QUESTIONS QUI RESTENT À RÉSOUDRE – INTRODUCTION RÉTROSPECTIVE

20 mars 2012 par Paul Jorion | Print QUESTIONS QUI RESTENT À RÉSOUDRE – INTRODUCTION RÉTROSPECTIVE

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Les institutions humaines combinent arrangements spontanés et éléments d’organisation délibérée. Le fait que nous vivions ensemble dans des unités de vie de plus en plus vastes à mesure que des avancées technologiques nous ont permis de le faire, a imposé à notre vivre-ensemble des contraintes qui s’assimilent à une auto-domestication de l’espèce.

Pour bien des aspects de la vie en société, nous nous satisfaisons des arrangements spontanés tels que la « nature humaine » sous ses multiples manifestations souvent contradictoires, ainsi que le simple aboutissement des interactions humaines, nous les ont offerts. Pour d’autres aspects, ce donné brut nous est intolérable et nous choisissons de mettre en place délibérément à l’aide de règles une organisation de la forme que nous souhaitons. Pour construire celle-ci, nous devons formuler des principes et les mettre en vigueur, ce qui nécessite un échafaudage de lois, un processus législatif, l’édifice de la justice et l’appareil répressif d’application des règles et des réglementations.

Pour ce qui touche aux institutions anciennes, il nous est devenu impossible, avec le recul, de les distinguer des arrangements spontanés. D’où le danger d’attribuer à la « nature humaine » ce qui ne sont en réalité que de malencontreuses erreurs d’aiguillage dans nos tentatives pavées de bonnes intentions d’améliorer notre condition. Pour des cas comme ceux-là, le conservatisme n’est donc pas – contrairement à ce que l’on imagine souvent a priori – la stratégie la plus sûre.

Chaque construction « civilisationnelle », aussi diverses soient-elles dans leur variété, révèle dans sa constitution l’articulation insatisfaisante de ce qui est venu spontanément et de ce que l’on a mis ensuite. Les défauts flagrants encouragent à vouloir, soit retirer des règles, soit en rajouter, selon que le diagnostic est trop d’organisation ou aux mauvais endroits, ou bien trop peu d’organisation ou manquant aux bons endroits. La différence dans l’attitude à cet égard ne reflète peut-être pas autre chose que la diversité des tempéraments, l’éventail de ceux-ci devant être englobé bien sûr dans l’insaisissable « nature humaine ».

L’effondrement actuel d’un système victime non seulement de ses excès mais aussi désormais de sa complexité, incite certains à intervenir d’intention délibérée de telle ou telle manière, tandis que d’autres préfèrent assister passivement au spectacle de la chute, convaincus qu’il y a aura bien à l’arrivée « quelque chose », de l’ordre à nouveau de l’arrangement spontané. Ici aussi, le choix entre la posture active ou passive s’assimile peut-être simplement à des différences de tempérament.

Le confort très limité en termes de durée de vie, de sécurité, etc. que garantissent les arrangements spontanés dans les sociétés humaines par rapport à ce que nous connaissons aujourd’hui – bien que la chute ait été amorcée il y a quelques années déjà – constitue cependant un aiguillon puissant à l’intervention délibérée. Mais celle-ci a besoin de principes directeurs. Ce sont ceux-ci que je tente de faire venir à la lumière avec votre aide dans ma série des « Questions qui restent à résoudre ».

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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69 commentaires

  1. juan nessy

    Retrospectivement , voilà un excellent début .

    Mais est ce que les perspectives à venir étaient toutes dans la réponse aux questions prédéfinies ?

    Si oui l’émergence des principes directeurs , « avec notre aide » , pourrait courir le risque de s’assimiler à du pilotage par l’aval .

    Attendons la conclusion pour nous interroger ( tous seuls ) sur les émergences qui seraient alors restées sous la peinture du tableau du cadre .

  2. fnur

    Liste de questions, liste de conjectures. Grigori Perelman pourrait peut être donner son avis entre 2 cueillettes de champignons. Sinon, il est opportun de signaler qu’une société est un construit qui s’ignore.

  3. Gilles Plante

    Pour Jacques de Larosière, on doit s’interroger en profondeur sur les excès ou les aberrations constatés depuis quelques années dans le fonctionnement des marchés financiers.

    http://www.canalacademie.com/ida8646-Jacques-de-Larosiere-la-fin-de-la-dictature-des-marches.html

  4. Piotr

    sous la peinture du tableau du cadre

    http://videos.arte.tv/fr/videos/la_vie_cachee_des_oeuvres_rembrandt-6464626.html
    Rembrandt ou pas Rembrandt,cadrage ,recadrage,repeints,repentirs…

  5. DidierF

    Monsieur Jorion,

    Le problème se ramènerait à des attitudes humaines. Selon ces attitudes, il y a des actifs, des passifs, des satisfaits, des conservateurs, des modernistes.

    C’est quoi un humain ? C’est quoi savoir ? C’est quoi la Réalité ?

    La réponse à ces questions relèvera de l’attitude qui s’imposera à la majorité comme étant la seule admissible. Vous lancez une foire d’empoigne ou vous avez un critère de connaissance vraiment nouveau et utilisable dans un nombre hallucinant de situations.

  6. Léoned

    Marrant, j’avais cet après-midi commencé un message à votre intention allant dans ce sens. Bon, vous avez pas besoin de mes conseils ! C’est rassurant.

    Il y a un « donné » de fond que trop de gens ici (et ailleurs) oublient : l’Homme est un primate social (me semble en avoir déjà causé ici y’a pas longtemps).
    Je dis primate et je dis social. Il y a des primates non sociaux (parmi nos proches cousins : l’orang-outang), il y a de non-primates sociaux. Nous on est les deux.

    Si on néglige une de ces deux données, on est condamné à se gourer. Et c’est ce qu’ont fait les théoriciens du XVIIIe (Smith, Rousseau, etc.). Pour cela que j’avais dit explicitement : le « contrat social » préexiste à l’Homme, pas l’inverse.

    On peut d’ailleurs leur pardonner : c’était la mode (suite au succès newtonien, entre autres) d’essayer d’isoler les branches de la connaissance. Donc des gens comme Smith (entre autres) s’efforcent de comprendre l’économie hors du contexte social. Grave erreur. L’économie n’existe qu’à l’intérieur du complexe social humain (Voir Polyani sur ce sujet majeur).

    Donc, si on veut éviter de rééditer l’erreur des ces illustres ancêtres, il nous faut penser global. Espèce.

    • Essayez de faire moins convulsif…

      Votre vision de Rousseau et Smith pêche par illusion rétrospective, c’était avant « L’origine des espèces » et avant qu’on ait l’idée que l’homme était lié aux singes et autres lignées de mammifères. Donc étudier l’économie chez les macaques ne tombait pas sous le sens. Ils n’ont pas négligé que nous sommes des primates, nous n’en étions pas pour eux.

      Rousseau comme d’autres ont fait commencer l’homme à l’état de nature, isolé, sans amour propre, à époque des « progrès presque insensibles du commencement… » en fait il y avait une volonté d’expliquer les origines de l’homme, du langage, de la société surtout, puisqu’il fallait se positionner face au pouvoir absolu, et les philosophes (et juristes) ont tenté de combler cette lacune, par exemple Hobbes, Rousseau, et puis les jurisconsultes, Grotius, etc.

      « L’homme, dit Rousseau, est pareil à cette statue du Dieu Glaucus qui a passé un long séjour dans l’eau. La mer l’a défigurée. Elle est érodée. Des algues et des coquillages se sont collés dessus. Tel est l’homme en société. Pour retrouver la statue, il faut enlever ce qui la défigure (et aussi reconstituer ce que l’érosion a détruit). Pour retrouver l’homme naturel, il faut retirer ce que la société l’a fait être. »

      Rousseau a extrapolé, il dit explicitement :

      http://classiques.uqac.ca/classiques/Rousseau_jj/discours_origine_inegalite/origine_inegalite_intro.html

      « O homme, de quelque contrée que tu sois, quelles que soient tes opinions, écoute. Voici ton histoire telle que j’ai cru la lire, non dans les livres de tes semblables qui sont menteurs, mais dans la nature qui ne ment jamais. Tout ce qui sera d’elle sera vrai. Il n’y aura de faux que ce que j’y aurai mêlé du mien sans le vouloir.  »

      et encore :

      « Commençons donc par écarter tous les faits, car ils ne touchent point à la question. »

      Le contrat social est une hypothèse sur l’origine de la société, qui permet de faire remonter la source du pouvoir souverain au peuple, et d’en déposséder le monarque.

