LE PLAN DE « SAUVETAGE » DE L’EUROPE ET DU FMI EN VUE D’« AIDER » LA GRÈCE, par la Taupe Rouge

Billet invité. Il m’arrive de préciser que je ne suis pas entièrement d’accord avec la teneur d’un « billet invité », c’est le cas de celui-ci. Il me paraît cependant important que les thèses défendues dans ce texte fassent ici l’objet d’un débat.

Le plan de « sauvetage » (c’est à dire de destruction, prédation, chaos…) de l’Europe et du FMI, en vue « d’aider » (c’est à dire de « dépecer ») la Grèce !

La Grèce, avec un gouvernement d’Union Nationale, refuse la proposition allemande d’un commissaire européen à la Grèce, et la présence à Athènes de Bailleurs de fonds (l’argent qui arriverait à Athènes serait immédiatement géré par des fonctionnaires européens qui en organiseraient le retour vers… les banques européennes…)

C’est à dire une mise sous tutelle ! Ce n’est pas nouveau dans l’histoire grecque.

La confusion est totale quand c’est l’extrême-droite ultra-capitaliste, mais rêvant d’un retour à un « capitalisme national », qui se refait une virginité en quittant ce gouvernement couvert d’opprobre.

Une volonté est affirmée par la Troïka (Bruxelles, BCE, FMI) de diminuer les salaires du privé pour payer une dette qui ne fait que s’accroître mécaniquement du fait des intérêts à payer et de la récession qui s’installe.

La dernière solution : vendre le pays par morceaux. La fonction imposée à l’Etat grec comme à tous les Etats européens par la suite, sera d’offrir aux milliards d’actifs fictifs des contreparties possédant une réelle valeur : le patrimoine public des peuples, le patrimoine privé par saisie (les maisons des couches moyennes déclassées) ou par concentration (faillites des artisans, des paysans, des PME, d’entreprises diverses y compris financières).

Les libéraux « privatisaient » pour plus d’efficacité dans la gestion, maintenant ils privatisent pour capter la rente. Soigner la crise du capitalisme par plus de capitalisme dans sa vision mondialiste (néo-libérale et social-démocrate, à quelques nuances près) ou nationaliste.

La seule solution en réalité, c’est le moratoire immédiat sur le paiement de la dette, suivi d’un audit citoyen pour mettre sur la place publique ses élément dissimulés, identifier les responsabilités,  répudier sa partie odieuse, non sans « exproprier » ce qui restera des banquiers.

Le premier plan d’avril 2010 était de 80 milliards d’euros ; le second, décidé en octobre 2011 est de 130 mds, mais au profit des banques européennes…

« Le patient est déjà presque mort, il faut le tuer et lui prendre tous ses biens ! » Ainsi s’exprime Varoufakis un économiste de l’Université d’Athènes. Cela s’appelle « sauver le malade ».

Les créanciers privés effaceraient 100 mds de dettes et renonceraient à 70 % de leurs créances (dans des mécanismes d’une infinie complexité et d’une totale opacité). Les créanciers privés s’opposent à l’effacement de leurs créances si la BCE ne couvre pas la perte. En effet la BCE qui a racheté des créances grecques à bas prix pour 35 et 55 mds d’euros (70% de leur valeur) pourrait, si la Grèce finit par payer sa dette, faire un gros bénéfice (mais le fait de racheter une créance à bas prix n’efface pas le montant de la créance). Aux dernières nouvelles, la BCE cèderait ces créances aux créanciers actuels… Les fructueuses affaires sur les créances continuent !

La « Kondition », pour la Troïka c’est de mettre le salaire minimum à 480 euros net mensuel, de négocier « hors conventions collectives », de couper un peu dans le budget de la défense et beaucoup dans celui de la santé, de supprimer 150 000 emplois dans la fonction publique y compris par le recours au licenciement, etc. 

Tout cela pour rendre la Grèce plus compétitive !

A longueur de discours le FMI explique que la baisse du salaire minimum doit renforcer la compétitivité. Même l’archevêque d’Athènes a mis en garde… (Le FMI est-il en train de donner une leçon de marxisme sur le rôle des très bas salaires dans l’extorsion de plus-value ?)

Le coût horaire de la main d’œuvre dans l’industrie, selon Natixis (le Monde du 8-2), est de 25,43 Euros en Italie, 33,10 en Allemagne (sans salaire minimum et une pléthore de précaires), 21,70 en Espagne, 16,6 en Grèce, 10,3 au Portugal …

Lors du dernier vote du parlement grec dimanche dernier, il ne s’agissait nullement de faire payer des impôts à ceux qui n’en payent jamais, comme les armateurs, l’église, les grands propriétaires et certaines professions libérales ; ni de réduire drastiquement les dépenses militaires si utiles aux groupes allemands et français…)

Il y a aussi, dit la Troïka, trop de petits commerces, de petites entreprises, de petits agriculteurs … (trop de petites gens ! Tout cela n’est pas assez capitaliste…)

Il ne suffit plus de signer un accord, de faire voter un parlement croupion, de remanier le gouvernement, après la démission des 4 ministres d’extrême droite et de deux secrétaires d’Etat du Pasok, il faut des engagements san fin …

Malgré un mouvement de nature insurrectionnelle à Athènes, le parlement grec a évité dimanche d’être investi par les manifestants grâce à une armée de policiers débordés mais grâce surtout au service d’ordre du parti communiste grec.

Le tropisme sur « la finance » et sur les « banksters » fait consensus de l’extrême-droite fasciste à l’extrême gauche, au grand bénéfice des « libertariens » avec leur novlangue qui a appris à parler « libertaire », surfant sur une mode individualiste et de culte de la « liberté » formelle.

« Il n’ y a pas pire prison que celle qui donne l’illusion de la liberté » disait Goethe.

Les libertariens sont partout sur Internet… pour défendre l’oligarchie en lui proposant une nouvelle forme fascisante, à basse pression, pour sauver le capitalisme à l’agonie, sans le folklore des bottes, des drapeaux et des casquettes.

C’est une diversion fort utile, qui empêche de bien comprendre la crise du capitalisme, c’est fait pour cela, l’arbre qui cache la forêt !

Ceux qui évoquent dans les discussions du dimanche la « crise systémique du capitalisme » préfèrent limiter la critique de la crise au niveau de ses effets, ses conséquences, plutôt que de remonter à ses causes, c’est plus vendeur.

Pourtant, cette crise doit s’analyser d’abord à partir de ses racines, (la finance, ce ne sont que les branches) dans la réalité du processus de production car c’est aussi une crise classique de sur-production malgré l’intoxication effrénée au consumérisme.

Il fallait construire l’Europe des marchands pour offrir un nouveau marché aux multinationales européennes et faire rentrer à tout prix la petite production dans la sphère marchande capitaliste, y compris par un endettement excessif, et par exemple en Grèce.

Une sorte de réplique du « plan Marshall ».

Mais les « trente glorieuses », ont « prospéré » sur les ruines fumantes de la destruction massive de capital et de marchandises opérée lors de la deuxième guerre mondiale. C’est la guerre qui a permis la croissance conjointe du taux de profit et de la productivité du travail et qui a donné l’illusion d’un capitalisme parvenu à résoudre finalement, ses contradictions.

Cette période s’est terminée dans les années 70, la chute de la productivité du travail, la baisse du taux de profit, la sur-accumulation du capital, n’ont été que partiellement compensées par le pillage des ressources naturelles, la mondialisation et le recours à l’endettement massif, privé d’abord et public ensuite.

Parler de la crise « systémique » du capitalisme, c’est montrer l’impasse d’un régime d’accumulation financière qui a cru pouvoir se développer indéfiniment hors de la production. Le néo-libéralisme financier c’est la tentative de compenser par la spéculation ou par l’endettement la difficulté de faire produire de la vraie valeur par le travail et de « réaliser » cette « valeur » ensuite en nouveau capital augmenté de plus value. Les Etats se sont placés sous cette tutelle là.

Le capitalisme a cru pouvoir reculer les limites de la suraccumulation par l’accroissement illimité de la circulation du « capital fictif ». Ce dernier a bien rempli sa mission durant un temps mais au prix d’une instabilité croissante, les bulles ne se résorbant que dans la création de nouvelles bulles, plus grandes, preuves de l’intense activité spéculative. Cette « prospérité » aussi considérable que rapide fait penser que la financiarisation a fait que les capitalistes ont pris, durant des années, l’ombre pour la proie… Seule l’ombre est encore vivante !

Bien sûr, il y a une relation dialectique entre la « surproduction » et l’absence de « demande solvable » mais le capitalisme se heurte sur ce point à la falaise de ses contradictions. L’accaparement d’une plus grande part des profits par le capital au détriment du travail génère une demande insolvable qui n’est que partiellement résolue par l’endettement privé et public.

Cette impasse pour l’accumulation capitaliste est grave, contrairement à 1945, il n’y a pas de nouveaux territoires pour l’expansion, il n’ y a pas de nouveaux secteurs à concentrer et à faire rentrer dans la production marchande, il n’ y a plus d’énergie bon marché… Plus grave encore, la barrière des ressources naturelles se dresse inexorablement devant elle.

Parler de retour à la croissance et au plein emploi dans cette configuration historique du capitalisme est une illusion, la porter sans remettre en cause le cadre institutionnel du capitalisme est dangereux.

L’objectif, pour la classe dominante,  est de ramener le capital par les « chocs » et par la force à un point où, sans se suicider, il est à même d’employer de nouveau pleinement sa capacité productive.

L’opération est délicate, il y a urgence de gagner du temps, de préparer les esprits à l’inéluctabilité des solutions capitalistes à la crise. Le capitalisme du consentement est mort, Papandréou « l’a tuer ».

La dévalorisation massive du capital va être très pénible y compris pour beaucoup de capitalistes, il n’est plus temps d’envisager un simple « hair-cut », c’est des têtes qui vont tomber à l’échelle de la planète. Une euthanasie massive des rentiers comme l’anticipait Keynes lui-même, mais à une autre échelle, en bon libéral.

Pour la résolution de la précédente crise de cette ampleur, faut-il en remercier M. Keynes ou M. Hitler ?

Que veut donc le centre organique du capital européen, Bruxelles ?

Seulement gagner encore du temps même si ce temps coûte très cher… Pour s’adapter et mieux décliner ses solutions, les unes derrière les autres, petit à petit !

Faire un exemple avec le maillon le plus faible des pays européens, donner l’illusion de chercher de fausses solutions d’« Unions Nationales » pour imposer les vraies solutions celles des « comités de salut public » pour le Portugal, l’Espagne, l’Irlande, l’Italie, la France…

Aggraver les transferts de « richesses » du travail vers le capital, accaparer les patrimoines en mettant à genoux les classes populaires, le salariat et le petit peuple en concentrant et en détruisant du capital et des marchandises par les faillites au profit… d’une poignée de chacals ?

