PRODUIRE TROP, POUR PRODUIRE ASSEZ ?, par Jean-Claude Balbot et Goulven Le Bahers, « paysans durables »

Billet invité.

À l’automne 2008 il nous fut donné de participer aux réunions préparatoire à la Loi de Modernisation Agricole dans une commission « Alimentation ». C’est avec beaucoup d’effroi et de colère mais sans surprise, que nous entendîmes les chiens de garde de l’agri-bizness écarter avec véhémence toutes les propositions d’amélioration des conditions de l’alimentation des Français (diminution du sel, du sucre, des pesticides…). Représentant l’ordre établi de la production et distribution des fruits et légumes, des vins, des produits lactés, des viandes de toutes provenances, des céréales, ils se tiennent devant leur niche. Chacun, persuadé que sa profession est le cœur de l’économie française, est prêt à aboyer et à mordre le premier qui remettra en cause ce statu quo établi depuis 1962. Un représentant de la recherche, directeur d’une quelconque division de l’Inra, complétait le spectacle, réclamant des sous pour démontrer que ce qu’il entendait était vrai. D’ailleurs, en aurait-il douté que l’argent lui aurait échappé !

Du cœur de cette musique « bavaroise » émerge une revendication bien plus « jésuite ». Le représentant du syndicalisme majoritaire, auteur quelques années auparavant d’un livre sur la faim dans le monde, demandait, avec l’appui de tous les aboyeurs, que : « Madame la présidente, l’aide alimentaire soit inscrite dans le code rural ; car pour produire assez il faut produire trop et il faut que nous soyons assurés d’écouler ce trop ».

Nous ne savons si des comptes rendus de telles réunions sont rédigés avec soin mais s’ils existent, dans quelques décennies des historiens se pencheront avec délectation sur de tels documents.

Quelle façon de vivre ensemble que celle où certains s’arrogent tout à la fois le droit de nous mal nourrir et le devoir de corriger ce désordre !

Ce triste épisode nous a rendu attentifs à la question de l’aide alimentaire et depuis, les occasions de nous instruire n’ont pas manqué. La dernière en date : saisie par l’Allemagne, la Cour de justice de la Communauté européenne a rendu en avril dernier un arrêt spécifiant que l’aide alimentaire dépendant de la PAC doit se limiter à l’écoulement des stocks. Les achats de produits alimentaires sur les marchés sont interdits car non conformes à la base légale d’un programme agricole. Alors tout les représentants de la profession de s’indigner : « Nous n’allons pas laisser une partie de nos concitoyens mourir de faim ! »

Il apparait de plus en plus en crûment qu’existe un système économique de production et de partage de la nourriture tel qu’une partie non négligeable des hommes et des femmes n’accède à la nourriture que par la grâce des autres ; et que ce système est conçu dès l’origine comme cela, que ce n’est pas dégât collatéral que cette endémique pauvreté : elle est consubstantielle au mode de production puisque « pour produire assez il faut produire trop ». Les pauvres sont nécessaires.

À la demande d’un centre social d’un quartier populaire – mais y-a-t-il des centres sociaux dans les quartiers bourgeois ?- le Civam du Finistère est amené cet été à répondre à cette question : pouvez-vous nous fournir des légumes frais à 17h le vendredi en bas sur la dalle et moins cher qu’à Lidl ? La réponse fut aussi très claire : nous ne pouvons pas vendre en dessous de nos coûts de revient, fût-ce à des pauvres. Dans la discussion qui s’ensuivit vint très vite sur la table l’idée qu’il fallait s’adresser à la mairie pour obtenir une subvention.

Ainsi donc l’alimentation de qualité, de proximité, bio, durable, fermière ou autre n’est pas non plus accessible à tous sans sollicitation de financements extérieurs aux circuits agricoles.

Dans un tout autre espace, il nous a été donné de voir dans divers ports et aéroports du monde, des sacs de riz et de maïs, frappés du sigle US Aid. Suffisamment souvent pour penser que nous dépassions là l’assistance dans l’urgence à des populations momentanément démunies. L’aide alimentaire états-unienne, de toute évidence, dépasse aussi cette notion d’urgence.

Nous nous sommes interrogés sur ce qu’était quantitativement, qualitativement, historiquement, politiquement cette aide alimentaire qui semble prégnante et inhérente à l’organisation contemporaine de la production alimentaire.

Nous nous posons quelques questions que nous voulons vous soumettre.

Comment déconstruire le sophisme libéral « pour produire assez, il faut produire trop » ? Comment s’est établi le lien entre surproduction et aide alimentaire ? Qu’en est-il du lien entre surproduction et aggravation de la pauvreté ? Peut-on continuer à parler de suffisance ou de sécurité alimentaire de pays où un pourcentage important de la population dépend d’aides alimentaires ?

Est-il possible de concevoir des outils de production et de distribution qui échapperaient à cette logique d’assistance structurelle aux pauvres ? Quelles sont les conditions à réunir pour que tous, nous ayons accès à une alimentation de qualité et suffisante ? Si ces conditions sont inaccessibles ou que le coût pour y accéder est insupportable, si nous devons nous résigner à ce qu’une politique alimentaire soit aussi une politique d’aide alimentaire, comment l’organiser ? Quels sont les objectifs à lui fixer ?

Sachant qu’aux E-U l’aide alimentaire est « une véritable politique alimentaire visant tout à la fois à réduire la sous-consommation alimentaire intérieure et à développer une alimentation de qualité » ; pouvons-nous, « paysans durables », être des alliés objectifs d’une telle politique ? Si nous répondons oui à cette question, quels moyens nous donnons nous pour peser dans l’établissement de cette politique ? Avons-nous, par exemple, des propositions à faire concernant la future PAC en ce domaine ?

 

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92 réflexions sur « PRODUIRE TROP, POUR PRODUIRE ASSEZ ?, par Jean-Claude Balbot et Goulven Le Bahers, « paysans durables » »

    1. @ romain
      merci beaucoup pour le lien , je n’avais pas fait attention à ce Claude Bourguignon , je vais le suivre avec soin . Il a passé dix ans à l’INRA , il sait de quoi il parle . En outre il est très agréable à écouter .

  1. Nombreuses questions qui couvrent de vastes sujets, mais importantes, qu’y a-t-il de plus important que manger,pour les 7 et bientôt 9 ou 10 milliards d’humains que porte la planète?
    Ça commence à l’arrière du supermarché, devant le container où on jette les produits périmés ou abimés, pour finir sur les marchés internationaux où les traders organisent pénurie et chute des prix.
    Quelques réflexions basiques en vrac:
    La production dépend localement beaucoup de la météo, la mondialisation est nécessaire pour équilibrer les productions, mais c’est aussi un facteur de déstabilisation des producteurs qui ne vivent pas dans les zones les + avantageuses et ne peuvent pas s’aligner.
    Faudrait surtout pas croire que l’aide alimentaire « offerte » aux pays pauvres soit gratuite, elle l’est rarement.
    L’aide alimentaire, sous couvert d’aide, est parfois ou souvent utilisée comme machine de guerre pour détruire les producteurs locaux et garantir aux producteurs les + puissants un débouché durable quand les manipulations de prix ne suffisent pas.
    La régularité du flux alimentaire est contraire aux intérêts des spéculateurs : une population morte de faim n’est pas un débouché avantageux, par contre il existe des associations caritatives qui peuvent payer. Pourquoi, quand on est spéculateur, se soucier de la faim des autres?
    L’aide alimentaire internationale est d’abord une forme de corruption et de colonisation, elle s’adresse prioritairement aux pays peu industrialisés, dont généralement les élites sont faciles à corrompre. Le « cadeau » que représente l’aide alimentaire est plus souvent un échange en terme voilé contre de l’influence politique, ou simplement le pillage économique d’un autre domaine.
    « Votre population est au bord de l’émeute, on peut vous aider mais signez donc là d’abord, ce contrat d’exploitation du gisement de… »
    Beaucoup de pays pauvres exportent une partie importante de leur production pour obtenir des devises servant à rembourser les aides financières généreusement octroyées par le FMI et autres au détriment de leur population, qui parfois, nécessite une aide alimentaire.
    Les gouvernements occidentaux ont tous les moyens légaux de garantir une alimentation de qualité à tous, s’ils voulaient utiliser leurs outils, ce qu’ils ne font pas sous la pression des importations de moindre qualité, moins chères.

    Les solutions sont connues et depuis longtemps.
    Fermer l’accès des bourses à la spéculation et aux accapareurs.
    Envoyer des ingénieurs agronomes et des économistes équitables dans les pays en difficulté plutôt que des sacs de riz.
    Produire chez nous « propre », « économique » et « désindustrialiser » l’agriculture, et aider les autres à faire pareil pour que nos exportations ne leur manquent pas.
    Empêcher le massacre des petits producteurs locaux par les géants de l’agro par des barrières sous une forme ou une autre, droits de douane et taxe sur le co² servant au transport d’alimentaire par exemple.
    Et bien d’autres dont l’axe principal est de sortir l’agriculture des griffes de la finance et des rapaces.

  2. Bonsoir

    Un superbe billet invité qui éclaire crûment un mécanisme de création de pauvreté et rentable. Qu’est ce qui peut être plus rentable que ce mécanisme et qui pourrait être humainement-collectivement supportable?

