va falloir l’aider un peu .

      1. Taratata
        J’admire et je remercie les militants de terrain (nucléaire,OGM …) mais ni ma situation matérielle ( je suis agriculteur et très « pris » par la ferme) , ni ma « sensibilité » intellectuelle (je ne sais pas quel mot employer) ne me porte facilement de ce côté : je pense que tous ces sujets de société qui engagent les pays dans leur avenir devraient faire l’objet d’un vrai travail démocratique APPROFONDI d’étude , réflexion ,débats afin de préparer sur ces questions des décisions qui seraient prises directement par référendum.
        Disons que je suis plus porté à militer pour une vraie démocratie qu’à rentrer dans ce jeux de pouvoir /contre pouvoirau coup par coup ; à bien y regarder en comptabilisant toutes les causes à défendre , il faut pour militer et signer les pétition , être célibataire , sans emploi , avec néanmoins quelques moyens, parce que c’est bien plus que du plein temps !

        Pour résumer je milite plus pour le pouvoir que dans le contre pouvoir.

      2. @Di Girolamo

        je pense que tous ces sujets de société qui engagent les pays dans leur avenir devraient faire l’objet d’un vrai travail démocratique

        Ben les militants en question ne demandent pas mieux, c’est même ce qu’ils tentent de réclamer en essayant d’attirer l’attention de la démocratie.
        Encore faut-il que ce « travail démocratique » ne se résume pas à un combat de lobbys dans les ors de la République, ni même « faire de la pédagogie » comme ils disent quand ils ont une mesure difficile à faire avaler au bon peuple.

        Pour résumer je milite plus pour le pouvoir que dans le contre pouvoir.

        Faites gaffe, déjà que les contre-pouvoirs sont bien fragiles en temps ordinaire, ils ne tiennent pas la route en cas de crise ou de conflit.
        Pour rappel, ça fini au minimum en GàV ce genre de rigolade. ça demande un peu plus que du temps, comme vous semblez le penser, mes bel et bien la révolte.

  11. Des emplois pour 40 ans au moins : de quoi se plaint-on ?

    Il ne faut pas retirer ça au nucléaire : que ça marche ou pas, il fournit toujours du boulot, et pour longtemps !

    1. De quoi se plaint-on? [Je gage que vos propos sont ironiques]

      C’est comme les guerres qui donnent du boulot aux ouvriers des usines d’armement…

  12. Amusant (si on peut dire) de faire le parallèle entre la situation de la centrale Japonaise et la finance mondiale:
    Même état de catastrophe irréversible, même déni absolu et obstiné des dirigeants, mêmes mensonges éhontés et sans cesse répétés, même désarroi des populations…
    Et même absence de solution à court, moyen, ni même long terme…

    Mais n’est-ce pas la primauté impérieuse de la finance qui nous a tous jetés dans le nucléaire?

    1. Non, c’est le besoin de plutonium, qui a développé le nucléaire civil. D’abord la peur de l’après guerre, avant la rentabilité pour les financiers. Pareil pour l’agriculture avec le manque du aux tickets de rationnements et le besoin de productivisme et de supermarché.

      1. C’est-à-dire , pour être très clair , le nucléaire civil est là POUR LE NUCLEAIRE MILITAIRE ( production de plutonium en grandes quantités ) . Les journalistes , pour la plupart , répètent en boucle les mêmes imbécillités en omettant de travailler sur ce point central .
        Mais nous sommes probablement à un tournant de cette industrie de mort . Tchernobyl n’a pas suffi ( quoique marquant un coup d’arrêt ) mais Fukushima , alors là c’est top !
        Invoquons les mânes de nos ancêtres pour que tout ceci s’arrête à peu près correctement avant qu’un désastre de même grandeur ne touche la France , ou l’Allemagne ou …
        Je redis ici qu’un mouvement actif proche du mouvement allemand , loin de toutes les associations anti-nucléaires , se construit en France . A bon entendeur salut ! (  » Valognes stop castor  » ) .

  13. 8% du territoire national très contaminé. En fait plus : moi, je m’en tiens aux cartes réactualisées par le Prof. Hayakawa Yukio, de l’université de Gunma (d’ailleurs inquiété par sa hiérarchie) et qu’on trouve sur son site : les plus récentes, ici et ici (comparaison avec la contamination autour de Tchernobyl : キエフ, Kiev, est à la limite de zone, tout comme 東京, Tôkyô : il y a du 0,5 micro-s/h dans la banlieue nord-est, à Kashiwa).

    En mai, je disais à des amis japonais que le démantèlement complet du site prendrait au moins un siècle : ils me regardaient en souriant de gêne devant ce gaijin affolant (et affolé bien sûr). On peut raisonnablement doubler les estimations des officiels, qui se sont trompés sur tout, quand ils n’ont pas menti sciemment.

    Suzuki Tomohiko, journaliste indépendant, s’est fait engager comme ouvrier, au péril de sa santé, à Fukushima-Dai-Ichi ; il en rapporte un témoignage ébouriffant : rien n’est réglé à Fukushima et même, sur le fond, rien n’a véritablement commencé…

    Par ailleurs, Gundersen et d’autres continuent de détailler les dangers actuels (Tchernobyl sous la mer, etc.) et potentiels (l’explosion hydro-volcanique d’un corium au contact d’une nappe phréatique n’est pas à exclure, tout comme, à l’occasion d’un fort séisme, le renversement effroyable de la piscine à peine consolidée du réacteur n°4).

    Bon, il vaut mieux finir en chansons, c’est bientôt Noël…

    Je voudrais, ici encore, rendre hommage au rocker japonais IMAWANO Kiyoshiro, décédé d’un cancer en 2009, qui avait tout prévu :
    – il y a 30 ans, il interprétait Summertime Blues : « on construit des centrales – déjà 37 (*54 en 2011, dont 8 seulement en activité) – pourquoi ? on ne sait pas – summertime blues – y’aura le grand séisme du Tôkai – pour qui ? on ne sait pas – summertimes blues pour le Japon – mais la TV japonaise nous dit qu’il n’y a aucun danger – summertime blues – c’est dangereux, on n’en veut pas (choeur)… »
    – il y a plus de 20 ans, la complainte du monde sans lendemain : « le monde va à sa perte – c’est pas vrai, n’est-ce pas ? – les politiciens nous mentent – on construit des centrales nucléaires dans ce Japon si étroit, pour qui ? pourquoi ? – summertimes blues » … pour finir une parodie (interdite à la reproduction et à la vente par les yakuzas) du Kimigayo, l’hymne impérial japonais.
    – il y a 20 ans : le sarcastique Genpatsu ondô, genpatsu sansei : … »tous d’accord pour les centrales atomiques japonaises, les meilleures du monde, elles ne font pas de mal à l’environnement, aucun danger ! elles nous éclairent tant, vivent les centrales, promotion des centrales ! …proclamez-le tous haut et fort ! Banzaï (10 000 ans de vie) ! »
    – et puis l’inévitable se produit : Meltdown … « mon cerveau en fusion, partout… meltdown ! aaahhhh… c’est foutu, c’est trop tard… le plus effroyable s’est produit, personne ne pourra me sauver, vous le pouvez-vous ? ô Dieu ! Bouddha ! Docteur ! ô Lune !? …pourtant je croyais au pouvoir de la science… meltdown, aaahhhh… »

    …pour finir sur une note plus légère, en cette période de fêtes : une chanson rock pour les enfants, la chanson de Papa :
    « mon Papa, le soir, à la maison, il est affalé par terre ; comme un phoque, il baille ; il lit son journal, une bière à la main…
    …mais mon Papa, le jour, oh, c’est un peu différent : il resplendit, il sue sang et eau, c’est un homme, un vrai… Papa quand il travaille ..qu’il est beau ! »

    1. La possibilité de l’explosion d’un corium au contact d’une nappe phréatique est évoquée depuis les évènements de Tchernobyl.

      Mais je cherche une explication aux questions suivantes :
      Dans le cœur du réacteur les barres de combustibles sont plongées dans l’eau donc dès qu’elles commencent à fondre suite à un dysfonctionnement grave (formation du corium) elles sont au contact de l’eau. Donc pourquoi il n’y a pas d’explosion nucléaire ? Ou bien le liquide au cœur du réacteur n’est pas l’eau ?
      Par ailleurs on constate que lors de dysfonctionnement grave (Fukushima-Dai-Ichi) on arrose à l’eau alors que le corium est en état indéterminé – ne craint-on pas en refroidissant ainsi avec l’eau au contact possible du corium de provoquer l’explosion nucléaire ?

      1. Je ne suis pas spécialiste et ma courte science date du 11/3/11 et des éprouvants jours suivants …mais :
        – il y a bien eu des explosions mais nées d’un dégagement d’hydrogène à partir des gaines de zirconium (mais peut-être aussi à partir de l’hydrolyse de l’eau suite à de la criticité).
        – la fonte des barres a eu lieu dans ces réacteurs BWR (à eau bouillante) à partir du moment où cette eau avait baissé les laissant à nu, puis on a remis de l’eau par la suite et trop tard ; intervient alors sans doute une question de température : de l’eau déversée sur un matériau qui n’a encore que quelques centaines de degrés en début de fusion peut fuser en vapeur, à plus de 3000, ce n’est plus la même chose ; l’état du corium compte aussi, dont les propriétés changent selon la composition, la répartition des nucléides, les différences de température entre intérieur et extérieur, la forme même du « blob »…
        – surtout, il s’agit de savoir si le dégagement de vapeur (ou même d’hydrogène) se fait en lieu confiné ou non : les superstructures des réacteurs qui ont été pulvérisées, étaient loin d’être légères comme on l’a faussement prétendu, mais enfin elles étaient « en l’air », « soufflables ». Alors, imaginez les pressions fantastiques de la vapeur dans le sous-sol rocheux où se situe la nappe ; vient un point où les mètres ou dizaines de mètres de matériau au-dessus devront exploser et seront pulvérisés en un énorme panache hautement radioactif, comme dans une explosion pyroclastique (cf. Montagne Pelée ou Mont Unzen en 88, au sud de Kyûshû). Et je ne parle même pas de possibilité d’explosion nucléaire, criticité instantanée après une recompression par la vapeur surchauffée ou par explosion de l’hydrogène, comme ce fut probablement le cas au réacteur n°3 (http://www.youtube.com/watch?v=s97safqp-V0).
        …mais encore une fois, je ne peux être qu’imprécis, on aimerait, en effet, avoir l’avis d’un spécialiste à l’égard de votre question de bon sens…

      2. J’ai retrouvé quelques liens qui pourront intéresser, dans la mesure où ils traitent de cette question redoutable (limite de la science) des corium :

        1a) http://fukushima.over-blog.fr/article-le-corium-de-fukushima-1-description-et-donnees-81378535.html
        1b) http://fukushima.over-blog.fr/article-le-corium-de-fukushima-2-effets-et-dangers-81400782.html

        2) http://aipri.blogspot.com/2011/12/la-radioactivite-des-3-corium-de.html

        …je ne suis pas garant de leur valeur scientifique, cela dit.

