COMMENT REMBOURSER UNE DETTE EXORBITANTE ? – LEÇON D’HISTOIRE EN FORME D’AVERTISSEMENT, par Cédric Mas

Billet invité

Les dettes, qu’elles soient publiques ou privées, sont aujourd’hui exorbitantes.

Plus aucun esprit sensé ne peut sérieusement considérer que  leur remboursement est possible, même au prix de « réformes structurelles » ou de mesures de « rigueur ».

Je ne reviendrai pas ici sur les chiffres qui, si l’on cumule les dettes des établissements publics (Etat, collectivités etc…) et des acteurs privés (qu’il s’agisse de ceux des ménages ou des établissements bancaires) représentent des montants impressionnants et proprement impossibles à prendre en compte dans leur intégralité.

En revanche, une fois ce constat établi, il reste la question de savoir ce que l’on peut faire pour solutionner un problème en apparence impossible à traiter normalement, c’est-à-dire par le désintéressement des créanciers.

Si l’on prend la peine de se pencher sur l’Histoire, on s’apercevra qu’il n’existe que trois façons de régler une dette impossible à assumer financièrement :

1)     Faire défaut ;

2)     Rembourser en monnaie de singe ;

3)     Rembourser à n’importe quel prix.

Malgré toutes mes recherches, je confesse humblement n’avoir pu trouver d’autres solutions dans la longue histoire humaine à un problème simple : comment assumer une charge financière trop élevée par rapport aux moyens disponibles ?

En revanche, ma réflexion que je soumets à l’analyse sagace des membres du blog, se nourrit d’un constat : les dettes privées sont aujourd’hui progressivement, et par divers moyens, transférées vers les acteurs publics, les créances étant pour leur part soit publiques, soit privées. Ce constat va être important pour apprécier les trois solutions historiques que j’ai pu étudier.

1°) Le défaut :

C’est la solution la plus simple qu’en droit français, nous appelons communément la cessation de paiement. Mais il est intéressant de relever qu’elle existe dans tous les systèmes juridiques libéraux, y compris dans les systèmes les plus capitalistes.

Il s’agit de mettre le prêteur devant ses responsabilités, en reportant sur lui la charge financière excessive.

Ce défaut peut être total ou partiel.

Sa mise en œuvre pratique peut obéir à des règles très différentes selon les pays, et peut être assortie de conséquences pour l’emprunteur défaillant plus ou moins importantes ou plus ou  moins longues dans le temps.

A ce stade, relevons qu’en France, il est fixé par des règles juridiques précises, et voit l‘intervention d’un Juge qui arbitrera un rapport de force entre l’emprunteur (ou ses représentants s’il est une personne morale – un administrateur judiciaire), et les créanciers (certaines procédures collectives voyant la désignation d’un « représentant des créanciers »).

Ce rapport de force est donc équilibré par une autorité juridique incontestable, qui devra tenir compte de l’intérêt public (représenté par le Ministère Public, dont la présence est en théorie prévue dans les procédures collectives, même si elle est rare en pratique), et de ceux des salariés lorsqu’il y aura des salariés concernés (des représentants de salariés doivent ainsi être également désignés).

La procédure française, qui date d’une Loi du 25 janvier 1985 pour les personnes morales et d’une Loi du 1er juillet 2010  pour les personnes physiques (il existe aussi des dispositions pour les associations, les collectivités locales etc…), est très imparfaite et fait l’objet de nombreuses critiques de la part des praticiens.

Elle a toutefois le mérite d’exister.

En effet, dans un contexte de Crise internationale de la dette publique, il convient de relever, et de déplorer qu’aucune règle n’ait été fixée pour un défaut d’un Etat, ou entre personne relevant de plusieurs états différents [i].

L’arbitrage du rapport de force entre emprunteurs défaillants et débiteurs lésés est donc laissé sans règles prédéfinies, dans l’incertitude la plus totale.

Il faut le déplorer car, historiquement, cette incertitude laisse la porte ouverte à toute sorte d’excès ou de débordements, pouvant aller du renoncement intégral (emprunts ottomans ou russes) jusqu’à des conflits armés, l’emprunteur usant de la force (expédition des troupes françaises contre le Dey D’Alger le 14 juin 1830) ou l’inverse (les exemples abondent, nous pourrons citons les exemples récents de l’occupation de la Rhénanie par les troupes franco-belges en gage du remboursement par l’Allemagne des réparations, ou de celle de Suez en 1956 contre la nationalisation du Canal de Suez par Nasser).

Voici la situation dans laquelle se présente aujourd’hui toute tentative de restructuration ou de défaut, total ou partiel, de la dette : l’absence complète de règles préalables permettant d’arbitrer entre des intérêts irréconciliables, et donc de solutionner pacifiquement les rapports de force entre emprunteurs et prêteurs.

Des mécanismes existent que l’on peut explorer brièvement : le plus plausible aux yeux de beaucoup serait la convocation d’une conférence internationale, permettant de mettre enfin en place un système en remplacement de celui de Bretton Wood, totalement failli, au sens figuré comme au sens propre.

Mais cette solution, qui n’est absolument pas envisagée par nos dirigeants actuels, ne règle pas a priori l’incertitude née des rapports de forces, d’autant plus impérieux, qu’ils peuvent intervenir entre puissances nucléaires sur le déclin.

Cette tendance est renforcée par le fait que l’ensemble des politiques actuelles tendent inéluctablement à transférer les dettes ou les créances privées vers les États.

Il ne nous reste qu’à déplorer que, comme en matière nucléaire, les acteurs se soient lancés dans un jeu sans règles de fin de partie sereine. Les emprunts internationaux ont été lancés ou souscrits sans qu’au préalable une procédure de règlement des défauts ait été mise en place, ce qui est une imprévoyance grave.

Il s’agit d’une condition essentielle à prévoir pour l’avenir : aucun instrument de crédit ne devrait exister sans qu’une norme de règlement d’un défaut ne soit adoptée préalablement.

Le défaut, ordonné ou désordonné, par  l’imprévisibilité de ses modalités et de ses conséquences ne peut qu’inquiéter.

2°) Le faux remboursement :

Il s’agit là encore de ne pas rembourser la totalité de la dette, qui rappelons-le est par hypothèse impossible à rembourser, mais de se contenter d’en restituer le nominal au créancier.

Le phénomène économique le plus classique pour cela est l’émission de monnaie artificielle, de la part des Etats, comme des acteurs privés.

Historiquement, ce phénomène se matérialise par une inflation galopante, et une perte de crédit dans la monnaie comme dans la valeur des engagements souscrits par l’emprunteur.

Ce remboursement en « monnaie de singe » s’est rencontré à de nombreuses reprises depuis l’Antiquité, engendrant des situations d’inflation parfois dramatiques pour les populations. Les exemples abondent et j’en épargnerai l’énumération au lecteur.

Mais ce remboursement peut aussi se faire de manière temporaire, les créanciers étant désintéressés puis ponctionnés par l’emprunteur, en l’occurrence le Roi, d’impôts et de taxes.

Hausse des impôts et inflation sont donc deux symptômes d’un remboursement que nous qualifierons de « faux », mais qui a l’avantage d’éteindre la dette dans son existence même, au prix de souffrances importantes des populations prises dans un tourbillon. Il faut ajouter que ce tourbillon, dévastateur pour la richesse et l’activité économique est incontrôlable, notamment parce qu’il va se nourrir des réactions  de précautions des agents. Il n’y a en effet pas de meilleure période pour vérifier l’inanité intégrale du dogme idéologique ultralibéral postulant l’identité parfaite entre la somme des intérêts privés et l’intérêt général, qu’une phase d’hyperinflation où les anticipations de chacun aggravent le désastre collectif.

Ce mécanisme se rencontre historiquement avant tout lorsque l’emprunteur est en position de force, c’est-à-dire lorsqu’il est détenteur de la force publique ou qu’il est l’autorité légale pouvant émettre de la monnaie.

Toutefois, il s’agit d’une solution lourde de conséquences en termes d’instabilité politique et sociale, et surtout qui lèse durablement les intérêts des créanciers, qui sont donc par définition en position de faiblesse dans le rapport de force.

Rappelons que les révolutions anglaises et françaises sont nées de la crainte des créanciers de voir naître de telles situations (que leur déclenchement a en fait accéléré mais c’est une autre histoire).

C’est à l’évidence aujourd’hui une hypothèse à ne pas écarter, au regard de la tendance lourde que l’on peut constater de transfert des dettes vers les États, même si cette situation suppose une diminution importante du poids et de l’importance politique des créanciers, ce qui n’est pas le cas.

3°) le remboursement réel :

C’est cette troisième hypothèse qui est la plus intéressante à étudier, puisqu’elle se rencontre à chaque fois que les créanciers disposent de la supériorité dans le rapport de force né de leur confrontation avec des emprunteurs incapables de les rembourser.

Il s’agira principalement de deux situations : soit le créancier est public et les emprunteurs privés, soit les créanciers sont privés mais contrôlent l’appareil gouvernemental, de manière à pouvoir imposer à la masse un remboursement de leurs créances à tout prix.

Ce prix, que les capacités financières ne permettent pas de payer, est donc remplacé par la spoliation ou la perte de liberté des emprunteurs défaillants.

Historiquement, c’est un phénomène qui s’est constaté notamment lors de la chute de l’Empire romain.

Confronté à des problèmes financiers insolubles, dont les causes sont multiples, les empereurs ont ainsi été amenés à augmenter de manière de plus en plus importante les impôts au point d’éteindre toute capacité de paiement de la plus grande part des contribuables [ii].

C’est ainsi que l’on constate au cours du Bas Empire, une dégradation importante des droits des affranchis, et surtout des petits fermiers ou artisans romains, souvent descendants de la plèbe ou d’anciens légionnaires, qui sont écrasés d’impôts. Ils vont progressivement et par divers mécanismes basculer dans le colonat, un statut de contrainte qui est l’ancêtre du servage du Moyen-Age.

Comment cela a-t-il pu arriver ?

Ne pouvant faire face aux charges liées à des impôts excessifs, les petits propriétaires terriens du Bas Empire, au départ des Hommes libres, parfois citoyens romains, vont se réfugier dans le clientélisme, c’est-à-dire la protection d’un puissant. Cette protection est d’autant plus impérieuse que les problèmes de rentrées fiscales vont aggraver la corruption de l’appareil étatique, qui va se mettre aux services des riches, seuls à même d’assurer la subsistance des fonctionnaires et des militaires.

La distinction classique à Rome entre « Honestiores » et Humiliores » va s’en trouver aggravée [iii].

Accablés de dettes, les petits propriétaires vont ainsi être contraints de céder leur terre à un riche propriétaire, qui va pouvoir fixer ses conditions, car il ne peut lui-même l’exploiter. Le fermier va ainsi être contraint de ne pas enregistrer la cession, permettant au riche « potentes » de ne pas payer l’impôt, tout en devant lui donner une partie de sa récolte.

Cet accord va être appelé « patrocinium », et offre un double avantage au riche possédant : il accroît son patrimoine par des terres et une partie des récoltes, tout en échappant au fisc.

Le fermier va de son côté poursuivre sa descente dans la spirale d’un endettement sans fin, les impôts non réglés s’accumulant alors même que ses ressources sont réduites par la ponction d’une partie de sa récolte.

Ces procédés vont faire l’objet de plusieurs interdictions impériales, d’abord sous Constantin [iv], puis à nouveau sous Arcadius [v], sans succès. La validité de ces cessions est finalement reconnue par l’Administration impériale en 415, en échange du règlement par le patron des arriérés d’impôts dus [vi]. Une fois les arriérés payés, le débiteur défaillant, le fermier, bascule dans le statut de colonat, nouveau statut juridique.

Le colon, qui n’est pas un esclave (il dispose de l’existence juridique) perd sa liberté et celle de ses descendants. Il est désormais attaché au lieu où il réside et doit un certain nombre de prestations à son patron. Il s’agit d’hommes libres qui pour payer leurs dettes exorbitantes perdirent légalement leur statut d’hommes libres. Citons Salviens : « transformés comme s’ils avaient bu le breuvage de Circé, ceux qui étaient libres tournent en esclaves » [vii].

Ce statut va être étendu aux artisans par les autorités impériales, afin de pallier les effets sur l’industrie de la baisse démographique.

Puis, le colon va perdre le droit de choisir une épouse d’une autre classe, celui de quitter son lieu de résidence, de changer de métier et se voit soumis à de légères redevances, rapidement transformées en prestations. Le tryptique du colonat est défini ainsi : Origo, Obnoxatio et Munera.

En revanche, ils disposent d’un droit inaliénable à pouvoir exploiter leur ancienne terre, droit transmis à leur descendance.

Cette évolution, qui est le contrepied de toute l’évolution juridique du Haut Empire en faveur des esclaves, est principalement expliquée par un rapport de force en faveur des créanciers, face à une dette impossible à rembourser. Les riches possédants [viii], dont la plupart refusaient de payer les mêmes impôts, ont pris le contrôle de l’appareil impérial, pour imposer le transfert des créances publiques à leur profit vis-à-vis des petits contribuables [ix].

Outre que nous retrouvons là une nouvelle variation du droit de propriété, il faut donc constater qu’historiquement, si le rapport de forces est en faveur des créanciers, les dettes, mêmes impossibles à rembourser, le seront, en sacrifiant un bien sans prix : la Liberté.

Nous n’en sommes aujourd’hui pas là, mais il m’a paru intéressant de rappeler quelques exemples historiques à la réflexion de chacun.



[i] Je mets de côté le règlement communautaire n°1346/2000 du 29 mai 2000 relatif aux procédures d’insolvabilité et une Loi type de la CNUDCI sur le commerce internationale ; l’une comme l’autre sont loin d’être complètes par rapport à la finalité traitée dans le texte ;

[ii] Les causes de cette situation sont pour synthétiser maladroitement à rechercher dans la conjonction de trois facteurs : une baisse des ressources liées à l’arrêt des conquêtes (butin, esclaves…), une hausse des charges impériales (coût d’une accession à la pourpre impériale dans une instabilité politique permanente, coût de fonctionnement d’un Etat et d’une Armée de moins en moins efficace…), et une baisse démographique ;

[iii] Voir Guillaume CARDASCIA : L’apparition dans le droit des classes d’« honestiores » et d’« humiliores », in Revue Historique de Droit Français, 1950, pp. 305-337 et 461-485 ;

[iv] Code Théodosien, III, 1, 2 ;

[v] Code Théodosien, XI, 1, 26 ;

[vi] Code Theodosien, XI, 24, 6 ;

[vii] De Gubernatione Dei, V, 8, 44 ;

[viii] Rappelons tout de même que dans cette période d’invasions barbares périodiques, la classe des riches va subir un renouvellement permanent, ces évolutions de statut profitant in fine aux roitelets barbares qui ont exterminé les derniers descendants des chevaliers et des sénateurs romains.

