AIR LIBRE, par Panagiotis Grigoriou

Billet invité. Le blog de Panagiotis Grigoriou est greekcrisis.

Bureau de vote – Grèce 6 mai 2012
« Respirez librement, respirez enfin librement, c’est la prise de la Bastille du bipartisme, l’effondrement du système collaborationniste du PASOK et de la Nouvelle Démocratie. Ce n’est qu’un début, les forces du Mémorandum, les forces de l’occupation ont été délégitimées par le vote du peuple. Nous avons résisté à la guerre économique et psychologique, nous n’avons plus peur du chantage, car le peuple grec sait désormais que les sommes prétendument prêtées à la Grèce dans le cadre des accords illégaux passés avec la Troïka, iront dans les poches de ces rapaces des marchés et aux banques. Nous pouvons désormais les menacer, et c’est aussi un message adressé à la chancellerie de Berlin. Le cobaye a bougé, il a crié, il a dit « Non ». Si finalement ils décident notre dynamitage, nous dynamiterons aussitôt toute la zone euro. Nos agents au Ministère de l’économie, vomissent chaque jour davantage la présence des contrôleurs Allemands au sein de leurs services. Les Allemands sont encore là, mais ils partiront par un vol direct Lufthansa, au départ de l’aéroport d’Athènes. Par la même occasion, tous les médias contrôlés par les armateurs ou par les promoteurs BTP, viennent de recevoir aussi une raclée historique, les peuple a préféré les ignorer. Il ont été délégitimés, ainsi que toute la politique du Mémorandum avec, bon débarras, la lutte continue. »
Voilà en résumé, la prose du journaliste Georges Trangas ce matin sur la radio Real-Fm. Trangas a bu du petit lait car l’histoire immédiate lui donne raison, sur la plus longue durée par contre, rien n’est encore certain.


Mais d’abord les résultats :

Sur 99,42 % des bureaux de vote (lundi midi) :Inscrits : 9.901.323

Participation : 65,06 %
Bulletins blancs/nuls 2,36 %
Voix exprimées : formations qui n’entrent pas au Parlement : 19,03 %
(seuil : 3 %)
Partis Sièges Pourcentage
  Nouvelle Démocratie (droite) 108 18,87 %
 SYRIZA* (Gauche radicale) 52 16,77 %
PASOK (P.S.) 41 13,19%
 Grecs Indépendants* (Droite) 33 10,60%
 KKE* (P.C.) 26 8,48 %
Aube Dorée* (Extrême droite) 21 6,97 %
 Gauche Démocratique 19 6,10 %
LAOS (Extrême droite) 2,93 %
Mouvement Écologiste 2,90 %
 Alliance Démocratique (droite) 2,56 %


(*) Formations politiques exprimant clairement leur opposition au Mémorandum

Les journalistes mainstream avaient tous mauvaise mine dimanche soir derrière les écrans, dont le plasma se vidait au fil de la soirée. À minuit passé, des journalistes à la radio et à la télévision, évoquaient déjà « cette nouvelle époque du méta-mémorandum ». D’autres journalistes à la télévision encore, n’arrivaient plus à contenir, à dissimuler leur douleur. Leurs efforts dans la « systématisation intégrale», n’ont pas été couronnés de succès. S’exprimant en serrant leurs les dents, ils ont encore répété la même messe : « il faut honorer nos signatures, le FMI, la Troïka vont interrompre le financement ». En effet, ces « perroquets du système » comme on les surnomme chez nous, ont tout juste précédé de quelques heures la menace du FMI, allant dans ce sens : « La Troïka, reviendra en Grèce lorsque le nouveau gouvernement sera formé. Ce nouveau gouvernement doit confirmer les engagements pris, par le précédent gouvernement ». Peine perdue ?
Les participants à la marche « Nice – Athènes » sur la Place de la Constitution – 6 mai 2012

Non, l’époque du méta-mémorandum n’est pas encore venue. Pourtant, l’air d’un autre temps, d’un autre calendrier politique, a soufflé très fort. Cet air du temps est d’abord celui de la dignité. Depuis, notre instantané historique se déchire enfin comme il se doit, en deux morceaux. L’ancien système politique du bipartisme a reçu un coup mortel, tandis que l’improbable (?) nouvelle coalition des anti-Mémorandum, ne se réalise pas encore. Même ce Vénizélos de l’ultime PASOK vient d’admettre que « l’ancien bipartisme n’a plus la légitimité nécessaire pour gouverner ». Il propose donc l’idée d’un gouvernent « national de coalition  non pas sur la ligne de fracture du Mémorandum, mais sur celle existante, entre forces favorables à l’Europe et les autres », d’autres « journalistes », lancent ainsi l’idée d’un gouvernement « technocrate, pour ainsi garder une certaine stabilité, indispensable aux reformes entreprises ». C’est une honte. Le grand journal du soir en France, a adopté (sur son site), le même syllogisme : « Percée des néonazis en Grèce, Vénizélos appelle à l’union nationale. L’effondrement des partis de gouvernement à l’élection législative pourrait empêcher la formation d’un gouvernement de coalition pour poursuivre la politique de rigueur dictée par l’UE et le FMI ».

Athènes 7 mai 2012
« Recherchant un gouvernement – effondrement historique des partis de gouvernement »

Les masques tombent, sauf que les lecteurs du Monde ne le réalisent pas encore. La percée de l’extrême droite nazifiante en Grèce est aussi… un élément rassurant si on analyse la situation autrement. Car je peux supposer par exemple, qu’après une telle politique du choc, pareillement appliquée en si peu de temps à d’autres pays de l’Europe occidentale, l’extrême droite, serait en phase de devenir vraisemblablement la première formation politique dans ces pays. Je trouve donc, que pour l’instant en tout cas, la Grèce a plutôt bien résisté à cette percée de l’extrême droite. Ensuite, le syllogisme suggéré par les rédacteurs du grand quotidien français, contient involontairement et en filigrane, la seule analyse juste de la situation. Car le vrai problème n’est pas l’extrême droite, mais plutôt, la poursuite de la politique de rigueur dictée par l’UE et le FMI, et celle-ci, n’est plus une affaire grecque me semble-t-il. C’est ainsi que le fascisme bancocrate est plus dangereux à mes yeux que celui des « néo-nazifiants » de toute sorte, et pour une raison évidente : c’est précisément ce premier fascisme qui est à l’origine du second, ainsi les larmes de crocodile au journal du soir ou au sein des instances de l’U.E. sur la percée de l’extrême droite en Europe, ne peuvent émouvoir que les lobotomisés du raisonnement politique.