      3. @Nerima-kun merci pour ces liens qui apportent des éclaircissements.

        La lecture de ces liens confirme que l’eau en présence du combustible nucléaire fondu (corium) n’est pas un facteur déclenchant une explosion nucléaire.

        Une explosion nucléaire n’est autre que de la fission nucléaire amplifiée au maximum en un instant (une réaction en chaine qui s’auto amplifie de façon instantanée). Cette explosion est déclenchée spontanément par des matières radioactives lorsqu’est obtenue la masse critique. Pour le plutonium pur, si la forme géométrique est une sphère, il suffit d’une dizaine de kilos (la taille d’un melon) pour déclencher l’explosion nucléaire.

        Encore une fois : la présence de l’eau au contact de la matière radioactive n’est pas un facteur déclencheur de la fission nucléaire et donc de l’explosion nucléaire.

        C’est la mise en forme de la masse critique de la matière radioactive qui compte, autrement dit : en fonction de la composition de la matière radioactive, et en fonction de la forme géométrique, il peut apparaître une réaction en chaine auto-amplifiée en une fraction de seconde …. Le résultat peut éventuellement être observable sous la forme d’une exposion nucléaire de puissance variable.
        Lire : Masse critique (réaction nucléaire)

      4. Oui, bien sûr, l’explosion nucléaire suppose une (re)compression avec confinement pendant un temps suffisamment long (dizaines de microsecondes) d’une matière fissile. Il ne s’agit pas de cela ici (même si ça s’est propablement produit lors de l’explosion sur le réacteur n.3, voir Gundersen sur le site Fairewinds). En revanche, l’explosion hydro-volcanique est tout à fait possible, par contact d’un corium ultra-chaud (2 à 3500°c) avec une nappe phréatique : la vapeur n’est pas compressible à l’infini dans une veine rocheuse ; d’où volatilisation de roches et autres matériaux avec matières radio-actives, panache énorme, contamination selon les vents sur des dizaines de kilomètres… ce risque n’est toujours pas à exclure.
        Ne serait-ce que par principe de précaution : on ne sait, en vérité, pratiquement rien sur les corium de Fukushima !

    2. @ Nerima-kun
      Merçi pour les liens et les phrases de ses chansons que vous avez traduites . Imawano Hiyoshiro aurait mérité plus de reconnaissances . Avez vous remarqué que les commentaires liés au vidéos de ses chansons sont apparement censurés sur youtube ?

  14. Meme le tout petit reacteur de recherche de Brenillis en Bretagne qui aurait du etre demantele depuis longtemps ne l’ai toujours pas de reports en reports couteux…

  15. Stereociti – Kawasaki (Mojuba CD1) 3 tracks Mix
    « Un arrêt à froid en entraîne un autre.
    Suite à l’achèvement de l’étape 2 de la feuille de route destinée à sortir de la crise nucléaire, le ministre japonais en charge de ce dossier, Goshi Hosono, a indiqué hier que désormais, le gouvernement ne ferait plus de conférence de presse conjointe avec TEPCo. Puis, très pressé de rejoindre une émission de télévision de NHK, il a planté les journalistes en plein milieu de cette dernière conférence de presse, abandonnant ses camarades (…: fukushima 福島第一 )

  16. Oui il y a le passé et puis d’autres signes,

    Rappelez-vous de ce que je vous disais, c’était quand déjà ? Vous devriez certainement un peu vous en souvenir. Pourquoi il éprouve tant le pauvre bougre de reparler cela, à votre avis pourquoi faudrait-il essayer d’interpeller les opinions ?

    Voyez les océans et tout le reste de la création, ça promet à force vous ne trouvez pas ? En réalité l’humanité de notre temps, n’acceptera jamais vraiment une plus grande remise en cause courageuse des principaux modes de vie actuels, quand bien même à l’irruption d’une autre catastrophe de plus sur les divers écrans plasma.

    On ne peut bien sur toujours traiter avec même violence toute la création entière au rabais. Ils s’entêtent et veulent constamment faire de plus grandes oeuvres visibles sur toutes choses, tout cela pour en épater un peu plus grand nombre c’est la raison, un peu voyez-vous comme leurs plus grands précurseurs dans les choses.

    Des hommes tellement remplis de bons sens, de bien vaine gloriole humaine, tant de compétences, de diplômes, de distinctions, de vains honneurs et richesses matérielles accumulés. Ils sélectionnent, trient, écartent, rejettent et refoulent sans cesse strictement tout, c’est principalement le bien.

    Voilà à quoi ressemble surtout le monde qu’il nous prépare, ce monde qu’ils recherchent tant à transmettre à leur si propre progéniture, mais pas seulement dans ceci et cela, mais bien encore dans le tout commerce intégral des peuples et des corps attendez de voir la suite.

    Témoin d’un temps mais en quoi tout cela rassure si peu l’humanité à la longue ? Etait-ce déjà trop tard ? Ils étaient tout autant choqués et bousculés autre part, allez savoir pourquoi ? C’était la tendance et cela sur n’importe quel sujet, tu parles d’un proprès la grande servitude, oui il y avait vraiment de quoi en être un peu plus fier pour les premiers.

    Des images, des signes, des choses, des livres, des écritures, des penseurs, lettrés et moins lettrés, des savants et moins savants, mais non il n’y avait rien à faire mon Dieu, et c’est alors que l’humanité se réveilla un beau jour avec plus grande gueule de bois. On voulait surtout je crois s’éviter un plus grand mal, c’est-à-dire en constante concurrence sur toute la terre, fallait surtout pas se planter !

    L’humanité bien strictement conduite, la grande polémique en cours, celle d’un monde en faillite, pays après pays, société sur société, en pleine déroute morale, c’était progressif, bien visible un peu partout dans les sociétés.

    Vous comprenez cela devenait de plus en plus embarassant, et puis un beau jour ils se concertèrent et puis couic, c’était déjà la censure qui se mettait progressivement en place. Voyez-vous un peu déjà la chose au sujet de Fukushima, à votre avis pourquoi tant de désinformation ?

    Comment ils allaient faire pour sauver principalement leur monde. Elle s’enivre, elle titube, elle tombe bien grandement de haut notre bien folle civilisation. Je vous assure le socialisme de certains ne pourra pas plus la relever. Je sais, je sais c’est un peu effrayant à se dire pour les premiers retraités de la terre.

    Que voulez-vous c’est la vie, que puis-je y faire mon Dieu ? Je ne suis qu’un oiseau de mauvaise augure. Faut
    plus être irréfléchi, faut plus rêver, faut pas plus se voiler la face, faut plus trop adoucir la vie du petit artisan, recherchons au contraire à être toujours plus à terre que les autres c’est bon pour le commerce mondial.

    Ca craint aussi pour les nombreux petits enfants du monde dans les écoles ? C’est le meilleur des mondes !

    1. Jérémie, si le pire est probable cela ne devrait pas nous empêcher d’envisager un monde meilleur .
      voir de quel bois notre humanité est faite.
      je pense qu’elle n’a pas vocation à disparaitre ou s’aliéner de façon radicale, absolue . Elle a toujours une porte de secours. Sans doute faut-il la vouloir ?
      oh, et puis, il y a de si belles statues sur l’ile de Pâques . Rien s’est fait par hasard .

      1. Oui je comprends bien le sens de votre propos,

        Et de votre démarche et je la salue sincèrement, mais qu’est-ce que nous faisons principalement depuis des siècles d’histoire, d’échange commercial, de littérature ?

        Vous savez il ne faut pas non plus écarter la dérangeante réflexion suivante, que l’humanité puisse un jour ou l’autre disparaître et cela avant la fin prochaine du dernier des Mohicans sur la terre, que faut-il d’abord sauver principalement dans notre temps, les Corps ou les Ames ?

        Des gens comme vous et moi vous rigolez, quand je serais plus là, quand cela sera même plus possible de pouvoir échanger d’autres propos, sans doute que je n’aurais pas alors suffisamment voulu vous faire voir autre chose sur le moment, voyez la censure qui vient et cela en constante progression partout.

        Vous savez il ne suffit pas d’avoir de la volonté, d’avoir une bonne toilette, de faire un peu plus de travail sur soi, de moins sentir le fumier ou le crottin, de faire en réalité bien peu le modeste à l’image, encore faut-il parfois accepter de se dire que l’humanité, surtout celle d’aujourd’hui n’ouvre en fait pas plus de portes de secours, aussi bien pour les petits enfants qui naissent, que pour tant de nos vieillards et vieilles dames et
        cela devant tant de froideur et d’inhumanité partout, brrr ça fait froid dans le temps.

        Voyez le monde, voyez le marché, la politique, écoutez les gens, allumez votre téléviseur, que se disent principalement les gens à longueur de vie, et bien qu’ils n’ont jamais eu pour vocation à disparaître, que se disent principalement tout le temps les êtres et cela à chaque génération qui se présente, qui tente de nous la faire.

        Vous savez l’humanité a beau vouloir conduire principalement le monde dans le tout ceci et cela, en vérité les mêmes sables mouvants. Vous aurez beau même à chaque fois avoir les meilleures intentions de l’histoire, religieuses ou pas, comme celles du siècle dernier à travers les plus éminents écrits d’experts, que constatez-vous de votre coté mon cher monsieur ?

        Excusez-moi je sais, j’ai parfois tendance à foutre un peu la trouille aux enfants, aux retraités, à la ménagère de cinquante ans, surtout les plus terre à terre de nos sociétés, mais faut pas je ne suis peut-être pas non plus la plus mauvaise petite pierre, à qui la faute qui sont surtout les premiers batisseurs de ce monde ?

        J’en ris comme j’en pleure parfois, c’est difficile à vous expliquer. Vous savez les plus grandes statues de l’histoire, n’ont pas plus changer le cul d’une poule en canard, par contre vous avez raison. Je ne suis pas trop d’humeur désinvolte et festive, j’aime pas plus les banquets, les orgies, mais rassurez-vous je ne suis pas toujours le plus grave. Vous verrez, au contraire je crois bien plus au salut des Ames, qu’au salut principal des corps et des marchandises tout le temps sur la terre et dans les têtes.

