L’actualité de la crise : DES CHATEAUX EN ESPAGNE, par François Leclerc

Billet invité

Un euro valant ce matin 1,2389 dollars et des taux obligataires en forte hausse témoignent que les capitaux continuent de quitter la zone euro et que les investisseurs vendent quand ils le peuvent les obligations espagnoles et italiennes, mises dans le même sac, qu’ils cherchent aussi un refuge en achetant de la dette américaine, britannique ou allemande, dont les taux sont au plus bas. Un phénomène aussi inquiétant que la hausse du coût de celle des autres. Les obligations à deux ans allemandes étaient assorties ce matin d’un coupon zéro, du jamais vu, tandis que les espagnoles devaient concéder 6,7 % et les italiennes plus de 6 %. Le plus préoccupant étant que le sort de l’Italie est lié à celui de l’Espagne.

Les conciliabules précipités ne manquent pas et s’élargissent aux Américains. Le ministre de l’économie espagnol Luis De Guindos a rencontré hier à Berlin Wolfgang Schäuble, ministre des finances allemand, sans que rien n’ait filtré sur le contenu des discussions. « Le gouvernement allemand a confiance dans la voie des réformes sur laquelle s’est engagée l’Espagne » a affirmé aux journalistes et pour tout commentaire Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement allemand. Une conférence téléphonique a eu lieu dans l’après-midi, à laquelle Angela Merkel, Barack Obama, Mario Monti et François Hollande participaient. Comme à chaque fois que la discussion est sérieuse, rien ne sort. Soraya Sáenz de Santamaría, la vice-présidente du gouvernement espagnol, a été dépêchée aux États-Unis, où elle doit rencontrer aujourd’hui Christine Lagarde et Timothy Geithner.

Dans le silence assourdissant ambiant, on n’entend que les dénis allemand et espagnol. Philipp Rösler, le ministre libéral allemand de l’économie, assure que « les problèmes qui affectent actuellement la zone euro peuvent être réglés par une ratification rapide du traité budgétaire, qui peut envoyer un signal fort aux marchés que les Européens sont prêts à défendre leur monnaie ». Luis de Guindos, son homologue espagnol affirme à propos de l’essai raté de recapitalisation de Bankia, contre toute évidence, que « le gouvernement espagnol n’a présenté aucun plan à la BCE et la BCE n’a rien rejeté ».

Passons aux choses sérieuses. Une fois encore, les autorités européennes sont prises à contre-pied. Elles se préparaient à décider lors de leur sommet dans un mois la création d’une « Union européenne bancaire » allant tout régler et pensaient pouvoir repousser la crise espagnole à plus tard. C’était sans compter avec Mariano Rajoy, qui doit être voué aux gémonies.

Le nouveau plan en gestation est prudemment avancé comme devant être mis en place par étapes et repose sur une évidence très tardivement reconnue : il faut déconnecter les dettes privées des dettes publiques pour les traiter séparément en évitant le phénomène de contagion. Mis en image, cela donne qu’il faut couper en deux la patate chaude pour qu’elle refroidisse plus vite.

Pour parer au plus pressé, un fonds européen de garantie des dépôts devrait permettre de diminuer le risque systémique, afin que les déposants ne soient pas incités à les évacuer vers des cieux plus cléments, précipitant les banques dans la déroute. Ce phénomène hante les autorités, car elles ont senti le vent du boulet en Espagne.

L’« Union européenne bancaire » repose sur une mutualisation bancaire des pertes financée par leur taxation. L’idée est de percevoir une cotisation annuelle représentant 1 % des dépôts, et de faire prioritairement payer les actionnaires et les créanciers pour ne pas mettre à contribution les États. Si nécessaire, cette structure pourrait avoir accès en complément au Mécanisme européen de stabilité (MES), ou même à la BCE via celui-ci, mais ces dispositifs qui mobilisent des fonds publics demandent à être précisés et adoptés. La confiance régnant, ladite structure pourrait geler le versement des dividendes et changer le management d’une banque en détresse afin de prendre la main et de piloter son sauvetage, tandis que la BCE fournirait les liquidités permettant de la maintenir à flot.

