L’actualité de la crise : BONNET BLANC ET BLANC BONNET, par François Leclerc

Billet invité

En application d’une loi à chaque fois vérifiée, plus on nie une évidence pour tenter absurdement de la conjurer, plus elle est proche de se concrétiser. Chacun à sa manière, l’Espagne et l’Italie s’approche dangereusement du moment où il ne sera plus possible d’éluder la nécessité de leur procurer une aide financière. La première est attaquée par les marchés à cause des dissimulations de ses banques, et la seconde en raison d’un gigantesque programme de refinancement de sa dette qui reste à accomplir dans les mois qui viennent. Avec comme première difficulté que les montants à mobiliser ne sont pas encore disponibles et que ceux qui sont prévus seront insuffisants.

C’est toute l’histoire d’un Mécanisme de stabilité (MES) qui s’est dégonflé et d’une directrice générale du FMI qui, faute de prêteurs, doit abaisser in extremis ses prétentions initiales à la veille de sa réunion de printemps pour sauver la face. S’ajoutant à cela une stratégie de désendettement accéléré qui ne fait qu’empirer la situation, dont les investisseurs ne sont pas convaincus du réalisme et le font savoir en imprimant au marché obligataire de nouvelles tensions.

Pourquoi donc, dans ces conditions, la stratégie actuelle n’est-elle pas infléchie, comme beaucoup le réclament, puisqu’elle ne fonctionne pas ? Les partisans de cet assouplissement, qualifié de plan A’, ne mettent en effet pas en cause la nécessité de réduire les déficits publics, et ils se contentent d’ajouter un volet croissance ainsi que de proposer d’étirer le calendrier dans le temps afin de faciliter l’exécution de l’ensemble.

Cela impose, pour le saisir, de se demander ce dont cette option serait effectivement porteuse en terme de relance de la croissance et de financement de la réduction des déficits publics. Car on en reste aux pétitions de principe incantatoires quand n’est pas préconisé même le programme de l’orthodoxie libérale, selon les variantes. Ou de s’interroger sur le réalisme d’une stratégie qui persiste à ignorer dans tous les cas l’état réel du système bancaire européen et à ne pas traiter le volet de la dette privée, éludant la formulation d’une stratégie de désendettement globale.

En réalité, ce plan A’ est tout aussi illusoire que le plan A actuellement appliqué, car son principe de base est identique : il vise toujours à financer le remboursement de la dette en créant de nouvelles dettes, quand bien même les modalités en seraient différentes. Il procède toujours de la même fuite en avant, n’admettant pas que l’endettement a été trop important et que le moment est arrivé où les créanciers doivent en supporter les conséquences, après en avoir bien profité. Rien ne sert de tourner autour du pot…

Nous connaissons actuellement une quasi création monétaire de la BCE au sein de la zone euro, afin de permettre le refinancement d’un système bancaire qui n’y parvient plus par ses propres moyens, et au passage de financer la dette publique des pays les plus mal en point via leurs banques nationales ; ainsi que des emprunts levés sur le marché avec la garantie des États, dans le cadre de mécanismes européens dont les engagements ont été finalement plafonnés a minima. Dans les deux cas, la solution est bancale et ne résout rien. Elle revient à inonder de liquidités un monde qui en regorge déjà, tout en se refusant à prendre en compte son absence de solvabilité. Comme la BCE vient de le souligner dans son rapport mensuel, elle implique de prendre en compte la dette de l’ombre (shadow debt) que représentent les garanties octroyées sans compter par les États à un titre ou à un autre, dont le niveau devrait être pris en considération pour le calcul de l’endettement. Ce qui impliquerait, selon la BCE, encore plus de réduction de la dette, afin de retomber sur le ratio magique de 60% du PIB.

