51 réflexions sur « AUTREMENT, « CE QUI DOIT CHANGER. ET LES FORCES QUI S’Y OPPOSENT », à Paris, le mardi 27 mars 2012 à 19h15 »

  1. Tsss Encore Paris !

    Z’auriez pas pu attendre 8 ou 10 jours de plus, j’aurais eu ma Carte Vermeil, ça m’aurait fait des économies !

    Pauvre provincial que je suis !

    1. uncaillou pensera à vous, Léoned
      Je ne travaille pas seulement pour Théodore, mais aussi pour les provinciaux du monde entier,
      que dis-je de l’univers!
      http://www.dailymotion.com/uncaillou#video=xmrhq9

      Mais il faudra parfois patienter.
      Comme par exemple, pour pouvoir visionner prochainement
      l’intervention magistrale de Paul Jorion,
      à l’Université Libre de Bruxelles le 9 mars dernier, bientôt en ligne.

      Mais aussi l’échange entre,
      Jean-Pierre Jouyet, Président de l’Autorité des marchés financiers (AMF)
      Gaël Giraud, séminariste, jésuite, chercheur en économie financiére,
      et Charles-Henri Filippi, Président la banque Citi France,
      dans le cadre des Débats Varenne le 5 mars,
      et bientôt possible sur vos écrans.

    2. @leoned
      Pauvre vieux!
      J’avais pas compris mais c’est un blog de vieux. on n’a des commentaire que de vieux qui ne veulent défendre que la rente. C’est sur qu’il vaut mieux parler de révolution numérique parce que sur les barricades je vous vois pas courir avec vos déambulateur.

      1. @u plouc…

        Vraiment pas bien pris conscience du contenu du fil de ce blog au fil des années.
        ….

         » changer le cadre « ….. » virer l’héritage au rang de curiosité publique « ….  » désacraliser l’épargne qui ne s’investit pas dans du concret « ………….et des meilleures…………………………………..VRAIMENT pas de quoi entrainer les vieux rabougris dans l’enthousiasme…..!!!!!……..Alors , s’il en reste ds actifs sur ce blog…FAUT VRAIMENT leur tirer un bon coup de chapeau…!

      2. @ploucplouc

        Pas de bol . Chaque jeune se retrouve vieux avant de s’en être rendu compte . Chacun de ses anniversaires, qu’il fête joyeusement avec ses potes , l’inconscient, le rapproche insidieusement de sa vieillesse. Pas moyen de faire marche arrière .
        L’ASPA ou minimum vieillesse à 628 € par mois pour un grand nombre de nos vieux actuels, les enfants d’ouvriers virés de leur emploi avant la cinquantaine par les fermetures massives d’usines et de paysans non propriétaires terriens dont l’épouse n’a même pas droit à une retraite . En voilà une rente qu’elle est bonne ! De quoi vouloir vieillir encore plus vite .

  2. Sur 66 millions de français seulement 5,8 millions de travailleurs de production et 7,8 millions de travailleurs résidentiels , de quoi vivent les autres , du travail des premiers , de l’esclavage des premiers , de l’intérêt sur la dette.
    Faut que çà change.

    1. Je ne sais pas d’où tu sors tes chiffres, mais y’a quelque chose qui colle pas.
      D’après l’INSEE, il y avait fin 2010 environ 24 millions de travailleurs salariés.

      Si j’additionne tes deux nombres, j’arrive à la moitié. Où est l’erreur ?

      1. les fonctionnaires cher ami , en outre seuls les travailleurs de production devraient être pris en compte dans le pib , les travailleurs résidentiels ne servant qu’à lustrer le poil de tous les autres.

      2. @ bertrand

        Tiens, un physiocrate. Comme ça tombe, j’en parlais juste hier !

        Hier aussi, j’ai mis un zouli graphique dans le fil intitulé « Le vif/ L’express ». Devriez y jeter un coup d’œil.

        Euh, au fait, un fonctionnaire ça produit jamais ? C’est sûr ? Même indirectement ?

      3. un fonctionnaire et un travailleur résidentiel (services) çà produit du déficit commercial : 80 Md€ contre 75 Md€ d’excédent allemand.
        C’est exactement ce qui va tuer l’euro le déficit commercial.
        A force de se frotter le nombril les français vont vivre comme les grecs , c’est simple.

      4. @ bertrand

        Résumons-nous, et comme je ne veux pas rester sur le cas fonctionnaire, je vais prendre un autre exemple :

        Un toubib (service) qui guérit un agriculteur de la grippe ne participe donc pas à la production ?

      5. @bertrand
        Vous me faites penser aux physiocrates :

        Pour les physiocrates, la seule activité réellement productive est l’agriculture. La terre multiplie les biens : une graine semée produit plusieurs graines. Finalement, la terre laisse un produit net ou surplus. L’industrie et le commerce sont considérés comme des activités stériles car elles se contentent de transformer les matières premières produites par l’agriculture.

