L’actualité de la crise : CENT MILLIARDS POUR LES BANQUES ESPAGNOLES, par François Leclerc

Billet invité.

Il n’était plus possible de durer. Deux heures et demie de téléconférence entre les ministres des finances de la zone euro, auxquels s’était jointe Christine Lagarde au nom du FMI, ont été nécessaires pour mettre au point le dispositif permettant aux gouvernements allemand et espagnol de sauver la face. Les premiers ont obtenu que l’aide aux banques espagnoles transite par l’État, accroissant ainsi son déficit, tandis que les seconds tentent de faire valoir qu’il ne s’agit pas d’un plan de sauvetage et d’une perte de souveraineté, l’aide n’étant par ailleurs assortie d’aucune mesure d’austérité budgétaire.

Jusqu’à cent milliards d’euros vont être prêtés au Frob, le fonds de soutien aux banques gouvernemental, à charge pour le gouvernement de réaliser un assainissement de son système bancaire, selon des modalités qui restent à définir. Le FMI, qui ne contribue pas financièrement au sauvetage, aura la tâche de superviser sa bonne exécution.

Trois questions sont désormais posées :

1/ Ce sauvetage des banques va-t-il détendre le marché obligataire et permettre à l’État et aux régions de financer à des conditions acceptables leur dette sur le marché, pour éviter qu’un second volet financier soit prochainement nécessaire ? C’est en tout cas ce qu’espère Wolfgang Schäuble.

2/ L’Irlande a immédiatement demandé à bénéficier du même dispositif à titre rétroactif, c’est-à-dire d’un sauvetage de ses banques sans les mesures d’austérité budgétaire qu’elle a dû consentir. Le précédent espagnol ne va-t-il pas faire date, dans le sens d’un assouplissement des contreparties exigées ?

3/ La dette publique espagnole allant s’accroitre du montant de l’aide aux banques, quel nouveau calendrier de désendettement sera-t-il fixé ?

Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, a déclaré à Welt am Sonntag, avant la tenue de la téléconférence que l’Allemagne n’acceptera pas toutes le exigences européennes, bien qu’elle soit profondément attachée à l’euro. Une manière de dire qu’il ne faut pas compter sur d’autres évolutions de la position allemande, tout en reconnaissant que celle-ci est possible dans certaines limites.

Il va falloir le concrétiser, car des occasions vont en être données selon Der Spiegel. La bande des quatre formée par José Manuel Barroso, Jean-Claude Juncker, Herman van Rompuy et Mario Draghi mettrait la dernière main à un projet d’euro-obligations d’un type nouveau. Selon les termes de celui-ci, chaque gouvernement national ne conserverait la possibilité de décider de ses dépenses que si elles sont couvertes par des recettes. Tout besoin budgétaire allant au-delà devrait être soumis à l’eurogroupe, qui pourrait ou non émettre des euro-obligations pour financer le projet correspondant. L’eurogroupe serait contrôlé par un organisme dans lequel siégeraient des représentants du Parlement européen pour donner un minimum de légitimité démocratique à ses décisions.

Mario Monti, de son côté, a insisté pour qu’un volet consacré à la croissance soit impérativement adopté lors du prochain sommet, avant de recevoir François Hollande jeudi prochain et de réunir le 22 juin celui-ci avec Angela Merkel et Mariano Rajoy. Revenant sur la situation des banques, Christine Lagarde a préconisé jusqu’à l’entrée de l’État au capital des banques, si nécessaire, et l’adoption d’un plan comprenant une supervision unifiée des banques, la création d’une autorité bancaire ainsi que d’un fonds d’assurance européen unique. Des décisions à prendre, selon elle, en concomitance avec la réalisation d’une union budgétaire, sans autre préalable.

Toutes ces propositions contredisent la ligne défendue par Angela Merkel, et trouvent leur éclairage dans le dernier communiqué publié par l’agence Moody’s : « Si la Grèce devait quitter l’euro, menaçant ainsi l’existence de la zone euro, nous serions amenés à revoir toutes les notes souveraines des pays de la zone euro, y compris ceux qui ont un AAA ». Le gouvernement allemand est ainsi directement et symboliquement visé.

Dans une semaine, la Grèce retourne aux urnes après avoir bénéficié de 347 milliards d’aides sous forme de prêts et d’annulation de dette sans que rien ne soit réglé. Nul ne sait qui, de Nouvelle Démocratie ou de Syriza, en sortira le premier parti et dans quelles renégociations il faudra entrer, à moins que le pays aille très vite vers la cessation de payement. Nul ne sait en Europe quelles conséquences il en découlera alors, les uns affichant la confiance, les autres la crainte. Est-il possible de tenir un tel pari ?

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111 réflexions sur « L’actualité de la crise : CENT MILLIARDS POUR LES BANQUES ESPAGNOLES, par François Leclerc »

      1. @karluss :

        Je ne veux pas répondre à la place de zébu, mais je suppose qu’il souhaite souligner que les créanciers qui sont les bénéficiaires de l’argent débloqué par la troïka ne sont pas les états, mais bien des structures privées : banques, fonds d’investissement, etc.

        Bref, on pompe l’argent public, le nôtre, on nous impose une politique de déstructuration et de régression sociale, le tout pour alimenter et préserver les intérêts privés, très bien compris, d’une clique qui est aux manettes depuis un bout de temps.

      2. @Zebu

        quand tu dis « les notre, de créanciers ».

        C’est ambigu.

        Veux tu dire:

        nos créanciers à nous Français?
        ou
        les créanciers de chez nous, la France?
        ou encore
        les créanciers de chez nous la France, qui sont aussi nos créanciers à nous les Français?

      3. @ Karluss et Kerjean :
        La bonne réponse est la réponse 2. Pour la réponse 3, ce ne sont pas nos créanciers : la dette publique est majoritairement détenue par des non-résidents (quoique, avec les paradis fiscaux et autres zinzins, on ne sait jamais …)

      4. Zébu, détenteurs des créances sur la France : grosso-modo, ⅓ résidents (assurances-vie au ⅔), ⅓ non-résidents, ⅓ banques centrales. Pareil pour la RFA, la moitié des créances détenues par des non résidents est dans le bilan de BC.