      Mais sur le fond vous n’avez pas tort.

      Un jour viendra par lassitude, où l’on passera à l’action de n’importe quelle façon, avec ou sans plan, et advienne que pourra.

      • Léoned

        Je n’ai pas dit que Smith ou Rousseau fussent coupables ! J’ai juste dit qu’ils se sont gourés !

        Je ne les accuse de rien, je dis juste que nous ne devons pas faire les mêmes erreurs qu’eux.

      • Polaire

        Listz,
        Perso, je crois que le plus magistral traité d’anthropologie jamais livré est le « Léviathan » de Hobbes. Après la description de « l’état de nature » il en extrait les causes objectives de la socialisation humaine.
        L’alternative est Hobbes ou pas d’anthropologie.
        Lire aussi « de la nature humaine »

      • Kercoz

        @Liszt.fr:
        belle mise en relief de Rousseau et de sa position.
        Je pense aussi que le concept « Contrat social » doit etre perçu comme apparaissant bien avant l’ homminidification, et que ce terme ne devrait pas etre réservé a l’espece humaine , mais utilisé pour ttes les espèces qui se sont socialisées.
        Ce contrat social etant le « deal » ou l’ individu échange sa liberté (agressivité) contre la protection(sécurité) du groupe.
        A mon avis, il faut concevoir la « société »comme le groupe initial restreint , ou comme le groupe de groupe, si l’individu veut rester en prise sur elle.

      • Léoned

        @ Kercoz

        Non, non, il y a une grosse nuance entre l’humanité et les autres espèces « sociales » !

        Seuls (jusqu’à plus ample informé) les Hommes ont été capables de changer de « structures sociales » (voir par exemple les études anthropologiques sur les systèmes de parenté).
        Même nos plus proches cousins (chimpanzés et bonobos) semblent avoir une structure sociale figée. Ça ne les empêche pas d’avoir une « culture » (càd un apprentissage collectif dépendant des groupes), mais la structure reste la même.

      • kercoz

        @Léoned :
        Le rat taupe glabre :
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Rat-taupe_nu
        d’ une esthétique douteuse , a aussi fait évolué sa structure sociale vers un modèle proche de celui des fourmis. Nous nous dirrigeons dans ce sens avec une spécialisation et un but organiciste des plus déprimant .
        Si notre espece a une possibilité de souplesse dans les recherches de variabilité des process de parenté , il semble qu’il faille rapprocher cette souplesse a celle que tous les mamifères ont (surtout les non spécialisés) avec leur comportement envers le milieu . C’est la rigidité comportementale qu’il me semble interessant d’étudier , aussi bien chez les autres especes que chez nous .
        Le fait de prendre notre « évolution » hors nature comme un progres est un choix anthropo discutable ……Il est intéressant de faire un pas de coté et d’étudier cette bifurcation comme une dérive perverse , au moins comme exercice puisqu’on n’ y peut rien changer .

      • Léoned

        @ Kercoz

        Ben oui, mais non justement !

        Il existe aussi des abeilles ou des guêpes « solitaires » (je veux dire sans organisation sociale). Je connaissais (de nom et de réputation) ce brave rongeur, mais ça ne change rien à ce que j’ai dit !

        Ce que j’ai dit c’est : depuis que Homo (éventuellement Sapiens) existe, il n’a pas arrêté de changer de structure sociale ! Dans tous les sens. Pas de manière mono-directionnelle comme votre rat chéri (que j’embrasse affectueusement au passage).

      • arkao

        @ Léoned

        Je suis en désaccord depuis longtemps avec Kercoz sur ce sujet. Il s’appuie sur une sorte de structuralisme absolutiste négligeant les évolutions récentes de la recherche (Emmanuel Todd, Pascal Pick, entre autres, pour les plus connus).

      • kercoz

        @Léoned et Arkao:
        //// Ce que j’ai dit c’est : depuis que Homo (éventuellement Sapiens) existe, il n’a pas arrêté de changer de structure sociale ! Dans tous les sens. /////
        C’est un point important important du débat .
        Je pense que cette affirmation est trop rapide . Un effet d’ optique de l’ échelle du temps .
        Il faudrait en tout premier lieu établir une structure sociale modlisée comme originelle ou premiere . (Ce serait donc avant sapiens ou homo ) . Puis envisager une diversification aléatoire ou opportuniste de cette structure …….
        Il y aurait une autre methode qui serait d ‘ isoler les comportements et structures communs des différents groupes pouvant etre admis comme non pollués par une civilisation ( au sens d’état centralisateur) .
        Perso (mais je n’ai pas trop de compétences ) , je pense que tous les groupes ont un noyau de modèle comportemental commun (rites anciens) et que les structures sociales de base sont tres proches .
        L’ adaptabilité de notre espece , comme pour toutes les especes spécialisées ds la non spécialisation ( qui donc font émerger le cognitif), est tres importante envers le milieu , mais tres rigide ds les interactions de groupe . Seul notre abus du cogito , dans certaines conditions nous permet ces dérives structurelles …qui échouent a plus ou moins long terme . Mais meme ces dérives sont tres récentes (néolithique) et ne concernent qu’une part tres faible de la population .
        Il serait assez facile de soutenir la thèse que ces « essais » opportunistes soient des impasses …en se basant sur la durée de l’espece comme critère ou sur l’ optimisation de l’individu en tant qu’entité.
        Le fait de présenter une structure sociale figée comme un critère négatif est aussi un « choix » subjectif et meme douteux puisque la stabilité devrait , me semble t il etre un but sécurisant du groupe et de l’ individu.

      • Kercoz

        @Léoned et Arkao:
        //// Ce que j’ai dit c’est : depuis que Homo (éventuellement Sapiens) existe, il n’a pas arrêté de changer de structure sociale ! Dans tous les sens. /////

        Je reprends cet argument . Je me rends compte que j’ y ai répondu en m’intéressant aux micro-structures et tentant de rechercher les causes de la bifurcation.
        En fait il faut « poser »la bifurcation en tant que constat avant d’ en chercher les raisons ou de porter un jugement …juste le constat objectif .
        Ce constat n’ est pas tres difficile :
        -Tous les systèmes vivants (et meme les système non vivants comme la cosmologie) fonctionnent sous un modèle complexe .Les systèmes animaux ou végétaux se gèrent suivant cette complexité par un outil qui tient compte d’ intrants endogenes et d’ intrants exogène .
        Les intrants exogènes sont contraints par la notion de territoire , climats , proies , competition, collaboratioin , symbioses …etc ..
        Une règle universelle semble lier quantité de population a la quantité de ressources donc a la quantité de territoire et la possibilité d’acces et de défense du territoire .
        La surpopulation est gérée par la scissiparité et la compétition entre groupes .
        Le processus d’échange ,quoique peu étendu , permet une variabilité et une extension relative du groupe .
        Ce que j’essaie de montrer c’est que le modèle initial , archaique qui devrait etre considéré comme vertueux sur les critères de durabilité et de stabilité. Et c’est le modèle Parcellisé , morcelé …Jamais hypertrophié .
        L’ équilibre se fait au niveau du groupe compatible avec le territoire .
        Le modèle supérieur etant le groupe de groupes , que l’ on peut qualifier de fractal puisque le relations entre groupes sont similaires aux relations entre individus sans etre identiques.