        Un conseil, lisez L’enjeu du salaire par Bernard Friot (qui a publié un billet sur ce blog). Pas sûr que ça vous plaise, mais c’est un exercice salutaire pour « Ceux qui sont chauves à l’intérieur de la tête ». Extrait pp. 114-115 :

        Pourquoi le PIB français ou allemand est-il proche du PIB chinois alors que les Français ou les Allemands sont vingt fois moins nombreux ? Leur production de valeur d’usage est évidemment infiniment inférieure à la valeur d’usage produite par la population chinoise. Mais une part beaucoup plus grande de cette valeur d’usage est considérée comme ayant valeur économique. Et cela non seulement parce que le capitalisme, plus développé en France ou en Allemagne, y a conquis plus de place en faisant produire sous la loi de la valeur-travail des biens et services qui jusqu’ici ne l’étaient pas ; mais aussi, et c’est toute l’ambition de cet ouvrage d’y rendre le lecteur attentif, parce que bien des tâches effectuées en France ou en Allemagne comme du travail producteur de valeur dans le cadre de services publics ou de la Sécurité sociale le sont en Chine comme de l’activité utile menée dans un cadre domestique, sans valeur économique donc. La convention capitaliste de travail est concurrencée en France ou en Allemagne, bien davantage qu’en Chine ou dans d’autres pays nouvellement capitalistes, par une convention salariale qui attribue de la valeur économique à une production non marchande faite par des non-marchandises. Prenons toute la mesure de ces deux termes qui n’ont pas la banalité de leur usage tant courant que savant. Production non marchande ne veux pas dire nécessairement non vendue, comme le veut la nomenclature de la comptabilité nationale qui réduit le non-marchand à ce qui n’a pas de prix par naturalisation de la marchandise capitaliste : l’acte d’un médecin conventionné du secteur 1 est vendu, mais ce n’est pas une marchandise produite selon le critère capitaliste de la valeur-travail. La convention salariale n’élimine pas le prix, ni la monnaie, ni l’échange : elle élimine la marchandise, c’est-à-dire la dictature du temps qu’introduit la mesure de la valeur par le temps de production. Produite par des non-marchandises, ça n’est pas simplement parce qu’elles sont sur un marché, c’est aussi parce que sur ce marché elles sont évaluées par leur temps de production et reproduction ; alors que les retraités ou les soignants de la fonction publique ou au diplôme protégé sont des producteurs titulaires de leur qualification.
        Evidemment, si ce travail ne produit pas de biens et services vendus, les salaires des soignants ou des retraités ne peuvent pas être payés sur le chiffre d’affaires de leur entreprise. Dans ce cas, et aussi si l’on veut assurer la couverture collective d’un travail de soins dont les actes sont vendus, il faut bien qu’il y ait un flux de monnaie qui, sous forme de cotisations sociales, aille du marchand vers le non-marchand. Un flux qui suscitera d’ailleurs un flux équivalent en retour, du non-marchand vers le marchand, puisque les salaires des soignants ou les pensions des retraités serviront à acheter des marchandises. Avec cet aller-retour, les cotisations sont donc, pour la sphère des marchandises, une opération blanche. Mais surtout, ce flux de monnaie n’est pas un flux de valeur. La valeur économique au fondement de la cotisation n’est pas produite par le cotisant mais par le soignant ou le retraité. Tout comme la valeur économique au fondement de l’impôt n’est pas produite par le contribuable, mais par le fonctionnaire. Les prix des marchandises incluent, en plus de la valeur des marchandises, celle du travail non marchand reconnu par un salaire à la qualification. Ainsi, les impôts qui financent du salaire socialisé sont des ajouts de valeur ajoutée, et des ajouts révolutionnaires puisqu’ils confortent une convention salariale du travail antagonique de la convention capitaliste.

  3. Sur l’utilité d’appeler un chat un chat et d’identifier les arguties qu’il emploie pour continuer de danser sur les souris.

    Donc : les forces qui s’y opposent, les marchés, les 1%, le capitalisme, l’ultra-libéralisme, la mondialisation, les super-riches… Tout chat c’est tout sauf un ça non?… ou vice versa?

    Je viens d’achever la lecture d’une narration de la trajectoire d’Alan Greenspan. Fascinant. Non pas que le personnage impressionne par son aura ou son intellect particuliers. Non, plutôt comment, telle une pièce sur un échiquier, il a servi les desseins de tous ces chats que l’on n’ose nommer et qui jouent aux échecs, principalement ceux des autres.

    Cet homme aurait admis en 2008 devant les représentants du peuple américain à quel point il s’était fourvoyé dans un système qu’il ne comprenait pas. Mea culpa rédempteur après 20 ans en poste? Dans cette interview concédée il y a à peine un peu plus d’un an et face à une interlocutrice moins ardue, il dit exactement le contraire et la met au défi de lui prouver qu’il avait tort : http://www.creditwritedowns.com/2011/01/the-big-interview-with-alan-greenspan-prove-i-was-wrong.html

    Pour en revenir à la trajectoire de ce pion d’échiquier qu’était Alan Greenspan, comprendre d’où il vient, qui étaient ceux qui composaient les groupes de réflexion et les cercles sociaux qu’il intégrait et comment il a été placé aux manettes qui lui ont permis de mettre en place les conditions d’une société idéale aux yeux de certains est utile et permet de franchir le pas: celui de nommer les chats, de pointer le doigt sur leurs méthodes et de faire le parallèle avec ce qui se déroule devant nos yeux aujourd’hui même.