    1. “All the loans accorded by the Troika are illegitimate”
      Eric Toussaint
      http://www.internationalviewpoint.org/spip.php?article2641
      Eric Toussaint develops ways out of the debt crisis which are very useful for different countries in Europe and beyond. He comments on the situation in Greece after the elections of May 6, 2012. He tackles the issue of the accession to the EU and the Eurozone that some countries like Croatia, Bosnia, and Serbia are seeking. He also answers to more general questions.

  1. « Il n’était plus possible de durer. »
    Et c’est bien dommage. Car quand on sait que ce sont les meilleurs qui partent les premiers, on se dit que ce qui reste va nous faire regretter que cela n’ait pas duré plus longtemps …
    Plus sérieusement, François, quand vous écrivez « Est-il possible de tenir un tel pari ? », ne pourrait-on pas aussi écrire « Ont-ils le choix, dans le monde qui est le leur, que de faire ce pari sans même être obligés de le tenir ? » ?

    1. tu veux dire qu’une fois le gâteau bouffé il n’y aura plus rien pour les autres ? Un peu comme les retraites …

      1. @ Karluss :
        J’avais pas pensé à ça mais c’est aussi une possibilité.
        Non, plus basiquement, référence à « Pour 100 briques, t’as plus rien » …

      2. @zébu

        « Pour cent milliards d’euros, t’as plus que le secteur bancaire espagnol »

        D’aucun évaluent l’ardoise des banques à plus de 400 milliards. Soit le résultat du produit simple du nombres logements sans acquéreurs (4 millions) et du coût moyen estimé d’un logement (100.000 euros). Cette estimation fait d’ailleurs l’impasse sur les déperditions induites par le ralentissement de l’économie espagnole, européenne et mondiale.
        La seule incertitude concerne l’échéance de la mort de l’Euro voire de l’U.E.
        Autre incertitude … la réaction des peuples.

  2. Les aides de l’UE ne vont jamais qu’aux banques ou à leurs créanciers et c’est pourtant les peuples qui paient, au final, l’addition par des politiques d’austérité totalement inefficaces. C’est de l’aveuglement pur et simple. Du temps de mes études on disait que « Jupiter quos vult perdere demendat » autrement dit : Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre!
    Il ne faut pas s’étonner que les peuples rejettent cette Europe!!!

  3. 100 milliards seront ils suffisants?
    Que retenir du plan de sauvetage des banques espagnoles?
    Les allemands ont cédé tout en ne cédant pas,les Irlandais se sentent les cocus de l’histoire (autres temps,autres moeurs),l’Espagne est mise entre parenthèses(on verra plus tard pour la dette publique,le FMI va jouer son rôle de surveillant général) dans l’attente des élections grecques…
    Hollande aura ses eurobonds à la mode » belgo allemande »,il aura sa majorité qui votera le TSCG(objectif déficit 0,l’abstention du PS lors du vote du MES donc son consentement),la boucle est bouclée,ite missa est,…la liturgie(étym :service du peuple) libérale a été à peine écornée,sauf que le peuple n’est pas d’accord,son rôle d’agneau pascal,sacrificiel,commence à lui peser,les prêtres vont être chassés du temple avec leur bimbeloterie…

    1. Il est clair depuis au moins le 29 mai 2005 en France et le 1er juin aux Pays-bas que l’Europe n’a pas de légitimité démocratique et est avant tout au service des banques et/par des bureaucrates non élus, et que les élus sont au service de l’idéologie ultralibérale de la concurrence libre et non faussée!
      De toutes les façons ce monde est en train de mourir mais en attendant ils seront toujours malfaisants jusqu’à ce que leur système s’effondre sous le poids de ses contradictions et tares congénitales. La fin se rapproche : l’Espagne, la Grèce, le Portugal et l’Italie vont l’entrainer vers sa chute finale très bientôt.

    2. les Irlandais se sentent les cocus de l’histoire…

      Chômage en Espagne ? Près de 25% officiellement, plus de 50% pour les jeunes.

    3. Ite missa est…

      Vous oubliez ce qui est tout aussi important : FIAT LUX, qui rend si populaire l’Eglise catholique auprès d’un certain constructeur automobile…

      Ici comme ailleurs on a les lumières qu’on peut.

      Ce n’est pas le phare qui fait avancer la machine, mais il éclaire le chemin….

  4. Le FESF n’avait plus que 200 milliards dans les caisses dont 90 qui devaient être financés par les espagnols.

    Il ne doit pas plus rester grand chose aux fonds des tiroirs 🙂

  5. Y a quelque chose qui m’échappe,

    L’Espagne, dans un élan de construction et de politique de crédit facile, d’accès au logement, a connu après cette période un nombre massif de non remboursement et d’expropriation.

    Les banques qui avaient proposé des crédits se sont vues récupérer des logements, dont les loyers ne rentraient plus. C’est la règle du jeu. La masse de logements vide « perquisitionnés » devraient normalement faire chuter les cours l’immobilier, comme le veut la loi de l’offre et de la demande. Oui mais voilà, on va recapitaliser les banques, pour combler les pertes, sachant que du coup elles ne dévalueront pas les biens immobiliers en leurs possession, car ayant récupéré la perte sèches des bien en fonction de la dévaluation normale que le marché aurait du connaitre.

    Ce qui veut dire qu’une aide au banque, va à l’encontre du procédé naturel d’établissement des prix du marchés des biens dont elles disposent, puisqu’on paie (les peuples), la différence, la perte, d’erreurs de gestion de celles-ci, qui on fait du crédit à tours de bras.

    En gros, le peuple paie, pour que les loyers ne baissent pas, et que les prix restent élevés.

    Renflouer les banques va à l’encontre des intérêts des peuples. C’est l’impression que j’ai.
    Peut-être me trompes-je?

    1. Aussi je me demandais, quels sont les contres-parties aux aides? Je ne trouve l’info nul part.
      Ne devrait-on pas obliger les banques à une décote du montant de l’aide sur les biens immobiliers dont elles disposent?

