14 réflexions sur « HORSCHAMP.org, Paul Jorion, la φιλία à l’ère skynet »

  1. aRTISTE?

    Mais ils n’ ont pas besoin d’ artistes Monsieur, juste des banques, des magasins et des gens qui achètent.

    Essayez d’ être artiste ici (je ne vis pas en France), ils vous rient au nez. Interdit de travailler sauf à être surtaxé, interdit de vendre. Tant pis pour eux. Tant pis pour moi.

    Des banques, des magasins et des gens qui travaillent. Très important ça le travail.
    Artistes, créateurs, rêveurs, circulez, le monde marchand ne veut pas de vous, sauf si vous entrez dans ses critères. Non merci me concernant, j’ ai autre chose à faire.

    1. @Lou
      C’est juste , bien tristes sont les époques qui ont nié leurs artistes .
      @ P. Jorion
      Ces deux vidéos sont très émouvantes , résument bien toute l’avancée des travaux ici .
      J’ai envie d’ajouter qu’il ne faut pas se priver de lire ( ou de relire puisque c’est une réédition ) le livre de Annie Lebrun  » Appel d’air  » ; il ne vaut pas seulement par son introduction nouvelle où elle cite  » le capitalisme à l’agonie  » .

    2. J’ai rompu mon corps comme le pain et l’ai partagé entre les hommes. Et pourquoi pas ? Car ils étaient affamés et sortaient de longues privations.
      Je ne me lasse pas de citer Rilke, à tout propos. N’est-ce pas étrange ? C’était un homme fragile, qui a écrit une bonne partie de son œuvre entre les murs des châteaux où on l’accueillait, et s’il avait dû vivre dans les conditions que nous connaissons aujourd’hui, il n’aurait peut-être pas résisté. Mais n’est-il pas justement de bonne économie qu’à des époques paisibles et dans des circonstances favorables, des artistes d’une grande sensibilité aient le loisir de rechercher en toute sérénité la forme la plus belle et la plus propre à l’expression de leurs intuitions les plus profondes, pour que ceux qui vivent des temps plus troublés, plus dévorants, puissent se réconforter à leurs créations, et qu’ils y trouvent un refuge tout prêt pour les désarrois et les questions qu’eux-mêmes ne savent ni exprimer ni résoudre, toute leur énergie étant requise par les détresses de chaque jour ? Dans les temps difficiles, on se laisse bien souvent aller à rejeter d’un geste méprisant l’acquis spirituel des artistes d’époques que l’on croit plus douces (mais n’est-il pas toujours aussi dur d’être artiste ?) ; et l’on se demande : de quoi cela peut-il encore nous servir ?
      Réaction compréhensible, mais à courte vue. Et infiniment appauvrissante.

      On voudrait être un baume versé sur tant de plaies.

      [ Etty Hillesum, Journal 1941-1943 (dernière page) ]

      1. Ils sont d’une autre race et ne le savent pas
        Ils sont d’un autre clan et se mêlent à vous
        Ils vous tendent leurs mains et vous donnent le bras
        Vous les laissez passer ils ne sont pas à vous
        Ils sont le clair matin dans vos nuits des tempêtes
        Ils sont le soleil noir de vos étés d’hiver
        Ils chantent dans la nuit à vos tempes muettes
        Ils plantent la Folie au fond de vos galères

        Ils peignent le chagrin dans les coquelicots
        Ils écrivent l’amour dans vos chambres glacées
        Ils font plier le temps sous l’aile d’un oiseau
        Ils font passer la vie dans vos accords brisés
        Ils font la loi demain quand tu vivrais hier
        Ils décident de tout quand tu veux les soumettre
        Il y a vingt mille ans qu’ils sont à leur fenêtre
        Il y a vingt mille ans qu’ils crient dans le désert

        Ils sont d’une autre race et ne le savent pas
        Ils sont d’un autre clan et se mêlent à vous
        Ils vous tendent leurs mains et vous donnent le bras
        Vous les laissez passer ils ne sont pas à vous
        Il y a vingt mille ans qu’ils te rentrent dans l’oeil
        Il y a vingt mille ans que tu ne les vois pas
        Il y a vingt mille ans que tu voudrais les voir
        Et si tu les voyais eux ne te verraient plus

        Ce sont des gens d’ailleurs

        Les artistes

  2. L’entroprimes au pays des subprologues via la philia de l’artiste.
    Une « époque de tournant », sans doute, de dons de tournis, sûr !