[ix] Notons l’assentiment des premiers chrétiens à cette évolution, l’Eglise prônant la soumission et l’obéissance « pour la plus grande gloire de Dieu » cf. Concile de Gangres (340).

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159 réflexions sur « COMMENT REMBOURSER UNE DETTE EXORBITANTE ? – LEÇON D’HISTOIRE EN FORME D’AVERTISSEMENT, par Cédric Mas »

  1. Pour dire et si j’avais su, j’aurais acheté un quatre fois quatre….
    Pourquoi moi, je ne me suis pas plus endetté que pour un quatre-quart, sauf l’endettement qui me tombait dessus sans que rien je ne demande.

    D’accord, je l’ai mangé, mais j’ai pas roulé, oder?
    Les rouleurs en 4×4 savent pas se garer, c’est leur truc, ainsi qu’être assuré si collision…., apparences (?)
    Mais faut les aider!

    C’est billet bien fiché.

      1. Sans oublier l’excellent ouvrage de François Chesnais intitulé « Les dettes illégitimes. Quand les banques font main basse sur les politiques publiques » . Ed. raison d’agir

    1. Concernant l’amassement insoutenable des dettes accumulées dans le passé, une espèce remise de dettes généralisée et immédiate, si pas totale, au moins partielle, sur certaines catégories de dettes inscrites au passif du bilan des débiteurs privés et publics, y compris les particuliers, me semble la solution la moins destructrice (celle qui correspond à l’orientation n°1 mentionnée ci-dessus, soit « le défaut », bien qu’en effet des règles n’ont malheureusement pas été définies au préalable).

      À noter que :
      – l’UE a bien du se résoudre à appliquer la suppression partielle des dettes en Grèce qui devint une option inévitable mais encore insuffisante quant à son ampleur ;
      – L’Islande a procédé à l’annulation d’une partie des emprunts hypothécaires de ses citoyens (13% du PIB en prêts hypothécaires) et a laissé ses banques faire défaut, avec semble-t-il des résultats économiques très encourageants (voir l’article ici. ).
      À moins de se laisser envahir par des processus économiques, sociaux et financiers encore plus destructeurs et chaotiques, c’est-à-dire les options n°2 et n°3 brillamment décrites dans l’article ci-dessus, on en arrive forcément à conclure de cette façon.

      À terme, il s’agirait de réinventer, pour l’économie mondiale, ce qui constituait une vieille coutume dans une économie locale déjà très élaborée, c’est-à-dire la remise des dettes prescrite dans l’Ancien Testament, lors du Jubilé. Par la remise radicale des dettes, on fait disparaître toutes les fortunes et capitaux nocifs de l’économie. L’année jubilaire survenait, crois-je me souvenir, tous les 70 ans ou 49 ans. Cette périodicité, ne serait sans doute plus valable actuellement.

      Une piste à envisager sérieusement pour éviter à l’avenir les phénomènes de croissance exponentielle de dette, si destructeurs d’un point de vue économique, financier, social, humain… serait d’opter pour la mise en place de processus permanents d’ajustement de la quantité des valeurs monétaires émises et circulantes et de limitations de celles-ci dans le temps : une monnaie (et l’argent lié) qui perd toute valeur après un certain temps. De l’argent caractérisé par une espèce de date de péremption serait, tout comme les biens, services, marchandises et moyens de productions, une entité qui vieillit et qui finit par ne plus avoir aucune valeur (elle « meurt ») et provoquerait de facto la remise des dettes liées.
      De l’argent « jeune » serait continuellement nouvellement émis, sur base des seuls moyens de production engagés dans la production de valeurs économiques réelles et non pas fictives (spéculatives) (pas de monnaie de singe non plus). Voilà brièvement et très grossièrement mentionnée une des pistes d’avenir pour assainir l’économie, dont j’espère à terme esquisser moins grossièrement le contour et pouvoir vous la soumettre.

  2. Contrairement à ce qui est affirmé

    « Nous n’en sommes aujourd’hui pas là, »

    c’est ce qui est actuellement tenté de toute les forces restantes de la Finance: le remboursement réel.
    La fenêtre d’opportunité du renversement du mouvement est étroit : les prochaines élections, un peu partout dans le monde, et en particulier en France.
    Mais pas d’erreur, ce sera le bordel ou le servage.

    Moi, je vote pour le bordel parce que ça me donne au moins une chance d’échapper à ça http://fr.wikipedia.org/wiki/Georgia_Guidestones

    1. Votre billet:
      Des barreaux accessibles dans l’échelle des choses, cela est très heureux, tandis que tant et tellement estiment encore ne pas avoir à emprunter quelconque voie ferrata…

      Tant et tellement ont raison, mais d’une raison qui n’est pas entre tous!
      Ils voient pour l’autre, la voie ferrata….
      Et s’ils ne savent pas se garer, ils ne savent encore pas comment monter serait…..
      C’est voie d’élévation considérable!

  3. Dans les temps, pas si anciens que ça, on pendait haut et court ( on brulait même) le banquier imprudent et l’usurier qui avaient l’outrecuidance de harceler les puissants pour reclamer leur du. Il y a une certaine sagesse dans ces pratiques. L’emprunteur pauvre n’avaint aucune pitié à espèrer, ne pas payer ses dettes était pour lui une façon d’entrer dans le satatut d’esclave. De ce côté rien n’est vraiment changé.

  4. Pour une personne physique, le défaut existe depuis très longtemps en France. en Alsace-Lorraine (57-67-68) la faillite civile vient de Bismark. Elle a été introduite dans le code de la consommation par le sieur Borloo en 2004, elle est prononcée par un magistrat qui efface les dettes en l’absence d’une possibilité de remboursement.

    Code de la consommation
    L330-1 et L332-6

  5. Ceci est bien dit, mais il y a discours et réalité.
    L’austérité est une partie intégrée du catéchisme de la foi néolibérale pour une raison simple: elle permet de démanteler les acquis sociaux.
    J’ai l’impression que la crise actuelle est un prétexte bienvenu pour augmenter la pression sur les salariés et les chômeurs/inactifs. C’est aussi pour cette raison que le milieu néolibéral continuera à prôner le remboursement de la dette et d’en faire la priorité des priorités.
    C’est en tout cas la position allemande; il sera toujours et à chaque opportunité question de la dette et des mesures d’austerité pour la réduire.
    Le raisonnement du gouvernement Merkel paraît, à la première vue, logique: être armé, en terme de coût du travail, pour pouvoir se battre sur un marché globalisé et hypercompétitif. C’était le leitmotiv de l’ancien chancelier allemand et réformiste de la législation sociale, G. Schröder. On demandera donc encore plus d’efforts de la part des gens, plus de sacrifices, l’acceptation sans conditions du principe TINA.
    C’est ce scénario que le nouveau président francais devra affronter. Autrement dit: un monde sans pitié pour ceux qui doivent vivre de leur travail.

    Et deuxièmement: les investisseurs internationaux veulent être tranquilisés et sécurisés. Le cauchemar de la classe politique: les lignes de crédit bloquées pour menace de défaillance de payement.
    Sans changement radical des données actuelles, tous les pays de l’Europe retomberont peu à peu au niveau d’un status quo ante, où la pauvreté/misère de masse cohabitera avec un nouveau système ploutocratique.

    1. oui , il y aura toujours un peu de crédit pour finir d’achever le démentèlement du système social
      en entretenant les dédicits de manière à avoir toujours à montrer que le système est insoutenable

      stratégie bien comprise peut amener à des réactions adaptées en nationalisant les sociétés non loyales et en récupérant d’une part les dividendes abusifs et le contrôle

      suivez la nationalisation « partielle » de repsol en argentine et vous verrez ceux qui hurlent au scandale en France , ce qui devrait pouvoir donner des idées à appliquer dans un peu moins trois semaines….

      on s’épargnera aussi les gesticulations médiatiques à la sortie des tribunaux de commerce, liquidation l’état reprend pour un euro le tout jusqu’à la holding bien sûr.

  6. Ce que je trouve très intéressant sur ce blog, c’est que, très souvent, je trouve des billets qui expliquent de manière très claire des choses qui ne sont pour moi que de vagues intuitions. Je me suis souvent posé la question de savoir comment nous pouvions sortir de la crise de la dette, et j’entrevoyais ces trois possibilités, sans savoir bien les formaliser. Merci de l’avoir fait.

    Bien sûr, ce n’est pas très bon pour le moral, surtout si l’on considère que les élections à venir ont très peu de chance de changer quoi que ce soit (en particulier, nous continuerons à tenter l’option 3, qui ne semble pas très prometteuse…). La question que je me pose après avoir lu cet exposé est de savoir à quel moment nous saurons que nous aurons franchi le point de non retour. Ou bien est-ce déjà fait ?

    1. trois points d’inflexion à suivre :

      – le transfert de la masse de dettes de la sphère privée vers les acteurs publics (ou l’inverse) : les billets de François Leclerc permettent de suivre cela avec attention

      – le rapport de force entre emprunteurs et créanciers (le choix des termes est important)

      – la maîtrise des armes et techniques militaires : pour rappel, le Bas Empire est une période où l’armée romaine se professionnalise, puis s’abandonne aux mercenaires barbares, alors que le succès de la Révolution tient aussi à la démocratisation du mousquet et du canon…

      à suivre donc, même si nous sommes encore loin de l’inflexion à mon humble avis.

      CM

  7. Ce que vous n’acceptez pas c’est que les multinationales seront celles qui avaleront les services publics et endetteront encore les citoyens alors qu’ils seront en pleine crise économique.

    Vous l’avez bien spécifié les dettes : « des ménages ou des établissements bancaires » (c’est écrit), alors que vu l’amplification des monnaies créées par les banques (pour les banques) va de facto mener le système économique et financier vers l’hyperflation.

    Les services aux citoyens sont très importants pour les échanges et pour la cohésion de la société, et ce sont les multinationales qui sont déjà les gagnantes des dettes (non voulus par les citoyens) et que seront encore les premiers à réagir lors d’une crise économique majeur. Ce que vous n’acceptez pas.

    En musique, Beatles Free as a bird
    http://www.youtube.com/watch?v=UqHjXF1gUWU

    1. @Cassiopée

      De facto non, pas d’hyper-inflation, sauf lorsque j’aurais mis les doigts dans les trous. Vous faites exactement ce qu’il ne faut pas faire, à savoir

      1) Vous attachez à la macro-économie en négligeant la micro-comptabilité.
      2) Répéter une conviction-leitmotiv sans en rappeler la démonstration logique qui vous a conduit à cette conviction, de temps en temps. Il n’y a pas d’évidences ! Je ne veux pas qu’on répète une chose comme évidente, c’est l’erreur ! A force, tout le monde se croit en possession d’évidences et le discours se vide de toute substance, c’est à quoi on assiste de la part de nos de politiciens ! La conviction n’est pas la démonstration.

      Votre discours sur les multinationales, ne je vois pas qui ne l’accepterait pas.

  8. Le Nouvelobservateur.fr

    10h50 – Les propositions Hollande « pas crédibles » pour Buffet

    « J’ai bien lu son programme, ses 60 engagements, il n’y a pas de leviers économiques et démocratiques. Comment voulez-vous faire une vraie politique de gauche si, par exemple, l’on ne se donne pas les moyens de relancer le crédit ? », a déclaré l’ex-secrétaire nationale du PCF à Public Sénat/AFP/La preuve par trois.

  9. Très jolis rappels historiques, tout particulièrement de droit romain !

    L’hypothèse d’un esclavage moderne travesti sous la forme d’un contrôle social omniprésent est certes une hypothèse, de même que celle d’une inflation qui laminerait tout, mais il reste la première, qui pourrait être approfondie.

    Non seulement sous la forme d’un nouveau Bretton Woods, à l’occasion duquel tout le système monétaire international serait remis à plat, mais aussi sous celle d’une remise de peine, qui serait tout autant cataclysmique.

    Aucun des trois cas que vous évoquez, une fois remis au goût de l’époque, ne procéderait de demi-mesures… N’est-ce pas en cela que les choses sont destinées à durer, car il n’y a pas d’urgence à vouloir les affronter quand on peut prétendre les retarder ?

    1. Certes.

      Je pense comme vous que la première solution serait la meilleure de manière organisée, ou à tout le moins volontaire (unilatérale). Profitons au moins de notre bombe qui nous a coûté si cher pour en imposer une dernière fois…

      Le problème d’un défaut sur la dette publique, est que la dette privée reste entière.

      En tout cas, la prochaine fois, il faudra que Messieurs les financiers pensent à des règles de sortie avant d’entrer… Comme pour le nucléaire !

      CM

      1. oui je suis entièrement d’accord.

        Le pb est alors : est-ce que cette reconfiguration des dettes privées pourra être faite par une conférence internationale ?

        Peut-être faudrait-il envisager un mécanisme en deux temps ? 1/ règlement des dettes publiques, 2/ reconfiguration des dettes privées (dans chaque pays en fonction des impértaifs locaux)..

        Reste la solution de tout transférer aux agents publics, pour gérer plus simplement ensuite (à condition que le rapport de force et le contrôle de l’Etat ne passe pas au seul avantage des créanciers, sinon…).

      2. « Une restructuration de la dette publique aurait des effets drastiques sur la dette privée et imposerait une reconfiguration d’ensemble du système financier ! »

        C’est bien pour ça que la dette privée est transmise au public : les creanciers ont moins de recours sur les abandons de dettes publiques!

    2. Le choix de faire défaut est le moins mauvais mais il ne semble pas avoir été choisi à cette heure.
      Le choix qui est fait (que Bernanos aurait qualifié « de lâche » et « d’imbécile ») est de faire rouler la dette en remboursant une partie des dettes, mais principalement les intérêts, par la création de nouvelles dettes.
      Cette politique ne résout rien et peut même engendrer une augmentation du prix (des intérêts) de la dette en fonction des rapports de force.
      L’idée d’une dette perpétuelle, dans laquelle seuls les intérêts seraient acquittés, est une fausse bonne idée car elle a une durée de vie réduite dans le sens où elle accentue les déséquilibres à l’origine de la dette. C’est pourtant cette idée qui semble avoir été choisie, pour le moment et pour ainsi dire par défaut, mais cette tactique n’évite pas d’avoir à diminuer le principal.
      Le principe est celui qui conduit les particuliers et les entreprises au surendettement : le crédit revolving.

      Organiser un défaut général accepté par tous ne pourrait se faire que dans une situation jugée sans autre issue par les principaux intervenants et me paraît aléatoire tant le sens stratégique semble avoir disparu chez ceux qui décident. Il y faudrait aussi un certain équilibre reconnu par les forces en présence.

      Par ailleurs, dans cette hypothèse, il faudrait corriger, non seulement le système financier mondial, mais aussi et sutout l’organisation de la société qui a produit cette situation, ce qui remet en cause toutes les notions auxquelles nous sommes habitué, en premier lieu la propriété privée, et l’ensemble des rapports de force qui régissent le fragile équilibre du monde.

