CHANGEMENT DE PARADIGME : CAPITALISTE AU PAYS DES MERVEILLES, par El JEm

4ème billet invité de la série par El JEm. La première partie est ici, la seconde ici, et la troisième ici

Voilà donc de la gloire pour toi.

Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, dit Alice.

Humpty Dumpty sourit dédaigneusement.

Évidemment que tu ne comprends pas. Pour cela, il faut que je te le dise. Voilà un argument décisif pour toi !

Mais « gloire » ne veut pas dire « argument décisif », objecta Alice.

Lorsque j’utilise un mot, il signifie exactement ce que je choisis qu’il signifie – ni plus, ni moins.

La question est de savoir si vous pouvez faire signifier autant de choses différentes, dit Alice.

La question est de savoir qui est le maître. Et rien d’autre, dit Humpty Dumpty.

Lewis Caroll, De l’autre coté du miroir.

Chaque humain agit et décide selon la représentation qu’il se fait du monde, de sa nature et de son fonctionnement ( : paradigme). S’il croit que la terre est plate, il n’essaye pas d’en faire le tour. En fait, une telle idée ne lui vient même pas à l’esprit : un paradigme ne guide pas seulement les décisions, il limite aussi l’imagination (cf. CP2).

Le paradigme politique actuel est celui de la société de marché, c’est-à-dire la croyance dans la capacité du marché à prendre les décisions justes pour la communauté. Dans ce système, le poids de chaque individu dans la prise d’une décision politique de la communauté est théoriquement lié à sa capacité à agir sur le marché, c’est à dire à acheter ou à vendre (cf. CP3). Mais dans les faits ceux qui dirigent sont ceux qui maîtrisent les richesses, c’est à dire ceux qui les possèdent ou qui les gèrent. Non seulement parce que leur poids dans les transactions est prépondérant mais aussi parce que ce sont eux qui organisent le marché, à leur profit.

Ceux qui possèdent les richesses sont les capitalistes. Le capitalisme n’est ni une représentation du monde, ni une idéologie de pouvoir (il ne sert pas à prendre des décisions politiques). Il s’accommode d’ailleurs de tous types d’organisation de la société : pouvoir religieux, dictature, démocratie ou société de marché, du moment que la propriété privée y est protégée. Le capitalisme est avant tout une volonté individuelle d’accumuler les richesses et notamment les sources de richesse. Cette volonté peut avoir des origines diverses  : désir de possession, désir de pouvoir, conception -religieuse ou non- de finalité de la vie, etc.

Ceux qui gèrent les richesses sont les financiers (banques, assurances, fonds de pension, fonds de placement, etc.) et les dirigeants de grandes entreprises. Ils poursuivent le même objectif que les capitalistes (pour lesquels ils travaillent d’ailleurs principalement) : faire fructifier de manière optimale l’argent ou le bien qui leur est confié. Il s’agit en quelque sorte de capitalistes par procuration.

La société de marché assume tout à fait le fait de leur confier le pouvoir politique, c’est à dire la direction de la communauté. C’est même un de ses objectifs, car ils sont considérés comme étant les meilleurs créateurs de richesses. D’une part, ils sont les exemples à suivre et d’autre part leur création de richesse individuelle est perçue comme très positive puisque par effet de ruissellement, celle-ci ira ensuite irriguer le reste de la population. Il faut donc les laisser faire et limiter au maximum les contrôles et réglementations qui freinent leurs actions, avec un mot d’ordre général : « libérer les énergies ».

Il y a certes un abandon de l’idéal démocratique, mais si tout le monde est heureux, personne ne s’en plaindra : les plus performants sont aux manettes et tout le monde bénéficie des richesses créées. La société de marché constitue de plus une importante stimulation de l’économie, par l’effet démultiplicateur de la finance (l’argent est une marchandise, et les acteurs privés peuvent faire des montages complexes leur permettant de préter bien plus que ce qu’ils ont) ainsi que par l’effet de concurrence.

Par ailleurs, pour les partisans de la société de marché, il ne s’agit pas d’un choix, car ces multiples croyances (loi de l’offre et de la demande, effet de ruissellement, bienfaits de la concurrence, etc.) sont considérées comme des lois physiques universelles, c’est à dire une réalité à laquelle il faut se conformer. Et il serait insensé de lutter contre la réalité.

Tout semble donc aller pour le mieux au pays de la société de marché : performance et réalisme. Conquises, nos sociétés ont ainsi été explicitement organisées par et pour la société de marché, du plus petit niveau jusqu’au plus global (OCDE, FMI, banque mondiale, BCE, UE, etc.).

Hélas, en moins de trente ans, ce que l’on croyait être une représentation du monde plus pertinente a envoyé dans le mur les pays les plus puissants de la planète et rendu difficilement évitable une crise mondiale globale (financière, économique, politique, sociale, environnementale, énergétique, etc.). La société de marché était une boussole qui devait nous indiquer plus précisément le Sud, elle nous a envoyé au Nord.

Comment un paradigme d’apparence aussi efficace a-t-il pu être aussi catastrophique ?

En dehors du fait que les principes de base de la société de marché sont erronés (ex : la loi de l’offre et de la demande ne permet pas de définir le juste prix et génère une triple myopie – cf. CP1) ; la richesse, au lieu de ruisseler, remonte la pente pour s’accumuler dans les lacs de très haute montagne ; la concurrence et la privatisation bloque l’évolution au lieu de la stimuler (exemple), ce qui semble le plus inefficace, et en fait complètement contreproductif pour la communauté, est non seulement d’avoir adopté les objectifs des capitalistes ( : la rentabilité comme paramètre de décision politique) mais avoir de plus mis les capitalistes en position de gérer la société. Non pas que ces derniers soient incapables de créer des richesses (ils y arrivent très bien : ils arrivent même à créer des « richesses » à partir de rien, juste de simples paris, de calculs savants ou de réglementations bien adaptées) mais d’une part parce que leur « richesse » n’en est pas forcément une pour la communauté et d’autre part parce qu’ils font, de leur coté, tous leur efforts pour s’extraire de cette communauté.