Interroger, l’autisme des « dirigeants » européens, adresser aux élites, aux intellectuels organiques des institutions capitalistes, des incantations à la raison,  aura dans ces circonstances,  autant d’efficacité que prêcher l’abstinence devant un bordel militaire de campagne, ou d’user du pipeau pour faire rentrer un tigre dans sa cage.

Il est compréhensible d’espérer jusqu’au bout, de chercher la protection de l’ordre en place et de refuser jusqu’à la dernière limite la nécessité d’envisager son renversement. Les territoires inconnus ! Mais des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées et il grand temps de perdre ses illusions pour se préparer à la lutte contre un système qui démontre depuis ces dernières années sa puissance et avec qui d’autres, ceux qui par nature sont enclins au compromis, ou bien la fameuse « classe dangereuse », les autres suivront …

 

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127 réflexions sur « LE PLAN DE « SAUVETAGE » DE L’EUROPE ET DU FMI EN VUE D’« AIDER » LA GRÈCE, par la Taupe Rouge »

      1. J’hésite…

        Dans une première lecture, j’ai cru que l’argument était que :

        La seule solution en réalité, c’est le moratoire immédiat sur le paiement de la dette, suivi d’un audit citoyen pour mettre sur la place publique ses élément dissimulés, identifier les responsabilités, répudier sa partie odieuse, non sans « exproprier » ce qui restera des banquiers.

        ce qui dans l’esprit de l’auteur devrait apparemment suffire, puisque comme

        Le coût horaire de la main d’œuvre dans l’industrie, selon Natixis (le Monde du 8-2), est de 25,43 Euros en Italie, 33,10 en Allemagne (sans salaire minimum et une pléthore de précaires), 21,70 en Espagne, 16,6 en Grèce, 10,3 au Portugal …

        la Grèce n’a pas de problème économique réel (sauf que ce n’est pas vrai et que la Grèce a des réels problèmes qui ne seront pas résolus en se contentant de répudier tout ou partie de sa dette – et soi dit en passant, la compétitivité ne se résume pas au coût horaire de la main d’oeuvre dans l’industrie…)

        Mais en relisant, je crois plutôt que l’idée, c’est que

        des forces immenses sont sur le point d’être déchaînées et il grand temps de perdre ses illusions pour se préparer à la lutte contre un système qui démontre depuis ces dernières années sa puissance et avec qui d’autres, ceux qui par nature sont enclins au compromis, ou bien la fameuse « classe dangereuse », les autres suivront

        et qu’il s’agit donc d’un appel à l’insurrection et d’un argumentaire destiné à dessiller les yeux des petit-bourgeois réformistes qui causent le dimanche…

        Je vais écrire à C.S.P. pour lui demander ce qu’il en pense. Il a plus l’habitude que moi…

    1. Le billet est fort juste, tant sur la Grèce que sur l’origine de la crise
      Il ne s’agit pas fondamentalement d’une crise due à la « finance »,
      comme le disent les politiciens qui veulent sauver le capitalisme qui les nourrit,
      de Hollande à Buffet en passant par Mélenchon,
      mais d’une crise du capitalisme, telles qu’elles ont déjà eu lieu,
      mais avec sa composante totalement nouvelle:
      nous arrivons aux limites du saccage de la planète.

      Un correction toutefois:
      il est inexact d’affirmer que personne ne comprend que l’origine de la crise en Grèce,
      c’est le capitalisme, et pas seulement la finance,
      « de l’extrême droite à l’extrême gauche ».

      1. @ LOUIS
        Où comment une monnaie est un instrument de domination qui impose à la périphérie des bas salaires … Pour installer ensuite au centre une société Wal Mart …
        Un petit rappel historique pour s’élever des fausses évidences, des antinomies simplistes chères aux plateaux télé …
        Les pays dominants ex colonisateurs, la GB, en premier lieu, connaissaient très bien ce traquenard, DE LA MONNAIE UNIQUE sous forme d’un système monétaire qu’ils avaient imposé à leurs colonies sous la dénomination du Currency Board Arrangement ou CBA (traduction en langage FMI).
        C’est ce système qui provoqua la révolte des colonies américaines en 1776 contre la GB, car il aboutit ni plus ni moins à ce que le pays soumis ne puisse construire le même développement économique que la métropole.
        La GB récidiva néanmoins plus souplement en Inde. Idem pour la France en Afrique avec la zone franc, ou plus récemment les USA avec l’Argentine, via le FMI, provoquant la débâcle de 2001. Dans ce pays le peso devait équivaloir au dollar, ceci afin que son marché financier soit compatible avec celui des USA et ne puisse jamais concurrencer le nord .
        En quoi consistait ce mécanisme, CBA, dollars, Euro (avec des aménagements ou différences selon les périodes)
        -La métropole ou le centre impose sa monnaie ou un équivalent, à taux fixe, au pays de la périphérie. Mais la monnaie du pays dominant peut chuter ou être réévaluée. Le pays soumis en fera les frais.
        -La métropole dirige le système monétaire et bancaire (la Banque centrale est généralement en métropole, la BC du pays soumis n’est qu’une chambre d’enregistrement)
        -Interdiction d’une quelconque création monétaire. Or la planche à billets, c’est le recours ultime d’un pays en cas de faillite d’une entreprise, d’une banque, ou d’un affrontement social. Donc le pays soumis ne peut qu’emprunter à l’extérieur au taux défini à l’extérieur.
        -La métropole impose le libre échange (à sens unique à l’époque coloniale comme aujourd’hui).(En Europe le libre échange est total, avec des difficultés évidentes, soit de se faire envahir par les marchandises du voisin plus compétitif, soit d’avoir le plus grand mal pour exporter à l’extérieur pour un pays peu productif., ce qui signifie qu’aujourd’hui le tourisme et l’immobilier sont les activités choisies par les pays les plus pauvres de l’Europe).
        -Si dans le même temps, le système fiscal épargne les classes riches (ce qui était le cas dans toutes les colonies : grands propriétaires fonciers et colons), le pays était privé de ressources, donc devait emprunter au taux du pays dominant….
        -Avantages donnés aux riches du pays soumis (exonération d’impôts, système d’échange des monnaies avantageux pour la classe riche) pour qu’ils soutiennent un tel système. D’où le CBA propulse encore davantage la corruption.
        L’euro est fondé sur ce système. C’est un dérivé du CBA
        Tout est dans cet article lumineux : http://marx21siecle.com/euro.php

  1. « AIDER LA GRÈCE »…

    C’est sous ce titre qu’on peut lire une phrase de Jean-Claude Juncker,
    président de l’Eurogroupe,
    reprise 21.900 fois sur Internet,
    selon laquelle il faut
    « s’assurer que le service de la dette sera prioritaire. »

    Là, monsieur Juncker, vous avez gagné une place dans l’histoire !

    1. Oui, celle là est pas mal !!! il n’y a vraiment plus dissimulation. C’est clair. On aide pas les grecs, mais les banques qui ont prêter (jouer?) à la Grèce dans le passé. Cela ne peut être plus clair…

  2. Cette histoire grecque est ridicule.
    On ferait mieux de couper court.
    Faire sauter ce gouvernement, confier le pays à l’armée en les payant bien, réduire à l’esclavage pendant quelques années ces onze millions de grec, vendre à qui veut (enchères) tous les biens privés et publics. Sans oublier de mettre au pas une oligarchie capitalisme locale.
    Il est assez probable qu’en quelques années, deux ou trois, la dette grecque serait éteinte.
    Et alors, on rend le pays aux grecs, on organise des élections, etc.
    Bref, arrêtons de faire dans la finesse ; allons sur le traitement de choc, de vrai choc.

    1. Vous croyez vraiment ce que vous écrivez…..?…….Est-ce du second degré bien camouflé….?

      On pourrait peut-être partir de : http://alternatives-economiques.fr/blogs/berger/2012/02/12/la-peau-de-la-grece/
      dont voici un extrait :

      Seuls les résultats comptent dans la gestion d’une crise. Or les résultats ne sont justement pas là.

      La dette grecque est passée de 263 milliards en 2008 à 355 milliards en 2011. Le Pib grec est lui passé de 233 milliards à 218 milliards. Le chômage de 8% à 18%.Et avec un taux d’intérêt officiel à 32%, il va de soi que la Grèce ne peut plus se financer du tout sur les marchés. Et pour longtemps. Car le poids de la dette sur la création de richesse n’a jamais cessé d’augmenter. Jamais. Et sauf annulation massive de la dette, la dynamique enclenchée continuera désormais jusqu’au défaut. C’est l’unique problème. La profonde absurdité. L’assourdissant échec. C’est justement ce point dur qu’aucun sommet européen n’a voulu sérieusement aborder. A tel point qu’avant même le vote des députés grecs, les responsables européens, le ministre allemand Schauble en tête, ont annoncé que le ratio de la dette ne pourra jamais redescendre comme ce qui est prévu dans l’accord (120% de PIB en 2020). Voir ici : et c’est à lire car cela ressemble vraiment à un traité de capitulation :

      https://www.evernote.com/shard/s39/sh/d6faf1fd-8264-4ba1-bb20-036ba10b03e9/2d263a031805ac7eac4a57327c676fe4/res/5b09a815-f03c-49c3-8f75-b488b4ec0b36/MEFP_Thursday_Feb_9.pdf

      On en est là : du chantage sur la souveraineté d’un pays pour quelques malheureux 350 millions qui de toute façon ne seront jamais remboursés. Pour arriver à passer le cap de mars, on demande à la Grèce toujours plus d’engagements qu’elle ne tiendra jamais, qui ne résolvent ni de près ni de loin son problème, et qui vont provoquer le chaos politique du pays. J’ai écrit « sérieusement aborder » ; qu’est-ce que cela signifie ? Prendre des mesures permettant de gérer la dynamique en tenant compte des hypothèses réalistes de croissance et de taux d’intérêt.

      Petite parenthèse technique. Une dette est contractée avec de l’argent « inventé » ; les institutions autorisées à créer de la monnaie (grosso modo les banques commerciales mais il n’y a pas qu’elles) font du crédit en créant de la monnaie. En revanche les intérêts de cette dette sont remboursés (un Etat ne rembourse en pratique jamais le capital) avec du « vrai » argent grâce à la croissance économique qui crée de la « vraie » richesse… Tout va bien tant que le taux de croissance est supérieur au taux d’intérêt : on crée plus de richesse qu’on en a à rembourser. Tout dérape quand le taux d’intérêt devient plus élevé que le taux de croissance économique. Il se trouve que en Grèce du fait à la fois des plans d’austérité extrêmes, et de la panique, il n’y a pas de la croissance mais de la récession : le PIB diminue d’année en année… et sans doute pour longtemps. Dans le même temps le taux d’intérêt s’envole… y compris (et c’est peut-être le plus scandaleux) celui réclamé par les pays européens et le FMI. Mécaniquement, il y a gonflement du ratio de la dette sur PIB : c’est la spirale infernale dans laquelle est actuellement happée la Grèce. Au stade où nous en sommes, il n’y aura plus de remboursement possible : il faut soit faire défaut (on ne remboursera pas), soit permettre à un acteur qui peut – lui – récréer de l’argent à volonté, de racheter cette dette. Il s’agit de la monétisation par la BCE. Il n’y a pas d’autres solutions. Tant que la spirale continue, promettre des garanties supplémentaires revient véritablement à remplir un tonneau des Danaïdes.