    3. @ CM

      Bonjour,

      Profitons au moins de notre bombe qui nous a coûté si cher pour en imposer une dernière fois…

      Etant très lent à la détente, que faut-il comprendre dans cette phrase svp ? Un éclaircissement serait le bienvenu sans vous commander bien entendu.

      1. Une puissance nucléaire étant par hypothèse impossible à battre, elle peut se permettre de faire défaut unialtéralement sans conséquences directes sur sa souveraineté, faute de défaut organisé sur les dettes publiques…

      2. @ CM,

        Auriez-vous un exemple d’une nation récente ayant fait défaut qui a perdu sa souveraineté ?

      3. @ Dr Georges Clownet
        « Etant très lent à la détente »
        Vous feriez ama un très bon président de la république: il me semble en effet que c’est une qualité d’être lent à la détente avant d’appuyer sur le bouton nucléaire.

        @ CM
        Je ne voterai pas pour vous!

      4. Les exemples abondent dans l’Histoire.

        La Grèce (qui n’a pas fait défaut unilatéralement) est-elle encore souveraine ?

        Le fait d’en discuter avec des arguments pro et contra suffit pour y répondre…

      5. @ Roger Rabbit,

        Comme disait un ancien ami à moi il y a fort longtemps, c’est aux fruits qu’on jugera l’arbre. Après le printemps viendra la récolte, et on va bien se marrer. 😀

        Mais détrompez-vous, je suis tellement idiot que je pourrais appuyer sur le bouton du feu nucléaire en pensant allumer mon ordinateur pour envoyer des mots d’amours à JA. Ou l’inverse, je ne sais plus.

      6. @ CM

        Les exemples abondent dans l’histoire récente ? Et…vous me citez la Grèce. Si je peux souscrire partiellement à votre exemple, il ne me satisfait pas. Elle n’a pas (encore) fait défaut, ni n’a pas perdu sa souveraineté. Ou sinon, avec ce prisme ouvert, n’importe qui est en défaut et n’a plus sa souveraineté. Dans le cadre telles que les choses sont définies et entendues, je vous redemande :

        Quel exemple svp ?

      7. Doktor Cloué, dans ton antépénultième post je subodore un fort inélégant pléonasme :

        un ancien ami à moi

        .
        Pour ta réponse à CM, un conseil de jamais ami : essaye de desserer ta camisole, d’extirper tes arpions du béton précontraint, de te déclouer le dergeot et bouge ce dernier vers le Cadtm.

      8. @ La Vigne,

        Tu me prends pour jésus ? Pléonasme toi même. C’est vrai que c’est moche. J’écris comme je pense, très mal. Tous l’avez noté. Bah faut de tout pour faire un monde. Je ne viens pas sur internet pour me faire des amis et tes conseils comment dire…, enfin tu m’comprends.

        Mais, je ne vois pas trop le rapport avec le cassoulet pour le reste, où ai-je fait une réponse ? Au contraire je pose une simple question. Alors le Cadtm et ma question ? Pas le temps de lire tous tes liens. Réponds à sa place si tu le peux. Sinon passe ton chemin, tu n’es pas obligé de répondre à mes questions. Le savais-tu ou est-ce plus fort que toi (je sais quelle case cocher, j’ai trop fréquenté le net pour l’ignorer) ?

      9. @ Dr Georges Clownet
        « @ Roger Rabbit »:
        Pitié, docteur, pas Roger Rabbit, je suis allergique, je fais de l’anti-américanisme primaire.

    4. C’est stupéfiant de démoniser ainsi l’inflation. C’est à croire que l’histoire ne vous apprend rien !
      L’inflation contrôlée (car elle peut se piloter) a beaucoup plus de vertu que ne le comprend le vulgum pecus. Certes, elle est nuisible au créancier, mais n’est-ce pas l’objectif ?

    5. L’hypothèse 3 semble être sur le point de se réaliser, en tout cas en Grèce. L’expérimentation va bon train et le contrôle fiscal généralisé de l’ensemble de la population via les relevés de paiement électronique est à l’ordre du jour :

      http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2012/04/19/contre-la-fraude-la-grece-veut-ficher-toutes-les-depenses-de-sa-population_1688294_3214.html

      Je ne sais pas comment la population fait pour garder son calme et comment les membres du gouvernement acceptent de se déconsidérer à ce point.

  10. @Tous :

    Arrêtez svp de parler d’inflation ! Comme si ça tombait du ciel 🙁

    Je suis de plus en plus malheureux lorsque je lis ça ici !

    On dirait que vous invoquez l’inflation, ou la fatalité, déconnecté de tout processus économique, mais il N’Y A PAS D’INFLATION (presque), et elle n’arrive pas par décret de la Providence ! Elle arrive par augmentation des salaires, et je trouve rigolo qu’on l’appelle « galopante » péjorativement alors qu’elle est le signe majeur de la croissance ne serait-ce que des salaires.

    L’inflation est un soulagement pour ceux qui n’ont pas d’argent car elle signifie que l’argent est moins rare. L’inflation est celle par la demande, car celle induite par les coûts se heurte rapidement à la limite de la demande, tandis que celle produite par la demande est la seul qui puisse « grimper », voire l’indexation des salaires !

    Si cela continue dans cette vaine je vais me voir dans l’obligation d’arrêter ma participation au blog.

    Ne pas comprendre l’inflation est quelque chose d’impardonnable sur un blog d’économie !

    Et ce n’est pas parce qu’on imprime de l’argent qu’on crée de l’inflation ipso facto. cela peut-être plus complexe, et donc ce n’est pas correcte de l’écrire dans le sujet du billet, et puis vous parlez de désastre pour les populations, alors qu’au contraire la déflation est le désastre ! Car l’inflation signifie que l’on consomme, c’est le consommateur qui produit l’inflation dans un système économique à peu près normal.

    1. « c’est le consommateur qui produit l’inflation dans un système économique à peu près normal. »
      Vous allez peut être un peu vite en besogne là. Il y a aussi les faux consommateurs temporaires appelés communément spéculateurs, le prix de la rareté lié à l’épuisement de la ressource calculé exponentiellement, de nouvelles taxes, dévaluation etc.
      Tout cela n’a aucun rapport avec les consommateurs…

      Pour le reste si les chinois/allemand n’acceptent pas notre monnaie imprimé, il y aura inflation !
      Imprimer de la monnaie c’est avant tout perdre la confiance de ses partenaires économiques, qui actuellement produisent pour moins chères ou produisent des produits de haute technologie nous obligeant à passer par eux, donc hausse des prix suite à la dévaluation qui résulte de la perte de confiance. Tout cela amène logiquement à une relocalisation progressive mais à une condition, la compétitivité. Ça mettra simplement les 9/10 de la population de notre pays dans la pauvreté, aligné donc sur le modèle le plus compétitif actuellement, le chinois.

      D’où le plan B altermondialiste crédible de Mélenchon, France/Maghreb/Amérique du Sud against the USA. Question d’intérêt, de confiance et d’emplacement géographique un peu aussi 😉

      1. « Tout cela n’a aucun rapport avec les consommateurs… »

        Si, parce que la capacité à suivre une inflation imposée au consommateur est forcément limité par le budget de celui-ci.

        L’argent envoyé aux Chinois et aux monarchies pétrolières, d’où qu’il provienne, permet bel et bien à ces pays de racheter ce qu’ils veulent en Occident, peu importe la couleur de cet argent et la fraîcheur de son encre.

    2. @Lisztfr

      Trois facteurs d’inflation:

      -taux de chômage faible (cf l’ignoble NAIRU coinventé par le 1er ministre Grec)
      -monnaie trop abondante (cf Law et tant d’autres).
      -raréfaction des matières premières.

      ce qui nous fait 2 facteurs sur 3.

    3. D’accord avec vous lorsque vous dites que l’inflation ne se décrète pas. Il s’agit d’un épouvantail agité par les libéraux afin de contenir toute hausse des liquidités. Cependant, elle n’arrive pas par les salaires, second épouvantail agité par le patronat pour justifier la compression salariale. L’inflation, pointée du doigt comme le mal absolu et justificatif de toutes les politiques de rigueur, n’est l’ennemi que du RENTIER, et c’est pourquoi nos élites font de la lutte contre l’inflation une priorité absolue. Pour cela elles mènent des politiques de RIGUEUR et de récession économique, notamment par la hausse des taux d’intérêts qui aboutit au ralentissement économique. Car la seule manière qu’ont les élites politiques de lutter contre l’inflation est le ralentissement de l’économie. Cela, car l’inflation consiste « naturellement » en l’augmentation de la masse monétaire générée par la croissance économique. L’inflation qui serait « générée » par la hausse des salaires est un mythe entretenu par le patronat.
      Il est à noter pour finir que les billions de dollars et d’euros mis à disposition du système bancaire par les banques centrales par l’intermédiaire des QE et autres « facilités » n’ont généré pour l’instant qu’une inflation très modérée, contrairement aux prévisions de certaines Cassandres, cela parce que ces liquidités ne sont pas entrées dans le circuit économique mais entrent dans la formation de nouvelles bulles spéculatives… Cet argent, tout comme celui extorqué aux peuples par l’intérêt de la dette, ne profite qu’aux rentiers et aux spéculateurs et contribue à dégrader d’avantage l’économie réelle par la formation de bulles, notamment sur les matières premières… En un sens, si inflation il y a aujourd’hui, elle est due principalement à l’activité spéculative, comme en le voit avec les matières premières.

      1. D’accord avec vous, sauf pour ça :

        « Cela, car l’inflation consiste « naturellement » en l’augmentation de la masse monétaire générée par la croissance économique. L’inflation qui serait « générée » par la hausse des salaires est un mythe entretenu par le patronat. »

        Car là vous reprenez une thèse teinté de monétarisme, ce qui ne veut pas dire fausse, mais enfin l’augmentation des salaires génère bel et bien de l’inflation.

        En fait pour le dire carrément, il y aurait au moins 3 possibilités de créer de l’inflation théoriquement :

        – Une bulle immobilière par ex, comme en Espagne et on a vu que c’est assez modéré.
        – Une hausse des salaires, car les salariés sont forcés de consommer, c’est pourquoi l’OCDE est contre toute augmentation ! (NAWRU)
        – Une baisse du chômage crée aussi de l’inflation (NAIRU)

        La croissance tant souhaitée est synonyme d’inflation également, donc il y a contradiction au coeur même du capital.

        Je ne veux pas qu’on réitère ici des poncifs, il faut lutter contre cette tendance de la pensée à recourir aux poncifs, et sur l’inflation notamment éviter cela absolument.

        J’ai déjà écrit des billets à ce sujet, l’inflation est le chiffre dans lequel se reflète toute la structure du capitalisme, l’inégalité de la répartition des richesses notamment, en fait il indique la force du capital, et réciproquement le manque de capital pour ceux qui n’en ont pas.

        Donc partir bille en tête contre l’inflation c’est n’avoir rien compris au fonctionnement de la monnaie dans notre système, ce qui est le propre des tristes sir de la BCE. Au contraire, notre système serait moins dramatiquement injuste et condamné à l’étranglement si l’inflation était supérieure.

        L’inflation sur une longue durée, n’ est causée par rien d’autre que la consommation, car elle est causée par la demande. A contrario, la déflation est le signe d’un étranglement du consommateur et pas d’un enrichissement.

        La BCE s’attribue les mérites de la lutte contre l’inflation avec sa politique de contrôle des taux, mais elle omet de dire que c’est parce que le consommateur est limité que les prix sont limités, donc elle aide le consommateur en l’étranglant surtout. Et d’aucune autre manière.

        Il est facile de comprendre l’économie, il suffit de comprendre l’inflation. Absolument tout est là, et rien n’a d’importance par ailleurs.

        Quand à la complexité, ce n’est pas le problème. C’est la simplicité le problème. Les grandes philosophies sont basées sur le renouvellement de questions infiniment simples. La simplicité est bien plus difficile à comprendre que la complexité. Et nous ne sommes pas tenus à traiter de choses que nous ne comprenons pas, telle la complexité, en revanche chaque scientifique et chaque personne qui pense se doit de trouver l’angle d’attaque pertinent et simple permettant de dire malgré tout l’essentiel. La pensée de l’indicible même ne renonce pas devant son objet, cf la poésie.

        Non seulement heuristiquement la catégorie du « complexe », n’a aucune pertinence pratique, mais elle est nocive en tentant de masquer ce qui est simple.

      2. D’accord avec vous lorsque vous dites que l’inflation ne se décrète pas

        Faux, si quelque chose se décrète, c’est bien l’inflation !

  11. « elle est le signe majeur de la croissance ne serait-ce que des salaires. » vous devriez regarder la courbe de creation monetaire et la courbe de la croissance sur 2011 et 2012 et vous constateriez qu’il n’y a plus aucune correlation entre les deux. Il doit en etre de meme avec la courbe d’augmentation des salaires.

    Donc creer de l’argent qd ca ne repose pas sur une reelle creation de richesse c’est aberant et vous en sentirez prochainement les effets avec une ouverture anale qui va connaitre une certaine inflation.

    1. @baptiste

      Oui c’est aberrant, mais l’inflation n’est pas le résultat automatique et immédiat de la création monétaire, c’est par la spéculation qui en résulte en fait, qu’elle se crée aujourd’hui… il s’agit donc d’une inflation par les coûts, qui va très rapidement achever le consommateur et ensuite il n’y aura plus d’inflation du tout.

      Cf ce qui se passe dans l’immobilier, les prix baissent, et la seule manière d’éviter la déflation est de ne pas vendre ! Sinon, il y aurait une déflation. L’inflation est un pari qui nécessite de ménager le gibier, le consommateur. Si l’on tue le gibier, comme c’est actuellement le cas, il n’y a aucun possibilité d’avoir une inflation en tout cas sur le long terme.

      En économie rien n’est inexplicable, et si vous pensez que l’inflation est le résultat de courbes qui se baladent dans la stratosphère, c’est faux.

      En tout cas ceci m’incite à étudier la période de Weimar de plus près.

      Mais arrêtez de clouer l’inflation au pilori, alors qu’elle serait le seul principe qui pourrait nous sauver.

      1. Tout à fait d’accord avec votre analyse. Il est rare de lire des choses sensées sur l’inflation, qui est plutôt abordée généralement de manière hystérico-mythologique (Satan n’est jamais très loin).
        En effet, toutes les politiques de maitrise de l’inflation, notamment par les taux d’intérêt ou la modération salariale, ne sont que des politiques de rigueur qui ont pour effet de comprimer l’activité économique.
        Seul petit bémol, lorsque vous dites que les salariés sont « forcés de consommer » : ils peuvent également épargner… Mais je salue votre analyse lorsque vous dites avec logique que l’inflation est la conséquence naturelle de la croissance économique. Il y a en effet contradiction au coeur même du capital, cependant, ce ne sera pas la première (voir Marx et les crises structurelles de surproduction…)

      2. mais l’inflation n’est pas le résultat automatique et immédiat de la création monétaire,

        Si, si celle-ci n’a pas de production (biens et service) en contrepartie

      3. @Polaire

        Non…

        Et il manque à votre proposition, qui est de l’ordre de la conclusion, le chemin qui vous y a amené.