  3. Excellent billet, au coeur des problèmes majeurs.
    Pour le riz, il est établi que les stocks sont considérables, excessifs sans doute et que les problèmes d’aide résultent surtout de l’acheminement.
    Je fais suivre à mes correspondants agriculteurs.

    A rapprocher de la critique plus générale et environnementale faite ce matin dans Terre à terre et que j’ai posté dans « Le temps » du 17/2.
    « Travailler pour travailler, produire pour produire »
    Je me pose de plus en plus la question « ne travaillons nous pas dans certains domaines pour travailler ? », alors qu’il y a tant de besoins vitaux mal ou non couverts faute d’adaptation (enseignement, logement, soins aux malades et personnes âgées, ….).
    Problème de flux tiré ou poussé.

    Une autre voix et analyste critique et révolté découvert dans l’émission Terre à terre de F Culture de ce matin : Alain Deneault.
    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-noir-canada-2012-02-18
    Je n’ai pris des notes que pour la seconde partie mais « sortie des sentiers battus » garantie.
    on ne traite que les problèmes des riches
    il faut une mobilisation citoyenne à l’exemple de Franck Fanon
    financiarisation de la nature en cours; eau, air, …
    aberrations des stratagèmes boursiers, de l’argent roi, des méthodes comptables
    dénonciation des microcosmes, de la course au rendement, des effets sur le psychisme, la violence inouïe de l ‘économie, de la lobotomisation des cerveaux qui nous empêche de nommer un chat, un chat (encore les chats). de penser, de dire et aussi les institutions corrompues.
    Usage de mots creux, bidons comme « bonne gouvernance », on nous rend bête, la censure s’exerce sur nous mêmes (nous sommes nos propres censeurs), il y a anesthésie.

    On est face à une planification qui méprise les conséquences vitales des projets sur l’environnement, « un génocide involontaire »,
    Les fausses couches dues à l’arsenic et au cyanure au Mali sont un réel génocide.
    L’intention de tuer n’est pas là (ouf) mais on se fout des peuples, seul compte le profit.

    1. J’ai également écouté cette excellente émission sur France Culture avec cet auteur québecois si clair, si précis et si révolté.

      Delphin

  4. Merci aux auteurs pour ce texte ENAURME, tout à la fois e-norme et abracassourdissant. Enfin, ce mot de Chirac dont je n’ai que difficilement souvenance, abracadabrantesque n’est-il pas ?
    « Quelle façon de vivre ensemble que celle où certains s’arrogent tout à la fois le droit de nous mal nourrir et le devoir de corriger ce désordre ! » Il faut lire cela et entendre la question !
    Finalement, c’est la mention de « paysans durables » qui pose question. Faut-il l’ENA pour être ENAURME et d’où provenez -vous… ?
    Allez, bonne continuation…

    1. @ chabian
       » Abracadabrantesque  » est un néologisme dérivé d’abracadabra , forgé par Arthur Rimbaud. Reprenant un sobriquet attribué par Théophile Gautier à la duchesse d’Abrantès (  » la duchesse d’Abracadabrantès  » ) , Arthur Rimbaud a introduit cet adjectif en 1871, dans le poème  » Le Cœur supplicié  » inclus dans une lettre à son professeur de rhétorique Georges Izambard :

       » Mon triste coeur bave à la poupe,
      Mon coeur couvert de caporal :
      Ils y lancent des jets de soupe
      Mon triste coeur bave à la poupe :
      Sous les quolibets de la troupe
      Qui pousse un rire général,
      Mon triste coeur bave à la poupe,
      Mon coeur couvert de caporal.

      Ithyphalliques et pioupiesques
      Leurs quolibets l’ont dépravé.
      Au gouvernail, on voit des fresques
      Ithyphalliques et pioupiesques.
      O flots abracadabrantesques
      Prenez mon coeur, qu’il soit lavé.
      Ithyphalliques et pioupiesques
      Leurs quolibets l’ont dépravé !

      Quand ils auront tari leurs chiques
      Comment agir, ô coeur volé ?
      Ce seront des hoquets bachiques
      Quand ils auront tari leurs chiques
      J’aurai des sursauts stomachiques
      Moi, si mon coeur est ravalé:
      Quand ils auront tari leurs chiques,
      Comment agir, ô coeur volé ?  »
      Mai 1871.

      Chirac aurait repris ce mot sur le conseil de Villepin …
      S’amusent bien , là-haut …

  5. “Les obèses sont-ils plus nombreux que ceux qui ne mangent pas à leur faim ?

    C’est ce que mettent en avant certains articles au sujet du rapport de la Fédération internationale de la Croix-Rouge (IFRC), présenté aujourd’hui à New Delhi, en Inde (World Disasters Report 2011). «Selon les statistiques de la Croix-Rouge, 1,5 milliard de personnes souffraient d’obésité dans le monde en 2010 tandis que 925 millions d’autres souffraient de malnutrition» selon la dépêche de l’Agence France Presse.”

    Source : Sciences et Avenir du 22/09/11, pour qui il faudrait plutôt parler d’important surpoids (1 milliard), qu’obèses (500 millions).

    Amicalement,

    Delphin Tourdot

    1. L’obésité est un problème de malnutrition aussi, aux USA la plupart des personnes obèses, surtout noirs,hispaniques,et pauvres blancs, se nourrissent avec des aliments industrialisés relativement peu chers mais pleins de glucides et de sucre sous forme de sirop de mais créant l’épidémie de diabète. Voir a ce sujet le film « SuperSize me » http://www.youtube.com/watch?v=oHKCb0_2oD0&feature=related. Ce documentaire montre comment les ‘fast food’ sont en train de tuer – littéralement – la population pauvre. C’est ce qui est en train de se passer en Europe, spécialement en Angleterre,Allemagne et qui commence en France.

      1. Le commerce mondialisé étend maintenant sa destruction aux pays pauvres :

        « Mourir de sous-nutrition et de sur-nutition (malnutrition grasse et sucrée) »

        Et certains se demandent, tandis que leur beefsteack accapare 60% des céréales de la planète, comment nourrir 9 milliards d’individus !

        Delphin

        François Couplan : Certaines plantes sauvages résolvent le problème de la carence en certains acides aminés des « protéines vertes » :

        « Ces végétaux, qui poussent d’eux-mêmes aux endroits qui leur conviennent le mieux, présentent souvent d’étonnantes teneurs en protéines : 4,2% pour la bourse-à-pasteur et le chénopode blanc (« mauvaise herbe » haïe et pourtant légume apprécié depuis au moins 10.000 ans…), 4,5% pour la mauve et jusqu’à 9% pour l’ortie. Ces teneurs sont données en poids frais. Si l’on veut les comparer à celles des céréales et des légumineuses, il faut les convertir en poids sec, ce qui donne 27% pour le chénopode et environ 40% pour l’ortie, soit davantage que la viande ou le soja !

        Et tenez-vous bien, car c’est là qu’explose la bombe nutritionnelle : il s’agit de protéines complètes, équilibrées en acides aminés. Leur valeur nutritionnelle est équivalente à celle des œufs, supérieure à celle de la viande. Depuis une trentaine d’années, des travaux ont été entrepris sur les protéines foliaires aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France. Leur but est avant tout de réussir à extraire des protéines des feuilles des végétaux afin d’en nourrir les animaux à la place des tourteaux de soja, car les protéines vertes sont plus rentables. En France, le Pr Costes de l’Institut National Agronomique a publié le résultat des travaux de son équipe dans un remarquable ouvrage « Protéines foliaires et alimentation » (Gauthier Villars, Paris 1981), auquel nous emprunterons les citations suivantes.

        Voici la phrase-clé: « […] pour les acides aminés dits indispensables, on s’aperçoit que l’on n’a pas de carence en l’un des acides aminés dans l’ensemble des protéines foliaires. » C’est une constatation extraordinaire, qui remet en question la sacro-sainte supériorité des protéines animales.
        Mais les « protéines vertes » offrent encore plusieurs avantages. Des substances utiles les accompagnent, vitamines, enzymes et sels minéraux – les plantes sauvages sont devéritables « pilules multivitamines »! « Le troisième avantage réside dans le caractère fonctionnel de ces protéines. La feuille est un organe capteur d’énergie, fixateur de CO2 et la plupart de ces protéines ont une fonction catalytique précise ; ainsi elles s’opposent aux protéines de réserve trouvées dans les graines, qui ont une fonction physiologique différée… Au contraire, dans les feuilles, ce sont des protéines qui ont un rôle physiologique et biochimique immédiat. » (Les feuilles, et surtout les jeunes pousses, sont des parties vivantes, en pleine croissance, alors que les graines sont en dormance). « Le quatrième avantage est qu’elles sont présentes dans les feuilles, organes aériens faciles à ramasser… De plus, très souvent… les végétaux producteurs sont pérennes », ce qui représente une grosse économie d’énergie par rapport aux plantes annuelles, qui doivent être semées chaque année sur un terrain labouré. »

        (Bistro bar blog : F. Couplan ethnobotaniste), « les protéines vertes » :

        Delphin

      2. Et le delphinium, c’est bon en vinaigrette ? Dis donc, tu sais c’que c’est la meilleure protéine pour les ruminants, les plus digestibles, les plus riches, les plus appétentes, les plus écologiques, les plus rentables ? Celles contenues dans les farines animales qu’ont fait cramer ou qu’on balance à coup de millions de tonnes en Europe aujourd’hui. Les européens ne bouffent que 50 à 60% des animaux, le reste est brûlé ou donné aux chiens et chat. Ça représente combien de millions de tonnes de la production de centaines de milliers d’ha de soja ogm argentin, brésilien ou ricain importées en UE ? 34 millions de tonnes équivalents tourteaux, c’est le total des importations de soja de l’UE pour nourrir ses bêtes, soit 90% de l’alimentation protéique du cheptel européen…
        Tout va bien.
        Et on transforme les excédents de céréales des céréaliers du bassin parisien en sous-produits céréaliers sous forme de poulets et de porcs à bas prix, enfin soi-disant à bas prix…
        Il nous faut réduire notre consommation de protéines animales d’un bon tiers pour revenir au minimum à l’équilibre 50/50 avec les apports en protéines végétales, ok. Mais les vaches, les porcs et compagnie, alors eux oui, cent fois oui, il faut leur faire bouffer des farines animales.