L’idée selon laquelle il suffisait de donner du temps aux banques, sans les brider par une régulation trop contraignante, pour qu’elles puissent progressivement déprécier leurs actifs et se désendetter ainsi en douceur, s’est révélée aussi inapplicable que celle qui prétendait obtenir des États leur désendettement précipité. Incitant les ministres des finances européens à se réunir le 2 mai prochain pour donner à leur tour un gros coup de pouce aux banques, à la faveur de la transposition en droit européen de la réglementation de Bâle III, qui doit progressivement être mise en place entre 2013 et 2019 et qui se présente comme un nouveau mur infranchissable. Non seulement s’agissant de la nature et du ratio de leurs fonds propres, mais plus encore de leurs obligations futures en terme de liquidité, dont les banques sont très loin des critères envisagés et qui sont toujours discussion. Réguler d’un côté, ne pas étrangler de l’autre, telle est la contradiction que l’on va tenter de résoudre sous couvert d’obscures discussions techniques.

Quelle politique alternative pourrait-elle être appliquée ? On parle désormais d’euro-obligations, mais il est question maintenant de leur donner comme objet le financement de programmes d’investissement et non plus celui de la dette publique, dont la mutualisation est refusée. On a parallèlement envisagé une implication accrue de la BCE, ce qui supposerait un chamboulement des traités européens. Rien de bien réaliste, puisque devant se négocier dans le cadre politique actuel. Cette dernière option tentante de la monétisation de la dette ne serait d’ailleurs rien d’autre qu’un tour de passe-passe évitant de poser les questions dérangeantes.

Parmi celles-ci figure la restructuration de la dette. Celle de la Grèce, à laquelle il fallu en arriver pour s’y prendre ensuite à deux fois, est à tel point un épouvantail que tous les efforts ont été faits ces jours derniers pour que l’ensemble des investisseurs, sans exclusive, participe à l’échange négocié, un quarteron d’irréductibles cherchant toujours à monnayer son accord, afin qu’un défaut caractérisé n’intervienne pas, ce qui lancerait aux marchés un signal hautement symbolique et détestable. Tournons au plus vite cette page et n’y revenons plus jamais !

En réalité, il n’y a pas trente six-mille manières de réduire une dette que l’on ne parvient pas à rembourser : via l’inflation ou grâce à une restructuration ordonnée. Faute de quoi, le risque est pris d’une restructuration désordonnée, c’est à dire chaotique. Or, les deux voies sont proscrites, pour une seule et même raison : elles généreraient pour les créanciers des pertes dont il ne peut être question. Pour justifier de ne pas déclencher une inflation des actifs qui préluderait à leur dépréciation – celle-ci est pourtant en cours, étant donné les masses de liquidités injectées par les banques centrales qui ne retombent pas dans l’économie – on s’abrite derrière l’épouvantail de l’inflation des prix à la consommation, fort peu vraisemblable dans le contexte récessif actuel. Pour refuser toute restructuration ordonnée de la dette publique, on laisse aux banques le soin de la piloter sous leur entière autorité, puis ensuite de proclamer urbi et orbi que ce sera la toute dernière fois, sans piper mot…

Cela ne laisse comme seule solution disponible que de réduire la protection sociale et diminuer le coût du travail, puisqu’il ne faut pas toucher au patrimoine. C’est donc la voie qui est actuellement suivie, qui n’est pas remise en question sauf à la marge par les partisans d’un plan A’, qui cherchent à l’aménager en ne disposant pour ce faire que d’étroites marges de manœuvre.

L’OCDE travaille également à identifier des coupes budgétaires ayant « peu d’effets négatifs sur l’activité économique », car elle garde l’objectif prioritaire d’un « resserrement budgétaire important et durable ». Outre le domaine des retraites, l’organisation préconise d’agir dans ceux de la santé et de l’enseignement, grâce à ce qu’elle appelle des « gains d’efficience », ainsi que de réduire certaines niches fiscales et de mettre en place des taxes environnementales et sur les transactions financières, à condition qu’elles soient « bien conçues ».

