FUKUSHIMA : L’ANNIVERSAIRE IMPOSSIBLE, par François Leclerc

Billet invité

Le 11 mars 2011, suite à un séisme, le tsunami détruisait le mur de protection de la centrale de Fukushima et, par un enchaînement de circonstances, déclenchait la quatrième grande catastrophe nucléaire d’une industrie depuis mise en question.

2ème PARTIE

Les langues commencent à se délier et les documents à sortir. Un document officiel prouve que le gouvernement était le 11 mars même informé du risque de fusion du combustible, dont il a nié l’existence avec Tepco pendant deux mois, jusqu’à la mi-mai. C’est à partir des données contenus dans ce rapport que le rayon d’évacuation autour de la centrale a été élargi le lendemain de 10 à 20 km, selon un autre compte-rendu de réunion à Tokyo. Yukio Edano, alors porte-parole du gouvernement et depuis ministre de l’économie et du commerce de l’industrie a tenté de faire amende honorable : « J’accepte humblement d’être critiqué parce que je ne pouvais pas vous dire qu’il y avait un risque de fusion ». Ce n’est qu’un début…

Autour de la centrale, les zones évacuées sont principalement contaminées par le césium 137. Le gouvernement a pour objectif de symboliquement permettre le retour d’une partie des 210.000 Japonais déplacés, qui ont dû tout quitter dans la précipitation ; il est prévu de décontaminer sur une grande échelle les territoires qui sont le moins atteints, afin de les assainir. La zone interdite va dans l’immédiat être redéfinie d’ici à la fin du mois, le rayon de 20 km ne correspondant pas aux mesures de contamination effectuées et aux évacuations réalisées.

Mais les conditions rudimentaires dans lesquelles ce chantier colossal va débuter, de premières expérimentations étant déjà en cours, sont sources d’inquiétude, les entreprises sélectionnées (les mêmes que celles qui ont construit les centrales nucléaires japonaises) n’ayant aucune expérience ou savoir-faire dans ce domaine, la cartographie de la contamination étant par ailleurs sommaire – celle-ci est très irrégulièrement répartie – et incomplète pour les zones forestières.

Dans le meilleur des cas, leur intervention va bouleverser l’écosystème, tous les arbres devant être coupés et la végétation arrachée, la terre enlevée sur une profondeur de plusieurs centimètres et une surface de quelque 2.400 km2 ; dans le pire des cas, elle va aboutir à la création de vastes zones de stockage provisoires où vont être enfouies de formidables masses de terre et de végétaux contaminés après avoir été déplacées, estimées entre 30 et 100 millions de mètres cubes. Il faudra leur trouver ensuite des lieux de stockage moins précaires. Sans compter le danger provenant du ruissellement des eaux contaminées après utilisation de karchers pour nettoyer les rues et les milliers de maisons et bâtiments des villages et bourgs, qui rejoignent fatalement les égouts, les nappes phréatiques, les zones encore relativement préservées, ainsi que la mer. Enfin, au gré de ces ruissellements comme du vent, la pollution se déplace, rendant plus aléatoire la décontamination au final, car il faudrait revenir sur ce qui a été fait. Le fera-t-on ? Combien d’années seront nécessaires pour quel résultat au final, et pour quel coût ? Une enveloppe budgétaire de 10 milliards d’euros a été annoncée.

Il n’est pas certain que toutes les conséquences de cette décision politique aient été bien pesées et que la vie puisse, au terme de ces opérations et selon l’expression, reprendre ses droits, comme les autorités vont tenter de le démontrer. La normalisation est une gageure, à Fukushima comme à Tchernobyl, où elle n’a même pas été simulée.

Condamnés à vivre dans des conditions précaires pendant des dizaines d’années, beaucoup des réfugiés de Fukushima ne retourneront jamais sur leurs terres en raison de leur âge. D’autres pas davantage, car ils habitaient dans des zones trop contaminées qui resteront interdites. Souvent agriculteurs, ils ont perdu non seulement leur maison mais leur outil de travail, la terre dans un pays où elle n’est pas abondante. Leur avenir va être mesuré à l’aune des dédommagements chichement comptés qu’ils vont pouvoir obtenir de Tepco, qui multiplie les embûches administratives dans l’espoir de les décourager de persévérer.

Au plan sanitaire, l’inventaire des doses d’éléments radioactifs auxquelles la population a été exposée n’a pas encore été fait ; il ne le sera jamais véritablement, étant donné la nature et l’imprécision des mesures effectuées au début de la catastrophe, lorsque la centrale a dégagé dans l’atmosphère une importante pollution. Elle s’est ensuite déposée sur les bâtiments et les sols, au gré des vents et des pluies, et aussi suivant la nature des radio-éléments et leur poids. Pour ensuite pénétrer dans la chaîne alimentaire, donnant lieu à de retentissantes découvertes avant que des mesures sanitaires ne soient prises.

Les premières études épidémiologiques mises en place par les autorités ne pourront donner de résultats qu’ultérieurement, afin de déterminer la nature et la prévalence des pathologies qui pourraient résulter de l’exposition des habitants de la région de la centrale. Un suivi médical est prévu pour les trente années à venir : deux millions de personnes vont pour commencer être interrogées, les 210.000 personnes évacuées soumises à des bilans médicaux réguliers, et les enfants des 20.000 femmes enceintes lors du démarrage de la catastrophe vont faire l’objet d’un suivi particulier. 360.000 enfants vivant dans la préfecture de Fukushima bénéficieront d’une échographie de la thyroïde tous les deux ans jusqu’à leurs 20 ans, tous les cinq ans ensuite.

L’ampleur de ce dispositif est révélateur des conséquences médicales potentielles – maladies génétiques et cancers – qui sont redoutées et a pour objectif de les traiter au mieux et au plus vite, si elles apparaissent. En réalité, il existe peu d’études sur les cas d’exposition radioactive faible mais cumulée, celles existant portant sur les conséquences d’expositions plus importantes, la science avance donc en terrain peu connu.

Au plan financier, Tepco est maintenu hors de l’eau par l’État, tandis que les coûts que la compagnie doit supporter enflent. À ceux qui résultent des opérations entreprises à la centrale vont s’ajouter ceux de son démantèlement. Tepco va également devoir dédommager, même a minima, les centaines de milliers de personnes affectées par la catastrophe, l’État prenant à sa charge les frais de décontamination des vastes territoires environnants la centrale. Enfin, 42 actionnaires de Tepco poursuivent 27 dirigeants de l’entreprise et réclament 55 milliards d’euros de dédommagements, en raison des pertes qu’ils ont subies et au motif de la négligence dont il a été fait preuve en matière de sécurité. Quel va être le coût du kWh nucléaire japonais, lorsque le trait de l’addition aura été tiré ?

Avec une capitalisation boursière effondrée et divisée par dix, et une trésorerie à sec, Tepco mène une bataille farouche afin de préserver son indépendance vis-à-vis de l’État, qui a effectué deux avances financières pour 15 milliards de dollars. Seize des 17 réacteurs de son parc nucléaire sont arrêtés, ne produisant plus de recettes, tandis que l’opérateur doit importer à grands frais du pétrole et du gaz pour alimenter ses centrales thermiques, sans pouvoir augmenter comme il le voudrait ses tarifs. Les pertes s’accumulent en dépit d’une baisse des salaires de 20 % et de manoeuvres dilatoires destinées à retarder le versement des dédommagements à un million et demi de Japonais. Ceux-ci interviennent pour 44 milliards d’euros dans une facture globale actuellement estimée à 54 milliards, qui devra certainement être revue. Dans l’espoir de retrouver son équilibre financier, Tepco s’efforce d’emprunter sur le marché tout en évitant de céder des actifs, donnant de l’entreprise une image aussi sinistrée que sa centrale.

Cette dernière, ainsi que les territoires contaminés qui l’entourent, vont être comme une gigantesque cicatrice, l’empreinte démesurée de ce qu’il peut vite advenir – et qui a été contenu de justesse cette fois-ci – quand les installations électronucléaires connaissent des défaillances pour des raisons contre lesquelles rien n’a été prévu.