  6. Avez-vous vu le film « Problèmes globaux solutions locales » de Corine Serreau ? c’est le meilleur document sur les absurdités de notre agriculture et de notre alimentation.

    On y trouve notamment cette information : en 2007 un rapport de la FAO a montré qu’on pouvait nourrir le monde avec une agriculture biologique. Cela signifie que la totalité de l’industrie des intrants (engrais et pesticides) et des semences est inutile !

    si vous souhaitez un exemplaire de ce DVD (il est libre de tout droit) écrivez moi à : mortimer37@sfr.fr

    1. Pyrrhogaster

      De Coline Serreau, je connais Solutions locales pour un désordre global, effectivement très bien fait. Autant que je saches, il n’est pas libre de droit, même si on peut le voir sur internet, avec le titre « Problème global – solutions locales« . Faites comme moi, regardez le sur internet pour vous faire une idée, et s’il vous intéresse achetez-en un exemplaire.
      Si vous voulez rêver un peu, et toujours de C. Serreau, regardez « la belle verte », c’est bien aussi.

      En complément pour l’aspect agricole :
      Le temps des grâces, de Dominique Marchais ;
      Sous les pavés la terre, de Thierry Kruger et Pablo Girault

      et aussi ce reportage vu sur Arte sur les jardins urbains de Détroit

  7. “Lorsqu’on investit de grosses sommes
    dans l’agro-industrie ou la recherche
    génétique,il faut que cela rapporte autant
    que dans l’immobilier ou dans la banque”

    « La terre n’importe plus ?
    Non, c’est un renversement complet : les agriculteurs sélectionnaient des variétés adaptées à leur terroir, les terroirs doivent désormais s’adapter à un faible nombre de variétés. Les agriculteurs n’ont plus à leur disposition que très peu de variétés végétales et un nombre décroissant de races animales. Partout, la même vache, la prim’Holstein, produit un lait abondant qui comporte surtout beaucoup d’eau, et, comme on surproduit ce lait, on le déshydrate pour qu’un jour en Afrique les gens le réhydratent avec de l’eau qui risque de ne pas être potable… Tout ça commence à devenir criminel, mais s’explique parfaitement : lorsqu’on investit de grosses sommes dans l’agro-industrie ou la recherche génétique, il faut que cela rapporte autant que dans l’immobilier ou dans la banque. Le capital évite d’ailleurs de s’investir dans le processus de production lui-même et laisse ce risque aux agriculteurs, stigmatisés alors qu’ils n’ont fait que répondre au cahier des charges de l’industrie. On comprendra qu’ils vivent très mal, alors que leur revenu s’effondre, d’être toujours sur la sellette… »

    Marc Dufumier interviewé par TELERAMA.
    Marc Dufumier, agronome, est professeur d’agriculteur comparée et développement à
    AgroParisTech. Il a participé à de nombreux projets de développement agricole
    écologiques en Afrique et en Amérique du sud.
    C’est une personne qui fait montre d’une grande expertise théorique et pratique, alliée
    à un humanisme évident et à une plaisante simplicité.

    Delphin

  8. Je pense qu’on retrouve ici encore à quel point la vision de Buckminster Fuller était en avance sur son temps « Produire plua avec moins »
    Dans le cas présent moins d’engrais, moins d’énergies non renouvelables, moins de grosses machines consommant de plus en plus d’énergies non renouvelables.
    Celà est possible comme l’ont démontré les Amish dont les fermes ont utilisé une modernisation différente de celle gourmande en carburants et en électricité: modernisation des matériels agricole mais en continuant à se servir de l’énergie motrice des chevaux: un dérivé à deux niveaux de l’énergie solaire: les chevaux mangeant de l’herbe et des plantes que le soleil fait pousser dans un terrain, qui chez les Amish n’est pas enrichi avec des engrais chimiques.

    Je ne prône pas ici l’adoption des traditions amish, mais pourquoi ne pas s’inspirer de leurs approches agricoles dont les rendements sont aussi élevés que ceux de l’agriculture industrielle, peut-être pas en rendement à l’hectare, mais au niveau des dépenses en énergie et en matériels agricoles lourds qui grèvent les prix pour les acheteurs des produits. Ils arrivent donc sur le marché local avec des prix égaux ou moins chers que les produits agricole industriels. Mais ils « n’exportent » pas leurs produits loin du lieu de production, refusant les transports en camion ou en train.

    Que celles et ceux qui pensent que j’invente cette histoire aillent faire une visite en Pennsylvanie afin de se rendre compte sur le terrain.
    Je redis que cela n’implique pas d’adopter toutes les traditions amish, lesquelles sont très strictes dans bien des domaines et liées à des croyances religieuses que tout le monde ne partage pas (euphémisme).

    La stratégie d’arriver à produire suffisamment ou même plus pour satisfaire les besoins fondamentaux des êtres humains, tout en utilisant moins de ressources telle que prônée par Buckminster Fuller dès les années 60 dans son livre « Utopia or Oblivion » « L’utopie ou tomber dans l’oubli » devrait être plus souvent appliquée de manière concrète dans nos sociétés. Dans le système consumériste il s’agit au contraire de produire plus mais en utilisant de plus en plus de ressources sauf pour le travail qui est moins utilisé : étant remplacé par des machines très puissantes et gourmandes en énergie.

    Quand on parle d’augmentation de la productivité, agricole ou autres il faudrait que cette productivité soit mesurée pour tous les facteurs de production, terre agricole ou locaux industriels et commerciaux, ressources naturelles détruites, énergies non renouvelables gaspillées, pénibilité du travail augmentée, tout cela par unité de production arrivant chez les citoyens.
    Or dans le système capitaliste actuel, la productivité est principalement mesurée en terme de productivité du travail, aboutissant à l’inverse de ce qu’on pourrait appeler un progrès: obtenir des satisfactions convenables, sans endommager la planète ni surcharger de travail ceux qui en ont et affamer ceux qui n’en ont pas.

    Paul T.

    1. D’accord pour l’essentiel, vous prônez le rendement énergétique, ce qui est à l’heure actuelle la seule façon d’avancer.
      On peut évidemment s’inspirer des Amish, voir des chasseurs ceuilleurs cher à notre ami Kercoz, mais l’histoire ne repasse pas les plats, il faut avancer en s’adaptant au circonstances.
      Il faut avoir comme objectif que la production de nourriture avec avec une moindre consommation de ressources devienne une priorité.
      Nous n’y arriverons pas si nous laissons la décision à une minorité qui voit le problème à un autre niveau qui est celui de la rente financière.
      J’affirme que tant que cette rente financière existe, on ne pourra rien résoudre.
      Ceci dit, le vrai changement se situe en marge.

  9. Portrait de Kevin, fan de foot.
    Jeune français (moyen?) au salaire médian.

     » Revenus : 1 900 euros par mois
    Salaire net : 1 400 euros
    Heures supplémentaires : 500 euros
    Kevin est agent municipal depuis le 1er septembre 2009. Il est en CDI. Entre son salaire net de 1 400 euros et les heures supplémentaires, il gagne en moyenne 1 900 euros net mensuels.

    Mais ce choix, il ne le regrette pas. Attiré par l’uniforme, il dit avoir découvert un métier « gratifiant malgré les insultes récurrentes ». Kevin est fier de son statut et de son salaire, qu’il juge « plutôt pas mal pour un gars de 21 ans ».

    Dépenses hors foot : 1 480 euros par mois
    Loyer : 450 euros
    Kevin vit dans un appartement de 49 m2, dans une ville des Hauts-de-Seine, à quelques pas de La Défense. Il partage ce logement avec sa copine qui est encore étudiante, donc sans revenu fixe. Le montant comprend le loyer de l’appartement et celui de deux places de parking.

    Taxe d’habitation : 31,50 euros (380 euros par an)
    Electricité : 50 euros
    TV (abonnement à Canal+) + téléphone + portable : 100 euros
    Impôt sur le revenu : 83,30 euros (1000 euros par an)
    Alimentation : 280 euros
    Transport : 80 euros (hors football)
    Mutuelle santé : 38 euros
    Assurance : 160 euros
    Sorties : 210 euros (hors football)
    A côté du foot, peu de sorties pour Kevin, mis à part un ou deux restaurants par mois avec son amie. Kevin se rend une fois par mois soit en Bretagne au sein de sa belle-famille, soit dans le Nord.

    Dépenses liées au foot : 280 euros
    Déplacements : 150 euros
    Kevin fait un à deux déplacements par mois, le plus souvent en voiture. Pour les matches à l’extérieur les plus éloignés, le voyage se fait en train et l’oblige à réserver une nuit d’hôtel sur place.

