LE REDÉMARRAGE DU NUCLÉAIRE AU JAPON, par Asami Sato

Billet invité

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Le samedi 16 juin, le préfet de Fukui (dans l’Ouest du Japon) donnait officiellement son accord au premier ministre pour le redémarrage de deux réacteurs nucléaires de la centrale d’Ohi. Les dates prévues sont le 8 juillet pour le réacteur N° 3 et le 24 juillet pour le réacteur N° 4.

L’expérimentation d’un ‘nucléaire zéro’ au Japon n’aura donc duré que deux mois. Il est dit que l’expérience douloureuse vécue à Fukushima n’altèrera pas l’ordre habituel de la vie politique japonaise.

Aucune question ne trouve plus aujourd’hui de réponse précise : des chiffres extrêmement divergents sont offerts sur des éléments purement factuels, qu’il s’agisse de taux de radiation, de probabilité de nouveaux séismes, d’évaluations de consommation d’énergie prévue durant l’été. Les choses les plus fondamentales semblent se perdre dans un brouillard. Pourquoi la centrale de Fukushima a-t-elle continué de fonctionner au-delà de la date prévue pour son arrêt ? Pourquoi l’ex-premier ministre Naoto Kan a-t-il immédiatement déclaré l’arrêt de la centrale d’Hamaoka après la catastrophe de Fukushima ? On s’interroge sur un rapport éventuel entre les réponses qui devraient être apportées à ces questions et une guerre perdue par le Japon il y a 67 ans – mais sur Twitter uniquement.

Des dizaines de milliers de Japonais ont manifesté leur opposition à une réouverture des centrales nucléaires, mais cette information est quasiment absente des medias japonais : les photos des manifestations ne peuvent être trouvées nulle part. Le 7 juin, des femmes de Fukushima ont manifesté devant la résidence du premier ministre. Vous pouvez les voir ici. Leurs doléances aboutiront-elles ? La question est malheureusement assez vaine : les citoyens ont cessé d’exister dans la société japonaise d’aujourd’hui en passe de se transformer en simple dictature technologique.

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111 réflexions sur « LE REDÉMARRAGE DU NUCLÉAIRE AU JAPON, par Asami Sato »

  1. « Des dizaines de milliers de Japonais ont manifesté leur opposition à une réouverture des centrales nucléaires, mais cette information est quasiment absente des medias japonais : les photos des manifestations ne peuvent être trouvées nulle part ».

    Et bien moi aussi, comme Pierre, je ne suis pas d’accord avec ça. Il y a des photos et pas mal d’échos des manifestations et de cette fameuse révolution des Hortensias contre le nucléaire au Japon, en particulier sur les médias alternatifs (tout aussi suivis que les médias officiels). Tous les vendredis, des gens manifestent devant le bureau du 1er ministre, devant la centrale de Ohi, ils sont de plus en plus nombreux, et comme on peut difficilement verrouiller le web, infos et photos circulent. N’en déplaisent au lobby.
    Voir par exemple http://www.fukushima-diary.com
    Il y a aussi : http://www.enenews.com qui cite d’ailleurs des grands médias.

  2. Bonjour,

    Comme il paraît à certains ici que je suis un pro-nucléaire forcené, je vais tenter de clarifier mon propos. Veuillez m’excuser de mal savoir faire court.

    D’abord je ne suis absolument pas pro-nucléaire, bien au contraire. Je travaille (et milite) pour l’environnement, et pas dans une grande entreprise mais au niveau PME, là où il faut trimer durement chaque jour et où il est bien difficile de se faire entendre. Je suis dans le secteur de l’eau et en opposition frontale avec le business de nos grands groupes français, donc le poids du lobbying, je sais ce que c’est.

    Ensuite, si je parais défendre le nucléaire, c’est uniquement parce qu’il me semble totalement vain, du moins en France, de s’y opposer de front. C’est une perte de temps totale. Voyez vous-même le peu d’effet, tant instantané que cumulé, qu’ont eu les milliers de manifestations et autres actions qui ont émaillé le développement de cette filière énergétique. Je n’ai pas l’intention de perdre du temps à cela.