Mais la crise porte en elle depuis son démarrage sa propre dynamique, qui ne se dément pas. Rien ne marche comme prévu, car l’étroite imbrication entre la dette publique et privée – qui s’est encore renforcée avec les injections financières de la BCE – fait obstacle à l’accomplissement de stratégies continuant d’ignorer l’une de ses deux composantes. Il en résulte des épisodes de crise aiguë à répétition, qui progressivement élargissent irrésistiblement celle-ci à l’ensemble européen.

Si l’on change d’échelle, ce n’est pas mieux. L’intermède électoral américain une fois dépassé en novembre prochain, la lancinante question de la dette américaine reviendra au premier plan. Au Japon, pays de la déflation sans issue, la dette publique continue également de croître sans plus de solution. Il y est à nouveau question de ce serpent de mer de l’augmentation de la TVA, en pleine déflation, alors que la Banque du Japon résiste aux sirènes gouvernementales.

Il est d’usage de parler dans ces cas-là de causes structurelles, mais on ne préconise pour ces dernières d’autre réforme que de nouvelles injections monétaires des banques centrales, qui contribueraient immanquablement à accroître les dysfonctionnements du système financier. Partout, la même problématique sans solution de la réduction de la dette s’impose.

Parallèlement, le monde financier poursuit son sabotage des tentatives de régulation financière, ayant déjà introduit entre les deux rives de l’Atlantique une gigantesque cacophonie réglementaire propice à ses desseins. Le risque systémique, qui s’est révélé dans toute son ampleur lors du démarrage de la crise financière, est toujours intact, comme l’est également l’opacité d’un système bien nommé shadow banking, au sein duquel perdure la pratique incontrôlée des transactions de gré à gré. Une bataille feutrée et acharnée a lieu à ce propos en ce moment même, afin de le préserver le plus possible. Le reste est subalterne et accessoire. D’ailleurs, à observer ce qui se passe, l’idée même d’un contrôle possible se révèle illusoire. Car il est interdit d’interdire, puisque le marché doit toujours avoir le dernier mot, et que les régulations les plus pointilleuses sont toujours contournées par plus habile que les régulateurs… C’est comme pour le dopage dans le domaine sportif, les dopés ont toujours une longueur d’avance !

Ce constat renvoie à une constatation élémentaire qui se vérifie dans tous les domaines : les privilégiés ne veulent pas revenir sur leurs avantages acquis et s’y accrochent par tous les moyens.

Pourquoi alors ne pas changer de stratégie, puisqu’elle ne fonctionne pas ? Tout simplement parce qu’aucune autre n’est proposée ! Peut-être l’actuelle sera-t-elle finalement infléchie, sous la pression des circonstances, mais ses fondements ne seront pas remis en cause, alimentant ainsi la crise au lieu de la résorber… Quant à ceux qui se réclament du réformisme et voudraient promouvoir des accommodements, ils risquent vite de se heurter à des barrières qu’ils ne pourront pas franchir faute d’élan.

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53 réflexions sur « L’actualité de la crise : BONNET BLANC ET BLANC BONNET, par François Leclerc »

  1. Vendredi 13 avril 2012 :

    Espagne : nouveau record historique pour la dette des banques envers la BCE : 227,6 milliards d’euros.

    La dette des banques espagnoles envers la Banque centrale européenne a pulvérisé en mars le record déjà historique du mois précédent, à 227,6 milliards d’euros, dopée notamment par la récente injection de liquidités par la BCE, a annoncé vendredi la Banque d’Espagne.

    Ce chiffre, qui est aussi un indice de la capacité ou non des banques espagnoles à recourir au marché (au lieu de la BCE) pour se financer, avait déjà atteint un sommet en février, à 152,4 milliards d’euros, selon l’institution, qui publie ces données depuis 1999.

    Le recours des banques espagnoles à la BCE, qui avait grimpé jusqu’à 131,9 milliards d’euros en juillet 2010, avait depuis régulièrement baissé, descendant même jusqu’à 42,23 milliards en avril 2011.

    Mais depuis septembre il est reparti à la hausse, et entre février et mars il a bondi de 49 %.