    Le dernier déplacement, c’était à Milan, pour un match de coupe d’Europe. Un aller-retour en avion pour 80 euros et quatre jours de congés posés pour l’occasion.

    Billets : 70 euros
    Le montant des places varie selon les stades. Lors de son dernier déplacement à Milan, Kevin a obtenu une place à 20 euros. Mais pour les matches à Lille, Kevin aime être bien placé et privilégie la tribune présidentielle, même si elle est plus onéreuse (entre 50 et 70 euros).

    Produits dérivés (maillots, écharpes, polos) : 60 euros
    L’essentiel mais rien d’excessif :

    « Acheter le maillot de l’équipe chaque année, ce n’est pas mon truc. Un polo, une écharpe de temps en temps. Pas plus. Aller au stade sans une écharpe, c’est inimaginable. »

    Epargne mensuelle : entre 100 et 300 euros »

    http://www.rue89.com/rue89-sport/2012/02/17/kevin-21-ans-agent-municipal-supporter-de-foot-lillois-1900-eu-par-moi

    Bon, Kévin a dû bénéficier de l’exonération d’impôt Sarko sur les heures sup…
    Il met, chaque mois 100 euros dans la case « culture et communications du 21e siècle »
    198 euros dans la case « assurances »
    Et 280 euros dans la case « bouffe »
    Avec 70 euros par semaine, pour deux, à Paris, doivent pas s’enfiler que du Bio, les tourtereaux…
    Elle s’est « envolée » où la part des revenus que Kevin aurait pu consacrer à optimiser son alimentation et celle de sa dulcinée?

  10. Tout dépend de ce que l’on entend par « produire assez ».
    Si l’on se borne à multiplier une quantité (portion individuelle) x un nombre d’individus, nécessairement on sera trop court.
    Des tas d’incidents peuvent survenir en cours de production (aléa climatique), dans les transports et la distribution.
    Comme en toutes choses il est bon de se laisser un peu de mou, de réserve pour faire face aux coups durs.
    En ce sens produire trop pour faire assez est un sain principe de gestion.

    De là à faire trop pour éliminer la concurrence… il y a évidemment une différence d’approche philosophique, la première me semble justifiée, la seconde infiniment moins!

  11. Arrive ces derniers jours sur le marché médiatique l’idée, qui serait conceptuellement absolument neutre, celle de la politesse!
    Comment exclure de toute politesse:
    -La Maîtrise
    -La charité.
    -La compassion
    -La commisération
    -La condescendance
    -L’horreur de la misère
    -…
    -En fait tout ce qui reste manifestement en deçà?
    Faut polir,….SHAME!

  12. Pierre RABHI met tout le monde d’accord en affirmant que de « Cultiver son jardin est un acte politique »… Et plus nous serons à le faire, plus nous serons autonomes et plus la citation de Pierre sera juste, plus le message politique sera fort…

      1. Pierre RABHI, un homme que j’ai eu l’occasion de rencontrer, profondément humain, porteur d’une « joyeuse désespérance » mais surtout acteur d’une nouvelle voie.
        Le mouvement qui est né de son inspiration : Les Colibris
        http://www.colibris-lemouvement.org
        avec notamment la campagne en cours : « Tous candidats »

    1. Cultiver son jardin est un acte politique … si cet acte s’inscrit dans un cadre de profondes transformations sociales et non de repli sur soi.

      Repousser le cancer mercantiliste qui nous transforme en zombies consommateurs passifs et manipulables, faire connaître l’importance du goût et des qualités nutritives (plus c’est insipide, plus on se « bourre »), reprendre du pouvoir sur soi (dignité retrouvée, la patience), la proximité synonyme de réalité, les jardins partagés intergénérationnels, interclasses sociales (sans être naïf), la réalité opposée au factice propagé par les médias pour vendre et vendre encore…

      Delphin

  13. Bonsoir à tous

    Il fut un temps où les élites disputaient du nombre d’anges pouvant tenir sur une tête d’épingle!!!!…

    Nous en sommes à nous demander combien c’est trop pour assez!

    Il fut un temps où Bismark pensait que les français étaient des lions gouvernés par des ânes.

    Nous en sommes à être au pouvoir des porcs à l’auge….

    Trop de merde c’est à peine assez!

    Orginet Porginet!

    La ferme des animaux!

    Bonjour chez vous N°

  14. zenblabla
    Bonjour
    Vous m’ouvrez les oreilles sur certaines incompréhensions entre le discours et l’action
    Merci

  15. Visite archéologique:
    Les ruines d’une gigantesque installation, les visiteurs posent des questions:
     » Cétait donc couvert, et avec tout ces gradins cela permettait de cultiver ? »

    Pas vraiment, c’était ce qu’ils appelaient des « stades » ou 22 encalçonnés se courraient après avec des milliers d’abrutis deguisés en clowns qui éructaient »

    « Et comment cette civilsation est tombée ? » .

    – C’est tout simple, quand ce qu’ils appelaient un « DVD » coutait moins cher qu’un sandwich, et que le lecteurs pour s’abrutir avec coutaient moins cher qu’un repas  » ouvrier », cette civilisation avait signé son arrêt de mort.

    – Ils avaient mis des milliers d’années pour apprendre à ne pas s’empoisonner avec les produits de la nature, il leur a fallu moins de 100 ans pour tout perdre.

    –  » Mais, que c’est-t-il passé ?  »

    – Pour eux le progrès c’était devenu plus de 100 références de yaourt dans un linéaire d’hyper, 500 chaine de télé.

    Et le plus grand crime ce n’était pas d’affamer son prochain, mais « voler » 20 cts de « droit d’auteur » à un guignol.

  16. Les paysans durables, c’est bien, les paysans renouvelables, c’est plus écologique… les vers de terre ne me contrediront pas…
    Hommage à André Birre (un grand problème humain, l’humus; une politique de la terre; les cahiers de biopolitique, (avant Foucault)…

  17. En circuit court, l’optimum étant l’ auto-production, la surproduction est équivalente (de l’ ordre de 50%) pour compenser les aléas climatiques ou autres …Mais cette excédent est aussitot réutilisé en rétroaction dans le circuit productif (compost/poules etc ) sans obligation d’investissement energetique ou /et humain .
    A mon avis , comme tous les circuits vivants , les circuits économiques humains ne peuvent qu’ etre « ouverts » , c’est a dire s’ appuyer sur un espace infini . qu’importe si l’ on ne fait que 50 hecto /ha si l’on peut doubler la surface du blé (soit pour une famille , 2000m2 au lieu de 1000m2 ((au pif)))le terrain est bon marché et se loue pour une faible part de récolte .
    Les systèmes centralisés hypertrophiés ont peut etre un meilleur gain pour l’information , mais il semble évident que pour l’économie ou la « vie » la stabilité et l’efficacité passe par l’ éclatement de la structure.

  18. Alors que le parlement français vient d’ interdire aux agriculteurs de re semer leurs propres semences , choix délibéré pour laisser les clefs de l’agriculture aux OGM et donc aux multinationales qui les imposent ( Monsento en tête ! )
    Merci pour ce lien sur la vidéo de mr Bouguignon .

  19. http://www.dailymotion.com/video/xlpx1f_documentaire-city-de-londres-la-finance-en-eaux-troubles_news?start=17#from=embed
    Je vous conseille ce reportage sur la City. « La City n’est pas une perversion du système, elle EST le système ». J’ai trouvé le lien sur le blog de O.Berrurier (mais je ne sais pas passer directement…).
    Ce reportage est passionnant. La City, ses secrets, ses traditions, son colossal pouvoir décrits comme celui du repaire du Dragon des contes de fées

  20. Surplus alimentaires en déshérence, circuits de distributions prédateurs, flux erratiques des produits vivriers, délocalisation des productions, asservissements mercantiles …

    PRODUIRE TROP, POUR PRODUIRE ASSEZ ?

    Sophisme contre sophisme il est plutôt souhaitable de défendre la position symétrique, celle du

    PRODUIRE MOINS, POUR PRODUIRE ASSEZ !

  21. Effectivement, vu de mon côté, la qualité gustative n’est pas toujours là, combien de fois j’ai jeté des fruits achetés tellement ils n’avaient pas de goût. Combien de fois j’ai mangé du steak sans goût, insipide, même au restau, bêtes de stabulation et trop jeunes probablement.

    Ce serait bien que les instituts de recherche se penchent sur les thèses de Bourguignon et qu’ils puissent nous dire ce qu’ils considèrent être une nourriture ayant du goût. Moi je crois savoir, mais eux ? Probablement ont ils le sens du goût atrophié, manque d’éducation et de culture.

    Apprendre ça à l’école, ce serait un bon début. Je ne suis pas fan d’Onfray et de sa critique à l’emporte pièce de la psychanalyse, mais je le rejoins pour ce qui de la nourriture.

    Sinon, un truc qui à l’air intéressant pour l’irrigation des plantes, forme de stockage de l’eau :
    http://www.lepetitjournal.com/mexico/a-la-une-mexico/93859-mexique-eau-solide-secheresse-sergio-rico.html

    Si certains en savent plus sur cette forme d’eau, inconvénients éventuels…ça m’intéresse.