En effet, pour atteindre leur objectif de rentabilité maximale, les capitalistes ont historiquement chercher à accaparer les sources de richesse (: moyens de production et ressources naturelles). Mais il y a de nombreuses manières de gagner de l’argent. Certaines peuvent être utiles à la communauté (faire du pain, trouver une manière propre de produire de l’énergie, arriver à soigner des maladies, etc.) mais d’autres sont inutiles ou même nuisibles. Or, entre deux projets, c’est celui qui lui sera le plus rentable qui sera choisi et non pas le plus utile pour la communauté. Par exemple, entre un médicament rentable, bien que très toxique, vendu pour maigrir (et par ailleurs facilement et très utilement remplaçable par de la marché à pied) et un médicament soignant une maladie grave mais insuffisamment rémunératrice, le choix est tout trouvé. Les capitalistes ne sont pas là pour trouver des solutions aux problèmes de la communauté mais pour les exploiter, et si nécessaire, les créer (déséquilibre, accaparement, pénuries, etc.).

Cette mauvaise allocation ne concerne pas seulement les moyens financiers mais aussi les compétences, qui sont ainsi détournées des besoins de la communauté, alors même que les défis auxquels elle doit faire face sont légion : environnement, énergie, agriculture, etc. De plus, avec la montée en puissance de la finance, devenue plus rentable pour eux, il y a maintenant désengagement de l’économie (que l’on est maintenant obligé de qualifier de « réelle » pour la différencier des activités dans lesquelles se sont engagés les capitalistes). In fine, l’allocation des moyens financiers et humains est erronée pour la communauté, alors que le marché était justement censé apporter une réponse à cette question politique primordiale.

Le deuxième aspect contreproductif porte sur l’idée même de faire dépendre la communauté des capitalistes, car ceux-ci veulent avant tout s’en extraire. La libre circulation des capitaux, des biens et marchandises ainsi que la création d’un réseau mondial de paradis fiscaux servent principalement cet objectif : créer des moyens et lieux dans lesquels ils peuvent légalement (ou non, si nécessaire) gérer leurs biens et leurs affaires comme ils l’entendent, sans avoir de compte à rendre à la communauté, par exemple pour ne pas avoir à payer de taxes ou d’impôts, mais aussi pour contourner les règles que pourrait souhaiter la communauté (au niveau social, environnemental, etc.). La mécanique même du système fait que ce sont les moins vertueux qui sont les plus avantagés. La City est un excellent exemple de ce qu’est le capitalisme et de son mode de fonctionnement. Alors que l’idéologie de la société de marché célèbre la responsabilité individuelle, elle met au pouvoir ceux qui se sentent le moins responsables et font tout pour ne pas le devenir.

Justification théorique de la volonté d’accumuler des richesses, marchandisation de toutes les activités humaines, privatisation des sources de richesses, possibilité de s’extraire des contraintes de la communauté, maîtrise même de l’organisation des marchés : s’il s’accommode de toutes les idéologies de pouvoir, dans la société de marché, le capitaliste est au pays des merveilles.

La situation catastrophique actuelle n’est que la conséquence de ces mauvais choix, c’est à dire d’avoir pris l’intérêt privé (et plus encore la rentabilité) comme paramètre des décisions politiques et, avec la société de marché, d’avoir carrément confié le pouvoir politique à ces intérêts privés, sur la base de la croyance des propriétés magiques du marché (autorégulation, définition des prix et efficacité de l’allocation des moyens, …).

Car si la société de marché génère effectivement une stimulation à court terme (ce qui a permis à ce paradigme d’être convaincant), elle induit à long terme une forte toxicité pour la communauté. Comme l’amiante : des propriétés physico-chimiques immédiates extraordinaires mais une toxicité à terme tout aussi extraordinaire. Et comme l’amiante, nous en avons mis partout : l’ensemble du monde a été organisé par et pour la société de marché. Or le long terme d’hier, c’est aujourd’hui et le chantier de « désamiantage du capitalisme » de nos sociétés est énorme.

Les effets à long terme du capitalisme et de la société de marché sont une déstructuration de la communauté. Avant d’être financière, économique, monétaire, énergétique ou environnementale, la crise est avant tout celle de l’oubli de l’intérêt commun, celle de la perte de l’autre. La privatisation pour les uns, signifie la privation pour les autres.

Cette déstructuration des sociétés, qui touche maintenant le cœur de nos propres communautés, n’apparaît pas subitement, comme surgie de nulle part.

Elle n’est que la suite logique du choix des choix effectués. La sacrosainte concurrence a permis de justifier le triste sort des plus faibles, et notamment des communautés qui subissent les conséquences de la guerre économique. La sacrosainte propriété privée a permis de justifier le droit à exploiter les biens communs, comme les ressources naturelles, jusqu’à leur épuisement ou leur destruction (« droit à polluer »), au détriment des communautés qui nous succèderont. Aujourd’hui, la sacrosainte rentabilité prime ouvertement sur l’humain, et il est devenu légitime de tuer l’autre pour de l’argent : en 2008, en pleines émeutes de la faim, une banque européenne lançait sa nouvelle offre commerciale avec comme slogan : « Tirez avantage de la hausse du prix des denrées alimentaires !« . La banque y qualifiait d' »opportunité » la « pénurie d’eau et de terres agricoles exploitables » (source).

L’injonction de rentabilité ne conduit d’ailleurs pas seulement à la perte de l’autre, voisins, descendants ou frères, mais aussi à la perte de soi-même : il suffit de voir le comportement schizophrénique de chacun, sommé de se soumettre au travail mais de célébrer la liberté comme citoyen, ou encore amené à investir dans des produits financiers qui contribuent à sa propre perte.

Des dirigeants politiques reconnaissent l’étendue des dégâts et sa nature criminelle : « faire monter les prix alimentaires pour son propre profit, accepter que la famine et la guerre soient de simples dommages collatéraux, c’est le contraire d’une économie de marché éthiquement fondée. Un comportement pareil est criminel (…) des millions de gens meurent de faim, car le monde ne fonctionne pas comme il faut. » (Jean-Claude Junker : Premier ministre luxembourgeois depuis 1995, Gouverneur de la Banque mondiale de 1989 à 1995). Mais ils sont incapables d’en reconnaître l’origine et de proposer une alternative : quand on pense que la terre est plate, on n’essaye pas d’en faire le tour.