Le risque zéro ne pouvant pas exister, comment justifier la poursuite de cette très dangereuse aventure, au vu de ses conséquences quand elle tourne mal ? Que vaut l’affirmation selon laquelle l’énergie électronucléaire serait d’un coût avantageux, quand on ne sait pas sérieusement estimer celui du démantèlement de ses installations, ainsi que celui du stockage de très longue durée de ses déchets, pour ne pas parler de celui de ses catastrophes ? Quelle est l’équation financière finale pour les centrales de nouvelle génération, pour lesquelles de nouvelles précautions sont mises en oeuvre – mettant en évidence qu’elles ne l’étaient pas auparavant – avec comme conséquence un inévitable renchérissement des coûts qui implique de prolonger la durée d’exploitation d’un parc de réacteurs vieillissant et vulnérable ?

Tout cela fait beaucoup pour sauvegarder quelques intérêts, même s’ils se prévalent abusivement de l’intérêt général.

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85 réflexions sur « FUKUSHIMA : L’ANNIVERSAIRE IMPOSSIBLE, par François Leclerc »

  1. Merci pour vos articles.
    Pour compléter votre propos, voir l’excellent documentaire http://videos.arte.tv/fr/videos/enquete_sur_une_supercatastrophe_nucleaire-6439122.html
    (à voir avant mardi soir, date à laquelle il disparaîtra du site d’ARTE+7). Il contient des images inédites de l’intérieur de la centrale, filmées par un journaliste indépendant qui s’est engagé comme technicien de décontamination ! Saisissant et très instructif, autant sur la situation réelle que le degré de collusion de la presse, japonaise comme européenne.

  2. Tout cela fait beaucoup pour sauvegarder quelques intérêts, même s’ils se prévalent abusivement de l’intérêt général.

    L’intérêt militaire n’est pas négociable !

      1. @charly
        Les grandes puissances militaires ont besoin de la bombe atomique et donc d’une industrie nucléaire si possible de pointe. L’armée française n’abandonnera jamais ( en tout cas pas de sitôt ) la filière nucléaire sous peine de quitter le premier plan. Et pour elle ce n’est pas négociable. A moins qu’on réussisse à créer des bombes solaires ou éoliennes aussi dissuasives…
        A noter que seuls 5 pays ont un droit de véto à l’ONU : les 2 puissances nucléaires majeures ( Russie et USA ) et les 3 puissances nucléaires moyennes ( France, Chine et Royaume-Uni ).
        Bonne fin de week-end et longue vie à ce blog.

      2. Regardez cette vidéo, juste les premières minutes.
        Tout est dit de la collusion entre le nucléaire civil et militaire.
        C’est exactement la position de Gotul, par la voix officielle.

        Cette voix officielle c’est Jacques Repussard, le directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) dans sa leçon inauguraleleçon inaugurale pour le cours de Génie atomique destiné aux futurs ingénieurs et cadres de l’industrie nucléaire.

        Je pense comme Charly et Delphin que cette position n’est plus tenable, car elle revient à s’enfermer dans le cadre dont il s’agit justement de sortir.

    1. Effectivement, jusqu’à présent, tenir son rang c’était également disposer de la puissance nucléaire.

      L’origine du nucléaire civil, c’est bien le nucléaire militaire avec le besoin plutonium et les réacteurs compacts des sous-marins américains appliqués au domaine civil.

      Cependant, l’Allemagne et le Japon sont dans le peloton dominant.

      Les ennemis de notre époque rendent obsolète cette vision du monde : ils s’appellent réchauffement, pollution généralisée, destruction massive de biodiversité, agression finale des ressources…

      Pas besoin d’ennemi extérieur.

      Nous allons pouvoir faire de sérieuses économies, pour nous consacrer au problème central : la vie.

      Delphin

  3. Tout cela fait beaucoup pour sauvegarder quelques intérêts, même s’ils se prévalent abusivement de l’intérêt général

    Ben oui ,il y a comme cela de  » Grandes Familles » qui marchent au pas et se nourrissent de grandes famines .Mais ,la main sur le cœur ,et qui plus est légion d’honneur ,n’interagissent que pour notre bien.Amen.

  4. Japon: le suicide comme empreinte de l’après-Fukushima (Par RFI)
    Il y a un an, le nord-est du Japon sombrait dans un indescriptible chaos. Un séisme doublé d’un tsunami qui auront fait plus de 19 000 morts et provoqué la plus grave catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, celle de Fukushima. De quoi ébranler la société japonaise toute entière, à tel point que le pays a connu l’an passé une hausse spectaculaire du nombre de suicides.
    la suite…

  5. Du lait pour bébé contaminé a été détecté au Japon. La contamination au césium ne vient pas du lait lui-même : il est importé depuis la catastrophe de Fukushima. C’est l’usine où ce lait a été conditionné qui a été polluée par les retombées radioactives de la catastrophe.
    encore RFI

  6. « le risque zéro ne pouvant pas exister, comment justifier la poursuite de cette très dangereuse aventure… »

    J’adore votre dernier paragraphe, il résume tout et suffit a discréditer cette énergie. C’est juste une question de bon sens et de respect envers autrui, envers nos descendants
    et tout ça essentiellement pour les intérêts de grandes firmes et ceux qui sont derrière.
    Nous avons les moyens technologiques de nous passer du nucléaire
    aurons nous le respect des autres et de nous même?
    aurons nous le courage de réduire notre consommation
    et de payer le juste coût de l’énergie?
    quand je regarde autour de moi, j’en doute!

  7. Le gouvernement japonais était au courant du risque de fusion.

    Le gouvernement japonais était au courant du risque de fusion nucléaire à la centrale de Fukushima dans les heures qui ont suivi le tsunami en mars 2011. Il n’en a cependant pas informé le public.

    Un document officiel, publié vendredi, indique qu’au cours d’une réunion en présence des principaux ministres organisée le 11 mars environ quatre heures après le déferlement de vagues géantes contre le site atomique, un participant non identifié a pour la première fois évoqué le risque de fusion.

    « Si la température du coeur du réacteur monte après huit heures, il y a un risque de fusion », a mis en garde ce responsable, en précisant que les circuits de refroidissement du combustible nucléaire ne fonctionnaient plus que sur des batteries ayant une autonomie de huit heures.

    Cette révélation va encore renforcer le sentiment répandu dans l’opinion publique japonaise que le gouvernement a manqué de transparence dans la gestion de la plus grave crise nucléaire depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986.

    http://www.romandie.com/news/n/Le_gouvernement_japonais_etait_au_courant_du_risque_de_fusion98100320122126.asp

  8. Merci Monsieur Leclerc pour vos 2 billets qui mettent encore une fois le doigt sur les plaies majeures de cette industrie obsolète à mon humble avis..

    J’ai suivi mardi soir l’émission Théma de ARTE qui était consacrée au choc de l’industrie nucléaire du 11 mars.
    Les différents reportages/enquêtes + le débat n’avaient pas de quoi rassurer et confirmaient un certain nombre de billets diffusés il y a un an sur ce blog.
    On a ainsi entendu et vu Monsieur Gundersen..
    Pour mémoire, quelques tristes révélations :

    ce qui est arrivé était inimaginable, incroyable
    R3 la fusion du coeur était en marche
    R4 le coeur était sorti de l’enceinte et mis dans la piscine, il a fait boum alors que le réacteur était HS
    Tepco ment et élabore une théorie fausse et peu crédible
    Piscine lézardée, zirconium danger, + 200 tonnes de combustible ==> véritable bombe à retardement
    En janvier 2012, Tepco nie encore !
    R4, le pire aurait pu se produire et 200.00 personnes auraient été en danger de mort !!!!
    Si ce scénario s’était produit la Japon aurait été coupé en 2.
    Christopher Bhysbi du CERI effectue des études des impacts sur les filtres à air des voitures pour mesurer les particules alpha (atteinte à l’ADN)
    Des exploitations agricoles sont condamnées pour des siècles
    En décembre 2011, selon Nature, on décèle du plutonium 237 à 45 km.
    La réalité est connue pas de nombreux acteurs mais est censurée et ceux qui la révèle sont licenciés.
    Non-dits, mensonges, secrets, triche, silence sont monnaie courante.
    Si l’exacte vérité était dévoilée on arrêterait tous les réacteurs dans le monde, gloups !!!