      Alors pourquoi les responsables européens réduisent un des leurs à l’humiliation si ce n’est pour au moins aboutir quelque part ? Disons-le : l’incompétence le dispute à la veulerie.

      1. Une dette est contractée avec de l’argent « inventé » ; les institutions autorisées à créer de la monnaie (grosso-modo les banques commerciales mais il n’y a pas qu’elles) font du crédit en créant de la monnai

        «You are for me, for me, for me, for me formidaaaaable…»

      2. Une dette est contractée avec de l’argent « inventé » ; les institutions autorisées à créer de la monnaie (grosso modo les banques commerciales mais il n’y a pas qu’elles) font du crédit en créant de la monnaie.

        Arrêtez de colporter cette légende urbaine, svp.

      3. On est ici dans la contradiction du groupe « Alternatives économiques » qui mélange un rien d’analyse sans concession à une concession fondamentale au rapport salarial et aux pouvoirs accordés dans notre régime à la propriété – celle des milliardaires. Dans leur vision, le droit à l’intérêt ne peut permettre de sauver le système qu’à condition d’une croissance illimitée…
        La croissance est la carotte qui permet d’essayer d’éviter de traiter la question sociale. La croissance est en cela, aussi, une idéologie: « Demain, ça ira mieux » !

        Pourquoi ces économistes ne contestent-ils pas le droit de l’argent prêté de s’accroître par le seul fait d’exister, enrichissant ses propriétaires « en dormant » comme disait feu Mitterrand, c’est-à-dire par le travail d’autrui ?

        C’est très irritant, ces discours qui séduisent à moitié, et ne vont pas plus loin !

      4. « Une dette est contractée avec de l’argent « inventé » ; les institutions autorisées à créer de la monnaie (grosso modo les banques commerciales mais il n’y a pas qu’elles) font du crédit en créant de la monnaie. »

        En quoi cela est une légende urbaine? Donner moi un argument, un lien, pour appuyer ce que vous dites s’il vous plait. Le sujet m’intéresse grandement.

      5. Une dette est contractée avec de l’argent « inventé » ; les institutions autorisées à créer de la monnaie (grosso modo les banques commerciales mais il n’y a pas qu’elles) font du crédit en créant de la monnaie.

        Ce n’est peut-être pas de l’argent créé mais il est bigrement malin celui qui a permis d’acheter avec des milliards qui ne vous appartiennent pas, simplement par le jeu des leviers et des garanties elles-mêmes à effet de levier.

        Au total, avec de l’argent que vous ne possédez pas (puisque vous le devez), vous pouvez devenir propriétaire – cette fois tout à fait officiellement – de n’importe quoi.

        C’est cela « créer de l’argent » !!
        C’est jouir de son pouvoir de transfert de propriété sans l’avoir « gagné » par le fruit du travail.

      6. @gubebel
        Lisez « L’argent mode d’emploi »

        Et puis, un peu de sens critique. Quels sont les acteurs dans toutes ces histoires que nous racontent les banquiers et les économistes « patentés » ? La banque et l’emprunteur. Point final. Et l’épargnant, alors ? Il est absent de ces histoires qu’on nous raconte. Circulez, il n’y a rien à voir. Ces «belles» histoires, où l’épargnant est «miraculeusement» absent ont l’avantage de le disculper totalement, de le déresponsabiliser, de le rassurer. C’est un discours « inventé » en vue de donner bonne conscience à l’épargnant : « Ouf ! se dit l’épargnant, je ne suis en rien responsable de ces emprunteurs irresponsables et spéculateurs seuls cause de tous les maux. »

        http://www.objecteursdecroissance.be/spip.php?article280

      7. C’est de la monnaie furtive.
        Un jour j’existe le lendemain je disparais…
        Mais entre les 2 j’ai crée une pompe à intérêts (eux, pas furtifs pour 2 sous) gigantesque au profit du secteur privé, et qui participe très largement à la sur-accumulation du capital.

        Le système des réserves fractionnaires est prodigieusement fûté et intelligent à conserver et réformer.
        Le problème étant le détournement des intérêts vers le secteur privé alors que c’est la collectivité qui est à l’origine de cette manne, qu’elle paye d’ailleurs par de l’inflation.

        Si une banque place 1 euro en réserve obligatoire à la BCE et qu’elle prête à un taux de 5%, elle touche 600 % d’intérêts.

        Ouiinnn !!! moi zosi j’veux devenir banquier!!!!

      8. @Paul Jorion

        Sur l’aspect légende urbaine, pas de souci, on est d’accord.
        Reste à la déminer cette légende !

        J’ai un jour répondu ici (je crois que c’était à J. Alexandre) que ça venait d’une confusion sémantique entre « créer » et « émettre ». Me suis mal exprimé, ce jour-là.

        La seule instance qui crée de la monnaie c’est une BC (et encore avec modération si elle est sérieuse). Le problème (actuel) c’est que les instances qui la répandent sont les banques privées. (Répandre pas émettre).

        J’ai peur qu’une partie de la légende vienne de là.

        (D’autant qu’au passage les dites banques privées se servent largement).

    2. Blitzkrieg ! jawohl !

      Ma mère voici le temps venu
      D’aller prier pour mon salut
      Mathilde est revenue
      Bougnat tu peux garder ton vin
      Ce soir je boirai mon chagrin
      Mathilde est revenue
      Toi la servante toi la Maria
      Vaudrait peut-être mieux changer nos draps
      Mathilde est revenue
      Mes amis ne me laissez pas
      Ce soir je repars au combat
      Maudite Mathilde puisque te v’là
      etc…

      Jacques Brel

      1. … parce que j’ai signé un contrat avec mon éditeur qui m’interdit de le faire.

        Ceci dit, mon livre « Le prix » a été disponible ici sous forme électronique pendant plusieurs années et vous avez bien été… 10 à le télécharger. Depuis sa publication sur support papier, il a été vendu à quelques milliers d’exemplaires. Comprenne qui pourra !

      2. @ Paul Jorion

        C’est parce qu’à l’époque je ne devais pas encore connaître votre blog (honteux ! oui je sais).

        Sinon je l’eus sauvagement diffusé ! Même qu’actuellement sa forme papier est dans les mains de ma fille et de mon gendre.

      3. @ Paul Jorion (mais aussi s’il est dans le coin à Cédric Mas, ou d’autres compétents)

        Il n’est bien sûr pas question de remettre en cause votre contrat avec votre éditeur.

        Mais n’est-ce pas l’occasion rêvée de commencer à réfléchir au sujet ?
        Je veux dire à des types de contrats permettant effectivement la double diffusion : numérique et papier (voire autre si des idées traînent).

        … (= à suivre)

      4. à Léoned et à Renou,

        Soyez plus précis et précisez quel prix vous êtes prêts à payer pour une version numérique ou PDF.
        Si vous voulez la gratuité c’est un tout autre débat.

      5. @Marlove, je m’adressais à Otromeros d’une façon détournée, tu vois? Peut-être que tu devrais changer de pseudo, détective…

      6. Mais Paul, c’est parce qu’on préfère la version papier, le papier permet le recul, ce que ne permet pas l’écran d’ordinateur. L’écran est tactile, l’imprimé est visuel non ?

      7. @ Marlowe

        Si vous voulez la gratuité c’est un tout autre débat.

        On est d’accord, c’est un autre débat, sauf qu’il me semble d’avenir.

        Quant au prix que je suis prêt à mettre pour un version PDF ou numérique, il est assez simple à calculer : on part du prix version papier, on lui enlève les prélèvements divers des « intermédiaires » comme on dit (maison d’édition, imprimeur, grossistes, etc.), et on a la réponse.

        D’accord c’est plus facile à calculer avec de la zik : à votre avis dans un CD de 12 titres dont un seul vous intéresse, combien payez vous de trop, et à qui ?

    3. chut ! ici on dit créer des reconnaissances de dettes …………..;lol
      et s’il y a crise c’est que le nombre de reconnaissances de dettes dépasse xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx fois les revenus du travail réel de nos contemporains sur la terre même pour payer les intérêts il n’y a pas assez, chut ça ne se dit pas…………….

  3. Qu’est-ce que ce serait confortable pour moi de na pas être du tout d’accord avec vous !

    Y’a des trucs qui me hérissent comme ce « K » à « Konditon ».

    Y’a des trucs où vous avez parfaitement raison.

    Y’a des trucs où vous datez d’au moins un siècle.

    Pas envie de détailler, et quoique en dise Jorion au début, une polémique n’est pas indispensable. Je demanderai juste au lecteur de votre article (néanmoins utile et intéressant) de réfléchir avant d’adhérer.

    Bizavous.

    1. Ou sont les réserves? à part bien sur, la forme très connoté.

      Une réserve quand même… celle là.

      « Le tropisme sur « la finance » et sur les « banksters » fait consensus de l’extrême-droite fasciste à l’extrême gauche, au grand bénéfice des « libertariens » avec leur novlangue qui a appris à parler « libertaire », surfant sur une mode individualiste et de culte de la « liberté » formelle. »

      Le système de réserve fractionnaire n’est pas un arbre qui cache la foret mais bien un élément majeur de la crise de sur-accumulation, non pas dans son principe lui même, car plutôt futé et intelligent, mais par le transfert gigantesque d’intérêts vers le secteur privé alors que cette rente, cette manne, serait plus appropriée et légitime à la collectivité qui en est principalement à l’origine et qu’elle paye d’ailleurs par de l’inflation.
      Le capitalisme industriel de reconstruction et ses illusions (30 glorieuses) ne doit pas masquer le rôle du capitalisme financier tapis dans l’ombre à cette époque, même si il était effectivement régulé.

      Ne faisons pas comme certains, ne hiérarchisons pas les divers outils de spoliation du capitalisme.