        En tout cas s’il s’agit de répéter du prêt-à-penser, ce n’est pas la bonne voie.

      4. Comme beaucoup d’autodidactes en économie, vous n’avez pas compris « l’essence » de l’inflation que vous confondez avec la hausse des prix. Si la hausse des prix est une conséquence de l’inflation, elle n’en est pas l’unique cause (le prix des cerises peut augmenter dans un contexte non inflationiste). On appelle période inflationiste au sein d’une zone monétaire lorsque pendant un temps donné, la masse monétaire s’accroît plus que proportionnellement à la masse des biens et services, point.

  12. Parmi les exemples pris par Paul Jorion je pense qu’il fait une erreur en qualifiant de « Haut Empire » l’époque de Théodose. On est là dans le Bas Empire, au IVe siècle.
    Concernant l’attitude des créanciers de cette époque il est difficile de vraiment la définir. Ce que l’on connait de façon certaine, c’est une désintégration des institutions romaines et particulièrement des curiales qui refusent d’assumer leurs responsabilités dans la collecte de l’impôt. Les exactores travaillent pour leur propre compte et sont donc corrompus ce qui a sans doute suscité la révolte de certains peuples. Plus généralement l’Empire se retrouve sans moyens financiers. Il est intéressant de noter qu’il va alors payer ses serviteurs et son armée par des biens fonciers. Il octroie ainsi aux barbares supplétifs des terres, comme en Aquitaine avec les Wisigoths, ordonnant un partage 2/3 – 1/3.
    Pour ce qui est du défaut d’un état et du déroulement des opérations alors, il y a une variété de cas qu’il aurait été intéressant de commenter en prenant un exemple concret. Cela manque un peu, Paul, dans votre article.
    Pour part, pour faire court, je pense que la solution à la crise où la spéculation joue un rôle pernicieux, serait de démonétariser progressivement les échanges….

  13. Il eut été plus intéressant de revenir encore plus en arrière chez un des fondateurs de la démocratie, le grec Solon, qui, peu avant l’an 600 BC, supprima le servage pour dettes, procéda à une réduction des dettes publiques et privées et amorça toute une série de réformes pour améliorer le sort des petits propriétaires et favoriser les droits des citoyens. Le paradoxe grec actuel est encore plus fort si on l’observe avec ce recul historique.
    La barbarie financière est de retour qui a détruit les réglements et lois pour multiplier par plus de 20 la masse monétaire depuis la fin des trente Glorieuses et qui a si bien réussi à pénétrer les esprits que le présent article jamais ne cite les prérogatives souveraines d’un état- incontestables s’il est démocratique- droit de battre monnaie et de lever l’impôt, monnaie et impôts étant les deux vecteurs principaux des flux économiques.
    On ne peut donc mettre sur le même plan une dette souveraine et une dette personnelle; par ailleurs l’idée de mettre en accusation un état endetté qui ferait ou qui a fait défaut-comme la Grèce- est assez grotesque! Car que connait-on des créanciers, qui sont-ils? des Banques? lesquelles? Vous aurez bien du mal à les trouver et l’une des rares études sur le sujet a été faite par Natixis. Par ailleurs le montant de ces dettes est largement le fait des intérêts versés dont on peut et doit discuter la légitimité, ces intérêts constituant d’ailleurs la prime du risque de défaut.
    On ne peut parler de Dette sans parler Crédit car la Crise qui s’est construite ces dernières décennies est celle d’une société qui continue toujours d’anticiper une croissance infinie alors que nous nous heurtons de plus en plus aux frontières de notre Monde clos; l’accumulation de crédits ne repousse pas les limites de la Planète mais construit une pyramide de Dettes !
    Enfin le mythe d’une inflation météorologique, sanction quasi divine d’un défaut d’orthodoxie budgétaire barriste ou pinaysienne est une notion bien mise à mal par les travaux des derniers Nobel d’économie qui ont épluché dans le détail le dernier siécle écoulé; l’inflation est un phénomène bien plus complexe qui a trait aux rapports de force sociaux, aux régulations, aux conditons de croissance et, pour un pays donné, à la balance de ses échanges; si cette orthodoxie monétariste était si exacte l’hyperinflation aurait du sévir depuis longtemps déjà au vu de la masse monétaire actuelle. Il est néanmoins exact que la masse des 1500 000 milliards de dollars de produits dérivés divers (source BIS) dont la moitié de gré à gré représente une variété d’épée de Damoclès autrement plus inquiétante que la piètre dette grecque.

  14. @ Cédric Mas :
    Comme toujours, précis et précieux.
    Surtout sur le troisième point, qui me semble être en cours, en Grèce notamment, avec ‘l’assignation à résidence’ ou la fuite, pour ceux qui peuvent encore.
    Formellement, tout ceci peut très bien s’accommoder d’un démocratie à ‘basse intensité’.
    Comme la dévaluation me semble appartenir au point 2, je ne vois guère qu’une quatrième solution, que tu n’as pas évoqué ou discrètement : la guerre.
    Pas comme voie de ‘recouvrement’ (rétorsion, recouvrement, alibi, …) mais bien comme destruction-création d’un monde qui sent son univers se rétrécir sur lui-même.
    Il me semble que les guerres napoléoniennes ont permis cela en Europe : sortir des dettes, de la spéculation, forger, par le fer et le feu …

    Par contre, je serais de l’avis de François, concernant la dette privée : que la dette publique explose, et ce sont les créanciers privés qui explosent. Et de ce fait, essentiellement, les banques, qui devront à être nationalisées ou socialisées pour éviter l’effondrement bancaire. Ce qui rebattrait complètement le jeu de la dette privée, même des particuliers.

    Je reviens sur ce point :
    « Il s’agit d’une condition essentielle à prévoir pour l’avenir : aucun instrument de crédit ne devrait exister sans qu’une norme de règlement d’un défaut ne soit adoptée préalablement. »
    J’en vois peut-être deux.

    La première serait structurelle : la prime de risque.
    Cette prime est censée incarner le niveau de risque d’un créancier envers son emprunteur.
    Sauf que dans les faits, cette prime de risque :
    1/ est évidemment encaissée même si le risque ne se produit pas, créant ainsi un ‘sur-profit’
    2/ ne doit JAMAIS être considérée comme une prime de risque, soit comme une somme qui devrait couvrir les effets d’un risque, puisque le risque ne doit JAMAIS être accepté en tant que tel : le défaut n’est pas concevable.
    Tant que l’on raisonnera dans ce cadre là, il n’y a pas de raisons que l’on puisse penser en termes de défaut, à fortiori en termes de défaut organisé.
    Cette prime de risque, en l’absence de risque avéré à effet, devra toujours être versée par l’emprunteur mais plus au créancier mais à un fond de compensation systémique des risques.
    Le premier avantage serait de réduire les prix formés, à l’avantage des créanciers, qui sur-évaluent forcément toujours les risques, sachant que l’aléa moral joue en leur faveur : le risque ne peut s’avérer réellement (un défaut), et que cette prime est tout bonnement un profit.
    Que la prime ne soit plus un profit permettrait de réduire le prix formé et ainsi, les risques systémiques quantitativement. Et en second lieu, évidemment, un fond mutualisé par les parties prenantes à la hauteur des enjeux qui permettrait aux états de ne plus être otages en cas de risques avérés.
    On rejoindrait ici le concept de prime à terme développé par PSDJ mais pour ma part, sans intervention de notation/cotation sur des marchés financiers mais seulement de publication à effet (uniquement) des primes réelles versées, ce qui permettrait à tous les acteurs de connaître les rapports de force entre emprunteurs et créanciers et au sein de chaque classe, le risque relatif que chacun fait courir à sa contre-partie, sur l’ensemble de ses contrats.
    Ceci, néanmoins, ne résout pas le problème de la dette déjà formée, comme actuellement.

    Sur ce point, on pourrait sans doute imaginer une indexation de la dette sur un indicateur de réalité économique, comme le font les produits dérivés, à partir de n’importe quel indice.
    On pourrait ainsi envisager que les titres souverains seraient échangés avec des titres dérivés dont l’indexation suivrait par exemple l’évolution du PIB (je sais, cet index est malpropre mais disons que l’on prend celui-ci comme exemple : on peut y adjoindre évidemment toute une batterie d’indices sociaux et environnementaux, on peut même bâtir des indices composites : les financiers le font déjà depuis lurette …).
    En cas de croissance du PIB (ou d’un indice composite) en-deça d’un certain % (par exemple 1,5%), le coupon versé annuellement ne vaudrait plus que 50%. Et en-deça de 0%, plus rien ou même un rendement négatif.
    Ce qui permettrait aux pays en récession :
    1/ de ne plus verser les coupons dans les périodes de récessions, afin d’alléger la charge de la dette publique
    2/ et de ‘profiter’ de cet bouffée là pour ne pas appliquer des politiques déflationnistes

    Je signale qu’une partie des obligations grecques, plus gros défaut contemporain, a ainsi été transformé en titres indexé sur la croissance du PIB, à 3% (!) : « Enfin, les investisseurs participant à l’opération recevront des titres indexés au PIB grec… Ces titres verseront à partir de 2015 un coupon de 1% si le PIB grec a dépassé un certain niveau. Pour le moment, étant donné l’état de l’économie de la Grèce et les plans d’austérité à venir, ces titres ont une valeur proche de 0… »
    http://www.obliginvest.com/actualites/grece-psi-les-details-lechange-dobligations-les-questions-en-suspens-2593
    Ce sont des ‘GDP warrants’.
    Rien n’interdirait de faire de même avec la dette publique actuelle, non pas sur des warrants (options d’achats) mais bien sur des types OAT€i, avec une indexation sécurisante non pas pour le créancier mais bien pour le débiteur : un échange là aussi forcé, à grande échelle (systémique).
    Au niveau européen, par exemple.
    Avec des rendements négatifs en cas de récession, les créanciers auraient ainsi tout intérêt à proposer d’eux-mêmes des allègements de dettes, afin de ne pas perdre trop de revenus annuels, voir du nominal. Pourquoi l’accepteraient-ils ? Le risque du défaut organisé (ou chaotique) !!
    Avec ce type d’échange, au moins, il existerait une ‘norme’, un index.

    Qu’en pensez-vous, Cédric et François ?

    1. Les organismes prêteurs savent très bien ce qu’est la prime de risque implicite à un taux d’intérêt : elle est calculée à partir des facteurs de risque.

      L’idée selon laquelle le fait que les taux augmentent quand le risque augmente constitue simplement une « aubaine » au sens de Proudhon, est une idée de profane, pas une idée de professionnel du secteur du crédit à la consommation. Une correspondance de 2001 retrouvée ce matin par hasard me rappelle que l’équipe à laquelle j’appartenais chez IndyMac à Pasadena en Californie s’appelait « Risk-Based Pricing ».

      Voir une de mes chroniques pour Le Monde : « Les autorités de la zone euro ne savent pas ce qu’est un taux d’intérêt ! »

      1. Je sais bien Paul, j’avais lu l’article et Le Prix avant.
        Mais justement, ne faudrait-il pas imposer aux institutions publiques une autre représentation du taux d’intérêt concernant la dette publique, en commençant par demander la suppression de cette prime de risque dans le cas de la garantie du MES (et du bénéfice, incompatible avec la solidarité) et/ou d’un système assurantiel de paiement de prime selon l’effet ? (paiement par le créancier d’une somme au prorata de la prime en cas d’absence de risque à terme, paiement de la prime par le débiteur par un sous-jacent en garantie en cas de risque à terme, dans les deux cas dans un système de compensation public, qui sera chargé soit de payer la prime au créancier en cas de défaut, soit de gérer les sommes payées par les créanciers pour absence de risque)
        De même, transformer la rente obligataire de loyers en métayage fluctuant selon des indices socio-économiques permettrait de faire en sorte que les rentiers ne soient pas les seuls qui s’exonèrent des variabilités, en indexant les obligations et leurs rendements ?
        Dans les deux cas, il est bien clair que cela ne peut se produire qu’à la suite d’une décision politique, comme pour un défaut organisé.

    2. @ Zebu,

      je ne vois guère qu’une quatrième solution, que tu n’as pas évoqué ou discrètement : la guerre.
      Pas comme voie de ‘recouvrement’ (rétorsion, recouvrement, alibi, …) mais bien comme destruction-création d’un monde qui sent son univers se rétrécir sur lui-même.
      Il me semble que les guerres napoléoniennes ont permis cela en Europe : sortir des dettes, de la spéculation, forger, par le fer et le feu …

      Et c’est vous qui vous faites la tête devant la centralisation de Monsieur Nick ? Napoléon ! La Guerre ! Y a des embardées difficiles à suivre sur ce blog.

      1. @ Georgy :
        Percevoir une ‘solution’ ne signifie pas, du tout, la partager, surtout si c’est la pire de toute.
        Rien à voir avec la centralisation (et la choucroute).

      2. @ Dr Georges Clownet
        « comme destruction-création d’un monde qui sent son univers se rétrécir sur lui-même. »
        On sait en maths retourner la sphère sans la « rétrécir sur elle-même ». En son temps cette transformation, cette métamorphose (à la E. Morin), avait beaucoup intéressé Lacan.
        La cinquième solution?

      3. J’en profite pour répondre à Zébu :
        Cher Ami,
        Je n’ai pas abordé la question des guerres, parce qu’à mon humble avis, la guerre entre puissances nucléaires n’est plus une hypothèse de sortie dès lors que la dissuasion nucléaire vient « geler » tout rapport de force.
        Restent les guerres de basse intensité et les guerres civiles…. pas très souhaitable, et surtout aucune garantie que la sortie se fera au détriment des créanciers. L’imprévisibilité du résultat d’une guerre civile est encore plus grande et inquiétante que celle d’un défaut général dans l’urgence sur la dette… et c’est un type de conflit encore moins souhaitable que les autres.
        CM

      4. @ Zebu,

        Désolé, une solution aussi simpliste, moi même j’y avais pensé, pour te dire. Venant de toi, cette perception, ça me semblait tellement déplacé, tellement impossible, enfin je ne suis pas l’inconscient qui pousse à écrire sur une page HTML non plus. Bref, pour une fois où tu ne m’apprends rien, je l’ai noté quoi. Pardon !

        @ Roger R,

        Ce n’est pas ma phrase mon ami, pensez donc ! Vous avez un peu lu la phrase ? Moi, il me faut deux mois pour en saisir la substance. « Se rétrécir sur lui même » ! La dernier fois que j’ai vu ces mots c’était dans : Chérie j’ai rétréci les gosses ! Larguez je suis.

      5. @CM

        Restent les guerres de basse intensité et les guerres civiles…. pas très souhaitable,

        Et moyennement souhaitable ? Un tout petit peu souhaitable ? Au cas où ? Voyons voir ?

        et surtout aucune garantie que la sortie se fera au détriment des créanciers.