    Pour ceux que cette lecture intéresserait, je conseille le livre Griftopia de Matt Taibbi. Un avant-goût de sa façon très directe de voir les choses et de nommer les chats via son blog: http://www.rollingstone.com/politics/blogs/taibblog.

    1. @Lazarillo de Tormes
      Une piste, lorsque vous dites  » Pour en revenir à la trajectoire de ce pion d’échiquier qu’était Alan Greenspan  » un fou n’avance jamais en ligne droite ,mais toujours de travers !!!!

      1. Pas d’accord, une diagonale est une ligne droite, seul le cheval ne suit pas une droite, mais une ligne gauchie.

      2. Avec un mauvais cheval ou cheval fou, ça fonctionne.
        D’ailleurs, j’en ai connu un de canasson, un vrai, qui se prenait pour un cheval d’échec, après un
        saut d’obstacle, il est parti brusquement sur la gauche et moi par terre avec une entorse de cheville.

    2. « Cet homme aurait admis en 2008 devant les représentants du peuple américain à quel point il s’était fourvoyé dans un système qu’il ne comprenait pas. »

      Ce n’est pas une rumeur. On en a parlé ici à l’époque 🙂

      1. En effet je connais cette comparution. Ce que je voulais sous-entendre via l’emploi du conditionnel -un peu maladroit à la relecture…- c’est, qu’à mon sens, il s’agit moins de l’incompétence d’un Greenspan homme de main que de l’exécution délibérée d’une stratégie des forces qui s’y opposent dans un but recherché et -provisoirement?- atteint à l’heure qu’il est.

        J’ai lu quelques fois sur le blog et entendu récemment au solbosch 😉 que Greenspan n’y avait rien compris. Je crois plutôt que le bougre à fait de lui ce qu’on en attendait et malheureusement plutôt bien.

  4. Je trouve que le phénomène sociologique des « Shadow Banking System » et de Hedge Fonds n’est pas suffisamment abordé dans les discussions.
    L’aristocratie (sous sa forme classique) avait besoin de la bourgeoisie pour exister. La bourgeoise de son côté a essayé d’imiter le stil de vie de l’aristocratie; ceci a été rendu possible par le principe de la recompense matérialisée par le travail et l’engagement individuel.

    La nouvelle aristocratie de l’argent (ploutocratie) n’a besoin de personne pour exister, elle n’est pas, contrairement à l’aristocratie de l’ancien type, dépendante d’une autre classe sociale – il n’y a plus d’interrelation (compétitive) entre les classes.
    Cette circonstance rend si pénible la lutte contre ce néoféodalisme. La nouvelle aristocratie de l’argent agit sous le masque du Shadow Banking ou des Hedge Fonds. C’est à dire de manière plus ou moins anonyme, en tous cas difficile à identifier.

  5. Bonjour,
    une diffusion sur le WEB en live est-elle prévue ?
    Comme cela, ceux qui ne peuvent pas se déplacer pourraient en profiter.

    1. Non jerome, pas de diffusion en live de prévue
      pour ne pas faire de tort au journal de TF1 à la même heure.

  6. @ P.Jorion

    Bon ben là… vous n’avez pas 36 000 solutions… va falloir vous télé-porter…

    Puisque vous devez être à 16h30 au Luxembourg (le jardin bien sûr)… avec toujours le retard qu’il y a dans ce genre de séances et le temps qu’il faut pour aller ensuite jusqu’au métro Odéon… c’est mort, vous ne serez jamais à 19h15 à Sentier… c’est cuit…

    Sauf… sauf… si vous prenez un vélib’ et que vous fonciez à tout(e) berzingue… mais bon, après Châtelet, ça part en côte… un mauvais faut-plat qui nique les mollets…
    Et puis le vélib’, c’est bien que la nuit

    Alors je sais ce que vous vous dites… qu’un sénateur va vous prêter son hélico portatif ou un truc du genre… mais les sénateurs ne sont pas vraiment prêteurs…
    – « Non, ma mère, elle veut pas que je prête mes affaires… »

    Aïe aïe aïe… c’est mal goupillée cette histoire… Une seule solution, réserver une moto taxi, façon F.Hollande… j’vois que ça…

    Sinon, j’vous donne quand-même le trajet en métro, on ne sait jamais, des fois qu’on ne vous interrogerait que 10 secondes et que vous soyez dehors à l’heure… mais bon, ça serait mauvais signe pour les conclusions de la commission sénatoriale si c’était le cas…

    Alors… En face du Sénat, vous descendez la rue de l’Odéon toujours tout droit… durant 5 à 10 minutes (ça dépend du marcheur et de la motivation et des femmes qu’on croise…)… à la croisée avec le Bvd Saint-Germain il y aura le métro Odéon… Vous prenez la ligne 4 (la violette) direction Clignancourt… mais j’suis bête, y a un site pour ça

    Tiens, ils disent pas comme moi… ils préfèrent vous faire passer par Vaugirard… Bon, j’ai rien dis…

  7. Merkel juge « catastrophique » une sortie de la Grèce de la zone euro
    Le Monde.fr avec AFP | 26.03.2012 à 07h33 • Mis à jour le 26.03.2012 à 09h48

    La chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé qu’il serait « catastrophique » de permettre à la Grèce de quitter la zone euro, qui s’en trouverait « incroyablement affaiblie », dans une interview télévisée à la BBC diffusée lundi 26 mars.