Il se trouve alors que de nombreux grecs prennent conscience de cette grande fraude à l’échelle du continent Européen, à savoir la grande razzia sur ses peuples. L’incontestable gagnant de ces élections en Grèce, est le parti de la gauche radicale SYRIZA (16%), (à part l’extrême droite de l’Aube Dorée).  SYRIZA arrive d’ailleurs en tête à Athènes, au Pirée et dans les grandes villes, ce qui peut annoncer le tempo de l’avenir sur le reste du pays. Et si la Grèce devient elle, presque ingouvernable, c’est parce que la loi électorale attribue les premiers deux cent cinquante sièges du Parlement par la règle proportionnelle, puis, les cinquante qui restent, sont « offerts en cadeau » au premier parti. Seulement, même ainsi, le bipartisme de la Baronnie a reçu un coup mortel. Pour la même raison, le parti communiste a été presque sanctionné, car il a réussi à peine d’améliorer son score, dans un contexte où la gauche dans son ensemble a doublé le nombre de ses voix. Je précise pour éviter tout malentendu, que lorsqu’en Grèce on dit « la gauche », ce n’est pas au PASOK que nous pensons, ce dernier, « est considéré comme étant un parti anti-populaire et anti-national, car il appartient à la bancocratie », selon les représentations collectives, après deux ans de Mémorandum.
Ce matin, dans un café athénien on ne disait pas autre chose : « Je suis enseignant, j’ai toujours voté PASOK jusqu’en 2009, je me considère toujours comme socialiste, mais je ne voterai plus jamais PASOK dans ma vie, c’est terminé, ces gens veulent nous faire mourir pour arranger les banques. À nos écoles, nous n’appliquerons pas la reforme dictée par l’Europe, nous n’avons plus peur. Ils veulent augmenter notre temps de travail alors que nos salaires ont été diminués. J’ai perdu 470 euros par mois sur les 1.400 que je touchais, il y a un an environ. Je pense aussi que désormais, nous pouvons ne plus payer les taxes exceptionnelles, surtout en cas de chômage, c’est la fin de la terreur ».

Voilà ce qui est déjà acquis ce lundi : pouvoir rêver. Tous les autres leviers, restent aux mains des bancocrates, sauf l’air du temps. Nos visages sont plus joyeux, exceptés ceux des adeptes du Pasokisme, plongeant très profondément dans leurs journaux ce matin. Le quotidien « Ta Nea » par exemple, qui a bien choisi son titre : « Le cauchemar d’un pays ingouvernable », mais « cauchemar », pour qui d’abord ? L’horizon demeure brouillé. Rien n’est définitif, sauf la fin du PASOK et de la Nouvelle Démocratie du Mémorandum. Tôt ou tard, on comprendra peut-être que pour se délivrer du Mémorandum, il va falloir se défaire aussi de l’Union Européenne, ainsi que de nos propres errements. En même temps, il faut bâtir une autre politique étrangère, plus équilibrée et moins exclusive. Ce n’est guère évident. Patience, l’avenir devient enfin incertain et chaotique. Bienvenue au pays d’Hésiode.

Mendiant – Athènes 7 mai 2012
Partager :

192 réflexions sur « AIR LIBRE, par Panagiotis Grigoriou »

  1. C’est ainsi que le fascisme bancocrate est plus dangereux à mes yeux que celui des « néo-nazifiants » de toute sorte, et pour une raison évidente : c’est précisément ce premier fascisme qui est à l’origine du second, ainsi les larmes de crocodile au journal du soir ou au sein des instances de l’U.E. sur la percée de l’extrême droite en Europe, ne peuvent émouvoir que les lobotomisés du raisonnement politique.

    c’est très clair.

  2. @Panagiotis Grigoriou

    C’est ainsi que le fascisme bancocrate est plus dangereux à mes yeux que celui des « néo-nazifiants » de toute sorte, et pour une raison évidente : c’est précisément ce premier fascisme qui est à l’origine du second

    Je désapprouve l’expansion indéfinie de l’usage du terme de fascisme qui perd alors toute rigueur pour devenir une forme d’insulte inconsistante parce que diluée dans une aire sémantique floue.

    Si vous entendez que les banques en tant qu’entité capitaliste parmi d’autres soit partie prenante dans certaines coordonnées historiques à soutenir des organisations fascistes rempart à la socialisation, à la collectivisation, je peux souscrire à ce genre d’analyse.

    Si vous entendez que l’organisation du système bancaire comme tel est à l’origine des groupuscules fascistes, alors démontrez plus longuement le ramassé de votre opinion.

    1. En Suisse, pays bancocrate s’il en est, l’UDC (équivalent du FN) est le premier parti du pays (26,5% des voix aux dernières élections). CQFD ?

      1. L’Udc, substantifique moelle, isolationniste, libéral-conservateur, antisémite et xénophobe, de ce pays-verrue de l’Europe… on y trouve même des hauts gradés partisans de l’idée d’une «Grande Suisse incorporant le Land allemand de Bade-Wurtemberg, les départements français d’ Alsace, de de Savoie, du Jura et de l’ Ain, les provinces italiennes d’ Aoste, de Côme, de Varèse et de Bolzano, ainsi que la région autrichienne du Vorarlberg»…
        Dernière initiative populaire, collecte de signatures en cours, de ce merveilleux parti suisso-suisse ? Sauvegardons les réserves d’or de la BNS !!!
        http://archives.24heures.ch/actu/economie/udc-lance-initiative-or-bns-2011-09-20

    2. rosebud,

      que cherchez vous à préserver?

      si c’est une improbable rigueur intellectuelle, une intégrité conceptuelle souvent fallacieuse, je vous rassure, ceux qui rackettent les populations ne s’en encombrent pas vraiment.