Le diable tourne autour des détails de cet édifice encore sur plan. Une question de fond n’ayant pas encore été réglée : selon quels critères préventifs de telles mesures lourdes de sens seront elles engagées, afin qu’il ne soit pas trop tard ? Leur annonce ne précipitera-t-elle pas l’effondrement qu’elles chercheront à éviter ? Peut-être que la présentation par la Commission européenne du projet, annoncée pour le 6 juin, abordera ces questions.

Le problème des banques réglé, reste celui des États. Les projets sont de ce côté moins avancés, après avoir débuté par une ode à la croissance qui n’a pas trouvé de point d’appui. Les objectifs sont identifiés, mais il reste à trouver les moyens d’y parvenir. Ils sont au nombre de trois : permettre aux États en péril de bénéficier pour se financer de meilleurs taux sur les marchés, dégager les moyens qui amélioreraient leurs recettes fiscales, et étaler dans le temps le calendrier de réduction du déficit afin qu’il devienne jouable.

La mise en musique de cette feuille de route suppose de trouver un accord portant sur les euro-obligations, dont Pierre Moscovici (le nouveau ministre de l’économie et des finances français) et Jean-Claude Juncker ont tenté hier de définir entre eux les contours, lui donnant comme objet de ne financer qu’une partie de la dette, inférieure à 60 % du PIB par exemple, afin de ne pas pousser au crime.

La poursuite des débat engagés sur les Project bonds et leur financement devrait aboutir à la définition du second volet, mais il reste à trouver le moyen que certains des investissements soient comme le réclame François Hollande à effet immédiat. Enfin, sur le modèle de ce qui vient d’être chichement accordé à l’Espagne par la Commission (mais à confirmer), après avoir été refusé à la Belgique et aux Pays-Bas, un étalement du calendrier de réduction du déficit parachèverait l’édifice. Ce qui ne serait qu’anticipation de ce qu’il faudra de toute manière accepter.

Un tel contexte, une fois adopté, permettrait de maintenir la stratégie de désendettement, après l’avoir largement amendée. Les banques devraient plus compter sur elles-mêmes et le garrot serait un peu desserré sur la gorge des États. Beau comme un camion, ce plan A’ est loin d’être accepté, en raison des farouches oppositions allemandes, ses initiateurs comptant sur les rebondissements de la crise européenne pour les réduire progressivement.

Mais ce plan ne dit pas avec quels bouts de ficelle les banques espagnoles vont être recapitalisées et l’État et les régions vont pouvoir continuer à se financer. La Grèce reste une inconnue sur laquelle il est continué de faire silence, les yeux rivés sur les sondages électoraux qui donnent alternativement vainqueur Nouvelle Démocratie et Syriza. Dans les deux cas, une renégociation du « memorendum » ne pourra pas être évitée, mais les incertitudes restent énormes dans le second et peuvent déjouer ce plan.

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121 réflexions sur « L’actualité de la crise : DES CHATEAUX EN ESPAGNE, par François Leclerc »

  1. Tokyo et Pékin se passent du dollar

    L’objectif des deux puissances économiques mondiales (Chine : 2ème, Japon : 3ème) est de dynamiser leurs commerces et investissements bilatéraux. Il sera donc possible d’échanger des yuans contre des yens, ou des yens contre des yuans, grâce à un calcul de taux de change qui se fera sans passer par la monnaie américaine. Pékin souhaite réduire les risques liés aux fluctuations du dollar, qui a vu sa courbe faire des dents de scie. Pékin possède une bonne partie de la dette américaine en bon du Trésor, la fluctuation du dollar a entrainé des pertes pour les Chinois qui ont vu leurs échanges avec les Américains se refroidir.

    Internationaliser le yuan C’est la première fois que la Chine accepte de négocier sans passer par la case dollar, traduisant sa stratégie d’internationalisation progressive de sa monnaie, le renminbi (yuan). « C’est un pas important vers l’internationalisation du yuan. Cet accord ouvre les portes à une conversion future de la monnaie chinoise directement dans d’autres monnaies, et cela, en plus de ce traité yen-yuan. Il y aura donc d’autres monnaies qui entreront dans cet accord à l’avenir », a estimé Yao Wei, analyste en Chine pour la Société Générale à Hong Kong à Radio France Internationale….

    http://lagaffe.canalblog.com/

  2. Ici, le détective Marlowe livre une partie du résultat de son enquête concernant les motivations réelles de François Leclerc, de Paul Jorion et de quelques-uns de leurs complices, pas tous identifiés.