    « Nous avons pris la décision de faire partie d’une union monétaire. C’est une décision non seulement monétaire, mais également politique, déclare Angela Merkel, dont les propos sont traduits en anglais. Ce serait catastrophique si nous disions à l’un des pays qui a décidé d’être avec nous : ‘Nous ne voulons plus de vous.’ D’ailleurs, les traités [européens] ne le permettent pas. Les gens dans le monde entier se demanderaient : ‘Qui sera le suivant ?’ La zone euro s’en trouverait incroyablement affaiblie. »

    « ROUTE LONGUE ET ARDUE »

    Elle a ajouté que la Grèce, qui a fait l’objet de deux plans de sauvetage européens, avait devant elle une « route longue et ardue », mais que ce serait une « énorme erreur politique de permettre à la Grèce » d’abandonner l’euro. « La situation est très tendue. L’Europe, et en particulier la zone euro, est en crise. Cette crise est la conséquence de la crise financière mondiale et elle a entraîné des discussions très dures dans de nombreux pays, a ajouté Mme Merkel, interrogée sur l’émergence d’un sentiment anti-allemand en Grèce. Nous avons des débats houleux dans nos Parlements et nous utilisons des mots durs. Heureusement, nous avons appris à résoudre nos conflits pacifiquement. »

    Angela Merkel a aussi réaffirmé son soutien à la présence du Royaume-Uni dans l’Union européenne malgré le refus de David Cameron de rejoindre le nouveau pacte budgétaire européen : « La Grande-Bretagne doit savoir qu’en Allemagne nous voulons une Grande-Bretagne forte dans l’UE, c’est ce que nous avons toujours souhaité et ce que nous souhaiterons toujours. »

  8. A.B :

    « Et certes la fusée retombe vite mais il n’en faut pas davantage pour mesurer à leur échelle funèbre les valeurs d’échange qui se proposent aujourd’hui. Pas de réponse, sinon à des questions utilitaires immédiates. Indifférent à tout ce qui ne l’approche pas de très près, de plus en plus insensible à tout ce qui pourrait lui livrer, pourvu qu’elle ait quelque ampleur, une interrogation de la nature, l’homme que nous côtoyons ne se donne plus guère à tache que de flotter. La conviction millénaire qui veut que rien n’existe gratuitement mais que tout au contraire il ne soit pas un être, un phénomène naturel dépourvu pour nous d’une communication chiffrée – conviction qui anima la plupart des cosmogonies – a fait place au plus hébété des détachements : on a jeté le manche après la cognée.

    (…)

    Pourtant, quelle aberration ou quelle impudence n’y a-t-il pas à vouloir « transformer  » un monde qu’on ne ce soucie plus d’interpréter dans ce qu’il a d’à peu près permanent.

    Les contacts primordiaux sont coupés : ces contacts je dis que seul le ressort analogique parvient fugitivement à les rétablir. D’où l’importance que prennent, à longs intervalles, ces brefs éclats du miroir perdu. »

    A. Breton, in « Signe ascendant »

  9. Long entretien dans Libé avec Sigmar Gabriel le Prdt du SPD et François Hollande

    «Ensemble, nous pouvons faire bouger les choses»

    Par MARC SEMO, LILIAN ALEMAGNA, LAURE BRETTON, SYLVAIN BOURMEAU, NILS MINKMAR pour le « Frankfurter Allegemeine Zeitung »

    C’est l’autre couple franco-allemand, celui formé par le Parti socialiste et le Sozialdemokratische Partei Deutschlands, qui n’ont jamais été aussi proches depuis trente ans

    (…)

    Merkosy
    Sigmar Gabriel : Ces créations linguistiques ne résistent pas à l’épreuve des faits. Je n’imagine pas une seconde que Mme Merkel approuve les sentiments anti-européens que M. Sarkozy est en train de propager. Il serait intéressant d’entendre ce qu’elle aurait à dire, si elle venait en France, de la sortie de l’espace Schengen annoncée par le président Sarkozy ou de ses idées protectionnistes.

    (…)

    Pourriez-vous nous expliquer comment chacun de vous a découvert le pays de l’autre ?
    FH : (…) J’ai appris l’allemand au lycée. (…) Je me suis rendu plusieurs fois en Allemagne pendant mes années de lycée. Je faisais partie d’une association qui organisait des chantiers de jeunesse internationaux. J’ai ainsi passé un mois dans la région de Francfort-sur-le-Main. Je me suis ensuite rendu à de nombreuses reprises en Allemagne du fait de mes fonctions politiques.
    (…) Tony Blair a tenté d’attirer Gerhard Schröder vers lui. Cela a empêché, à un moment décisif pour notre continent, l’émergence d’une véritable politique commune des socialistes, des sociaux-démocrates et du Labour en faveur de l’Europe, ce que j’ai toujours regretté.