    Il n’y a pas de fatalité à faire du nucléaire.
    Probabilité de risque, La Hague, Bure, trains castors, sous-traitants, Flamanville (vitrine commerciale) …..toujours rien de rassurant.

    Points les plus sombres : les DECHETS et le MOX
    Décharges sauvages, enfouissement non pérenne (mines de sel, Bavière, ….), exportation, aucun stockage en lieu sur est possible.
    Peut être en Finlande ou Suède dans des roches granitiques profondes avec des déchets conditionnés dans des gaines de cuivre.
    Tests en cours depuis 30 ans, l’eau reste l’ennemi principal et aucune formation rocheuse n’est à l’abri d’infiltration.
    Le cuivre OK….à condition qu’il ne soit pas attaqué par du sel.
    Bravo, quel héritage pour les générations futures ! On a allumé le feu il y a 50 ans et les déchets, bof.

    Pour finir, manifestations dans le Haut-Rhin (Alsace du Sud)
    samedi à Fessenheim une marche pacifique trinationale de protestation et à Fribourg une chaîne humaine était organisée.
    dimanche des associations françaises (AQV Régio 3F *), suisses et allemandes se réuniront à 14h00 sur la passerelle de Huningue pour commémorer la catastrophe de Fukushima.
    http://www.aqvregio3f.sitew.com/#Actions_en_cours.B

      1. J’ai pris note et me renseignerais dès que l’occasion se présentera auprès des quelques personnes bien plus pointues sur ce sujet que moi et que je connais comme ayant un jugement le plus objectif possible, en tous cas qui ne font pas parti des lobbies du tout « filière uranium ».
        Je m’interroge également sur les raisons effectives de la position pro-nucléaire de Michel Rocard, homme que je considère comme particulièrement rationnel.
        Le réchauffement climatique en est une mais je subodore, pas la seule.

      2. @Papimam

        Le père de Michel, le physicien Yves Rocard peut être considéré comme le père des bombes A et H françaises.
        Je ne sais pas s’il y a relation de cause à effet ?

        Ceci dit plus prosaïquement je crois qu’il considère que le problème du réchauffement climatique est plus catastrophique, que la dissémination d’isotopes radioactifs dans la nature. Le nucléaire est considéré par certains comme une énergie « verte » car il ne produit ( bien que ce ne soit pas exactement vrai), de gaz à effet de serre.
        Donc les tenants de ce points de vue préfèrent que l’on se chauffe et que l’on se douche au nucléaire, plutôt qu’ à l’énergie fossile. Dans un article récent Rocard a aussi manifesté son opposition à la décroissance en disant que la décroissance provoquerait la guerre civile.
        Je pense qu’il préfère un croissance avec des risques de contamination radioactive, à une guerre civile, c’est sans doute là qu’est la « rationalité » de ses prises de position pour le nucléaire.
        Le progrès technologique, nous met devant des choix impossibles. Voulez-vous finir radioactifs, ou mourir de soif ?

        Choix cornélien, d’autant plus que le choix du nucléaire conduit à l’électro-fascisme et les énergies fossiles à un basculement du climat qui provoquera des situations dantesques à l’échelle de la planète.

      3. Alain V,
        La filière thorium est une propagande utilisée par l’industrie électronucléaire pour continuer à exister. Le thorium n’est pas un matériau fissile, mais un matériau fertile, comme l’uranium 238 dont les réserves sont abondantes.
        On peut faire des surgénérateurs à l’uranium 238.

        Le problème se situe en fait au niveau de la raréfaction des éléments fissiles. Le seul élément fissile naturellement présent sur terre est l’U235, le plutonium ayant été produit par l’homme grâce à l’U235.

        Le nucléaire est né avec l’exploitation de ce dernier et mourra fort probablement avec l’extinction de ces gisements.

      4. Ah oui, et je vous signal au passage une autre propagande selon laquelle le thorium serait un combustible de paix. On peut faire une bombe nucléaire grâce à la filière thorium, et la propagande est d’autant plus grotesque que les américains l’ont fait: l’opération Teapot.

        Teapot était une bombe à l’U233, matériau fissile non présent sur terre mais obtenu a partir du bombardement par un neutron d’un noyau de … thorium!

  9. « Le risque zéro ne pouvant pas exister, comment justifier la poursuite de cette très dangereuse aventure, au vu de ses conséquences quand elle tourne mal ? »

    Exercice : faire la liste de toutes les activités humaines passées, présentes et futures auxquelles cette phrase peut s’appliquer.

    1. Petit exercice : vous faites la même liste, mais en vous restreignant aux activités pour lesquelles un seul incident pris isolément peut causer des dizaines de milliers de morts.

      Ne vous fatiguez pas à prendre une feuille blanche, un post-it devrait suffire.

      1. @Julien Alexandre
        Tout à fait d’accord, et si on prend comme échelle le ‘cycle du combustible’ ou bien la ‘durée de vie’ des déchets les plus dangereux, l’unité ‘dizaines de milliers’ parait même bien petite…!?

      2. Oui, c’est vrai que « Barrage des Trois-Gorges » tient sur un post-it en passant une seule fois à la ligne.
        Sans qu’on ait « quantifié » les conséquences d’une rupture, on lit sur wikipedia:
        « Risque pour 75 millions de personnes vivant en aval en cas de rupture du barrage, notamment pour la ville de Changsha et de Wuhan, qui comptent 9 millions d’habitants. »
        Et on trouve aussi
        « In 1975 the failure of the Banqiao Reservoir Dam and other dams in Henan Province, China caused more casualties than any other dam failure in history. The disaster killed an estimated 171,000 people[1] and 11 million people lost their homes. »
        C’était juste un peu taquin.

      3. timiota : puisque vous avez décidé de prendre cette approche un peu froide – je ne vou le reproche pas – le problème n’est pas la quantité de victimes potentielles aujourd’hui car à ce compte et considérant la quantité de gens tués par les voitures, on arrêterait tout de suite la circulation automobile. La question est celle de notre responsabilité morale vis à vis des générations futures, et quand je dis futures, je pense inutile de vous rappeler la durée de vie de certains éléments. Oui les 3 Gorges sont une cata écologique, oui le nombre potentiel de victimes est énorme mais sans vouloir être cynique, une fois le désastre passé, c’est fini.
        J’ai rencontré des Japonais de Fukushima cette semaine. Le pire pour eux est cette radioactivité qu’ils appellent « l’ennemi invisible » et qui va durer des centaines de milliers d’années.
        Nous avons 54 réacteurs en France. Même si par malheur ils continuent à être exploités encore une vingtaine voire une trentaine d’années, ils devront être arrêtés. Espérons qu’aucun accident ne survienne. Qu’allons nous en faire ? Personne ne sait faire du démantèlement à cette échelle. Nous allons laisser ces verrues à nos enfants, petits enfants arrière petits enfants …. qu’allons nous faire de cette véritable saloperie (excusez le terme) qu’est le combustible MOX ?
        timiota, nous ne faisons pas le concours de celui qui propose le système qui pourrait faire le plus de victimes aujourd’hui ou demain, nous parlons de la responsabilité que nous avons devant nos enfants.

      4. @Didier
        +1
        Et : « on arrêterait tout de suite la circulation automobile. »
        Yes, plus de bagnoles, le rêve…!