  22. En agriculture, comme en médecine et même en économie, c’est moins la quantité produite ou présente de nourriture de sang ou d’argent qui détermine la « santé », mais plutôt les flux et leurs bonnes répartitions dans tout le système.
    Produire « assez », ce n’est pas possible lorsque les plus voraces doivent être rassasiés, mais on produira assez le jour où ce qui peut être produit durablement sera partagé équitablement.
    Certes, des réserves doivent être constituées à causes des inévitables fluctuations immanentes à la vie. Ces fluctuations, ces rythmes, il faut les accepter, car ils sont nécessaires à la vie. et c’est aussi l’objet de la culture de les rendre supportables, vivables, heureux.
    L’aide alimentaire n’est qu’une aide si elle est accompagnée de l’idée de rendre la dignité à ceux qui sont dans le besoin, elle doit donc viser à les aider à rétablir leur autonomie et leur indépendance, leur liberté. Ainsi, l’éducation, comme élément de transmission de la culture, devrait toujours transmettre aussi les notions de base de l’agriculture à chacun. Des « jardins d’ouvriers » (en all: « Schrebergarten) devraient être mis à la disposition de tous.
    De même qu’une tête bien faite vaut mieux qu’une tête bien pleine , il importe plus de nourrir l’esprit et le corps avec de la qualité qu’avec de la quantité.
    Ce qui détermine, c’est l’attitude et non pas les circonstances.

  23. Comment déconstruire le sophisme libéral « pour produire assez, il faut produire trop » ?

    On produit déjà trop, non? Et on a des obèses d’un coté(trop), des famines de l’autre(pas assez).
    Et produire quoi? viande=bcp de surfaces pour peu de calories, par rapport aux végétaux.

    C’est une production intensive…par agriculteur en fait (nombre d’agriculteur divisé par dix depuis 30 je crois), non pas par m2, nombre de m2 qui diminue sous l’urbanisation (exode rural) galopante (l’équivalent d’un département tout les sept ans je crois en france, au rhythme actuel). (cf C Bourguignon http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Bourguignon )

    De plus le volume produit stagne (voire diminue) pendant que celui pour aider à produire (engrais/pesticide) augmente. Sans compter que çà détruit les sols (« révolution verte« , remembrement, mécanisation, chimie, pétrole (X0 calories pour en produire une de bouffe)).

    çà nous mène donc à la cata, puisque ces « techniques » finiront inutiles après avoir stérilisé les sols et éradiqué les savoirs (re-cf C Bourguignon, Où va le monde ? ).
    Roosevelt qui, suite au « dust-blow » (vent de terre) des années 30, proclama en 1937 « qu’une nation qui détruit ses sols se détruit elle-même ». (nb : çà n’a pas empêché les états unis de promouvoir la « révolution verte », qui traite le sol comme un substrat neutre (mort donc)).

    1. Syllasolfamirédo Merci pour la synthèse de banalités, de lieux communs et d’approximations, de contre-vérités, etc.
      De la belle ouvrage en Syllabique.
      Ps : les dust bowls (et non « blows »…) ont ont entraîné la première révolution agro-écologique moderne, aux US bien sûr. L’intensification et les rendements délirants, c’est d’abord l’Europe et particulièrement la France (10 milliards € d’excédent commercial sur l’agri et l’agro-alimentaire pour seulement 28 millions d’ha de SAU, 10 milliards d’exportation juste sur le pinard et les tord-boyaux en 2011, deuxième secteur d’exportation derrière l’aéronautique et devant le luxe/cosmétique et Cie, 11 milliards de subventions européennes pour 450 000 piquebouzics à temps plein, soit plus de deux deux smic annuels par tête de noeud, c’est ça la France, Pisani et Debatisse avaient dit en 62 aux allemands : « z’avez une industrie qui tourne bien, laissez nous le pognon de l’Europe pour nos paysans », ok, fermez le ban…).

      1. ouaf ouaf aussi à vous Bine-ronds.

        ah? C. Bourguignon, c’est banalités, lieux communs, approximations, et contre-vérités, etc. vous m’en direz tant!

        La mécanisation et les industries pétrochimiques d’engrais et de pesticides, c’est d’abord aux us, les monocultures, c’est d’abord aux us(et en allemagne pour la chimie, encore que les capitaux ne sont peut être pas principalement allemands), et les champs à perte de vue, c’est d’abord aux us. L’intensification par tête de pipe, c’est d’abord aux us.

        Après, le modèle s’exporte : 1 parce que les boîtes us exportent leur modèle 2 parce que sous la concurrence les pays agricoles doivent suivre pour conserver leurs performances. (3 accessoirement, tellement sont fascinés comme vous devant ce magnifique pays)
        On consomme aujourd’hui 10 fois plus d’engrais ou de pesticide à l’hectare en france qu’aux us je crois (mais qui en produit…?).
        « une nation qui détruit ses sols se détruit elle-même ». çà tombe bien pour la fRance, n’est ce pas Bine-ronds?

        Et encore, les accords de blair house (négociés par la commission européenne)stipule que l’europe doit maintenir des jachères et limiter sa production de protéine, au profit des exportateurs us à l’époque (maintenant le brésil leur prend des parts de ce marché je crois).

        Pour les, OGM (c’est d’abord aux us, ces buvoirs à pesticides, n’est ce pas?), le moratoire français est tombé face aux injonctions répétées de l’UE (vous savez, le machin qui est subordonné militairement à la structure US, dont les commissaires libéralisent à tout vent, poussant à fond les privatisations).

        çà m’étonne que vous ne connaissiez pas la théorie de l’avantage comparatif des libéraux : en régime libéral chacun se rabat et se concentre sur son (ses) avantage(s) comparatif(s), avantage(s) qui dépendent aussi bien sûr des acquis historiques.
        Ne vous en déplaise, la france était et est encore aussi un pays agraire, l’allemagne un pays principalement industriel.
        La france a aussi le luxe (fruit de l’histoire), le nucléaire (dans la visée d’europe-écologie, avec le veto au conseil de sécurité), l’aéronautique (rafale bloqué à l’export et soutenu par nos impôts, le reste disparaissant à petit feu, pour cause de taux de change de l’euro notamment(cf Louis Gallois)), et le tourisme, que vous avez oublié. Vu comme c’est parti, restera bientôt que le luxe (et encore), et le tourisme (et encore).

        « Dieu se rit de ceux qui maudissent les conséquences des causes qu’ils chérissent « , disait Bossuet.

        « la première révolution agro-écologique moderne, aux US bien sûr. » oui, bien sûr. des liens peut être pour étoffer ces affirmations?
        Ceci dit, je sais bien qu’aux états unis, la société dite civile est plus réactive qu’en france, et que par ex l’état fédéral a refusé de signer le protocole de kyoto mais que certains états américains sont bien avancés dans la lutte contre le réchauffement climatique.
        La production de produits « bio » est aussi plus développée en allemagne (d’ailleurs en france on importe du « bio » je crois).
        Mais que voulez vous, en france on passe traditionnellement par l’état, et celui ci est passé presque directement des mains de nos élites (pro allemandes lors de la seconde guerre, pro américaines (et donc pro européennes) ensuite. D’ailleurs, çà tombe bien, les américains (leurs élites et gouvernements) préféraient les carpettes vichystes), dans celles de l’UE (à laquelle elles participent) : la démocratie en france est plutôt évanescente…

        P.S. : « subventions européennes »…c’est très surfait : la france verse 19 milliards à l’UE et en récupère 12, principalement au titre de l’agriculture. De plus, une minorité d’agriculteur touche une majorité des subventions.
        Alors « laissez nous le pognon de l’Europe« , vous pouvez y réfléchir…vous qui pourfendez les contre vérités…

      2. Eh ouais ma chèvre, t’es juste le 198ème à citer Bourguignon sur ce blog. Et ça fait juste trente deux ans que je m’intéresse aux problématiques agricoles et aux limites du développement, derrière mon père d’ailleurs qui fut justement au coeur de ce « développement » comme conseiller agricole et paysan-jaciste lambda. Et ces débats, ces rengaines, ces fatwas, ces culs-de-sacs, ces plaintes, ces niaiseries, ces aveuglements, ces mythes, ces grandes peurs, ces « terres mortes », ces « paysans condamnés », ces « démons de l’agro-industrie et du CA », ces « paysans prolétaires » ou travailleurs, « cette agriculture plus autonome et plus économe », ce « retour à la terre », cette agriculture « bio » ou « raisonnée », etc, c’est juste depuis que je suis capable d’entendre quelque chose que j’en entends parler, dans les écoles d’agriculture, privées comme publiques, plus encore d’ailleurs…
        Alors les bêlements monoSyllabiques…

      3. Pour Bourguignon, je ne l’ai pas vu cité sur cette page ; et ce n’est pas vous qui en avez rédigé le billet que je sache.
        What’s the point? C’est censé avoir du sens ce que vous avez écrit, ou c’est juste pour vous défouler?

  24. Le temps, notre maître à tous, et bien cruel.

    Le temps de lire l’article, d’y penser un peu, d’aller au marché s’approvisionner auprès de producteurs, de préparer une réponse, et il n’est déjà plus dans l’actualité du jour.
    Et poutant, comme cette description d’une surproduction démente était riche de réflexions, de questions et de réponses !