Car contrairement à ce qui est avancé par les partisans de la société de marché pour expliquer la crise actuelle, il n’y a aucunement trahison ou dérèglement du capitalisme, mais poursuite du même objectif : augmenter le capital. Cela se fait simplement maintenant par des voies différentes (la spéculation, l’accaparement, le détournement, la manipulation, l’évitement des choix communs -dont l’impôt- par les paradis fiscaux, etc.) car ces voies sont devenues les plus efficaces pour atteindre cet objectif.

Et tout les acronymes du monde (TSCG, MSE, QE1, QE2, BCE, OCDE, FMI, G8, G20, etc.) n’y pourront rien changer : c’est l’idée de base qui est mauvaise. Quand on va dans la mauvaise direction, ce n’est pas en trafiquant son moteur ou en changeant de mode de transport qu’on arrive à bon port.  Il faut changer de direction, il faut changer de maître.

L’attrait de la richesse individuelle ne peut cependant expliquer à lui tout seul le succès du paradigme de la société de marché. Devenir riche est sans aucun doute un objectif important pour des psychopathes, et ceux-ci sont sans aucun doute nombreux et puissants (leurs moyens financiers leur permettent d’acheter ou d’orienter les moyens de propagande – médias, « intellectuels », think tank, partis politiques, etc. – et si nécessaire de les corrompre). Mais cela paraît insuffisant pour expliquer pourquoi les dirigeant élus ont abandonné aussi facilement le paradigme de la démocratie, et encore moins suffisant pour expliquer pourquoi ces derniers ont été soutenus par la population, dans un acte qui apparaît aujourd’hui, de la part des uns comme des autres, comme un suicide de la communauté.

Pour supplanter les autres idéologies de pouvoir (pouvoir religieux, dictature et démocratie, cf. CP3), la société de marché a bénéficié des forces d’autres croyances collectives : le rêve de paix éternelle et le rêve de liberté. Avec la société de marché, le rêve de paix éternelle semble en effet à portée de main : la mondialisation contre les frontières qui séparent et opposent, le marché « rationnel » contre la politique qui attise les passions, la croyance dans le fait que l’on peut vivre en évitant d’avoir à prendre des décisions difficiles, c’est à dire que l’on peut échapper à la politique, puisque le « marché » s’en charge (aspect particulièrement attractif pour les dirigeants politiques). Avec la société de marché, le rêve de liberté semble aussi prendre forme : c’est la fin de l’état qui décide pour vous, la possibilité de vivre sa vie au lieu de la subir.

De plus, l’homme espère. C’est un atout puissant pour vivre et survivre, mais cela l’entraine de temps à autres au bord du précipice et parfois l’y fait chuter. Formé aux contes de fées, l’être humain veut croire que l’histoire finit bien, même si tout lui montre le contraire. Aujourd’hui, on se rend bien compte que cela ne pourra pas durer : on ne peut pas s’endetter ad vitam aeternam, on ne peut pas consommer ou polluer toutes les ressources naturelles, on ne peut mettre tout le monde à la rue : on voit bien que tout cela n’a aucun avenir. Mais encore aujourd’hui, on espère que l’histoire finira bien. Et ce désir collectif d’échapper à la réalité aveugle et paralyse.

Tout cela (et surement bien d’autres choses encore) a contribué au succès de la société de marché et à son maintien, y compris dans la situation actuelle. Aujourd’hui, alors que le conte de fées a tourné aux comptes d’apothicaire et le rêve au cauchemar ( : aliénation au marché, à la consommation et au travail, guerre de tous contre tous, épuisement des ressources, pollution généralisée, dévoiement de la médecine, etc.), c’est aussi par là qu’il faut la démystifier et c’est aussi à ces rêves qu’il faut répondre.

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170 réflexions sur « CHANGEMENT DE PARADIGME : CAPITALISTE AU PAYS DES MERVEILLES, par El JEm »

  1. Sans vouloir paraitre désobligeant, la dénonciation du système et de ses dérives est l’apanage de ce blog depuis plusieurs années. C’était salutaire ! Et voila encore un joli post philosophique qui vient à nouveau dire que tout va mal, mais qui ne propose rien….

    Et d’ailleurs que proposer ? Oui, je sais la fin des paris….Mais parier c’est un bout de métaphysique, ce qui différencie l’homme du reste animal, homo sapiens ne peut même pas l’envisager.

    Il y a quelques semaines Paul vous vous demandiez si ce blog ne tournait pas un peu en rond….Je sais pas, je suis déçu.

    1. …du système et de ses dérives…

      Non, il n’y a aucune dérive.
      Cest la nature du système ou son caractère comme dit Orson Welles à propos du scorpion (dans son film Mr Arkadin)

    2. Je suis d’accord avec vous, cet article est très bien écrit, mais pour des habitués du blog c’est finalement un « oui, évidemment » qui viendra en tête tout le long.

      Si j’osais le résumer à une phrase:

      Alors que l’idéologie de la société de marché célèbre la responsabilité individuelle, elle met au pouvoir ceux qui se sentent le moins responsables et font tout pour ne pas le devenir.

      qui nous affecte par « la privatisation des gains et la socialisation des pertes ». En face ils s’amusent à répondre, en reprenant Churchill au sujet de la démocratie que « c’est le pire des systèmes, excepté tous les autres ».

      1. @Autrichons gris et Allumette

        oui, tout semble évident. C’est d’ailleurs un des objectifs : je ne m’adresse pas aux spécialistes ni aux lecteurs convaincus de ce blog, j’essaye de m’adresser à tous les autres.
        Dans un des textes précédents, (je ne sais plus lequel), un commentateur dit que c’est du niveau CM2.
        En fait, c’est une remarque qui me plait : j’espère que mon texte est compréhensible par tous, y compris les CM2, pour qui je n’éprouve d’ailleurs pas de mépris (et comme disait un de mes amis elfes : « même les nains ont commencé petits »).
        Si les convaincus ne s’adressent pas aux autres, ils finiront cons vaincus.