      1. La « financiarisation » de l’économie et la crise financière est une des manifestations de la crise de la civilisation capitaliste, pas sa cause. Le pillage des ressources naturelles, l’économie de guerre, la destruction de l’environnement, la marchandisation de toutes les activités humaines, le gaspillage institutionnalisé, la concentration du capital, la concentration industrielle de toute production y compris agricole, etc. en sont d’autres.
        Les « oligopoles » dominent et commandent la méga-production très gourmande en capitaux, Ils sont financiarisés dans le sens qu’eux seuls ont accès aux marchés des capitaux, c’est à dire les structures et institutions financières et juridiques qui constituent le cadre institutionnel du capitalisme mondialisé et globalisé. On peut accepter la simplification « financiarisation dans le sens ou la distinction entre production, distribution, financement, normalisation, assurance, etc, n’a plus aucune pertinence. Le capital financier est dans l’actionnariat des entreprises, les capitaux des entreprises sont dans les circuits financiers, (ex : General Electric, d’abord banque ou entreprise ?). Le but du capitalisme s’est de poursuivre l’accumulation de capital, par n’importe quel moyen, pas d’exploiter les travailleurs en créant des emplois.
        On ne peut plus séparer la finance de l’industrie comme on ne peut séparer l’écorce d’un arbre et par un ruissellement vers le bas ils contrôlent toute la sous-production à l’échelle planétaire ne laissant échapper au secteur marchand que quelques niches non-significatives.
        les « réserves fractionnaires » , légende urbaine, est le marqueur qui permet d’identifier certaines dérives libertariennes, et anti-sémites (le film « l’argent dette » et des centaines de vidéos du même acabit qui circulent sur le Net) de la critique de lma Crise, circonscrite à la finance. Ce concept a été forgé par l’école libérale dite autrichienne de Ludwig von Mises, pur libertarien qui a influencé Milton Fridmann et les Chicagos boys qui se sont fait les dents avec Pinochet. Belle référence ?

      2. Critique de l’argent dette que je partage…
        Le problème n’étant pas dans le levier du système fractionnaire mais plutôt dans la spoliation et la non mutualisation des intérêts qu’il génère.

        Me reste du Prozac!!! on s’le partage…entre camarade??
        Perso… ça me gène pas trop …vu que j’fait pas dans la délicatesse et que je tourne plutôt au cubi de gros rouge…

    2. Le « K » est une coquetterie que l’on peut se permettre ici et pas ailleurs, une influence de Kamarades grecs …
      Je ne vois pas les trucs qui datant d’un siècle ne sont plus pertinents et discutables …
      Sans doute des « trucs » qui écrits il y a 4 ans vous faisaient passez pour un fou !
      Les « convertis » ont des intransigeances …
      Salut et fraternité !

  4. Ma lecture de nos sociétés et de l’époque que nous vivons est, hélas, rigoureusement semblable à celle de Mr Alexandre. Mon pessimisme est même plus grand que le sien puisque je n’imagine pas que lutter contre ce qui va nous arriver soit porteur d’un quelconque espoir. La logique du capitalisme va nécessairement le conduire à dévorer ce qui le fait vivre puis à se dévorer lui-même. La solution pour que ça aille mieux est simple; il suffit de modérer ses appétits et de partager. Cette solution est également inapplicable. Seuls les pauvres partagent.
    Tout le confort matériel que nos sociétés occidentales ont connu depuis cinquante ans, toute notre consommation, toutes nos retraites bourgeoises et paisibles, ne constituent en aucune manière un progrès quelconque puisque nous ne sommes qu’un cinquième, et bientôt un septième de la population mondiale à en profiter et que l’état des ressources de la planète nous interdit d’espérer que nos enfants aient une vie plus confortable que la nôtre. Notre prospérité récente n’est pas un progrès mais un épiphénomène. Qui va disparaître.
    « Trop de petits commerces » en Grèce? Cette remarque souligne à la fois la voracité et l’abyssal manque de clairvoyance des gens qui composent ou soutiennent la Troïka. C’est sans doute à ça que tous les pays européens vont revenir; petits commerces, petits services, petites gens, petites courses. Ce qui n’empêchera sans doute pas d’avoir une vie complète et bien remplie. Mais il faudra se passer du confort. Et alors?
    L’amour est né du désert. Il faudra sans doute que le monde soit à nouveau un désert pour que l’amour de l’autre et la solidarité reprenne la place qu’ils doivent fatalement avoir. Rien d’autre à faire qu’à attendre. La lâcheté, la cupidité, la peur aussi se chargeront de tout.
    Mes sentiments fraternels à Mr Alexandre.

    1. Merci Marcel pour ton commentaire que je partage. Le confort matériel acquis « dans ces cinquante dernières années » était un mirroir aux alouettes. Il s’est construit sur l’individualisme, l’avidité, la corruption et le narcissisme. La valeur de l’individu a été détournée par l’égoisme érigé comme valeur universelle absolue. Hors il n’est de grandeur, et c’est celle que l’on admire, que dans l’amour de l’autre et la solidarité. Les convultions du capitalisme, l’appauvrissement des classes moyennes sont les conditions qui peuvent nous conduire à élaborer une société fondée sur l’humain et le partage ou bien vers la barbarie et le renforcement des dictatures.
      Nous avons le choix. Nous sommes les acteurs de cette métamorphose et la motivation altruiste en est le moteur .
      Et que l’on ne s’y trompe pas, il n’y a rien de « religieux » dans tout cela si non le fait que ce qui nous relie est l’amour alors que la haine nous sépare.

      1. Je ne crois pas qu’on ait le choix. Tout va s’écrouler et il va falloir que les sociétés se réorganisent, sans l’abondance de matières premières cette fois ci et avec une sur population de la planète. Il va falloir ou s’entretuer ou s’entr’aider. On va sans doute commencer par s’entre tuer et on finira par s’entr’aider. Après l’Homo faber puis l’Homo sapiens nous aurons enfin l’Homo mysticus. Inch’Allah.

      2. Non, rien de « religieux », mais des paroles, j’attends de voir les actes. Car là où « naturellement » cette solidarité devrait être manifeste, c’est à dire le milieu associatif par exemple, je n’ai que rarement vu ça. Pire, même, des commentaires déplacés sur les personnes qui sollicitaient de l’aide, des « pousse toi de là que je m’y mette »…au mieux on se bat pour une cause avec un grand C, mais quand la grande Cause a un visage, là, c’est different. mais c’est beau comme la Rome antique ce que vous écrivez.

  5. A l’avènement de l’euro en Grèce des sommes gigantesques , aides structurelles, ont été avancées sans aucun contrôle …
    Ces sommes ont été captées par des minorités qui profitant de la désorganisation de l’état grec et d’un haut degré de corruption ,et détournées .

    La fiscalité étant quasi absente , ces minorités ont échappé à l’impôt .

    Et aujourd’hui les marchés exigent le remboursement non à ceux qui ont détourné, profité mais à la population salariée qui n’y est pour rien .

    C’est l’ancien système FMI utilisé , qui arrosait des tyrans , qui ont détourné, planqué l’argent dans tous les paradis fiscaux et acheté des biens partout dans le monde puis qui a imposé aux populations des plans de restructuration et le soin de régler la note .

    Ca ressemble aussi à ces gangsters privés qui mettent des gens , des boutiques ,des entreprises sur la paille , qui prêtent des sommes à taux prohibitifs et qui utilisent leurs nervis ensuite récupérer les sommes par la force ou qui mettent la main sur l’entreprise . .

  6. La (Vieille) Taupe rouge aime à pousser ses taupinières dés que la neige s’en est allée, comme toutes les vieilles taupes bien éduquées.
    No comment.

    1. Au moins, la « vieille » taupe, (merci beaucoup pour le « vieille »), affiche ses présupposés, cela manque un peu sur ce blog… Je ne suis pas un « intellectuel » et pas le mieux habilité pour défendre une analyse « marxienne » de la crise, ici. Même les banquiers de Natixis s’ y mêlent : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=51136.
      Je suis ce blog depuis sa création et j’aime voir les lignes qui bougent, les aristos qui rejoignent le Tiers état… Le débat qui doit se poursuivre pour comprendre vite la crise, va des « anars-décroissants » à Paul Jorion et bien d’autres. Il est nécessaire, un Vigneron qui croit au mariage des cépages pour la qualité du vin doit comprendre ça …
      Mon salut camarade !

      1. J’ai dit que je polémiquerai pas sur ce fil, mais là y’a un souci sémantique !

        « Vieille taupe » a un sens très précis pour l’ultra-gauche.

        Et moi qui suis pourtant rarement d’accord avec lui, j’approuve complètement Vigneron pour cette parenthèse ironique !!

        😉

  7. Il vaut mieux etre islandais que grec…
    Les islandais ont refusé de payer…
    C’est simple et efficace.
    L’ennui c’est que les grands ne peuvent pas arreter de payer…
    Sinon cela ébranle tout le système…Sois-disant!
    Too big too fail…
    Le plus délirant c’est que la Grece pourrait ne pas payer…Ca ne changerait pas grand-chose vu l’importance de son PIB par rapport au restant de la zone euro…
    Tout cela c’est du pipeau, un coup monté pour justifier la débacle des banquiers.
    14 000 milliards de dollars de la Fed et en plus 5000 milliards d’euros de la BCE…
    A coté la Gréce, c’est du pipi de chat, un paravent, un masque, des charlots qui martyrisent un peuple sur une comptabilité néolibérale de débile mental. Car la comptabilité de la finance est bien pire! C’est du Bernie Madoff…Des papelards qui ne valent rien depuis leur émission!
    La vérité c’est que la finance n’a plus un sou, ne peut plus acheter aucun bon du trésor, ne peut plus financer le moindre déficit. La bourse survit avec des volumes 4 fois inférieurs à la normale, le BDI en record historique des plus bas: 660! (10 000 en 2008): Tout va bien! De qui se moque t-on?
    La finance est fauché, ruinée, elle survit à coups milliards avec une BCE transformée en Bad Bank qui prends en pension des actifs pourris et fait marcher la planche à billet à tire-larigot. Draghi prévoit déja 2000 milliards de plus en 2012….Elle est larguée la pauvre Grèce!
    La réalité est la, il n’y pas de crise de l’état grec…Mais du capitalisme.
    Je refuse de commenter ce genre d’inepties et de mensonges: Les grec n’y sont pour rien, par plus que les « PIIGs ». Et bien au contraire, les plus responsables de leur débacle sont la politique malsaine de la France et l’Allemagne avec Chirac-Sarkosy, Shroeder-Merkel, menée depuis 10 ans en synchronisme avec celle de G.W.Bush et de Wall-Street.
    Ajoutons le Bilderberg en prime…
    Si on veut taper sur des responsables: les voila!

    1. Le capitalisme est un système qui génère une galaxie de compromissions fabricant du consentement, que nous reproduisons … Bilderberg, c’est un « folklore », la théorie du complot justifie l’inaction, la non-organisation, l’indignation individuel, face à la puissance des comploteurs au niveau mondial, contre laquelle les formes de mobilisations traditionnelles ou d’organisation sont perçues, comme ringardes et inutiles. Elle nourrit la problématique « anti-parti » des « Indignés » qui acceptent l’expression des complotistes fascistes au nom de la « liberté ».

      1. Bilderberg, c’est un « folklore », la théorie du complot justifie l’inaction, la non-organisation, l’indignation individuel, face à la puissance des comploteurs au niveau mondial, contre laquelle les formes de mobilisations traditionnelles ou d’organisation sont perçues, comme ringardes et inutiles

        ah ben tout arrive, je m’étais toujours demandé ce qui justifiait l’hystérie anti-complotistes de l’extrême-gauche, cette façon de tout mettre dans le même sac, maintenant je comprends, c’est perçu comme de la concurrence.

        Elle nourrit la problématique « anti-parti » des « Indignés » qui acceptent l’expression des complotistes fascistes au nom de la « liberté ».