        Ce modèle ayant évolué et s’étant conformé et (je le pense s’étant rigidifié) pendant une longue duré ou la densité des populations imposait un isolement me semble devoir etre pris comme référence pour une recherche de l’optimisation de l’individu ….si c’est là , le but recherché.
        @Léoned :
        Qd je parle de structure sociale , c’est cette structure dont je parle : des groupes de 30 à 80 personnes , restreints , en théorie autarciques et en conflits agressifs ou cooperatifs .Les modalités internes qui régissent cette structure peuvent varier , meme si je pense que la hierarchisation individuelle ou par sous-groupe est la règle .
        A cette modélisation , on peut opposer les tentatives actuelles d’ hypertrophie et de gigantisme que nous tentons sans que ces tentatives puissent etre considérées comme concluentes(du moins du point de vue entropique)
        Entre ces deux modèles il y a celui que nous sommes en train de quitter pour la globalisation terminale :
        -L’ancienne structure parcellisé, déviant par l’agriculture mais restant stable , sur lequel se greffe une structure linéaire , centralisée de type parasite .
        Meme si en échange de sécurisation et de certaines améliorations (routes , defrichements , moulins …) elle se nourrit du modèle parasité , un equilibre peut s’envisager ……
        Sauf qd le parasite domine de trop …
        Ce qui n’est meme plus le cas actuellement ! , le parasite achève le modèle parasité en destructurant le morcelage et en prétendant y substituer un modèle globalisé, entierement constructiviste (inventé) …qui n’ a aucune garantie de réussite ni surtout de stabilité et surtout de pérènité .
        C’est ds ce sens , que je me permets de qualifier de dé-naturé la tentative arrogante de sortie structurelle du modèle occidental .

      • Kercoz

        @Arkao et Léoned :
        En complément de mon point de vue , Bernard Lahire fouille aussi ds le meme sens :
        http://www.franceculture.fr/oeuvre-monde-pluriel-penser-l-unite-des-sciences-sociales-ed-seuil-de-bernard-lahire

    • Campos Philippe

      @Léoned
      « l’Homme est un primate social »
      Ah bon. Prouvez-le
      @Lisztfr
      « Commençons donc par écarter tous les faits, car ils ne touchent point à la question.  »
      C’est sûr c’est plus facile de nier la réalité pour monter un système.
      @Polaire
      Le Léviathan (Wikipédia)
      « Dans le livre, Hobbes discute la thèse d’un contrat social (au profit de celui de « pacte social ») et de règles venant d’un souverain. Influencé par la première révolution anglaise, Hobbes développa l’idée selon laquelle, les sociétés à l’« état de nature » sont en situation de chaos ou de guerre civile, selon la formule bellum omnium contra omnes (« guerre de tous contre tous » en latin), ce qui ne peut être évité que par un solide gouvernement central.
      Ainsi, il dénia tout droit de rébellion envers le souverain. »*
      Je n’adhère pas.

      • Léoned

        Prouver quoi ?

        Que l’homme soit un primate ?

        Ou que l’homme doit un animal social ?

    • Petit rappel:
      FAIRE RENTRER L’ESPECE ENTIERE DANS LA SPHERE DU NOUS

      En faisant s’équivaloir « état de nature » et « loi de la jungle », j’ai recouru à un raccourci que les anthropologues s’autorisent dans les discussions entre eux : mettre en scène à gros traits un « avant » et un « après » qui permettent dans l’examen des institutions humaines de les éclairer en établissant un hypothétique « point de fuite ». Comme le dit en son temps Jean-Jacques Rousseau :
      « Il ne faut pas prendre les recherches, dans lesquelles on peut entrer sur ce sujet, pour des vérités historiques, mais seulement pour des raisonnements hypothétiques et conditionnels : plus propres à éclaircir la nature des choses qu’à montrer la véritable origine, et semblables à ceux que font tous les jours nos physiciens sur la formation du monde » (Rousseau [1754] 1964 : 152).

      • Jean-Luce Morlie

        Quel « nous » ?

        « La différence dans l’attitude à cet égard ne reflète peut-être pas autre chose que la diversité des tempéraments, l’éventail de ceux-ci devant être englobé bien sûr dans l’insaisissable « nature humaine ». »

        …Un autre chapitre de l’histoire s’ouvrit ensuite, quand se révélèrent les faiblesses des opprimés: hétérogénéité, insuffisance de culture, manque d’horizon. Fatiguées, déçues, les masses s’affaissèrent, perdirent la foi en elles-mêmes et cédèrent la place à une nouvelle aristocratie.

        Leon Trotsky , Leur morale et la Notre , 1938.

        «tout est à nous, rien n’est à eux.. »

      • Jean-Luce Morlie

        Accès direct au commentaire de Michéa sur « tout est à nous« 

      • EOLE

        Deviendriez-vous tous enfin gnostiques?

      • Marlowe

        Tout est à nous

        Slogan de propriétaires alors que nous ne sommes que des locataires sur cette planète.

      • @JLM
        Mon propos s’adressait à Léoned à propos du Contrat Social qui sont « des raisonnements hypothétiques et conditionnels ».

        Je ne suis pas historien, mais Trotsky me semble se disculper « un peu » facilement;-)

        « Les peuples sont en général tranquilles et bons. » (Maximin Isnard, 9 août 1792 cité par Sophie Wahnich) Et on s’épuise à la longue à devoir lutter constamment contre ceux qui sont intranquilles et avides de pouvoir.

        Cornelius Castoriadis, Ce qu’est une révolution (1987) in Une société à la dérive, Seuil:
        «
        Vous ne pensez donc pas que l’événement 1789 inaugurerait une dérive de l’histoire qui mène à une terreur inéluctable et négatrice des idées du départ?

        J’aimerais beaucoup faire, si j’avais du temps disponible, un travail autour de quelques axes de réflexion qui, à moins que mon information ne soit sérieusement incomplète, semblent négligés. En premier lieu la préparation de 1789 dans les profondeurs de la société. Qu’est-ce qui filtre, qu’est-ce qui se diffuse de l’agitation intellectuelle, des idées des « philosophes », et comment est-ce repris et ré-élaboré dans les couches du peuple, en province, etc. ? Il ne suffit pas de savoir que Robespierre avait lu Rousseau. Il faudrait, par exemple, reprendre sous cet angle les cahiers de doléances dans leurs formulations successives, mettre en regard ce qui s’y trouve avec ce que l’on connaît maintenant comme la suite du mouvement, etc. Un second axe serait l’étude de l’immense création institutionnelle qui commence en 1789 et qui du reste ne cesse pas même sous la dictature jacobine. Le Code Napoléon est le produit de tout le travail législatif préparé par les conventionnels, on le sait, mais il en va de même pour les transformations dans l’administration, l’éducation, l’organisation militaire, etc. Tout cela est mis sur le chantier dès la période 1789-1792 ; c’est un fantastique travail d’auto-institution explicite de la société, dont je ne connais pas l’équivalent ailleurs. La Fédération me semble avoir une importance décisive dans ce processus : le pays indique sa volonté de se ré-instituer, en se re-composant à partir de ses « éléments naturels » ou paraissant tels, les communautés locales. La Fédération est un magnifique symbole de l’irruption de l’instituant et de son autosymbolisation. Tout cela constitue l’époque féconde de la Révolution. Puis, comme on sait, en fonction d’un certain nombre de facteurs, et non parce que ce serait une fatalité interne inscrite dans toute révolution, le peuple commence à se retirer de la scène, même le peuple de Paris. Longtemps avant le 9 Thermidor, les jacobins ne peuvent plus mobiliser les sections. À partir de ce moment, et en conséquence d’un retrait du peuple, se constitue un pouvoir absolutiste, qui évidemment accentue encore, par ses effets, ce retrait.

        Mais ne peut-on pas dire que ce processus de mobilisation des masses est nécessairement suivi, ici comme ailleurs, par un mouvement de retrait, d’essoufflement, de démobilisation des forces actives du processus révolutionnaire ?