    Bonjour tristesse.

    marlowe@orange.fr

    1. Messieurs Dames qui voudraient savoir ce qu’il ne faut et ne faudra absolument plus faire pour consommer durablement et éthiquement, prenez contre-exemple sur mister Marlowe/James.
      L’horreur absolue : aller acheter, comme notre Nanard, avec sa titine chez son éleveur ses caissettes de boeuf bio nourri à l’herbe et aux céréales pendant au moins trois ans. Une aberration rédhibitoire…

      1. Une bête de moins de 3 ans n’a aucun goût, aucun intérêt, autant manger des lentilles pour les protéines, c’est moins cher et a du goût.

      2. Gégé, trois ans c’est beaucoup pour un veau et pas assez pour un boeuf.

        Quant au vigneron, avec de la farine animale non-bio, on doit pouvoir le faire pousser d’un clic de souris.

      3. vigneron si tu parles vis-à-vis du méthane, tu sais peut-être qu’à Copenhague, personne n’a rappelé que le méthane (des bovins, qui digèrent l’herbe et qui a donc les même conséquence qu’une composteuse en gaz produit) créer 4 fois plus d’effet de serre que le CO2, mais sur 10 ans et non sur 120 ans, comme le CO2 de nos voitures.

      4. C’est bien évidemment un zig vivant chez des bouffeurs de choucroute qui vient causer barbaque à un girondin bouffeur d’entrecôte marchand-de-vin, de limousine, de blonde d’Aquitaine et de boeuf bazadais…
        T’as une idée du bilan protéique, énergétique et en sau par kg d’un boeuf élevé pendant trois à cinq ans à rien branler d’autre que de bouffer de l’herbe et des céréales juste pour la gueule et la bonne conscience des zéclairés zélés zépicuriens zécolos zé friqués du genre Nanard Marlowe ? Un boeuf dans le temps on le mettait à l’engrais avant de le vendre au boucher, soit, mais il avait bossé quelques années d’abord, ok ? Aujourd’hui produire du boeuf c’est juste une luxueuse aberration, point.

      5. Le Nanard, si tu t’étais fadé la récup, le transport et pesage ne serait-ce que d’une demi-douzaine de broutards limousins semi-ensauvagés de 300 kgs à 6 mois, tu causerais pas comme ça de « veaux » de 36 mois et d’une tonne vifs…

      6. à Samuel,

        Un conseil : mangez du poisson à petites doses, des fruits, des légumes et buvez un peu de vin, un ou deux verres, mais pas plus, et du BIO, sinon vous finirez mal.

      7. Donc on retourne l’Auvergne, les bords de cours d’eau, les zones humides, les terrains en pente et si on peut pas, on laisse pourrir l’herbe, en attendant les incendies, comme l’avait prédit les bergers dans le sud, quand y seraient plus là.
        Vigneron préfère les canadairs et le soja en protéine peut-être.
        Sans viande on n’a pas assez de protéine local, à moins de vouloir les allergies aux exogènes (heureusement le soja est assez neutre comme en goût), où un déficit en protéine, Marlowe n’a pas tord. Je préfère qu’on consomme moins de viande (mon assiette est toujours rempli de 2/3 de légume pour un tier de barbac, bizarrement, sans légume j’aime moins la viande, mais j’ai pas dit sans sauce 🙂 et de du poisson et fruit de mer, y à l’atlantique pas loin, les coquilles de moule, c’est pour les poules et leurs oeufs)
        La connerie, c’est la prime au maïs conservé dans les DPU, pour faussé la concurrence, c’est pas mal.
        Franchement, regarde le monde, si tu le sauves sans manger de viande, tu le sauveras pas plus qu’en remplaçant le capital privé en capital national. C’est ridicule, des présupposés à deux balles qu’on s’envoie pour ce donner bonnes consciences, parce qu’on est pas foutu individuellement d’imaginer les conséquences. Donc sur la Barbac tu sauves que dalles.
        La première cause des famines, c’est pas la météo ou la viande, c’est la guerre.
        La deuxième c’est l’endettement et les conséquences économiques (pas d’institutions protectrices, de crédits, etc…).
        La troisième c’est que les cours des productions vivrières ne sont pas assez rémunérateurs par rapport aux cultures d’exportations (pour pays occidentaux), cacaos, cotons, cafés, drogues (et oui).
        La quatrième c’est l’accès des paysans à la terre (et pas aux puissances mondiales).
        Et pour nos régions, c’est que le salaire est déterminé par le travail et qu’il s’en va pour une partie, mais n’est pas finançable pour les autres (les robots ils ont bon dos, aller demander aux médecins, aux paysans, aux commerciaux, aux cadres, au commerçants, au pme, aux militaires, aux pompiers volontaires etc.. si ils font 35 heures, c’est une blague)
        Alors minot, si tu sauves le monde: « bien à Toi », on en est là, chacun sa petite conscience et sa petite raison (même si je me méfie de donner une seule fois raison à Marlowe, je vais peut-être le regretter toute ma vie 🙂 ).
        Alors que le souffre dans le vin, c’est qu’on manque de charité chrétienne envers les producteurs 😉
        On a une dette envers les animaux domestiques, sans nous, ils sont morts, demande leur entre ne pas vivre et être manger ce qu’ils préfèrent.

      8. Samuel, t’as rien pigé. T’es pitoyable. Je causais de l’attérant Marlowe qui voudrait que le monde entier se mette à suivre son régime carné à base de boeuf gras bio de 4 à 5 ans. Et donc qu’on envoie à l’équarissage, tes laitières de réforme, désormais bonnes pour les fours crématoires. T’as compris là ? Tu sais comme moi que le boeuf véritable c’est absolument peanuts dans la production comme dans la consommation bovine française.
        J’ai dit plus haut qu’on consommait en Europe grosso-modo 40 % de protéines animales en trop et 40 % de protéines végétales en moins par rapport à l’optimum généralement admis par les nutritionnistes. On est à 70 % de protéines animales pour 30 % de végétales, on devrait être à fifty-fifty. Et pour ce résultat aberrant on importe des dizaines de milliards de kgs de soja ogm des Amériques à prix d’or et on transforme les céréales excédentaires des franciliens et autres en poulets et en porcs, sans compter ce qui part en éthanol, ni les protéagineux qui crament en diester sous les pistons de nos moteurs diesel Peugeot/Renault et Cie, en carburant scandaleusement détaxé dans un gazole lui aussi honteusement sous-taxé…
        Et je réitère, contre toutes les bonnes âmes du blog, les ravis d’la crèche nourris à la bonne conscience pseudo-écolo et au pseudo bon sens : il faut réintroduire les farines animales dans les rations des élevages européens et cesser ce crime contre l’humanité consistant à faire brûler ou à transformer en ciment ou en engrais azoté bio des protéines à très haute valeur nutritive quand à coté de cela la moitié seulement du poids de carcasse des bovins est destiné à la conso humaine en France.

      9. Tu aides pas à piger 🙂 (Même Marlowe a sa part de vérité, bon caché derrière une idéologie gravé au fer rouge 😉 en espérant qu’il a de l’humour )
        Les farines logiquement si elles sont bien cuite peuvent nourrir les omnivores, sinon pour les herbivores, la voie naturelle c’est la décomposition qui fertilise l’herbe qui nourrit les vaches. Le bœuf de 5 ans c’est plus terroir imagé que bio.

        D’ailleurs faudrait rappeler les bases:
        Le bio c’est un regard sur la médecine et la chimie « agressive »
        Le terroir c’est une mode de production qui a été sélectionné par des millénaires et qui était assez cohérent (enfin les bœufs partaient pour Paris et les paysans remerciaient Henri IV de leurs laissés une poule au pot)
        L’agriculture intégré c’est un regard sur l’agriculture dans l’environnement
        Le semi directe, c’est un regard sur l’énergie et le sol
        La vente directe c’est un regard sur le social, la transformation et l’économie
        Et à moins de modifier des humains en superman, ces regards sont contradictoires, car à focaliser sur un axe, on n’attend pas les autres (semi directe contre bio, terroir contre agriculture intégré, vente directe contre regard agronome, vendre et produire c’est pas le même regard).
        D’où un espoir de synthèse dans le durable (première version, pas le patch actuel à la continuité) ou tout ces facteurs étaient intégré sans exclure les autres et éviter les débats stériles (la chimie c’est le mal, mais non c’est le pétrole, mais non c’est la monoculture, mais non c’est l’intensification, mais non c’est l’absence de conservation du milieu, mais non c’est l’élevage, mais non c’est les subventions..), qui permettent aux grands groupes de continuer tranquille et de vendre de nouvelle recette « à l’ancienne » (appellation onirique contrôlé).

      10. à Samuel,

        Rassurez-vous, j’ai de l’humour, et parfois aussi un peu de patience…
        Je ne vois pas de quoi vous parlez en évoquant « une idéologie gravée au fer rouge ».

        Le vrai débat pour l’agriculture, comme pour nombre de productions, est entre artisanat et industrie, qualité et quantité, sans oublier les modes d’échange entre les producteurs et ceux qui veulent usage de leurs produits.

        Par ailleurs, je décommande fortement à tous de manger de la viande rouge à chaque repas.