    3. Voilà une proposition : et si on mettait l’argent et l’énergie nécéssaires pour récupérer les dizaines de trillions de dollars qui échappent chaque année à l’impôt dans le monde…Si on le faisait sérieusement. Je suis étonné du manque de motivation des gouvernements. Mon étonnement doit en faire rire certains comme l’affichage de ce chiffre pharamineux en première page des quotidiens…Nos gouvernants, leurs amis, leur famille, payent-ils leurs impôts ?

      1. En ce qui concerne la fiscalité , parfois droite et gauche, resserrent les rangs pour l’union sacrée .
        Énorme faute de nos politiques
        « un fou dangereux, un centriste c’est à dire le député Charles Amédée de Courson, proposait un amendement visant à fiscaliser donc à contrôler, la coquette enveloppe touchée par les députés pour leurs frais de représentations : 6400 euros par mois pour leurs déplacements, costumes, restaurants, etc… » Canard enchainé
        http://blogs.mediapart.fr/blog/giuliettalasubversive/190712/rubrique-carottage-transparent-christian-ecker-refuse-la-defi

      2. Et voilà le travail :

        German Finance Minister Wolfgang Schäuble is battling domestic opposition to rescue a planned tax treaty with Switzerland that could mean billions in additional revenues for Germany. Meanwhile, many tax evaders are moving their money from Switzerland to Singapore and Shanghai.

        http://www.spiegel.de/international/germany/domestic-debate-threatens-german-tax-treaty-with-swizerland-a-846169.html

        Et après ils font des reproches à la Grèce, Espagne pour déficits publics pendant leurs capitaux vont
        se mettre à l’abri des taxes.

      3. Oui donc, si je comprends bien, un accord fiscal avec la Suisse signifie une fuite des capitaux frauduleux de Suisse vers Singapour, qui les accueille à bras ouverts ! C’est insoluble tant qu’on ne peut contraindre les états et paradis fiscaux à arrêter ces activités proprement criminelles. Comment pourrait-on les y contraindre ? Singapour est certainement lié à une puissance qui a intérêt à récupérer ces liquidités. Les fraudeurs fiscaux sont tout bonnement des traitres à leurs pays. Ne pourrait-on au moins les identifier et les dénoncer publiquement ?

      4. je pense qu’ils n’en ont ni l’envie ni les moyens.
        Ni l’envie : puisque l’idée de base est que les riches doivent être laissés libres de créer des richesses (pas la peine d’aller dans les paradis fiscaux : on leur diminue les impôts à la source).
        Ni les moyens : le système est hors contrôle et il y a trop d’intérêts en jeu.
        Pour rappel : les paradis fiscaux ont pour principal objectif l’optimisation légale de la fiscalité.

    4. Vous devriez remercier les auteurs de ce blog de ne pas penser à votre place, d’imposer une idéologie de remplacement comme seule possibilité. A vous aussi d’inventer des solutions, de les mettre en oeuvre autour de vous. C’est quand même un peu facile de venir pleurer parce qu’un constat est posé et qu’on ne vous propose pas de solution pré-mâchée.
      Continuez dans l’économie de marché, vous verrez, tout ira bien…

      Et puis de toute façon il y a eu plein de solutions proposées ici (interdiction de la spéculation, lutte active contre les inégalité par de nouvelles politiques, fiscales ou autres, taxes sur les transactions financières, lutte contre les paradis fiscaux… etc). Mais de toute façon vous n’êtes pas prêt à les entendre ou à les appliquer. Alors tant pis…

      Est-ce qu’un des modérateurs pourrait me redonner le lien vers un commentaire qui reprenait toutes les solutions pratiques proposées sur ce blog, je ne le retrouve pas dans les archives. Ca fera aussi un peu de lecture pour notre Calimero gris…

    5. Les solutions sont entre les lignes.
      Merci pour ce billet.
      constitution et institutions comme un appel du pied.
      La détermination comme arme !

  2. L’analyse est faite par un penseur, un économiste et cela est très précis, très juste, très technique.
    Mais tout cela est écrit dans la Thora, la Bible et les textes sacrés. C’est l’adoration du veau d’or, la tour de Babel qui ne peut tenir debout sur des bases de mensonges, de mépris de la vie, des vies… La désacralisation de l’homme, de l’animal, de la terre, c’est tout simplement du sacrilège, de l’idolâtrie et cela est la spirale de mort, tout simplement. D’autres sociétés en ont fait les frais. Si la dimension sacrée est niée la mort se trouve in fine. C’est simple la Vérité donne la vie. Le mensonge engendre la mort, mais la mort des princes aussi, qui se sont dans la même tour de Babel. Tout est écrit. Et les vestiges des civilisation disparues, sacrifiées par l’idolâtrie sont là, sous nos yeux. Mais les hommes n’ont pas de mémoire et ne veulent pas voir. C’est plus facile de rêver comme vous le dites si bien…

    1. À ceci près que dans la Bible, la Vérité c’est la parole de Dieu, Son Verbe, et qu’il n’y a pas plus vaste entreprise de désacralisation que le nouveau testament. Il faut lire ce qui est rapporté des paroles de Jésus.

  3. « La société de marché était une boussole qui devait nous indiquer plus précisément le Sud, elle nous a envoyé au Nord »
    A mon avis nous sommes plutôt complètement à l’Ouest !

    1. Vous réfléchissez « dans le cadre » de la boussole.. Vous ne réalisez pas que nous prenons de la hauteur!

      1. Vous réfléchissez « dans le cadre » de la boussole.. Vous ne réalisez pas que nous prenons de la hauteur!

        Tout à fait… Or, il faudra bien atterrir un jour. En douceur, ou bien comme un m… sur le trottoir. Splash.

  4. Avec la société de marché, le rêve de liberté semble aussi prendre forme : c’est la fin de l’état qui décide pour vous, la possibilité de vivre sa vie au lieu de la subir.
    Tout est dit. Mes parents ont subi la guerre, c’est à dire la soumission absolu du destin individuel à
    la marche implacable de l’histoire humaine, comme mes grands-parents. La possibilité d’investir mon énergie dans ‘le marché’, sans frontières, sans soumission à une communauté quelconque, propriétaire du revenu octroyé, donc libre de mon destin et assumant les conséquences de cette liberté, je suis un des représentant de cette génération du baby-boom.
    Maintenant, retraité, assis sur mon ‘tas d’or’ (les 30 glorieuses), mes enfants suivent cette route à Bali, San-Francisco, ou Rennes….je me dis que quelque-chose a cloché quelque-part.
    Merci pour votre article.