    (Dépêche AFP)

  2. Ouch, un tel papier fait mal !!

    Où trouvez-vous l’inspiration pour vos formules ?
    Je les trouve de plus en plus assassines et superbement ciselées.

    Si, si, votre plume devient de plus en plus légère… ce qui en améliore d’autant son poids !
    Quel beau paradoxe !

  3. Bonjour

    finalement, l’ex maire de londres ( Ken le rouge) a raison: pendre un banquier par semaine jusqu a ce que les autres comprennent

    1. Ce constat renvoie à une constatation élémentaire qui se vérifie dans tous les domaines : les privilégiés ne veulent pas revenir sur leurs avantages acquis et s’y accrochent par tous les moyens.

      Devant l’échafaud, peut-être lâcheront-ils prise

      1. Oui da, mais ‘les privilégiés’ reviennent sans vergogne sur les ‘avantages acquis’ des salariés les plus modestes…!

    2. Où est le problème ?
      Sa femme vient de le larguer ?
      Mauvaise digestion ?
      Une bielle de couler ?
      Petite irritation dû à un eczéma ?
      Crise d’hémorroïdes ?
      Pas assez de soleil ?
      Pas assez de fric ?
      Un petit coup de trop dans le pif ?
      Bref, parfaitement abject et hors propos. Ya pas que dans les bistrots où on fait du bluff. DU BLUFF. Jettent les mots en l’air ces gougnafiers et s’écrasent lamentablement dans la vie ; là où précisément la propagande ne ne tient pas 1/4 de seconde.

  4. Nous allons constater une véritable révolution des esprits dans l’élection française , préalable à une refonte de la société……….accrochez vous……….car toutes vos certitudes , habitudes , conceptions vont être chamboulées.

      1. @bertrand
        Mieux, 3195 (-2,28), et 2500 a déjà été ‘atteint’ bien des fois, même à 500, ils continueront à jouer ces c… !

  5. Bonjour,

    Je lis régulièrement vos articles dont j’apprécie la qualité. Je souhaiterai vous poser une petite question un peu hors sujet : j’ai lu qu’un référendum avait eu lieu en Islande (9 avril 2012) et que le résultat avait été « Non » à une très grande majorité. Cette réponse peut-elle avoir un impact direct ou indirect avec les solutions actuelles proposées par la BCE, l’Europe…. ? Que va-t-il arriver selon vous à ce peuple : rigueur, pressions ou autre ?
    Je vous remercie.
    Cordialement,
    Stéphanie

    source lecture : http://blogs.rue89.com/yeti-voyageur/2011/04/11/referendum-en-islande-seconde-torgnole-a-la-finance-mondiale-199458

    1. Bonjour !

      Il suffit pour que le traité soit adopté que 12 États sur 27 le ratifient. Quant au gouvernement irlandais, il tente toujours de renégocier les billets à ordre qu’il a signé afin de rembourser la Banque d’Irlande de son prêt destiné à renflouer l’Anglo-Irish Bank. Jörg Asmussen, membre du directoire de la BCE, vient de nier cette possibilité et un rapport de la Troïka est attendu… Les Irlandais eux-mêmes ? Je ne sais pas trop, je vais les rencontrer sur place dès que possible.

      1. @F.Leclerc

        Bonjour,
        A Stéphanie, qui pose une question sur l’Islande, vous répondez sur l’Irlande….
        Un peu de confusion?

        Merci, pour vos articles qui ne manquent jamais d’apporter à l’ignare économique que je suis un peu de la lumière si nécessaire à la compréhension des enjeux..

    2. Pan sur le bec avec 1 an de retard !
      Il s’agit du référendum du 9 avril 2011, pas 2012 !

      La coupable est condamnée à voter correctement aux prochaines élections en France!
      Si elle n’est pas inscrite sur les listes, elle est condamnée à encourager à bien voter au moins 10 votants !