      5. Je voulais surtout suggérer qu’on peut penser sur plusieurs paramètres plutôt que de se dire juste « pas le nucléaire ». En somme, le nucléaire est un symptôme, pas (pas que) la maladie.
        Dans le cas des barrages, il s’agit de concentration d’énergie.
        Comme je l’ai posté ailleurs, là aussi comme pour le nucléaire, on ne s’est pas donné le temps et les feedback pour avoir les lois d’échelle des barrages sur tous les plans (hydrographique, humain, pedologique, énergétique,halieutique,sismique…).
        Si l’on capte 80% seulement de l’énergie en transformant un gros barrage en N petits, pour 30% de coût en plus, et 100 fois moins de chacun des risques ci-dessus, je crois qu’on le ferait, tout comme en aéronautique, on s’est donné les moyens de la sécurité par contre-réaction successives, car il était évident dans le transport aérien, qu’un seul incident fait beaucoup de morts.
        Pour le nucléaire, je m’abstiens de conclure sur ce qu’aurait été un développement de cette énergie sur une longue échelle. Peut être que 100 ou 200 ans auraient été nécessaire pour l’apprivoiser tant du point de vue de la fission (fusion ?? j’y crois pas pour l’instant), que du point de vue du stockage. Apprivoiser une filière Thorium ou les réacteurs à la Carlo Rubbia (déclenché par des faisceaux de particules, donc sous-critiques par principe) ainsi que fabriquer une incinération faisant la transmutation du 99.9% de la radioactivité actuelle n’est pas inenvisageable. Un peu plus science-fiction : remettre la radioactivité dans le magma, où elle serait « à sa place » (faire du chaud, c’est la radioactivité qui chauffe l’intérieur de la Terre, pour mémoire, et est donc la source de l’énergie géothermique, pas très directement mais quand même).
        J’entends tous les arguments juste sur l’unicité du nucléaire façon XXe siècle, et je les accepte comme signe qu’on s’est planté.
        Pour le stockage, je crois qu’à Onkalo en Finlande il se fait une solution qui …. n’est pas la pire. C’est juste pour montrer qu’il existe des degrés, et donc qu’en refaisant largement l’histoire, il n’est pas exclu d’être prométhéen avec le nucléaire, mais à condition d’avoir été sage et prévoyant. Tout comme le seul fait de chiffrer la fortune conduit à la pléonexie (l’abus d’accumulation), la malédiction de la pomme d’Adam a en effet frappé sur le nucléaire, nous avons voulu faire bien trop vite avec les connaissances des années 1960, avec une vision système très étroite rétrospectivement, car nous n’avions pas beaucoup d’ancienneté dans le « brulage énergétique » dont on ne connait qu’aujourd’hui les multiples versants (dont celui de limiter la démographie par le développement, l’urbanisation, etc , … en fin de cycle seulement il est vrai…)

      6. C’est exactement l’histoire du Concorde. Jusqu’à son crash à Garges-lès-Gonesse c’était statistiquement l’avion le plus sûr ayant jamais volé. Après ce fut l’avion le plus dangereux de l’aviation moderne. Et d’ailleurs suite à cet accident il ne vole plus. Comme quoi quelques fois le système politico-économique tire de temps en temps la bonne conclusion.

    2. Autres exercice complémentaires :
      1/ faire la liste des activités qui envoient, 26 ans après les faits, des enfants de 10 ans à l’hôpital pour un cancer de la thyroïde ?
      2/ dire quelle activité oblige 350 000 jeunes à faire suivre annuellement leur état de santé sur 20 ans ?
      Oui, un petit post-it suffira 🙁

      1. A l’exception de Timiota, quel manque d’imagination ! On dirait que la sidération fukushimesque vous obnubile tous au point de ne plus rien voir d’autre !

        Bhôpal, ça vous rappelle quelque chose ? Et l’amiante ? Cherchez bien, il y en a d’autres, sans parler de tout ce qui nous taraude en silence et dont on ne s’est pas encore aperçu, et tout ce qu’on va encore inventer…

        Ce matraquage unanimiste du nucléaire est trop facile et ne va pas au fond des choses. L’efficacité de l’arbre pour cacher la forêt atteint une dimension anthropologique.

      2. A propos du barrage des Trois gorges, savez-vous qu’il fut décidé, entre quelques autres, par un certain Li Peng, également promoteur de la filière nucléaire en Chine pour avoir dirigé le ministère de l’énergie, et que ce Li Peng fut aussi l’artisan du massacre de la place Tian’an men ?
        Aucun rapport entre ces trois choses me direz-vous. Vraiment. Aucun ?
        Moi j’en vois un, celui de personnes qui sont prêtes à tout pour assouvir leur désir de puissance, la vie individuelle comptant pour peu de chose au regard d’une masse, d’un nombre abstrait, celui qui doit assurer le pouvoir d’un pays, d’une nation, avec bien entendu à leur tête les experts, très compétents parce qu’ils servent les intérêts primordiaux de la nation.

        Il me souvient aussi d’un reportage à la télévision à propos des expériences menées en marge du programme nucléaire militaire US. On y interrogeait Pierre Messmer, ancien premier ministre du général de Gaulle, à qui l’on posait la question de savoir s’il était utile que l’on fît des expériences sur des humains dans le but de connaître les effets des radiations, et notre ministre de répondre que c’étaient des volontaires, qu’il en fallait …. eh oui, les volontaires ce sont toujours les autres.

      3. @ Marduconcensus – il y a sûrement plus d’agacement que de raisonnement dans votre commentaire. Encore une fois, l’idée n’est pas d’établir une hiérarchie des risques et de dire que telle activité est acceptable car relativement moins dangereuse que telle autre. Dire que nous ne voulons plus de nucléaire à l’occasion de la cata de Fukushima ne signifie pas que nous ignorons celle de Bhôpal dont nous ne voulons pas non plus. L’un n’exclut pas l’autre, c’est en vérité le même combat. Et j’ajoute pour vous provoquer un peu qu’il est dommage que cette position – ni Bhôpal, ni Fukushima – ne fasse pas consensus 🙂

      4. @Julien Alexandre

        Une petite intervention, limitée par le fait que je crois qu’avec le temps j’ai dit sur ce sujet tout ce que j’avais à dire.

        Pour être précis, il faudrait comparer le bilan « fonctionnement normal » + « fonctionnement accidentel »

        En effet, si on compare une activité qui tue 100000 personnes par accident tout les 20 ans et 10 personnes par an à une autre activité qui tue 100 personnes par accident tout les 20 ans et 100000 personnes par an, le bilan total se discute.

        Par exemple, quid des particules fines des voitures qui tuent 40000 personnes par an en France ? (et qui malgré les filtres tuent des gens a coté des centrales à charbon, les particules fines c’est comme la radioactivité il n’y a pas de seuil pour les cancers du poumon juste une probabilité décrue)

        Dans la même veine mais plus « décroissant », le feu de cheminée ? (grosse proportion des 1,2 millions de morts annuels liés aux particules fines)

        Le CO2 rejeté, n’est-il pas un déchet légué aux générations futures? Avec des effets potentiellement bien plus graves en terme d’effet sanitaire comme de superficie de terrain disparue ?

        Le pétrole des marées noires disparait-il d’un coup ? Aucun cancer à déplorer par la suite ? Pas d’effet sur l’environnement à long terme ?

        Les pesticides, qui contaminent de manière durable les sources d’eau ?

        Les produits chimiaues utilisés dans la fabrication des panneaux solaires, une évaluation de la dangerosité et de la morbidité associée ?

        Quid des barrages qui, comme il est souligné plus haut, peuvent potentiellement tuer moults personnes en cas d’accident mais qui plus est stérilisent pour des centaines d’années des territoires exploitables ? (bon d’accord on peut plonger, mais 25 ans aprés on peut se promener dans la zone d’exclusion de Cernobyl)

        L’amiante, Bôphal, ca a déja été dit.

      5. @ Reiichido

        Le propos ici c’était l’action individuelle de chaque segment d’activité, pas toutes les actions individuelles de x segments. Par conséquent, la comparaison entre les rejets de particules de x millions de véhicules et un seul accident d’une seule centrale nucléaire, ou bien les feux de x millions de cheminée et un seul accident d’une seule centrale nucléaire n’ont pas de sens de ce point de vue, et l’action individuelle d’un véhicule ou d’une cheminée est évidemment sans commune mesure…

        Le barrage hydraulique en revanche, OK. Mais on en revient au point de départ : le recensement des segments d’activité pris individuellement qui potentiellement peuvent tuer plusieurs dizaines de milliers de personnes tiennent sur un post-it.

    3. D’où viennent donc cette insolence et cette bêtise humaine qui se croient en droit de pouvoir hypothéquer impunément 8.000 générations à venir, partout dans le monde?

      Comment osons-nous léguer à ceux qui nous suivent la charge de veiller pendant 250.000 ans sur des milliers de tonnes de plutonium et autres déchets radioactifs extrêmement dangereux issus d’une technique des plus coûteuses qui soit et qui ne vise qu’à faire bouillir de l’eau tout en servant la production d’armes nucléaires ?

      On dit qu’arrêter le nucléaire « serait de la folie », mais c’est la folie qu’il faut arrêter d’abord. L’industrie électro-nucléaire s’éteindra ensuite, lentement mais inéluctablement, comme une bougie.