    Ensuite, j’oppose les risques potentiels, certes immenses, du nucléaire civil, aux dégâts avérés des autres filières énergétiques, tant sur le plan humain qu’environnemental. On est loin d’avoir fini de traiter les séquelles du charbonnage en France alors que l’exploitation a pris fin il y a plus de 20 ans (http://fr.wikipedia.org/wiki/Mines_de_charbon_de_France#Le_traitement_des_s.C3.A9quelles), le poids dans la production de gaz à effet de serre de l’énergie d’origine thermique (combustion chargon, gaz et pétrole) est écrasant, et les séquelles humaines n’en sont pas moindres, que ce soit les décès dans les mines ou les diverses explosions d’installations qui se produisent chaque semaine dans le monde, il est vrai loin des pays développés, ça aide à se voiler la face.

    Et tout cela n’est pas du risque estimé, c’est la réalité, chaque seconde.

    Dans le domaine pétrolier, les mesures des conséquences environnemental de la marée noire de l’Exxon Valdez en Alaska en 1989 (il y a plus de 20 ans) continuent de croître. On n’a pas encore commencé de cerner celles de DeepWater Horizon en 2010, dont on ne sait toujours pas où va 30% du pétrole émis qui stagne vers 1500m de profondeur, ni quelles seront les conséquences des millions de litres de dispersants chimiques déversés. Avouez que dans le domaine de l’improvisation, cet accident fut spectaculaire.

    On peut ainsi multiplier les exemples à loisir.

    Pour l’instant, l’accident de la centrale de Fukushima n’a causé à ma connaissance ni morts ni blessés mais la zone d’exclusion a certes déplacé 150.000 personnes ( tandis que le tremblement de terre et le tsunami ont fait plus de 20.000 morts et disparus et 500.000 déplacés temporaires dont encore près de 100.000 aujourd’hui ).

    Et que dire de tout ce qui se passe dans le domaine chimique en terme d’accidents faisant de nombreuses victimes, morts et blessés, avec des conséquences environnementales à long terme que l’on ne sait toujours pas mesurer, sinon qu’elles affectent notre santé de manière mesurable à l’échelle de populations entières (ex: diminution de la fertilité conséquence de l’exposition chronique aux pesticides) et s’exprimeront encore sur des dizaines ou centaines d’années sinon plus ?

    Bref je n’aime pas plus l’énergie nucléaire que la plupart d’entre vous, et espère son remplacement au plus vite dans les prochaines décennies par des énergies renouvelables. Mais je refuse de céder au catastrophisme et m’oblige à prendre du recul pour inclure le nucléaire dans un spectre plus large, et sous cet angle le nucléaire me paraît très loin d’être un problème prioritaire.

    Comme le dévoilent progressivement les enquêtes sur Fukushima, le nucléaire est exemplaire sur la mise en évidence du poids de l’erreur humaine, des études bâclées à la corruption active en passant par tous les types de conflits d’intérêts. C’est sur ces problèmes que nos sociétés ont besoin de travailler car ils s’expriment et font des ravages dans le nucléaire mais aussi dans l’industrie alimentaire, la pharmacie, la chimie et une multitude d’autres. Le nucléaire n’est que la partie émergée de l’iceberg, non le coeur du problème.

    Il me semble que c’est la meilleure leçon que l’on tire des excellentes analyses de Paul Jorion dans le secteur financier.

    David

    1. On est loin d’avoir fini de traiter les séquelles du charbonnage en France alors que l’exploitation a pris fin il y a plus de 20 ans

      Sous que pour les dégâts causés par l’énergie fossile non renouvelables sont pour la plupart « réversibles »…..
      Tandis que pour ‘énergie nucléaire lorsqu’il y a problème c’est IRE-versible !!!
      Toute la différence isn’t it ?
      C’est une énergie, qui n’est pas humaine fiable, ni économiquement d’ailleurs !
      Youtes ces sommes dépensées en études, en recherches, en réalisation, en matière première, en sécurité d’exploitation pour en venir à la démolition (c’est pas gagné), si elles avaient été consacrée au « renouvelables » on n’en serait pas là.
      Il n’y a aucune bonnes raisons de défendre le nucléaire civil et militaire, simple question de bon-sens pour défendre l’avenir de nos enfants.
      Aucune intelligence à vouloir « maîtriser » tels des nouveaux dieux la matière, seulement une logique relevant plus du culte de l’égo et de ‘HP.