        Il est certain que, à part les Révolutions américaine et anglaise, et encore, nous connaissons dans les Temps modernes surtout des révolutions battues ou qui – et les résultats ont été parfois pires – ont mal tourné. (Ce qui ne règle nullement la question de leur signification ou de leurs effets, comme on l’a dit auparavant.) Et il est vrai que chaque fois il y a eu ce retrait de la population ; dire qu’il n’est pas fatal ne veut pas dire qu’il n’a pas de sens, et qu’il ne pose pas une énorme question. Cette question – celle de la « dégénérescence » de la révolution, ou mieux : de sa confiscation par des groupes qui émergent lors du processus révolutionnaire et visent à instaurer leur propre pouvoir me préoccupe depuis quarante ans, et depuis quarante ans j’écris qu’à cette question on ne peut pas donner une réponse théorique a priori. On peut dire seulement ce qu’on doit faire, en général : lutter pour des institutions qui élargissent les possibilités d’autogouvernement collectif, combattre toutes les tendances qui s’y opposent. La Révolution française, à partir d’un moment, connaît une coupure entre les assemblées parisiennes, elles-mêmes du reste rapidement altérées par la manipulation, et le reste du pays, de plus en plus absent du processus. Ce sont là les conditions de la dictature jacobine et de la Terreur.

        Hegel, on le sait, y voit, dans la Phénoménologie de l’Esprit, un déroulement nécessaire : le vertige de la liberté qui se veut absolue conduit à la Terreur comme forme suprême où la liberté se renverse en son contraire. Beau schéma philosophique – sans rapport avec l’effectivité historique et les questions profondes de la démocratie, comme liberté individuelle et collective. L’idée de liberté absolue est évidemment un fantasme. Mais il est vrai que la liberté ne connaît pas de limites qui lui soient imposées de l’extérieur, elle ne peut pas se reposer sur une norme déjà donnée une fois pour toutes. Comme au plan individuel, au plan collectif et politique aussi cela signifie que la liberté est inséparable du risque – et à ce risque elle ne peut pas parer en instaurant la monarchie constitutionnelle, elle ne peut y parer que par l’autolimitation. La démocratie ne peut exister que dans et par l’autolimitation. Et la démocratie est un régime tragique : elle n’a jamais d’avance la certitude d’une « solution heureuse », et elle est toujours guettée par sa propre hubris : voir les Athéniens en 413 (Sicile) et en 406 (Arginuses). Mais je suis aussi, moi-même, guetté par l’hubris – et je ne me réfugie pas pour autant dans l’esclavage.
        »

      • Jean-Luce Morlie

        Mais ne peut-on pas dire que ce processus de mobilisation des masses est nécessairement suivi, ici comme ailleurs, par un mouvement de retrait, d’essoufflement, de démobilisation des forces actives du processus révolutionnaire ?

        Je citais Trotsky, pour son usage d’un « nous » exclusif (voir l’analyse de Pierre Yves D.) dans « Leur Morale et la Nôtre », quant aux choix de la phrase reprise en citation, je pensais à la nécessité de réfléchir sur l’usage de la triple hypostase : « peuple » « éthique », « révolution ». (Bien entendu, Trostky justifie sa position, il commence par participer à l’élimination des socialistes révolutionnaires, puis se plaint de la dégénérescence bureaucratique de l’état ouvrier)

        J’avais, jadis, un extraordinaire bouquin (en deux tomes, écrits par un français) sur l’histoire des socialistes révolutionnaires, avant et après la révolution d’octobre, la dimension éthique était au cœur de leur action politique (essentielle, mais gommée par la suite par les bolcheviks) C’est un peu ça que j’ai en tête quand je ressasse « qu’est-ce qui grouille dans le ventre de la bête en décomposition » . Trostky dénonce la nouvelle aristocratie « Bolshevik », et participe lui-même à l’assassinat « du peuple », pour éviter cela, je pense qu’il serait utile de dire l’hypocrisie populaire et l’hypocrisie populiste : est réactionnaire, populiste et démagogue, tout homme politique qui, à la façon de Caton, ne dénonce pas inlassablement la barbarie des stades de foot. ;) si, si je suis sérieux! ;)

        Les stades sont des dispositifs acoustiques préparatoires au fascisme, ils permettent d’enivrer les foules par leur propre fureur.

        Jamais dans le monde spectacle n’a produit un tel engouement, virant parfois à la furie, jamais sport n’a brassé autant d’argent ni suscité de telles constructions monumentales, colisées des temps modernes destinés à accueillir le dieu Football. Le stade, «temple de la trêve», offre surtout à l’individu assujetti l’occasion de développer des comportements pathologiques qui peuvent aboutir au déchaînement physique le plus insoutenable. Loin de tout consensus, Marc Perelman analyse ici le spectacle du sport comme moyen de contrôle d’une population soumise et écrasée par un puissant et rigoureux ordre technique et organisationnel.

        Marc Perlman : Le Stade Barbare

        A+

        PS . Finalement, à la lecture d’Alain Supiot, Homo Juridicus, je commence à penser que le droit de propriété ne peut être fondé que sur l’éthique, sans aucun recours à une quelconque justification extérieure renvoyant à une quelconque rationalité sous-jacente. Par contre, affiner les usages de l’usus du fructus et de l’abusus comme concepts permettant d’affiner la mise en oeuvre « du juste », me semble essentiel :  » tout est à nous » , « chassons les tous » , OLA

  7. Rosebud1871

    Du crédit offert à « tempérament » sans avertissement naturellement ironique.

  8. kercoz

    ///// Le fait que nous vivions ensemble dans des unités de vie de plus en plus vastes à mesure que des avancées technologiques nous ont permis de le faire, a imposé à notre vivre-ensemble des contraintes qui s’assimilent à une auto-domestication de l’espèce. ////////
    C’ est une remarque des plus lucide .
    L’ auto-domestication étant l’ autre terme pour « Néoténie » , a savoir l’absence de passage au stade adulte des individus, il est important , il me semble, de s’interroger sur les conséquences que celà implique (perte d’autonomie, déresponsabilisation, aliénation accrue au système..)
    De plus la néoténie ou autodomestication est , je le crains, corrélé a une dynamique « organiciste « du système . Et cette émergence ne pourra que privilégier les interets du système a ceux des individus .
    Au risque de me répéter , il faut mettre cette dérive sur le compte de l’éclatement structurel en cours .
    Votre analyse sur l’ empilement successif et adaptatif des processus de gestion est tres bien vu , aussi il me semble important de s’intéresser aux sciences s’occupant des comportements anciens ou animaux (surtout sociaux) pour récupérer des données et des outils fiables …et s’en inspirer .
    Le modernisme , l’énergie abondante surtout et la technologie qui en découle a une dangereuse tendance a privilégier les interets immédiats et les besoins les moins nécessaires au détriment de nos descendance et de notre environnement . Le constat est évident :nous ne sommes pas capable de réguler correctement notre système par le cogito , au moment ou nous avons sabordé les auto-régulations traditionnels et archaiques .
    Perso , je ne pense pas que l’on puisse agir par une intervention délibérée ……Le manque d’énergie peut nous redonner une chance d’un retour a un système plus morcelé . Le danger sociétal viendra d’un phénomène de « collage » au modèle antérieur .

  9. izarn

    Ben J’ai rien compris…Je vais relire.
    A Ciao!

    • Al

      … ça y est…? Vous avez relu…?

      En gros, ça introduit les questions posées précédemment…. Nous, on a attaqué le truc dans le désordre… mais dans le bouquin, il y aura d’abord l’introduction et puis ensuite les questions….

      Des questions de « principe »… censées poser les bases irréfutables sur lesquelles asseoir une organisation « délibérée »… (c’est à dire des règles de vie instaurées en toute conscience… volontairement…)…

      P.Jorion tendant ainsi à « bétonner » des fondations un peu à la manière de Descartes et de son « Je pense, je suis »…
      Point de départ sans lequel rien de ce qui suivrait n’aurait une véritable légitimité…
      Point de départ tendant également à faire passer l’économie, d’une pratique « spontanée » (et donc aléatoire et subjective…) à une véritable « science » objective….