    1. L’auteur de « Road to Serfdom » a été convaincu par la seconde guerre mondiale et ses horreurs que l’état est le mal absolu. Il a aussi observé durant cette époque que des individus isolés pouvaient prendre des initiatives très courageuses pour s’opposer à ce mal. Aujourd’hui, ce texte est considéré comme un texte fondateur de ce que nous vivons.

      J’oublie toujours son nom mais il a été nommé quelque chose comme « pape du libéralisme ».

      Je crains fort qu’en continuant dans la voie actuelle nous allions revoir ce qui a convaincu ce type que l’état est le mal absolu. La boucle serait bouclée.

  5. Chaque humain agit et décide selon la représentation qu’il se fait du monde, de sa nature et de son fonctionnement ( : paradigme).

    Ceci est vrai, mais ce n’est que la moitié de la vérité, car « chaque humain » vit à une époque et dans un environnement précis. Ceux qui vivent les temps modernes, et leur achèvement – à tous les sens du mot – ont été éduqués ou plus exactement dressés par une représentation qui en s’objectivant a construit le monde à son image.

    Je suis très étonné qu’au milieu de l’année 2012, un « auteur/penseur » en soit encore réduit à faire mine de découvrir une partie de ce qu’un groupe de jeunes gens a mis en évidence pendant les années 60, en France et dans d’autres pays, et qui a été théorisé en 1967 dans le livre La Société du Spectacle. Il est vrai que ces jeunes gens n’étaient pas fréquentables et qu’il n’ont acquis, surtout pour le meilleur d’entre eux, qu’une gloire particulière parmi ceux qui se déclaraient ennemis de la société et qui ne visaient pas les récompenses universitaires.

    Thèse 5 de la Société de Spectacle de Guy Debord (1967) actuellement en ligne sur un certain site et disponible en collection de poche (Folio) :

    Le spectacle ne peut être compris comme l’abus d’un monde de la vision, le produit des techniques de diffusion massive des images. Il est bien plutôt une Weltanschauung devenue effective, matériellement traduite. C’est une vision du monde qui s’est objectivée.

    Certains commentateurs se demanderont à raison pourquoi, avec de pareilles lucidités historiques, le paradigme est resté le même. C’est une question qui mérite d’être examinée et elle a été examinée depuis le début des années 70 mais personne n’a su quoi faire en pratique des découvertes que ces études d’un autre type ont mis en lumière, et d’abord parce que la presque totalité des commentateurs les ont volontairement laissées dans l’ombre.

    1. @Marlowe: « Certains commentateurs se demanderont à raison pourquoi, avec de pareilles lucidités historiques, le paradigme est resté le même. »

      Au vu de la citation de la thèse 5, il faut bien admettre que c’est exprimé ici de manière bien plus compréhensible pour le commun des mortels. Preuve est faite que l’on peut, tel Rousseau, faire comprendre les choses en évitant un vocabulaire jargonnant (du genre « Weltanschauung ») et faire des phrases « normales ». C’est peut-être l’une des raisons qui ont maintenu la pensée d’un Debord (qui n’est pourtant pas le pire sur cette question) dans un cercle assez restreint.
      Si on parle pour une élite, faut pas s’étonner de n’être écouté que par une élite. Si on parle pour tous, il faut employer un langage compréhensible par tous.

      1. à Moi,

        En dehors du fait qu’on ne parle toujours que pour une élite (ceux qui veulent écouter), sauf à donner des ordres à l’ensemble des électeurs producteurs consommateurs que sont ceux qui ne sont plus des citoyens, j’insiste sur le fait que cela fait un demi siècle, et même plus en considérant les prémisses, que la critique radicale de la forme moderne du capitalisme industriel a été entreprise et que le type de « critique » que vous formulez a été produite.

        Je vous remercie de noter que le terme philosophique allemand dont vous contestez l’utilisation est traduit par Debord dans la phrase qui suit son emploi (vision du monde)

        Je trouverais plus opportun de contribuer à la critique de l’immobilisme, voire de la régression sociale, de ces « tous » pour lesquels vous affirmez, à la suite de tous ceux qui ont entrepris de leur enseigner l’ignorance, qu’il faut employer un « langage compréhensible ».

      2. @Marlowe: « qu’on ne parle toujours que pour une élite (ceux qui veulent écouter) »

        Sophisme, Marlowe. Je vous parle de la restriction de l’auditorat susceptible de pouvoir écouter, c’est-à-dire avant même de savoir s’ils veulent écouter ou pas.

        « cela fait un demi siècle, et même plus en considérant les prémisses, que la critique radicale de la forme moderne du capitalisme industriel a été entreprise »

        Vous ai-je dit le contraire? Je vous dis juste qu’ils ne l’ont pas dit de manière démocratique, c’est-à-dire aisément compréhensible par tous (ou du moins le plus grand nombre). Et ce n’est pas parce que cela était impossible, ce texte-ci de El Jem en donne la preuve. La raison? Eh bien soit ils ne maîtrisaient pas complètement leur sujet, soit ils faisaient exprès de jargonner pour une élite, soit les deux.

        « Je vous remercie de noter que le terme philosophique allemand dont vous contestez l’utilisation est traduit par Debord dans la phrase qui suit son emploi (vision du monde) »

        Je note surtout que pour comprendre que Debord en a fait la traduction, il faut déjà savoir ce qu’est une Weltanschauung (et tout ce que ce terme désigne pour les spécialistes de la philosophie).
        Un quidam ne peut pas comprendre ce qui se dit dans un livre de Debord (j’en ai fait l’expérience avec quelques passages, j’ai besoin d’une lecture attentive alors que j’ai déjà des bases philosophiques et que je connais le débat). Un quidam pourra comprendre le texte de El Jem car tout y est clair, bien expliqué et en énonçant la suite des déductions logiques.
        Pourtant, vous le dites vous-mêmes, ils disent la même chose (et j’acquiesce). Cherchez l’erreur.