      1. @ quelqu’un

        Comment osons-nous léguer à ceux qui nous suivent la charge de veiller pendant 250.000 ans sur des milliers de tonnes de plutonium et autres déchets radioactifs extrêmement dangereux issus d’une technique des plus coûteuses qui soit et qui ne vise qu’à faire bouillir de l’eau tout en servant la production d’armes nucléaires ?

        Le comment osons nous me dérange. NOUS dites vous ! Si le projet nucléaire avait était exposé pleinement au grand public avec avantages et inconvénients/risques parfaitement objectifs et assortis d’un référendum …aurions NOUS voter « oui ». J’en doute. Tel est le problème de la démocratie. A présent, les manifestations et actions diverses anti nucléaires, chaine humaine et autre, n’ont pas l’ombre d’une chance de faire reculer les actionnaires et profiteurs de cette filière. Ce « nous » me « chagrine » un tantinet car comme tout un chacun, je m’assemble souvent avec qui me ressemble et de ce fait côtoie une majorité de gens prêts a renoncer a des normes de confort actuelles pour ce débarrasser du fléau nucléaire. Les Allemands dans le passé ont été plus réactifs a être contre….peut être les risques leur avaient ils été mieux exposés..

      2. @Efarista

        Je suis globalement d’accord avec vous. Quand vous dites :

        Les Allemands dans le passé ont été plus réactifs a être contre….peut être les risques leur avaient ils été mieux exposés

        Peut-être simplement les Allemands ont-ils été plus nombreux, peut-être que la propagande pro-nucléaire était moins bien orchestrée et moins efficace… ou bien ont-ils été simplement plus lucides.

        Mais « nous » contribuons à l’électro-nucléaire en en consommant le moindre petit premier début de kilowatt-heure, même si ce n’est pas « nous » qui avons choisi qu’il soit nucléaire. Par contre, dans mon pays (la Belgique), la possibilité nous est donnée de consommer une énergie qui est garantie 0% nucléaire, et ce n’est pas plus cher, au contraire.

  10. Pour accompagner le billet de F. Leclerc:
    http://fairewinds.com/content/fukushima-daiichi-accident-waiting-happen
    On y apprend entre autres:
    Tepco dédommagements:
    – Limité aux personnes qui sont partis seulement après que leur gouvernement le leur ait conseillé,ceux qui sont parti d’eux mêmes ne seront pas indemnisés.
    – 60 pages a remplir pour justifier l’indemnisation.
    Les pilules d’iodure de potassium – Susceptibles de blocker l’iode radioactif dans la thyroïde, important notamment pour les enfants dès le début de l’accident, n’ont pas été distribuées par peur d’effrayer la population…

    1. ceux qui sont parti d’eux mêmes ne seront pas indemnisés.

      Ca en dit long aussi sur l’injustice sociale ! Les riches ont pu partir volontairement sans problème mais les pauvres qui sont partis par peur du danger et qui ne savaient où aller ne seront pas indemnisés.

      Quant aux pilules, les Japonais de Fukushima que j’ai rencontrés cette semiane m’ont dit que leur non distribution relevait plutôt de la désorganisation des Préfectures et des relais locaux qui n’ont rien fait car ils n’en ont pas reçu l’ordre !

      1. @ atanguy : non, ce n’était pas l’esprit dans lequel mes interlocuteurs ont donné cette information. Il s’agissait plutôt pour eux de dénoncer un mauvais fonctionnement administratif au niveau régional. Maintenant, votre interprétation reste plausible.

      2. Ce n’est pas la mienne, c’est celle des Gundersens qui sont allés aussi au Japon. J’en tire aussi qu’il y a une réticence d’accuser leur gouvernement national par les Japonais. Question de culture?

      3. Je ne dirai pas que les Japonais que j’ai rencontrés avaient une réticence à accuser leur gouvernement. Je dirai qu’ils constataient une certaine incurie des autorités.

  11. 11 mars 2012
     » Depuis Fukushima, le but morbide et explicite de la mafia nucléariste est de convaincre chacun que ce monde tel qu’il va ne peut plus aller sans le nucléaire. Les pronucléaires et les anti-nucléaires devraient s’en accommoder, comme l’imposent les mégalomanes criminels qui, au nom du principe de leur réalité, considèrent que l’humanité peut bien s’adapter à des accidents répétés de centrales [Ainsi, Jean-Marc Jancovici, membre de la « Commission de veille écologique » de la Fondation Nicolas Hulot, a récemment déclaré : « Du point de vue des écosystèmes, et ce n’est pas du tout de l’ironie, un accident de centrale est une excellente nouvelle, car cela crée instantanément une réserve naturelle parfaite ! La vie sauvage ne s’est jamais aussi bien portée dans les environs de Tchernobyl que depuis que les hommes ont été évacués… » (Enerpresse, 20 février 2012).]…
    .. »Aujourd’hui comme hier, il s’agit pour nous de saisir les possibilités de remettre publiquement en discussion l’exploitation du nucléaire. Mais n’étant pas des martyrs, nous ne nous enchaînerons pas en réseaux de citoyens. Nous n’offrirons pas le spectacle d’un enchaînement volontaire immobile reposant sur l’espoir sidérant que sa présence passive occasionnerait une prise de conscience généralisée. Nous savons trop bien comment les nucléocrates et les économistes considèrent l’humanité, ils la prennent en compte quitte à la faire disparaître. L’opération menée à Valognes ( en novembre dernier ) ne s’est pas faite sans divergences. Leur apparition dans les discussions est un moment nécessaire pour que les individus ne voient pas leur lutte dénaturée et accaparée par toutes sortes de représentants ou d’arrivistes. »
    Pour lire le texte complet , clic sur  » le jura libertaire  » sous le titre  » La clé plutôt que la chaîne  » , à la date du 10 mars 2012 .

  12. J’ai rencontré des Japonais de Fukushima cette semaine et voilà les choses importantes qu’ils m’ont dites :
    – le plus préoccupant est la piscine du réacteur 4. Très endommagée, elle ne résisterait pas à un petit tremblement de terre
    – la quantité d’eau radioactive rejetée dans l’océan est considérable
    – même si tous les réacteurs japonais seront à l’arrêt en Avril, il semble néanmoins que les autorités fassent tout pour autoriser les redémarrages. (nota perso : Tous les articles de presse parus récemment concernant les économies d’électricité imposées par la catastrophe sont contredites par les statistiques de l’AIE. Les japonais ont acheté et brûle énormément de gaz)
    – les autorités n’ont pas tenu compte du déplacement du nuage radioactif vers le Nord-Ouest et non pas élargi la zone d’évacuation. La préoccupation essentielle a été de savoir si il fallait évacuer Tokyo ou pas. Si le vent avait soufflé vers le Sud Ouest et non le NO, l’évacuation aurait été inévitable.
    – la Préfecture de Fukushima était considéré un peu comme le grenier du Japon où beaucoup de cultures bio se développaient. C’est fini
    – dans les magasins à Tokyo, on proposait deux types de chou. Un en provenance de Fukushima, l’autre d’une autre province. Acheter le chou de Fukushima était considéré comme un acte de solidarité avec les cultivateurs de cette région mais bien sûr, pas consommable.

  13. Ils ont déclaré :

    Pour l’instant, estime le directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, Jacques Repussard, «il n’y a pas de signatures environnementales qui montrent un percement des cuves lors de la fusion du combustible, laquelle a vraisemblablement été arrêtée par les arrosages».