      Le problème que j’y vois (cf. mon commentaire ci-dessous, n°13…) et qui transparait dans nombre de propos laissés sur ce blog même… c’est qu’on ne passe pas d’une pratique « molle » à une science dure aussi facilement… car les réfractaires, par définition systématiquement « contre tout »… même et surtout si on leur prouve par A+B la solidité de la démonstration, continueront à couper les cheveux en 4…
      Pourquoi???? … Mais tout simplement parce que c’est un passe-temps… Leur objectif n’étant pas de trouver une solution mais bien de distraire leur ennui en coupant les cheveux en 4…
      Et ils ont bien raison de le faire puisque c’est ce qui les amuse…
      Nous avons donc un problème de direction… Certains voulant améliorer l’organisation alors que d’autres veulent se distraire en parlant d’organisation… et ça, ça n’a rien à voir…

      Le blog de P.Jorion étant pour P.Jorion un nouvel outil (efficace) pour faire naître des idées et des solutions… alors que pour d’autres, c’est un « salon littéraire » où l’on vient faire le paon…

      D’où mon commentaire (le n°13…) qui de façon un peu décousu proposait qu’on en vienne directement à poser des solutions qui ne seraient plus « discutées » mais envers lesquelles il faudrait se positioner…. oui ou non… je suis pour, je suis contre…

      Autrement dit… Les ‘principes directionnels » se résumeraient à la direction….

      Pour faire un parallèle un peu hasardeux… je dirais que l’école public et gratuite et laïque obligatoire… repose peut-être sur une série de questions et d’arguments… mais que si c’est aujourd’hui l’usage et la règle, c’est parce qu’un jour, ce principe fut tout simplement imposé à tous comme étant la règle et la direction à prendre… et que s’il s’était agit d’avoir l’approbation de tous, les paysans (et d’autres) continueraient près de 150 ans plus tard à être contres…

  10. Pascal C.

    Si vous voulez tout « reprendre à zéro », encore une fois, il serait bien de préciser ce que vous entendez par « nature humaine », avec et sans guillemets. Il se trouve d’ailleurs, que sur cette question l’anthropologie n’en est pas restée à Lévy-Bruhl, ni même à Lévi-Strauss.

  11. PHILGILL

    Vous évoquez la « nature humaine » comme un postulat à votre introduction. Mais elle est si insaisissable à mes yeux que j’ai hâte de vous lire lorsque vous parlerez de « l’animal politique » que nous sommes et qui ces temps-ci, est plus insaisissable que nature…

  12. cedric7693

    Interroger, re-définir le « vivre-ensemble » est, à notre époque, un acte de résistance.
    Dans le même sens, je citerai cet extrait d’un entretient de Pierre Bourdieu réalisé en 1999.
    http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/entrevue/ruf0199.html

    Je pense que la période 1989/2020 représentera un tournant historique au cours duquel, s’il n’y a pas de résistance, on détruira 2 à 3 siècles de progrès social, intellectuel et culturel. Regardez la politique économique de la culture qui devient une industrie comme une autre. Mais on touche aussi à la sécurité sociale, qui est une chose difficile, précieuse, qui a coûté des vies. L’obscurantisme est revenu mais cette fois, nous avons affaire à des gens qui se recommandent de la raison. Là devant, on ne peut pas se taire.

    Pour l’auto-domestication, vous connaissez probablement Mircea Eliade et le concept de « processus de civilisation » qu’il a développé.

    Aujourd’hui, dans notre société, ne pensez-vous pas que les arrangements spontanés s’opposent à l’auto-domestication ? Que l’auto-domestication nous interdit les arrangements spontanés ?

  13. Al

    L’intervention délibérée a besoin de principes directeurs…. Mais « principe »… dans quel sens?

    Dans le sens… – « J’ai des principes, moi Monsieur… Non mais alors, dites donc… »…?
    … Ou bien…
    - « C’est comme ça… je vous dis que ça a toujours été comme ça… c’est comme 2 et 2 font 4… »..?
    … ou encore
    - « Partons du postulat théorique que l’homme est un… etc… »…?

    Le problème avec un « principe », c’est que pour être productif, il faut qu’il soit accepté par tous… et ça n’est jamais le cas…
    Pourquoi ne pas commencer directement par la direction…?
    Qui devient du coup, un « arrangement spontané » immédiatement transformé en organisation délibérée…

    Par exemple… « On va mieux répartir les richesses et le travail »… c’est la direction, l’arrangement et l’organisation…
    - « Vous vous organisez comment, vous, ici…? »
    - « En gros, on partage à parts égales… »
    - « Ha d’accord… et l’objectif, c’est quoi…? »
    - « L’objectif, c’est de partager à parts égales… »
    - « D’accord, d’accord… et, c’était spontané, enfin, j’veux dire, ça n’a pas posé de problèmes…? »
    - « Si, y en a qu’étaient pas d’accord… »
    - « Et voilà… bien sûr… et alors, comment vous avez fait…? »
    - « On leur a dit que s’ils étaient pas d’accord, z’avaient qu’à s’tirer ailleurs… »
    - « D’accord… tout à fait… je comprends… et alors…? … Ils sont partis..???? »
    - « Certains oui… d’autres non… mais c’était leur problème, pas le nôtre… »

    Suffit juste d’expliquer la direction à prendre… « Mieux répartir les richesses et le travail »…
    Et ensuite on demande… Qui est pour, qui est contre…?

    Et chacun se positionne… et la majorité remporte le morceau… C’est pas le président S. qui parlait de referendum sur la dose de sel dans les cacahuètes ou j’sais pas quoi…?
    Là, c’est une vrai bonne question…
    Non…??? … c’est trop sommaire…?

  14. [...] Blog de Paul Jorion » QUESTIONS QUI RESTENT À RÉSOUDRE – INTRODUCTION RÉTROSPECTIVE. [...]

  15. Campos Philippe

    « Pour des cas comme ceux-là, le conservatisme n’est donc pas – contrairement à ce que l’on imagine souvent a priori – la stratégie la plus sûre. »
    C’est même la plus mortifère.

  16. Jérémie

    Est-ce que je suis bien compris par les gens de mon temps,

    Je me le demande parfois lorsque je n’arrive plus à suivre le rythme imposé,

    Plus je cherche à changer un pays et moins les choses ne changent en réalité,

    Des montagnes et des montagnes de décrets qui ne rendent guère le monde différent,

    Peut-être même qu’il n’y a jamais eu de tout cela sur le visage de tous les êtres,

    La peur peut-être de tout perdre qui contribuera davantage à la perte de beaucoup,

    J’aimerais tellement plutôt entendre un jour autre chose de la part de mon prochain,

    Non quand les gens ne veulent plus vraiment aller au bien de jj il n’y a rien à faire,

    18:4 « Sortez, ô mon peuple, quittez-la, de peur que, solidaires de ses fautes, vous n’ayez à pâtir de ses plaies ! Car ses péchés se sont amoncelés jusqu’au ciel.

    Car si plus personne ne la quitte à temps notre bien folle civilisation matérielle et cela de tous bords confondus, comment donc pourrions-nous éviter un plus grand malheur matériel à venir sur la tête ?

    Oui cela en devient bien de plus en plus difficile à résoudre pour tout le monde ! C’est bien dommage je me donne bien parfois la peine d’écrire certaines choses avec douceur.

    Pour ça que j’en suis jamais surpris.

  17. http://www.sciencesetavenir.fr/espace/20120319.OBS4094/un-asteroide-sous-surveillance-rapprochee.html

    Un astéroïde sous surveillance rapprochée

    Un astéroïde fraîchement découvert passera à moins de 25.000 km de la Terre en février 2013: aucun risque de collision, affirment les astronomes. Mais la surveillance s’intensifie.

    Le 15 février 2013, un astéroïde dont le diamètre est estimé à 45 mètres passera à environ 24.000 km de la Terre, d’après les calculs de l’Agence spatiale européenne (ESA) -22.000 km selon la Nasa (NEO/JPL). C’est une distance assez importante pour ne pas menacer notre planète…

    ==========

    24 000 km, autant dire qu’il va nous frôler, et compte tenu des marges d’incertitude, si jamais quelque chose vient troubler sa trajectoire, c’est la roulette russe… Ils se veulent bien rassurants, comme pour la Crise, mais 24000 km c’est quasiment un cheveu à cette échelle, sachant que l’orbite de ce croiseur sera totalement modifiée par son passage dans le champ gravitationnel terrestre.