        J’aime pas plus la démocratie, la bétise, le tourner manège enchanté, les faux semblants de progrès, etc. Alors forcément vous comprenez je suis plus trop dans le vent, je résonne pas mieux pour le bon sens commun.

        Avez-vous un mobile moi toujours pas ? Vous en voyez beaucoup des portes de secours dans un tel monde conditionné ?
        Mon Dieu je ne peux pas toujours garder cela pour moi, et puis le portier qui me laisse pas plus rentrer.

        Dites leur bien que le meilleur des mondes marchand de l’histoire n’est pas plus éternel.

        Signé le dernier des mohicans sur terre.

  17. 40 ans pour démanteler? Il ne faut pas 40 ans, il en faudra 100 ou 200, si c’est seulement possible à ce moment. Bien sûr, d’ici là le ministre sera oublié, mort et enterré.
    40 ans ce serait le temps nécessaire pour une centrale en très bon état à condition que tout se passe parfaitement, et que Tepco puisse payer. On en est très loin (et les coriums aussi d’ailleurs).

    Pour le stockage de l’eau contaminée, avant de la jeter à la mer, il leur reste la possibilité de creuser des tranchées-piscines couvertes, ce n’est pas la place qui manque dans le secteur.
    En pratique le + simple serait de construire une digue de terre en mer à 100 mètres des centrales et de considérer cette eau comme contaminée. Et tant qu’a avoir une grande piscine ils peuvent y jeter les gros débris solides très contaminés trouvés ici et là. Quelques mètres d’eau et plus de radiations. Dans un siècle ou deux l’eau « peu » contaminée ne le sera presque plus, surtout si elle est filtrée pendant cette durée.

    1. à HP….. à toutes fins utiles:
      TOKYO ELECTRIC POWER COMPANY
      International Procurement Group, Materials & Procurement Dept.
      Address : 1-2-2 Yurakucho, Chiyoda-ku, Tokyo 100-8560 Japan.
      Tel : 81-3-6373-1298
      Fax : 81-3-3501-8301

      1. Merci, bien aimable.

        Si j’en parle ce n’est pas pour leur donner des idées qu’ils ont forcément déjà eu et évaluées, c’est pour que les lecteurs du blog ne croient pas si vite qu’il n’y a que la solution adoptée par Tepco qui soit possible.

  18. L’économiste E.F Schumacher, l’auteur de l’ouvrage fondateur en pays écologique « Small is beautiful » (1973) postule que les centrales ne seront jamais démantelées, laissées à l’abandon, avec les conséquences associées, pour ne pas savoir comment le faire. Les déchets nucléaires à la maison en quelque sorte.
    Les scientistes nous diront qu’on saura bien le faire en temps opportun. Vi, vi, vi, c’est ça.
    On note cependant que la centrale française de Brennilis est en démantèlement depuis 26 ans, ce qui pourrait nous mener à 40 ans pour une centrale arrêtée sans accident. Fukushima, 40 ans pour 4 réacteurs, certains ayant fusionnés. On vous croit.

    Mais le problème qui n’est jamais énoncé dans ce contexte est encore et toujours la fin du pétrole qui pétrifiera notre civilisation, les moyens nécessaires au démantèlement risquant de ne plus être disponible. La prolongation du nucléaire semble nous garantir une catastrophe, non qu’elle augmenterait le risque d’accident sur des centrales vieillissantes, produirait plus de déchets à faire disparaitre d’un coup de baguette magique, mais plutôt qu’elle réduirait d’autant notre chance de pouvoir démanteler les centrales à temps (et pas que les dernières en service), nous assurant ainsi des déchets nucléaires à la maison pour tous et pour toujours. Enfin l’égalité dans c’pays !

    Bonnes fêtes réflexives

  19. Confirmé à mon fils qui travaille dans les travaux publics, il y a des déchets « faiblement » radioactif dans le remblais des autoroutes….Areva nous roule

    1. L’intervention de Vincent Touraine depuis Tokyo est sérieuse, contrairement au lancement du sujet depuis Paris.

  20. Anecdote ayant un petit poids significatif

    Alors qu’on ne doute pas du pouvoir que doivent avoir des sociétés comme Hitachi, Toshiba, Mitsubishi ou Fuji, qui poussent à mettre une centrale nucléaire sur chaque site adéquate, ou presque adéquate, dans l’archipel, NHK, la chaîne de télé nationale, et chien fidèle délivrant en substance la pensée officielle, a voulu diffuser il y a quelques jours, le film produit par Michael Douglas à la fin des années 70 : The china syndrome.

    En général, au Japon, si il y a un accident grave, que ce soit avion,, train, tremblement de terre, tous films pré-programmés qui pourraient avoir un lien avec ces sujets, sont immédiatement déprogrammés.

    Là, il semblerait que le débat ne soit pas fermé, et que les grandes et puissances sociétés, taillées en forme de trust à imposer leur intérêt par dessus tout, n’arrivent pas à complètement étouffer l’affaire et sa discussion

  21. si vous voulez mieux appréhender la « bifurcation » énergétique :

    Le Parti de Gauche a organisé une rencontre à l’ENS pour débattre du « scénario Négawatt », étude d’experts proposant une réelle transition énergétique. Animée par Corinne Morel-Darleux, avec les interventions de Jean-Luc Mélenchon, Martine Billard, Yves Marignac, Raphaël Claustre, Anne Debregeas et Jean-Michel Mespoulède : durée 2h50
    http://www.lateledegauche.fr/

    http://www.negawatt.org/
    http://www.cler.org/info/

    un peu long mais plus enrichissant que l’uranium !!

    1. Le parti de gauche par ci, le parti de gauche par là… je suis fatigué de ce prosélytisme. Quand comprendrez-vous que ce parti n’a rien de révolutionnaire et qu’il participe au système comme tous les autres?

      1. Je ne sais pas si c’est le lieu mais vos propos mériteraient argumentation plus qu’une simple affirmation. Après je comprends qu’une certaine insistance d’un parti pour convaincre peut créer plus de réactions d’oppositions qu’autre chose.

      2. d’abord « ECOUTER » il n’y a pas que le Parti de Gauche qui parle NEGAWATT, CLER, des syndicalistes du nucléaire….et critiquer APRES ; formuler vos propositions !!

    2. Le camarade JLM n’est pas facile à moucher, bon nombre de journalistes peuvent en témoigner.

      J’ai assisté à ce genre d’évènement rare quand un gars lui a dit « salut camarade révolutionnaire » en le croisant négligemment dans une manif. Il s’est juste retourné avec un regard noir, a hésité en scrutant le copain de la tête aux pieds, a ouvert la bouche, a hésité … et a tourné les talons
      C’était marrant… un peu…enfin, p’têt pas…
      En fait il a pas le plus mal évolué le gaillard, c’est pas le pire, c’est sûr…j’arrive pas à le malmener trop durement, il en a assez sur le dos…, mais bon, révolutionnaire… quand même…

      Enfin c’est un avis…

    1. ça arrive si par exemple on double-clic par erreur au lieu de cliquer sur le « Envoyer votre commentaire »…

      C’est un message automatique, rassurez-vous, Julien ne passe pas sa journée à envoyer des messages au ton militaire aux internautes…Enfin j’espère… 😉

      Le ton militaire du message doit s’expliquer par l’agacement du programmeur quand il a constaté avec horreur que son génie a été mis en échec par un abruti d’internaute qui est capable d’envoyer deux messages dans la même milliseconde, lui causant une FATAL ERROR de doublon en base de données… Du coup, il est énervé en général et dans la phase colère de son processus de deuil. Enfin, c’est un avis…

  22. Un résumé du travail parlementaire français sur l’avenir électrique du pays (source : http://sauvonsleclimat.org/articles-selectionneshtml/un-scenario-raisonne-de-levolution-de-lenergie-electrique-en-france-au-xxieme-siecle/35-fparticles/985-un-scenario-raisonne-de-levolution-de-lenergie-electrique-en-france-au-xxieme-siecle.html) :

    Un scénario raisonné de l’évolution de l’énergie électrique en France au XXIème siècle

    Patrick MICHAILLE

    Introduction

    Le député Claude BIRRAUX (Président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques – OPECST), et le sénateur Bruno SIDO (Premier Vice-Président) ont déposé le 15 décembre 2011 le rapport rédigé par les rapporteurs Christian BATAILLE (député) et Bruno SIDO. La mission comprend 24 députés (dont 2 députées) et 26 sénateurs (dont 9 sénatrices)[1]. Le texte qui suit est tiré du rapport, les annotations de l’auteur étant indiquées [entre crochets].

    Le scénario proposé vise un mix énergétique comprenant 50% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050, mais développé sans hâte, pour tirer parti des capacités de la France en matière de nucléaire tant que le stockage de l’énergie (réservoirs d’eau en bord de mer ; production d’hydrogène, utilisé directement dans des piles à combustible, ou pour produire du méthane à partir du CO2) n’a pas atteint le niveau de maturité qui permettra d’exploiter complètement les énergies intermittentes éoliennes et solaires.

    Après sa visite au Japon, qui possède 54 réacteurs produisant que 25 à 30% de l’énergie électrique consommée au Japon, la mission fait le constat qu’après un grave accident, la population est hostile au redémarrage des réacteurs. Le Japon est obligé d’importer massivement du gaz pour pallier le déficit d’énergie, alors que les entreprises délocalisent ou font faillite. Le niveau d’exposition en France, avec 75 à 80% d’énergie produite par le nucléaire, est considéré comme trop élevé, et il est visé de le réduire pour ne pas mettre en danger l’économie du pays si un accident nucléaire se produisait. L’exemple japonais invite à ne « pas mettre tous ses oeufs dans le même panier ».

    Le stockage d’énergie, qui viabilisera les énergies renouvelables en compensant leur intermittence, devra lui-même être alimenté en électricité. Or la sécurité d’un système énergétique suppose que celui-ci prenne appui sur une production en base totalement maîtrisée, sans risque d’aléa sur l’approvisionnement.

    L’Allemagne, dont le nucléaire ne représente que 22% de la production d’électricité, est adossée à d’énormes réserves de lignite (évaluées à 350 ans de consommation) et peut se permettre d’arrêter ses réacteurs, sur une période d’une douzaine d’années, le temps de mettre en service des centrales à gaz et à charbon modernisées (munies de filtres à souffre). Pour le CO2, l’Allemagne prévoit de racheter les droits de pollution prévus dans les accords de Kyoto…

    Le cas de la France est très différent, puisque nous n’avons plus de réserves de charbon, et que nous n’acceptons pas de polluer le sol, l’eau et l’air, par l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste (« L’abandon de l’exploration du sous-sol métropolitain, constitue un pas en direction des objectifs du plan énergie-climat. ») Notre seule réserve nationale d’énergie est l’uranium appauvri, dont l’exploitation dans les réacteurs de 4ème génération constitue une ressource pour des siècles de consommation d’électricité.