      1. C’est typiquement le genre d’étude où on se raconte des histoires et où on veut forcer le résultat qui arrange le story telling.

        On arrive à ce résultat en multipliant par 6, en quelques années, le coût de l’electricité produite par les « projected plant » par rapport au coût des « operational plant ». Or même en prenant en compte des mesures de sécurité extrèmement renforcées et en comptant des assurances pour des désastres genre Fukushima, j’ai montré que l’augmentation du coût de l’électricité nucléaire ne serait que de 15%.

        Coté prix du solaire on apprend, grande nouvelle, que dans 10 ans le prix qui est indiqué serait sans les subventions. En plus les prix qui sont indiqués sont les prix bruts de production du solaire sans tenir compte des coûts des infrastructures nécessaires pour pallier aux intermittences. Cette charge est laissée aux autres.

        Je sais que je n’arriverais pas à vous convaincre mais vous n’arriverez pas à me convaincre non plus.

      2. « Entre autres, sous couvert de production d’électricité, les centrales électriques nucléaires permettent de produire du plutonium, dont la première utilisation a été la fabrication de bombes atomiques. »
        Non seulement le nucléaire civil n’est pas subventionné mais en plus il est l’occasion de subventions cachées au nucléaire militaire. C’est dire comme il serait rentable sans cela.

      3. « En France, les crédits d’impôts ne semblent pas exister, tout simplement du fait que les réacteurs nucléaires ont été construits il y a longtemps et à une époque où EDF était une entreprise nationale.  »
        Même quand EDF était une entreprise nationale elle était bénéficiaire, il n’y a donc pas eu subvention.

      4. Il y a au moins 7 différents types de subventions au nucléaire:

        – L’assurance risque accident majeur est à charge du contribuable
        – L’assurance risque « commercial » est à charge du contribuable qui doit se porter garant (en cas de faillite ( l’opérateur ne peut pas laisser une centrale nucléaire à son sort)
        – La prévention du risque d’attaque terroriste sur des installations nucléaires est à charge du contribuable.
        – La gestion des déchets est à charge du contribuable, puisqu’ils doivent être stockés et surveillés pendant des milliers d’années.
        – Le contribuable se porte garant pour le démantèlement des installations nucléaires étant donné que son coût exact ne repose que sur des approximations.
        – À charge du contribuable (partiellement ou intégralement) : les maintes institutions nucléaires nationales et internationales.
        – Autres subventions: par ex: pour la recherche (sécurité, démantèlement, impacts sur l’environnement, réutilisation des déchets pour l’armement cf munitions d’uranium appauvri – dont les effets dévastateurs sont également à charge du contribuable – cf falluja/Irak, taux de cancers et de malformations le plus haut du monde et de tous les temps) etc…
        – etc
        Nuclear power is already heavily subsidised

        More than half of the subsidies (in real terms) ever lavished on energy by OECD governments have gone to the nuclear industry. Energy liberalisation has exposed the scope and scale, and sometimes illegality, of these subsidies. The European Commission has ordered Electricité de France, Europe’s biggest nuclear operator, to repay some illegal subsidy–an order that EdF is fighting. (The Economist May 6th 2004 http://www.economist.com/node/2651862)

      5. « – L’assurance risque accident majeur est à charge du contribuable
        – L’assurance risque « commercial » est à charge du contribuable qui doit se porter garant (en cas de faillite ( l’opérateur ne peut pas laisser une centrale nucléaire à son sort) »

        Ces deux types d’assurance sont dans l’augmentation de coût de 15% que je preconise.

        « – La prévention du risque d’attaque terroriste sur des installations nucléaires est à charge du contribuable. »

        Et la prevention du risque d’attaque terroriste sur les barrages hydrauliques ou sur les raffineries de pétrole, elle est à la charge de qui?

        « – La gestion des déchets est à charge du contribuable, puisqu’ils doivent être stockés et surveillés pendant des milliers d’années. »

        Si on étudie du stockage dans des couches géologiques profondes et stable c’est pour ne pas avoir à le surveiller, sinon on peut le stocker en surface.

        « Le contribuable se porte garant pour le démantèlement des installations nucléaires étant donné que son coût exact ne repose que sur des approximations. »

        Les approximations n’ont un impact que sur les provisions qui sont faites, l’opérateur est responsable du démantèlement c’est son problème s’il n’a pas fait assezovisions.