    SG : (…) A l’adolescence, j’ai fait partie des «Faucons rouges», les jeunesses socialistes… J’ai dirigé pour eux pendant près de vingt ans des camps de jeunes, avec en général 200 participants. La plupart se déroulaient dans le sud de la France, à Saint-Jean-du-Gard. Nous avions à chaque fois la visite de représentants du PS.
    (…) Par la suite, notre dialogue avec la France s’est malheureusement en partie interrompu. C’était l’époque de ce qu’on a appelé la «Troisième Voie», dont je pense aujourd’hui qu’elle n’était rien d’autre qu’une tentative d’habillage sous des dehors sociaux-démocrates de projets en partie néolibéraux.

    Qui a dû faire le plus de chemin sur la voie de ce consensus nouveau ?
    SG : (…) Je constate que nous sommes revenus sur certaines erreurs de jugement et que nous avons réorienté notre politique. Nous avons trop écouté dans le passé les théologiens du néolibéralisme. Pendant trente ans, le dogme néolibéral a été tout-puissant, en Europe et dans le reste du monde. Aujourd’hui, une phrase résume ce qui nous distingue des conservateurs et des libéraux. C’est Mme Merkel qui l’a prononcée en se disant favorable à une démocratie conforme aux besoins des marchés. Nous pensons le contraire : nous devons créer des marchés conformes aux besoins de la démocratie.

    Des différences demeurent. Le SPD s’est prononcé en faveur du Pacte de stabilité, le PS est contre…

    FH : S’il ne s’était agi que du Mécanisme européen de stabilité, nous aurions dit oui, parce que nous avons besoin de ce fonds pour soutenir les pays en difficulté, comme la Grèce aujourd’hui. Mais sa ratification pouvait sembler impliquer celle du Pacte budgétaire, qui vise l’austérité et avec lequel nous ne pouvons pas être d’accord. C’est pourquoi nous nous sommes abstenus.

    S.G. : En Allemagne, les sociaux-démocrates ont plaidé dès le départ en faveur de plans de sauvetage de grande ampleur, contre l’avis initial de la chancelière. Nous sommes soumis depuis à la «loi de Merkel» : faire tous les trois mois le contraire de ce qu’on a annoncé trois mois auparavant. Le plan de stabilité a donc fini par coïncider avec les positions que nous avions exprimées. Mais il est arrivé beaucoup trop tard ! A propos du Pacte budgétaire, nous partageons l’avis de François Hollande et des socialistes français. Il lui manque en effet une composante forte en faveur de la croissance et de l’emploi.

    François Hollande, vous nous faites l’impression d’être un véritable social-démocrate, Partagez-vous cet avis ?
    F.H. : Il est bon, lorsqu’on fait campagne pour l’élection présidentielle, de garder une ligne claire. Mon projet est socialiste et je suis socialiste. Je ne suis ni sensible aux sirènes du néolibéralisme ni partisan d’un Etat qui décide de tout au-dessus de la tête des citoyens, des forces sociales et des partenaires sociaux. Je ne suis ni un socialiste modéré ni modérément socialiste. Je suis socialiste, c’est tout.

    Certes, mais qu’est-ce que cela veut dire ?
    F.H. : Trois choses. D’abord, la justice sociale. Nos sociétés ont besoin de règles et les richesses doivent être réparties équitablement. Deuxièmement, la croissance doit changer de nature, elle doit être solidaire et durable. Enfin, mon troisième principe s’appelle la sincérité. Ne faisons pas comme si le seul à pouvoir être élu est celui qui fait le maximum de promesses. A propos de tous ces grands sujets, la jeunesse doit être au centre de nos préoccupations. Nous devons lui assurer un avenir grâce à une politique soucieuse de l’environnement, mais aussi grâce à des efforts dans les domaines éducatif, culturel et scientifique. Et, surtout, nous devons tout faire pour l’aider à trouver un emploi : le chômage des jeunes est un fléau, je veux le combattre.

    Trouvez-vous quelque chose d’inspirant dans la social-démocratie allemande ?
    F.H. : Je crois certes davantage au rôle stratégique de l’Etat, mais ce que j’apprécie dans le modèle allemand est l’idée du compromis et de la participation de toutes les composantes de la société. Je souhaite qu’en France aussi un véritable dialogue social s’instaure lorsque des projets de loi importants doivent être présentés (…)

    Sigmar Gabriel, en quoi les socialistes français vous ont-ils inspiré ?
    S.G. : Dans ma circonscription se trouve la plus grande bibliothèque d’Europe de l’époque des Lumières, construite par Lessing. Sans le mouvement des Lumières en France et la Révolution, cela aurait été impensable. Lorsque l’on se demande ce que c’est qu’être de gauche, la réponse ne dépend pas fondamentalement de la façon dont on organise la prévoyance vieillesse ou du fait que l’on soit pour ou contre le nucléaire. Toute la question est de savoir si l’on croit au pouvoir de l’éducation, à la force de l’argument, à l’idée que l’homme est capable de s’émanciper, que personne n’est condamné à un destin mais que chacun peut faire quelque chose de sa vie et que la politique a pour mission de créer les conditions propices à une existence réussie. J’ai toujours associé cette idée à la France.