      11. Samuel, «pour les herbivores, la voie naturelle c’est la décomposition qui fertilise l’herbe qu nourrit les vaches»… Ah ouais ? Parce que c’est « naturel » de nourrir, par exemple, 24 millions de vaches en UE pour leur faire produire et s’enfiler 135 milliards de litres de lait par an ? A plus de 6 000 litres par vache en moyenne, voire plus de 8 000 comme au Danemark ou en Finlande ? Et voir des pays comme l’Allemagne ou juste en-dessous la France produire autant ou plus de lait que la Chine ?
        Par ailleurs tu dois connaître parfaitement en tant que professionnel l’histoire de l’utilisation des farines animales, que le premier mémoire sur le sujet date de 1830 et que celui qui a développé leurs usages à partir de 1850 etait un chimiste allemand du nom de von Liebig, un baron génial (et oui les soupes Liebig et les bouillons en cube à base de farine animale…), inventeur de l’agriculture industrielle et, je cite Wikipédia, «dont les thèses ont un retentissement jusqu’au XXI e  siècle, et son influence parmi les écologistes et l’économiste Nicholas Georgescu-Roegen est indéniable»…
        Idem pour leur usage intensif à partir de 1973 pour contrer l’embargo US sur le soja, tu connais l’histoire j’imagine. Comme les conséquences du laxisme dans les procédés de fabrication en GB dans les années 1980, parallèlement aux politiques de dérégulation et privatisation de l’administration thatchérienne…
        Mais je perds mon temps, tu connais tout ça par coeur, évidemment.
        http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Justus_von_Liebig
        http://www.sifco.fr/nos-metiers/un-peu-d-histoire

      12. Marlowe, le fer rouge, c’est qu’en général, à toute problématique, votre solution apporté est supprimé le capital privé. Je dis pas que l’avarice aide les gestions humaines, mais qu’il y a des problèmes ou cette approche n’est pas suffisante. Mais je le dis sans grandiloquence. Et je m’en veux un peu parce qu’on a déjà bien confronté nos points de vues et que je dois respecter ceux des autres.
        Vigneron, ouais, manger des pilules aussi c’était l’avenir. Mais ça colle pas, l’alimentation c’est pas que nutritionnel, ça parle aussi aux cerveaux et les farines pour les herbivores (même bien cuite), c’est comme des œufs carrés, du lait vert et de la viande avec une texture friable, ça le fait pas. Alors que spécialisé un animal on a l’habitude, regarde un loup et trouve le ratier ou le Saint-Bernard dans son regard et pourtant c’est nous qui les avons sélectionnés ainsi.
        Sans connaitre par cœur (l’avarice qui diminue la température, y a toujours trop de charges), je sais que des erreurs analogues dans d’autres domaines, avec bien plus de mort et de danger, ne couvre pas les médias pendant des mois. C’est pas pour rien, c’est pas que les médias (c’est comme dire que le soleil est vert et l’océan jaune, on s’y habituera pas) de toute façon y aurait assez pour les mono-gastriques comme les poules et les cochons (mais pareil pas les poissons).
        Une protéine qui parasite le cerveau, aucun scientifique n’y aurait cru, faut être humble aussi avec les cycles.
        Tu as tout as fait raison sur les protéines végétales, mais entre des brocolis (à la crème) du jardin et ceux d’une cantine (si ça existe encore, entre les pattes et les frittes), y à du boulot

      13. Tu n’as pas citer le pire, en 1989 la Grande Bretagne interdit la consommation de certains abbats, mais pas leurs exportations….(c’est déjà au delà de ma définition du cynisme) faudra attendre quelques années, pour qu’on donne raison à la France et à un embargo.
        Sauf que la France fait toujours cocorico et c’est caché derrière la traçabilité, hors une maladie alimentaire ne peut ce résumer à un livret de famille. Alors la bureaucratie nous fatigue ce laissant croire à ces propres papiers, plutôt qu’à sa logique (quand on s’intéresse à la généalogie d’une maladie alimentaire c’est qu’il est dix fois trop tard).
        La dernière nouveauté c’est le numéro d’ordre des vétos, sur les cartes sanitaires.
        Les abattoirs ont des process à risque vis-à-vis des steaks hachés (enfin surtout de l’autre coté de la ligne Maginot), alors bureaucratiquement faut trouver un responsable.
        La DSV choisit donc les vétos, qui passent une à deux fois par mois dans les élevages et qu’on pourra appelé à la moindre salmonelle, comme ci ils y pouvaient quelques choses (tu m’étonnes que le libéralisme passe si ben, cela revient à dire aux institutions vous êtes responsables de rien c’est le marché et sinon trouver des boucs émissaires occasionnels qui n’auront pas les moyens de lutter).
        Mais les process des abattoirs ne seront pas remis en cause, c’est bon on a un futur responsable à la base de la chaine (comme les boucles sur les bovins, comme les déclarations amiantes, comme la prescripteur plutôt que les autorisations de mises sur le marché..)
        C’est cool on garantie le risque des process industriels et toutes responsabilités des institutions avec quelques professions libérales et quelques petits patrons.

      14. Un autre exemple de logique paperasse idiote. j’ai une charte de qualité, contrôlé par ma coop, qui m’oblige a conserver des tickets de semences pour prouver que je ne sème pas d’OGM (c’est à moi de justifier que j’en sème pas….), mais ma coopérative à le droit de me vendre des aliments OGMs, qui ne sont pas (lorsqu’ils proviennent de ma coop ou d’un autre fournisseur agréé) interdits dans la charte….
        (lisez le deux fois, c’est juste notre quotidien, des papiers idiots qui culpabilisent les petits, des dérogations monstrueuses qui couvrent les gros).

      15. Aller on finit la boucle (mesdames et messieurs les lecteurs, je vous présente mes excuses à cette litanie).
        Même dans un pays qui défend qui n’a pas la commission Européenne, mais conserve un marché fermé du lait et une adaptation au subvention sur les céréales par des aides assurancielles je parle du Canada. On a de la détresse psychologique (argument qu’on peut valider a pas mal de classe professionnelle).
        http://fr.canoe.ca/infos/regional/archives/2012/02/20120218-152419.html
        Et c’est toujours la même histoire, plutôt que d’affronter une réalité économique plus difficile (une distance plus longue pour accéder aux champs, selon un ancien billet de Paul Jorion) on parle de psychologie (vaudou et sorcellerie moderne, ou matérialiste).
        Le problème n’est pas la différence de revenu entre l’agriculture et le revenu moyen (ou entre les classes basses et hautes), mais bien de former des psys dans les classes moyennes pour tempérer les basses (du suicide ou de la colère).
        Le problème économique est résolu, on ne change rien, vive les psychologues occasionnelles.

  25. J’aime pas trop comment le problème est abordé, on parle de production excédentaire (au sens structurel, tout à fait d’accord avec l’aide humanitaire détourné), mais pas de consommation.
    A la campagne, quand c’est les pommes on mange des pommes, puis des tartes, des compotes, etc…. quand c’est les haricots on mange des haricots et ont fait des conserves, quand y à des restes on les retravaille pour les finir le soir, le pot-au-feu devient une salade etc…
    A la ville, c’est les vitrine des commerces qui donnent l’envie (et la pub), quand y à des restes on jette (beaucoup de personnes vide 10% des courses passés périmés, avant d’y ajouté les nouvelles). Comment voulez vous gérer les différents rendement sans planification de la consommation, dans le rêve du tout local, ça veut dire si cette année y à pas de tomates, mais énormément de poirot, on en mange un maximum (on importe pas de tomate), pour en conservé un minimum (la conservation, c’est aussi une dépense d’énergie).
    Quand au pourquoi y aurai pas de tomate, c’est simple, la chimie lisse les rendements (même si je n’en suis que l’avocat partiel, le productivisme, c’est: « tout sauf les tickets de rationnements » ), alors sans pesticide, on subira dans nos assiettes le bon vouloir de la météo.
    Enfin le marché (et les commerces) en bradant les invendues faisait une partie de cette gestion des stocks périssables.
    Entre le fast-food,les supermarchés et cette planification de consommation, je suis pas sur que ce soit les paysans, les plus problématiques, loin de là, mais gérer et avoir de la créativité avec la nourriture, ça demanderai trop de temps à nos modes de vies.

    1. C’est bien ce que je dis : le temps est tout, l’homme n’est rien, seulement la carcasse du temps, comme disait Marx.

    2. @Samuel:
      ///// J’aime pas trop comment le problème est abordé, on parle de production excédentaire (au sens structurel, tout à fait d’accord avec l’aide humanitaire détourné), mais pas de consommation.
      A la campagne, quand c’est les pommes on mange des pommes, puis des tartes, des compotes, etc…. quand c’est les haricots on mange des haricots et ont fait des conserves, quand y à des restes on les retravaille pour les finir le soir, le pot-au-feu devient une salade etc… /////
      Tout a fait ! on fatigue meme parfois a manger des asperges … En ce moment , pas grand chose apres le froid : Des poireaux qqs oranges et qqs brocolis ..alors on fait des soupes avec les poireaux et les congelés de l’ été … des Pizzas aussi avec les coulis de tomates courgettes poivrons congelés ….Le mieux ce sont les oeufs … Ridicule le prix d’ une douzaine meme bio , sauf que qd on a 4 poules , y’a toujours trop d’oeufs , alors on retarde le moment d’aller en course …toujours une solution avec des oeufs …et on achète moins de conneries ..
      Le plus dur c’est de voir ses poireaux monter et les fraises se perdre . Le relationnel est different . Il faut respecter le jardin et manger ce qu’il produit , par respect pour son travail …on a mis trop de chou fleurs ..Marre du chou fleur ! c’est pas facile a faire comprendre aux gamins.