      Si il n’y a pas de contreparties, alors je serais persuadé du fait qu’on est loin d’un système démocratique, mais qu’au contraire on se fait bien avoir, en profondeur.

      1. on se fait bien avoir, en profondeur.
        Ben il est temps que vous en arriviez a cette conclusion ! welcome !

    2. « Renflouer les banques va à l’encontre des intérêts des peuples »

      C’est plus simple encore, enlevez le « renflouer » et vous avez tout juste.

    3. @ noux :
      « procédé naturel d’établissement des prix du marchés des biens dont elles disposent » : euh, pas très naturel, le procédé.
      Sinon, ben oui, on renfloue la dévaluation des actifs immobiliers, ce qui permet de maintenir à flot le binz.
      Injection d’air dans les ballasts d’un navire qui sombre, en quelque sorte …
      Ps : d’où l’expression ‘ils nous pompent l’air’ !

    4. juste pour répondre à ta question les prix de l’immobilier en espagne se sont effondrés et continueront à s’effondrer.C’est bien pour çà que les 100 milliards ne sont rien comparés aux 5 000 milliards de dettes cumulées ( particulier , état , entreprise)en espagne par les banques.Pour exemple tu peux acheter actuellement un appartement dans la région de valence pour le prix d’une voiture..pour exemple un 33 m² pour 8 000 euros, à madrid 9150 apparts sont à vendre à 50 000 euros.Les loyers baissent aussi…les commerces s’amenuisent comme neige au soleil .Venez nous voir en espagne et vous comprendrez , l’immobilier est « mort « et être un propriétaire qui rembourse son crédit ou locataire qui paye son loyer est quelque chose de très rare en ce moment.

  6. Le Frob est un fonds public créé en juin 2009 et administré par le ministère de l’Economie et la Banque d’Espagne. S’il s’agit d’un fond public il émarge donc au budget de l’Etat ? L’Etat espagnol a l’obligation de consolider ce fonds dans son budget ?, il a une obligation d’abondement ?

  7. Plans de relances post subprimes, plans de sauvetages Grecque, Irlandais, Portugais, LTRO (j’en oublie surement)… Aller hop ! Encore une petite injection : plan de sauvetage des banques espagnoles.

    Quelqu’un a calculé à combien s’élève (pour l’instant) les soins palliatifs du système pour la zone euro ?

  8. En Grèce , Syriza va gagner les élections.
    Sans que pour autant puisse se dégager une majorité conforme à l’attente des financiers pour qui la Grèce est une expérience test pour réaliser un fascisme déguisé en démocratie.

    Le problème est simplement différé en Espagne.Ce pays sera le détonateur du fiasco à venir.

    L’Union Européenne va éclater.

    Je ne sais si le modérateur laisse passer ce petit mail car il est très mal vu de fournir des anticipations.

    Avec beaucoup plus de détails sur l’épilogue et le comment de l’épilogue, j’ai envoyé à la commission Européenne ce qui attend les responsables.

    Ils sont donc au courant.

    Cela n’est pas à prendre pour une prophétie « autoréalisatrice ».

      1. chic, la liberté revient ; je disais sur le « temps qu’il fait » : vous parlez du nazisme… si les masses se sont jetées dans les bras du nazisme c’est aussi à cause d’une « formidable » propagande rondement menée et d’une terrible efficacité.

      2. Nos dirigeants ont tout compris
        alors ils jouent la montre
        le pays qui craquera le premier sera le responsable du malheur des autres
        ils ne seront pas coupables

      3. Julien Alexandre , merci de laisser passer maintenant , car je signale que mon anticipation d’éclatement de l’UE date de 2008.

        Voici d’autres anticipations:

        Concernant les instances internationales: L’ONU ne survivra pas à la guerre qui est déjà en cours en Syrie.Le » Frankurter Allgemeine Zeitung « est un des rares journaux occidentaux à avoir attribué la Tuerie de Houla aux…opposantsà Bachad.

        Epilogue dans ce conflit:

        Défaite des puissances occidentales accoquinées aux monarchies arabes réactionnaires, (impliqués ensemble dans des provocations atroces), et dont le renseignement Russe apporte des preuves.

        Victoire de la Russie et de ses alliés.

        La fuite en avant militaire censée apporter une réponse aux problèmes financiers , économiques etc , va en fait accélérer le processus de faillite de l’Occident , exception faite de l’Amérique du Sud.

        Il ne sera plus possible de faire main basse sur des fonds souverains comme ce fut le cas en Libye , pour renflouer des caisses.Le sous sol Syrien sera exploité ultérieurement par des compagnies Russes et chinoises associées aux compagnies locales.

        Banco, Julien Alexandre?, où gardez vous ces anticipations au chaud le temps qu’elles soient éventuellement infirmées?

      4. … merci Georges, une grande carrière s’annonce pour vous. Pas dans la voyance. Dans le one man show. Renseignez vous. je me suis laissé dire que le Petit théâtre de poche de Perpette les Olivettes avait encore quelques dates libres en 2012. Dépêchez vous.

    1. C’est vrai , depuis des années, vous prévoyez la fin du capitalisme , ainsi que la fin de l’euro.
      Pourtant , il existe un autre scénario que celui de la fin inéluctable .

      Les temps que nous vivons ne sont peut être pas ceux d’une agonie , mais d’une mutation.

      1. « Les temps que nous vivons ne sont peut être pas ceux d’une agonie , mais d’une mutation. »
        Certes, mais quelle mutation ? Difficile d’être résolument optimiste sur sa nature, elle n’est toujours pas engagée.

        Pour le moment, on assiste plutôt à un un entêtement jusqu’au bout-iste, en ajoutant de la dette à la dette pour résoudre le problème de la dette: tant que ça marche, pas de raison de se priver !

        Mais pour autant, il ne faut pas prendre les capitalistes pour des imbéciles. Ils savent que, dans la forme actuelle, c’est plié. Il savent que la croissance à 3% sur le rythme de consommation des années 90, c’est fini. La mutation, ils l’envisagent eux aussi. Et ils ne la rêvent probablement pas comme nous…

        Ce que l’on peut dire, c’est que la nature de cette mutation dépendra de ceux qui, au final, en prendront le contrôle: les peuples ou les oligarchies.