        « – À charge du contribuable (partiellement ou intégralement) : les maintes institutions nucléaires nationales et internationales. »

        Là c’est vraiment pouillème et ça existe pour les autres énergies.

        « – Autres subventions: par ex: pour la recherche (sécurité, démantèlement, impacts sur l’environnement, réutilisation des déchets pour l’armement cf munitions d’uranium appauvri – dont les effets dévastateurs sont également à charge du contribuable – cf falluja/Irak, taux de cancers et de malformations le plus haut du monde et de tous les temps) etc… »

        La recherche sur le nucléaire tout compris est largement inférieure à la recherche (prospection) de nouveaux gisements de pétrole même ramené en taux par unité d’énergie produite. Si les montants peuvent paraitre important il n’en est rien rapporté à l’énergie produite et les programmes de recherche sont engagés par le privé en fonction de leur intérêt economique. Il est bien évident qu’un résultat s’appliquant à 6% de l’énergie mondiale produite (cas du nucléaire) est plus intéressant que le même résultat s’appliquant à 0,01 % de l’énergie mondiale produite (cas du solaire photovoltaïque). Le jour où le solaire photovoltaïque fera 0,1% (dans 20 ans?) les industriels correspondant auront des budgets de recherche plus conséquents.

        « Le budget « R&D » total du pétrole payé par les Français, sous une forme ou sous une autre, est donc de l’ordre de 1,9 milliards d’Euros par an (12,5 milliards de Francs). »

        Le budget « R&D » total pour le nucléaire français se monte donc à environ 1 milliard d’Euros par an (environ 6,5 milliards de Francs).

        Or ces deux sources contribuent chacune à une fraction équivalente du bilan énergétique français (100 millions de tonnes équivalent pétrole pour chaque en chiffres ronds). Il en découle donc que le nucléaire est, en ordre de grandeur, deux fois plus économe en R&D par unité d’énergie produite que le pétrole.
        http://www.manicore.com/documentation/recherche_energie.html

      6. La scandaleuse subvention au nucléaire, by Robert Bell.

        Rappelons aussi le rapport annuel de l’Agence internationale de l’énergie qui souligne dans sa dernière édition que les subventions qui encouragent la surconsommation de combustibles fossiles ont dépassé les 400 milliards de dollars (contre 22 pour les biocarburants et 44 pour les energies renouvelables). Les subventions aux énergies nucléaires et fossiles, outre leurs aspects négatifs pour l’environnement rendent moins compétitives les énergies renouvelables.

        « L’arrêt des subventions défavorables à l’environnement, c’est pour quand ? »

        Au Japon la vie des centrales nucléaires fut prolongée juste 1 mois avant la catastrophe:
        Japan Extended Reactor’s Life, Despite Warning (NYTimes)

        Que font la Belgique (et la France) ?
        Sortie du nucléaire (Belgique) : Wathelet ignore ses propres experts (07/07/2012)

      7. L’étude n’est pas biaisée, mais elle a été faite « rapidement ».
        « However, the probability and consequences of severe nuclear accidents are
        currently the subject of debate, and estimates of potential damages and their
        consequences for health, environment and the economy vary over more
        than six orders of magnitude according to a range of international studies.
        We therefore recommend (i) to review these international damage studies,
        including a sensitivity analysis of all assumptions and subsequently, (ii) to
        strive for consensus on a smaller range of cost estimates. »

        Plutôt que de faire une estimation eux même des dommages potentiels, ils ont examiné des études déjà faites et ont constaté une grande dispertion des résultats. Ce n’est pas interdit de s’appuyer sur d’autres études, mais alors il faut être capable de juger soi même de la crédibilité des résultats pour choisir celles des études dignes d’intérêt avec une dispertion moins grande. Ce travail est laissé à d’autre.
        Il me semble que ce travail commandé par la commission avait pour but de voir si on pouvait coincer la France, car la commission n’a de cesse que d’abattre EDF. Le résultat qui intéressait la commission est bien inclu dans l’étude mais il n’est pas assez important pour permettre de partir en guerre :
        « Adopting an insurance model in which nuclear generators themselves cover
        currently agreed national and international liabilities by means of private insurance
        implies a an increase in the price of nuclear power of less than 1%.
        The environmental and economic effects of this scenario are negligible. »