  6. « Cela ne laisse comme seule solution disponible que de réduire la protection sociale et diminuer le coût du travail, puisqu’il ne faut pas toucher au patrimoine.  »

    Quel Dieu a décrété qu’il ne fallait pas toucher au patrimoine ?
    Tout dépend lequel ?

    Il est certes plus aisé pour les financiers et spéculateurs de s’attaquer aux plus faibles…
    Cela « sent  » de plus en plus mauvais et bien malheureux est celui qui ose prévoir l’avenir…..
    Collapse ?

  7. Autant spéculer sur le fait que l’ump soit capable d’envoyer un candidat au deuxieme tour de la présidentielle

    1. Je peux comprendre que vous répondiez pas. Cela ferait désordre ici.

      Mais… nos idées sont communes car nous SAVONS que nous voyons ET VOULONS voir la réalité.
      Gestionnaires un jour, gestionnaires toujours.
      Gestionnaire non pas de l’argent, MAIS gestionnaire avec réserve prudentielle sur l’avenir.
      VOUS savez de quoi je parle.
      Il suffit de ne pas rêver contrairement à ceux qui produisent les religions.

  8. Y’EN A MARRE par Léo Ferré – 1961

    En même temps que vos impôts
    Vous pouvez fair’ monter vos bières
    Un jour vous n’aurez que la peau
    Messieurs les mecs des ministères
    Y’en a marre
    En même temps que nos chagrins
    Vous pouvez préparer vos larmes
    Un jour nous ferons notre pain
    Dans vos pétrins avec nos armes
    Y’en a marre
    En même temps que nos frangins
    Qui se préparent dans le monde
    A réviser tous vos machins
    Nous autres on compte vos secondes
    Y’en a marre… Y’en a marre…

    Y’a quelque temps Christoph’ Colomb
    Croyant découvrir l’Amérique
    A découvert dans le coton
    Des Blancs jouant avec la trique
    Y’en a marre
    Y’a quelque temps monsieur Franco
    A peu près au temps des cerises
    A descendu tous les oiseaux
    Qui chantaient la Terre promise
    Y’en a marre
    Monsieur Einstein loin des canons
    Croyant travailler pour lui seul
    A découvert des équations
    Qui vont nous tomber sur la gueule
    Y’en a marre… Y’en a marre…

    Qu’est-c’ qu’ ell’ vous a donc fait la lune
    Pour vouloir lui r’filer vos puces
    La vie est courte et y’en a qu’une
    Qu’est-c’ qu’ ell’ vous ont fait les étoiles
    Pour vouloir leur filer les miches
    D’ailleurs au train où ell’ s’ cavalent
    Faudrait p’têt’ consulter vos fiches
    Qu’est-c’ qu’ ils vous ont donc fait les hommes
    Pour vouloir leur filer la c’rise
    C’est p’têt’ des poires c’est p’têt’ des pommes
    Mais laissez-leur au moins la ch’mise
    Y’en a marre… Y’en a marre…

    On vit on mange et puis on meurt
    Vous n’ trouvez pas que c’est charmant
    Et qu’ ça suffit à not’ bonheur
    Et à tous nos emmerdements
    Y’en a marre
    Qu’on vive à Paris ou à Rio
    Qu’on soit enceinte ou bien en carte
    Qu’on soit sans un ou plein d’ fafiots
    La société c’est pas d’ la tarte
    Y’en a marre
    Mais p’têt’ qu’ un jour le crucifié
    Lach’ra ses clous et ses épines
    Sa rédemption et tout l’ paquet
    Et viendra gueuler dans nos ruines
    Y’en a marre… Y’en a marre…
    Y’en a marre…

    Informations sur la chanson
    Auteur: Léo FERRE
    Compositeur: Léo FERRE
    Editeur: LA MEMOIRE ET LA MER
    LES NOUVELLES EDITIONS MERIDIAN

  9. @ F Leclerc

    Pouvez vous developper cette phrase svp? je ne suis pas sur d’avoir tout compris :

    « Pour justifier de ne pas déclencher une inflation des actifs qui préluderait à leur dépréciation – celle-ci est pourtant en cours, étant donné les masses de liquidités injectées par les banques centrales qui ne retombent pas dans l’économie – on s’abrite derrière l’épouvantail de l’inflation des prix à la consommation, fort peu vraisemblable dans le contexte récessif actuel. »

    l’inflation des prix à la consomation en période de régréssion des salaires est difficile –>OK
    L’inflation des actifs qui seraient en cours : matières premieres et actifs financiers dont les cours augmentent avec les liquidités fournies??
    En quoi l’inflation des actifs préluderait à leur dépréciation?

    je suis perdu là!