      And I sincerely believe, with you, that banking establishments are more dangerous than standing armies; and that the principle of spending money to be paid by posterity, under the name of funding, is but swindling futurity on a large scale.
      Thomas Jefferson

      aujourd’hui le terme de fasciste est employé dans un sens général pour désigner un régime capitaliste se maintenant par la coercition. non par adhésion. voici le point fondamental.

      je vous fais une petite prédiction:
      j’imagine fort bien que si d’aventure la france s’enfonçait dans un scénario à la grecque, nombre de gens spéculeront sans fin sur la légitimation à donner, ou pas…, à l’emploi de la force publique contre les manifestants. en attendant la répression se fera ; et certains découvriront alors avec un étonnement à peine simulé qu’ils s’accommodent aisément d’une société autoritaire, réactionnaire et surtout inégalitaire, bref une société fasciste ou néofasciste.

      1. @methode 8 mai 2012 à 15:08

        que cherchez vous à préserver?

        Je cherche à ne pas passer sous silence comme le dit autrement schizosophie que « la charge historique des mots à estampille politique s’est considérablement diluée pendant ces trente ans ».

        Jefferson ne connaissait pas le fascisme, et les extrapolations transhistoriques ont leurs limites.
        Je remarque que je parle fascisme et qu’on me répond, aussi : UDC et banques suisses. Non la Suisse n’est pas une dictature de type fasciste, quand bien même 25% de ses concitoyens s’expriment en faveur d’un parti qui ne partage pas les mêmes références historiques que le FN même s’il en partage le laïus xénophobe. Un démocrate indien du Kerala assimilera le statut de nos immigrés aux dalits : ceux-là ont eu raison de se convertir au bouddhisme, au christianisme, à l’islam, au communisme.
        Pour la coercition, j’ai l’habitude de répondre humoristiquement : et la discipline sphinctérienne, c’est du fascisme ? Et si la coercition est « le droit de contraindre quelqu’un à accomplir son devoir, à obéir à la loi », je ne connais pas de société où n’existe pas de coercition. Quand à l’adhésion, je ne développe pas comment ça colle, ça fait école etc. mais on parle de qualité d’adhésion dans les partis !
        Sur votre prédiction. Oui, on a déjà vu. N’empêche 100000 manifestants dans les rues à Moscou, c’était Gorbatchev qui demandait la démission de Poutine. Vous connaissez la suite. Même qu’il participait au sacre hier.
        J’ai participé à un déménagement aujourd’hui en compagnie d’une électrice FN âgée. Pauvreté des arguments, angoisse communiquée par le petit écran, du vent pas facile à inverser en quelques heures.

      2. avec un pseudo pareil ça ne m’étonne pas vôtre histoire de rétention annale. simplement ça marche dans les deux sens, rosebud.

        actuellement la rétention se fait plutôt au niveau de l’argent qui devrait rentrer dans les caisses de l’état pour être redistribué plutôt que décamper dans des paradis fiscaux.

        ce billet parle des grecs. donc présentement le devoir d’un grec serait d’accepter les mesures d’austérités destinées à régler une dette illégitimes dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle est un artefact financier édifié par les cadres du grand capital pour capter l’argent des classes moyennes et des plus pauvres, et s’en foutre plein les poches?

        alors ouais les mots sont galvaudés, mais avant les mots il y a les gens dans la misère, et ça laisse la désagréable impression que les inégalités sociales vous paraissent plus acceptables que la xénophobie…

        moi ça me semble tout à fait lié.

        d’où le fameux,

        C’est ainsi que le fascisme bancocrate est plus dangereux à mes yeux que celui des « néo-nazifiants » de toute sorte, et pour une raison évidente : c’est précisément ce premier fascisme qui est à l’origine du second

        (pour la suisse dont l’origine de la fortune est plus que douteuse, no comment.)

    3. Le flou de l’expression « fascisme bancocrate » ne réside pas seulement dans l’usage du substantif, mais dans celui de l’adjectif « bancocrate » qui renvoie à celui de « bancocratie » initié par Proudhon dans Systèmes des contradictions économiques ou Philosophie de la misère.

      « Les producteurs, qu’il s’agissait d’associer, sont devenus totalement incapables d’association ; ils ont perdu le goût et l’esprit du travail : ce sont des joueurs. Au fantasme de la concurrence, ils joignirent les fureurs de la roulette. La bancocratie a changé leur caractère et leurs idées » Ce constat semble refléter une évidence en temps de crise. Une sorte d’aliénation spirituelle, de crise morale, semble s’emparer des producteurs : ils ne travaillent plus mais jouent, l’économie ne produit plus. Mais qu’entend Proudhon par « producteurs » ?

      « Jadis ils vivaient entre eux comme maîtres et salariés, vassaux et suzerains : maintenant ils ne se connaissent plus que comme emprunteurs et usuriers, gagnants et perdants. Le travail a disparu au souffle du crédit ; la valeur réelle s’évanouit devant la valeur fictive, la production devant l’agiotage. » Pour Proudhon les producteurs sont à la fois les entrepreneurs et les travailleurs. Et le motif de sa vindicte est le crédit, la bancocratie n’étant que la traduction politique de cette sorte de valeur sans valeur, de cette richesse sans contenu. Il ne s’agit pas d’une position anticapitaliste, seulement d’une position qui s’attaque de manière moraliste aux effets de concentration sociale de la richesse aux moments où l’expansion du capital (au sens de Marx) est freinée, lorsqu’une part énorme de celui-ci est suspendue hors de la production. Le capital est méchant lorsqu’il ne fait pas travailler selon Proudhon, il l’appelle alors le crédit :

      « Le crédit, en un mot, à force de dégager le capital, a fini par dégager l’homme lui-même de la société et de la nature. Dans cet idéalisme universel, l’homme ne tient plus au sol ; il est suspendu en l’air par une puissance invisible. » Où il appert que selon Proudhon, le capital et l’homme ont été chassés de la société… comme s’ils étaient condamnés à vivre ensemble.

      L’aire sémantique de « bancocratie » révèle une analyse insuffisante de la nature et du processus du mode de production capitaliste. Cette analyse a été dépassée par celle de Marx qui repose sur la distinction entre salariés et capitalistes et sur la notion de temps de travail social moyen nécessaire en tant qu’elle porte toutes les formes de la valeur comme travail mort, déjà accomplit, ou travail vivant, en voie d’accomplissement. C’est l’inquiétude quant à la poursuite de cet accomplissement qui forge le caractère des crises. Le crédit n’est que la forme que prend la valeur lorsqu’elle ne fait pas travailler. C’est une promesse encore non tenue. Le capitalisme a besoin de vivre en avance sur son temps. Les fascismes se posent comme anticapitalistes en jouant la lyre du ressentiment que provoque le creusement accéléré des inégalités sociales et ne propose que sa dénégation par l’imposition militaire de toutes formes de différences. La réduction du mode de production capitaliste à la notion de « bancocratie » leur suffit bien.