  3. Merci Paul de nous dire la vérité toute entière, au fond nous vivons une époque rare, conscient ou non, nous sommes tous concernés. A revisiter : 2001 A Space Odyssey – Part 6/13

  4. L’agonie capitaliste nait de l’idéologie postmoderniste qui voulait détruire le Lumières et reprendre la main sur 1789.

    Merci vous confirmez avec Marcel Gauchet dans Le Monde mais avec de nouveaux arguments – ceux de René Thom, ceux de l’informatique et des « jeux vidéo » non maîtrisés – que le postmodernisme nous détruit au quotidien. Mais on est parfois postmoderne à l’insu de son plein gré et les politiciens le sont facilement le plus sou-vent par paresse (= clientélisme et corruption banale).

    Alors c’est quoi le postmodernisme ? Si vous ne voulez pas lire tout de suite Fredric Jameson un peu touffu, lisez d’abord Jordi Vidal, – Servitude et simulacre en temps réel et flux tendu (2007 Ed Allia) – , vous en aurez pour votre argent (6,10 euros) et vous saurez comment les « PoMo »(Post Modernes) détruisent les Lumières puis la planète pour le plaisir de raconter n’importe quelle histoire acculturée car instantanée. Traiter quelqu’un de postmoderne, c’est une manière diplomate mais péjorative de le traiter d’ignorant, de superficiel, de raconteur d’histoires sans queue, ni tête, même saupoudrées de Jaurès ou de Guy Moquet (storytelling). Il est très difficile de répondre intelligemment par une culture et des fondamentaux, à quelqu’un qui n’en a guère et qui n’en veut pas car c’est fatigant ! Le postmodernisme, c’est aussi une grande paresse intellectuelle dangereuse. Personnellement, j’appelle cette séquence politique postmoderne du « Bushisme » ou le droit à l’ignorance ! Et c’est cette « philosophie » qui dirige le monde aujourd’hui . ( cf Jordi Vidal)

    Permettez-moi de risquer une interprétation sur la culture anglo-saxonne que vous connaissez bien mieux que moi ? On est vite taxé de communiste outre-Manche et aux USA, en toute ignorance de cause, car en anglais, les « commons » c’est ce qui est public. Et pour l’américain moyen ce qui est public ne peut pas être « correctement exploité » et c’est donc une perte pour le capitalisme le plus élémentaire. D’où « la peur de la crise des commons » et du communisme qui est une base idéologique de leur système et fait partie de l’ADN de ces peuples et qui n’est pas discutable comme tout phénomène religieux.

    D’où cette question élémentaire, l’écologie « bien public » est-elle soluble dans le ca-pitalisme ? Sans doute pas mais il faudra pourtant « financer » l’épuration de nos déchets qui débordent et asphyxient Gaïa et nous asphyxient au quotidien. Les cancers – ce n’est plus une maladie mais des centaines de mécanismes différents – en sont une signature parmi d’autres. Les « services rendus par la nature » n’étant pas (encore) titrisés, nous allons forcément nous laisser dépérir. Encore un peu de volonté et de changement des règles comptables : on arrivera bien à titriser notre « FILIA » !
    A moins que le système ne s’écroule, dites-vous ? Il y a peut-être un lecteur médecin qui pourrait raconter qu’on est en train de titriser la médecine ? (cf. http://amdddm.voila.net/ http://amdddm.voila.net/ )

    1. @ Julio Béa 22 mars 2012 à 10:31

      D’où cette question élémentaire, l’écologie « bien public » est-elle soluble dans le ca-pitalisme ?

      A mon avis écologie et capital sont tout à fait compatibles. L’écologie vise à préserver l’écosystème lequel est bien le capital de l’humanité. Hélas, les humains qui de tous temps vivaient en ne consommant pratiquement que des ressources renouvelables, se sont mis, depuis deux siècles, à puiser dans celles qui ne le sont pas. La partie restante vient maintenant à ne plus être insuffisante pour assurer le maintien du train de vie des nations les plus consommatrices, relativement à leurs réserves.

      L’Europe de l’Ouest, surtout au sud, est probablement avec le Japon, la région du monde en situation la plus critique et certainement la moins apte à pouvoir s’adapter du fait de l’évolution des mentalités qui s’est opérée durant la même période. Sensibles aux théories de Marx, la majorité des populations, qui antérieurement perpétuaient en leur sein un esprit favorable à la constitution et à la préservation du capital, se sont mises à croire et à faire croire que le capital, le capitalisme, étaient néfastes à l’homme. Elles se sont conduites en fourmis et se trouvent bien incapables aujourd’hui de rembourser les dettes qu’elles ont contractées pour maintenir un mode de vie qu’elles ne méritent pas au regard de ce qu’elles produisent.