      1. Ah d’accord tout simplement!
        Je cherchais midi à 14h, désolé.
        C’est vrai qu’elles éclatent toutes un jour ou l’autre. En France, il semblerait que ce soit le tour de l’immobilier…avec des conséquences surement néfastes pour les banques.

        dans ce cas là, puisque l’inflation ne se décrète pas en pèriode de régréssion salariale, il ne reste plus que la restructuration des dettes….après à savoir si elle sera ordonnée ou pas!

  10. La dette devrait aussi englober d’autres domaines, comme le pétrole, les faillites des ménages et la dette écologique.

    La création de richesse monétaire provient du pétrole, qui a amplifié les problèmes liés au réchauffement du climat et à la sur-exploitation des ressources naturelles. De nos jours, nous savons pertinamment que le pic du pétrole est dépassé, et que l’ouverture de marché encore plus gigantesque comme la Chine ou l’Inde ne peut qu’accelérer les tensions sur les marchés.

    Des investissements vers les énergies renouvelables ou la sobriété énergétique (si volonté il y a), sont nécéssaires pour entreprendre une direction vers un marché qui non seulement limitera ses futures dettes mais en plus créera de facto une inversion ou du moins une tendance vers une gestion plus harmonieuse de l’environnement et du climat.

    De plus les ménages sont concernés par cette dette, ils sont totalement exclus des débats, comme si les dettes par habitants n’existaient pas, et ne menaçaient pas aussi le système économique. Ils représentent pourtant la masse la plus importante concernant l’investissement passé et les investissements avenirs (d’où les dettes). Il est anormal qu’ils ne soient pas eux-aussi représenter dans ce type de processus. Leurs rôles économiques et aux niveaux des banques ne sont pas négligeables.

    Il y a une autre dette qui est aussi totalement absente, la dette écologique est aussi énorme pour le système économique, qui n’intègre pas cette donnée productive bien qu’elle soit à l’origine de sa diversité. Il faut inclure la dette Nord/Sud qui a un impact sur les sociétés de l’hémisphère sud. C’est un catalyseur que de constater que les investissements futures doivent aller vers un modèle réduisant aussi la dette écologique.

    Il y a clairement des crises des dettes.

    1. Et si tout simplement la crise de la dette était une crise de la rente, il me semble que ce serait prendre le problème par le bon bout.
      La rente financière n’étant tout simplement plus payable.
      Je reste convaincu que d’ici quelques années en prendra le problème par ce bout là parcequ’on aura plus le choix.

      1. N’y a-t-il pas une différence de temporalité entre « dette » et « rente » ? En ce sens que « dette » convoque le passé alors que « rente » convoque l’avenir.
        Le point que vous soulevez dans l’expression de cette différence me semble essentiel et bien vu !

        La dette est-elle « réversible » ? La rente est-elle « inéluctable » ?

        De quoi réfléchir ce week-end !

      2. @jiemo

        La dette est-elle « réversible » ?

        Oui, à condition d’avoir à sa disposition une accessibilité en croissance à des matières premières et à de l’énergie.
        Que fait-on quand une des sources d’énergie dont toutes les autres dépendent n’est plus en croissance?

        La rente est-elle « inéluctable » ?

        La rente financière n’est pas inéluctable puisqu’elle ne peut plus être payée par le remboursement de la dette, mais on peut la remplacer par la rente énergétique qui est tout simplement le fait d’investir sans intérêt dans un mode de vie et création, distribution des richeses qui consommera de moins en moins d’énergie et de matiéres premières.