    ==============

    «Observer 2012DA14 l’année prochaine sera également un très bon test pour préparer le passage de l’astéroïde Apophis en 2029», expliquent par ailleurs les astronomes espagnols. Ce géocroiseur de 270 m de diamètre sera alors à environ 36.000 km de la Terre.

    ==============

    Eh bien dites-donc, je trouve que ça passe drôlement proche !

    Encore une fois, le mythe que l’on maîtrise l’espace, la nature, transparaît dans cet article, ainsi que la foi aveugle dans la science, et la parole des scientifiques. Et l’incapacité des journalistes à évaluer la signification réelle des grandeurs physiques auxquelles ils sont confrontés….

    • tchoo

      ces astéroïdes vont passer plus près de nous ou à distance équivalente des satellites géostationnaire (qui sont à 36 000km si je ne me trompe), c’est vraiment proche!

    • Jérémie

      Un astéroïde fraîchement découvert passera à moins de 25.000 km de la Terre en février 2013: aucun risque de collision, affirment les astronomes. Mais la surveillance s’intensifie.

      Quand bien même il y aurait un risque de collision, les gens seraient-ils bien informés ? Aucun risque de sous-information surtout dans un tel monde de cachottiers ? Non je crois surtout que s’il y avait un jour un plus grand risque de collision avec la terre ou la lune ce serait surtout les militaires et les premiers politiciens du monde qui seraient davantage mis à l’abri en premier, n’affirment pas encore naturellement les premiers astronomes du monde.

      Sinon à part ça l’astronomie progresse beaucoup, c’est vrai on découvre toujours de plus gros cailloux dans l’espace, hélas sur terre on n’ose toujours pas plus dire la vérité aux gens à ce sujet, alors vous savez Lisztfr je me demande si on ne devrait pas plutôt avoir moins d’astronomes.

      Oui ils s’en sortent toujours bien les premiers les grands de ce monde.

    • ………………….. Lorsque l’astre du Jour,
      Ouvrant dans le Taureau sa brillante carrière,
      Engloutit Sirius dans des flots de lumière.

      (Virgile)

      http://remacle.org/bloodwolf/erudits/macrobe/scipion1.htm

      S’il y a encore une erreur du genre neutrinos plus rapides que la lumière…

      Ce n’est pas tellement le « pass-by » (mélancholia) qui laisse songeur, car il aura lieu comme indiqué à 24 000 km, mais la suite, car personne ne peut indiquer avec certitude la direction de la nouvelle trajectoire du rocher, compte tenu de l’imperfection de la masse fluide terrestre, etc. Donc ensuite, ON NE SAIT PAS… Ce rocher risque de rebondir comme dans billard, ou un flipper interplanétaire, et là il peut y avoir un extra-ball, ou un tilt, ou une partie supplémentaire, ou le game over :)

    • vigneron

      Pauvre et bienheureux Lisztfr qui n’a d’autres soucis que s’inquiéter d’inoffensifs petits cailloux et de mieux à faire que s’empresser de citer du Virgile… à la rescousse des secoués. Noire est la nuit lisztienne

      • Rosebud1871

        MélAncholia, Vigneron. Plutôt que de te donner sur ce coup là un carton rouge, la nouvelle règle inversée sera que tu donnes un coup de carton de rouge. C’est le chAngement. Pareil pour l’avenir de l’avatar gus !
        N’empêche y a ceusses qui r’gardent les arbres monter au ciel, ceusses qui dissèquent au billard les entrailles de zoziaux de mauvais augures passés à sinister, pis ceusses qui cherchent leur étoile montante au firmament. L’étoile d’araignée a tissé le drôle de nom pour un pape. Et pis, y a le firme-amant pour les cadres dynamites, leurs légitimes délaissées s’en plaignent.

  18. http://www.gutenberg.org/files/26488/26488-h/26488-h.htm

    L’ART
    DE
    PAYER SES DETTES
    ET
    DE SATISFAIRE SES CRÉANCIERS,
    SANS DÉBOURSER UN SOU;

    A L’USAGE DES GENS RUINÉS, DES SOLLICITEURS, DES SURNUMÉRAIRES,
    DES EMPLOYÉS RÉFORMÉS ET DE TOUS LES CONSOMMATEURS SANS ARGENT.

    «Plus on doit, plus on a de crédit.»
    Pens. inéd. du Professeur.

    ==================================

    http://faz-community.faz.net/blogs/fazit/archive/2012/03/21/die-kunst-seine-schulden-nicht-zu-zahlen.aspx

    Der Schriftsteller beschreibt, wie man auf Kredit lebt. Ob ihn im Athener Finanzministerium schon jemand gelesen hat?

    Von Philip Plickert

    „Je mehr Schulden man hat, desto mehr Kredit hat man. »

    =====================================

    http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Marco_de_Saint-Hilaire

    Émile Marco de Saint-Hilaire

    En 1822 il publie Réclamation adressée à S. E. M. Delavau, préfet de police, par Modeste Agnès, patentée, exerçant au Palais-Royal , puis en 1827 une série de guides destinés aux Dandys imprimée par Balzac comme L’art de payer ses dettes et de satisfaire ses créanciers sans débourser un sou

    ==================

    Voilà, est ce bien le FAZ qui attribue à Balzac un texte rédigé par Marco ?

    In diesen Tagen des größten Schuldenschnitts in Europa seit dem Zweiten Weltkrieg fliegt uns ein hübscher aktueller Neudruck von „Die Kunst, seine Schulden zu zahlen », eine Ökonomie-Satire von Honoré de Balzac

    Sauf que, ce n’est pas de Balzac.

    • C’est du Paul Jorion avant l’heure :

      APHORISMES, (p. 033)

      Axiomes et Pensées neuves :

      « Il est évident que le monde ne se compose que de gens qui ont trop et de gens qui n’ont pas assez; c’est à vous de tâcher de rétablir l’équilibre en ce qui vous concerne.  »

      « Le nombre d’individus embarrassés parce qu’ils ont trop d’argent, dont ils ne savent que faire, est égal au nombre d’individus embarrassés parce qu’ils ne savent que faire pour avoir un peu d’argent. »

      Cet opuscule est du reste très amusant à lire :-)

      « …. Ce qui est dans la poche des autres serait bien mieux dans la mienne! …. Ote-toi de là que je m’y mette!…. Tel est, en peu de mots, le fond de la morale universelle. »

  19. Kercoz

    Pour l’auto domestication, ou néoténie (voir a ce sujet K.Lorenz ds « L’ agression » ou « L’ homme ds le fleuve du vivant »), le meme développe le thème sur nos animaux « domestiques » (suppression de l’agressivité de hierarchisation permettant la cohabitation,ronronnement normalement non conservé chez le félin adulte ….On peut faire qqs remarques évidentes :
    -la grande rapidité de l’évolution du caractere de néoténie (qqs centaines de générations)
    -que ce caractere est autorisé par la protection de la « société » humaine qui dispense l’ animal des contraintes et des impératifs de responsabilisation du stade adulte.

  20. Bruno

    Tenir compte des causes de ce phénomène

    • Mianne

      Evidemment, avec l’exigence de réduction des « coûts » , quand on demande à un nombre de plus en plus réduit d’employés de réaliser la même production globale, il arrive un jour où ils craquent,. On leur a inculqué un sentiment de culpabilité pour ne pas avoir réussi à tenir le coup, ce qui n’arrange rien ..