  9. « La dette publique espagnole [va donc] s’accroitre du montant de l’aide aux banques, ….« 

    Ça, c’est un déni de démocratie.
    Mettre sur le dos du contribuable espagnol la faillite des banques privées, ce qui est exactement ce que l’Islande non-UE et non-Euro a refusé de faire, c’est illégal dans l’esprit des lois.

    Il faut saprovoquer la création d’un tribunal international contre le transfert illégitime de la faillite privée au contribuable – ici, espagnol.

  10. « La dette publique espagnole [va donc] s’accroître du montant de l’aide aux banques »

    Ça, c’est un déni de démocratie, un vol de biens publics.
    Mettre sur le dos du contribuable espagnol la faillite des banques privées, ce qui est exactement ce que l’Islande non-UE et non-Euro a refusé de faire, c’est illégal selon l’esprit des lois.

    Il faut saisir les tribunaux internationaux de ce transfert illégitime de la faillite privée au contribuable espagnol.

    1. Le casse du millénaire se poursuit. On dit pourtant que les gangsters sont coincés dans le sas de sortie depuis l’automne 2008. Mais que fait la police?

    2. Les banques seraient-elles les seules responsables ?
      Les politiques qui ont laissées se développer les bulles immo seraient exonérés de toutes responsabilités ? Trop facil. On a construit aussi des ports et des aéroports qui ne servent à rien.
      45 aéroports en Espagne contre 25 en France.

    3. Je ne peux m’empêcher de sourire. Car c’est quoi cet argent fourni aux banques espagnoles? La presse annonce que cela coûtera 1 milliard à la Belgique. Ce milliard, on ne l’a pas, on va s’endetter pour le prêter. Ce milliard n’est qu’une reconnaissance de dette que l’on va donc prêter aux banques espagnoles, qui par un jeu d’écriture seront moins endettées.

      Toute cela c’est du vent ! La seule réalité est l’intérêt à payer par les Etats sur ces jeux comptables… Quelqu’un de sensé peut-il imaginer qu’un jour ces dettes accumulées seront remboursées? Il s’agit bien d’un impôt obligatoire européen à durée indéterminée, au profit d’intérêts privés.

      Des banques renforcées par un capital inexistant n’ont pas accru leur valeur, seul le nombre d’euro en circulation aura augmenté… ainsi que l’inflation. C’est la faillite de la classe politique.

  11. Plus le temps passe et moins les décisions prises par nos « responsables » sont déchiffrables. S’agit-il d’une confusion générale (ils ont perdu le sens) ou d’une technique pour enfumer les simples citoyens et cochons de payants que nous sommes ? Pour nous décourager de sortir dans les rues (car on crierait quoi ?) ou de retirer nos sous des banques ? Bref, sait-on si Moscovici, par exemple, ou Monti, ou Lagarde, Merkel, etc… se représentent ce qui se passe, et s’ils en ont la même représentation ? Et la même représentation de ce qu’ils font ?

    1. Il suffit de regarder autour de soi. Sur les chantiers de travaux publics un peu importants il n’y a que 2 ou 3 machines qui font un travail terrible, et en peu de temps. En Chine j’ai vu l’année dernières des chantiers de terrassement sur des talus de chemin de fer réalisés à la pelle et à la pioche comme en 1950. Dans le peu que nous avons pu voir de la campagne chinoise, nous n’avons observé qu’un seul tracteur diesel avec un volant d’inertie style 1950 lui aussi. Ou est l’erreur ?. Les Chinois ont peut être compris que pour occuper tout le monde il faut limiter l’emploi de machines. Qu’en pensez vous ?.

    2. la grande question est connue depuis longtemps : les robots achèteront-ils les marchandises qu’ils vont produire ?
      Si, oui, avec quel salaire et avec quel crédit ? Et qu’en feront-ils ou, autrement formulé, de quelles marchandises les robots auront-ils l’usage ?
      Si non, il faut prévoir des robots pour détruire les marchandises produites.
      Qui paiera ?
      Comme disait ma grand-mère, « on est mal barré ».

      1. Il n’y a pas de problème en soi avec les robots, ni avec « la fin du travail ».
        Il y a un problème de répartition des gains en temps de travail, et il y a un problème de répartition des gains de la productivité du travail.

        Cette question n’est pas technique, elle est sociale et politique.

        Dans une société qui répartirait sur tous, les gains en heures de travail qu’autorise la technique, et qui répartirait sur tous, les gains de productivité, où serait le problème ?

      2. à l’albatros,

        Oui, mais qui sera le général Ludd ?
        Des robots pour remplacer le travail des humains, pour fabriquer des terminaux informatiques qui transforment les humains en terminaux informatiques ? Ne me faites pas rire.

        à Leboutte,

        Je pense, pour le dire clairement, que ceux qui veulent différencier l’aspect technique de la question sociale dans une période historique dominée par l’industrialisation marchande de tous les aspects de la vie, se mettent le doigt dans l’oeil.

      3. les robots achèteront-ils les marchandises qu’ils vont produire ?

        je pense qu’il n’y a pas de différence à faire entre un robot et un être humain concernant la consommation.
        Donnez à un robot un minimum d’intelligence (AI), et vous verrez qu’il consommera comme l’homme, excepté la bouffe, et qu’il deviendra une espèce à part entière, hostile à l’Homme.

    3. Bien entendu ce n’est qu’un problème politique.
      Les progres scientifiques et techniques, sous la dictature du capital,
      conduisent l’humanité à la catastrophe,
      alors qu’ils autorisent une révolution de civilisation,
      respectueuse des hommes et de la nature.

      L’expropriation du capital permettrait d’inaugurer
      une diminution rapide du temps de travail,
      immédiatement à 32 heures puis en quelques années à 25,
      en garantissant ressources et travail à tous,
      et le temps nécessaire pour les activités choisies,
      y compris l’adminisatration de la cité.