      Proudhon n’est évidemment pour rien dans ces usages qui lui sont ultérieurs, mais dépasser son analyse est devenu urgent. Il en va de même du dépassement de celle de Marx, qui est plus précise, ce qui rend la tâche plus difficile, mais tout aussi urgente. Les hommes ne se posent-ils pas que les problèmes qu’ils peuvent résoudre ?

      1. Oui schizo, le problème étant que tu dézingues Proudhon avec Marx, ce qu’il avait déjà fait lui-même. Est-ce qu’il aurait fait de même avec Keynes ? Sûr. D’ailleurs, difficile de ne pas voir des accointances entre Keynes et Proudhon. Et, en espérant pas faire rappliquer Finckh, tu sais ce qu’écrivit Keynes de Gesell dans sa Théorie générale en 36 ? De Gesell qui se présentait comme un disciple de Proudhon.
        «The future will learn more from the spirit of Gesell than from that of Marx.»
        Tain, on n’en sort pas… 🙂

      2. @vigneron, le 8 mai 2012 à 19 h 18

        Mon laïus était surtout motivé, tout en comprenant malgré cela les belles intentions de Panagiotis Grigoriou, par l’expression de « fascisme bancocrate » que j’ai bien peur de voir se répandre en guise d’explication confusionniste à plusieurs degrés. Or Misère de la philosophie ne s’était pas préoccupé de « bancocratie » dans son dézingage. J’ai déjà lu trop souvent bankster sur ce blog, que j’imagine – peut-être à tort – colporté par des titulaires d’ass-vie déjà horrifiés que l’Etat leur prenne « tout » à eux-mêmes. Non que je voue un quelconque amour à l’endroit des banquiers, mais j’essaie de conjurer la pauvreté d’analyse à l’approche des nuages. Merci pour la citation de Keynes, vigneron. Pour Marx about Keynes, voir Mattick, comme tu sais. On n’en sort pas ; on essaye.

      3. @vigneron, le 8 mai 2012 à 19 h 18
        Dans son dézingage Misère de la philosophie n’avait fait aucun sort à « bancocratie ». Le fascisme ni le Protocole des sages de Sion n’étant pas encore passés, il n’y avait alors aucun enjeu à le faire. Sur Marx about Keynes, voir Mattick, comme tu sais. Merci pour la citation de Keynes.

        On n’en sort pas ; on essaye.

      4. @schizosophie 8 mai 2012 à 18:36
        je goûte encore la traçabilité de la marchandise que tu proposes. Les sources sont intarissables et quelle énergie ! Je regrette aussi l’usage malheureux de Bankster par le FDG.

    4. socialisme ou barbarie. foin d’atlantisme.

      l’expression de fascisme bancocrate, suivant le billet ci-dessus, est pourtant tout à fait claire:
      – le peuple grec refuse la pilule néolibérale qu’on cherche à lui administrer par la force.
      – le peuple grec refuse de servir d’esclave corvéable à merci pour rembourser le fric dont il n’a jamais vu la couleur contrairement aux propriétaires de yachts qui pullulent dans ses criques.

      le fascisme ne remet absolument pas en cause la propriété privée
      , il n’est qu’une mouture coercitive du capitalisme, son allié dans les périodes ‘difficiles’, moyennant quelques concessions (à reculons pour certains) du patronat à des leaders populistes. le fascisme à l’ancienne détournait une partie de la production vers des objectifs nationalistes, comme coloniser un pays.

      sauf que ça c’est des vieilles lunes, aujourd’hui on colonise économiquement et linguistiquement, ce qui n’est pas forcément moins violent, le fascisme dans son sens large c’est donc le libéralisme musclé ou ordolibéralisme:
      – le commerce internationale sans condition, protégé si nécessaire par l’armée.
      – empêcher toute politique sociale redistributrice, si besoin à l’aide des forces de… l’ordre.

      mais il est vrai que beaucoup ici font semblant de croire à la concurrence ‘libre et non faussée’…

      on peut donc raisonnablement dire que le fascisme, encore une fois au sens large, est la conséquence directe de la cupidité et de la vanité des élites.

      je maintiens ma petite prédiction.

      la stratégie du choc
      La-diversite-est-au-service-du-neoliberalisme

      1.  » Le fascisme proposait un modèle, réactionnaire et monumental, mais qui restait lettre morte. Les différentes cultures particulières (paysannes, sous-prolétariennes, ouvrières) continuaient impertubablement à s’identifier à leurs modèles, car la répression se limitait à obtenir leur adhésion en paroles. De nos jours au contraire, l’adhésion aux modèles imposés par le centre est totale et inconditionnelle. On renie les véritables modèles culturels. l’abjuration est accomplie. »
        Pasolini, Ecrits corsaires, 1974, cité par Georges Didi-Huberman, Survivance des Lucioles
        Pour Pasolini, un nouveau type de fascisme se développe depuis les années cinquante, qu’on pourrait qualifier pourquoi pas de « bancocrate ». Ce constat cependant ne devrait pas nous empêcher de  » devenir nous-mêmes des lucioles et de reformer par là une communauté du désir, une communauté de lueurs émises, de danse malgré tout, de pensée à transmettre ; dire oui dans la nuit traversée de lueurs, et ne pas se contenter de décrire le non de la lumière qui aveugle » écrit Didi-Huberman dans ce livre magnifique écrit en octobre novembre 2008 en écho à la crise qui s’ouvrait.

  3. Bonjour,
    Respirez plus librement ,
    Dernière centrale nucléaire éteinte au japon,
    et en plus il fait beau.

    Pour le premier jour de l’après cataclysme çà va pas si mal, ou pas pire comme disent les québécois.

    Maintenant , il reste à surveiller que les gouvernements dits « d’union nationale » ne s’unissent pas pour préserver les intérêts du 1%.

    C’est la chienlit mon général, mais le machin bouge encore. Il va y avoir du sport pour récupérer les clés.

    Bonjour quand même
    Et n’oubliez pas de fleurir vos monuments aux morts

  4. Et voilà sommes revenus en 2008 , 4 ans de tergiversations qui ont empiré les dettes.
    Qui va appuyer sur le bouton qui fera exploser ces dettes en milliers de petits préteurs lésés ?
    C’est pourtant nécessaire si l’on veut repartir en avant.
    Tout le reste n’est qu’acharnement thérapeutique de soi disant experts trouillards.