    Le nucléaire français

    Actuellement, les approvisionnements français en uranium, environ 8000 tonnes par an pour un montant de 200 millions d’euros, sont sécurisés par une provenance depuis plusieurs régions du monde : Afrique, Australie, Canada. Deux filières de recyclage permettent de réduire jusqu’à concurrence d’environ 17 % le flux annuel d’approvisionnement des réacteurs : l’une basée sur le combustible MOX; l’autre basé sur le ré-enrichissement de l’uranium issu du retraitement, opération longtemps effectuée à l’étranger (Russie), et qui sera bientôt réalisée par centrifugation dans l’usine d’enrichissement Georges Besse-2 de Pierrelatte.

    Le nucléaire a en effet constitué la réponse de notre pays aux quatre priorités stratégiques que sont : l’offre électrique ; l’indépendance énergétique (de 60% en 1950, nous étions tombés à 22% en 1973) ; la préservation du développement économique, par un coût de production d’électricité maîtrisé (il serait le double pour les industriels si la part du nucléaire était ramenée à 20% en 2030) ; la neutralité environnementale, par l’absence de rejets de gaz à effet de serre (« La France, avec 90 grammes par kWh, est mieux placée que le Danemark avec 303 grammes par kWh, et surtout que l’Allemagne, qui émet 430 grammes par kWh. Pour produire une unité de PIB, la France diffuse deux fois moins de CO2 que l’Allemagne. »)

    L’avance technologique française en matière de nucléaire, qui constitue un fleuron de notre économie, restera valorisable pendant encore de nombreuses années : d’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale d’énergie augmentera d’un tiers entre 2010 et 2035, 90 % de cet accroissement provenant des pays hors OCDE, notamment la Chine dont la consommation sera de 70 % supérieure à celle des États-Unis en 2035 ; la production électronucléaire pourrait croître de 70 % d’ici 2035, tirée par la Chine, la Corée et l’Inde.

    Les pays moteurs du développement de l’énergie nucléaire n’ont en effet que peu modifié leurs choix énergétiques depuis l’accident survenu à la centrale de Fukushima :

    • Les primo-accédants maintiennent leur intérêt pour la mise en place de réacteurs nucléaires (Maroc, Vietnam, Arabie saoudite, Égypte, Jordanie, Tunisie, Chili, Thaïlande), de même que les pays venant d’engager un programme (Émirats Arabes Unis, Turquie).

    • Les pays disposant déjà d’un parc significatif maintiennent eux aussi les objectifs qu’ils s’étaient assignés (Grande-Bretagne, Afrique du sud, Finlande, République tchèque, Chine, Corée du sud, Russie, Inde).

    Aux États-Unis, le ralentissement du programme est la conséquence de la progression de l’exploitation des gaz de schiste et de l’absence de réglementation sur le carbone.

    La sûreté nucléaire

    Cependant, l’exemple japonais confirme que le développement d’une filière nucléaire ne peut se satisfaire d’approximations ni de compromis. Comme l’a indiqué le rapport d’étape de la mission, la sous-estimation de l’aléa tsunami par les autorités et industriels japonais fut manifeste, ce que le gouvernement japonais a reconnu. Cela illustre a contrario, la nécessité de mettre en place un processus d’amélioration continue de la sûreté, basé sur des fondations non seulement industrielles mais aussi juridiques, seules garantes de l’acceptabilité de l’énergie nucléaire.

    Au plan industriel, une filière cohérente ne doit être ni trop diluée, ni trop intégrée. La cohérence de la filière française, telle qu’elle s’est développée historiquement, est un atout du point de vue de la sûreté. Elle permet une mise en commun des moyens et des retours d’expérience. En cas de crise, par exemple, elle permet d’envisager une solidarité accrue entre des sites fonctionnant de façon similaire.

    La mission parlementaire considère que l’organisation d’une offre cohérente, compétitive à l’exportation, ne doit pas conduire à la mise en place d’un système monolithique entièrement intégré, qui présenterait deux inconvénients majeurs, l’un interne et l’autre externe : en France, cela nuirait aux efforts en faveur de la transparence, qu’une pluralité d’acteurs aux intérêts différents facilite; à l’étranger, une offre intégrée pourrait être vécue comme contraignante pour les pays qui souhaitent, à terme, pouvoir faire jouer la concurrence internationale sur les services. Le maintien de l’autonomie du prestataire Areva par rapport à l’exploitant EDF est le gage d’une pluralité cohérente, préférable à l’intégration monopolistique. Au passage, la mission note l’importance du facteur humain dans la gestion de la sûreté, et rappelle que les pratiques de sous-traitance de la maintenance et de l’exploitation ne doivent pas conduire à une dilution des responsabilités susceptible de fragiliser les conditions de sûreté [voir fiche GASN N°39].

    Au plan juridique, le développement d’une production électronucléaire n’est acceptable qu’à condition d’être contrôlé par un régulateur spécialisé indépendant, à l’autorité et à la crédibilité incontestées. Les procédures d’autorisation, de poursuite d’exploitation doivent être définies, assorties de modalités de consultation. La gestion des situations d’urgence doit être préparée par des plans préétablis comportant des dispositions propres à la gestion de crise nucléaire. L’acquisition d’une véritable culture de sûreté, incluant son amélioration continue par la prise en compte des « retours d’expérience » nationaux et étrangers, est indispensable.

    La transparence est bien évidemment aussi l’un des aspects essentiels de ce cadre juridique. L’acceptabilité sociale de l’énergie nucléaire est par ailleurs améliorée lorsque les décisions sont prises pour des temps limités, donc réversibles et sujettes au débat démocratique.

    Pour les primo-accédants, cet apprentissage est un long processus, qui ne saurait être envisagé en moins de deux décennies, et qui doit s’accompagner d’une coopération internationale accrue au cours des premières années, afin d’optimiser la courbe d’apprentissage. La coopération internationale n’a aucunement vocation à supplanter à terme les contrôles nationaux, seuls à même d’être suffisamment efficaces pour garantir la sûreté. L’échelon international a toutefois vocation à vérifier l’existence d’un cadre adapté et à accompagner les évolutions nécessaires dans les pays souhaitant accéder à l’énergie nucléaire ou accroître leur production électronucléaire.

    La rémanence des charges inhérentes à l’énergie nucléaire

    Loin d’apporter une solution immédiate et définitive aux questions liées à l’activité nucléaire, une décision d’arrêt total ou partiel de celle-ci, risquerait, au contraire, de déstabiliser l’organisation mise en place au fil des années pour en assurer la maîtrise. En particulier, le besoin d’entretenir durablement une culture de sûreté serait contradictoire avec le mal-être des personnels chargés de l’exploitation des installations.

    L’exemple allemand est, à cet égard, particulièrement révélateur. Dès le premier accord sur une sortie du nucléaire, datant de 2000, entre le gouvernement et les exploitants, ces derniers avaient obtenu des assurances quant à l’absence d’exigences fortes en matière de sûreté de leurs installations. Les centrales allemandes pouvaient ainsi espérer s’exonérer des mises à niveau de sûreté les plus coûteuses résultant des retours d’expérience internationaux. De tels « arrangements » avec les contraintes de sûreté seraient inenvisageables dans un pays [comme la France] doté d’une véritable autorité de sûreté indépendante. De fait, ces mises à niveau régulières et systématiques des installations nucléaires constituent, en France, l’une des conditions sine qua non de la poursuite de leur exploitation.

    Par ailleurs, il est impossible d’esquiver la gestion des déchets : l’absence, dans notre pays, de seuil de libération pour les déchets radioactifs interdit de les recycler, comme cela se pratique en Allemagne ou encore en Suède, en tant que matières premières pour d’autres industries. Il faut d’ailleurs remarquer qu’en Allemagne, personne n’a indiqué où et comment seraient entreposées et stockées les quantités considérables de déchets qui résulteront de la fermeture, puis du démantèlement des centrales nucléaires.

    Les économies d’énergie

    Au passage, la mission parlementaire note qu’un niveau élevé du prix de l’énergie a un effet de freinage de l’économie, et donc une incidence directe en termes de chômage ; en outre, il met en difficulté la partie de la population en situation de « précarité énergétique ». Une stratégie délibérée d’énergie chère pour contraindre à une meilleure maîtrise de la consommation et stimuler les technologies de l’efficacité énergétique n’est donc pas concevable dans une démarche au service de l’intérêt général.

    La mission égratigne, dans le domaine de l’isolation thermique des bâtiments, la priorité donnée à des objectifs de moyens, alors qu’il faudrait élaborer des protocoles de mesure du respect d’objectifs de résultats. « Le consommateur final s’attend à ce que les progrès de la réglementation thermique lui assurent une diminution effective et sensible de ses factures d’énergie. » La mission préconise, pour réussir la révolution de la performance énergétique dans les bâtiments, la création d’une « Agence de régulation de la construction et de la rénovation des bâtiments », créée sur le modèle de l’Autorité de régulation des télécommunications (devenue ARCEP[2]), en fusionnant en une autorité administrative indépendante les structures en charge des missions de régulation du secteur du bâtiment au sein de la Direction de l’habitat, de l’urbanisme et de la construction, du Centre scientifique et technique du bâtiment, et de l’Agence de la maîtrise de l’énergie. Cette agence devrait présenter chaque année son rapport d’activité devant l’OPECST.

    La Mission souligne les effets « rebond » : lorsque de nouvelles technologies permettent des gains d’efficacité, ces gains, au lieu de générer une réduction de la consommation d’énergie, peuvent conduire en réalité à son augmentation par divers canaux : une utilisation plus intense, des modes d’utilisation plus variés, et la réaffectation des économies réalisées sur des usages plus intensifs. Ainsi, tous les gains d’efficacité énergétique réalisés sur l’électroménager et l’éclairage depuis 1995 auraient été annulés par l’augmentation de la consommation des TIC (technologies de l’information et de la communication) ; rien que la consommation électrique de l’audiovisuel a augmenté de plus de 78 % en dix ans. Dans le secteur résidentiel, les TIC occupent aujourd’hui le premier poste hors chauffage, consommant 30 % de l’électricité. Le téléchargement sur son ordinateur de la version électronique d’un quotidien consomme autant d’électricité qu’une lessive ; une recherche sur le site Google est équivalente à une heure de lumière dispensée par une ampoule à économie d’énergie. Un chercheur de l’université de Dresde aurait montré que le fonctionnement de l’Internet pourrait, dans vingt-cinq ans, consommer autant d’énergie que l’humanité tout entière aujourd’hui !