      3. à Moi,

        Je n’ai aucune envie de polémiquer pendant des heures, mais je vous ferai remarquer que vous interprétez mes propos.
        Par ailleurs j’ai lu les derniers numéros de la revue Internationale Situationniste en 1969 et les deux livres disponibles à l’époque (le Traité de savoir vivre et la Société du Spectacle) et celui de Debord m’a donné envie de lire ce que je ne connaissais pas et qu’il avait manifestement lu avant d’écrire son ouvrage, le seul qui soit un peu ardu pour quiconque n’a pas de culture réelle, mais qui devient limpide pour celui qui veut apprendre et comprendre.
        Les Commentaires et les autres écrits disponibles sont beaucoup plus abordables mais toujours impossibles à lire pour quiconque réfute la théorie du Spectacle.

        Merci d’en rester là.

      4. Cher Marlowe,
        tout d’abord je ne revendique rien. Je ne cherche même pas à avoir raison, ni à être le premier à avoir dit que…
        Je cherche plus simplement à susciter le questionnement, notamment chez ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de lire Debord ou Freud ou Kuhn ou …
        J’essaye de leur indiquer qu’ils ont des « lunettes sur le cerveau » et que s’ils les enlevaient (ce qui est très difficile) ils verraient peut être le monde différemment.
        Pour cela, je m’efforce de décrire, de manière simple, des évidences pour monter les décalages entre monde perçu et monde réel.
        Il y a surement d’autres manières de faire et il est urgent de toutes les mettre en œuvre.

  6. « La société de marché constitue de plus une stimulation importante de l’économie »

    Il est là le paradigme !

    Le paradigme n’est pas la société de marché.
    Le paradigme est de croire qu’il faut une « économie » pour faire tourner le monde.
    C’est « l’économie » qui porte en elle les notions de profit et de rentabilité, comme vous le soulignez la société de marché ne fait que la stimuler et porter à leur paroxysme suicidaire ces notions.
    C’est « l’économie » dont il est si difficile de se défaire, essayez de raisonner sur un monde sans « économie » !

    Depuis des siècles il est parfaitement ancré quasiment dans nos gènes que pour vivre il faut produire des richesses, les vendre et en tirer profit.
    Celui qui ne peut produire de richesses est obligé de se vendre lui-même pour accéder au minimum vital.

    Abandonnez ce paradigme et essayez de reconstruire un monde sans « économie ».

    1. Je ne pense pas que l’économie soit un paradigme. L’économie est un médiateur pour les interactions. Par contre, à quoi nous sert notre économie? Et quels concepts orientent sont utilisations ? Ces deux questions nous pousse à percevoir ce qui se cache derrière sont utilisation!

      1. @louise et joechip.
        Vivre sans économie? Au risque de ne pas se comprendre, je précise que je perçois l’économie comme la manière de bien gérer et organiser nos échanges; cela n’implique pas obligatoirement la monnaie. Et surtout, je ne perçois pas que le seul but de l’économie soit le profit. J’ose espérer que sa finalité première est une bonne organisation individuelle et sociétale. Bien sur, je perçois qu’actuellement la société de marchée a orienté dans leur sens l’organisation de nos sociétés.
        Je pense donc que la vie est plus facile avec une économie que sans.
        Connaissez d’autres manières pour organiser la vie et les échanges au niveau local et mondial, en dehors d’un médiateur économique? Je connais l’économie de marché, l’économie du troc. 

    2. @ Louise
      Nous avons besoin d’une forme d’économie pour faire fonctionner la société car l’homme est un animal sociable. Le moyen choisi pour faire fonctionner la société est actuellement l’économie de marché.
      Selon la formule d’Adorno, à laquelle je souscris: « tout moyen finit par basculer en une fin en soi ». Nous y sommes. Pour les promoteurs de ce paradigme, de cette vision du monde, la boucle est bouclée. TINA.

  7. changer de paradigme est la seule voie qui s’impose à moi actuellement. Je n’attends pas – de qui de quoi – qu’un autre paradigme le remplace dans l’immédiat. En attendre un autre serait attendre la loi d’un autre et refuser d’inventer ma propre voie. Cela serait de la pure répétition de ce paradigme rejeté en croyant que celui qui le remplace est source d’espoir.
    J’apprécie ce texte parce qu’il fait écho à ma propre vie (changer de paradigme) et parce qu’il met en cohérence des raisonnements que j’ai pu avoir du fait de mes activités. Il m’informe sans boucher le manque par une idéologie de remplacement : je reste sur ce manque, comme d’ailleurs cela est pour ma vie actuellement, et cela me projette enfin vers les autres non pas pris comme des objets pour ma jouissance personnelle, mais parce qu’ils sont ce qui me manque. Et le « paradigme » s’écrit à chaque rencontre, sans que son texte soit définitivement clos.

  8. J’aime Jem .

    Dans le texte ,  » la marché à pied  » , c’est la mise à pied du marché ?

    Maintenant qu’on a les idées claires et le cerveau rafraîchi , en route pour l’épisode 5 dans  » l’utoipe réaliste » .

      1. Le texte va bien savoir se défendre tout seul . Et d’ailleurs ,il le fait.

        Mais comme les nuances de l’art poètique vous ont échappé , je confirme que je suis bien , moi aussi , pour la mise à pied du marché ( ou plutôt du capitalisme et de la forme de marché et de libéralisme qu’il suppose ) .

        Rendez vous , également , dans « l’utopie réaliste » .

        A ce propos , pour Julien Alexandre , j’ai consulté le billet ad hoc à l’instant où il y avait 518 commentaires , puis à un autre où il y en avait 519 .

        Je n’ai pas été foutu de trouver ce 519 ème commentaire qui n’avait pas eu le bon goùut de s’inscrire en fin de file, au milieu de la forêt des autres .

      2. Est-il interdit de nommer moquerie la réponse de juan nessy ?

        Sa réponse est une moquerie, c’est une bonne raison de le lui dire.

        Marlowe, vous aurais-je froissé ?

        Nessy, vous vous moquez du texte d’El JEm. Quelle est la nuance de l’art poétique qui m’échappe là-dedans ? Suis-je blessant quand je vous l’écris ?