    1. « C’est pourtant nécessaire si l’on veut repartir en avant. »

      Pourquoi vouloir la ruine des petits épargnants ?

      1. Il n’y a pas de petits épargnants . Il y a des épargnants qui misent sur l’épargne , ou espèrent en elle . c’est un même crédo . On ne dira pas c’est un petit croyant . c’est ou ce n’est pas . cette croyance alimente le courant , le flux . Le monde marche à l’unisson dans ce registre . Et tant pis pour les mécréants …. ceux qui ne peuvent ni épargner ou croire .
        l’ennui avec l’épargne , c’est bien qu’elle donne l’illusion d’une liberté alors qu’en fait elle n’est qu’une possibilité d’imposer aux autres , travail ou consommation .
        c’est pour ça que les banquiers font toujours des yeux doux à ceux qui garnissent leurs comptes .

        les gros épargnants , eux , ne sont pas gênés aux entournures pour ruiner les petits . c’est une dynamique collective . y a-t-il des lois comme en physique ? la dynamique des fluides ? des lois ou des décisions ?

      2. Pourquoi vouloir la ruine des petits épargnants ?

        Pour éviter la ruine des plus riches.

      3. Hey, Marlowe & co, arrêtez de rêver ! Relisez Fonds de pension, piège à cons de Lordon. Les fonds de pension c’est eux les poids lourds sur les marchés financiers, plus de 30 000 milliards $, pas loin derrière y’a les mutual funds (dont par ex les OPCVM), et les compagnies d’assurance (dont AXA dans le top). Ajoutez les fonds souverains au total (plus les hedge funds mais c’est peanuts en volume) et on doit pas être loin des 100 000 milliards d’actifs financiers. Et des centaines de millions de « petits épargnants » derrière.
        Un rappel : le pays number one pour le poids de ses fonds de pension en rapport à son Pib, c’est la Hollande : 134% du Pib en 2011, 1000 milliards $…

      4. @ Le Zeb,

        Et comment on les siphonne ? Pour rester dans la terminologie du réservoir, parce que t’as bien compris que c’est pas de la baignoire dont on parle, ça serait trop facile, on s’y prend comment pour élaborer le plan, avec qui, à quelle heure, qui s’occupe du chien, qui dégote les cagoules, qui apporte les tuyaux, qui fait le guet, qui a les jerricans, qui les porte, on siffle combien, et surtout… Le plus crucial, qui va aspirer le premier pour amorcer la pompe à vide ? Et si les flics arrivent on fait quoi ? Une idée chef ?

    2. Vous n’avez pas voulu choisir entre la guerre et le déshonneur vous aurez les deux , la guerre et le déshonneur.
      Vous n’avez pas voulu choisir entre l’annulation des dettes et la misère , vous aurez les deux , la dette impayée et la misère.
      Nous sommes en 1939.

  5. Les grecs vont finir par démontrer la théorie de Keynès sur les victimes de victimes dans les crises du capitalisme….Ce que l’on peut dire c’est qu’ils vont peut-être démontré la supériorité de la pulsion de survie des peuples opprimés à l’engeance financière et politique, mais à quel prix!
    Cela empêche de penser que l’esclavagisme est encore possible, que l’esclavagisation des peuples ne peut être un projet politique en soi… que la privation de ressources du plus grand nombre a des limites… Nous devrions plus soutenir les grecs, pour qu’ils ne vivent pas sous une « aube sanglante »….! Qu’ils s’ouvrent qu’ils sachent que bien que nous soyons encore moins bas dans le maelstrom, nous subissons les mêmes forces….

  6. Tôt ou tard, on comprendra peut-être que pour se délivrer du Mémorandum, il va falloir se défaire aussi de l’Union Européenne, ainsi que de nos propres errements.

    Oui, la logique impose de renier l’appartenance à une UE libérale et ouvertement anti-démocratique. Si on ne peut changer cette Europe-là (et je crois fondamentalement qu’on ne le peut car les intérêts des uns et autres divergent trop) alors autant s’en défaire et soutenir la renaissance de l’Etat-souverain, seul garant de l’intérêt de ses citoyens et seule force légitime à pouvoir s’opposer à une vision libérale de l’économie mondiale.

  7. Ce 8 Mai,18h45,lisez sur le site de l’HUMA »image d’union républicaine,et que voyez-vous???Sarko et Hollande en photo….Conclusion pour le PC Sarko vient d’acquérir un titre,(républicain )et certainement qu’on nous appellera à voter UMP ,pour « barrer la route à le Pen,double langage ,incompétence et souci de conserver ses fromages…

  8. Article remarquable pour sa lucidité et les perspectives entrevues. Après ça il n’y a pas grand chose à ajouter. Le peuple grec – le cobaye – la ramène, c’est clair. Le combat risque de devenir âpre entre ceux qui comprennent qu’ils n’ont plus rien à perdre, qui sont prêts à faire tout valdinguer et les « raisonnables » à la traine de la finance internationale.
    Un gouvernement ? Les « raisonnables » risquent d’être déçus pendant un moment. Remarquez les Belges, plutôt « bonne pâte », il est vrai, n’en ont pas eu pendant des mois et la vie continuait vaille que vaille…peut-être mieux que s’il y en avait eu un !
    « Moins d’Etat » contre « plus d’Etat » est un faux dilemne qui soutend que l’on n’a pas compris la nature dudit Etat, émanation d’une classe, qui avec des gouvernements de gauche ou de droite ba sciemment déréguler les marchés financiers et provoqué encore mieux crise et récession. On peut toujours rêver à un néo keynésianisme mais comme les lois de la pesanteur la logique du système solidement aux mains des financiers qui contrôlent les états, va de nouveau clairement apparaître.
    Ce qui se passe en Grèce est aussi bien sûr, un avant goût de ce qui peut se passer bientôt en France

  9. Pas de gouvernement possible après ces élections, rebelote dans un mois; si aucun gouvernement n’arrive à se constituer, est-il imaginable que l’armée prenne le pouvoir par un coup d’état ?

  10. La mndialisation a tout de même un effet positif, les échanges culturelles et informatifs. Ceci provient des militaires américains (je ne sais pas l’origine bien qu’elle soit sûrement commercial), qui avait un réseau internet à eux.