    (…)

    Les Etats ont-ils encore les moyens d’agir politiquement à l’encontre des intérêts du monde financier ?
    F.H. : Si les Etats affrontent les marchés en ordre dispersé et sans appui, ils perdront la bataille, car les spéculateurs jouent les Etats les uns contre les autres. C’est déjà une réalité. Le sens de la coopération européenne doit être de faire front commun face à la puissance d’un monde financier irrationnel, sans retenue, dont le souci n’est pas de créer des valeurs réelles, mais bien l’enrichissement immédiat, sans scrupule, de quelques-uns. Cela doit être notre grand projet commun. On ne peut pas permettre que des ordinateurs et des modèles mathématiques placés au service de la cupidité décident de notre avenir. Je reprends les propos de Sigmar Gabriel lorsqu’il dit que la démocratie doit être plus forte que les marchés ; dans le cas contraire, ce n’est pas des marchés que les gens se détourneront, mais de la démocratie !

    S.G. : Au XXe siècle, nous avons réussi dans nos pays à imposer des limites au capitalisme. Nous avons créé des droits sociaux et les règles du jeu sont élaborées par les Parlements. Lorsque l’Internationale ouvrière s’est réunie à Paris en 1889 pour faire du 1er mai la journée du travail, elle a écrit : «Le capital est organisé à l’échelle nationale, la seule réponse est la solidarité internationale des travailleurs.» Plus d’un siècle plus tard, nous constatons que le capital est organisé à l’échelle internationale et que la politique est souvent encore beaucoup trop organisée à l’échelon national. C’est quelque chose que nous voulons faire changer. Nous devons coopérer encore plus étroitement à l’international, et c’est à l’Europe qu’il revient de prendre l’initiative. L’Europe est la réponse à la toute-puissance des marchés financiers.
    (…)

    Arrêtons-nous sur un exemple, celui de l’aide à la Grèce. Vos positions ne divergent-elles pas ?
    S.G. : Non. Nous considérons qu’une politique fondée sur l’austérité ne fait que nuire à la Grèce. L’Europe n’aurait d’ailleurs pas basculé dans une telle crise si nous avions agi avec détermination dès le départ. La durée des tergiversations a transformé la crise d’un pays qui plafonne à 2% du produit intérieur brut de l’Europe, voyez-vous cela, en une crise paneuropéenne.
    C’est le résultat de la politique de Mme Merkel et M. Sarkozy. Le combat pour la Grèce cache en fait d’autres questions : qui décide de la façon dont nous vivons ensemble en Europe ? Wall Street et la City, ou les peuples et leurs élus ?

    F.H. : Je rejoins tout à fait cette analyse. C’est parce que l’on n’a pas agi tout de suite en profondeur et avec toute la force possible contre la crise que s’est déclenché l’effet domino qui a emporté l’Europe entière. Sans aide à la croissance, toute l’Europe est menacée de récession.

    Que peuvent faire la France et l’Allemagne pour encourager la croissance ?
    F.H. : Cela exige de nouveaux instruments et de nouveaux objectifs politiques. J’ai proposé que l’on crée des obligations européennes destinées au financement de projets, ainsi qu’une taxe à large portée sur les transactions financières. Elle servirait à financer trois domaines : la lutte contre le chômage des jeunes, le passage à de nouvelles formes d’énergie et la recherche et le développement, avec notamment l’encouragement de la coopération entre universités européennes.
    S.G. : Combattre le chômage des jeunes est une priorité de tout premier ordre. Quand j’étais jeune, l’Europe était synonyme d’espoir et d’un avenir meilleur. Aujourd’hui au contraire, les jeunes de nombreux pays voient l’Europe comme une menace. En Grèce, en Italie, en Espagne, en France, le chômage des jeunes atteint des niveaux effrayants. Nous devons le combattre avec toute une série de projets, par exemple en appuyant un grand projet européen dans le domaine du solaire. L’Allemagne a réussi à créer 350 000 emplois dans le secteur des énergies renouvelables ; à combien pourrait-on encore parvenir pour l’ensemble de l’Europe ?

    Helmut Kohl et François Mitterrand sont allés rendre visite ensemble à Ernst Jünger. A qui aimeriez-vous rendre une visite commune ?
    F.H. : Je ne veux pas anticiper sur la réponse de Sigmar Gabriel, car je ne sais pas quelle relation il a avec lui, mais je trouve que Jürgen Habermas a trouvé des mots très clairs et très éclairants à propos de l’Europe. J’irais volontiers lui rendre visite.
    S.G. : Alors là, je viens tout de suite

  10. Mon cher Jorion, Eureka !!!

    Je viens de lire que trois grands constructeurs aériens vont s’unir pour accélérer les recherches sur le bio kérosène !
    Enfin, une alternative au pétrole, plus de guerres atroces, plus de spéculation stupide ! Même l’armée américaine s’engouffre dans le nouveau carburant ! Il sera produit à partir de plantes poussant sur des terrains pauvres voire à partir d’algues ! La Bretagne, nouveau pays de l’or vert !