        Ouf, on l’a échappé belle…

        Ben ça alors. Ca m’en bouche un coin vos formulations. Suis trop lent pour ces bêtises moi, faut que j’arrête.

      6. @ Zébu
        « c’est quoi donc? »
        Pour une fois ce ne sont pas des thomeries mais des lacaneries.
        Les matheux savent retourner une sphère sans rétrécir la sphère jusqu’à son centre pour ensuite la regonfler dans l’autre sens. La face masculine du monde se retourne en sa face féminine, sans heurts. Comme au tennis lorsqu’on change de côté.
        But de la métaphore: Mesdames, à vous, vous êtes notre ultime espoir, car les mecs sont devenus fous (je crois même qu’ils l’ont toujours été; cf. leurs monologues de Lucky)!

      7. @ Zébu, Basic Rabbit,

        Bonjour,

        Loin sans doute des étranges attracteurs de nos structures réelles, peut-être, néanmoins, l’art de faire et défaire les noeuds des parts de nos faces d’unie apparence formelle (identité) en retournements sans déchirure, un détour intéressant au miroir de nos symétries et harmonies sensibles.

        Sphere Inside out Part – I
        http://www.youtube.com/watch?v=BVVfs4zKrgk
        10’31/ english

        Le fait qu’un aveugle finalise l’écriture probante de tout cela, et que le truchement de la couleur soit nécessaire pour « convaincre » le sens visuel (pour les habituels voyants) de la transformation formelle est un message en soi, plein d’humanité.

        http://archives.arte.tv/hebdo/archimed/plus/archimede000919.htm

        Belle journée

  15. Cher Cédric, vous ne lisez pas assez. Je suggère Fiodor Dostoïevski, ou le chapitre de l’histoire de France concernant l’Ordre des Templiers.
    Et savez-vous où est l’Argentine? Intéressant pays, ils auraient bien des choses à nous apprendre.
    Voici le 4ème : assassiner le prêteur. De façon rapide et sans douleur, soyons humain, pas comme la troïka en Grèce.
    La différence est notable avec le défaut : le défaut c’est quand on ne peut plus, l’assassinat financier c’est quand on n’en peut plus (d’être tenu par les couilles).
    Une seule lettre pour Dignité et Souveraineté, ce n’est pas grand chose mais tellement important.

    1. Nous avons aussi l’extermination par famine et misère extrême (cannibalisme) des débiteurs défaillants comme à la fin du Moyen-Âge en Europe occidentale. voir ici.

      Cela fait donc 5 solutions… dont seules trois m’intéressent (n’étant d’un naturel ni suicidaire ni violent 😉 )

      1. Que vous ne soyez pas violent ne change rien au fait que la situation dans laquelle nous nous trouvons est pleine de violence.

  16. Vous dites:
    1)     Faire défaut ;
    2)     Rembourser en monnaie de singe ;
    3)     Rembourser à n’importe quel prix.

    On peut imaginer une autre possibilité (un poil oubliée dans ce billet) que se considérer comme un gagne petit, obligé de truander , alors que tout indique que nous sommes des pays très très riches :
    Payer la dette dans sa propre monnaie qui ne serait pas une monnaie de singe.
    C’ est ce que font les pays souverains (JApon, US, Uk, Canada, AUS…)

    Pas de souveraineté (accès mer, énergie etc.) , pas de monnaie, et vice versa.
    Les pays souverains font porter le poids de leur dette à la créature européenne qui n’ a pas encore
    son être , la petite créature s éveille a un monde pour l instant impitoyable (elle n à pas encore ouvert les yeux qu’ on la brutalise). Vous parlez d’ asservissement a l echelle de l individu sans en parler à l échelle des états, tout en en parlant à l échelle des empires passés, sans en parler à l échelle des empires présents …. Un slalom et arrêt stem, Bravo l’ artiste !

  17. Votre point n° 3 rejoint ce que je faisais observer à Kercoz entre autres, il est illusoire de penser s’en sortir avec une maison, même petite, un lopin de terre, un puits et 4 poules !
    D’ici peu, vous n’aurez plus les moyens de payer les impôts fonciers et la taxe d’habitation qui déjà dans certains endroits augmentent follement, sans compter les taxes nouvelles qui ne vont pas manquer de voir le jour (il y a bien eu une taxe sur les fenêtres, pourquoi pas sur les poules !).
    Le passage du RMI au RSA s’est dailleurs traduit par l’obligation pour les Rsaistes de payer la taxe d’habitation dont les Rmistes étaient exemptés.

    Le système se verrouille déjà : diminution de l’argent « liquide » disponible pour éviter au maximum le travail au noir et l’économie parallèle, et ce n’est pas avec du « SEL » ou autres « grains » que vous irez payer votre dû au Trésor Public !

    A propos du christianisme, pour moi, l’augmentation de la population n’est pas liée à un meilleur niveau de vie, mais à une volonté de pouvoir disposer d’un « cheptel » humain plus important.
    Donc nécessité de plus de naissances « croissez et multipliez ».

    1. Il est question d’une taxe foncière inversée afin de libérer le foncier pour pouvoir bâtir, et continuer sur le syndrome de la croissance éternelle et infinie.
      C’est un prétexte sans doute pour trouver l’argent là où il est.

      Et pendant ce temps, les Irlandais râlent contre l’inéquité d’une taxe foncière de 100 € (imposée par le FMI).

      http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/04/03/fronde-en-irlande-contre-la-taxe-d-habitation-sur-fond-de-recession-et-d-austerite_1679499_3234.html

  18. les dettes privées sont aujourd’hui progressivement, et par divers moyens, transférées vers les acteurs publics

    Dans un premier temps, c’est l’épargne privée qui a été transférée vers les acteurs publics :
    https://docs.google.com/file/d/0B_sxv9ZVcOtYRGpsMGRqclVBOGc

    Depuis des années, les pouvoirs publics ont obligé les gérants d’épargne à placer leurs fonds en dette grecque. Au lieu d’être propriétaires de parts d’entreprises qui font des bénéfices, ou d’immeubles qui rapportent des loyers, les épargnants détiennent maintenant des titres grecs qui leur rapportent des impôts. Comme notre très chère sécurité sociale.

    1. ‘reusement qu’y a Gu Si Fang pour prendre la défense des pauvres zinvestisseurs forcés par les méchants pouvoirs publics de s’adonner à des activités socialement nuisibles…

    2. Comme notre très chère sécurité sociale

      salauds de pauvres qui ne paient pas d’impots ( hein parce que la TVA c’est pas un impot ! ) et qui en plus se soignent gratis

      et je vous parle pas des assistés !

  19. J’avais appris que l’évolution de la Société du Bas empire romain vers la Société féodale avait été engendrée par la fin de la pax romana, par les hordes barbares qui pillaient régulièrement les campagnes et les villes. Se réfugier dans le château-fort sous la protection des hommes d’armes du seigneur local, c’était une question de vie ou de mort pour la population, situation qui a vite viré à la servitude.

    Cette explication me paraît plus puissante, en tout cas plus répandue, que la vôtre basée sur une relation déséquilibrée entre débiteurs et créanciers…

    1. Les invasions barbares ne sont qu’une conséquence d’une déliquescence des structures (qu’elles vont accélèrer), et un phénomène assez limité dans le temps par rapport aux 3 siècles du Bas Empire (en prenant pour début le meurtre du dernier Sévère et pour fin la déposition du dernier empereur d’occident, Augustule Romulus) : les invasions interviennent lors des vacances du pouvoir impériale, à chaque succession.

      Mon billet est fondé sur des travaux d’historiens réputés, relatifs à l’évolution des institutions politiques et juridiques entre l’Empire Romain et le Moyen-Âge (et à mes cours d’histoire des institutions politiques et sociales de Léon-Robert MENAGER à la Faculté d’Aix en provence).

      C’est toute une structure sociale et politique qui mute sur 3 siècles, et cela va au-delà des seules migrations germaniques et eurasiennes. Et l’image d’Epinal des chateaux-forts, c’est bien après les débuts du servage (conciles de Pitres 861-864), pour lutter contre les raids vikings.

      1. En fait les peuples barbares, à la fin du IVe siècle, vivent déjà dans l’Empire romain, tels les Goths.
        Ils ont fui eux-mêmes des envahisseurs comme les Huns.
        Les Barbares forment les supplétifs de l’armée romaine. Celle-ci est d’ailleurs souvent commandée par des généraux vandales ou francs. Les peuples barbares vivant à l’intérieur de l’Empire gardent leurs lois et leur organisation propre. La désintégration de l’état est provoquée par l’absence de ressources financières de l’Etat central qui ne peut plus vivre de son action conquérante et prédatrice. La structure féodale peut certes trouver une origine dans la fin de l’histoire romaine. Une comparaison avec l’évolution des structures dans l’empire romain d’Orient qui subsiste est alors pertinente.
        Cette organisation féodale apparait plus clairement avec la fin de l’empire carolingien et l’affirmation du christianisme dans l’organisation politique.
        Ce qui est intéressant, pour revenir au propos initial, c’est l’état de contraction de l’économie qui oblige à une nouvelle organisation politique.

  20. les banques vont faire défaut en remboursant en monnaie de singe tout en s’appropriant les ressources réelles des pays grâce à des moyens de rétorsion assez simple (milices privées ,blocages informatiques ,expulsions etc ).

  21. Très intéressant ce rappel historique et ce troisième point judicieusement éclairé par l’histoire.
    Je pense que nous en sommes là, avec la tête de pont en Grèce, mais l’italie suit avec le démantèlement du code du travail, l’Espagne qui va rendre illégale toute contestation, et nous on sait pas , mais on vite le voir après les élections.
    Nous sommes partis dans un processus de servage digne du moyen Age, sauf à réagir à temps!

  22. @ Cédric Mas

    D’ailleurs, il semble que nous nous acheminions, par ces temps troublés, vers ce que vous appelez « le remboursement réel » : nombre de petits propriétaires devront vendre leur bien immobilier en raison de leur incapacité à supporter les hausses d’impôts conjuguées à l’inflation des produits de première nécessité. Et parions que les pouvoirs publics entérinerons, comme feu les empereurs romains, cet état de fait (« inéluctable » !?) en instituant la nouvelle « propriété économique ». Ou comment un continent libre va entrer lentement mais surement en esclavage…

    1. Lire « les pouvoirs publics entérineronT » bien sûr et non « entérinerons » Aîe aïe aïe : les ravages de la vitesse…

    2. citons Léon-Robert MENAGER : « Toutes ces manoeuvres qui entraient dans le cadre du patrocinium auraient été impossibles si l’administration fiscale avait été utilement secondée par les pouvoirs actifs du gouverneur de province. elles sobnt un test incontestable de la carence, de l’inefficacité et, surtout, de l’impuissance de l’appareil administratif impérial. l’Etat ne pouvait que se voiler le visage ; sans doute se refsuait-il à reconnaître la validité du contrat de patrocinium et déclara-t-il les potentes responsables du paiement de l’impôt de leurs clients. mais cela ne fit pas rentrer les taxes dans les caisses du trésor. longtemps le gouvernement affecta de prendre parti pour les petits paysans victimes du patronat des puissants contre leurs maîtres, dans l’espoir que les premiers s’acquitteraient de leurs devoirs fiscaux plus volontiers que les seconds. Mais ce calcul était d’autant plus naïf que la résistance à l’impôt des « patrons » restait couronnée de succès.
      Finalement, en décembre 415 (Code Théodosien XI. 24, 6), l’administration dut abandonner le combat et reconnaître la validité de leurs titres usurpés de propriété. Elle demandait en revanche que les patrons paient les arriérés d’impôts dus par leurs clients et qu’ils accomplissent ou fassent accomplir toutes les prestations incombant auparavant aux petits propriétaires tombés sous leur coupe. Mais, par contre-coup, ces derniers, jusque-là considérés aux yeux de la Loi comme des paysans libres, entraient désormauis dans la condition de colon. (…) La démission de l’Etat devant le triomphe des puissances ploutocratiques, l’indépendance et la liberté d’action laissées à ces féodalités naissantes, voilà les deux traits caractéristiques de la structure politique et sociale déliquescente du Bas-Empire, qui sont ici particulièrement mis en relief ». in La Chute de l’Empire Romain – Cours d’histoires des Institutions publiques et des faits sociaux de Licence 1ère année, Faculté de droit et des sciences économiques d’Aix Marseille,Chap VII. pp. 23-24 ;

      Une autre citation de Salvien (De Gubernatis Dei, V. pp. 42-43) relatives aux petits propriétaires cédant leurs terres et leur liberté pour payer des dettes exorbitantes : « proprietatibus carent et vectigalibus obruuntur » soit privés de leurs propriétés et écrasés d’impôts.

      C’est un auteur à relire, d’autant plus qu’il était marseillais 😉

      1. Et bien, il n’y a rien à redire : nous y sommes. Il importe juste de constater que ce sont ceux là même qui bénéficieront de la nouvelle donne qui ont fait en sorte de pourrir l’ancienne (développement inconsidéré de la dette privée, transmise aux pouvoirs publics, anéantissement de l’indépendance du politique par le développement du lobbying, hausse des matières premières par l’autorisation politique de la spéculation etc.). CQFD (un coup certes bien préparé)

  23. Bonjour Cédric Mas.

    Fascinante mise en perspective. J’étais un partisan du défaut généralisé, comme je l’expliquais il y a quelques semaines (fort maladroitement) à François Leclerc, mais maintenant je ne suis plus très sûr de la pertinence d’une telle radicalité, au vu du flou juridique.

    L’évolution du droit romain vers le droit féodal que vous décrivez dans votre troisième point donne le coup de grâce aux théories (si du moins elles relevaient la tête) de la solution de continuité entre l’Antiquité et le Moyen Âge. L’Église a-t-elle joué un rôle de frein ou d’adjuvant, étant elle-même propriétaire, dans l’établissement de ce système ?

    Cordialement.

    1. Le défaut généralisé implique une redéfinition des rapports de forces dans la société, donc du droit.

    2. L’Eglise n’était pas encore un propriétaire important avant la fin de l’Empire (sauf dans certaines régions comme la Provence où les domaines semblent considérables dès le Vème siècle – David HERLEY, Church Property on the European Continent, 701-1200 in Speculum n°36 (1961) pp. 81-105 et Lellia RUGGINI, Economia e Societa, pp.558-563), mais elle a accompagné et légitimé cette évolution.

      L’accroissement des richesses matérielles et domaniales de l’Eglise a aussi profité de cette évolution, certains petits proriétaires préférant aliéner leurs biens aux autorités ecclésiastiques plutôt qu’à un « patron ». mais le « patrocinium » ne fut dans les faits pas moins dur venat des autorités cléricales que des autorités séculaires. Les libéralités des fidèles sont autorisées dès 321 et un édit de Constantin.

      Saint Augustin prônait la soumission aux formes de pouvoir existantes et le conformisme social.

      Malraux disait que « le catholicisme romain a créé une civilisation soumise ».