    Avant pour résumer l’international, c’était les communistes, Reagan et Thatcher. Vers les années 80, l’internet a connu un petit développement, c’était à cause de l’effondrement progressif du régime communiste, très lourdement attaquer par l’arme pétrolière. Dans les années 90, il n’y a pas eu d’explosion de l’internet, bien que déjà plus répandu que le téléphone portable.

    L’internet c’était le nid de ceux qui était contre le gouvernement américain, ce n’est même pas un cliché. Son essor et sa publicité étaient très mauvaises pour les opinions, une méfiance de cet accès probablement. Peut-être au niveau du commerce, c’était intéressant et rentable pour certains visionnaires, mais c’était encore minoritaire.

    En fait c’est la télévision qui a donné le boom de l’internet, il y a probablement d’autres facteurs comme l’ouverture future de marché que l’on nomme émergeant. Mais c’est la boîte mail qui a révolutionné le net, le premier et le plus simple des réseaux, avant ni Twitter ni Facebook n’existaient, et les CV ont vu apparaître des boîtes mails.

    Après il y a l’accès aux forfaits accessible aux masses (qui est sûrement l’une des idées les plus libres -dans un sens- de notre époque), le développement du commercial international (plus seulement visible que par des bulles) et les opinions. Maintenant il y a un même parti politique le parti pirate (le nom moyen).

  11. @Panagiotis Grigoriou :

    Pensez-vous qu’il soit possible de constituer une majorité qui serait au moins ferme sur la renégociation des conditions imposées par la troïka, avec le résultat actuel ? Le KKE semble décidément bien trop momifié et absurde pour permettre l’émergence d’une gauche ferme au pouvoir. Cela laisse Syriza coincé entre les pro-austérité, un seul petit parti de gauche anti-austérité, des petits partis de droite, et les néonazis. Je ne vois malheureusement pas Tsipras pouvant former une coalition – il faudrait alors qu’il rassemble large, et obtienne le soutien du PASOK, ce qui semble totalement impossible.

    Le PASOK n’arrivera à rien, ça c’est sûr. Tsipras est le seul qui a un peu de crédibilité, mais l’absurdité du KKE ne permettra pas l’émergence d’une majorité.

    Résultat :
    – soit durant les « consultations de la dernière chance » autour du président, on invoque le spectre de l’intérêt national, du chaos, et on « convainc » l’un ou l’autre petit parti de droite de venir faire l’appoint pour le PASOK et ND (ce qui aurait été impossible sous la houlette de Samaras ou de Venizelos comme formateurs de gouvernement, car cela aurait alors été renier publiquement les grandes déclarations faites avant – mais l’invocation du sauvetage de la mère patrie peut permettre les retournements de veste, peut-être…)
    – soit on retourne aux élections, et de deux choses l’une : Syriza obtient cette fois suffisamment de voix pour remporter l’élection, empocher le bonus de 50 sièges, et est en position de force pour imposer un gouvernement de gauche – ou, et c’est là tout le danger, les électeurs restants de ND et du PASOK s’éparpillent, dont une partie importante pour les petits partis de droite, et les néonazis, et là, on sait plus du tout à quel jeu on joue…

    Mon analyse – certainement simpliste et empreinte d’ignorance pour toute une série de choses – a-t-elle un sens ? Quelle est la vôtre, par rapport à l’évolution de la situation ?

    1. Bonjour, je pense que nous allons vers de nouvelles élections où les positions des uns et des autres et surtout la recomposition des partis et des alliances permettront un autre paysage politique. Votre hypothèse (Syriza bénéficiant du bonus de 50 sièges) est plausible, mais elle n’est pas la seule probable. Ce qui est pour l’instant acquis, tient du sentiment (à confirmer ou pas) que la peur change de camp. À partir de là, tout devient possible et réellement imprévisible.

  12. Très intéressante analyse : « En Grèce, succès de la gauche radicale, impasse institutionnelle »
    En clair, les sortants ont tout intérêt à soutenir leur opposant principal pour accéder au pouvoir, afin de ruiner celui-ci par sa faiblesse et le principal gagnant de ne pas accéder au pouvoir …
    En plein délire.
    Effectivement, la seule recomposition politique qui vaudrait serait le retour aux urnes, mais cette fois-ci avec la prise à témoin des grecs devant l’impossibilité de réaliser quoique ce soit dans le cadre imparti. Soit, la nécessité d’amplifier leurs votes.

    Autre solution, celle évoquée dans l’article et à laquelle Syriza s’emploie apparemment : recomposer la gauche grecque de sorte qu’une union des multiples partis permette enfin cette recomposition politique … lors d’une nouvelle élection.
    Mais d’ici là, il faudra éviter le ‘piège’ d’un gouvernement d’union nationale.

    1. Quoi qu’il en soit, même si retour aux urnes il doit y avoir, les nouvelles coupes budgétaires prévues en juin ont du plomb dans l’aile, c’est déjà çà. Mais je vois mal Tsipras en premier ministre d’un gouvernement de gauche unifiée opposant un « non » tonitruant mais « discipliné » à l’UE, aux FMI et autres créanciers privés du pays (suffit d’écouter ses discours). Et puis, s’il y a d’autres législatives en juin, je ne vois pas pourquoi les résultats seraient différents. Bref, le chaos sauf remise en selle par entourloupe des mêmes hurluberlus du PASOK et de ND (genre gouvernement minoritaire). Eh oui, c’est çà le scrutin à la proportionnelle… signé : un belge.

      1. @ kohaagen :
        Parce que chaque élection rebat les cartes et distribue des rapports de force différents. Et qu’annoncer une nouvelle donne redistribuera forcément les cartes, que ce soit au sein de chaque parti et/ou au sein de l’électorat.
        Syriza n’est pas passé très loin (2%) de la ‘prime’ à la majorité (50 sièges supplémentaires). Et de fait, s’il était à la place de ND, la recomposition serait autre. Et de fait, la recomposition en cours se fait autour de ses positions, pas de celles de ND ou du PASOK.
        Les 2,90% du parti écologiste, par exemple.
        Mais pour se faire, il faudrait une union à gauche, à minima entre la Syriza et les écologistes, pour avoir une chance et d’avoir des sièges pour les écologistes (raté de peu, mais qui peut dire ce que sera demain si de nouvelles élections devaient être ?) et la ‘prime’ de 50 sièges de majorité. Et dans ce cas, la position minoritaire du PASOK pèserait bien moins qu’actuellement …
        C’est le pari de Syriza, sans doute. Faire acter par les grecs et par les partis de gauche qu’étant donné le cadre imposé, il est nécessaire de sortir du cadre du bipartisme institutionnel imposé … en l’utilisant (créer une reconfiguration à gauche).