    Les énergies renouvelables

    La mission rappelle la nécessité de développer les réseaux en même temps que se développeront les énergies renouvelables intermittentes (4000 km de lignes THT sont prévues d’être tirées en Allemagne, alors que l’opposition des environnementalistes empêchait jusqu’à présent d’en tirer plus d’une centaine de km par an…) : d’après RTE (Réseau de transport d’électricité), il faut près de dix ans pour créer de nouvelles lignes alors que les nouvelles capacités de production peuvent arriver à l’étape du raccordement en trois ou quatre années. En attendant, le nombre d’arrêts forcés d’éoliennes en Allemagne a bondi de 285 en 2009 à 1 085 en 2010, soit une perte de production allant jusqu’à 150 GWh [la consommation annuelle d’une ville de 20 000 habitants], les parcs d’éoliennes étant concentrés dans le nord du pays pour une demande plutôt localisée au sud.

    Par ailleurs, tout n’est pas inépuisable dans les énergies renouvelables : le prix du néodyme, largement présent dans les turbines éoliennes marines, a été multiplié par quatre en 2010, et certaines technologies photovoltaïques de couches minces dépendent de métaux rares tels que l’indium, le sélénium et le gallium.

    Seul le développement de capacité de stockage économique permettrait de dépasser la limite couramment admise d’un taux de 30 % d’électricité d’origine renouvelable dans le réseau. La France dispose déjà d’une capacité d’ajustement cumulée de 5 GW sous forme de stockage par retenue d’eau, en particulier grâce au barrage de Grand’Maison dans l’Isère. EDF a proposé la réalisation en Guadeloupe d’une STEP (station de transfert d’énergie par pompage) qui serait construite en haut de falaise. Les STEP marines pourront constituer une solution pour la stabilisation de l’électricité produite par les parcs d’éoliennes marines [pour autant qu’on pourra créer les réservoirs d’eau suffisants[3]].

    La production d’hydrogène, utilisable pour la méthanation (procédé de production de méthane par un mélange d’hydrogène et de gaz carbonique en présence d’un catalyseur, mis au point par Paul Sabatier, prix Nobel de Chimie en 1912) est étudié en France par un GIE incluant Areva, Rhodia et GDF Suez.

    Les futurs « réseaux intelligents » ne se substitueront pas aux dispositifs de stockage massif d’énergie, mais serviront plutôt à les intégrer, de manière optimisée, au fonctionnement du réseau électrique.

    La réalité du temps énergétique face aux raccourcis politiques

    La mission rappelle les étapes incontournables permettant successivement de transformer un concept scientifique en maquette expérimentale, puis en prototype opérationnel, puis en équipement industriel, puis en noyau de système industriel, avant de le transformer en vecteur d’une véritable filière économique.

    Si l’on examine les quatre « grappes de technologies » en phase de développement aujourd’hui, à savoir les énergies renouvelables, les réacteurs de troisième génération, les technologies de stockage d’énergie et les réacteurs de quatrième génération, ils se dédoublent en deux groupes sur deux positions différentes le long du processus de maturation : le stockage d’énergie et la quatrième génération d’énergie nucléaire en sont au stade préliminaire de l’élaboration de la maquette expérimentale, tandis que les technologies éoliennes et photovoltaïques, mais aussi les énergies marines, tout comme les réacteurs de troisième génération en sont, peu ou prou, au stade de la mise en oeuvre d’un équipement industriel qui n’en est pas encore à bénéficier des économies d’échelle et de dimension.

    A partir de là, en faisant l’hypothèse qu’un cycle de maturation dure une cinquantaine d’années, il est possible de dessiner à grands traits un calendrier « raisonné » de déploiement de ces grappes technologiques.

    Avec un taux de charge moyen de 20 %, une capacité éolienne de 50 GW s’appuyant sur un système de stockage d’énergie pourra alors se substituer à une production de 10 GW en base, soit à peu près l’équivalent de 10 à 15 % de la production totale d’aujourd’hui.

    On peut donc concevoir qu’à l’horizon 2050, pourvu que les technologies de stockage intersaisonnier d’énergie soient effectivement disponibles, la part de production nucléaire dans l’électricité puisse être abaissée vers 50 à 60 % de la production totale actuelle. Cet abaissement s’obtiendrait par le remplacement en fin de vie des centrales nucléaires au rythme d’un réacteur sur deux, au bénéfice exclusif de la technologie de troisième génération ; on fait l’hypothèse que l’arrivée en fin de vie, qui relève de la décision de l’Autorité de sûreté nucléaire, serait prononcée en moyenne au moment de la cinquième visite décennale (à 50 ans).

    Le déclassement progressif, après 60 ans d’exploitation, des centrales nucléaires de troisième génération, donnerait lieu à une possibilité équivalente de substitution soit par des centrales de quatrième génération, soit par des équipements exploitant les énergies renouvelables en liaison avec des capacités de stockage d’énergie.

    A cette échéance, ces deux types de technologie devraient être industriellement viables, c’est à dire en mesure, sans aucune subvention, de tenir le prix en vigueur sur le marché de l’électricité; et elles seraient équivalentes du quadruple point de vue de l’offre ajustée en électricité, de l’indépendance énergétique, de la neutralité climatique, et de « l’empreinte économique », en désignant ainsi l’apport en termes d’emplois localisés sur le territoire national.

    En considérant que l’énergie hydroélectrique et l’énergie thermique tirées des déchets et de la biomasse contribueront à l’assise du système électrique français pour une part qui pourrait atteindre au total 15 % de la production totale actuelle à partir de 2050, on voit qu’une composante nucléaire du bouquet électrique ramenée à 25 ou 30 % suffira pour donner à cette assise une ampleur suffisante d’au moins 40 % de la production totale actuelle. Cela laisserait une part de plus de la moitié pour les énergies renouvelables les plus productives (énergies éolienne et photovoltaïque), pour autant que leur démultiplication bénéficie de l’assentiment social dans les zones concernées, et que leur implantation soit couplée avec une gestion du stockage de l’énergie compensant complètement leur intermittence.

    Conclusion : se méfier de « l’effet de ciseau »

    Toute démarche de substitution qui prétendrait être plus volontariste prendrait le risque de l’incohérence climatique (CO2) et de l’impasse économique : C’est le prix relativement bas de l’électricité française, héritage de l’investissement historique de notre pays dans l’énergie nucléaire, qui permet de payer depuis 2003 la «Contribution du service public de l’électricité » (CSPE), de manière relativement indolore. Si la base de production nucléaire en vient à être brusquement réduite sans attendre la maturation des solutions de substitution, comme toute autre source d’électricité non hydraulique est plus chère, le prix final de l’électricité s’élèvera mécaniquement, réduisant d’autant la marge de revenu du client final pouvant faire l’objet d’un prélèvement. La ressource pour soutenir le déploiement des énergies renouvelables se tarira donc au moment même où ce déploiement aura au contraire besoin d’être accéléré pour compenser le déficit d’électricité provoqué par l’arrêt a priori des centrales nucléaires !

    Un tel arrêt précipité enclencherait donc un cercle vicieux qui contrarierait l’objectif d’accroître la place des énergies renouvelables; il conduirait en outre à une détérioration du bilan en CO2 via un recours contraint à un supplément d’énergies fossiles. C’est là l’illustration d’un « effet de ciseau » : une trajectoire trop directe pour obtenir des bénéfices va activer d’elle-même des facteurs antagonistes accroissant à rebours des charges et des contraintes au point d’annihiler les gains souhaités.

    Il serait irresponsable d’estropier notre pays en le lançant dans le vide pour s’éviter d’attendre les deux ou trois décennies indispensables à la mise au point d’innovations suffisamment robustes.

    (schéma de f’effet de ciseau : voir le site source)

    ANNEXE 1 : EXPLOITATION DU LIGNITE EN ALLEMAGNE

    « Des excavateurs à godets gigantesques, longs de plus de deux cents mètres et hauts de près de cent mètres, pesant plus de treize mille tonnes, peuvent chacun déplacer, en une seule journée, deux cent mille tonnes de minerai, acheminé sur des convoyeurs, puis un réseau ferré dédié, jusqu’aux centrales électriques. Rien ne semble devoir s’opposer à l’activité d’excavation de ces titans, pas même les villages ou les routes situés sur leur chemin, déplacés avant leur passage pour être reconstruits, quasi à l’identique, un peu plus loin, alors que le reboisement permanent permet de recréer le paysage en quelques années. » (p. 82 du rapport)

    ANNEXE 2 : AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES 3 SCÉNARIOS ÉTUDIÉS

    1 – SORTIE DU NUCLÉAIRE : [une solution ruineuse pour notre économie]

    – Aggravation du déficit commercial de 25 milliards d’euros pour un déficit actuel de 50 milliards d’euros

    – 400 000 emplois directs et indirects de la filière nucléaire

    – Faillite et délocalisation des entreprises victimes de l’électricité chère

    – L’émission CO2 du kWh passe de 90 grammes à 210 grammes

    Coût d’ajustement :

    – Démantèlement des 59 réacteurs et des installations aval et amont de la filière : des dizaines de milliards d’euros.

    – Création d’une capacité de 63 GW de production à flamme : 60 milliards d’euros

    – Installation d’une capacité en énergies renouvelables de 30 % du parc des centrales à gaz

    (10 milliards d’euros pour 3 GW) : 150 milliards d’euros

    2 – MAINTIEN DU PARC ACTUEL : [une solution risquée en termes d’acceptation]

    – Maintien d’un prix bas et stable de l’électricité.

    – Consolidation de la sûreté par des centrales de troisième génération.

    – La filière de gestion des déchets poursuit les recherches sur la transmutation.

    – Les réacteurs de quatrième génération sont déployés à partir du milieu du siècle.

    Mais le parc nucléaire est exposé au syndrome japonais : toutes les centrales nucléaires sont arrêtées si un accident survient, ce qui ramène au scénario précédent.

    3 – DURÉE DE VIE À 50 ANS ET RENOUVELLEMENT PARTIEL DU PARC

    – Le remplacement d’un réacteur sur deux en fin de vie (50 ans, sous réserve de l’avis de l’ASN) par des EPR ramène la part électronucléaire de la production d’électricité à moins de 2/3 de la production totale actuelle vers 2036 (ce qui suppose la construction à cette date d’une vingtaine d’EPR).