    C’est une nouvelle version d’un incipit célèbre qui doit être reconnu par l’élite des lecteurs du blog.

    La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s’annonce comme une « immense accumulation de catastrophes ». L’étude de la catastrophe sera par conséquent le point de départ de nos recherches.
    La catastrophe est d’abord devenue notre milieu naturel, une situation irréversible qui par ses propriétés satisfait les besoins de ceux qui étaient des humains…

    1. @Marlowe

      C’est sans honte que je vous dis ne rien avoir compris à votre post. Pouvez-vous expliciter les conclusions de votre enquête pour le petit peuple ?

      1. à Mathieu,

        Pour savoir ce qu’est un incipit, il faut consulter un dictionnaire : incipit : premiers mots d’un chapitre ou d’un livre.

        Le texte que j’ai détourné, ou retourné, ou modernisé, etc. est celui des premières lignes du Capital de Karl Marx qui emploie le mot « marchandises » là où j’utilise « catastrophes ».

        La suite est à l’avenant.

        N.B. L’élite des lecteurs du blog, c’est à la fois que ce texte est réservé, quoique j’en donne volontiers la clé, à des lecteurs cultivés (il y a eu en 1967 un premier détournement de l’incipit original de Marx par Debord qui remplace « marchandises » par « spectacles »), à ceux qui, spontanément, comprendront que le blog de Jorion (le JB) est empreint de catastrophisme et enfin c’est un signe désabusé et ironique pour ceux qui, lisant presque tous les articles et les commentaires, sauront à quoi je fais allusion en parlant d’élite.

        Par ailleurs :
        « Justement , les smileys, qu’on appelle aussi emoticons (icônes des émotions) et aussi plein de petites images (…) servent à mettre les points sur les « i », à éviter les malentendus ou simplement à en mettre plein la vue ! » Libération, 28 février 2001, pages 29.

      2. Je suis désormais au fait sur la forme, et vous en remercie. Mais quel est votre projet ici ?

      3. @ Marlowe (La crise sur le gateau)
        ////« Justement , les smileys, qu’on appelle aussi emoticons (icônes des émotions) et aussi plein de petites images (…) servent à mettre les points sur les « i », à éviter les malentendus ou simplement à en mettre plein la vue ! » Libération, 28 février 2001, pages 29. /////

        Un peu pauvre , je trouve …
        Les blogs ou forum sont selon moi, plus proche du langage parlé que de l’ écrit …….Mais le langage parlé complémente son expression orale par une expression gestuelle …..Les fameux rites de Goffman , servant a désaffecter les propos ou les nuancer. A remplacer l’intonation qui peut transformer une insulte en un mot doux ….. c’est me semble t il le role imparfait de ces « machins » …a remplacer le langage du corps .

      4. à Mathieu,

        Mais quel est votre projet ici ?

        J’ai connu Jorion par ses livres sur la crise parus chez Fayard et j’ai ensuite fréquenté son blog, pour suivre la dimension économique et financière de la catastrophe contemporaine à laquelle s’est ajoutée le retour de la folie nucléariste.
        J’ai fait aussi quelques rencontres à partir du blog, ce qui n’est pas négligeable.
        Je pense que, comme quelques autres commentateurs et intervenants, je recherche aussi une dimension plus large que la critique de l’économie financiarisée et en particulier des solutions pour sortir non seulement de ce qui nommé crise, mais pour sortir de l’économie ou plus exactement pour sortir l’humanité du bourbier dans lequel elle s’est enfoncée.

        Et vous ?

        marlowe@orange.fr

      5. @Marlowe

        Je suis arrivé ici en cherchant à diversifier ma revu de littérature économique (avec entre autre « La crise du capitalisme américain »).

        J’y reste pour la même raison.

    2. @ Marlowe
      De Chandler à Debord …
      T’es vraiment tjrs dans la citation
      Un jour on entendra ta voix .

      1. à taratata,

        Oui, j’aime bien les citations et je les préfère – et de loin – aux liens (quel drôle de mot !) vers Internet.