  11. Un grand merci pour vos papiers indispensables qui soutiennent notre réflexion jour après jour. Pourriez-vous nous gratifier d’un papier sur les perspectives de la France et de son futur gouvernement juste après le 2e tour de l’élection présidentielle ? Je ne vous demande pas de prophétiser, mais de réfléchir pour nous sur les données présentes à cette date-là. De faire une sorte de radiographie pour avoir ensuite un point de comparaison.

    1. C’est malheureusement une chose que je ne sais pas faire. La situation est actuellement très évolutive et les dirigeants politiques seront amenés à improviser, comme à l’habitude. L’émergence dans la campagne présidentielle du lancement par Eurex de contrats à terme sur la dette française montre par ailleurs comment des thèmes qui étaient ignorés peuvent brutalement surgir, suscitant d’importantes réactions.

  12. Je rappelle, essentiellement pour Vigneron qui l’avait oublié, tout occupé à décrypter en expert de la stratégie, les coups à trois bandes des financiers, en oubliant les quelques avoinées que certains lui ont administrées ici en la matière, que le Front de gauche organise demain une assemblée géante sur las plages du Prado à Marseille. C’est le moment de montrer qui rassemble.

    http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/04/12/le-president-de-lequateur-mencourage/

  13. 14 avril 1912 :

    Le Titanic vire, mais heurte l’iceberg par tribord et le choc fait sauter les rivets, ouvrant ainsi une voie d’eau dans la coque sous la ligne de flottaison. Les portes étanches sont alors immédiatement fermées par Murdoch afin d’éviter une voie d’eau plus importante. Mais l’eau commence à envahir les cinq premiers compartiments du bateau. Or, le Titanic ne peut flotter qu’avec au maximum quatre de ses compartiments remplis d’eau.

    Source : article « Titanic » dans Wikipedia.

    Cent ans plus tard, presque jour pour jour : le Titanic « ZONE EURO » a cinq compartiments remplis d’eau.

    L’eau est entrée dans le compartiment grec, ensuite l’eau est entrée dans le compartiment irlandais, ensuite l’eau est entrée dans le compartiment portugais.

    Maintenant, l’eau entre dans le compartiment espagnol et dans le compartiment italien.

    L’Espagne et l’Italie entraînent maintenant tous les autres Etats européens vers le fond de la mer.

    Comment les Bourses réagissent-elles au naufrage de l’Espagne et de l’Italie ?

    Italie : – 3.43%
    Espagne : – 3.58%
    Suisse : – 0.87%
    Pays-Bas : – 1.53%
    France : – 2.47%
    Norvège : – 1.01%
    Russie : – 0.46%
    Pologne : – 1.26%
    Allemagne : – 2.36%
    Belgique : – 1.53%
    Royaume Uni : – 1.03%

    Le Titanic « ZONE EURO » prend l’eau de toutes parts.

    http://www.youtube.com/watch?v=Vxz8p3QdD3Q

  14. Merci encore François pour les infos, la synthèse, l’analyse.
    Et souvent des conclusions pertinentes.
    On a finir par ne plus ouvrir un journal financier…

    Une question à quiquisaurait…François mentionne quelquechose d’important et qui me turlupine depuis un moment

    Comme la BCE vient de le souligner dans son rapport mensuel, elle implique de prendre en compte la dette de l’ombre (shadow debt) que représentent les garanties octroyées sans compter par les États à un titre ou à un autre, dont le niveau devrait être pris en considération pour le calcul de l’endettement. Ce qui impliquerait, selon la BCE, encore plus de réduction de la dette, afin de retomber sur le ratio magique de 60% du PIB.

    Quel est le montant de ces garanties dans le principaux Etats ?

  15. à Charles A.