        Car bien sûr toute théorie du complot ne peut être que fasciste

        A part ça, chez Bilderberg, quand ils se réunissent, c’est pour prendre un thé en causant des dents du petit dernier ? Bon je plaisante, les Bilderberg comme les autres sont également victimes du « capitalisme », le grand Moloch abstrait.

      2. @ nol: « hystérie anti-complotistes de l’extrême-gauche ». Moi c’est l’hystérie complotiste qui me pose question. J’ai un pote qui ne sort plus de chez lui, qui a complètement fondu un cable, et qui voit du complot partout. Je ne savais pas à quel point s’était répandu sur la toile avant d’entendre samedi dernier, devant une dizaine de jeunes gens réunis pour manifester contre Acta, un passant guère plus âgé dire à sa copine: « regarde, c’est les illuminati ». Je croyais que cette histoire d’illuminati ne concernait que mon pote et ses refrains en boucle du grand satan au commande de la fin du monde.

  8. Cette fois, la coupe est pleine. Le président de la république hellénique, Karolos Papoulias a, mercredi, déclaré officiellement devant un parterre de militaires grecs qu’il « n’acceptait pas » que son pays « soit insulté ». Et d’attaquer directement le ministre allemand des Finances qui, dimanche dernier, avait mis en doute les capacités d’Athènes à respecter les engagements : « qui donc est Monsieur Schäuble pour dénigrer notre pays ? Qui sont les Néerlandais ? Qui sont les Finlandais ? »

    Pourquoi la tension monte entre Berlin et Athènes

    1. Les militaires vont mettre un peu d’ordre dans tout ça. Comme au bon vieux temps.
      L’ancien Papoulias se revoit jeune homme, l’arme au pied.

    2. Les vieux sages n’existent plus, quoique…

      En décembre 2011, l’ancien chancelier Helmut Schmidt (aujourd’hui agé de 93 ans) avait pris la peine de se déplacer à un congrès du SPD pour faire passer son message d’avertissement pressant à l’adresse du gouvernemant « chrétien-libéral »de son pays. Il s’exprimait à la tribune assis sur un fauteuil roulant. :
      « Si nous succcombons à la tentation de dominer les autres, nos voisins se dresseront contre nous »

      « Nous devons nous montrer généreux envers nos amis et voisins, et particulièrement envers la Grèce », a-t-il ajouté dans un discours d’une heure devant une salle comble.

      Visant la chancelière conservatrice Angela Merkel, Helmut Schmidt a affirmé que voir l’Allemagne faire étalage de sa puissance dans les circonstances actuelles ne pouvait que nuire à ses propres intérêts.

      « Des doutes sérieux sont apparus ces dernières années sur la ligne de la politique allemande, ainsi que des inquiétudes croissantes sur une prédominance de l’Allemagne » en Europe, a-t-il déploré.

      « Si nous échouons, la place de l’Europe va s’amoindrir et le monde va devenir bi-polaire, une sorte de « duumvirat » dominé par Washington et par Pékin »

      Son discours, au cours duquel il a plaidé pour une plus grande intégration européenne, a été salué par les acclamations des délégués, debout.
      —–
      Helmut Schmidt 2011 SPD-Parteitag in Berlin
      (en allemand)

    3. La façon dont on traite avec mépris les Grecs se paiera d’une façon ou d’une autre.

      Le rôle de la France est à ce propos tout à fait effarant.
      Quand j’ai entendu ce slogan, sans imagination et creux, « La France forte ! », c’est surtout l’impuissance criante de Paris dans cette Europe. La boîte noire européenne est boiteuse avec une seule jambe encore valide, celle de l’Allemagne.

      L’Allemagne est en train de rappeler ce qu’est la véritable nature d’un État, froid et inhumain. Pas de place pour la sensiblerie.

      A terme, la Grèce tournera le dos à cette Europe. Ce qu’on vit n’est pas seulement une question monétaire, elle est aussi existentielle au sens de la construction européenne. Au final, les Russes n’étaient pas si idiots quand ils comparaient l’UE à la nouvelle URSS…

      1. @ Thom…

        Tiens j’y avais pas pensé, mais c’est loin d’être idiot !

        Pas sûr que le peuple grec soit déjà à même d’accepter ça, mais comme le reste de l’Europe fait tout pour l’y aider …

        Surtout que dans le même temps, la même Europe fait tout pour ne pas accepter la Turquie.

  9. Papandréou m’a tuer 🙂

    Le problème est insoluble de toute façon. La classe politique grecque (tout bord confondus) est corrompue jusqu’à l’os.

    Les législatives anticipées n’y changeront rien.

    Personne ne fera rentrer l’impôt qui aurait du rentrer depuis des années.

    1. Pourquoi aucune confiscation sur l’argent planqué en Suisse ou ailleurs ? Si cela se fait pour des Ben Ali, des Moubarak ou des Khadafi, cela doit être possible pour les fraudeurs grecs ? A moins que ceux là soient les copains des banquiers et leurs sbires de l’UE. Le peuple allemand est dans le même bateau que les grecs, par contre les bénéficiaires sont certains banquiers et tous les fonctionnaires de l’UE. Quand vous les connaissez vous savez d’oú vient le problème.

  10. J’ai beaucoup de mal à lire l’intention de ce billet, notamment parce qu’elle n’apparait qu’en creux dans la critique du système actuel. Mais outre cela, un point me chiffonne:

    Le néo-libéralisme financier c’est la tentative de compenser par la spéculation ou par l’endettement la difficulté de faire produire de la vraie valeur par le travail et de « réaliser » cette « valeur » ensuite en nouveau capital augmenté de plus value. Les Etats se sont placés sous cette tutelle là.

    Si je m’en tiens à cette lecture « en creux », ou encore en considérant que l’interprétation de ce texte soit du même ordre que l’observation d’un négatif photographique, je comprends que l’auteur semble vouloir dire que le salut résiderait dans le fait de « faire produire de la vraie valeur par le travail ».

    Or, je ne sais pas ce qu’est « la vraie valeur », et je ne suis pas convaincu que l’auteur lui-même le sache, pour la simple raison qu’une telle notion repose sur l’idée que toute marchandise (bien ou service) possèderait une caractéristique intrinsèque(*) permettant de mesurer le besoin que ladite marchandise suscite dans la population, de même qu’on sait mesurer un poids. Or une telle idée, aussi répandue qu’elle soit chez les économistes, est absurde, car dans la quasi totalité des cas, le besoin est une notion relative.

    (*) j’ai failli écrire « propriété physique » mais ça s’accordait mal à la notion de service, lequel est par définition immatériel.

    1. car dans la quasi totalité des cas, le besoin est une notion relative.

      Ah bon? Et combien de jours consécutifs arrivez vous à vous retenir pour que vos besoins soient « relatifs »? Pour qu’ils soient relatifs il faudrait que vous n’ayez jamais l’impérieuse mais basse nécessité de les faire.
      Mais peut être que « relativement » vous n’avez pas besoin de manger non plus, dans ce cas là ça expliquerait vos absences de besoins.

    2. le besoin de se nourrir est il une notion relative ?

      le besoin de s’habiller est il une notion relative ?

      le besoin d’avoir un toit est il une notion relatvef ?

      à contrario, a t on besoin d’une rolex à 50 ans pour réussir sa vie ?

      il y a certainement besoin et besoin mais à force, on crève d’un certain relativisme

      socialisme ou barbarie

    3. @Au sud de nulle part & j.gorban

      Et dire qu’il aurait suffit que vous lisiez attentivement la phrase à laquelle vous réagissez de manière épidermique…

      « car dans la quasi totalité des cas, le besoin est une notion relative. »

      Seuls ne sont pas relatifs les besoins qui sont vitaux, c’est à dire les besoins physiologiques. Tous les autres le sont. Y compris se vêtir ou se loger, ce qui procède entre autres de conventions sociales qui ne sont pas universellement partagées (voir les cas des tribus primitives équatoriales ou subtropicales pour les vêtements, et les ethnies nomades pour le logement).

      Les besoins relatifs sont aussi pour beaucoup ceux créés de manière totalement artificielle et parfois totalement injustifiée par et pour la société de consommation. Le dernier téléphone mobile à écran tactile à la mode, par exemple… Les besoins au sens économique du terme, en somme. Je cite le point intéressant de l’article wikipédia en la matière:

      En matière économique, dans les systèmes libéraux, les envies sont souvent sollicitées et traduites en besoins, que certains considèrent superflus. Ils y voient la création d’une « demande » (laquelle est un besoin solvable), plutôt que la satisfaction de ce qui serait un « besoin réel », la rentabilité pouvant primer le souci du service. Pour eux, l’utilisation du mot « besoin » confèrerait une certaine validité à un but qui serait essentiellement mercantile, tout en minimisant cet aspect.

    4. Le débat sur la « valeur » est très abstrait. Me contacter, je vous indiquerai des références si le débat vous intéresse, par exemple: http://marx21siecle.com/valeurusage.php.
      Pour réaliser du profit, il faut vendre les marchandises produites. la « valeur » d’une marchandise est la quantité de travail cristallisée dans tout le processus de production. Il y a profit et sur-profit quant le coût global d’entretien de la force de travail est inférieur.
      Les capitalistes sont, entre autres, confrontés aux limites des possibilités d’accumulation du capital, l’énorme concentration de capital a deux conséquences ;
      1) Rendre plus difficile la rentabilité du capital en surnombre à investir pour récupérer in fine plus de capital en vendant des marchandises …
      2) La concentration de ce capital ne s’est faite qu’au détriment du travail, affaiblissant la demande solvable
      C’est un cercle vicieux, par lequel, le capitalisme chasse le capital vivant (le travailleur) au profit du capital mort (les machines). Les machines coûtent de plus en plus cher, il faut baisser le coût du travail, risque de ne pas réaliser le profit.
      La seule façon de réduire cette contradiction, c’est que l’augmentation de la productivité suive l’augmentation du « taux de profit, la parenthèse des trente glorieuses.
      Pour résoudre 1) – Dévalorisation du capital, concentration, faillites …
      Pour résoudre 2) -Baisser les salaires directs et indirects (services sociaux)
      Aspirer du profit dans le « centre », faire du « capital » en exploitant du travail, y compris à l’extérieur, à la périphérie, d’où la fuite de la production vers la création de capital fictif, (bulles), par la création monétaire sans réelles contreparties.
      La racine de cette nouvelle phase historique de la crise du capitalisme, c’est la nouvelle difficulté dans la transformation incessante de travail en valeur et en capital et la nécessité d’augmenter la production globale pour contrecarrer les effets de la diminution de la valeur contenue dans chaque marchandise particulière.

      1. @la taupe rouge 04

        La taupe verte, essayer de moins penser à Marx et davantage à vous. Il n’y a pas de valeur contenue dans une marchandise par exemple. Et il n’y a pas moyen de sauvegarder le capitalisme.