    —–

     » il est très vraisemblable que la consigne donnée avant-hier aux populations évacuées de la zone des 20 km d’ingérer de l’iode stable – en particulier pour les enfants et les jeunes adultes – relève plus d’une gestion du stress que d’un geste destiné à contre-carrer la contamination à l’iode radioactif. Cette population a en effet été évacuée avant les émissions radioactives de la centrale. Et l’iode doit être pris juste avant, ou 24h après contamination. »
    21 mars 2011 S Huet</'Blog Libération
    —–
    Didier Champion, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), précise : «Du plutonium, il y en a dans tous les réacteurs.» (c’est vrai, mais il y en a plus dans un réacteur chargé en MOX…) Et si la toxicité radiologique, mais surtout chimique, du plutonium est avérée, seuls des éléments volatils et gazeux se sont échappés des réacteurs. Plutonium et uranium, lourds et réfractaires, sont restés dans les combustibles endommagés et les cuves. Ils sont très peu mobiles. Même dans le cas d’un scénario bien pire, où les matières nucléaires quitteraient les réacteurs, «ils resteraient à quelques kilomètres au plus de la centrale, dans la zone évacuée», explique Didier Champion. Le vrai danger, ce sont les produits de fission gazeux et volatils, insiste t-il.
    21 mars 2011
    —————————————-
    Ils l’ont dit en catimini :

    « « Nous devons monter que le nucléaire est sûr » : Echange de mails entre AREVA, EDF et Westinghouse.
    (source : The Guardian, juin 2011)

    (De Londres) Areva et EDF ont été étroitement associés à une campagne de communication visant à minimiser les risques de la catastrophe nucléaire au Japon. Plusieurs élus réclament la démission du ministre britannique de l’Energie et du Changement climatique.

    Que le lobby pro-nucléaire ait ses entrées dans les ministères à Londres n’est pas vraiment une surprise. Mais l’enquête publiée vendredi 1er juillet par le Guardian révèle bien plus qu’une simple connivence.

    Les échanges de mails entre hauts fonctionnaires et représentants des trois grands groupes du secteur (les Français Areva et EDF, l’Américain Westinghouse) décrivent un pouvoir politique entièrement à la solde des marchands de centrales nucléaires. Ces documents à usage interne ont été rendus publics en vertu de la loi sur la liberté de l’information, promulguée en 2000.
    « Nous devons montrer que le nucléaire est sûr »

    Dans un e-mail stupéfiant daté du 13 mars 2011, 48 heures seulement après le tremblement de terre et le tsunami au Japon, un membre non identifié du ministère du Commerce soumet un véritable plan de bataille aux multinationales de l’atome :

    « Nous devons travailler ensemble et coordonner notre message. Il y a un vrai risque que cet événement puisse nuire à l’industrie à l’échelle mondiale.

    Nous devons tout faire pour que les gars et les filles du mouvement antinucléaire ne marquent pas des points avec ça. Il nous faut occuper le terrain et tenir nos positions. Nous devons vraiment montrer que le nucléaire est sûr. »

    « Il y a toujours un risque dans la vie  »
    —————————————
    Le Monde a toujours été pronucléaire :

    Le Monde.fr. : « Crise nucléaire au japon » (citation intégrale) : « Une centrale nucléaire peut-elle exploser comme une bombe atomique »?

    « Centrales nucléaires et bombe atomique ont en commun d’utiliser l’énergie très importante contenue dans le noyau des atomes à travers des réactions de fission.

    Mais une centrale ne peut pas exploser comme une bombe, l’uranium utilisé n’étant enrichi qu’à quelques %.

    En cas d’accident, comme à Fukushima, lorsque de grandes quantités de gaz sont relachées dans l’enceinte de confinement, la pression se met à grimper, ce qui peut provoquer des explosions.
    Mais celles-ci sont d’ordre chimique-liées à l’hydrogène- pas nucléaires.
    Elles libèrent donc une énergie bien moindre et surtout aucune radiation en soi »
    —-
    Cette affirmation du journal Le Monde est emblématique du tour de passe passe argumentaire habituel pour noyer sous le flou « bombe A » l’instabilité génétique de tout réacteur nucléaire :

    – Effectivement, un réacteur nucléaire n’est pas une bombe atomique, conçue pour maximiser l’explosion nucléaire.
    – Cependant, tout réacteur nucléaire, de par sa conception même (réaction en chaîne controlée, en particulier par la pénétration dans le coeur de barres absorbeuses de neutrons dites de contrôle ou de sécurité), ne demande qu’à échapper aux opérateurs.
    – Toutes sécurités efficientes,aucun problème ( quelques dizaines de secondes pour faire coulisser les barres de sécurité, normalement peu insérées, mais pas toujours), sauf dans les réacteurs russes dits RBMK, instables même sans défauts de sécurité? en fonctionnement très basse puissance.
    – En certaines situations accidentelles improbables mais non impossibles (perte totale d’énergie électrique de pilotage, par terrorisme par exemple), l’instabilité « génétique » du système se révèle avec une explosion nucléaire (explosion d’origine nucléaire et non chimique hydrogène par ex.)
    Cette explosion nucléaire « inefficace » libére énormément de radionucléides dans l’atmosphère, contrairement à ce qu’écrit Le Monde.

    Tchernobyl, 1ère explosion, Fukushima réacteur 3 (d’après A Gundersen sur Arte), mais aussi les petits réacteurs de recherche Spert et SL1, dans les annés 50 au Centre National d’Essais de Réacteur de l’Idaho aux USA.

    « D’ailleurs, suite à l’accident, la National Radiological Commission américaine demandait l’étude de scénarios d’accident faisant intervenir une excursion de criticité qui pourrait se produire suite à l’éjection de barres de contrôle ou à l’injection d’eau froide non borée sur ses centrales (source : « La NRC et l’accident de Tchernobyl », annales des Mines 31, numéro spécial de novembre 1986″

    Qu’on baptise ces explosions violentes du terme d’excursions, déflagrations ou autres, a peut-être un sens en physique nucléaire, mais le bruit qui retentit brusquement et les débris violemment projetés avec la fumée noire sont bien le signe, pour le japonais voisin du réacteur 3, de quelque chose d’inquiétant qui explose..

    Faire semblant de croire que l’on confond, lorsqu’on parle d’explosion nucléaire de réacteur, de réaction type bombe A alors qu’on évoque l’instabilité conduisant potentiellement à une explosion nucléaire (et non, chimique), est un grand argument de la propagande.

    Si on tape « explosion nucléaire » (d’origine nucléaire) de réacteur sur internet, on est invariablement redirigé et traduit sur la question « un réacteur nucléaire peut-il exploser comme un bombe A », questio dont la réponse est évidemment « non », mais qui évacue le problème de l’instabilité.

    Delphin

  14. Et l’on pourrait peut-être y ajouter ceci, mais je ne sais si la source est fiable :

    6 000 tonnes des graviers contaminés par des matières radioactives ont été utilisées dans la construction de nouveaux immeubles dans la préfecture japonaise de Fukushima.

    http://french.ruvr.ru/2012/01/23/64411613.html

    J’avais déjà lu ça ailleurs dans la presse française. Et aussi des routes qui sont construites grâce à Areva, avec la récupération d’une partie de la boue radioactive qui serait soi disant décontaminée… et dont on a vu que ce système d’épuration fuyait comme une passoire.

    Il est bien clair qu’à ce rythme là tous les japonais vont devenir fluorescents et nous également à long terme, car rien n’arrête l’eau, que ce soit par voie maritime, terrienne ou aérienne.

    Et pendant ce temps Le Times indien rapporte le 11 janvier 2012 que le gouvernement Tamil a signé un protocole d’accord avec un groupe d’investissement japonais et Ascendas pour construire une  »ville japonaise » à Chennai, en Inde pour que l’élite japonaise puisse s’y réfugier. 600 km carrés, pouvant accueillir 40’000 personnes, avec toute l’infrastructure, hôpitaux, médecins, et golf. (On ne peut accéder à une archive si ancienne dans le journal)

    C’est la pire catastrophe mondiale qui ait existé et seule une poignée de d’humains à l’échelle de la planète le savent depuis le début. Par rétention d’information de la population en général.

    Le plan de rendre les gens ignorants et non informés depuis des décennies sur tous les sujets d’ailleurs, a très bien fonctionné et n’avait sans doute rien d’innocent. Il s’applique à tous les poisons neurotoxiques qui feront de ce monde un monde d’invalides aussi.

    Ce que je me demande c’est que vont-ils faire lorsque 80 % de la population terrienne ne pourra plus travailler en raisons de maladies et d’infirmités. Sont-ils stupides à ce point ?

    Oui.

  15. Le panorama que j’ai tenté d’esquisser a l’incontestable limite d’avoir été écrit loin du Japon et sans en connaître la langue, en rassemblant les informations éparses disponibles. Il passe donc largement a côté de ce que les japonais ressentent, nécessité oblige.