      Ceux qui n’ont pas été soumis au dogme anticapitaliste né des théories de Marx, sont naturellement restés à la fois capitalistes et écologiques. J’ai bien connu des personnes nées pauvres, au début du siècle dernier et qui sont mortes moins pauvres, sans être riches, en ayant satisfait à la fois aux exigences du capital et de l’écologie. Ils transmettaient à leurs enfants consigne qui satisfait autant aux exigences du capital que de l’écologie.

      l l faut travailler beaucoup et bien, tout en consommant le moins possible

      Cette règle de vie permettait, en s’abstenant d’emprunter pour vivre, au niveau individuel, comme au niveau d’une communauté locale ou nationale, de s’enrichir au lieu de s’appauvrir. Elle conduisait les individus à ajuster leur consommation à leur production, leurs dépenses à leurs recettes, de telle sorte que le solde reste positif ou nul. Une énorme erreur a été commise dans le domaine économique par les dirigeants français lorsqu’il n’a plus été possible de maintenir cet équilibre. Il fallait travailler davantage à moindre coût horaire pour améliorer la compétitivité nationale, alors que c’est le contraire qui a été fait.

      Oui l’écologie est soluble dans le capitalisme, il suffit qu’un changement d’état d’esprit d’opère dans la population de sorte que chacun vise à consommer moins que ce qu’il génère de richesse matérielle et surtout morale. La tâche est immense.
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=13534#comment-95198

  5. « On a une chance extraordinaire, on vit à une époque de tournant ». Je pense qu’en prenant un peu de hauteur, on peut dire qu’on vit ce tournant depuis 250 ans (machine à vapeur) ou même 500 ans (Renaissance). Après, si le problème de l’énergie pouvait être résolu (ITER?), alors peut-être qu’il n’y a même pas tournant.

    1. Non, Arnould, le « problème » est plus ancien que l’énergie, c’est les support de mémoire et leur usage comme remède/poison (pharmaka, y a pas que la philia au magasin grec).

      Les sophistes firent usage de l’aspect poison du langage logique, au grand dam de ceux qui le promouvaient comme idéal (Platon). Aristote du travailler pas mal pour trouver le moyen terme (dialectique, analytique, rhétorique,…) et les rapports de force. Il a un peu mérité son succès jusqu’au moyen âge.

      Maintenant, le monde n’est pas forcément séparable dans les catégories où nous l’avons nommé. Energie et support de mémoire ont peut être partie liée dans une autre vision et je n’ai pas tort et vous non plus. Ce qu’ a répandu la voiture et l’automobile, ce sont des supports de mémoire aussi (en eux-même ce sont des vecteurs d’une certaine « civilisation ») sans compter ce qu’il y avait dans le coffre, ou dans les wagons ou dans la remorque du camion.

  6. Bon alors là j’ai du mal!
    S’il n’y avait pas le problème de l’énergie, les autres problèmes seraient réglés comme d’habitude pour environ 4 générations par
    – une grosse guerre suivie par
    – « plus jamais ça » et de nouvelles institutions internationales,
    – puis environ 20 ans plus tard des jeunes frustrés par la rigidité de leurs parents,
    – puis encore un peu plus tard dérégulation
    – puis rêve d’enrichissement généralisé,
    – enfin crise, etc….
    Sauf que cette fois, même s’il y a la guerre, on va manquer un peu d’énergie pour recommencer, ou en tout cas, c’est l’impression qu’on a en lisant les nouvelles, même s’ll reste apparemment beaucoup de charbon.
    Il me semble que la mémoire dure 3/4 générations maxi.

  7. Le muret, l’arbre Renaissant sur la gauche. Torses penchés – au contrebas de l’esplanade, ce que l’on ne voit pas. La colline sur la droite sous le ciel fissuré, et leurs regards que l’on ne peut scruter mais que l’on imagine, deux amis de dos, leurs regards d’hommes libres aperçus à l’origine de l’œuvre. Ils ne sont plus la proie des choses
    Hors champs…….; Trouves.

  8. Débarrassons nous des Ploucs ,Voila une idées quelle est bonne? Que les machines qui dirigent notre esprit prenne le pouvoir avec leur algorithme puissant sur le misérable Plouc insignifiant ver de terre remuant et indiscipliné.

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