    – Le remplacement des deux derniers réacteurs de deuxième génération (Civaux) en 2052 ramène cette part à près de la moitié de la production électrique totale actuelle avec un parc d’une trentaine d’EPR.

    Le scénario laisse un délai pour faire émerger des solutions alternatives :

    – Développement de la sobriété énergétique (bâtiments passifs)

    – Déploiement à grande échelle des solutions de stockage d’énergie

    – Utilisation à plein du potentiel des « réseaux intelligents »

    Le scénario permet le maintien de l’atout industriel français dans la filière :

    – Renforcement de la sûreté grâce au remplacement par des EPR

    – Conservation de la compétence d’ingénierie grâce aux constructions

    – Poursuite des recherches intéressant la transmutation des déchets

    – Déploiement des premiers réacteurs de quatrième génération vers 2050

    [1] Parmi les députés : Yves COCHET pour EELV, François GOULARD, Jean-Yves LE DEAUT ; parmi les sénateurs : Chantal JOUANNO.

    [2] Autorité de régulation des communications électroniques et des postes

    [3] Une STEP a un rendement de 82% ; pour produire 50 MWh, il faut faire chuter de 90 m un million de tonnes d’eau, soit une capacité d’un km de côté sur 1 m de profondeur.

    NB personnel (Cassandre) : ce rapport ne prend pas en compte les effets de la fin du « plateau pétrolier » en cours, qui pourrait avoir lieu vers 2020 et provoquer une ruée sur l’électricité. Lire p.ex. ‘Energies : une pénurie au secours du climat ? » d’Adolphe Nicolas (Belin) et voir les sites de l’ASPO (http://aspofrance.org/) ou http://www.theoildrum.com/.

    1. Surtout ne pas prendre ce que disent nos Parlementaires pour argent comptant ! Il y a beaucoup de contre vérités dans ce rapport (400 000 emplois détruits ??? ) Celui qui a tenu la plume, c’est Bataille, un député bien connu pour ses opinions pro-nucléaires. Le tout complaisamment relayé par l’association Sauvons le Climat dont la composition du Conseil d’administration et du Comité Scientifique nous dit tout de suite de quel côté il penche.
      Une chose m’apparait sûre, les pro-nucléaires ne savent pas très bien comment remonter le courant, il font feu de tout bois, c’est amusant quelque part.

      1. Procès d’intention, amalgame, délit de sale gueule, anti-parlementarisme primaire : degré zéro de la réflexion.

    2. Pure propagande pro-nucléaire. 2 exemples:

      – 400 000 emplois directs et indirects de la filière nucléaire
      – Faillite et délocalisation des entreprises victimes de l’électricité chère

      Le démantèlement des centrales occupera le personnel actuel pendant des dizaines d’années, jusqu’à la retraite. Après, d’autres emplois seront crées dans les énergies se substituant au nucléaire.
      En Allemagne, l’électricité et plus chère, et leur industrie se porte bien.

    1. Cupidité toujours, les charognards ne font pas mieux.

      Le groupe Areva ne fera donc aucun commentaire, si plus grand bénéfice de choses en retour. Et oui si plus grand nombre de charognards alors forcément meilleure énergie pour le monde.

      Sans doute avec la même ambition commerciale et mondiale que d’autres, pouvoir toujours gagner un peu plus de parts de marché, et oui le monde n’est vraiment pas prêt de passer à quelque chose d’un peu plus soucieux de la santé humaine. La bonne énergie moins coûteuse, tu parles ils font bien croire tout ce qu’ils veulent dans leurs premiers intérêts marchands et commerciaux sur toute la terre.

      Quel grand savoir faire, c’est comment dire toujours très merveilleux à voir l’atome, c’est fou de vouloir autant s’aveugler commercialement sur terre. C’est même aller carrément à l’encontre du simple bon sens. A les entendre ce serait même Fukushima la plus bénite du ciel, ils prennent bien les gens pour des cons je trouve !

      Avec certainement des modifications de réglement qui ne vous feront pas mieux savoir ce que vous mangez en réalité dans votre assiette, à longueur de temps et de vie. La très bonne hygiène sanitaire du monde aussi bien dans les premiers bidonvilles du globe, mouches et autres petits insectes de plus contaminés, ne parlons pas plus des rats.

      Oui c’est à se demander parfois s’ils n’oeuvrent pas plus pour une meilleure solution finale.

  23. « Objet : Modification du règlement d’exécution (UE) N° 961/2011 du 27 septembre 2011 imposant des conditions particulières à l’importation de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux originaires ou en provenance du Japon à la suite de l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima et abrogeant le règlement (UE) n° 297/2011

    Le règlement (UE) n° 297/2011 avait été modifié à plusieurs reprises en peu de temps. Il avait donc été remplacé par un nouveau règlement, le règlement d’exécution (UE) N° 961/2011 du 27 septembre 2011. Ce nouveau texte n’avait pas modifié le dispositif précédemment déployé.

    Le règlement d’exécution (UE) N° 1371/2011 du 21 décembre 2011 (voir PJ) vient modifier le règlement N° 961/2011 sur plusieurs points :

    – la préfecture de Nagano est retirée de la liste des préfectures « à risque » pour lesquelles une analyse est obligatoire avant exportation vers l’UE ;

    l’analyse de la présence d’iode-131 n’est plus obligatoire pour les produits originaires de l’une des 11 préfectures « à risque » ;

    – l’obligation de procéder à des contrôles d’identité sur l’ensemble des lots est remplacée par l’obligation de procéder, comme pour le contrôle physique, à des contrôles sur 10% ou 20% des lots, selon que les produits sont originaires ou non des préfectures « à risque ». Le contrôle documentaire reste systématique ;

    – il est admis que les attestations d’origine pour les produits originaires des préfectures autres que les préfectures « à risque » soient signées par un organisme tiers, sous l’autorité et la supervision de l’autorité compétente.

    – le règlement s’applique à partir du 25 décembre 2011 jusqu’au 31 mars 2012. »

    (mise en gras par moi)

    1. Précision (source: extrait « RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) No 1371/2011 DE LA COMMISSION du 21 décembre 2011 modifiant le règlement d’exécution (UE) no 961/2011 imposant des conditions particulières à l’importation de denrées alimentaires et d’aliments pour animaux originaires ou en provenance du Japon à la suite de l’accident survenu dans la centrale nucléaire de Fukushima » )

      « (5) Les résultats des analyses effectuées dans le cadre des
      contrôles à l’importation réalisés par les autorités compé­
      tentes des États membres sont à ce jour très positifs et
      montrent que les mesures de contrôle imposées, concer­
      nant les denrées alimentaires et les aliments pour
      animaux destinés à être exportés vers l’Union euro­
      péenne, sont correctement et efficacement appliquées
      par les autorités japonaises. Par conséquent, il convient
      d’envisager une diminution de la fréquence des contrôles
      à l’importation lors du prochain réexamen des mesures
      adoptées.
      (6) Étant donné que la période radioactive de l’iode-131 est
      courte (8 jours environ) et qu’aucun nouveau rejet de ce
      radionucléide dans l’environnement n’a été signalé récem­
      ment, il n’est plus détecté d’iode-131 dans les denrées
      alimentaires et les aliments pour animaux, ou dans l’envi­
      ronnement. De nouveaux rejets d’iode-131 étant très peu
      probables, il y a lieu de ne plus exiger d’analyses visant à
      détecter la présence de ce radionucléide. » (fin extrait)

      Sauf erreur de ma part, l’iode-131 serait l’élément à la base de cancers de la thyroïde.

      1. @ Bruno,

        Bonjour,

        Les éleveurs utilisant ou pas ces aliments pour animaux devraient donc par variation de mortalité de cheptel pouvoir expérimentalement infirmer ou confirmer la justesse de ce choix…à terme échu de durée de cancer, donc.

        D’une part,
        Faut-il supposer une pression à la baisse des prix desdits aliments pour animaux (nous inclus), redonnant un espace de marge à la filière ? Ceci est un exercice d’expression économique..

        D’autre part,
        La confiance populaire largement stimulée par ces mesures prudentielles extraordinaires peut engendrer une désaffection pour la viande en général, d’élevage dit industriel en particulier, le boomerang de cette logique, à titre double simple.

        Enfin,
        Assis par ces phénomènes, le bio-élevage et maraîchage retrouvent une attractivité subite..et une niche à marge forte car incapable de satisfaire la demande en volume, la dépollution des sols chimiquements cultivés et la chute des cours des géants de la famille de secteurs accompagnant ce mouvement re-structurel ? Autant pour la triplette.

        Le quatrième joli degré, n’est pas contable, il relève de la propriété interdite, de celle que la mort révèle, paraît-il..alors, imaginez le tout seuls ?

      2. @jérôme

        Quand je lis, dans le RÈGLEMENT D’EXÉCUTION (UE) No 1371/2011:

        « …concer­nant les denrées alimentaires et les aliments pour animaux… »,

        j’ai bien l’impression qu’il s’agit: 1) des denrées alimentaires (= pour hommes), et 2) des aliments pour animaux

        Sinon, ce serait redondant.

        Mais rassurez-vous, à la première lecture, j’ai eu la même réaction que vous, je pensais qu’il s’agissait uniquement des aliments pour animaux!

        D’ailleurs, si cette mesure ne concerne que les animaux, cela montrerait qu’il y a un problème, par rapport à ce qui est affirmé. Cela ne peut donc concerner que les hommes ET les animaux. Sinon, cela serait incohérent.

        Cordialement

      3. @ Bruno,

        Bonsoir,

        Oui-da, cher bruno d’où le (nous inclus) par extension…

        La période du C 131 de 8 jours, soit, est une chose, la connaissance actuelle de la transmissibilité éventuellement nocive des autres particules fines, même en quantité n’affolant pas geiger conteur, relevant encore plus de la terra incognita que d’un domaine expressément maîtrisé, amha, non ?

        D’où l’exercice de projection conséquentiel fictif, voilà voilà…de l’échange, du profit, des risques, et des précautions..

    2. C’est bon Bruno, les japonais contrôlent tous leurs lots exportés, jusque là les États européens importateurs se fadaient un contrôle systématique, documentaire et physique, et les résultats etant systématiquement bons et concordants, on se contente désormais d’un contrôle documentaire sur une partie des lots pendant que les japonais continuent leurs contrôles systématiques. Rien à dire, procédure normale, au bout de neuf mois de tatillonnage sans révélations de problèmes, on échantillonne et c’est marre. Faut arrêter là.