    En lisant cela, mon coeur s’est un peu allégé après tant de mauvais nouvelles ces derniers temps.
    En espérant que ces informations toutes fraîches vous donneront le même élan qu’à moi, je vous prie d’accepter, cher Jorion, l’expression de mes pensées coexistentielles !

    http://www.research-in-germany.de/95314/2012-03-15-biokerosene-proven-in-flight-operations.html

    1. 🙂
      C’est le même problème qu’à rencontrer l’Angleterre du XIXème si je me souviens bien: il est arrivé un moment où il fallait choisir dans le cadre de la surface agraire possible :soit on nourrissait les chevaux, soit les gens. Il y a eu le pétrole pour sauver tout cela.
      C’est drôle qu’au XXI on fonce dans le même mur avec le bio-carburant avec le petit défaut que le pétrole ne viendra pas sauver la situation cette fois.
      Et puis, dites-moi seulement comment on fait pousser des plantes sans pétrole de nos jours?
      Je serais surpris que cela ait un avenir ce truc….

  11. DE QUOI SUIS-JE LA PROPRIETAIRE?

    En marge des questions à résoudre

    En vérité, je ne connais pas le fonctionnement de mon corps (sauf si je fais un saut qualitatif vers des ouvrages savants qui ne m’en livreront qu’une analyse ardue) Ce corps, supposé m’appartenir et qui fait sa vie souterrainement, ne laissant sur l’extérieur que des trous avares, est le maître empressé à réclamer la nourriture que l’esclave que je suis lui procure journellement

    Avec mon cerveau je lutte contre cette sujétion, reportant la responsabilité de celle-ci sur des événements plus ou moins diététiques, ou historiques, ou dramatiques, ou tragiques ou simplement malheureux, externalisant mes manques, mes rebellions vers autrui, cet autrui que je ne connais pas plus, que j’estime ou méprise, que je voudrais exterminer pour qu’il ne me renvoie plus une image désolante de ma propre personne.

    Et si je ne suis pas propriétaire de mon corps comment pourrais-je l’être d’une maison, d’un jardin habité d’êtres qui le colonisent à mon insu, l’affranchissant de ma souveraineté?

    Je suis là, en sursis sur cette terre encore rondelette, nourrie jusqu’au vertige de textes prodigieux ou insipides sur la nature de la propriété, et ne suis pas plus avancée, claudicante, avalant des traités que le m’efforce d’expulser en mots tronqués, étrons disposés sans vergogne sur des feuilles de papier.

    Dans ce monde «raté» dès l’origine, comme dit un anthropologue, en voie de bifurcation vers l’accomplissement du ratage ou enfin l’apparition d’un homme humain, je continue à me poser des questions.

    Mon corps va bientôt me lâcher, rendant toute appropriation d’un lopin de terre ou de renom fragile, pour moi ou mes descendants, absurde. Alors, que peut faire le grain de poussière que je suis pour construire un espace où ce corps et son appendice le cerveau accueilleraient un autrui à panser ,à débarrasser à son tour de ses possessions illusoires? .

    1. Vous résumez bien la question : comment être propriétaire de son corps si, dès la naissance, on n’est même pas propriétaire de 250 cm2 de planète pour le poser, rien qu’en équilibre sur un seul pied, ni d’une source de nourriture pour l’alimenter ?

    2. Jacqueline, vous n’êtes ni propriétaire ni locataire de votre corps, vous l’êtes, votre corps! L’eau a un peu coulée (pardon : percolée) sous les ponts depuis Platon, l’apôtre Paul (pas Jorion, l’autre) et Descartes. Quant à penser l’être sans l’avoir, c’est à voir, chère âme.

  12. Autre chose qu’on ne médite pas assez :

    http://www.museevirtuel-virtualmuseum.ca/edu/ViewLoitDa.do?method=preview&lang=FR&id=7159

    La biologie des papillons

    (…)

    L’insecte semble totalement inactif, mais à l’intérieur de la chrysalide, tous les nerfs, les muscles et l’exosquelette sont dissous et remplacés par de nouveaux nerfs, muscles et appendices.

    =========

    La bestiole meurt deux fois en fait. Chapeau. Analogie avec la table rase, la table rase fait place nette, tandis qu’ici on récupère une sorte de substance alimentaire, mais informelle. Finalement le lien entre la chenille et le papillon est encore plus ténu que ce qu’imaginait Descartes au sujet de l’âme et du corps. Bataille lui voyait bien que s’il existait une âme immortelle, appelée k, son sort à elle nous importerait peut-être pas, étant trop étrangère.

    La chenille transformée en papillon, seulement ce dernier n’a aucun rapport intime avec elle, et la chenille n’est pas dialectiquement conservée façon Hegel, en tout cas elle y perd tout, sa vie et sa mémoire, ses neurones, etc. La Aufhebung n’est que théorique.

    On peut aussi y voir du Dr Jekyll et Mr Hyde, successivement….

  13. à Campos Philippe

    Effectivement il y a cet aspect concernant les agro-carburants (et pas bio), de toute façon ils ne seront pas une solution de remplacement du pétrole, surtout que les militaires étudient cette question depuis 2008.

    De part la surface limitée des agro-carbures, il est impossible de faire un remplacement, si ce n’est pour affamer la planète (les animaux étant inclus dans ce processus).

    Au moins ça permets de constater que la sur-consommation occidentale a des effets catastrophiques sur l’environnement. Que le marché est sorti du monde biologique par sa consommation effrénée.