      1. Les progrès scientifiques et techniques, sous la dictature du capital, conduisent l’humanité à la catastrophe.

        Connaissez-vous d’autres civilisations qui ont été conduitent par les « progrès scientifiques et techniques  » en accélération permanente, que la civilisation de l’économie toute puissante ?
        Ce n’est pas « sous la dictature du capital », comme vous dites et comme le pensent encore la majorité de ceux qui n’encensent pas le capitalisme, c’est que ce progrès (comme concept qui contient tous les progrès) et l’idéologie qui va avec, c’est le Capital.

  12.  » Un grand flou entoure pour l’instant le montant des aides dont pourraient avoir besoin les banques espagnoles. Vendredi, le FMI a rendu son verdict sur l’état du système bancaire espagnol : les banques espagnoles auraient besoin de 40 milliards de recapitalisation. Mais ces estimations pourraient être révisées à la hausse, compte tenu de la dégradation très rapide de la situation économique et de l’immobilier en Espagne, a prévenu le Fonds monétaire international. En attendant le résultat de nouveaux audits, de nombreux analystes prédisent qu’il faut au moins engager 100 milliards d’euros pour rendre le sauvetage crédible. Le ministre espagnol des finances, Luis de Guindos, a déclaré samedi que le montant pourrait être un peu inférieur.

    Mais quelles contreparties vont être exigées pour ce sauvetage en urgence ? Quels efforts seront demandés aux actionnaires et aux créanciers de ces banques, qui vivent déjà sous assistance respiratoire publique depuis des mois – sur les 1 000 milliards prêtés par la BCE en début d’année, 226 milliards ont été empruntés par les banques espagnoles ? Un épais silence entoure ces questions essentielles.

    Certes, le gouvernement a déjà imposé aux banques des mesures pour nettoyer leur bilan. Des taux de provisionnement ont été édictés selon la nature de leurs prêts immobiliers. Plus de 80 milliards d’euros de créances douteuses devraient être transférés dans une structure de défaisance, portée par l’Etat. Le nettoyage imposé, selon les analystes, serait insuffisant. Officiellement, il y aurait plus d’un million de logements inoccupés, souvent situés dans des quartiers ou des villes fantômes, en Espagne. Officieusement, des experts parlent plutôt de 3 millions de logements vides, vestiges de la folie immobilière qui avait saisi ce pays. Et ce n’est pas 80 mais au moins 180 milliards d’euros de créances douteuses que les banques devraient provisionner, selon eux. D’où la nécessité d’une recapitalisation massive des établissements bancaires.

    Jusqu’à présent, ni les actionnaires – à l’exception de ceux de Santander, première banque espagnole – ni les créanciers n’ont été sollicités pour porter au moins une partie de ce fardeau. La manière dont le gouvernement espagnol a organisé en mai le sauvetage de Bankia fait peser quelques doutes sur la suite. Pour éviter l’effondrement de la quatrième banque du pays, née de la fusion de sept caisses d’épargne régionales, le gouvernement s’est engagé à lui apporter 19 milliards d’euros, venant s’ajouter à 4,5 milliards de titres obligataires convertis en actions. Cette aide justifierait une nationalisation complète ? Eh bien, non ! Conseillé par Goldman Sachs, l’Etat a prévu que les actionnaires existants puissent souscrire des actions préférentielles lors de l’augmentation de capital, afin de compenser partiellement la dilution qu’ils subissent. En un mot, les actionnaires, incapables de soutenir leur banque, ne doivent pas, malgré tout, subir des pertes. Voilà bien une étrange définition du capitalisme actionnarial. »
    Martine Orange (Médiapart)

  13. « Des intellectuels alternatifs se sont levés
    Venus de toutes les familles de pensée, de la gauche (Frédéric Lordon, Jacques Généreux, Emmanuel Todd, Jean-François Kahn sur son blog dans un très bon papier), du libéralisme humaniste (Jean-Luc Gréau, Maurice Allais ), du libéralisme étasunien (Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Robert Reich ) ou d’ailleurs (Jacques Sapir, Paul Jorion ), un nombre toujours plus important d’économistes et d’intellectuels nous proposent des solutions pour refonder le système économique. (…) Oui, un autre monde est possible ! » – Laurent Pinsolle, Marianne 2

    http://www.marianne2.fr/Dix-huit-propositions-concretes-pour-reguler-la-finance_a219429.html

      1. Une fois que le système sera officiellement mort, de nouveaux visages (j’entends par là « inconnus des masses ») émergeront. Ils auront tous en commun une chose : une aversion pour l’ancien système. Malheureusement, les solutions qu’ils proposaient alors en alternative ne seront pas où peu conciliables : comment, en effet, faire s’entendre libertariens, collectivistes, gauchistes, libéraux modérés,… pour créer une nouvelle ère ? Je suis pessimiste… On sait ce qu’il est advenu après la Révolution de 1789. Allons-nous aussi vers cela ? Des gens qui se massacreront entre eux une fois leur ennemi commun disparu ?

      2. à kohaagen,

        Je pense que vous avez voulu écrire libertaires et non libertariens.
        Sinon, cela expliquerait que vous ajoutiez à la liste les libéraux modérés et les points de suspension …

        Par ailleurs, mon commentaire était ironique, tant il est vrai que je n’ai que du mépris pour les intellectuels rémunérés par des entreprises ou par l’Etat, et à l’ère de la fusion de l’économie et de l’état, c’est équivalent.
        Tous ces experts arrivent trop tard.
        Je pense que c’est une grande qualité de Paul Jorion que son indépendance économique et que c’est cette indépendance qui lui permet de s’exprimer librement.

  14. « Voilà bien une étrange définition du capitalisme actionnarial »
    Martine Orange fait semblant de s’étonner.
    Le capitalisme n’est libéral qu’avec lui-même.
    Pour le reste, c’est une dictature.

  15. 3×10 puissance 6(appartements invendus,hypothéqués,dégradés…) X200 000 euros(moyenne)=
    600 milliards pour les banques (estimation au pif) ola ombre que tal?muy bien,que viva Espana

  16. 243 milliards+100 milliards=343 milliards,manque la moitié…
    Les remarques de Pirouli, Noux ,Laboutte et Martine Orange sont justifiées

  17. Pour 100 milliard t as plus rien , encore que
    équivalent 2127€ par espagnol soit 195744€ du km²

  18. 57% de participation à une législative si importante, c’est scandaleux.