    La manifestation qui s’est tenue aujourd’hui dans la ville de Fukushima, et qui aurait rassemblé d’après les agences de presse 16.000 personnes, a été pour eux l’occasion de l’exprimer ouvertement. Celles qui se sont déroulées à Tokyo ont été nettement plus symboliques. Qu’en est-il plus intérieurement ?

    D’autres questions auraient pu être soulevées, que je n’ai pas abordé. Plus explicitement que je ne l’ai fait, la vulnérabilité de la piscine n°4, où le cœur du réacteur adjacent a été stocké; ou – comme l’a également souligné Didier dans l’un de ses commentaires – l’importance de la pollution radioactive de la mer; ou bien encore les tentatives qui se poursuivent de cacher le pire, advenu ou pouvant advenir.

    Combien de temps le pays va-t-il pouvoir tenir avec son parc de réacteurs arrêté, en y suppléant par des importations de gaz brûlé par des centrales thermiques remises en activité ? Cette situation qui ne peut durer annonce une offensive des autorités afin de les remettre en marche, qui va illustrer le rapport de force avec la population.

    Le bouclage des médias aurait également nécessité un éclairage, ainsi que ce qui se passe au sein de la communauté scientifique, sachant que le lobby électronucléaire est très actif dans leurs directions, étant donné leur rôle et leur impact.

    Enfin, pour ceux qui rappellent d’autres grandes catastrophes non nucléaires, comme celle de Bhôpal, qu’ils soient si je puis dire rassurés : il y a en effet bien d’autres raisons de s’alarmer, par exemple en observant la progression de la pandémie du diabète. Mais le nucléaire a ceci de particulier que ses dégâts potentiels peuvent être encore plus dramatiques, dans l’espace et dans le temps. L’Humanité a acquis le moyen de se détruire à très grande échelle, volontairement avec le nucléaire militaire, ou sans le faire exprès avec le civil…

    1. Vous avez entièrement raison François Leclerc. Les Japonais que j’ai rencontrés cette semaine sont d’anciens responsables de la Préfecture de Fukushima. Ils disent clairement que les Japonais ne semblent pas prêts pour une sortie du nucléaire et que les autorités font tout que le redémarrage des centrales nucléaires en maintenance aujourd’hui puisse devenir possible à très court terme.
      Ce qui se passe dans les zones contaminées est édifiant : on joue avec les quantités admissibles de millisivert. Aujourd’hui 20mSv, même pour les enfants ! Un type de l’université de Nagasaki a déclaré que la radioactivité ne touchait pas les personnes qui souriaient. Non, vous ne rêvez pas, le gars a dit cela lire ICI

  16. http://www.global-chance.org/spip.php?article50

    « Les succès confirmés de l’industrie allemande et son avance considérable en matière d’exportation conduisent, par comparaison, à se poser de sérieuses questions sur la constance (ou le conservatisme) de la politique énergétique française. La France qui a fait historiquement des efforts importants dans le domaine de l’efficacité énergétique mais a insuffisamment poursuivi sur sa lancée, a continué à consommer et surtout à produire de l’électricité en surabondance pour soutenir sa politique nucléaire et a, jusqu’ici, sacrifié le développement des énergies renouvelables. Et cela en dépit du fait que, dans tous les domaines (chaleur et électricité), les potentiels de ce développement y sont, bien supérieurs à ceux de l’Allemagne.

    L‘exemple allemand montre en particulier que la mise en place de politiques volontaristes et pérennes de maîtrise de l’électricité et de promotion des énergies renouvelables sont très rapidement efficaces et porteuses d’emploi. Au moment où en France le débat sur l’avenir du nucléaire revient sur l’avant de la scène, l’exemple allemand mérite donc d’être sérieusement médité. »

    1. Oui, oui, par exemple au niveau de l’habitation :
      échangeur d’air dans les immeubles entre sortie d’air usé (à > 20°C) en bout de ventilation, et entrée d’air extérieur (froid en moyenne) pour ventiler sans gaspiller…

    1. 58 + usines d’enrichissement + usine de retraitement + usines de fabrication combustible + unités de recherche et expérimentation + …

      Delphin

  17. Le directeur général de l’IRSN a déclaré que les français doivent s’attendre à des accidents nucléaires complètement inimaginables.
    Solution : « A nous tous de faire ce qu’il faut pour en réduire les conséquences, mais à l’évidence il faut que nous soyons capables de les gérer»
    En clair, on continue de foncer sur le mur; mais on klaxonne.
    Il s’exprimait devant les parlementaires du Sénat. Ceci explique peut-être cela.
    http://www.20minutes.fr/article/718740/nucleaire-france-doit-preparer-accidents-inimaginables

    1. ce monsieur Repussard a pour une fois un langage de vérité venant d’un officiel mais il n’en tire pas la conclusion logique qui s’impose : sortir du nucléaire, c’est à dire programmer cette sortie, dès maintenant.
      Ce monsieur est un irresponsable, ou alors il ne se rend même pas compte de l’énormité de son propos.
      Le risque inimaginable d’un coté, et de l’autre une logique de gestionnaire, cela n’a strictement aucun sens. Et on se prétend scientifique.
      Ce type a dijoncté. Ou plutôt en pleine crise de schizophrénie.

  18. Le bilan quelque peu apocalyptique que vous dressez me laisse dubitatif (le mot est faible) quant au « non-débat » qui persiste en France sur l’énergie en général et le nucléaire en particulier. Il me fait remémorer les phrases pour le moins simplistes que nous avons pu entendre ici ces derniers mois. Combien de fois n’avons nous entendu cet « argument » affligeant, y compris dans la bouche du « Président/Candidat du Peuple » : « Mais enfin, on ne va tout de même pas s’éclairer à la bougie !! »

    Je me souviens également des propos du « scientasque » Allegre : « Est-ce que parce qu’il y a eu le crash Rio-Paris on ne prend plus l’avion ? » Au-delà du débat légitime (mais inexistant) concernant le risque accepté dans notre société, ce genre de propos, sous le couvert du « bon sens » ne sont évidemment qu’une supercherie.

    Un crash d’avion, c’est un évènement extrêmement dramatique et des centaines de vies disparues. Plus sans doute qu’un accident nucléaire, au temps T j’entends. Au delà, quelles en sont les conséquences secondaires ? Une remise en cause chez les avionneurs, des remous au sein des compagnies aériennes et des procédures judiciaires. Point final… Imaginons un seul instant qu’un évènement grave n’affecte la centrale dont ne parle quasi-jamais (exception faite de l’intrusion » de Greenpeace), la centrale de Nogent sur Seine. Moins de 100 km de Paris à vol d’oiseau. Que se passerait-il à Paris et en Ile de France si d’aventure le vent vienne de l’est comme cela se produit plutôt souvent depuis quelques années ? Qu’en serait-il de l’eau de Paris dont la moitié des zones de captations se trouvent au sud/sud-est : près de Provins (20 km de la centrale de Nogent) et de Sens (une cinquantaine de kilomètres)… Que dire de Paris, capitale la plus visitée au monde et de l’effondrement de l’économie du tourisme, -si précieuse à la France-, qui en résulterait. Que dire également de nos exportations de blé dont une bonne partie de la production se trouve en Brie. Tourisme, agroalimentaire, deux secteurs stratégiques qui subiraient une déflagration économique et un effondrement brutal sans précédent. Sans parler du traumatisme de la population déplacée, impuissante, sous-informée à qui il ne restera qu’un seul choix : la fuite pour quelques uns et la résignation pour l’immense majorité. Et sans parler du coût sidéral pour le pays comme on peut le voir pour Fukushima.

    Donc, au-delà de l’imbécilité de la bougie, la vraie question est la suivante : oui il y a un risque, sommes nous prêts à l’accepter. Encore pour cela faudrait-il nous présenter le risque, le vrai, avec ses vraies conséquences. Et je ne doute pas qu’il se dégagerait alors une réponse simple : le prix à payer serait évidemment trop cher. Pire, inimaginable. Le coût de la « réparation » (décontamination), le coût humain (populations transférées), le coût environnemental et psychologique (région « morte » pour une durée transgénérationnelle), le coût économique (tourisme, agriculture). Et je pense que la liste peut s’étendre. Il s’agit là d’un traumatisme à l’échelle d’un pays, qui s’approche de celui d’une guerre.