        Sans vouloir me mettre en avant je préfère mon approche du coût d’un tel accident :

        « Restent les risques d’accidents. La cour des comptes vient d’évaluer les coûts du nucléaire dont le coût des assurances qui seraient nécessaires pour couvrir le risque des accidents nucléaires. Elle se fonde sur un coût d’accident de 70 Milliards d’euros pour calculer un pourcentage du prix de l’électricité à verser sur un compte pour constituer une réserve. Ce montant est déjà contesté aussi on le remplacera par une estimation japonaise (non complaisante) du coût probable du désastre de Fukushima. Le montant à prendre en compte devient alors 250 Milliards de dollars sachant que les évaluations vont de 71 à 250 Milliards. »

        Avec cette estimation 13 des 15% d’augmentation du prix de l’électricité que je préconise ont pour but d’assurer le risque correspondant.

      8. Rutilly, ici, quelques éléments de  » l’ inconvenient nuclear truth « , en quelque sorte (Si vous aimez, j’en trouverai d’autres) .
        Bloomberg News : World Atomic Output Falls by Record in Fukushima’s Aftermath
        By Kari Lundgren on July 06, 2012
        – There are 59 nuclear reactors being built globally and at least 18 are experiencing “multiyear” delays, according to today’s report. 9 have been listed by the International Atomic Energy Agency as “under construction” for more than 20 years, the authors said.
        -Electricite de France SA, the world’s biggest operator of nuclear reactors, has said a decision to extend the lives of two U.K. plants will hinge on their commercial viability, as well as regulatory safety reviews. All of Britain’s reactors are due to close by 2035.
        – Atomic power accounted for 11 percent of all electricity generation.

        …Even countries such as the United Arab Emirates, intent on using nuclear power to meet a third of electricity demand by 2020, can’t get the financing they need, Schneider said in an interview…..

        http://www.businessweek.com/news/2012-07-06/world-atomic-power-output-falls-by-record-in-fukushima-aftermath

      9. @quelqu’un

        On peut dire qu’on est d’accord sur le desaccord.
        Que la production nucléaire ait baissée en 2011 n’est quand même pas étonnant alors que les 54 centrales Japonaises ont été arrêtées ainsi que 8 centrales Allemandes. Que le désastre de Fukushima ait un effet négatif sur les perspectives du secteur d’accord aussi. Si l’on pouvait se passer du nucléaire tout cela serait suffisant pour l’arrêter. Mais je me place dans une perspective de long terme, quand on aura consommé toutes les énergies concentrées et que les renouvelables feront 20% de la consommation actuelle (8% pour le bois avec déforestation, 8% pour l’hydraulique et 2% pour le reste) il ne restera plus que le nucléaire. Et si on ne s’y prépare pas ce sera une époque de guerre de famine et de maladie car la Terre ne peut supporter que 1,5 Milliards d’habitants sans les énergies concentrées.

      10. Rutily, vous dites:
        « Que la production nucléaire ait baissée en 2011 n’est quand même pas étonnant alors que les 54 centrales Japonaises ont été arrêtées ainsi que 8 centrales Allemandes. « 

        « Que le désastre de Fukushima ait un effet négatif sur les perspectives du secteur d’accord aussi. »
        Oui, absolument et les autres désastres aussi.

        « Si l’on pouvait se passer du nucléaire tout cela serait suffisant pour l’arrêter. Mais je me place dans une perspective de long terme, quand on aura consommé toutes les énergies concentrées et que les renouvelables feront 20% de la consommation actuelle (8% pour le bois avec déforestation, 8% pour l’hydraulique et 2% pour le reste) il ne restera plus que le nucléaire. »


        « Et si on ne s’y prépare pas ce sera une époque de guerre de famine et de maladie car la Terre ne peut supporter que 1,5 Milliards d’habitants sans les énergies concentrées. »

    2. @David,
      Il est intolérable de tuer et de faire souffrir physiquement et psychiquement des enfants et plusieurs générations à venir , donc également si c’est pour faire un peu d’électricité (nucléaire).
      Dieu seul sait où et quand la prochaine catastrophe nucléaire aura lieu, mais elle aura lieu – sans le moindre doute – à moins qu’on décide d’arrêter rapidement le nucléaire (sachant que les problèmes de la gestion de ses déchets ne sera aucunement résout )
      David, tapez : « Chernobyl Legacy by Paul Fusco  » dans youtube. Je ne mets pas le lien, parce que ce qu’on peut y voir est tout simplement terrifiant et m’a rempli d’une immense tristesse lorsque j’ai vu ça pour la première fois, sachant que d’autres connaitront également ce sort dans peu de temps…