    Si nos concitoyens confondent la démocratie et un fast-food, qu’ils ne pleurent pas quand ce qui va arriver arrivera.

    Les marchés et les « élites » doivent se frotter les mains face des peuples si bovins.

    Jour de honte.

    Aprés les 56% de participation en Irlande sur un référendum(gagné à 63%, Monti doit en rire encore) rétablissant l’esclavage des peuples, c’est à rêver de finir comme Zweig.

    1. @Kerjean: Marrant, je fais l’analyse tout à fait inverse. Tout cela est au contraire réjouissant. Les peuples commencent à ne plus confondre la démocratie avec un fast-food et donc ne vont plus voter. Autrement dit: ils ne veulent plus d’une fausse démocratie (mais vrai fast-food) et s’en désintéressent à juste titre.
      Ce qui va arriver, c’est la démocratie réelle ou du moins une avancée en ce sens. Je comprends que ça puisse foutre la chtoune à quelques bourgeois.

      1. Tu n’habites pas, comme moi, dans un département qui vient de mettre par deux fois, le FN en vedette.
        Le FN en vedette, ça veut dire des dizaines de milliers de personnes, juste autour de moi, une majorité relative, qui partagent ces valeurs racistes, pétainistes, poujadistes et OAS.

        Pour moi, ce n’est pas une vue de l’esprit. C’est du quotidien. Et quand tu vies dans cette ambience, tu n’as aucune pitié pour les 40% de traitres à la démocratie qui ont snobé le vote.

      2. Moi, très optimiste.

        Les enquêtes du détective révèlent plutôt que les électeurs sont partagés en deux camps : l’un est composé de ceux qui pensent que ceux qui ne votent pas seront punis et finiront en enfer, l’autre camp est composé de ceux qui savent que quoi qu’ils fassent ils finiront en enfer.

      3. @Kerjean: Ben moi en te lisant, j’ai envie de me poiler. Ceux qui ne vont pas voter sont des traîtres à la démocratie, par contre ceux qui votent FN sont des bons démocrates qui ont accompli leur devoir citoyen? Ou peut-être pas non plus? Dis-moi. Mais fais gaffe de ne pas trop charger la barque et de te retrouver à dire que le peuple n’est pas démocrate, contrairement à la minorité qui vote libéral (UMP, PS, Modem).

        Si la démocratie survenait ou se défendait avec un vote, ça fait bien longtemps qu’on y serait en démocratie.

        @Marlowe: tu les mets où, les athées?

      4. @Moi

        personne n’a empêché les 40% qui sont allés à la pêche de voter pour le FG, ou le NPA ou encore DLR ou le MODEM.
        Que je n’entende pas pleurer quand une alliance UMP-FN prendra le pouvoir bientôt.

        On sait ce qu’il advient après.

      5. @Kerjean: et pourquoi ils auraient envie de voter pour ceux-là? Peut-être qu’ils en ont marre de voter pour leurs maîtres, de quelque couleur qu’ils soient. Peut-être qu’ils se disent que vote ou pas vote, voter celui-ci ou celui-là, ça changera rien.
        Le peuple veut une démocratie directe. Il veut plus voter pour un représentant ou un chef, il veut être son propre chef. Tu sens pas la vague monter?

      6. à Moi,

        Dans les sociétés dominées par la religion, les athées sont interdits.
        Dans la nôtre, il est possible, et même recommandé, d’avoir des comportements empreints de l’idéologie laïque, mais l’athée est toujours censé ne pas exister.
        Comment sans vivre sans croire à l’argent et à toutes les différents progrès ?

      7. Trop facile.

        Ce n’est sûrement pas en se vautrant dans la fange de l’inactivité citoyenne, qu’ils auront plus de démocratie.

        Mais je suis bien moins optimiste que toi.

        Sur ces 40% de fainiasses de la démocratie, combien ont, à par ça, un engagement politique? syndical? associatif?
        Combien ne votent pas par pur militantisme et combien ne votent pas par paresse?
        On doit pas être loin du 1% – 99%

        C’est un peu comme la moitié d’Irlandais qui ne se sont pas déplacés pour leur référendum.
        Penser qu’ils sont les descendants de ceux qui ont tant souffert contre l’oppression étrangère et qui ont été si constant dans l’héroïsme rebelle.

        Henri IV, en terme d’art militaire, en parlant des forteresses disait: « il n’y a de bons murs que de bons hommes ».
        Il en va de même en démocratie. Un peuple de gorets consuméristes et paresseux mérite les chaines.

      8. Qu’est ce que c’est que ces peuples qui considèrent qu’en ayant fait trois fois Bastille-Nation dont aucun politique n’a plus rien à foutre, en faisant 10 jours d’une grève dont aucun actionnaire n’a rien à foutre, et en refusant de voter, ils sont au taquet de leur combat citoyen?

        Je te le dis, ils doivent bien se marrer au MEDEF et à la City.

      9. @MOI

        Tu es tout à fait en accord avec Monti, Van Rompuy, Barroso, Rhen et les autres. Eux aussi considèrent que le vote ne sert à rien.

    2. Ca ne sert à rien de voter: les candidats pour lesquels j’ai voté durant les 30 dernières années n’ont strictement jamais été élus.

      1. La solution passe par le vote? oui et non.

        Le seul moyen de réconcilier le citoyen avec la politique est de commencer en bas de l’échelle: au niveau local à la mairie/commune. Aux échelons supérieurs, les hommes politiques sont déjà perdus et inféodés à une ligne de parti ne souffrant pas la contradiction.
        Un simple exemple tiré du dernier épisode de « Salvados » http://www.lasexta.com/sextatv/salvados/completos/salvados__reiniciando_espana/627483/1

        C’est une émission espagnole que je recommande vivement à tous les hispanophones. Dans un des petits reportages on y voit une petite ville proche de Madrid qui n’a élu ni le PP ni le PSOE. Résultat? Un budget en bonus (un scoop en Espagne!!!) Finies les dépenses inutiles pour remercier tel ami ou tel cousin, un engagement pour le bien de la municipalité et complètement désintéressé puisque coupé de perspectives de « carrière » politique. Bref: gouverner de manière responsable pour le bien de la communauté et de tous, qu’ils soient de gauche ou de droite. Le résultat parle de lui-même et peut réconcilier les gens avec la politique, qui a démontré dernièrement qu’elle servait les intérêts de quelques uns, mais certainement pas ceux du peuple.