        Comme on dit, un tour pour passer.
        Le second devrait faire sortir de nouvelles cartes.
        Si d’ici là au sein de chaque parti les potentiels élus se tiennent tranquilles, eux qui verraient avec angoisse un second tour se lancer et avec lui, la possibilité de perdre un siège déjà acquis et pousser à un gouvernement d’union nationale pour préserver leurs intérêts personnels.
        Tout est possible, dès lors où les joueurs acceptent que jouer en dehors du cadre établi est possible.
        Mais ça, c’est déjà fait, depuis dimanche dernier.

      2. Raté Zeb tes coups d’billards à trois bandes. Le Pasok s’est remis au centre du jeu, tranquillou.
        Pour faire un parti de coaliton, faut d’abord être un parti unitaire, et au moins éviter les petites crises internes à la mords-moi qui ont fait que par exemple la Gauche Démocratique, qui a un temps fait partie de la Syriza, lui tire maintenant dans le dos.
        Et t’façons rin à faire Zeb, un sondage avec les deux tiers de l’opinion qui veut pas lâcher l’euro, ça pèse, lourd.

      3. @ Vigneron :
        Ceci expliquant sans doute cela : http://www.pauljorion.com/blog/?p=36704#comment-318986
        La Syriza ne veut pas lâcher l’euro, de ce que j’en ai compris :
        « Alexis Tsipras, chef de file de Syriza, a balayé cette critique d’un revers de main :
        « Affirmer que notre appartenance à l’euro est en danger est un mythe construit de toutes pièces, un chantage exercé par les partis favorables aux plans de renflouement et un outil visant à pressurer le peuple afin qu’il accepte des mesures qui nous amèneront la misère. » »
        http://www.rue89.com/2012/05/08/quest-ce-que-syriza-le-parti-de-gauche-radicale-qui-remue-la-grece-231969
        La question n’est donc pas, contrairement à ce que râbache le PASOK concernant la Syriza, de quitter ou non l’euro : ça, c’est la politique à la Sarkozy, celle de la peur.
        De la même manière que Sarkozy prophétisait en cas de victoire du PS un état de Grèce (pouah …) à la France, le PASOK prédit pour les grecs une sortie de l’euro si un gouvernement d’union nationale n’est pas porté sur les fonds baptismaux.

        La peur surtout de perdre les élections et le pouvoir.
        Et c’est autrement plus puissant qu’un pseudo parti ‘unitaire’ et de petites rancunes soit disant ‘tenaces’.
        A ces deux tiers dont tu parles concernant l’euro, on pourrait parler de même des deux tiers d’électeurs ayant exprimés un vote qui rejettent les sortants et leur austérité, qui repartent pour un tour avec un nouvel animal de compagnie.
        Et ça, sans compter même les abstentionnistes, ça pèse aussi très lourd.
        De plus en plus.

        PS : en parlant de gouvernement d’union nationale, voici ce qu’en disait le daron il y a deux ans presque jour pour jour.
        http://www.pauljorion.com/blog/?p=11242
        On pourrait paraphraser ceci : « Si l’on n’évoque plus seulement les gouvernements d’union nationale dans mes billets, mais à Athènes également, les événements se précipitent singulièrement. »

      4. Non non Zeb, beaucoup plus simple et couru d’avance : http://www.pauljorion.com/blog/?p=36704#comment-317839
        La même stratégie que celle de Papandréou, un pas en arrière, deux pas en avant (ou le contraire, qu’importe), menace puis reculade. Aujourd’hui, après quatre jours de crise et de unes économiques et politiques dans les journaux européens, accord de gvt avec « assouplissement » attendu de la troïka et Schauble de faire mine de reprendre la main aujourd’hui aussi (mais aujourd’hui seulement…) en disant dans le Rheinische Post, de sa grosse voix gutturale : La zone euro peut supporter une sortie de la Grèce :

        […] L’Europe ne sombre pas aussi facilement. […] Nous voulons que la Grèce reste dans la zone euro. Mais elle doit aussi le vouloir et remplir ses devoirs. Nous ne pouvons forcer personne. […] Nous avons beaucoup appris ces deux dernières années et construit des mécanismes de protection. Les dangers de contamination pour les autres pays de la zone euro sont devenus plus faibles et la zone euro est dans son ensemble devenue plus résistante. […] La crise a montré: quand il faut agir vite, l’Europe peut réagir rapidement. […] L’idée que nous ne serions pas capables de réagir à court terme devant quelque chose d’imprévu est faux. […] Il est dangereux de raconter des boniments aux citoyens en leur disant qu’i existerait une autre voie plus simple qui guérirait la Grèce en évitant toutes les épreuves. C’est absurde.

        http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/p-1911-La-zone-euro-peut-supporter-une-sortie-de-la-Grece-estime-Schauble.htm?&rub=2&xml=newsmlmmd.91ced134344039e0ead489d57c37f082.51.xml
        Comédiante, tragédiante…

      5. @ Vigneron :
        En politique, rien n’est couru d’avance ! (cf. mon post sur dernier fil d’aujourd’hui)

  13. A Panayotis Ghrighoriou : je repose cette question, à laquelle j’aimerais bien avoir la réponse d’un homme qui connait le pays :

    « Pas de gouvernement possible après ces élections, rebelote dans un mois; si aucun gouvernement n’arrive à se constituer, est-il imaginable que l’armée prenne le pouvoir par un coup d’état ? »

    Merci d’avance.

    1. Bonjour, je ne le pense pas, à moins de « créer » une « situation très exceptionnelle ». Entre temps, et d’après mes informations, nombreux sont les officiers qui désavouent le Mémorandum. J’espere in fine, que l’idée d’envoyer en Grèce une « force de stabilisation » sera écartée car effectivement trop risquée.

      Merci

    1. Hollande a décliné.
      Tsipras rendra son mandat demain au président grec (lire Athens News). Viendra-t-il tout de même à Paris pour rencontrer JLM ?