      2. Le débat sur la valeur est nécessairement abstrait puisqu’il s’agit d’un pur concept sans aucune manifestation réelle. Contrairement à la masse d’un objet qu’on sait mesurer objectivement, on est incapable de mesurer sa valeur, sauf à opérer le genre de bricolage que vous énoncez,

        « la « valeur » d’une marchandise est la quantité de travail cristallisée dans tout le processus de production. Il y a profit et sur-profit quant le coût global d’entretien de la force de travail est inférieur. »

        puisque le prix du travail est lui-même le fruit d’une évaluation circulaire et au doigt mouillé, à savoir (idéalement) le fruit d’un accord entre le vendeur de travail (le travailleur) et l’acheteur de travail (l’entreprise):

        – Au doigt mouillé, c’est à dire que chaque partie évalue le prix qu’elle souhaite en fonction de critères à son entière discrétion (du plus objectif au plus subjectif – du plus rationnel au plus irrationnel).

        – Circulaire, puisqu’en bonne logique, le vendeur de travail voudra être payé au moins à hauteur de la somme qu’il envisage de consommer, c’est à dire en fonction du prix des marchandises qu’il veut pouvoir acheter, lesquels auront été fixés par un processus identique (*).

        (*) Concrètement, en prenant le cas le plus simple possible d’un travailleur agro-alimentaire, ça donne ça: le prix de la nourriture (consommée) conditionne le prix du travail, qui conditionne le prix de la nourriture (produite). Sachant que nourritures consommée et produite sont potentiellement les mêmes, c’est problématique me semble-t-il, non?

      3. @ la taupe rouge 04: si ça vous interesse, sur la question de la valeur, lire LE PRIX de paul Jorion. J’ai retrouvé cette réponse de Jorion à un billet de Zébu (LA PRETENDUE « THEORIE DE LA VALEUR » D’ARISTOTE : DES SCOLASTIQUES A PAUL JORION) « Il ne s’agit pas d’une question d’invention de concept, il s’agit d’une question de traduction : des générations de traducteurs d’Aristote dans leur propre langue ont lu le mot « valeur » dans un texte où ce mot n’existe pas, entraînant à leur suite des lecteurs comme Karl Marx ou Joseph Schumpeter, qui n’ont pas eu la curiosité de se demander : « Comment Aristote dit-il quand il veut distinguer pour une paire de chaussures, sa ‘valeur d’usage’ et sa ‘valeur d’échange’ ? » S’ils l’avaient fait, ils se seraient dit : « Tiens, comme c’est curieux, il dit simplement qu’il y a pour une paire de chaussures, deux usages possibles : son usage propre (les porter aux pieds) et l’échanger contre autre chose ». »

      4. à lou,

        Votre remarque en mérite une autre.
        Il y a deux raisons pour fabriquer une paire de sandales :
        1. Les utiliser pour protéger la plante de ses pieds
        2. Les échanger, ou les vendre.

        Pour en savoir plus, allez donc lire la thèse 46 du livre de Guy Debord, la Société du Spectacle (1967)

    5. La marchandise ne possède pas de valeur intrinséque, elle ne possède que la valeur qu’on veut bien lui donner. Inutile de parler de besoins.

      1. @ « un accord entre le vendeur de travail (le travailleur) et l’acheteur de travail (l’entreprise):
        – Au doigt mouillé, c’est à dire que chaque partie évalue le prix qu’elle souhaite en fonction de critères à son entière discrétion (du plus objectif au plus subjectif – du plus rationnel au plus irrationnel) ».
        Pourquoi pas la fameuse loi de l’offre « libre » et de la demande « libre ». Il n’ y a pas d’économie indépendante des rapports de forces politiques qui régissent les rapports entre le capital et le travail, à tous les niveaux. Les succès du capitalisme creuse sa tombe, l’extension géographique du Capital et sa concentration verticale en intégrant de force toutes les activités humaines (sexualité comprise) dans la sphère marchande capitaliste. Tout est là :
        http://marx21siecle.com/valeurusage.php

      2. @la taupe rouge 04

        Si vous commencez à m’attribuer des propos qui ne sont pas les miens, on n’ira pas bien loin j’en ai peur…

      3. à nol,

        La marchandise est produite avec du travail humain, du temps de travail pour être plus précis.
        Cette marchandise est un objet fabriqué pour un usage humain ou pour être échangée contre un autre objet, ou échangée contre un équivalent marchandise : l’argent.
        De ce fait une marchandise peut être produite pour être vendue et rapporter plus d’argent qu’il n’en a fallu mobiliser à l’origine pour produire une survaleur (A M A’).
        C’est dans ce sens que l’on peut écrire que la valeur d’échange a fini par diriger l’usage (Debord)

  11. La fuite en avant dans le capital et le crédit ficitif est une tentative désespérée pour chercher à s’émanciper de la loi de la valeur, le capitalisme étant la valeur en procès qu’aucun politicien ne peut diriger ou contrôler. Le sentiment d’absence de maitrise de la situation par les politiciens devient de plus en plus flagrant et ce ne sont pas leur incompétence qui est responsable mais ce système qu’il faut détruire sous peine d’être tous ensevelis par cette logique folle :
    Ci dessous un extrait d’un texte rédigé par des militants communistes issus de la Gauche communistte d’Italie (BORDIGA) qui entre autre dénonça la nature CAPITALISTE de l’URSS basée sur la loi de la valeur :
    « Au cours de la crise, tout le capital fictif s’effondre. Elle indique que la production capitaliste n’est pas arrivée à dominer la loi de 1a baisse tendancielle du taux de profit, ou, ce qui revient au même, que la crise n’est qu’un moyen catastrophique pour surmonter cette contradiction. Elle est parvenue à dominer la loi sur 1a base de laquelle elle s’est développée (loi de la valeur) mais elle ne parvient pas à s’assujettir celle qui la régit. C’est pourquoi cette loi de la baisse tendancielle du taux de profit est « la plus importante de l’économie politique et elle est la plus essentielle lorsqu’il s’agit de comprendre les rapports les plus difficiles. Du point de vue historique, elle est aussi la loi 1a plus importante. C’est une loi qui, malgré sa simplicité, n’a jamais été comprise jusqu’à ce jour et encore moins exprimée de façon consciente. » (Fondement, t. 2, p. 275). « 4.2.22. –Avec l’accroissement du capital et donc de la productivité du travail , toutes les entraves au procès de valorisation, que le capital n’a pas supprimées mais englobées, deviennent des moyens de valorisation : la rente foncière(agraire οu des terrains à bâtir), les limites nationales avec le protectionnisme, etc… Cela veut dire, en définitive, essor considérable de la spéculation. Autrement dit arrivé à un certain stade de la dévalorisation, le capital ne peut la fuir qu’au travers de la spéculation et en devenant capital fictif. » Extrait de la revue Invariance, Thèses de travail 1969 »

  12. Un peu d’optimisme siouplait. La République Populaire de Chine, par la voix de son bien-aimé timonier- 8eme Président de la RPC-Secrétaire Général du Parti Communiste Chinois Hu Jintao s’adressant à Von Rompuy et Barroso, vient de féliciter l’UE pour leur gestion de la crise et les efforts accomplis et promis. Il promet quant à lui que son pays continuera à acheter de la dette souveraine européenne comme des actifs privés de la même €au.
    C’est quand même monsieur 5 % du total de la dette de l’Eurozone le zig, 400 milliards € sur 8 000. Et China Investment Corporation, ben c’est pas que 10 % des droits de vote de Morgan Stanley…
    Y sont contents les chinois. Ça baigne.

    1. Mais il semblerait qu’ils y mettent quelques conditions, être reconnus tout de suite économie de marché, par exemple,ce qui permettrait à leurs entreprises de s’installer en Europe, entre autres.
      Faut pas déconner tout de même..

    2. assez lamentable:
      Rompuy et Barroso demandant l’aide de la chine. Et en échange de quelles contreparties ?
      rappel: PIB chine 8000 mds$ pour 1340000000 hab
      PIB zone euro: 12000 mds$ pour 330000000 hab

      1. Quelles contreparties ? Ben comme tout créancier normalement constitué tiens ! De bons yields, une monnaie forte, des risques faibles, de la discipline budgétaire et des salariés-contribuables qui trinquent et triment sans grogner.

  13. Et pendant ce dépeçage de la Grèce via la système-dette, détaillé de manière percutante par la Taupe Rouge, les banques soignent leur bilans et leurs actionnaires. La Société Générale vient d’afficher un bilan qui la place au premier rang européen.
    Mais les analyses sans concessions ne sont pas encore tout à fait entendues Patientons un peu, les loups ne tarderont pas à n’avoir que leurs dents comme arguments.

    1. Bonsoir Contempteur.

      « La Société Générale vient d’afficher un bilan qui la place au premier rang européen. »

      Vous n’avez pas écouté jusqu’au bout ou peut être que l’info que vous avez retenue était tronquée. Cette banque a aussi indiqué qu’elle détenait pour 17 milliards d’actifs toxiques dont 5 particulièrement risqués. De quoi moduler « légérement » le bilan, une broutille par rapport à 2 milliards de bénef.
      Notez que cela finira à la BCE, que la BCE le refilera au FESF et que le FESF est garantie par les états et que les états c’est nous et que ce sera encore plus nous avec le MES avec en plus pour priorité le service de la dette. « Bienvenu chez les grecs » partout en Europe bientôt à l’affiche.

      1. Merci, j’allais te répondre, mais tu as anticipé ma réponse à ta réponse et même la réponse que tu aurais pu lui faire ensuite. Donc…On va payer. Dire que je lis tous les bobos bien-pensants ici, qui ont pour tout problème de choisir entre le rustique et le contemporain dans leur maison de campagne, s’écrier « Ah non, pas de violence, surtout ! ».

        Sans doute pensent-ils que ceux d’en face jouent franc jeu; que les Copé, Sarko, Parisot et autres ne sont nullement déterminés à piétiner la démocratie s’il le faut pour leurs intérêts.

        Et les drones au-dessus des manifestants, et ceux qui protestent étranglés jusqu’à ce que mort s’ensuive, c’est sans doute de la non-violence active enseignée aux forces de l’Ordre. Et la répression de plus en plus systématique et brutale de toute manifestation, c’est pour le bien des manifestants, sûrement. Et l’interdiction absolue de toute manifestation non-autorisée, c’est pour préserver la fraicheur de l’élan citoyen. Et le nombre de blessés graves et léger durant des manifestations, en constante augmentation, cela signifie sans doute que la rue et le pouvoir appartient aux citoyen et que l’élu n’est que le serviteur de sa volonté.

  14. Il y a eu l’hyper-inflation, l’Europe vient d’inventer l’hyper-dette, en lieu et place.
    Mais c’est exactement la même chose.
    La suite est par conséquent tous à fait prévisible aux détails près, il vient un moment ou la seule solution comme vous le laissez entendre est dans l’hyper-destruction (bien sûr créatrice pour dire comme certains furieux).