      1. Vous savez Vigneron avec un bon dessous de table et une bonne bouteille de vin, je vous ferais même passer Mère Grand en tutu devant vous et cela sans même que vous puissez vous en apercevoir, si si je vous assure, c’est fou vous ne trouvez pas ? C’est bon vigneron, procédure normale tu peux passer, par contre ne vous étonnez pas plus d’avoir des selles un peu plus bizarres au bout de neuf mois, vous savez bien qu’avec l’argent on peut tout acheter maintenant.

        En plus vous savez lire le japonais c’est un peu comme le chinois, alors forcément aux niveaux des importations et des échantillonnages, vaut mieux d’abord enfin je vous fait pas voir le tableau.

      2. … »les Japonais contrôlent tous leurs lots exportés » …ouah…vous pouvez sourcer là ?… parce qu’en interne, les contrôles sont une plaisanterie (du genre : un contrôle ponctuel d’un produit d’un producteur valide toute la commune, et elles sont parfois immenses et compartimentées !). Même si les quantités exportées par le Japon sont faibles, le bât blesse là, on aimerait savoir ce qui motive la confiance des autorités de l’UE vis-à-vis des contrôles nippons.
        Quels contrôles et quelle intensité de contrôle : contrôle du rayonnement, contrôle des radionucléides (Bq/kg), quel nucléide (on ne trouve que ce qu’on cherche), tous les produits, tous les lots, etc. ?
        Il est d’ailleurs faux de dire « neuf mois… sans problème » : il y a eu des contrôles positifs à l’entrée de l’UE (thés de Shizuoka, etc.).
        Sinon, le retrait de la préfecture de Nagano peut à la rigueur s’expliquer, elle est très peu touchée par les dépôts. Quant à l’iode-131, c’est un radionucléide très radioactif mais dont la demi-vie est très courte en effet (8 jours), inutile donc de le rechercher des mois après (même si on en a parfois retrouvé des traces ces mois derniers, ce qui peut faire penser à des reprises de criticité à Fuku). En revanche césium et strontium devraient être systématiquement recherchés, sans baisser la garde.
        Au total, ces modifications des directives européennes ne me paraissent quand même pas particulièrement laxistes… rien à voir, en tout cas, avec le laxisme éhonté qui sévit ici !

      3. Toi comprendre langage des eurocrates ?

        ) Les résultats des analyses effectuées dans le cadre des contrôles à l’importation réalisés par les autorités compétentes des États membres sont à ce jour très positifs et montrent que les mesures de contrôle imposées, concernant les denrées alimentaires et les aliments pour animaux destinés à être exportés vers l’Union européenne, sont correctement et efficacement appliquées par les autorités japonaises. Par conséquent, il convient d’envisager une diminution de la fréquence des contrôles à l’importation lors du prochain réexamen des mesures adoptées.

        Par contre je rectifie volontiers mon jugement un peu léger, j’en conviens : ils contrôlent tous leurs lots exportés à l’exception de certains produits de contrebande et de qualité douteuse provenant principalement d’un certain quartier nord-ouest de la métropole tokyoïde.

      4. Toi pas comprendre vérité derrière lignes ? Toi faire confiance aux eurocrates ? ..toi vieux cep dont on fait les flûtes !
        Toi rien expliquer sur ton « les Japonais (avec un J, purîzu..) CONTROLENT TOUS leurs lots exportés » :
        – c’est quoi « un lot » (un conteneur, une palette, une caisse, un sac, tous les articles du sac, un seul)?
        – c’est quoi « contrôler » (voir ce que j’ai déjà dit plus haut).
        …parmi les « denrées » contrôlées, il y a du thé, du riz, des poissons et autres poulpes ou seiches congelés ou séchés, des fruits séchés (kakis, prunes, mandarines mikan, etc.).
        C’est la bouteille à l’encre (de seiche) : un champ sera nettement contaminé, pas un autre, même un arbre fruitier au confluent de ravines ou rigoles (rigole!) le sera énormément plus qu’un autre ; quant aux poissons, ils se baladent partout et les plus gros reconcentrent les doses (chaîne alimentaire). Alors si toi garantir que CHAQUE boîte de thé, CHAQUE sac de champignons shiitaké ou matsutaké, CHAQUE bestiau, etc. est contrôlé à tout (rayonnements alpha, bêta, gamma ; radionucléides : les 2 césium, le strontium voire le plutonium), moi OK, avaler mon chapeau de paille de riz…
        Balader un Geiger-Müller sur une caisse, c’est une plaisanterie ou un geste pour conjurer le sort.
        (PS/ on dit « TokyoïTe », comme Moscovite, à moins que toi faire exprès).

        Pas plus tard que ces derniers jours :
        – algues radioactives en baie de Tokyo (ça tombe bien, j’aime pas les algues…)
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/radioactive-nori-in-tokyo-bay.html
        – riz de Watari très radioactif :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/radioactive-rice-from-watari-district.html
        – tomates radioactives à Kashiwa (banlieue de Tokyo)
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/radioactive-tomato-in-kashiwa-city.html
        …toutes ces productions continuent d’être autorisées, il suffit de les couper avec d’autres pour faire tomber les taux sous les seuils « officiels » et/ou les réemployer pour faire des crackers de riz, des plaquettes d’algue séchée pour sushis, etc. Encore une fois, comment sont faits les contrôles ? …ça coûte cher et ça prend du temps de contrôler les principaux radionucléides dans la masse de l’aliment… il suffit de quelques particules radio-actives ingérées et bien placées (muscle, os…) pour un bombardement alpha ou bêta durable et catastrophique.

        Si toi faire tes recherches sur l’économie et la finance comme tu rebalances un règlement sybillin pour t’en contenter, toi…homme péremptoire mal barré !

        Toi oser dire encore mes liens, = m….e, mais moi les donner ici POUR TOUS les gens vraiment sérieux du blog :

        contamination au césium jusqu’à l’orée de Tôkyô.
        – contamination par particules radioactives.
        – lait en poudre pour enfants, contaminé.
        contamination par les cantines scolaires… et partout.
        – sur le césium issu de Fukushima…

        Et pour V., le bouquet final : la cirrhose sur le gâteux, en somme :
        http://www.youtube.com/watch?v=TeRutaMSEzI&feature=related
        « As an ODA (Official Development Assistance), the Japanese government is
        planning to purchase products such as canned fish from the devastated area
        and send them to developing countries if they ask for the products. » …c’est-à-dire dans des pays qui n’ont sûrement pas les mêmes procédures aussi « drastiques » (?) que l’UE (si on en croit V.).

      5. Pour le confort des lecteurs :
        http://www.youtube.com/watch?v=NLMufDf-rC0&feature=related
        …c’est le départ de la précédente vidéo. On y voit un groupe de citoyens japonais demander instamment à l’administration japonaise de ne pas envoyer – au titre de l’aide publique (ODA) – de produits issus de l’agriculture des régions dévastées, comme le projet en a été (incroyablement !) lancé pour soutenir les agriculteurs desdites zones :
        http://www.youtube.com/watch?v=EUtBrUuY3Ng&feature=related

        …ce sera décidément la caractéristique des années à venir : dans un tel océan de corruption, d’immoralisme et d’exploitation par les Etats et les administrations censés être au service des citoyens (mot éteint) desquels ils sont censés être l’émanation, il ne peut y avoir de riposte à cette déchéance gigantesque de l’humanité que par l’entraide et l’organisation de ces gens « d’en-bas » (merci Raffarien), idéalistes, mignons, non-spécialistes, isolés.
        Cela prendra du temps ; la course de vitesse est engagée avec ce processus de perversion du monde par les « responsables qui savent »…

        En attendant, voici où en sont réduits les « citoyens » japonais (et les « gaijins » comme moi) :
        http://www.youtube.com/watch?v=dUvXIT_AKt4&feature=related

      6. C’est bon Bruno, les japonais contrôlent tous leurs lots exportés

        … nous narrait l’inénarrable Vigneron, qui a son avis définitif sur tout, et qu’il impose à tout contradicteur par l’attaque ad personam !
        * sur le crédit à accorder, d’une manière générale, aux autorités japonaises :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/canadian-medical-association-journal.html
        * sur la qualité des contrôles effectués au Japon :
        http://www.gen4.fr/blog/2011/12/informations-du-japon-2512.html (« tout le poids de ces contrôles reposera sur les épaules déjà fragiles des autorités municipales et préfectorales Japonaises »)
        …si d’un côté, le gouvernement japonais impose (enfin !) des seuils plus sévères, de l’autre, il se défausse de ces contrôles sur les autorités locales, qui n’ont ni les moyens, ni même l’envie de les appliquer. Au fond, peu importe le niveau des seuils (ça, c’est pour épater la galerie internationale et européenne, en particulier), la réalité est que les contrôles sont épars géographiquement, discontinus dans le temps, jamais systématiques (sur un même producteur, sur la chaîne de conditionnement du produit, etc.).

        Exemple de la qualité d’un contrôle : http://ex-skf.blogspot.com/2011/04/radiation-in-japan-government-notice-to.html

        Exemples sur le thé (on pourrait prendre d’autres produits, ce serait pareil : algues, viande, etc.) :
        – collation d’articles : http://ex-skf.blogspot.com/search/label/radioactive%20tea
        – parmi eux, parcourir au moins les suivants, c’est édifiant :
        * une autorité « locale » (gouverneur de préfecture quand même !) va contre la démarche de transparence d’un producteur :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/06/radioactive-tea-shizuoka-government.html
        * politique de dilution :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/10/dilute-and-sell-radioactive-tea-blended.html
        * produit « sûr » s’il reste en-dessous des normes :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/10/radiation-in-japan-shizuoka-tea.html
        * promotion à l’étranger de thé contaminé au césium :
        http://ex-skf.blogspot.com/2011/12/shizuoka-prefecture-goes-to-new-york.html

        Ces « contrôles » donneront donc immanquablement lieu à de nouveaux scandales (comme la viande de boeuf contaminée consommée dans les cantines scolaires en avril-mai derniers).
        In fine, l’UE semble se défausser de ces contrôles sur la première et unique ligne de défense : le niveau contrôle local, dont on voit combien il est sûr !

      7. Les « contrôles » donneront donc immanquablement lieu à de nouveaux scandales(comme la viande de boeuf contaminée consommée dans les cantines scolaires en avril-mai derniers).

        Eh bé ouais bien sûr, il est bien évident que, pour ne pas déranger le gvt japonais, les agriculteurs et pêcheurs nippons, Areva, le lobby des importateurs européens des misérables 200 millions d’euros de produits alimentaires agricoles ou marins japonais, comme pour conserver religieusement – et à tout prix sanitaire – le cadre Euratom plutôt que le cadre de l’OMS ou FAO quant aux normes visant la contamination par radionucléides, les commissaires européens signataires vont tranquillement prendre le risque de nouveaux scandales alimentaires et donc de se voir personnellement impliqués du seul fait de leur laxisme « irresponsable et coupable ». Ça crève les yeux, ce sont assurément de dangereux criminels assurés en hauts lieux d’éternelle impunité. C’est évident, cher tokyoïde (je réserve le t aux tokyoïtes-non Canada-dry).