      1. Si cette information est avérée alors c’est vraiment de très bon augure. Je sens que le règne de Hollande va être fantastique. Je sens que son gouvernement va être formidable. Je sens qu’ils vont vraiment aimer les gens en les réchauffant dans la joie pure aux rayons bienfaisants de leur justice sociale. Et notre belle jeunesse qui ne demande qu’à s’épanouir dans cet océan d’amour et de bienveillance qui lui sera répandu. Que de folles ambitions socialistes vont enfin être réalisées! J’entends déjà les lendemains chanter.

      2. @Zébu : à moins que j’aie mal compris, il m’a semblé lire que Hollande, président de la République, ne recevra pas de chefs de partis politique, et ne pourra recevoir que des homologues ou autres officiels d’un point de vue diplomatique. Voici l’annonce de Athens News hier :

        5.59pm Alexis Tsipra’s hopes of meeting with German Chancellor Angela Merkel and newly appointed French President Francois Hollande, have been shot down in flames, after his requests were denied by both parties. « The Chancellor only meets with chiefs of state and government » was the short answer by a Merkel representative, while the French Presidency has said that protocol does not allow for meetings between the President and political party leaders. Interestingly, it has emerged that Steffen Seibert, press secretary to Angela Merkel’s office has denied that any formal approach for a meeting was made by Tsipras, but stressed that now such meeting was possible, when asked by the press.

        Je traduis :
        17h59 : les espoirs d’Alexis Tsipras de rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel et le président français nouvellement élu François Hollande ont été descendus en flammes, après que ses requêtes se soient vu opposer un refus par les deux parties. « La chancelière ne rencontre que des chefs d’état et de gouvernement », fut la brève réponse d’une représentant de Merkel, tandis que la présidence française faisait savoir que le protocole ne permettait par qu’il y ait de rencontres entre le président et des dirigeants de partis politiques. Il est intéressant de noter qu’apparemment, Steffen Seibert, attaché de presse au bureau d’Angela Merkel, a nié qu’il y ait eu la moindre demande de rencontre formelle par Tsipras, mais il a insisté pour dire qu’aucune rencontre de la sorte n’était possible, lorsque la presse l’a interrogé.

        Sinon, le refus de Hollande me semble logique : il ne peut pas recevoir un chef de parti/formateur de gouvernement anti-mémorandum ouvertement, en le criant sur tous les toits : si l’on admet un instant – avec peut-être un peu de naïveté, mais le scénario fiction vaut la peine d’être évoqué – qu’il s’apprête à jouer à « je te tiens, tu me tiens par la barbichette » avec Angela, ce genre de jeu se fait dans les coulisses, et certainement pas en pleine lumière. On ne montre pas ouvertement que l’on renforce son « camp », et on fait les choses dans l’ombre, en s’arrangeant pour que l’adversaire ait une issue honorable.

        Bref, pour moi, il est logique que Hollande dise qu’il ne rencontrera pas Tsipras, tout comme il pourrait bien être tout à fait logique que Tsipras, s’il vient bien à Paris voir JLM, ait l’occasion de rencontrer également de manière discrète des conseillers de Hollande.

        Maintenant, nous verrons bien.

        (en attendant, la presse « mainstream » grecque, inféodée soit au PASOK, soit à ND, tire à boulets rouges sur Tsipras et fait flèche de tout bois pour le décrédibiliser. Ceci dit, il semble que les électeurs ne regrettent pas d’avoir voté contre les partis pro-mémorandum, et que les seuls regrets que l’on trouve concerne ceux qui ont voté pour Chrissi Avgi – ce qui serait un signe très encourageant si de nouvelles élections devaient avoir lieu)

      3. @ Hououji Fuu :
        ‘ta fait d’accord avec l’analyse tactique. Ma répartie était ironique.
        Il me semble évident qu’il faille travailler dans l’ombre pour Hollande, surtout qu’il n’est pas (encore) certain qu’il puisse y avoir de nouvelles élections.
        « les seuls regrets que l’on trouve concerne ceux qui ont voté pour Chrissi Avgi – ce qui serait un signe très encourageant si de nouvelles élections devaient avoir lieu » : oui. Il y a aussi les écologistes, qui regrette d’être passé si prêt du but. Ils auraient tout intérêt à s’allier à la Syriza.

      4. Donc Hollande serait en accord avec Syriza mais ne voudrait pas le montrer pour laisser une issue honorable à la mère Merkel. Okay, je note ça dans un coin. Je sens qu’on va bien se marrer.

      5. @Au sud de nulle part :

        Je pense que vous extrapolez juste un tout petit chouia ma pensée, un tout petit petit. Je n’ai pas dit que Hollande était en accord avec Syriza. J’ai dit que, si jamais il l’était, de toute façon il n’accepterait jamais de le rencontrer au grand jour, et ce pour des raisons diplomatiques assez évidentes.

        Sur ce, bon amusement, mais soyez gentil, ne déformez plus ce que j’écris, je n’aime pas ça ! 😉

      6. @Hououji Fuu : Ha. Effectivement j’ai légèrement déformé vos propos dans le sens de l’hypothèse la plus improbable par taquinerie. Vous noterez tout de même que l’utilisation du conditionnel dans ma formulation laisse envisager l’autre hypothèse. Sans étonnement je constate à votre réaction que vous n’y croyez pas trop non plus.
        Blague à part j’ai un gros doute quant aux raisons diplomatiques que vous évoquez car il ne me semble pas que les conservateurs allemands en fassent de leur côté un si grand usage qu’il faille prendre des gants pour leur faire comprendre que certaines limites ont été atteintes voire même allègrement franchies.

  14. Dernière info publiée sur Athens News, le résultat d’un dernier sondage en cas de nouvelles élections :

    9.26pm Here are the results of a Marc poll, conducted two days after the elections and aired by Alpha TV. Syriza are still growing in power it seems, while all other parties are losing voters. the breakdown is as follows:

    Syriza – 27.7 (128 seats)
    New Democracy – 20.3 (57 seats)
    Pasok – 12.6 (36 seats)
    Independent Greeks – 10.2 (29 seats)
    KKE 7 (20 seats)
    Golden Dawn 5.7 (16 seats)
    Democratic Left 4.9 (14 seats)

    C’est intéressant, d’autant plus que d’autres articles du jour semblent indiquer que le vote pour Chrissi Avgi desendrait significativement.

Les commentaires sont fermés.