    3. Selon l’historien anglais Gibbon l’empire romain n’a jamais vraiment disparu. D’abord il a subsisté à l’est, sous la forme de l’empire romain d’Orient et ce jusqu’au XVe siècle. Ensuite, selon Gibbon, les législations qui ont suivi la fin de l’empire romain d’Occident, seraient dans son droit fil. C’est l’Eglise qui a pris « la suite » de la structure romaine. Ce sont les conciles qui pendant des siècles vont émettre des lois et des commandement régissant la vie civile. La religion – ici le christianisme – est alors le ciment social, remplaçant Rome l’impie.
      Ce n’est pas seulement pour l’Eglise une question d’intérêt matériel (encore qu’il ne soit pas absent) mais une conception de la société où il y a consensus parmi les élites.

  24. Trois propositions !

    Mais qui nous les fera ? il me semble que l’époque n’est plus au libre choix des nations.

    Où les pouvoirs politiques nous ont ils amenés jusqu’à aujourd’hui ?
    pourquoi ?
    et vers quel but ?

    Alors il y a deux solutions,

    -> soit c’est involontaire (par manque de compétence)
    -> soit c’est volontaire et dans ce cas, il me semble que nous nous dirigeons vers la troisième solution, sans que nous ayons la possibilité de dire quoi que ce soit.

    Pour moi, il y a deux voies pour arriver aux conséquences de cette dernière solution :

    -> soit la guerre (ce que l’Europe a connu sans discontinuer)
    -> soit la déstabilisation et la mise au pas par l’outil financier.

    1. Et en temps de guerre, les capitaux nécessaires pour le massacre sont curieusement à nouveau immédiatement disponible et ce, pour les deux parties destinées à s’entre-tuer.

  25. Question ouverte: dans l’hypothèse d’une restructuration globale de la dette, avec des défauts partiels, que pensez-vous de cette étude rapide pour effacer de la dette de manière intelligente:

    http://www.eudebtwriteoff.com/index.html

    J’y vois deux critiques principales:
    1) On oublie les intérêts pour se concentrer sur le « principal »
    2) Pour se permettre de tels mécanismes, il faut que la dette soit transféré au public. Ce qui n’est pas le cas pour l’instant (si vous avez une assurance-vie, vous êtes un créancier privé!)

    Qu’en pensez vous?

    1. Ben c’est pas plus débile que le reste. L’hypocrisie en moins puisque c’est déjà ce qu’il se passe indirectement. Ils ne prennent même plus la peine d’avancer masqués désormais, les dernières couches de vernis démocratique vont bientôt sauter définitivement.

  26. Une banalité, on savait que le Post Peak Oil World serait caractérisé par du repli sur soi … Et ce n’est évidemment qu’un début.

    Argentina moves to seize control of Repsol’s YPF
    http://www.reuters.com/article/2012/04/17/us-argentina-ypf-idUSBRE83G06K20120417

    En plus avec notre surcapacité à nous intéresser aux problèmes à la marges sans jamais nous intéresser au cœur du problème on se rapproche toujours plus de la falaise de Sénèque.

    Comment l’homme a-t-il fait pour devenir si prévisible ???

      1. @ Eg.O.bsolète

        Pour une fois qu’Obama ne sort pas de connerie, il faut que vous nous sortiez votre Stephen Leeb qui dénigre le propos d’Obama, non pas parce qu’il est fondamentalement faux, mais parce que – il le dit lui-même – il faut laisser le prix du baril augmenter (Leeb est un des prêcheurs du baril à 200 $) afin de décourager l’utilisation du pétrole et le développement des énergies renouvelables.

        Bref, si le dessein est certainement le bon, le présenter comme un expert à même d’infirmer l’incidence de la spéculation sur le prix du baril, alors que c’est une évidence déjà mécaniquement démontrée, c’est très très léger.

      2. Je ne sais pas si vous êtes en train de réaliser la situation terrible dans laquelle nous sommes en train de nous mettre alors que cela fait 8 ans que les voyants sont au rouge et que tout indique que l’on devrait se bouger grave (quitter le pétrole avant qu’il ne nous quitte).

      3. Oui, la situation sera bientôt terrible pour ce qui concerne le pétrole, car toutes les réserves annoncées sont fausses, et tout le monde le sait. Est-ce que pour autant on peut aller pavaner sur Russia Today en tant qu' »expert » pour annoncer que la spéculation n’a aucune incidence sur les prix du pétrole, ce qui est une connerie sans nom ? Non.

      4. Et pourquoi à l’inverse se focaliser systématiquement sur la spéculation, ce truc flou dont personne n’arrive à se mettre d’accord sur ce que c’est, surtout quand celle-ci s’apparente davantage au symptôme du problème plutôt qu’à sa cause. En l’état, supprimer la spéculation ne peut qu’influer à la marge donc je ne saisis pas du tout l’intérêt de se concentrer sur cet aspect-là des choses aussi immoral soit-il. Cela ne fait que détourner l’attention des très sérieux problèmes de fond.

        Il est impératif hiérarchiser les problèmes si on veut sauver le plus grand monde (question d’objectif) !!! Problème Nr – 1. Démographie – 2. Accélération de l’épuisement des ressources finies (et renouvelables devenues finies) – 3. Tensions croissantes et non assumées autour des ressources restantes … -99999999. Repousser à l’infini le blablabla d’une société complexe de masse qui adore tellement se regarder le nombril qu’elle se perd dans des illusions sans fin …

      5. Ce que vous ne saisissez pas, c’est que la spéculation n’est :

        1/ ni une influence à la marge, là où en 2008 70 % de la structure du prix du baril était d’ordre spéculatif
        2/ ni un détournement d’attention, dans la mesure où la ponction spéculative sur l’économie réelle est probablement un problème de fond au moins aussi important que l’après pétrole.

      6. Pour 2008 je croyais que c’était plus de l’ordre de 20-30%. Mais bon passons …

        Quoiqu’il en soit l’INSUPPORTABLE FIN DE LA CROISSANCE DE L’OFFRE en 2004 a signé l’arrêt de mort de l’économie moderne, c’est d’une évidence implacable. Quand il n’y a plus en suffisance le système ne peut que redistribuer (et sauver les apparences) pour per exister.

        Et quand en 2009 l’Arabie Saoudite, la seule qui aurait encore des capacités de réserves dit qu’elle exige un baril à 80$ (pour raison économiques) et qu’en 2011 elle va jusqu’à exiger un baril à 100$ (pour raison sociales) ; UN on fait profil bas et DEUX on arrête de faire de la spéculation la source tous nos maux. En plus c’est leur ressource, ils en font ce qu’ils veulent, et franchement on ne saurait que leur conseiller d’aller bien plus loin tellement cette ressource est vitale pour eux.

        Sinon tout à fait d’accord pour dire que l’a spéculation exacerbe l’injustice mais le tragique de la chose c’est en qu’en se focalisant sur ce symptôme injuste des limites à la croissance vous ne faites que renforcer ce que vous êtes le premier à condamner (le repli sur soi). Comment empêcher intelligemment le repli sur soi des puissants (dans un contexte où c’est l’ensemble qui est remis en question) ? Certainement pas en montrant du doigt le puissant quand le problème est d’abord causé par la collectivité. C’est seulement en reconnaissant collectivement que nous sommes tous partie du problème que l’on pourra confronter le puissant à sa part de responsabilité, sinon on ne fera que lui donner toutes ses chances pour qu’il puisse tirer les épingles du jeu.

        Problème supplémentaire, tout occidental est un puissant en puissance … Nous nous fournissons en énergie en imposant par la force nos monnaies de singe au reste du monde … Pas de quoi être fier.

      7. Et quand en 2009 l’Arabie Saoudite, la seule qui aurait encore des capacités de réserves

        Pour un peakiste, vous me semblez très mal informé sur les pseudo-capacités de réserve de l’Arabie Saoudite…

      8. @ JA,

        Sans remettre en cause la spéculation dans cette affaire, qui est une donnée évidente, on peut quand même s’interroger sur le sens et la pertinence de ta phrase :

        dans la mesure où la ponction spéculative sur l’économie réelle est probablement un problème de fond au moins aussi important que l’après pétrole.

        Avec cette ressource et l’avenir qu’on lui promet, je ne suis pas expert (dieu me garde) que la ponction soit le fait des spéculateurs ou des producteurs/distributeurs ça change quoi véritablement à part un déplacement de curseur temporel dans la hausse ?

        Bref, mais surtout en quoi le problème des 70% de spéculation est aussi important que celui de l’après pétrole ? Sur cette comparaison, c’est périlleux. Moi je ne pense pas du tout que l’on soit sur le même plan, ni dans même domaine de pouvoir. Ou alors, mais c’est impossible, c’est que tu ne crois pas un seul instant à la proposition de Jorion sur l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix ! En clair, on peut couper la tête à la spéculation, mais remplir les puits de pétrole avec nos petites bras musclés, ça pour le coup, c’est un beau rêve. Non ?

        Enfin, peux-tu donner en quelques mots une description d’un monde avec moins,vachement moins de pétrole et pire avec encore des spéculateurs dedans (brrrr) ?

      9. Georges, c’est plus de la lenteur, c’est du surplace en côte qui va bientôt se transformer en marche arrière. L’approche n’est pas cumulative mais comparative lorsque j’évoque le problème de fond de la ponction spéculative sur l’économie réelle, et pas uniquement sur le marché des hydrocarbures. Donc pour le dire très clairement :

        1/ la fin du pétrole est un gros problème ;
        2/ la fin du capitalisme est un autre gros problème.

        Est-ce clair ?

      10. Ok pour le Royaume de Saoud et donc nous sommes d’accord pour dire que nous sommes confrontés à une raréfaction de l’offre de pétrole de qualité (Sweet Crude) … Raison de l’invasion en Libye ? Raison de la crise de civilisation que nous connaissons depuis quelques années (c’est le diagnostic que je partage) ? Franchement ce constat devrait nous réunir … C’est trop bête …

      11. Ce qui nous éloigne irrémédiablement, c’est que vous faites une lecture monochrome (et donc malheureusement simpliste) autour de la crise pétrolière, alors qu’un faisceau d’interactions complexes au sein du système capitaliste est seul à même d’expliquer la crise que nous vivons. Ce petit côté TOE (theory of everything) est un peu juste pour le costard que vous voulez tailler au peakoil.

      12. Julien, c’est just for fun j’imagine que tu laisses passer les interventions « d’experts » de Russia Today ? Cela dit, on ne peut qu’admirer l’indépendance de cette grande chaîne d’information internationale. C’est vrai quoi, faut oser non ? Laisser dire que le prix du baril est trop bas parce que les zaméricains et affidés fausseraient à la baisse un marché qui devrait « naturellement » – i.e grâce aux anges gardiens puissamment anticipateurs de la spéculation – l’amener à 200 $, pour une télé gouvernementale russe, il en faut une sacrée, de paire de couilles, non ? J’m’excuse mais chapeau bas.
        Et puis merde quoi, un média international qui donne libre antenne à ce phare de l’humanité enténébrée, que dis-je ce phare ! ce prophète ! , qu’est Keiser, ça vous donne un cachet que toutes les équipes de prétendus experts scribouillards clonés FT ou WSJ émasculés au packaging déontologique sont à jamais infoutus d’offrir à leurs organes baignant dans leur sauce bâtarde de conflicts of interest et bromure, uh ?
        Pardine, une référence RT… Je veux mon n’veu ! T’en connais un autre Julien de grand média international assez burné pour dire la vérité toute nue sur le séisme d’Haïti ? Pas compliqué, vais te dire, en matière de communication, d’information, de révélation, sur les cataclysmes dans l’Histoire moderne de l’Humanité, y’aura pour toujours deux dates, deux gestes fondateurs, deux révolutions coperniciennes, deux ruptures, deux moments du sublime : 1755, Voltaire après Lisbonne et, dorénavant, 2010, Russia Today/Chavez après Haïti.

      13. Vigneron, cela ne m’avait évidemment pas échappé. Ceci étant dit, Stephen Leeb parle aussi sur d’autres médias américains presque respectables (à l’exception évidente de Fox News).

      14. RT est une bouffée d’oxygène dans ce flux mainstream qui s’écarte du pluralisme démocratique et qui s’enfonce toujours plus dans la propagande de masse. Une propagande qui force le point de vue, une propagande qui divise et oppose, une propagande qui désintéresse des grands enjeux comme pour donner les mains libres.

        Ne pas reconnaître le crise géopolitique qui se dessine est tragique. Ne pas reconnaitre a quel point elle crispe et tend au repli sur soi, à la propagande, à défendre son propre point de vue (moi même euhh …). Et quel dommage dans ces conditions de refuser de s’ouvrir à tous les points de vue même à ceux qui s’opposent au point de vue mainstream. Donc quid de la propagande, atlantiste, européenne, chinoise, russe, des monarchies du golfe, brics ? Quelle propagande serait celle qui mériterait tout notre attention ? Au nom de quoi ? Voyons ! A chacun de se faire sa propre opinion.

        Perso … J’en reste à … It’s the oil, stupid ! … Et le moins que l’on puisse dire c’est que la propagande mainstream se refuse d’interpeller les premiers concernés à propos de ce qui les attend.

      15. Imaginer le XXème siècle sans le pétrole, voilà de quoi faire travailler l’imaginaire !

        Sinon d’accord pour dire qu’il faut aller au-delà de la Theory of Everything mais cela n’empêche en rien d’envisager le peak oil comme un ou le révélateur … mon penchant … Aï … zut, je reste calé dans mon point de vue … tout repli sur moi que je suis …  »  » … Mais ça parle, non d’un Schtroumpf !

      16. Pourquoi tant de difficultés à accepter qu’une offre insuffisante puisse faire monter les prix. Et ce pour la ressource qui intervient systématiquement à un niveau ou à une autre de toute production.

        Comment en est on arrivé à se voiler autant la face ? Surtout ne pas voir trop loin, surtout ne pas voir trop loin, surtout ne pas voir trop loin … On risquerait de se bruler les yeux …

      17. toutes les équipes de prétendus experts scribouillards clonés FT ou WSJ émasculés au packaging déontologique

        (Vigneron 19h56)
        Ah ben oui, la déontologie du WSJ……pffffffffff

    1. Le verbe solutionner, former comme révolutionner, auditionner, additionner etc…. est correct même s’il est contesté par certains puristes.

      cf. Dupré, Encyclopédie du bon français dans l’usage contemporain,Éditions de Trévise, 1972, T.III, p. 2409 : « Disons que le mot s’est répandu chez les usagers peu cultivés…« .

      Disons que je suis peu cultivé 😉

      1. Bah, si ça peut vous consoler, on est toujours le barbare de quelqu’un. Songez que le français n’est qu’une dégénérescence du Latin… 😉

  27. L’absence de lois et procédures applicables à la défaillance d’un emprunteur public est bien explicable : Depuis quelques décennies on nous serine que le défaut d’un état souverain développé est inenvisageable. Ainsi le coefficient de risque associé aux emprunts d’Etat détenus par les banques est de zéro.