        Nos élites dirigeantes du FMI-UE-BCE-Etc. (dont beaucoup de sont pas élus démocratiquement) essayent de nous imposer le changement par le haut. Mais le changement viendra du bas.

    3. Désolé, je fais partie des 43% : ma circonscription ne me proposait que des inconnus (un simple nom sur un bulletin) ou des guignols. Je n’aime pas être pris pour un imbécile.
      Bon, il y a eu pire ailleurs, mais ça ne me console pas.
      La chose politique semble attirer de plus en plus de désœuvrés qui voient là une voie possible de reconversion confortable, sans s’encombrer de la moindre conviction. J’en connais personnellement quelques uns, et le pire, c’est qu’ils ne s’en cachent pas.

  19.  » -Heu…ces 100 milliards, c’est un don ?
    -non, Groucho, c’est un prêt
    -alors les banques ou les contribuables espagnols vont devoir les rembourser un jour, ces 100 milliards, et avec les interêts ?
    – Mouaaaah….les banques, sûrement pas!
    -alors ?
    – ben, on va faire transpirer l’Ibère! la taille, la gabelle, la corvée, le servage, etc etc etc…on va faire comme dans « la folie des grandeurs » avec Montant et De Funes:  » Monseignor, il ets l’or, il est l’or de se réveillor »…http://www.youtube.com/watch?v=SLcqJaCBaSU

      1. vous êtes bien pessimiste, l’ami! les banques rembourseront jusqu’au dernier contribuable, n’en doutez pas!

      2. Dans trois ans, si pas d’accident sur la voie rapide, il faudra emprunter 1.500 milliards pour rembourser les 1.000 milliards.

    1. exactement :
      « les riches sont faits pour être très riches et les pauvres : très pauvres.. »
      viva don sallustre

  20. AFP « Le poids de la recapitalisation de banques insolvables (…) pèsera au bout du compte sur les épaules des citoyens espagnols. Pour cette raison, l’annonce du week-end pourrait bien exclure l’Espagne du marché obligataire », a estimé Karl Whelan, économiste à l’University College à Dublin.
    (…) L’Espagne, quatrième économie de la zone euro, replongée en récession et confrontée à un taux de chômage record, doit encore refinancer 47,3 milliards de dettes arrivant à échéance cette année.
    « Nous sommes proches d’une catégorie spéculative et nous y finirons. Dans cette situation, il faut observer la réaction des investisseurs et voir si la fuite des capitaux cesse (…) Si l’hémorragie n’est pas stoppée, il y aura de nouveaux problèmes de financement et nous verrons que ce plan de sauvetage qui a commencé petit deviendra de plus en plus important », a déclaré Jose Carlos Diez, économiste chez Intermoney. »
    « Si l’Espagne se retrouvait dans une situation catastrophique, on pourrait faire une croix sur les banques françaises et allemandes », a estimé dimanche le ministre des Finances luxembourgeois Luc Frieden sur RTL.

  21. La part publique de la dette représentait le 68% du PIB en 2011. En réalité, c’est la dette privée des entreprises et banques le problème d’endettement en Espagne (moins les familles) Le New York Times parlait les 9 milliards de dette de la société de construction A.C.S du magnat Florentino Perez. A plsieurs reprises, le processus a été le même, celui de pertes privées qui deviennent à la charge de l’Etat: «L’Unimm, par exemple, a été achetée par la BBVA, mais c’est l’Etat qui garantit 80% de ses actifs toxiques. Une fois réalisé l’assainissement des comptes par l’Etat à hauteur de 380 000 euros, la BBVA a racheté ce groupe de caisses d’épargne à 1 euro. Bankia est la grosse suite… La dette est illégitime. Les raisons pour lesquelles elle a été contractée n’ont pas bénéficié aux citoyens.

  22. Des décideurs allemands disent que l’Espagne aurait pu sauver ses banques, qu’elle aurait des sommes suffisantes à sa disposition, mais qu’elle préfère l’assistance européenne – par pur égoisme. On craint maintenant que l’Italie pourrait à son tour organiser un psychodrame pour réclamer de l’argent. J’ai l’impression que Merkel n’a plus de bonnes cartes à jouer, les choses lui échappent.
    De plus, la situation économique de l’Espage ne s’améliora pas, bien au contraire. Elle est invariablement dans une impasse.

    1. @Germanicus:
      Quelle Espagne a les moyens? Le gouvernement ? Il aurait préférer s’endetter que puiser dans quelles ressources? Je veux dire, des ressources autres que celles du pressoir social-salarial? Vous n’en dites pas assez, ou vos décideurs n’en disent pas assez. Moi, j’avais compris que Rajoy refusait des engagements budgétaires à la grecque ou autres, et donc demandait un sauvetage des banques directement, lesquelles auraient été en charge des garanties, mais qu’il a accepté un compromis entre ce souhait et un interventionnisme pur et dur façon Troïka.

      (Tenez, entre nous, si vous êtes allemand, j’aimerais avoir votre avis sur mon Allemagne ?)

  23. A l’automne l’Espagne demande 200 milliards pour la dette public ; la Grèce est dans le coma ; l’Italie ne peu plus se financer sur les marchés privé ; la France passe a son tour en récession ; l’Angleterre continue à s’enfoncer ; le nouveau gouvernement américain quel qu’il soit s’attaque à sa dette qui prend des allures astronomique : décembre 2012 la fin du monde NON la fin d’un monde.

  24. Apparemment le prêt de 100 milliards à 3% aurait pour contrepartie d’être supérieur à tous les autres prêts à l’état espagnol par des institutions privées. Le temps que « les marchés » comprennent cela et les taux d’intérêts risqueront bien de continuer à monter plutôt que baisser comme espéré par nos dirigeants bruxellois.