      3.  » Car la nuance seule fiance le rêve au rêve et la flûte au corps  »

        Sur la « marché à pied » , c’est en fait une coquille dans le 12 ème paragraphe , qui m’avait parue en dire plus que l’auteur lui même .

        Mais je crois que l’auteur , comme les tauliers , avaient compris qu’il n’y avait pas moquerie , mais appel à correction .

        Eux .

        (Mais finalement c’est tellement beau , qu’il vaut mieux la garder .)

  9. Bonne nouvelle,

    Un paradigme vient de mourir. Son acte de décès est signé El JEm.

    Je vais déplaire mais je pense que la décence commune est une nécessité vitale. Des règles de vie en commun qui se nommait autrefois morale doivent être réintroduites. La liberté doit cesser d’être le droit de faire tout ce que l’on veut tant que l’on ne blesse personne. Un très gros problème de limite (s’enrichir ne blesse personne – CDS, Blankfein, BP dans le Golfe du Mexique, Fukushima, etc…) rend cette idée intenable. Elle doit venir ou nous sommes morts, nous et nos descendants.

    J’ignore sa forme mais elle devra mettre les humains et leur valeur au centre. Cette valeur n’est financière que très marginalement. Les limites humaines doivent servir à mesurer ce qui est admissible ou pas. Si les humains sont dépassés, c’est mauvais. La dignité d’un être humain doit être prise infinie. Tout ce qui l’augmente est bon. Tout ce qui la diminue est mauvais. Un corps humain nu est beau. Le regarder pour se « taper » le porteur et n’en tirer que du plaisir est mauvis. Un être humain est d’abord un être positif ensuite il peut dérailler. Deux humains qui se rencontrent peuvent se comprendre et arriver à un accord ou à travailler ensemble. Si un humain échoue dans son entreprise, il n’est pas stigmatisé car il a des limites, il n’est pas jugé car il a une dignité infinie, il a sa place dans la société car la décence commune reste.

    Je crois que nous allons remettre les humains au centre ou disparaître.

    1. Des règles de vie en commun qui se nommait autrefois morale doivent être réintroduites.

      J’ai rien contre la morale et l’étique (Quoique !! vu ce que l’on en fait !!) Mais j’ai bien plus confiance en la loi.

      Un corps humain nu est beau.

      Faut que je te présente ma belle mère !!

      1. Tous les régimes de tous les pays ont eu une loi depuis le code Hammourabi. Vous allez y trouver quelques régimes pas du tout présentables dans le tas. Pourquoi le sont-ils ?

        Est-ce que vous me présentez votre belle-mère ou son corps ?

  10. Bel article mais
    « la possibilité de vivre sa vie au lieu de la subir »
    suppose une possibilité d’existence de libre-arbitre qui peut largement être discutée voire niée.
    Dans ce CP2
    « confusion entre représentation et réalité » : c’est le cas général habituel, on donne une semblant d’ordre (représentation) au chaos (réalité)
    In fine, faire une politique nouvelle (représentation) est à l’ordre du jour, et je regrette de ne pas avoir assez d’imagination pour et de ne pas encore avoir vu quelque chose d’approchant.

  11. Bonjour et merci pour ce texte,

    Citation :
    « Le capitalisme n’est ni une représentation du monde, ni une idéologie de pouvoir (il ne sert pas à prendre des décisions politiques) »

    Là où il y a croyance, il y a représentation du monde. Citation :
    « Par ailleurs, pour les partisans de la société de marché, il ne s’agit pas d’un choix, car ces multiples croyances (loi de l’offre et de la demande, effet de ruissellement, bienfaits de la concurrence, etc.) sont considérées comme des lois physiques universelles, c’est à dire une réalité à laquelle il faut se conformer. Et il serait insensé de lutter contre la réalité. »

    Cette remarque parce que les tenants de l’idéologie capitaliste ont la croyance chevillée au corps que leur conviction n’est pas une idéologie (représentation à caractère politique du monde).

    Amicalement,

    Delphin

    1. Présenter des mensonges flagrants comme des lois physiques universelles est un bluff qui ne peut être soutenu qu’en activant un ensemble de polices, dont la principale, celle de la pensée.
      Il est vrai aussi que, dans le monde réellement renversé, plus un mensonge est gros, plus il a de chances d’être cru et d’autant plus quand il occupe tout le terrain.

    2. @ Delphin
      « Cette remarque parce que les tenants de l’idéologie capitaliste ont la croyance chevillée au corps que leur conviction n’est pas une idéologie (représentation à caractère politique du monde). »

      Bien dit! Je pense même que votre assertion a une portée générale, valable pour toute idéologie.
      Presque gödélien! 🙂

  12. Tout à fait d’accord avec vous lorsque vous montrer que »un paradigme oriente l’existence. La façon dont le monde est perçu oriente à la fois nos actions présentés et nos rêves de demain.
    Cependant, nous sommes peut être déjà rentré dans un nouveau paradigme. Du moins les générations nouvelles sont peut être déjà programmées pour percevoir et agir différemment dans le monde… et contrarient les individus un peu plus « âgés », qui perçoivent ce changement comme de l’immaturité…: une mutation en cours n’est parfois visible que bien plus tard. L’esprit rationnel n’étant pas forcément fait pour imaginer des solutions mais pour analyser et comparer ce qu’il perçoit.

    Maintenant qu’elle sont les différences observables qui nous font percevoir ce nouveau paradigme:
    – la dimension matérialiste communautaire est errodée par l’apparition des objets virtuels, les créations d’objet individualisés par impression en 3D sont pour bientôt.
    – l’individualité est attaqué par une organisation globale: la tentative de réintroduire la dimension locale est une tentative pour luter contre les aspects déshumanisant de la globalité.
    -la liberté individuelle est bousculé par la perte de responsabilité individuelle et la dimension communautaire tente d’orienter la société vers plus d’équité et de partage .