    Ce crédo est un élément important des théories financières.

    Le simple fait d’écrire une loi prévoyant un défaut souverain jetterait un doute sur cet axiome.

    Et pourtant, comme ce billet le rappelle brillamment, l’histoire abonde en banqueroute d’états. Faut-il comprendre que nos dirigeants ne veulent pas voir ce qui les dérange ?

  28. La dette ce n’est qu’un chiffre.
    Poser la question du remboursement de la dette n’a plus de sens, c’est rester prisonnier d’un paradigme néolibéral.
    La question est totalement absurde.
    Les USA ne rembourseront jamais leur dette de 14 000 milliards de $.
    Il vont arriver à rouler cette dette, en imposant des taux très faibles. Ce qui diminue ipso facto la charge de la dette. On appelle ça planche à billet.
    la planche à billet n’est pas un problème. Les capitalistes se cachent derrière pour ne pas voir l’écroulement du système, la fait qu’il ne rapporte plus, qu’on ne peut plus s’enrichir avec. Le fait que crise économique occidentale due à la globalisation n’a pas été résolue.
    La fait que le dollar plonge de cette façon n’a rien d’anormal, il ne fait que suivre la décrepitude industrielle des USA.
    Encore une fois: Cela n’a rien à voir avec la dette des Etats!
    Mais pourquoi les financiers s’en occupent tant? Ils n’ont pas d’autres placements à faire?
    En quoi cela les regarde? Ils touchent le RSA?

    La raison?
    Mais c’est parce que les banques se servent de la garantie de l’Etat providence pour survivre, c’est a dire des recettes de l’Etat, du contribuable, pour survivre. Alors que seul l’Etat devrait profiter de cette situation, et non pas la dette privée!

    Solution: Ne garantir aucun dépot banquaire, aussi petit soit-il.
    Ainsi plus de chantage: Lehman peut s’écrouler…Et alors?
    Votre salaire deu mois partira en poussiere, mais l’Etat sera toujours la.

    Changer de système vaut bien un salaire, non?

    1. Exactement, la dette c’est le résultat d’intérêts décrétés arbitrairement, perpétuant un rapport de force dont la signature passée est sensée valoir pour les siècles à venir. La seule légitimité est cette signature négociée par dessus la tête des peuples, sans leur consultation.

      Ce n’est ni moral ni démocratique, et donc à abroger ! Il est insupportable qu’un pays doivent rendre des compte à un créancier, ce dernier devenant de fait le véritable régent.

  29. 1° – Quand l’endettement d’un Etat devient équivalent à son PIB, il faut que le taux de croissance de son PIB « inflaté » soit alors supérieur au taux moyen des intérêts de sa dette, s’il veut honorer, au moins, le service de sa dette et ne pas finir ruiné.

    2° – Sinon, seul un défaut partiel – gelant une partie de ses dettes en l’attente d’un retour à bonne fortune – peut lui permettre de diminuer son taux d’endettement à un niveau compatible pour en inverser l’effet de ciseaux sur la croissance de son PIB. Le défaut est à un Pays endetté ce que le dépôt de bilan est à une Entreprise : Un acte de bonne gestion s’il est préparé à temps
    .
    3°- Une politique des taux d’intérêts bas conjuguée à des injections de liquidités (Q.E.) par les Banques Centrales permet aussi de relancer les Economies qui peuvent ainsi rembourser en partie, par l’inflation contrôlable que ces techniques génèrent, une partie de leurs dettes en « monnaies de singes ».
    « L’inflation n’est pas un risque. Les pertes potentielles des Banques Centrales ne sont pas un problème, car un capital négatif est possible » : Leurs pertes financières peuvent s’inscrire sans limite dans leur passif, ne pouvant pas être mise en faillite de par leur Statut.
    « Avec l’inflation, on réduit mécaniquement l’encours des dettes publiques. Les taux d’intérêt bas réduisent le poids du service de la dette, tandis que des taux d’intérêt réels négatifs permettent d’éliminer une partie de son principal. »

    4°- La liquidité monétaire est à l’Economie ce que l’eau est à une plante. Trop arrosée, elle pourrit et pas assez, elle se dessèche.
    Pourquoi faudrait-il payer l’eau d’arrosage à celui qui en tient le robinet alors qu’il n’est ni jardinier ni propriétaire de l’une ou de l’autre ?

    5°-« Si les dettes bancaires des Etats sont considérées comme des dettes publiques alors leurs Banquiers doivent être, légitimement, considérés comme des fonctionnaires et les Banques comme des services gouvernementaux »

    6° Comme tout prêteur fait payer une prime de risques à son emprunteur, il est juste et équitable qu’il en assume avec son assureur le risque de défaut partiel ou total, surtout en cas de mauvais conseils de sa part.

  30. L’inflation rue le consommateur, c’est pourquoi la BCE lutte contre l’inflation en étranglant le consommateur.
    Pour pas le tuer, elle l’étouffe
    sont fort quand même dans la réflexion!

    1. L’inflation est due en général, grosso modo, à la consommation homogène de larges parts de la population, maintenant si quelqu’un me démontre qu’elle est due à l’augmentation des coûts principalement, je lui répondrais que le consommateur (il s’agit de consommer dans cette économie) ne peut pas suivre. Voilà pourquoi mon hypothèse est que l’inflation majoritairement, sur la durée, etc, est due à l’augmentation de la demande.

      La seule façon de lutter contre cette inflation de longue durée, c’est de contenir la demande, autrement dit de réduire l’accès au crédit, et de ne pas augmenter les salaires. C’est donc bien en étouffant la croissance que l’on contient l’inflation….

      Autrement dit, les riches ont besoin des pauvres pour être riches, parce que :

      – Les pauvres s’achètent moins cher
      – Les pauvres ne créent pas d’inflation

      Que des avantages. L’inflation signifie la perte de pouvoir du capital, tout simplement. L’inflation faible est créée par la pauvreté, et elle signifie l’écrasement de larges parts de la population sous un pouvoir capitaliste totalitaire, plus l’inflation est faible, plus le pouvoir capitaliste est absolu. C’est ça que cela veut dire, alors il faut arrêter de faire l’apologie de la monnaie forte, car elle est synonyme du rapport de force aliénant que nous avons aujourd’hui !

      1. « il faut arrêter de faire l’apologie de la monnaie forte, car elle est synonyme du rapport de force aliénant que nous avons aujourd’hui ! »

        Vos affirmations semblent ( prudence…) ne pas s’appliquer à l’ Allemagne
        post 1949. En gros, économie forte et robuste, très bonne répartition sociale,
        croissance soutenue, et monnaie constamment réévaluée, donc sans inflation.
        ( tout ceci , avant réunification )

        C’est là le point : tout se passe comme si la monnaie forte permettait à L’ Allemagne
        d’être ce qu’elle est, avec une social démocratie amoindrie, mais encore active.

        D’ailleurs , l’ Allemagne est dans un angle mort pour les économistes.
        Elle ne réagit pas selon les canons orthodoxes, mais ils ne le voient
        pas, ou s’en débarrassent avec quelques affirmations discursives.
        du genre, un malade en sursis (démographie…) qui s’ignore.

        J’ai trouvé je ne sais où une boutade qui résume bien le cercle ( vertueux)
        allemand :
        Si la monai baisse, elle exporte plus et donc gagne plus.
        Si la monnaie est réévaluée, elle n’exporte pas moins, et donc gagne plus.
        Et la situation actuelle le confirme sur le front des emprunts:
        leur taux est tendanciellement à la baisse et inférieur à l’inflation.

        Il est bien entendu, pour le présent, que ce pays « exploite » les autres pays
        européens, référence: http://www.pauljorion.com/blog/?p=35925 .
        La question est comment avons-nous « fait  » pour aboutir à ce non-sens ?
        Que pourrions-nous faire pour mieux répartir la production
        au sein de l’ Europe ? La Grèce et les autres pays expérimentent
        une délocalisation géographique. Le cycle production- paiement
        est une boucle: les point de départ et point d’arrivée sont l’ Allemagne.
        Un non-sens complet.

        Votre affirmation  » monnaie forte synonyme de rapport de force aliènant  » est exact, avec ce correctif :
        l’ « aliènateur » est l’ Allemagne, vue comme un bloc ( vue imparfaite, naturellement.)

        [ Pas d’erreur:
        Il y a assez longtemps, sur ce blog, j’ai fait une ou deux déclarations d’amour à l’ Allemagne, et aux Allemands, en souvenir toujours vivace d’un séjour de 3 ans dans ce pays. ( rectif : au mmoins 2) ]

  31. Bonjour,
    Je me permets d’attirer l’attention sur un ouvrage qui pourrait s’inscrire dans une pensée sur la dette : DAVID GRAEBER « DEBT : THE FIRST 5,000 YEARS ». A mon humble avis ce travail est très intéressant. Si il a déjà été évoqué sur ce blog je m’excuse pour la redondance.

  32. Il me semble qu’une quatrième solution existe, quand le créancier décide de se payer sur la bête.
    Le principe des vases communiquants fonctionne bien entre dette publique et dette privée,… et les dettes privées ont une certaine tendance à se faire transférer sur la dette publique, surtout s’agissant des banques. Ils fonctionne bien aussi entre patrimoines privés. Cela conduit à raisonner sur un pot commun national.
    Un certain nombre de richesses autrefois françaises sont passées sous la houlette de ressortissants étrangers. Cela va du PSG à Arcelor, pour ne citer que quelques cas emblématiques, avec les conséquences inévitables qui en découlent.
    Quand les débiteurs sont étranglés par leurs dettes, ils vendent ce qu’ils peuvent pour continuer d’exister. Leurs créanciers, ceux qui disposent de réserves monétaires, n’achètent pas que de la dette, ils achètent aussi des richesses bien productives. Ils peuvent à la fois être sélectifs quant aux cibles et attendre que le fruit soit suffisamment mûr pour l’avoir à bon compte. Ils vendent leurs créances dans la monnaie adéquate, achètent les titres qu’ils convoitent et ensuite les vases communiquants fonctionnent au niveau national.
    Faut-il ne céder que pied à pied et continuer à payer des intérêts tout en étant grignotés par petits bouts, ou faire défaut une bonne fois, comme l’Argentine, en acceptant de lâcher un gros bout et une forte dévaluation, pour disposer d’une situation assainie, mais qui oblige à regarder les réalités en face, c’est à dire cesser de rêver au pays de Cocagne, se serrer la ceinture et bosser ?
    En fait, l’UE est écartelée entre les pays qui ont encore les moyens de résister et ceux qui se sont laissés couler par laxisme généralisé.

    1. Quand les débiteurs sont étranglés par leurs dettes, ils vendent ce qu’ils peuvent pour continuer d’exister.

      Il me semble que nous sommes dans la solution 3….

      1. @ CM

        C’est la solution 3 si l’on veut, mais il faut alors se placer au niveau du pot commun, le pays. La cas que j’ai voulu évoquer en est alors une variante.
        Ce cas est celui où, par le jeu des vases communicants, ce n’est pas la personne (physisque ou morale) qui a obtenu le crédit qui est amenée à perdre sa chemise pour le rembourser. Prenons un exemple qui n’a rien d’imaginaire :
        Une banque ou un organisme quelconque s’est endetté inconsidérément. L’état apporte son soutien en s’endettant lui-même. Pour s’en sortir, il alourdit les prélèvements sur les entreprises de production, en condamnant les plus fragiles d’entre elles à se livrer à des capitaux étrangers ou à disparaître.
        Un autre exemple est celui où une grosse entreprise, est endettée, distribue des dividendes pour maintenir la cote de ses actions, pressure ses petis fournisseurs captifs (qui se font racheter dans l’indifférence générale) et/ou abandonne une partie de ses fabrications. Savoir faire et équipements passent ensuite la frontière. Ce ne sont pas les actionnaires propriétaires ni les dirigeants qui remboursent les créances.
        Par le phénomènes des vases commmuniquants, qui joue aussi au niveau mondial, un pays affaibli par une dette massive tourne à la braderie où les connaisseurs des pays prévoyants viennent faire leur sélection.

  33. Bonjour,

    Ce billet est très instructif, certes des trois options on ne saurait choisir la moindre mais tout son mérîte (à son auteur également) provient du fait qu’un homme averti en vaut deux….
    Tout le monde aux embarquations de sauvetage en prenant soin de se munir de son gilet car celui-ci n’est pas fourni !
    Bonne journée.

  34. « Quelques exemples historiques »?

    Je n’en attendais pas moins d’un antiquiste… mais des exemples « récents » sont plus probants que des exemples du bas-empire romain, qui apportent des piste de réflexion soit, mais sont bien loin des réalités économiques et politiques actuelles. Développer les exemples Russe (refus de payement et interventions armées) ou Autrichien (dévaluation volontaire de la monnaie pour s’absoudre des dettes de guerre), par exemple, me semble plus intéressant…

    1. Pas convainquant.

      ( La connaissance de l’ Histoire vaut pour elle-même, toujours.)

      « sont bien loin des réalités économiques et politiques actuelles ».
      Qu’en savez-vous ?
      Laissons de côté les aspects triviaux propre à chaque période, la mode
      vestimentaire était autre , la ou les monnaie aussi.
      Le passé permet d’ « ignorer » les détails, c’est si loin et si peu documenté.
      Mais, sûr, les problèmes étaient bien aussi complexes que maintenant, et les solutions aussi peu évidentes.
      On pourrait se poser la question de savoir si nous saurons aussi bien négocier notre époque
      ( ses problèmes et questions) qu’eux la leur.

      Par exemple, l’absorption des vagues d’invasions ( lentes, faibles nombres par localisation,
      grande amplitude des déplacements etc…): 1/3 des grands domaines
      aux nouveaux, qui devenaient automatiquement défenseurs face à de nouvelles incursions.
      Astucieux et en phase avec l’époque.

      Une vue dans un livre ( peux pas remettre la main dessus) consacré
      aux « empereurs gaulois ». Periode : la fin et l’éclatement de l’ Empire.
      Un bémol: transition très longue.

      1. Qu’en sais-je? Moi-même historien je pense connaître un peu la question. Non, le monde antique n’est pas le nôtre, cela dépasse les questions vestimentaires. Oui, une analyse historique de l’époque contemporaine (que l’auteur de l’article balaye d’un revers de la main) serait éminemment plus judicieuse qu’une référence au bas empire. Loin de moi l’idée de prétendre que cette analyse n’apporte pas de questions, mais tenter d’apporter des réponses…

        Et non, la connaissance de l’histoire ne vaut pas pour elle-même…

  35. il en manque des possibilités:

    4) laisser le créditeur faire faillite

    En effet, si en 2008 les états avaient laissé les banques et autres organismes financiers à la faillite, pour cause de liquidité (qui cachaient, on est bien d’accord, une insolvabilité), il y aurait moins de dette. Les banques en faillite sont nationalisées, les actifs évalués à leur valeur réelle (les actifs bidons sont effacés), les comptes sont garantis à hauteur de ce qu’il faut, le reste est effacé. Si il faut, si les actifs réels ne correspondent pas aux comptes garantis, la banque centrale imprime autant d’argent qu’il faut. Problème résolu en 1 mois. Allez, 6.