  25. Et comment les USA comptent-ils s’en sortir financièrement avec leur endettement ou du moins temporiser avant leurs élections ?
    Par une guerre à l’extérieur de chez eux, comme d’habitude ?
    Article
    « Les Etats-Unis cherchent un nouveau prétexte pour fomenter des troubles »
    http://french.peopledaily.com.cn/International/7837328.html

    Pas de chance, ils ont perdu quatre alliés en Amérique Latine ( Le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et l’Equateur) en jouant les traitres pendant la guerre des Malouines ( Falklands) par leur soutien à la Grande-Bretagne contre l’Argentine pourtant membre comme eux de l’Alliance Bolivarienne pour les Amériques ( ALBA) .
    Ces 4 pays ont décidé mardi de se retirer du du Traité interaméricain d’assistance réciproque (TIAR), un accord hémisphérique de défense mutuelle signé en 1947.
    http://french.peopledaily.com.cn/International/7838305.html

    Evidemment ces informations proviennent du China Daily , organe chinois de propagande, me direz-vous . Et pourtant c’est souvent le China Daily qui divulgue en premier des informations sur les USA ou sur l’Europe qui ne paraitront que bien plus tard dans la presse occidentale .

    On ne tardera pas à savoir contre qui se déchaîneront les hostilités et sous quel prétexte .

    1. Mille excuses, ces infos proviennent du Quotidien du Peuple, qui , comme le China Daily, divulgue souvent des informations qui nous concernent bien avant nos propres journaux

  26. Je viens d’entedre Mateu Altafaj de la Commission européenne dire qu’il y aura des conditions pour les banques, pas des « nouvelles » conditions pour les citoyens.

    Nous pouvons parier que les conditions seront la fermeture de succursales, le licenciement d’employés et les tailles dans les services, mais surement pas obliger les dirigents à rendre les bonus et en empecher des nouveaux, ni l’admission de la vraie valeur des actifs immobiliers sans marché, par exemple, la troika ne va pas obliger à une valoration du sol comme sol agricole ou silvicole, puisque on ne peut plus batir. On peut parier qu’il n’y aura pas de « dacion en pago » (la totalité de la dette est annulée par la devolution du bien immobilier, ce qui étaient les conditions normales jusqu’aux années 90 et le sont toujours en beaucoup de pays et la troika n’obligera pas à la modification de la loi hypothécaire pour interdire les prets à plus de 25 ans et intérêt variable. Celles-ci sont les vraies réformes nécessaires pour la sortie de la « bulle », mais on verra que la troika n’en fait rien; on va augmenter la TVA, après on reduira encore les salaires et les allocations, après on trouvera unautre moyen de faire payer le citoyen courant encore et encore ……

  27. Merci pour ce billet.

    La bande des quatre formée par José Manuel Barroso, Jean-Claude Juncker, Herman van Rompuy et Mario Draghi mettrait la dernière main à un projet d’euro-obligations d’un type nouveau. Selon les termes de celui-ci, chaque gouvernement national ne conserverait la possibilité de décider de ses dépenses que si elles sont couvertes par des recettes. Tout besoin budgétaire allant au-delà devrait être soumis à l’eurogroupe, qui pourrait ou non émettre des euro-obligations pour financer le projet correspondant.

    C’est une remise en cause de la cuisine comptable mettant en face des dépenses de l’état le PIB, non ?
    On nous parle ici de mettre en face des dépenses, les recettes, c’est totalement novateur comme concept, c’est fous…. (ironie pesante)

  28. La spéculation est un investissement basé sur la hausse des prix. En achetant ou en vendant de la marchandise, un volume financier ou immobilier, ou un contrat dérivé (CDS).

    Le but est d’être producteur de liquidité, et tant pis s’il y a actuellement surexploitation des ressources naturelles, accompagner de gaspillages colossaux en %, et une augmentation productiviste de Co2 provoquant un emballement du réchauffement climatique. Quitte à encourager la baisse des droits du travail, sociaux, santé,éducation,…des citoyens de la planète, en passant par l’incitation à la délocalisation.

    Le spéculateur achète sur les prix bas, ce qui fait monter les cours, donc pari sur l’avenir en créant une hausse des prix. Et même lorsque les prix sont hauts (surtout pour les populations), on spécule pour encore augmenter les prix. Si les prix venaient à baisser, alors impact médiatique, des lobbys et des professionnels de secteur d’activité, pour uniquement en parler sous l’aspect de crise. On reste dans une idéologie de société de constante augmentation des prix, et de recherche du gain pour une minorité d’individu ayant la capacité de faire des bénéfices sur la hausse des prix.

    Ce type de finance est à tendance haussière, la hausse alimente la hausse, ce qui peut avoir de graves conséquences pour les société humaines. Du fait de l’inter-dépendance des économies mondiale, les pays sont interconnectés économiquement. L’immédiateté des échanges à haute voire à très haute fréquence, qui est une forme de spéculation, dont les autorités des marchés financiers ont précisés, qu’ils n’avaient aucun contrôle sur ce type d’échanges, à haute voire à très haute fréquence de volumes et de transactions financières.

    La spéculation financière mondiale n’a pas de but de cohésion sociale. Les spéculateurs qui parient ou investissent sur les contrats dérivés (CDS) ont intérêt à la faillite des Etats.

    C’est donc un facteur de déstabilisation des sociétés humaines. Par le passé, la spéculation a été nuisible à l’économie comme lors de la crise de 1929. Ce qui amena une régression très importante des libertés et des droits dans la région qui avait pourtant des activités industrielles et agricoles en suffisance pour ses populations. Ceci a installé une pauvreté durable et des conséquences politiques parfois très grave.

    La vie chère est un véritable maux des citoyens moderne, l’investissement financier pour s’intégrer en société devient de plus en plus difficilement réalisable. Le rôle de la spéculation a cette hausse du niveau des prix, vient du fait qu’elle n’est ni auto-régulatrice ni stabilisante, comme il est vendu. Au contraire, la spéculation provoque un climat social tendu, et une surexploitation des ressources naturelles.

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