    De plus, la consommation d’agro-carburant masque le fait que d’autres types de consommation détruisent les pays pauvres au profit d’une minorité riche. Les surfaces concernés pour vendre sur les marchés causent de très gros dégâts dans les pays (en voie de développement?) pauvres.

    Cette richesse (non réparti) a d’ailleurs un effet encore plus pervers, les PIB de certains de ses pays dépendent complètement des pays occidentaux par le transfert d’argent des ressortissants étrangers, atteignant parfois plus de 50% du PIB national. Cette dépendance au marché et aux pays à fort PIB est tragique pour eux, sachant déjà le niveau de pauvreté très élévé.

    Franchement, c’est comme la vue des étrangers, tout le monde s’en fout même si les tragédies sont là et bien réelles.

  14. Ambiance très différente après la salle du Sénat…
    Salle de l’Espace Jean Dame pleine, et exposé/résumé solo de la ‘situation’ (environ 1 h), impressionnante performance avant les questions/réponses…
    Ah ! Je cafte, Paul J. fait de la moto sans casque dans Paris…!

      1. Non, pas en ce moment, mais un ‘come back’ possible un de ces jours…
        J’ai donc profité de ma ‘francilienitude’ 😉

  15. Bonjour Monsieur Jorion,
    Merci pour votre conférence d’hier qui m’a permis de vous voir en vrai après être venu plusieurs fois sur votre blog. Je vous pose la question que je n’ai pas eu le temps de vous poser hier. Elle s’adresse à l’anthropologue que vous êtes: y a t il des exemples de sociétés humaines qui ne conduisent pas à l’accumulation de la richesse entre quelques mains? J’ai l’impression que c’est une constante de l’humanité. Même dans d’autres espèces cela semble être le cas: le mâle dominant truste toutes les femelles du groupe et chez les abeilles, où pourtant une forme d’altruisme a été démontré, la grande majorité trime pendant leur courte vie tandis qu’une seule se gave tout au long d’une longue vie… En même temps la reine ne sort jamais de sa ruche et c’est dommage surtout par une belle journée de printemps comme aujourd’hui! Bonne journée.

    1. L’ethnologue Pierre Clastres, dans la « chronique des indiens Guyaki » (au Paraguay) montre que les indiens étaient au-dessus de la simple « subsistance » (qu’on leur attribuait souvent) mais ne tendaient pas non plus vers l’accumulation des richesses. Pour preuve, ils ne travaillaient que 4h/jour pour subvenir à leurs besoins (ça laisse réveur…), alors que la nature leur offrait un potentiel de richesse illimité. Ils avaient aussi l’interdiction morale de manger le produit de leur propre chasse, tandis que le « chef » était dans l’obligation à toujours faire des dons aux membres de sa tribu.

  16. J’ai eu la chance d’assister dans la salle à cette conférence. Et je dis la chance parce que je me suis rendu compte d’une densité que je ne connaissais pas parce que sans doute l’intermédiaire d’internet le fait perdre un peu.

    C’est un paysage très complet qui est apparu, malgré le fait qu’un certain nombre de choses ne m’étaient pas inconnues, mais elles étaient présentées dans une organisation qui me semblait structurée et dont le sens apparaissait peu à peu.

    Quand je suis ressorti j’ai marché longtemps dans Paris, en retournant les choses qui venaient dans tous les sens, même sur la structure de la parole elle-même.

    J’ai moins été convaincu par les questions qui ont suivi (beaucoup plus par le piquant des réponses – j’ai souri plusieurs fois…) et j’ai simplement regretté quelles perdent un peu trop de vue le titre de la réunion.

    C’est une idée nouvelle et très intéressante qui était soulignée dans le corps même de la conférence, venue du blog : on est capable de mettre une limite sur la propriété privée quand il s’agit d’un bien ou d’un terrain, pour permettre par exemple l’atterrissage des dirigeables, mais on n’est pas capable d’imposer une limite à la propriété des moyens de production, et moins encore à la propriété du capital.

    Et donc je retournais en moi cette question fondamentale comment doit-on gérer pour demain la propriété des moyens de production d’une part et la propriété du capital de l’autre. Et c’est bien la seule question qui vaille puisqu’on ne peut plus trouver l’équilibre qui existait auparavant : le capital était capable de financer vaille que vaille le propriétaire des moyens de production pour que s’opère dans l’organisation militaire de l’entreprise la création de richesse et de salaires. Si le moyen de production ne crée plus de salaires par qu’il éjecte la force de travail au profit des machines, c’est donc que la principale question est la répartition des moyens de production et de la richesse qu’il crée autrement.

    Alors je me disais : la propriété du capital doit être limitée à sa capacité de nuisance, sinon la machine se grippe par la concentration, et la propriété des moyens de production répartie suivant l’intérêt qu’on y attache et la capacité qu’on détient ou d’en préserver l’usage ou bien d’en profiter.
    Elle ne peut appartenir à l’état, le système communiste des pays de l’Est devait s’effondrer puisque l’organisation faisait que l’épicier sans propriété se désintéressait de ce qu’il vendait et de la marche de son magasin, etc…
    Comme on dit la terre appartient à ceux qui la travaillent. Les choses finiront par appartenir à ceux qui en ont un intérêt véritable et un usage.
    Voilà à quoi je rêvais en repartant.

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