      • vigneron

        Eh bé oui ma pauvre Mianne, mais faut les comprendre ces pauvres gestionnai-aires et ces pauvres zactionnai-aires… avec tous ces zemployés «invirables» plus toutes ces feignasses qui squattent les bonnes places et qui « dégradent tout »… Je sais c’est dur, c’est lourd, alors té ! durons durons et lourdons lourdons…

  21. EOLE

    Discourir de niveaux d’abstraction en niveaux d’abstraction sans analyser chacun de ces niveaux, ni leur distances, ni les implications logiques et sémantiques correspondantes n’a jamais fait avancer le schmilblick. Dans cet embrouillamini, personne ne peut s’entendre sur les représentations ni rien comprendre aux raisonnements qui en découlent.
    Il fut un temps où la sagesse des sages permettait des décisions un minimum pérennes; ce temps est révolu depuis plusieurs siècles et la complexité croissante de nos civilisations comme la multiplication des techniques impactant notre environnement rendent toute décision plus aléatoire et incertaine, interdisant toute maîtrise sur notre évolution.
    N’ayant pas de perception de ce qui est désigné par « nature humaine », je ne peux m’appuyer que sur une auto-analyse pour essayer d’évaluer mon rapport à moi-même et à l’univers. Je ne vois pas que nous ayons d’autre solution, chacun de nous individuellement. L’outil dont je dispose pour cela: une conscience douée de raison, ne permet cependant pas, à mon expérience, d’aller au delà de certaines limites. Il me faut accepter de dialoguer avec ce qu’il y a de plus profond que je pourrais appeler mon « âme » et encore plus profond avec l’âme de l’univers (l’unus mondus des anciens). Vaste programme, j’en conviens…

  22. juan nessy

     » Convenir  » , c’est déjà très largement dépasser l’auto-analyse .

  23. Toine

    Un avis: Je ne pense pas qu’il soit pertinent de scinder dans la société ce qui est d’ordre naturel (spontané) et ce qui est une d’organisation délibérée. Surtout si on ne sait pas faire la différence pour diverses raisons bien évoquées. On devrait plutôt parler d’organisation consciente et du reste (spontané, naturel, inconscient,….), sans omettre que le reste, dont nous avons des indices, existe aussi. Ce qui fait que je suis un peu plus simpliste en disant: il faut savoir ce qu’on veut et essayer de le faire, sans foncer tête baisser et en restant ouvert. Ainsi les questions à résoudre passent aussi par discuter de ce qu’on veut et conscientiser/expliciter le maximum de choses.
    Mais ici, sans le dire vraiment, le but (voire la quête) semble être de dire: j’ai de grandes découvertes à faire, c’est pourquoi j’ai de grands sujets de recherche, et j’aurai donc des grandes révélations à faire. Je force un peu le trait, mais j’essaie d’expliquer pourquoi je n’arrive pas vraiment à rentrer dans la lecture des livres de P. Jorion, c’est le point de départ ou la posture qui a tendance à me bloquer. Est-ce que je bloque pour de bonnes raisons, ou ais-je besoin de plus de pédagogie, je ne sais pas encore…

  24. Éloge de la cotisation – Bernard FRIOT

    Nous vivons dans des sociétés qui reconnaissent, pour un tiers du PIB, une valeur économique à des activités non capitalistes. On peut penser que la sortie du capitalisme arrivera forcément un jour…

    D’abord, il me faut introduire un certain nombre de notions relativement abstraites. L’objet est de montrer que la sécurité sociale n’est pas un transfert des célibataires vers les familles, des biens portants vers les malades, des jeunes vers les vieux… Au contraire, elle est un « déplacement » du travail, dans un sens émancipateur.

    Dans un second temps, je justifierai la faisabilité d’une extension massive de la cotisation sociale.

    Traces sonores de la rencontre « Pour reconstruire la solidarité, demain, le revenu inconditionnel d’existence ? »

    Le samedi 17 mars 2012 le mpOC a organisé en partenariat avec le GRAPPE (Groupe de Réflexion et d’Action pour une Politique Ecologique) et le PAC (Présence et Action Culturelles) un ciné-débat autour du documentaire « Le Revenu de Base » de Daniel Häni et Enno Schmidt, suivi d’échanges croisés avec Philippe DEFEYT, économiste et président du CPAS de Namur et Bernard FRIOT, sociologue et économiste français qui anime l’Institut européen du salariat. Voici les enregistrements en 3 parties.

    NB L’exposé de Bernard Friot commence à 40:28

    Je crois savoir que Paul Jorion a proposé à Bernard Friot de rédiger un nouveau billet pour ce blog ;-)

  25. Lac

    Bonjour, votre introduction, me fait penser à un outils que je suis en train d’essayer d’adapter au soin infirmier. Il s’agit du paradigme de la complexité d’Edgar Morin.La question que je tente de résoudre est: Comment un mouvement chaotique humain peut il être auto-éco-organisé par une structure externe complexe? Nous cherchons du côté du potentiel humain contenu dans différentes valeur (valeur biologique, individuelle, groupale, sociétale…universelle…) .Je fais se rapprochement avec la valeur qui vous intéresse: la valeur de l’argent !
    Bonne recherche à vous.
    Et merci pour votre blog.

  26. Bruxelles : un propriétaire condamné à rénover son immeuble

    « Je pense qu’à un certain moment, la liberté individuelle s’arrête à une sorte de liberté collective. Si quelqu’un possède un logement et le laisse pourrir sur place alors que l’on a des familles à la rue… Je pense que la liberté collective doit prendre l’ascendant. C’est un peu ce que nous avons essayé de faire, tout en restant dans la législation. »

    • C’est pas encore avec ça que la bulle immobilière belge va exploser, mais c’est certainement une bonne nouvelle et un pas dans la bonne direction en limitant l’étendue de l’abusus dans le droit de propriété.

      • zébu

        En France, le locataire peut mettre en demeure le propriétaire de réaliser son obligation d’entretien. Mais encore faut-il qu’il soit déjà locataire.
        Sinon, les municipalités peuvent prendre un arrêté de péril ordinaire ou imminent.
        Et mettre en demeure le propriétaire pour faire réaliser les travaux :
        « Non-exécution des travaux
        Lorsque les mesures prescrites par l’arrêté n’ont pas été exécutées dans les délais, le propriétaire ou le syndic de copropriété est mis en demeure par le maire de les réaliser dans le délai de 1 mois. À défaut, le maire ou le préfet peut faire réaliser les travaux d’office aux frais du propriétaire et majorés d’intérêts. Le propriétaire peut également faire l’objet de poursuites pénales. »
        Encore faut-il que le péril soit caractérisé et que la municipalité agisse …

        Bref, le code de la construction et de l’habitation français, c’est pas le code du logement Belge :
        « CHAPITRE II. — Du droit de gestion publique des logements
        Article 18
        § 1er. Tout opérateur immobilier public dispose d’un droit de gestion
        publique des logements suivants :
        1° les logements inoccupés;
        2° les logements visés aux articles 9 et 10 qui n ’ont pas fait l’objet de
        travaux de rénovation ou d’amélioration ou dont la situation n’a pas été
        régularisée conformément aux dispositions de l’article 13, alors que le
        logement n’est pas occupé par le propriétaire ou le titulaire du droit réel
        lui-même;
        3° les logements déclarés inhabitables, conformément à l’article 135
        de la nouvelle loi communale.
        § 2. Sont présumés inoccupés, les logements :
        1° qui ne sont pas garnis du mobilier indispensable à leur affectation
        pendant une période d’au moins douze mois consécutifs, à moins que
        le propriétaire ou le titulaire de droits réels puisse justifier cet état de
        choses par sa situation ou celle de son locataire;
        2° ou pour lesquels la consommation d’eau ou d’électricité constatée
        pendant une période d ’au moins douze mois consécutifs est inférieure
        à la consommation minimale fixée par le Gouvernement, à moins que
        le propriétaire ou le titulaire de droits réels puisse justifier cet état de
        choses par sa situation ou celle de son locataire.
        § 3. Par dérogation au § 2, n’est pas présumé inoccupé le logement
        qui fait l’objet d’une domiciliation de la personne physique propriétaire
        ou titulaire de droits réels. »
        http://www.codedulogement.be/pdf/ordonnance_du_17_juillet_2003.pdf

        En France, on a le DALO.
        Et le DALO, c’est au locataire de porter l’affaire : très long, avec demande de recours devant un tribunal administratif, pour finir sur une éventuelle injonction au ministère pour mise en oeuvre d’un logement, laquelle peut intégrer une astreinte … non versée au locataire « mais au fonds d’aménagement urbain, destiné à financer le logement social. », lequel FAU pourra servir aux collectivités locales à financer la construction de logements sociaux …
        http://vosdroits.service-public.fr/F18005.xhtml

        Des années de procédures puis de mise en chantier, avant d’avoir le droit de se loger.
        A comparer au ‘Code du logement’ belge (rien que l’intitulé déjà …).