    « On a finir par ne plus ouvrir un journal financier… »

    L’hyperinflation vous y incitera. Il faut intégrer l’immédiateté des échanges à haute voire à très haute fréquence, l’inter-dépendance des économies, la surexploitation des ressources naturelles et le réchauffement climatique.

    Ne plus ouvrir un journal financier, sûrement…parce que vous ne pourrez pas l’acheter tout simplement.

  16. bien nommé shadow banking,

    My name is SHADOW * !

    Depuis que j’ai souscrit à ma banque B for B…
    Je peux dire que :  » ma banque, c’est moi ! « .
    Je suis heureux, car je suis depuis, devenu mon propre jouet !
    Je me vole mon propre argent. C’est amusant « RAN-TAN-PLAN » **

    ** -Rantanplan fonce dans un tonneau alors que son ombre saute l’obstacle.
    En dessous, apparaît le slogan « RANTANPLAN Le chien plus bête que son ombre »
    (en référence à « LUCKY LUKE L’homme qui tire plus vite que son ombre »).

    Ou bien … comme dans une petite comptine pour enfant :
    c’est un gars qui a peur de tout ! Et il faut que son double, son DOUDOU, lui fasse découvrir la 208 sinon il en a peur. Je te suis si tu me suis comme mon ombre, sauf qu’au bout du compte, c’est moi qui viens à suivre ma propre ombre. Vous me suivez ?
    … … http://www.youtube.com/watch?v=PbbP-UFhN5E
    Et de gré à gré, de moi à moi, je m’interdis de m’interdire d’acheter, car c’est déjà à moi !
    Ah la PUB et son CATÉCHISME ! On y comprend souvent que POUIC, mais rassurez-vous !
    Eux savent pour vous.
    OUVRES-MOI TON TOIT ET TU M’OUVRERAS TON MOI.
    And Together, la chute sera plus belle encore.

    Pendant ce temps, le circuit financier… circule à nous faire …. CIRCULEZ ! !

    * – Le shadow banking ou système bancaire de l’ombre.

  17. Outre le domaine des retraites, l’organisation préconise d’agir dans ceux de la santé et de l’enseignement, grâce à ce qu’elle appelle des « gains d’efficience »

    les privilégiés ne veulent pas revenir sur leurs avantages acquis et s’y accrochent par tous les moyens.

    BONNET BLANC ET BLANC BONNET
    FRANÇOIS LECLERC, décidément je trouve votre billet très bon.
    Je me permets donc d’ajouter simplement : A Acquis (avantages des riches) contre Acquis (services publics), qui céderont les premiers ? Ne va t-on pas dans la logique d’un scénario insurrectionnel ?
    La crainte chez les uns , la confusion chez les autres. Nous n’aurons que l’embarras du choix…
    La difficulté est de savoir qui choisira pour nous ? Nous-mêmes ou un « Nous » imposé par des gens groupés et bien placés et qui connaissent ces derniers temps quelques troubles digestifs.
    Tout le monde alors risquera d’oublier « la grande pétoche » dont nous parlait, il y a pas si longtemps, JORION. Le grand désarroi est prêt. Il ne manque plus que la faucheuse qui est là garé, aux aguets. L’imprévu sera t-il le signe de demain ? mais quoi faire face à l’imprévisible….
    Il nous faut donc, plus que jamais : mettre notre bonnet, prendre notre fiole remplie d’huile et allumer notre lampe.

  18. Ce qui me sidère au fur et à mesure que le temps passe, et que nous avons, pour la plupart d’entre nous, la possibilité de nous informer et de comprendre un peu ce qu’il se passe dans notre monde (ce blog en est un contributeur important), d’entendre de journalisticules anôner les mêmes b^tises de jour en jour, comme quoi en dehors de l’austérité, d’économies, on ne peut plus hypothétiques pour rembourser une dette abyssale, ils ne voient aucunes autres issues.
    Je pensai que ces gens là, étaient justement capable de penser, de chercher, de témoigner, de rendre compte or ils ne sont de jour en jour que des perroquets d’une doxa ultra-libérale qui se voudrait inéluctable….

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