    1. Non ce n’est pas la même chose !

      Vous voyez de l’inflation, sans parler d’hyper-inflation ? Hier n’est pas demain vous ne pouvez rien inférer de façon schématique !

  15. Une tribune gauchiste dans le sérieux blog de Paul Jorion!!
    Le gauchisme maladie infantile du communisme!
    Les choses sont plus simples que tout ce verbiage gauchiste: la zone euro a une tare congénitale, celle d’avoir été conçue selon le modèle allemand au mépris de toutes les réalités historiques, sociales, économiques et culturelle des composantes de l’UE. Elle a fait illusion depuis 10 ans et tente de se sauver désespérément depuis 2 ans mais la réalité se venge, les faits sont têtus disait Lénine.
    Nous arrivons au bord du gouffre : la Grèce doit quitter la zone euro, faire défaut sur la totalité de ses dettes et dévaluer d’au moins 50 % la nouvelle drachme. Les dirigeants allemands voudraient pousser les grecs à ce scénario qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Après il est très probable que le Portugal puis l’Espagne suivront le même chemin, et enfin l’Italie et la France. Il faut souhaiter cesser de maintenir artificiellement en vie ce système que seules les oligarchies de l’UE défendent, pas d’acharnement thérapeutique , plus vite il mourra plus vite les peuples verront leurs situations s’améliorer en effet tout ce qui a été fait depuis 2 ans n’ a fait qu’aggraver le mal : toujours plus de misère dans l’UE.

    1. C’est quoi ce système ?
      Pourquoi a-t-il été bâti ?
      L' »Europe » et ses différents traités, l’Euro avaient pour fonction essentielle de mettre un marché captif en face de sur-capacités de production.
      Les peuples d’Europe devront réorganiser et stabiliser leurs échanges et leurs monnaies sur d’autres bases, équitables, non-capitalistes. Si certains veulent retrouver les contradictions du capitalisme nationaliste et son instabilité monétaire de 1910 , ils veulent refaire la guerre 14/18 …
      Vivent les « Etats Unis Socialistes d’Europe »
      Tout est parfaitement expliqué là : http://marx21siecle.com/euro.php

      1. Et le néolibéralisme ?
        Définissez ce que vous entendez par gauchisme, puis argumentez. Vos lecteurs sauront alors de quoi vous parlez et auront l’impression d’être respectés dans leur effort pour vous comprendre.

  16. j’ai entendu sur France inter ou france info comme quoi la troika aurait refusé que les quelques 300 millions d’euros d’économie supplémentaire soient pris sur le budget de l’armée mais sur les retraites …….

    quelqu’un peut confirmer ?

    on dit aussi que les marchands d’armes francais et allemands ont fait des affaires faramineuses juste avant l’arrivée de panpadréous …………….

  17. 500000 fonctionnaires dans un pays sans états, sans dirigeants. Des riches qui ne payent aucun impôt… et on se demande encore pourquoi ça ne marche pas !
    Recettes = 0 et dépenses = €€€€€€€€€ . La Grèce est un puits sans fond.
    STOP.

  18. Je ne comprends vraiment pas pourquoi les responsables grecs acceptent tout cela.
    Il suffit de sortir de l’euro, décréter un moratoire de deux ans et repartir avec une monnaie nationale pour que le pays se redresse instantanément.
    Il faut, évidemment, aussi qu’ils se remettent à collecter des impôts convenablement.
    Pour les créanciers, cela est parfaitement supportable, quelques mesures protégeant l’épargne jusqu’à 100 000 euros suffiraient pour faire en sorte que la facture soit payée par ceux qui ont le plus profité de ce système.
    De toute façon, l’euro est foutu!

    1. Il faut, évidemment, aussi qu’ils se remettent à collecter des impôts convenablement.

      Je crois que vous avez là une grande partie de la réponse…

  19. Le PS refuse le Mécanisme européen de stabilité.

     » Il y a un texte sur le Mécanisme européen de stabilité qui conditionne l’accès à la solidarité au fait d’avoir ratifié le traité Merkel-Sarkozy, a attaqué Benoît Hamon, porte-parole du PS et l’un des dirigeants de l’aile gauche, au bureau national. Par cohérence politique, on ne peut dire oui.  » Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, prône même un non ferme et définitif.  » Si vous voulez renégocier le Merkozy, il faut voter contre dès le début, explique-t-elle. Juridiquement et politiquement, les deux traités sont liés. Je suis contre l’abstention, car cela voudrait dire qu’il y a des choses bien dans ce qu’a fait Sarkozy.  »

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/02/16/le-ps-refuse-le-mecanisme-europeen-de-stabilite_1644689_1471069.html

    1. Voilà un nouvelle qu’elle est bonne. Dissensions au PS sur le MES, car Hollande veut le voter et renégocier plus tard (une fois élu, je présume).

    2. Tiens M.N Lienemann est du même avis que Mélenchon!
      Faut dire qu’ils sont potes, je crois…
      ( Pour cette fois, cela ne me gène pas.)

  20. Edmond Abou a bien décrit le malaise grec en 1853 dans son ouvrage « La Grèce contemporaine ». Il s’avère que le problème est toujours le même: la classe politique/dominante s’empare des richesses du pays pour les distribuer à ceux qui lui sont utiles et bien-sûr, en premier lieu, à elle-même.
    Commercer à égalité avec un pays comme la Grèce, avec ses particularités économiques, politiques et sociétales, était une folie. Et sa continue.

    1. la classe politique/dominante s’empare des richesses du pays pour les distribuer à ceux qui lui sont utiles et bien-sûr, en premier lieu, à elle-même

      Bien sûr, en Allemagne et en France, la classe politique ne fonctionne pas sur ce principe… Vous avez entendu parler du Fouquet’s ?

      1. Un peu facile et des deux cotés, bande de Germano-Populo-Potteriste!

        Il n’y a aucune chance que rien ne change!

  21. Enfin , voilà une contribution taillé à la hache, je ne sais pas trop quoi penser.

    Les libertariens sont partout sur Internet… pour défendre l’oligarchie en lui proposant une nouvelle forme fascisante, à basse pression, pour sauver le capitalisme à l’agonie, sans le folklore des bottes, des drapeaux et des casquettes.

    sérieusement , et c’est vous qui venez râler contre les fêlés du complotisme ???

    La « Kondition », pour la Troïka

    Condition avec un C, if you please, y en a marre de cet anti-germanisme primaire qui fleure bon son gaucho des seventies.

    I

    l y a aussi, dit la Troïka, trop de petits commerces, de petites entreprises, de petits agriculteurs … (trop de petites gens ! Tout cela n’est pas assez capitaliste…)

    Oui ça me rappelle une virée en Eiffel avec mon pote Joachim, et quand je m’étonnais de ne voir âme qui vive sur des dizaines de kms et encore moins de paysans , il me répondit :  » éhou »…

    pour se préparer à la lutte contre un système qui démontre depuis ces dernières années sa puissance et avec qui d’autres, ceux qui par nature sont enclins au compromis, ou bien la fameuse « classe dangereuse », les autres suivront …

    J’y comprends rien…

    Bon cela dit je suis plutôt d’accord avec la teneur de ce billet, comme quoi j’arrive même pas à me comprendre moi-même…

    1. @ Nol
      la pénétration d’idées d’extrême droite dans des mouvances classées, pour les besoins du raisonnement à la gauche « anti-système » n’est pas nouvelle.
      Il suffit d’aller chercher du côté du national/bolchévisme … Il suffit de faire un recherche sur  » les réserves fractionnaires banques » pour voir apparaître une nébuleuses. Une classique bataille idéologique, contre la pensée capitaliste la plus dure et la plus dangereuse, avec des personnages improbables qui avancent masqués.
      Le très drôle mais pauvre Dieudonné exprime bien ce confusionnisme.
      Gauchisme, maladie, infantile, des rapprochements, malodorants …
      La désertification des campagnes est le résultat de la concentration industrielle de l’agriculture cause de la ruine des millions d’agriculteurs …
      Sur le « k » on peut ironiser là dessus, ici. La prise de pouvoir absolue de la bourgeoisie allemande d’imposer son modèle à l’europe est un vrai problème politique.
      Les « gauchistes » comme dit Sarko et les staliniens, de 68 étaient ultra internationalistes …
      Allez, Nol, accroche-toi, vieillir est toujours un désastre …
      Le « spectacle » de fait que commencer …
      Salut à toi ex ….

      1. Salut la taupe
        Je suis allé voir ton blog. Parait que t’as été trotskyste pendant 20 ans. J’ai rien contre les trotskystes, plutôt sympas en général. Leur manque juste une expérience du pouvoir, d’où peut-être un manque d’humilité idéologique, si j’ose dire. J’aimerais bien avoir une grille de lecture du monde aussi nette que la tienne, mais j’ai abandonné depuis longtemps. On peut essayer de comprendre et d’agir sur certains points, comme le font ici Jorion et Leclerc avec la finance et l’économie, mais quant au tableau général pour moi c’est inch’Allah.
        J’ai 56 ans et vieillir n’est pas encore un désastre, juste une expérience étrange.

    2. Prof d’allemand, ayant des enfants binationaux, je trouve la politique de Merkel-Schäuble insupportable, c’est pourquoi j’ai apprécié la « Kondition » avec un K allemand.
      D’ailleurs en Allemagne, certains trouvent cette politique abjecte :
      Oskar Lafontaine : « Merkel ist dabei, Europa zu zerstören » (Spiegel)
      français : Merkel est en train de détruire l’Europe
      Quant à Schäuble « qui chuchote à l’oreille de Merkel », il suscite l’indignation :
      Griechischer Staatspräsident : « Herr Schäuble beleidigt mein Land » (Spiegel)
      français : Monsieur Schäuble insulte mon pays.

      1. J’ai mis ce « K » pur décrire politiquement ce que j’ai écrit sur la domination absolue du centre organique du capitalisme européen par les patrons allemands. J’ai dévelloppé ci-dessous.Mais ce « K » alimenterait ailleurs, un autre danger politique, il ouvre la porte au repli chauvin qui vise à absoudre les « dirigeants » nationaux ou même leur accorder l’idée qu’ils possèdent la moindre marche de manoeuvre, dans ce système politico-juridico-financier européen. Le cadre institutionnel du capitalisme d’Europe les prive de toute indépendance.

  22. J’aime beaucoup votre texte La Taupe.

    Assurément un peu plus difficile, du point de vue conflictuel, à tenir devant une assemblée de notables que les propos plus arrondis de Paul Jorion. Une certaine orthodoxie marxiste y est maintenue ; si l’orthodoxie n’est pas une fin en soi, n’y renonçons pas trop facilement quand elle peut encore éclairer les événements. Ce n’est pas l’idéologie qui a produit le stalinisme et il n’y a pas eu moins dogmatiques que les bureaucrates staliniens qui pour justifier leur pouvoir parlaient toutes les théories à la fois.