    1. La Constellation espagnole

      Mme Soraya de Santamaria a ete depechee toutes affaires cessantes a Washington pour
      ‘rencontrer’ Timmie Geither et Christine Lagourde; elle vient de faire savoir qu’ elle ne
      repartirait que dimanche, apres avoir assiste a la reunion du Cercle Bilderberg.
      C’ est ca le PP, avec Luis de Guindos, minisre de l’Economie en provenance de GS. Vaya Desmadre !!

  3. Je trouve pour ma part hallucinant que des obligations Espagnoles & Italiennes trouvent encore preneur, même au-delà de 6%.
    Les investisseurs se moquent-ils à ce point de perdre leur mise ? Ou ont-ils tous des CDS adossés ? Et quand bien même, en cas de défaut, les capitaux permettant de déclencher ces CDS existent-ils réellement ? Comment peuvent-ils en être sûr ?
    J’ai vraiment du mal à comprendre. A moins que ce soit des machines qui déclenchent ces achats.

    1. Ce ne sont pas des automates, mais un Exterminateur pré-programmé.
      La grande Allemagne a une revanche à prendre sur le Monde et la Russie aussi.

    2. Jason, réveillez-vous !

      Le monde dans lequel nous sommes, encore, obligés de vivre, est bel et bien dirigé par des machines.

      Ecoutez donc un des tubes de James Brown (JB)

    3. C’est une bonne question, il me semble.

      Je dirais que la réponse est de ce côté-ci: ils achètent à 6%, mais c’est un acte à portée immédiate. Contrairement à ce qui est écrit sur le titre « à un an », « à trois ans, etc, eux achètent à une seconde!
      Ils revendent à tout moment !
      Donc ils s’en fichent, du terme de l’obligation qu’ils achètenet, et la théorie du « 2% d’intérêt + 4% de prime de risque = 6% » est une pure intox. C’est un argument de voleurs adressé au public ignare par-dessus la tête des intermédiaires complices que sont les élus et les gouvernements… (Je m’étonne que Paul la répète, avec une certaine ironie certes, mais enfin, je m’étonne.)
      Le rôle que les uns et les autres nous demandent de tenir, c’est: gogos.

      « L’amour c’est du pipeau, c’est bon pour les gogos », de Brigitte Fontaine

  4. Je construirais bien un château en Espagne moi, ou ailleurs, pourvu qu’il y ait du sable et de la mer et que je puisse y aller 🙂

    Le goût de l’éphémère, de la légèreté, juste un petit moment.

    1. Si vous construisez votre château en Espagne sur le sable, il faut choisir la côte Est, là où les marées sont moins prononcées.

      1. Merci du conseil 😉 Mais les châteaux de sable ne sont-ils pas faits pour être emportés par la mer et le vent ?

  5. Encore des nouvelles d’Espagne :
    Les Asturies , cette fois-ci .
    Espagne : La colère des mineurs .
    Avant même le déclenchement demain 1er juin de la grève générale des mineurs des Asturies en Espagne par les syndicats CC.OO et UGT, la colère des mineurs explose face aux menaces de licenciements.
    Le bassin minier des Asturies a été à l’origine de grandes luttes de longue durée dans les années 1930 puis 1960 qui finirent par détruire les régimes en place. Les mines pourraient être encore une fois le commencement de la fin d’une dictature, cette fois-ci celle des marchés et ses nouveaux « technocrates ».
    Les syndicats majoritaires CCOO et UGT ont convoqué la grève illimitée dès demain 1er juin dans le secteur charbonnier à cause de la réduction des aides publiques.
    Le climat de protestation s’est installé dans les bassins miniers depuis déjà quelques semaines et les arrêts temporaires ont déjà paralysé l’industrie minière du pays non pas seulement aux Asturies mais aussi dans d’autres régions comme Castilla y León, Andalucía, Castilla-La Mancha et Aragón.
    Les syndicats culpabilisent de cette situation tandis que la protestation s’étend dans tous les bassins miniers et les blocages d’autoroutes se généralisent. C’est le cas de Puertollano, ville minière et industrielle dans le centre du pays où on vit d’intenses journées de protestation menées par les mineurs. Environ 70 travailleurs participent au blocage de la route N-420, dans la mine d’Encasur. C’est le troisième jour d’une grève suivie par 100 % des employés. Ils sont déçus après la réunion tenue avec le ministère. Pour eux cette réunion a seulement eu lieu pour ralentir la grève et les mouvements des ouvriers. Malgré ça, des cars vont partir vers Madrid pour la manifestation unitaire convoquée par les syndicats. Il faut remarquer que les premières grèves politiques contre la dictature de Franco ont commencé dans ce bassin en 1962 lors de l’arrivée au pouvoir des « technocrates » du franquisme.
    Environ 8000 mineurs étaient en grève ce mercredi 30 mai 2012, selon le porte-parole de l’Union Générale des Travailleurs des Mines Victor Fernandez.
    Les mineurs ont monté des barricades à l’aide de troncs d’arbres sur l’autoroute nationale N66 à Campomanes, à proximité d’Oviedo dans le nord de l’Espagne.
    Posted on 31 mai 2012 by juralib
    Infos de leur presse (El Païs), transmises à Solidarité ouvrière par un camarade, 31 mai 2012 .