    Bon, on a loupé le train de 2008, mais il repassera encore. On peut même le forcer à repasser, sous la forme d’un bank-run (à-la-Cantona) : si tout le monde retire ses sous es banques, elles deviennent à un moment donné incapables de satisfaire les retraits, et déclarent faillite.

    Ce n’est pas un défaut, puisque le débiteur de déclare pas unilatéralement la cessation de paiement, mais le résultat est le même.

  36. L’histoire,puisqu’on veut y prendre des exemples,nous enseigne que dette privée et dette publique ne font qu’une contrairement à ce qu’ont voulu prétendre des économistes soit ignares soit très intéressés,pour ne pas dire en conflit d’intérêt…Fin XVIIe la dette paysanne semblait en l’absence d’un système bancaire ,être réeelement « privée » ces dettes étant ce qu’on appelait des » rentes constituées »,sorte d’accord créancier-débiteur,le remboursement étant à l’initiative de l’emprunteur ,ce dernier n’effectuant pas de remboursement partiel du capital ,se contentant d’en verser les intérêts jusquà ,ce qu’il lui soit possible de rembourser d’un coup le Capital(certaines dettes duraient un siècle)..On voit où est le piège:emprunter pour rembourser les intérêts qu’on ne peut pas payer,cercle vicieux…Cette rente est une affaire apparemment privée,or les dettes sont si élevées que les consuls se plaignent de la disparition des foires et marchés ,que les collecteurs de taille sont les cibles des résistances paysannes et que les riches propriétaires du sol ,souvent usuriers se plaignent de ne plus trouver de fermiers,ces derniers étant incapables d’avancer l’argent nécessaire à l’exploitation…Donc on voit la mécanique dette privée -dette publique..On voit aussi la nécessité d’étudier l’histoire avant de « faire » de l’Economie..Qui a momentanément débloqué la situation???Law ,celui qui a été tant décrié par les usuriers!!!!A méditer!!

  37. @Cédric Mas.
    J’apprécie votre article. Dans le wiki du droit romain, il est mentionné que la chute de l’empire signe la période « post-classique » du droit, ou comment une civilisation presque millénaire dotée d’un Etat de droit peut sombrer dans le vulgaire. Le remboursement réel que le citoyen devait au créancier par servage consenti pourrait aussi illustrer notre futur et son droit post-moderne :

    « Au milieu du iiie siècle, les conditions pour l’épanouissement d’une culture juridique raffinée sont devenues moins favorables. La situation politique et économique générale s’est détériorée. Les empereurs assument directement le contrôle sur tous les aspects de la vie politique. Le système politique du principat, qui avait gardé quelques liens avec la constitution républicaine, commence à se transformer en une monarchie absolue qu’est le dominat. L’existence d’une science juridique et de juristes qui regardent le droit comme une science, et non pas comme un instrument pour accomplir des objectifs politiques fixés par le monarque absolu, n’est plus dans l’ordre des choses. Peu de juristes après le milieu du iiie siècle ont laissé leur nom. Alors que la science juridique et l’éducation législative persistent dans une certaine mesure dans la partie est de l’Empire, la plupart des subtilités du droit classique est négligée et finalement oubliée à l’Ouest. Le droit classique est remplacé par un droit vulgaire. Où les écrits des juristes classiques sont encore connus, ils sont modifiés et simplifiés pour rester praticables.

    Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Droit_romain

  38. Merci pour vos analyses et propositions très explicites et novatrices.

    Mon avis de candide.
    Ce sont surtout les rentiers qui ne veulent pas perdre un sou, et même en gagner sur le dos des salariés qui posent problème.
    Il faudrait faire dégorger ceux qui ont profité du « travail » productif de l’argent, hélas leurs gains ont été : dépensés, mis à l’abri dans les paradis fiscaux et des trusts, investis dans l’immobilier (valeur x 2 en 10 ans, ….), ……
    Ok pour que le salarié qui a économisé le fruit de son labeur au lieu de le dépenser puisse le récupérer rubis sur l’ongle mais attention à tous les experts en « neige qui roule amasse profit » ou « l’argent appelle l’argent », bref, pas de gants pour ceux qui se financent chaque année des vacances au soleil gratis avec leurs dividendes ou plus values acquis par le « travail » de l’argent qui correspond en réalité à de la sueur et au labeur de simples salariés.

    Pour une piste à explorer, je me réfère au petit livre remarquable de Pierre Larroutouturou « C’est plus grave que ce qu’on le vous dit …. » et qui présente un rapport qualité/prix/concision incomparable.
    En sus d’un diagnostic pertinent qui recense de manière simple de nombreuses réalités fortes et qui offrent une sacrée séance de rattrapage à d’autres novices, il fournit différentes pistes originales, sortant du cadre pour « s’en sortir » : « 15 solutions contre la crise économique à appliquer d’urgence ».
    Certes, elles ne sont peut être pas la panacée, mais au moins elles ont le mérite d’ouvrir l’horizon et de nous permettre de phosphorer, rien que pour cela, bravo.

    Pour la dette, c’est la première des neufs mesures d’urgence pour éviter l’effondrement : »Court-circuiter les banques privées pour financer l’essentiel des dettes publiques ». :(Pages 43 à 48).
    Rappels :
    la FED a prêté aux banques 1.200 Ma à 0,01% alors qu’en Europe on prête à 6, 7 ou 11%.
    en France, en 2012,on emprunte 400 Ma : 100 Ma déficit du budget (qui serait proche de 0 sans les baisses d’impôts des 10 ans passés, merci à la droite).et 300 Ma pour des vieilles dettes.
    « La passé c’est le passé », Faire payer à des taux d’intérêt colossaux ces dettes anciennes asphyxie nos économies au seul profit des banques privées.
    Solution : refinancer la vieille dette à des taux proches de 0%.
    Lumineux, simple comme bonjour, sans doute trop simple pour les têtes de nos énarques.
    Lire la suite, de la même veine. Vive le collectif Roosevelt 2012 :
    http://www.roosevelt2012.fr/

    Et aussi, sur la 12:15 du Monde du 18 avril :
    Equilibrer le solde public doit-il être l’objectif central de la politique économique ?
    http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/?p=1733
    « La crise financière de 2007-2012 a provoqué une forte hausse des déficits et dettes publics puisque les États ont dû intervenir pour sauver les systèmes financiers, pour soutenir l’activité et surtout ont enregistré une forte baisse de leurs recettes fiscales en raison de la chute du PIB. Début 2012, alors qu’ils sont loin d’être rétablis des effets de la crise (qui leur a coûté en moyenne 8 points d’activité par rapport à la tendance d’avant-crise), ils sont confrontés à un choix délicat : faut-il continuer à soutenir l’activité ou tout faire pour réduire les dettes et les déficits publics ?

    Une note détaillée développe neuf points d’analyse :

    – La croissance des dettes et des déficits n’est pas une spécificité française ; elle a eu lieu dans tous les pays développés ».
    ……………………
    « – Une économie mondiale plus équilibrée nécessiterait des pays excédentaires qu’ils basent leur croissance sur leur demande intérieure et que leurs capitaux prennent le risque de l’investissement direct. Dans les pays anglo-saxons, de plus fortes progressions des revenus salariaux et sociaux comme la réduction des inégalités de revenus rendraient moins nécessaire le gonflement des bulles financières, des dettes des ménages et des dettes publiques. La zone euro a besoin de retrouver les 8 points de PIB perdus du fait de la crise. Au lieu de se polariser sur les soldes publics, les instances européennes devraient présenter une stratégie de sortie de crise, basée sur la reprise de la demande, tout particulièrement sur les investissements préparant la transition écologique. Cette stratégie doit comporter le maintien de bas taux d’intérêt et des déficits publics tant qu’ils seront nécessaires pour soutenir l’activité ».

  39. M Mas vous avez oubliez la quatrième solutions: Supprimer la dette, comme en 17, comme partiellement en Argentine?
    Volontairement? la peur de Maximilien ?
    Je sais elle entraîne la rééducation servile de nos maîtres et de leurs domesticités »appelé classe moyenne » dans un lieu appelé l’archipel!
    Ventres affamés n’ont pas d’oreilles !

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/04/18/dans-les-files-d-attente-de-la-caf-c-est-pas-ca-la-vie_1686636_3224.html

    1. Cela s’appelle un défaut (ou une répudiation ou une cessation de payer ou une dénonciation ou un refus d’honorer ses créances…)

      Voir l’hypothèse de sortie une (préphrase un peu lourde que je préfère à « solution » trop positivement connoté)

  40. Au-delà des dettes publiques et privées, il existe une 3eme dette, la dette intergénérationnelle via les retraites et l’accès au soin dses personnes agées, supportée par les plus jeunes. La dette des Etats ets souvent une dette intergénérationnelle car décidée par des politiciens dont l’age aujourd’hui fait qu’ils ne seront pas là pour la rembourser. Demandez autour de vous aux trentenaires s’ils on l’intention de payer les retraites : tous disent non. Dans la hiérarchie des créanciers, avec plus de 1000 milliards de retraites promises pour le secteur public français uniquement, je crois que les retraités ne sont pas loin d’être les premiers créanciers et ils seront les plus impitoyables pour accepter une décôte de leurs « droits ». Pour oublier ce détail, je parie que vous avez 50 ans ou plus… La mise sous tutelle des prolétaires ne sera pas orchestrée par les marchés, mais par les retraités.

    1. L’origine des dettes importe peu, c’est son caractère exorbitant et donc insoluble qui compte.

      S’il n’y avait que la dette générationnelle, je serai plus optimiste sur le rapport de force à venir 😉

      Ce qui devrait vous indiquer que je ne suis pas (encore) dans la classe « 50 ».

      Ceci dit, la question de la dette intergénérationnelle est importante, mais elle dépasse la Crise financière.

      Devons-nous (encore) la vie à nos parents ?

  41. Le sujet est certes très intéressant, et beaucoup de commentaires le sont aussi, sur l’inflation et les politiques monétaires, les moyens historiques de faire défaut …

    Certains divaguent en parlant du méchant rentier ou de la méchante banque en général. 66% des détenteurs de la dette française sont des des non-résidents, reste 34% de méchants rentiers Français qui ont des assurances vie avec un panel allant du petit épargnant aux riches quelque soit l’origine de leur richesse …( des fonds bientôt réquisitionnés pour annuler la dette – ce n’est pas impossible, vu la réflexion de certains ici).
    Pour ceux qui cite le défaut partiel de la Grêce en exemple, les banques répercuteront nécessairement les pertes sur leurs produits, au final l’investisseur payera la facture.

    Il y a un amalgame nauséabond entre d’une part sur les banques et les financiers qui spéculent et se servent grassement sur la dette des états (taux d’intérêt) et d’autre part ceux qui épargnent par exemple sur une assurance vie avec pourquoi pas quelques actions si ça leur plait.

    Que ceux qui font cet amalgame fassent un effort de responsabilité, et se demandent comment ils feraient un budget à l’équilibre en regardant les budgets 2011 et 2012, en réduisant les dépenses et éventuellement en augmentant les impôts …
    Vous les trouverez les budgets ici http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/ .

    Dès qu’on parle ici de rigueur budgétaire, on agite un retour en récession avec des théories pseudo logico-économiques, on peut espérer une meilleure utilisation de fonds publiques pour dynamiser certains secteurs de l’économie, mais, penser que dépenser sans compter tout azimut est persister dans nos erreurs chroniques depuis 30 ans (et fuir ses responsabilités) !

      1. Du tout pour l’aiguillage, il m’arrive souvent de lire ce blog avec souvent de bonnes analyses …
        La critique est la bienvenue quand on est en capacité de l’entendre … je ne vois pas ce que vient faire le Figaro.fr dans l’histoire.

        Ah mais ça y est vous jouez au Monopoly ici, c’est un jeu !
        Eh oui au Monopoly, quand il n’y a plus d’argent en banque, on découpe du papier et on écrit des billets de forte coupure, et on peut continuer à jouer. Et puis quand le jeu n’est plus intéressant, on arrête la partie, on annule les dettes (autre moyen de faire continuer la partie) et on recommence à zéro.

  42. Un élément, qui ne me semble pas avoir été évoqué ici, vient à l’appui de votre avertissement (bien que d’autres voies restent possibles) : le sécuritarisme ces dernières années a donné des outils de nature à faciliter une telle évolution, car jamais la gestion étatique des populations n’aura été aussi puissamment instrumentée

  43. Les principales dettes et les plus dangereuses sont les long terme basées sur l’immo.
    Elles sont illégitimes car les prix spéculés ont doublé.
    Il faut en urgence établir une déspéculation en cascade par juges avec répartition de la spéculation sur les porteurs précédents , seul moyen d’éviter la faillite du préteur et emprunteur.
    C’est très simple à établir et çà ne coute rien .

  44. Excellent billet , qui sort de la pensée unique . L’immo c’est pas n’importe quoi en effet c’est au moins la moitié du patrimoine , national ou privé , peu importe , lourde hypothéque ….
    Impossible de rembourser , ouf ! çà vient à l’esprit .
    Les 3 solutions historiques , ok ! A remarquer , un détail : aujourd’hui l’Histoire est réellement
    Internationale . Situation inédite , qui m’améne à craindre qu’aucune des 3 solutions valables à
    l’époque des états méme se croyant le tout de l’univers comme l’Empire Romain ou aujourd’hui
    l’Empire Occidental/US ne soit praticable maintenant .
    On le voit avec la Syrie , qui méne le bal , sinon les plus obtus des Islamistes financés par les émirats et non l’Otan . Arabie Saoudite estimation de son crédit aux US 20% , 20% du patrimoine US à ces demeurés de salafistes , et Al Quaida . Chine : le poids dans les déficits US .
    Vous le voyez le ‘ défaut ‘ ou le ‘remboursement en monnaie de singe ‘ ? Encore heureusement
    qu’aucun choix n’est fait sinon on pourrais s’apercevoir que ces états sont capables de nous envoyer des missiles à tétes nucléaires ou autres histoire de reconsidérer nos mauvais choix .
    Quand au remboursement réel , le pouvons nous seulement ? Le Chateau de Versailles , çà
    leur fait quoi aux émirs , et nouveaux mandarins ? Reste nos femmes à vendre , çà ne fait pas
    le compte non plus , et faudrait organiser çà , fàçon entreprise publique .
    Bref il y a une quatriéme solution , pourvu qu’on en ait encore les moyens : la guerre .
    Il faut alors un peu d’imagination pour éviter l’affrontement nucléaire : attaques sous fausse
    banniére , subvertions pour des motifs hors de soupçons genre écologiques ou démocratiques , recours à des armes non-conventionnelles et n’apparaissant pas comme telles : climat , séisme , microbes naturels , etc ….
    Et surtout controler les médias …

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