    3. « Voyez vous-même le peu d’effet, tant instantané que cumulé, qu’ont eu les milliers de manifestations et autres actions qui ont émaillé le développement de cette filière énergétique. Je n’ai pas l’intention de perdre du temps à cela »

      Je pense au contraire que les manifestations et autres actions ont eut un effet décisif sur les normes de sécurité et leur respect, sur la diffusion des informations relatives aux accidents qui ont eu lieu et sur l’information du public. Je ne suis pas sur qu’on aurait entendu parler de Tchernobyl s’il n’y avait pas eu d’agitation anti-nucléaire (il y a eu d’autres désastres écologiques en URSS dont on parle très peu.) En plus il me semble que ça a largement freiné l’industrie nucléaire, en particulier la filière des surgénérateurs au plutonium qui est nettement la plus dangeureuse.

      Le rapport remis au Parlement Japonais par une Commission indépendante mis en lien par Sylvestre Huet sur le blog {sciences²} (ici le résumé sur le net, en pdf) aurait-il été réalisé et diffusé si tout le monde s’était habitué au nucléaire comme on s’était habitué au charbon? (je suis né au milieu des terrils!)

    4. Et que dire de tout ce qui se passe dans le domaine chimique en terme d’accidents faisant de nombreuses victimes, morts et blessés, avec des conséquences environnementales à long terme que l’on ne sait toujours pas mesurer, sinon qu’elles affectent notre santé de manière mesurable à l’échelle de populations entières (ex: diminution de la fertilité conséquence de l’exposition chronique aux pesticides) et s’exprimeront encore sur des dizaines ou centaines d’années sinon plus ?

      et bien remplacez chimique par nucléaire et vous avez tout dit.
      Alors que vouliez noyez le poisson dans l’eau, libre à vous
      permettez nous de rester lucide!

  3. J’ignore si les vidéos qui suivent ont déjà été postées sur le blog. Dans l’affirmative, mes excuses pour la redite.
    1 – Le témoignage d’un ex-ingénieur de TEPCO, avec un passage très intéressant sur la tentative effectuée par l’opérateur pour acheter le silence de son ex-employé :
    http://www.dailymotion.com/video/xq9w5f_kimura-histoires-vraies-par-un-ex-ingenieur-de-tepco-tepco-est-effroyable-29-04-11_news

    2 – Le diplomate Matsumura Akio parle des dangers liés à la piscine de combustibles usagés situé dans la bâtiment abritant le réacteur n°4 (si la piscine se vide de son eau, 50 % de la population japonaise devra être évacuée) :
    http://www.dailymotion.com/video/xqatce_fukushima-reacteur-4-un-danger-au-dela-de-tout-ce-qu-on-a-connu-08-03-2012_news

    3 – La confirmation de ce qui précède par Koide Hiroaki, chercheur associé à l’Institut de Recherche du Réacteur de l’Université de Kyôto : « si la piscine de l’unité 4 fuit, c’est la fin » :
    http://www.dailymotion.com/video/xpidxf_fukushima-dr-koide-si-la-piscine-de-l-unite-4-fuit-c-est-la-fin-08-03-2012_news

    1. Bonjour a tous,
      j’ai un peu dépilé la file et je voudrais dire que je suis citoyen et le nucléaire m’inquiète au plus haut point (contrairement à ce que j’ai pu lire). De plus, quand je regarde cette page http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_r%C3%A9acteurs_nucl%C3%A9aires, et étant donné que je suis un peu pessimiste, je suis tenté non pas de dire « si quelque chose arrive en France … », mais de dire « Quand ça va arriver … ». Lorsque je regarde toutes ces vidéos de témoignages au Japon, je ne peux m’empêcher de transposer leurs visages avec des visages occidentaux. Et c’est en général là que je m’énerve. A la fois contre celui qui promet et ne fait rien, et aussi contre les citoyens encore passifs devant ce problème qu’il faudra bien résoudre. Ce seront ces mêmes citoyens qu’on nous montrera à la TV et qui diront « Ils avaient promis que tout était sous contrôle » Comment on ne peut pas être conscient du problème nucléaire. Il faut se rappeler quand même que l’histoire de l’usine de Tchernobyl n’est pas finit.
      L’ennuie quand on est contre le nucléaire, est qu’il faut venir avec de solutions de rechange viable. Je pense aussi bien à la quantité d’énergie à produire, que le nombre d’emplois à remplacer. Peut être qu’elles existent, mais dans ce cas la France perdrait un de ses fleurons technologique. A suivre …