  24. Moi cela me rappelle la tempête de 1999 en France Il y a eu une centrale nucléaire qui a eu d’énorme problème.La centrale du Blayais a une heure prés nous auront connu les même conséquence que Fukushima

  25. Govt likely to take over TEPCO / Liability fund would hold stock majority

    The Yomiuri Shimbun

    The government will likely bring Tokyo Electric Power Co. under state control as part of a 2 trillion yen plan that involves using the Nuclear Damage Liability Facilitation Fund to obtain more than two-thirds of the utility’s stock, according to an informed source.

    The state-backed compensation funding body will provide 1 trillion yen and the government will ask TEPCO’s main private banks to finance another 1 trillion yen.

    TEPCO has begun studying the proposal and has responded positively so far, the same source said.

    La suite ici http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T111221006388.htm

  26. Apparement, le bâtiment 4 de la centrale penche beaucoup et « ressemble de plus en plus à la tour de Pise ». S’il s’écroule …
    Mais même sans ça, la situation n’est pas joli joli, parce que :
    Si on compte l’argent nécessaire 1) pour le démentellement de la centrale, 2) pour la décontamination, 3) pour l’indemnisation des victimes et leur relogement, 4) pour les soins médicaux des personnes contaminés, …) ça va coûter vraiment cher.
    Et si en plus de ça une partie des revenus du Japon se cassent la figure (contamination des produits japonais = baisse des exportations, activités maritimes presque réduites à nénant à cause des rejets en mer, ect …).
    Bref : Est-ce que les frais dûs à cette catastrophe mis bout à bout ne pourraient pas provoquer la faillite du Japon sachant que le pays est déjà endetté aux alentours de 200% ?
    Et si le pays fait faillite, est-ce que les opérations de décontamination ne seront pas diminuées voire abandonnées (la morale pour certains dirigeants, c’est pas leur truc), surtout si les pays de l’ouest font faillite aussi (la crise actuelle) et ne peuvent pas aider ?

    Sinon, un excellent site (en anglais) entièrement consacré à la catastrophe de Fukushima et mis à jour quotidiennement : http://www.enenews.com (Energie News).

    1. Pierre, je ne dirai pas que le site enenews est excellent : il collationne le pire et le meilleur (le ragot et le fait prouvé). Mais il donne les sources ; on peut (on doit) donc se faire une idée par soi-même.
      Le site « ex-SKF » me paraît meilleur, tenu par un Japonais parfaitement bilingue, qui développe une argumentation et recoupe ses informations :
      http://ex-skf.blogspot.com/ (son blog en anglais)
      http://ex-skf-jp.blogspot.com/ (son blog en japonais, qui n’est d’ailleurs pas équivalent au premier, développant mieux ou alors résumant les nouvelles du premier, en fonction des attentes du public japonais)

      …sinon, pour la faillite du Japon, ce n’est pas encore à l’ordre du jour ;-). Le Japon reste, à tous points de vue, collé à la Chine salvatrice ; il est et sera longtemps la 3e puissance mondiale, et reste leader sur de nombreux secteurs (automobile, robotique, écrans plats, etc.).
      A long terme, ce genre de catastrophe est une saignée qui permet à un pays de rebondir plusieurs mois ou années plus tard (effet Kobé 95). Mais je reconnais que la reconstruction se fait lentement, cette fois, que l’accident nucléaire en lui-même est plutôt du type cancer que saignée, et que le personnel politique est absolument au-dessous de tout, comme jamais dans l’histoire récente du Japon !

      1. Merci pour les infos et pour le blog Nerima, je ne le connaissais pas.
        Sinon, je ne dis pas que le Japon ferait faillite maintenant, surtout que la dette du Japon est en quelque sorte détenue par les japonais mais ce pays exporte beaucoup et notamment des véhicules, des produits haut de gamme, de la robotique, de l’électronique, … et c’est aussi un pays de pêche, …
        Et à moins que Fukushima soit déjà sous contrôle, la contamination ne peut que s’étendre. Et si beaucoup de caragaisons japonaises sont refusées par des pays étrangers, les compagnies japonaises vont perdre pas mal d’argent et surtout la confiance de leurs acheteurs ce qui pourrait les pousser à la faillite ou au mieux à délocaliser leur production ce qui enfoncerait l’économie japonaise déjà très endettée.
        Dans le même temps, l’argent nécessaire à cause de la catastrophe va coûter très cher.
        Donc baisse des revenus à venir pour le Japon + augmentation importante des coûts (décontamination, indemnisation, soins, …) dans une économie déjà très endettée … Je parlais d’une faillite au bout de quelques années, pas cette année ou dans 6 mois.

        Quand à l’aide de la Chine au Japon, Larry Lang (Xianping), un professeur de finances à l’université d’Hong Kong a récemment fait une conférence où il déclarait que « toutes les provinces chinoises étaient dans le même état que la Grèce ». Si c’est le cas, il faudra déjà que les chinois s’aident eux-même avant de pouvoir aider qui que ce soit.

        Et pout les politiciens japonais, c’est juste des politiciens de carrières comme preque tout ceux qu’on a en Europe, … Il ne faut pas oublier qu’Areva (entreprise contrôlée par l’Etat français) voulait vendre du MOX aux japonais après la catastrophe.

  27. On peut aussi en déduire que le Japon, déjà très avancé en robotique (assistance à domicile aux personnes âgées, vastes usines qui n’emploient plus qu’une douzaine de personnes, etc.) va encore progresser en la matière.

    On nous annonce ici ou là que bientôt, la totalité des automobiles de la planète sera fabriquée par moins de 100 000 ouvriers.

    La crise actuelle impose donc également de revoir en profondeur l’organisation du travail et la distribution des fruits de l’activité.

    1. Cassandre, vous insinuez, il me semble, un faux dilemme comme si vous-vous vautriez dans la pensée unique du « tout nucléaire ». Le charbon ne sera qu’une des solutions de transition vers les énergies renouvelables, pour sortir du nucléaire. Le nucléaire quant à lui, est une roulette russe, un pari sur le risque, profitable à un petit nombre de joueurs par l’endettement financier et écologique qu’il impose aux générations futures.
      Il n’y a de durable, dans le nucléaire, que les déchets qu’il produit.
      http://www.energies-renouvelable.com/nouvelle/dossier,fournisseur,electricite.html

      Joyeux Noel à tous!

      1. Quand le climat deviendra vraiment méchant, vous verrez que c’était un vrai dilemme. Mieux vaut jouer à la roulette russe et n’avoir qu’une chance sur six de perdre que de jouer au plus con avec le climat avec 99% de chances de tuer les 2/3 des habitants de la planète.

  28. @ Cassandre.
    Marrant comme les nucleaucrates sont devenus soudainement très conscients de la défense de la planète en ce qui concerne les gaz de serre; et oublient les dangers,pour cette même planète,des radiations des produits de fission.
    La roulette Russe? Ah oui vous voulez dire Tchernobyl!
    1/6 pour 56 réacteurs en France? Allons, disons 56/1

    1. Cela ne me dérange pas qu’on stigmatise les dangers du nucléaire. Ce qui m’indigne, c’est qu’on s’en serve pour jeter un voile pudique sur les dangers des autres énergies, ce qui permet de continuer à brûler du fossile en toute bonne conscience, et de garder ainsi le mode de vie auquel on est habitué.

      Alors, pour ne pas risquer quelques Bq à côté de chez soi, on préfère sacrifier des millions – pour l’instant – d’habitants du tiers-monde. Ce n’est pas de l’écologie, c’est de l’égoisme crasse.

      1. Cassandre, 8 % du territoire du Japon (pays surpeuplé, qui ne produit que 37% de son alimentation) est gravement contaminé au césium ; ce ne sont pas « quelques Becquerels »…
        Mais, sur le fond, je suis d’accord : il ne faut pas relancer les énergies fossiles (le pétrole, de toute façon, se raréfie) mais changer de civilisation : plus de conservation, moins de consommation (une consommation plus efficiente) et, on n’y coupera pas, une frugalité « raisonnable » (ça commence tout de suite par la prise de conscience individuelle et l’éducation).

      2. 30.000.000.000.000.000 de Bq , c’est selon Arnie Gundersen le nombre de désintégrations de radionucléides par seconde, dans le pacifique, suite aux déversements et fuites radioactives de la seule centrale de Fukushima Daiichi en 2011, sans compter la contamination de l’air et du sol.

      3. Et alors ? Cela fait combien par litre d’océan, et combien par rapport à la radioactivité naturelle ? Quant aux sols, c’est dommage mais ça reste local et ça ne sera pas éternel, et les habitants ont probablement été évacués à temps. Encore une fois, comparez au charbon sur les mêmes critères.

      4. Sourire très jaune…

        J’imagine une explication logique à l’inertie constatée à Durban : les gros pollueurs travaillent en secret au « plan B » : l’injection d’aérosols sulfatés dans la stratosphère pour réduire l’énergie solaire reçue au sol, en imitant les volcans. Mais je crains de leur attribuer là une capacité d’anticipation excessive.

      5. Les quantités requises pour baisser d’un degré la moyenne mondiale sont trop faibles pour poser un problème de pluies acides. Les inquiétudes concernent surtout l’effet (inconnu) sur l’ozone stratosphérique.

      6. Les habitants n’ont PAS été évacués à temps, et quand ils l’ont été, ils l’ont été sur des zones parfois autant contaminées ! …enfin, un million de personnes vivent dans des zones à forte radio-activité (jusqu’à 20 miS/an).

  29. Analyse intéressante (Reiichido , un commentaire ?) de IEEE Spectrum sur le discours en faveur de l’expertise scientifique de Socolow, et en face sur l’expertise des gens.

    Expert vs public Risk Assessment

    Le chroniqueur d’IEEE Spectrum met assez bien le débat en valeur, s’agissant d’un milieu initialement technophile.
    On retrouve grosso modo les chiffres de PJ, à des facteurs 2 à 5 près, sur le nombre de fusion de réacteur par année-réacteur (environ 1/1300 actuellement semble-t-il puisqu’il y aurait eu 11 fusions, vs une prévision entre 1/2000 et 1/10000 par le « calcul » (calcule qui croit, en vérité, parler de la réalité, hum) -:)

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