    Que faire, sinon avoir une réflexion globale sur l’énergie, mais les ténors et porte-voix des monopoles ont, justement, le monopole de la parole et du pouvoir. Que nous reste-t-il ?

    1. « Que nous reste-t-il ? »

      La circulation de l’information.

      Delphin

      (La dominance prospère sur la méconnaissance)

  19. Vu le prix de l’essence qui ne risque pas de baisser et le risque grandissant de rupture d’approvisionnement, je serais plutôt pour une extinction progressive des centrales nucléaires, sans construction de nouvelles (sauf si entamée à disons au moins 30%), selon un plan en 3 volets :
    1. augmentation de la sécurité des centrales existantes et fermeture rapide des plus anciennes,
    2. effort de développement rapide des sources d’énergies alternatives, de préférence essentiellement renouvelables et permettant une autonomie au niveau européen,
    3. pas d’incidence pour les militaires et le secteur médical / recherche, quitte à leur construire des réacteurs non-industriels, et une « dissémination nucléaire » progressive et contrôlée concernant les pays qui veulent intégrer le club du nucléaire, qu’il soit civil ou militaire.

    La sécurité des installations pourrait être grandement améliorée si elles pouvaient être examinées par des citoyens concernés, et pas que gérées par des ingénieurs. Les militants anti-nucléaires seraient parfaits pour examiner en profondeur la sécurité des installations et proposer des modifications.
    La « nécessité » du secret n’est pas valable a double titre :
    – il n’y aura plus de nouvelles centrales, dont pas de secrets industriels à cacher,
    – si le risque d’attentat n’est pas nul il reste infime devant un accident industriel, l’arbre ne doit pas cacher la forêt.
    Le monde de l’électro-nucléaire est petit, les secrets industriels doivent percer rapidement de toutes façons. Le secret sert surtout à préserver les histoires des militaires, et les trafics de l’exploitant pour minimiser les dépenses.

    Placé devant l’alternative « laisser entrer des citoyens, les laisser regarder et étudier ce qu’ils veulent, critiquer et faire des propositions constructives » ou « pas assez transparent, invérifiable = trop dangereux, on ferme! », leur choix sera vite fait je pense. Ils ont eux-mêmes à y gagner à long terme s’ils peuvent démontrer, ce qui n’est actuellement pas le cas, que tous les aspects ont été étudiés par des gens de l’extérieur.

    Il existe actuellement assez de plutonium pour laisser les militaires faire autant de bombes que possible pour plusieurs siècles, ce n’est pas un problème. Par contre l’approvisionnement en uranium naturel pourrait poser problème, il y en a peu en europe, ce qui obligerait à utiliser du mox, + dangereux.

    L’effondrement programmé des USA comme puissance mondiale va permettre à certains de se lâcher, ça pourrait poser des problème du point de vue nucléaire.
    Le Pakistan, l’Inde et Israel ont leurs bombes, il ne serait pas maladroit de laisser d’autres puissances régionales comme la Turquie ou l’Egypte y accéder avec notre assistance en échange d’un nucléaire civil sous haute surveillance du point de vue sécurité, et pas les laisser aller au moins cher et moins sécurisé comme ça se fait. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Autant se donner la possibilité d’intervenir que de les laisser faire n’importe quoi en douce.

    1. Le nucléaire a besoin du secret pour prospérer.

      Si le citoyen pénêtre le « château », il risque de prendre conscience que le roi est nu :

      – le nucléaire ne donne, finalement, pas du tout l’énergie annoncée (énergie primaire/énergie secondaire)
      – le nucléaire est beaucoup plus dangereux qu’il n’y paraît (risque potentiel inhumain)
      – le nucléaire, de l’électricité pour quelques générations, des déchets innommables pour toutes les suivantes
      – le nucléaire est beaucoup beaucoup plus coûteux qu’annoncé (coûts cachés et reportés)
      – le nucléaire capte investissements et énergies (au détriment des renouvelables du futur)
      – le nucléaire déséquilibre les besoins énergétiques (en France, énergie = électricité)
      – le nucléaire fait fallacieusement croire à l’électricité bon marché, ce qui prépare mal au futur « énergie de toute façon et heureusement chère »

      Mais la raison essentielle du nucléaire : le besoin de puissance, par la centralisation de l’énergie, qui plus est prométhéenne (cf. le vocable « Superphénix et la mythique surgénération), qu’une caste (Polytechnique etc.) s’arroge sur ceux qui, de toute façon, ne peuvent pas comprendre (le peuple).

      Delphin

      (Une caste : pas tout à fait tout Polytechnique…)

  20. ZERO

    « Si nous fixions une date pour la relance de réacteurs, cela signifierait que nous tirons par avance des conclusions positives sur la sécurité et dans ce cas nous ne pouvons pas obtenir la compréhension du peuple » (ministère japonais de l’énergie)

    ZERO

    Le nombre de réacteurs nucléaire qui seront en service au début de l’été 2012

    S’il n’en reste qu’un ….

    ZERO

    Qui a dit que l’arrêt du nucléaire devrait être nécessairement étalé dans le temps ?
    Qui veut faire un emprunt pour financer le démantèlement des centrales ?

    ZERO

  21. L’aspect économique de Fukushima a souvent été oublier dans les débats des responsabillités (uniquement par l’aspect des dirigeants) bien que ce soit une question réellement globale des sociétés ayant acquis l’activité nucléaire.

    Pour faire vite, les dirigeants n’ont pas investi (de l’argent) dans une protection contre des désastres naturelles qui pouvaient mettre en danger l’environnement (en général : humains, économiques, écologiques, climatiques, ect…), avec des protections suffisantes.

    Hors lorsqu’on connaît les multiples crises d’ordre économique, on ne se focalise uniquement que sur l’aspect du début d’investissement. Jamais il n’est question du pendant, c’est à dire qu’un problème d’argent sur des activités d’ordre chimiques, nucléaires ou bioligiques ne sont tout simplement pas mise en avant.

    Pourtant un exemple existe, les Etats-Unis suite à l’effondrement de l’ Union Soviétique ont entamé des accords et de lourds investissements concernant le maintien et la mise à niveau des activités russes. C’est à dire qu’un investissement étranger a dû s’impliquer dans un processus de stabilisation d’activités dont les répercussions parfois se calculent en millions d’années.

    Il y a eu de nombreux débats, de nombreuses inspections pour vérifier les capacités de protections face à des événements d’ordre naturels (climats, montagnes, cours d’eau, ect…), avec des rapports et de calculs de niveaux de sécurité.

    Pourtant aucune information même minime ne nous informent en cas de crises économiques (d’ordre diverses) concernant les activités, chimiques, nucléaires ou encore biologiques.

    1. « Pourtant aucune information même minime ne nous informent en cas de crises économiques (d’ordre diverses) concernant les activités, chimiques, nucléaires ou encore biologiques. »

      C’est pas bon pour le marché.
      S’interroger, réfléchir… La hantise du marché et de ses courroies.

      Delphin

  22. Appel des Femmes pour l’Arrêt Immédiat du Recours à l’Energie Atomique

    Certaines d’entre nous sont connues. D’autres moins. D’autres pas du tout. Certaines sont des militantes de longue date. D’autres ne militeront jamais. Certaines sont des amies proches. D’autres affichent de profonds désaccords entre elles sur quantité de terrains.

    Mais, toutes, nous partageons désormais la conviction de la nécessité vitale d’un arrêt immédiat du recours à l’énergie nucléaire. Qu’il s’agisse de production d’électricité ou d’armement.

    Nos arguments sont multiples. Nos réseaux sont divers. Comme sont aussi divers nos modes d’action possibles et nos initiatives. Et nous en inventerons d’autres chemin faisant.

    Pour l’heure, près d’un an après le début du drame de Fukushima, il nous paraît urgent de commencer à nous compter. Et de cesser de nous en laisser conter.

    Ni cotisation, ni structure bureaucratique : nous formerons une sororité de fait.

    […] chacune d’entre nous s’engage simplement à être, à sa propre manière, une Femme pour l’arrêt immédiat du recours à l’énergie atomique et, seule ou avec d’autres, à intervenir en ce sens où elle le pourra, comme elle le pourra, chaque fois qu’elle le pourra.
    ___________________
    texte complet et signatures sur :
    http://www.fairea.fr/

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