      Enfin je profite de ma réponse pour signaler à Paul que la courbe de fréquentation du blog qui est en relation avec le cours du CAC40 ne démontre pas forcément que ce sont uniquement des boursicoteurs qui fréquentent le site. Je suis comme pas mal de gens. Quand tout va bien, et bien je suis moins vigilent, et quand ça s’agite un peu je veux comprendre. C’est bien de se détendre des fois.
      Allez à tantôt.

      1. Un fleuron technologique émergent et très prometteur que la France délaisse obstinément (alors qu’elle n’a pas de pétrole et qu’elle prétend avoir des idées) c’est l’industrie du démantèlement nucléaire. Les Allemands s’en occuperont et déploieront bien-sûr en même temps l’industrie des énergies renouvelables qui sont et resteront bien évidemment les seules viables.

  4. Pour des valeurs actuelles relatives au coût de l’électricité solaire en Allemagne, en comparaison avec le prix des fournisseurs classiques (réseau) voir ici
    http://energeia.voila.net/solaire/parite_allemagne.htm

    Et par la même occasion, le point sur la sortie du nucléaire dans ce pays, ici
    http://energeia.voila.net/electri/allemagne_nucle_renouv.htm

    Pour un pays qui, par sa géographie, dispose de ressources hydrauliques modérées, l’essor de l’électricité renouvelable est impressionnant.

  5. Beaucoup de centrales du même modèle que celles de Fukushima sont en fonction aux Etats-Unis

    L’accident de Tchernobyl concernait un réacteur au graphite, type de réacteur très peu utilisé en dehors de l’URSS. Au contraire l’accident de Fukushima concerne des centrales à eau bouillante General Electric dont plusieurs modèles et pas mal d’exemplaires sont utilisés aux Etats-Unis. Cette accident constitue donc un crash-test en vraie grandeur (et en 4 exemplaires) très instructif quand à la sécurité en cas d’accident grave.

    Pour cette raison la NRC (U.S. Nuclear Regulatory Commission) a décidé de réviser les conditions d’utilisation de certains réacteurs (boiling-water reactor (BWR) Mark I and Mark II) en fonction des « leçons apprises du séisme et du tsunami du Japon le 11 mars 2011. »

    Toutes les recommandations annoncées n’ont pas encore été émises par la NRC mais le 5 juillet dernier les Anonymous on publié une série de documents piratés à ce sujet.

    Il y est dit par exemple que:
    – les vannes permettant d’abaisser la pression à l’intérieur de l’enceinte (venting system) n’ont pas pu être utilisées ce qui a rendu impossible d’utiliser de l’eau à basse pression pour le le refroidissement
    – les instruments mesurant le niveau de l’eau dans les piscines de stockage du combustible irradié (instrumentation to determine the water level in the SFP) n’ont pas fonctionné.

    A mon avis Fukushima a mis en évidence le fait qu’en cas d’accident majeur il n’est pas possible d’intervenir sur ces centrales de manière à limiter les conséquence de l’accident parce qu’elles n’ont pas été prévues pour ça…

  6. « Arnie dans ce business vous êtes pour nous ou vous êtes contre nous, et vous venez de franchir la ligne » . Avant le tsunami, les modèles, et quand le régulateur et l’opérateur couchait dans le même lit … (ils sont à la douche) — 1 million de cancers à venir, 23 centrales aux us à fermer, forteresse du silence.
    vidéo st fr. de A. Gundersen – Fukushima Daiichi, catastrophe d’origine humaine 06.07.2012
    + http://www.categorynet.com/actu-des-medias/liberte-de-la-presse/japon—-fukushima-:-acharnement-judiciaire-contre-un-journaliste-freelance-20120710187233/

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