    La seule source de plus-value est le travail. Renoncer à cette conception, me semble équivalent à refuser la loi de conservation de l’énergie en Physique ou à accepter la génération spontanée en biologie. A chaque fois que j’ai eu à travailler dans une unité de production, j’ai pu constater avec quelle « acharnement » on exigeait de moi que je rende compte de chaque minute de mon temps.

    C’est l’ensemble de la bourgeoisie mondiale qui extorque la plus-value à l’ensemble de la classe mondiale des salariés. C’est donc par la Lutte de classes et l’internationalisme qu’on mettra fin à ce système. Le vrai problème est le coût du capital (qui exige toujours son rendement) et pendant ce temps on va se perdre en palabre sur les différences des couts de la main d’œuvre dans les différents pays.

    Dans les années 1990, j’avais lu avec horreur une responsable d’un organisme économique européen (je ne me souviens plus des détails) qui écrivait que l’extrême misère des grandes métropoles était une chance inouïe pour le développement de l’économie. C’est le dégoût pour ce genre de personnes qui doit nous rassembler ici. Je ne crois pas que quelqu’un possède déjà une clarté d’idée sur ce qui se passe et ce qui va se passer mais il est indéniable (avec Paul Jorion) que la concentration des capitaux rend désormais le système capitaliste aussi efficace qu’un lavabo bouché.

    Enfin, il n’y a pas une seule bourgeoisie européenne donc il ne peut y avoir d’Europe capitaliste et ce qu’on a appelé l’Europe, du marché commun jusqu’à aujourd’hui n’est qu’une suite d’alliances provisoires et fragiles qui ne peuvent pas ne pas se disloquer à la première contradiction sérieuse.

    Amicalement à tous.

    1. Ce qui est commun à toutes les marchandises et qui définit leurs valeurs c’est le temps de travail nécessaire pour les produire.
      Payer moins cher ce temps n’a pas pour conséquence unique de les rendre moins chères et/ou plus profitables, c’est aussi une destruction de valeur irréversible.

    2. Salut à tous, les Norbert, les Marlow, les Charles A, les Toutouadi et bien d’ autres …
      La lutte idéologique se mène partout pour contrer l’hégémonie » de la pensée dominante comme disait Gramsci …
      Le blog de Paul Jorion, fait partie de ces lieux indispensables de brassage des idées.
      Etrangement, les analyses de la crise du capitalisme qui y sont publiées sont très souvent plus radicales que celles présentées par certains organes de la vraie gauche.
      Très étonnement, il y a avait comme un « blocage » un « tabou » vis à vis des courants du marxisme vivant qui ne se contentent pas d’interpeller les élites. Saluons cette ouverture d’esprit, qui, finalement n’a pas fait scandale !
      Je ne suis sans doute pas le plus habilité pour y apporter un point de vue « marxien », mais à défaut d’autres …
      Une explication en guise d’excuse sur le « K » de Kondition :
      Le processus d’unification du capitalisme européen a été interrompu par la crise.
      Actuellement les différentes bourgeoisies nationales se tirent à la bourre, pour sauver leurs peaux, comme jamais.
      Mais elles ne sont pas toutes d’égales forces, loin de là.
      Le martyre imposé à la Grèce est voulu et organisé par le gouvernement allemand, dans l’intérêt de la bourgeoisie allemande et avec le soutien d’une grande partie de l’opinion publique de ce pays au prix d’une campagne d’intoxication qui rappelle de mauvais souvenirs.
      Il ne s’agit pas que de la Grèce.
      La règle d’or, le fonctionnement de la BCE, la mise sous tutelle des budgets des états, le refus d’un SMIC européen, le refus d’une politique industrielle commune… tout cela et bien d’autres choses encore sont imposées à toute l’Europe par le gouvernement allemand.
      C’est un fait, même si pour certains ce n’est pas politiquement correct.
      Mieux encore. Mme Merkel s’est engagée auprès du gouvernement israélien à entraîner l’Europe dans une guerre contre l’Iran, puisque les autres états européens sont devenus économiquement dépendants de l’Allemagne.
      Il faut lire la presse allemande.
      L’Union Européenne est entrain de changer de nature sous nos yeux et la Grèce en est la première victime.
      Les politiciens allemands ont pris en charge sa refondation.
      Un député allemand a même proposé de changer ce pays de nom pour que ce soit bien clair.
      Alors, Bruxelles suit car elle n’en peut mais.
      Retrouvons-nous par l’intermédiaire de : http://marx21siecle.com

      1. Le gouvernement allemand c’est le capitalisme industriel allemand + le capitalisme financier allemand qui forment la spécificité du capitalisme allemand qui produit de la valeur avec son industrie, des salaires qui ont baissé depuis dix ans et qui profite de conditions de sous-traitance très favorables chez ses voisins.
        Ce capitalisme là est unique et n’est pas imitable, c’est sa force.
        Sa faiblesse c’est qu’il a besoin de clients avec les moyens de payer.
        Il est donc capable, main dans la main avec le capitalisme des marchands d’armes français, de faire préter à des pays en difficulté par l’ensemble des européens pour poursuivre un commerce lucratif.
        La seule question est : pour combien de temps ?

      2. Le retour à Marx.

        Il y en a eu plusieurs depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et nous sommes quelques uns, ici, à le considérer comme très actuel, même si personne n’est vraiment d’accord avec personne (de l’école de Francfort à la tendance contemporaine « critique de la valeur » en passant par Debord).

        Beaucoup de liens et d’articles sur : http://palim-psao.over-blog.fr

  23. La crise n’est pas financière, c’est une crise de la valeur.

    Pour en savoir plus sur la crise de la valeur, il suffit d’aller voir les liens qui ont été proposés sur ce blog depuis des mois.

    1. J’irai voir, merci.

      Sur ce point je me sens assez proche de JM Harribey qui ne confond pas la crise de la valeur avec (comme d’autres le font) la crise de la Loi de la valeur . La loi de la valeur n’a jamais été aussi vraie.

  24. Une taupe affichée,déclarée, c’est un gendarme couché.
    Si vous ne voyez pas le rapport, la convertibilité existe pourtant.
    J’ai donc appris que la révolution par la prise du Parlement avait échouée à Athènes grâce au SO du parti communiste grec. Au fait, lequel ?
    J’ai profité du lien offert après votre « Vivent les « États Unis Socialistes d’Europe » (y a d’la marge) où « Tout est parfaitement expliqué là : http://marx21siecle.com/euro.php » et j’ai circulé un peu dans les rubriques.
    Sur vos chapitres « Étalon monétaire et prix » « Monnaie » et « Marché de l’or » vous ne tenez pas compte des labours de Jorion sur la notion de valeur. Vous ne semblez pas avoir remarqué non plus que l’or que vous décrivez comme fonctionnant en sous-jacent (pour écrire comme PSDJ) dans la convertibilité des monnaies fonctionne soit comme marchandise soit comme monnaie, mais logiquement jamais simultanément, tout simplement parce qu’un objet fonctionnant comme signe ne saurait être un référent.
    C’est courageux de relayer Ahmadinejad, et n’hésitez pas à lire Fourest pour ne plus vous égarer dans des impasses sur des choses très fines qu’elle a bien décrotiquées : je laisse le lapsus.

      1. Déjà à l’époque je n’ai pas eu d’explication satisfaisante à cette affaire. Le PAME accusait le black bloc d’être infiltré mais c’est une justification assez absurde pour collaborer ouvertement avec la police et éviter une prise du parlement. Je ne vois pas bien l’objectif recherché alors par le PAME (la seule possibilité: laisser pourrir la situation en vue de… prendre un parlement qu’on pouvait déjà prendre des mois plus tôt?).

        Quelqu’un pourrait-il éclairer ma lanterne?

    1. @rose
      Que de coquetteries …
      Je n’anime pas ce blog Marx21, vous y trouverez l’adresse mail et des réponses aux observations présentées vous seront proposées. Vous pourrez aussi me transmettre un message…
      Concernant , Ahmadinejad, je vous passerai une analyse sur les dérives du « campisme » qui dit l’inverse de ce que vous avez cru comprendre … la haine divise.
      Concernant la soeur très médiatique Caroline, qui sévissait encore ce matin sur Inter, dans sa campagne islamophobe, elle fait une excellent travail de préparation psychologique, pour une intervention militaire en Iran qui dans les circonstances actuelles auraient de conséquences …
      Son cas m’intéresse, comme celui de la mouvance rouge/brune, les libertariens de gôche », la mouvance « Dieudonné », etc. Le confusionnisme est une horreur, le dogmatisme, une autre, pas si facile les crises …
      A très bientôt j’espère …

      1. @ 0/4, tope-là !

        Vous n’animez pas « ce blog Marx21 » mais vous écrivez « Retrouvons-nous par l’intermédiaire de : http://marx21siecle.com » ici.

        Donc votre que faire ? qui « fait abstraction de la forme » du discours d’Ahmadinejad au prétexte que la religion serait moins criticable, quoique théocratique, parce qu’exotique, et justifiable parce que non-occidentale, ce qui induit que le capitalisme est une région du monde vaut bien l’argumentaire à Soral and co. C’est avec ces arguments à deux poids deux mesures qui vous critiquez ceux de l’ONU au motif qu’ils sont à deux poids deux mesures.

        Cherry on the yellow cake « l’énergie nucléaire pour tous (…) et l’arme nucléaire pour personne », parce que le Césium137 est pacifique dans les Etats gentils. Les mentors du parti en devenir en sont donc là ? Pauvre Marx, décidément, dans sa tombe il rebaptise votre site, enfin votre, celui du réseau dont vous vous faites le prosélyte, Century21.

      2. Cher Paute rouge 04,
        « je suis féministe, antiraciste et laïque. Je combats tous les intégrismes, tous les racismes et toutes les extrêmes droite, qu’elle porte un kéfier, une burqa, une kippa ou se revendique de la Nation. Je démasque surtout les partisans non avoués de la domination masculine, où qu’ils se trouvent ».
        C’est Caroline qui l’écrit, et à répétition, sans que je possède que de quoi y lire un mensonge, donc vous êtes grave du coté des censeurs, de l’ULB !
        Rose ? sans doute la caroligne ; pas la mienne : y a pire sur le marché.
        Purdah, tchadri, burqa, niquab, tchador, autant qu’ils le veulent chez eux, mais vous n’y porterez pas un short bavarois, pas plus que l’étui pénien des Vanuatu ou le taupe less répandu en Amazonie, au Laos, ou dans certaines régions d’Afrique n’est accepté ici.
        Pour Ahmadinejad, je me demande bien comment vous pourriez savoir ce que j’ai pu comprendre. Sachez que je suis tout à fait d’accord avec son souhait de changer la donne à l’ONU. J’ai cru comprendre que EELV aussi, le PC, Le PDG, le NPA aussi j’imagine, et tous pas Ahmadinejadiste pour autant !
        L’épouvantail de l’islamisme dont on nous encombre les oreilles existe, mais l’islamisme aussi, et puisque « le confusionnisme est une horreur » merci de l’éviter !
        Merci aussi de vos invitations, mais l’armoire est déjà trop pleine !

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