      • @Zébu
        Suis pas spécialiste, mais on a des Codes comparables en Belgique (insalubrité, danger/péril…)
        Salubrité-Logements :

        Vivre dans un logement décent en tant que lieu de vie, d’émancipation et d’épanouissement des individus et des familles, tel est l’objectif poursuivi par le Code wallon du Logement qui traduit l’intention d’offrir à chacun le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine. (Art. 23 de la Constitution.)

        Quels beaux principes ! Voilà la réalité ici, chez nous et maintenant : « Les Enfants du Borinage (lettre à Henry Storck) » Patric Jean, 1999

        dans la société conviviale qu’il revient au XXIe siècle d’édifier de toute urgence, la source première de la légitimité des États et des gouvernements résidera dans leur capacité à assurer effectivement à tous leurs citoyens les conditions matérielles d’existence de base, proportionnées à la condition générale du pays ou de la région, quelles que soient leur race, leur religion ou leurs croyances. Tout gouvernement se révélant incapable de le faire doit être réputé illégitime et condamné, par l’opinion publique internationale autant que par son propre peuple, pour manquement à la décence élémentaire. Et plus encore, bien évidemment, si le maintien du peuple dans la misère s’opère pour les profits personnels des dirigeants.

        Alain Caillé, Pour un manifeste du convivialisme, Le bord de l’eau, 2011, p.82

  27. Mianne

    C’est comme cela que la municipalité a récupéré pour rien un vieil immeuble en plein centre-ville, occupé par un locataire invirable qui ne payait pas son loyer depuis longtemps et qui avait fait venir des squatters qui ont tout dégradé . Le vieux propriétaire, sans rentrées d’argent et sommé d’entretenir l’immeuble , l’a « vendu » pour un euro symbolique à la municipalité qui , vu l’endroit où l’immeuble est situé, n’en fera certainement pas des logements sociaux . On attend de voir la suite . .

    • vigneron

      un locataire invirable qui ne payait pas on loyer depuis longtemps et qui avait fait venir des squatters qui ont tout dégradé

      Dévasté qu’y faut dire madame Mianne, dévasté…
      «Monsieur mon propriétai-aire, comm’ je lui dévaste tout,
      M’chass’ de son toit, oui mais, d’son toit, moi j’m'en fous.
      J’ai rendez-vous avec Vous (pas vous).
      La demeure que je préfè-ère c’est pas vot’ robe à froufrous»…

      (Y’en a encore en magasin pour les madames gargottiè-ères et les Majestés Financiè-ères…)

  28. Lac

    Le confort est une recherche de bien être. Mais ce bien être est aujourd’hui dépendant de facteur individuel, local, et mondial. Avons nous des concepts qui lient l’individu à son environnement? Je ne crois pas. L’organisation spontané est facilité par des milieu cotoyant le bien être. Par contre les organisations délibérés dépendent d’individu ou de groupe qui Sont en recherche de bien être. Il me semble qu’un environnement harmonieux produise une force d’intégration propice à l’émergence spontané. Une structure institutionnelle peut-elle orienter cette force d’intégration? Peut être que si elle propose de lier le bien être individuel, local et mondial à un système de valeur qui lui serait garant de cette force de cohésion nécessaire à l’organisation de système délibéré, elle pourrait fédérer un grand nombre d’unité humaine.

    • Vincent Wallon

      Nous assistons à une prise de conscience de notre inter dépendance à notre environnement.
      Nous assistons à une prise de conscience de notre inter dépendance les uns aux autres, internationalement.

      De ce point de départ, il nous faut immédiatement reconnaître la nécessité (TINA qui a retourné sa veste) d’une rupture radicale avec une organisation agonisante (bon débarras ! Mais va falloir l’aider un peu), puis progresser sur ce chemin, libres, égaux et fraternels.

      Je sais, je suis optimiste …

  29. Béotienne

    Bien sûr je n’ai pas le niveau, aucune formation en philosophie, en économie, en anthropologie ni en sociologie, donc rien qui m’empêche de m’assoir entre deux chaises.
    Et une citation relevée dans le billet «
    LA RÉVOLUTION DE LA PROPORTION DIAGONALE, par Philippe Herlin
    11 avril 2012 par Paul Jorion » :
    « C’est une innovation ?
    Non, monsieur l’économiste, c’est une révolution. »
    Ceci pour partager un petit cheminement sur le thème de la propriété dans mon modeste moi sans identification de cases d’origines. C’est spontané.
    Ce que nous vivons n’est point une révolution, c’est une mutation.
    Je pose que les grandes mutations historiques sont : la Sédentarisation, la Christianisation pacifique ou forcée des Barbares en Europe, la Renaissance avec la redécouverte de l’Antiquité, l’Industrialisation et maintenant la Mondialisation .
    Qu’est ce qui est commun à ces périodes cruciales ? Des bouleversements de civilisation à tous les échelons, tous les domaines sont impliqués et le regard de l’homme sur l’humanité change profondément.
    Sauf dans un domaine depuis la sédentarisation : fondamentalement, la propriété.
    Or la mondialisation implique un retour du nomadisme, pas celui des origines, la cueillette et la chasse sont devenue une prérogative des multinationales nomades sous la forme d’une razzia sur les sources d’énergie.
    Nous aussi avec l’internet et les migrations nous retrouvons une part de nomadisme et l’argent moyen d’échange a toujours largement circulé entre peuples sédentarisés. (Exemple l’or espagnol importé aux Philippines a perturbé un moment l’économie chinoise- j’ai oublié la référence)
    La propriété doit cesser d’être pensée exclusivement en terme de sédentarisation et le cadre devrait intégrer notre nouvelle dimension de nomadisme, voilà donc l’anthropologie convoquée.
    Qu’est-ce que la propriété pour un nomade ?

    • Béotienne,

      Qu’est ce que la propriété pour un nomade ?

      Jacques ATTALI a la réponse (juin 2008) :

      Conversation d’avenir, l’immobilier

      A écouter à 6’50, extrait :

      … on va etre propriétaire d’un logement virtuel : on achétera 100 m2 on sera propriétaire de 100 m2 ou 50 m2, sur plan et indépendamment d’un lieu. C’est à dire que vous aurez droit de tirage de 50 m2 dans une ville et que si votre métier vous amène à bouger, hé bien vous serez propriétaire de 50 m2 ailleurs, …. / … c’est un peu ce qui existe déjà pour les vacances, vous pouvez acheter des semaines pour vous pouvez échanger dans d’autres lieux.

      Il y aura un stoick standardisé de ces logements et il y aura une bourse d’échange ou dans la mesure ou vous avez besoin de déménager, vous n’aurez pas besoin de vendre votre maison pour en acheter une autre, puisque vous serez propriétaire de conceptuellement de 100 m2 qui sera géré par un ensemble.
      Qui est ce qui detient cette valeur immobilière ?
      Pour l’essentiel ce sont des institutions financières spécialisées qui vont se développer et vont gérer le système …

  30. methode

    des questions qui restent à résoudre… mais la sphère du rationnel est d’ores et déjà disqualifiée, puisqu’elle n’opère qu’a posteriori. nous devons faire appel à nôtre intuition. l’intuition est hautement intégrative, seule à même de posséder la puissance nécessaire au dépassement de nos impasses et orienter nos actions.

    définir puis décréter est illusoire, nous sommes condamnés à tâtonner. ou faire appel à des voyants extra-lucides.

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