    1. « Le bassin minier des Asturies a été à l’origine de grandes luttes de longue durée dans les années 1930 puis 1960 qui finirent par détruire les régimes en place. »

      Quel régimes? Ni la République ni le franquisme ont été détruits par les mineurs. C’est l’armée, avec Franco à sa tête, qui a mis fin à la grande grève de mineurs de 1934 en faisant plus de 3 000 morts. Et dans les années 60 Franco, qui n’avait pas oublié la tuerie de Asturias et ne voulait plus d’histoires avec eux, les a « matés » avec des salaires énormes et en laissant le Parti Communiste agir assez librement dans le coin (c’était le seul endroit en Espagne à l’époque où il le faisait).

      « Les mines pourraient être encore une fois le commencement de la fin d’une dictature, cette fois-ci celle des marchés et ses nouveaux « technocrates ». »

      Vous rêvez vraiment. Des grèves comme celles des mineurs il y en a tous les jours en Espagne. Et pour l’instant cela n’a pas eu la moindre influence sur le gouvernement espagnol, plus occupé à obtenir du fric à Bruxelles, Berlin ou Washington et d’éviter les diminutions des pensions de retraite que leur demande l’UE (et qui seraient bien plus dangereuses politiquement que les grèves des mineurs), que des conséquences sociales des « recortes ».

  6. Jason, pas des machines bien sûr, mais de gros investisseurs et/ou spéculateurs qui préfèrent avoir du 2 ans italien ou espagnol à 6 ou 7% – avec quelques Cds attachés, pour la forme – en plus, ou plutôt que, de l’allemand ou du français de même échéance à 0 ou 0,7%. Faut les comprendre : imaginez le pire, i.e les titres italiens ou espagnols ne valent plus rien, combien vaudraient les français ou même les allemands dans ce cas là ? Bref, ça s’appelle parier, spéculer quoi.

  7. Bonjour Monsieur Jorion,

    Que pensez vous de l’initiative Roosvelt 2012 animé par Pierre Laroutrou, Rocard et d’autres??
    Que pensez vous des solutions qu’ils proposent??

    Merci

    1. Que pensez vous de l’initiative Roosvelt 2012

      L’affaire Roswell vous voulez-dire ? L’en a d’jà causé : une affaire trouble, le crash anecdotique d’un improbable OVNI, Objet Valant Notre Indifférence.
      PS : mais son plus jeune fils, le benjamin Jorion quoi, s’appelle Théodore, pas Franklin.

  8. Bonsoir à tous. Si pour changer un peu de vos propos ésotéricos-économiques, parfois quelque peu intellos, parfois simples et bien directs, polémistes et bretteurs, on innovait un peu?… (je l’ai fait dans l’industrie pendant plusieurs décennies et il n’y a pas tellement à gagner – sauf pour les financiers-, tiens, tiens..). Voilà ma propal : Faites un gallup (tiens ça existe encore ça..) sur ce blog, qui consistera à savoir parmi tous les affidés qui est atlantiste et qui ne l’est pas !!! Si la réponse penche plus pour le second cas que pour le premier, vous aurez à votre portée une foule de solutions pour résoudre la crise européenne ! Dont certaines très simples : fabriquer mille ou deux mille milliards d’€ (papier, façon US) et relancer la machine; Pomper 60% de taxes sur tous les comptes off shore des banques européennes (de quoi désendéter tous les Etats européens) . J’arrete là car cela deviendrait trop simple et n’intéresserait plus personne…Bonne soirée à tous et…bon sondage..

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