  26. Comme plusieurs commentaires l’ont relevé Pierre Rhabi dit avec raison que cultiver son jardin est un acte politique ;
    je dirai que c’est un acte politique qui se classe dans l’exemplarité individuelle qui montre le chemin; mais sans indiquer la stratégie ; la politique est plus affaire de stratégie ; le but étant posé ,comment y parvenir ? Comment y parvenir ,non individuellement mais structurellement , collectivement , sociétalement ?
    Si l’on prend au sérieux ce cultiver son jardin , cela signifie une recomposition en profondeur de la société en terme de mode de vie et d’aménagement du territoire .
    On a une piste , que d’ailleurs tout le monde connaît mais qui parait fort improbable tant ce même tout le monde reste attaché à l’existant comme l’âne à son piquet. Le changement fait peur , la corde qui m’attache , le piquet qui me contraint , au moins je les connais ; et puis n’est ce pas la vie qui est ainsi ? preuve en est autour de moi : rien que des ânes attachés qui broutent dans le même pré . Sauf que ce pré est une très grande cité .

    1. Cultiver son jardin est un acte politique , ..parce qu’ il permet (symboliquement) de se mettre en recul , en autarcie ‘symbolique) .. En greve de consumérisme . Ds les années 30 à 60 , pour nombre de gens , paysan n’etait pas un métier , mais un mode de vie ..Ils avaient souvent un autre métier (ouvrier agricole intermitant , couvreur , épicier ….. ) C’etait un mode de vie qui permettait un mode de « survie » sur qqs ares , poulets et lapins … sécurité que beaucoup aimeraient avoir de nos jours. Dire merde au système et produire juste suffisamment de surplus pour payer ses impots ..
      Ce mode de vie nous met « en sécurité » et permet de « voir venir » sans dépendre d’autres conjectures et du choix des autres …ce qui permet d’affirmer les siens (de choix) , sinon de les imposer .

      1. Ah bon ? Et qu’est-ce que font alors tous les Ducons coincés dans les villes ? Faudrait p’têt bien sortir de temps en temps de ton trou perdu mister kerkoz, qui ressemble de plus en plus à une tour d’ivoire symboliquement de même.

      2. @Octobre:
        Les années 50 ont trouvées de bonnes raisons pour s’ y entasser dans les villes …..Il n’ y a peut etre plus de raisons d’ y rester.
        J’ aime bien la notion de « trou » ….. ça connote sévère!

  27. Je constate que « Vigneron » fait des émules… (cf « Octobre » 19 février 20 h 20).
    A quoi bon ces propos (?) et transformer les « Ducons-coincés-dans-les-villes » en victimes ? (destinés inexorablement à être « attachés à leur piquet » ?).
    (J’ajoute) cordialement.

  28. Très bon billet.

    L’économie consiste, sauf erreur de ma part, à plancher sur « comment subvenir aux besoins (infinis?) des individus avec des ressouces limitées ».
    La problématique soulevée par ce billet montre qu’il n’est pas impossible que l’on marche parfois sur la tête.

    A lire les commentaires, je note que ça pique pour certain.

  29. Comment déconstruire le sophisme libéral « pour produire assez, il faut produire trop »

    Ce n’est malheureusement pas aussi simple.
    Chacun ici a compris que l’idéal, pour chaque pays est d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. C’est évidemment sur le plan environnemental, sanitaire, économique, le mode de fonctionnement le plus rationnel.
    Mais si vous parcourez le monde et notamment l’Afrique, vous comprendrez que pour atteindre cette autosuffisance alimentaire, les investissements à réaliser sont considérables: éducation, formation, planification (y compris démographique) remembrement foncier, machinisme, sanitaire, réformes de structure: eau, assainissement, routes, ports, coopératives agricoles, silos de stockage…) … L’autosuffisance alimentaire, pour beaucoup de pays, c’est une aspiration mais une simple vue de l’esprit.
    L’autosuffisance, elle est planétaire ou elle n’est pas, sinon il y a non assistance à personnes en danger. Les riches doivent payer pour les pauvres. Certes, concomitamment à l’assistance directe, l’aide doit être fournie in situ en matière d’investissement et d’infrastructure.
    Enfin et par ailleurs, si vous étiez réellement agriculteurs, vous sauriez que pour « produire assez, il faut produire plus » car on intègre toujours le facteur « aléas » (climatique, sanitaire…) en agronomie.

    1. Pour faire suite, nous pourrions complexifier le sujet en tentant d’analyser le concept « d’autosuffisance alimentaire » selon le modèle de société projeté: US en autosatisfaisant les obèses, Européen, en visant la longévité maximale et optimisant la santé, Africain avec objectif d’accroître de 5% an la durée moyenne de vie… (au risque de sombrer dans le délire Guéant ) ou alors, tous pareils !

    2. @ Polaire : 100% d’accord

      Aucune révolution n’est possible dans un pays qui n’atteint pas l’autosuffisance alimentaire…Tôt ou tard, les Egyptiens et les Tunisiens vont s’en rendre compte…

  30. En ce moment PISANI sur FR culture; A ne pas rater, une assez bonne clairvoyance (retour a une certaine ruralité) et un « méa -culpa » qui montre l’ honneteté du gus .Il se plante juste sur un utopique « gouvernement mondial des terres ».

    1. à zevengeur,

      Un libéral vous dira que les soins du cancer sont donc un marché en croissance.
      Claude Allègre et un vigneron vous diront que l’action de l’agriculture industrielle falsifiée n’est pas prouvée, d’autant plus quand l’exigence de vérité a disparu de la société.
      Ceux qui acceptent tout vous diront « c’est ainsi, et que faire ? »
      D’autres encore diront « c’est le progrès et le prix à payer qui va avec ».

      1. En effet, un lobby nous empoisonne et un autre nous soigne, ça fait marcher le bizness c’est l’essentiel.

        Et finalement, puisque officiellement le cancer n’a pas de cause (sauf les 20% dus au tabac), nous sommes probablement dans une logique non aristotélicienne.
        (Remarquez qu’avec des spécimens comme Allègre, on entre de plein pied dans le domaine de la crétinerie et de l’incompétence la plus totale, normal on est proche du pouvoir politique !)

      2. « Claude Allègre et un vigneron vous diront que l’action de l’agriculture industrielle falsifiée n’est pas prouvée, d’autant plus quand l’exigence de vérité a disparu de la société. »

        « En effet, un lobby nous empoisonne et un autre nous soigne, ça fait marcher le bizness c’est l’essentiel. »

        Dire que ce n’est pas prouvé ne veut pas dire que ce n’est pas vrai, et encore moins dire que ce n’est pas prouvable. En tout cas ca a l’avantage de ne pas fertiliser encore plus le grand champ aux folles idées reçues, ou toute étude montrant un effet est posée sur un piédestal tandis que toute étude niant un effet est déconsidérée comme étant une œuvre des lobbys, pile je gagne et face tu perds.

      3. Si tant est que l’on prouve l’influence massive de l’agriculture industrielle et de la malbouffe sur l’augmentation des cas de cancer, faudra encore prouver qu’elle a provoqué plus de morts précoces et de mal que ceux de la malnutrition et des intoxications alimentaires totalement « naturelles » qu’elle aura permis d’éviter à quelques milliards de terriens depuis un siècle, braves petits français surnourris.

      4. @ Vigneron

        Croyez vous vraiment que l’on ai pas d’autre choix que pour avoir le ventre plein, il faille crever d’un cancer ?

        Le BIO peut être également de la High Tech, si l’on collecte tous les savoir faire de la planète dans ce domaine et qu’on établisse un catalogue de bonnes pratiques, on serait capable de nourrir tout le monde sans dégâts collatéraux.

        Après il faut aussi se poser certaines questions sur notre régime, par exemple sachant qu’il faut 8 kg de céréales pour « fabriquer » 1 kg de viande, il vaudrait peut être mieux manger les céréales aussi riches en protéines et moins toxiques, sans même parler de la super junk food donnée aux animaux (retour des farines animales, OGM, etc…) .

  31. Plus besoin de nourrir les animaux avec des farines animales pour ensuite manger les animaux, mangeons de suite de la farine animale.

    « Pour ce premier hamburger, M. Post a utilisé des cellules des muscles du squelette de bovins cultivés dans du sérum fœtal de veau. « Les tissus produits ont exactement la même structure que les originaux », a assuré ce scientifique, qui assure que la viande produite en laboratoire pourra être contrôlée pour présenter certaines qualités : contenir par exemple des niveaux élevés d’acides gras polyinsaturés (omega 3) bons pour la santé ».

  32. A mon humble avis, il vaut mieux produire trop que trop peu !

    En produisant trop, les prix restent abordables au plus grand nombre et l’excédent est au moins disponible pour nourrir les indigents

    Inversémment, dans une économie de rareté, les prix explosent et de toute façon il n’ y en a pas pour tout le monde.

    Et si on évoque l’impact écologique de la surproduction agricole, cela provient avant tout de l’explosion démographique…car même avec une population réduite (en supposant que cette possibilité existe encore quelque part) , la surproduction agricole reste nécessaire et l’impact égologique est alors contenu. Le problème écologique actuel n’est donc pas agricole mais démographique.

    La nourriture n’est pas un produit comme les autres, c’est pourquoi sans hésiter je vote pour la surproduction agricole ! L’économie agricole ne peut se permettre d’être d’éconnectée de la réalité c’ est pourquoi on peut se féliciter qu’elle s’étudie séparément de l’économie tout court !

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