    Qu’est ce qui n’est pas encore observable dans nos habitudes de vie?
    – le phénomène d’interdépendance bien que décrit par la science, n’est pas en usage pour orienter nos actions et nos rêves. Nous sommes encore aveugle!
    – le phénomène d’expansion continue et linéaire oriente toujours nos actions et nos rêves. Les modèles complexes parlent de brisures dans les processus évolutifs. Nous ne pensons toujours par intégrer ces concepts dans notre quotidien.
    – nous pensons toujours qu’un homme averti en vaut deux! Nous n’avons pas encore intégré qu’au delà de l’information d’autre mécanisme sont nécessaire pour que l’homme s’engage dans le changement.

  13. « S’il croit que la terre est plate, il n’essaye pas d’en faire le tour. »
    Ben si, mais il ne le sait pas. Les Grecs grecs avaient beau croire que leurs marins avaient touché le bout du monde à Thulé, d’après Strabon, ceux-ci avaient néanmoins traversé quelques degrés de latitude.

    1. Il y a loin de Thulé à un tour du monde.
      N’est-il pas selon vous bizarre qu’aucun tour du monde n’ait été fait avant que l’on ne se soit mis dans la tête de le tenter?

      1. Eppure.. les Grecs n’ont pas fait le tour du monde alors que les Espagnols de Magellan, oui.

        Ce n’est pas impossible mais pour faire le tour du monde en circulant par hasard, il en faudra de la circulation et du hasard. Et pas qu’un peu.

      2. En fait , on a rappelé ici même et encore récemment sur Arte , que homo sapiens , qui se foutait des paradigmes , mais qui avait faim , peur , froid et chaud , et n’était pas fainéant à la marche à pied ( déjà…) et à la casragne , avait fait le tour du monde , partant d’Afrique pour arriver à la pointe sud de l’amérique du sud , il y a vraisemblablement près de 20 000 ans .

      3. @juan nessy: sacré homo sapiens. Non seulement il n’est pas fainéant, mais quelle longévité! Il nous enterrera tous. Remettez-lui mon bonjour.

      4. Qui donc déjà cherchait un homme ?

        J’ai transmis le bonjour , tout en précisant que je ne voulais pas être enterré .

        Il m’a dit qu’il ne vous connaissait pas .

      5. @juan nessy (non list maker-isé)

        Il a bien fait. Y a un vieux truc : « Salut les … ! et tant pis si y en a pas ». Chais comment qu’on dit en stéphanois, mais c’est la même. Allez les verres !

        et bonjour à cro-mignonne

    2. Le monde plat aurait pu être infini, sans aucun bord, mais il semble que cette hypothèse n’ait jamais été envisagée (?)

      Pour ce qui est d’essayer d’en faire le tour, ce serait une erreur de croire que c’est l’envie d’aller voir ce qu’il y avait à l’ouest qui nous a valu la découverte des Amériques (même si c’est ce que nos profs d’histoire avaient envie de nous laisser croire.) La raison en est que pour les Espagnols (qui ne disposaient pas des escales nécessaires) trouver un autre chemin que celui des Portugais pour ramener l’or et les épices était la bonne solution pour s’enrichir.

      Dans la même veine j’ai tendance à voir le capitalisme comme une justification a posteriori, certes très efficace, de:

      Mais dans les faits ceux qui dirigent sont ceux qui maîtrisent les richesses, c’est à dire ceux qui les possèdent ou qui les gèrent. Non seulement parce que leur poids dans les transactions est prépondérant mais aussi parce que ce sont eux qui organisent le marché, à leur profit.

      Savoir si les banquiers croient au capitalisme n’a ni plus ni moins d’importance que de savoir si les papes, les croisés, la Très Sainte Inquisition ou Louis XIV avaient la foi. Pour les uns comme pour les autres il serait plus intéressant de voir comment ils adaptent leur « croyances » à leurs intentions.

  14. Rien de bien nouveau en effet :
    « La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique . Il n’y a donc pas à s’étonner de la doctrine moderne que plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public, voilà le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l’incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnable .
    La dette publique opère comme un des agents les plus énergiques de l’accumulation primitive. Par un coup de baguette, elle doue l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu’il ait pour cela à subir les risques, les troubles inséparables de son emploi industriel et même de l’usure privée. Les créditeurs publics, à vrai dire, ne donnent rien, car leur principal, métamorphosé en effets publics d’un transfert facile, continue à fonctionner entre leurs mains comme autant de numéraire. Mais, à part la classe de rentiers oisifs ainsi créée, à part la fortune improvisée des financiers intermédiaires entre le gouvernement et la nation – de même que celle des traitants, marchands, manufacturiers particuliers, auxquels une bonne partie de tout emprunt rend le service d’un capital tombé du ciel – la dette publique a donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l’agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne. »
    Karl MARX – Le Capital – Livre premier

    1. @la taupe rouge 04 : « Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l’incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnable . »

      Nous voici donc en plein doute métaphysique généralisé. C’est maintenant que les prêtres ont besoin de miracles.

  15. « En dehors du fait que les principes de base de la société de marché sont erronés (ex : la loi de l’offre et de la demande ne permet pas de définir le juste prix et génère une triple myopie »

    Il n’y a pas de juste prix, le prix est par définition celui du marché.

  16. Belle synthèse de El Jem

    A part Jhonjhon et consorts, personne n’est en mesure de défendre les bienfaits de la dernière guerre mondiale et je reconnais qu’il est toujours délicat de faire des analogies … Pourtant !!

    Si l’on persiste, j’ai bien peur que la guerre économique mondiale actuelle, parce que les effets sont différés sur les générations futures et parce la réalité des champs de batailles nous est peu perceptible, renverra dans l’histoire la 2eme guerre mondiale à une simple bagarre de rue.

    1. Les millions de morts ( certains en des lieux de funeste mémoire ) et dizaines de millions de blessés de la deuxième , apprécieront de se voir qualifier de soixante huitards de pacotille .

      1. Bien sûr je ne minimise pas la guerre mondiale… Bien loin de moi cette pensée.
        Mais je crois que l’on sous-estime complètement les dégâts engendrés par le système actuel.
        On les sous-estime, d’autant plus, que les acteurs de cette guerre économique n’en subissent ou n’en subiront pas les conséquences.
        Maintenant.. Ce qui est en jeu, n’est rien de moins, que la pérennité de l’espèce humaine.

        Tous ceux, qui à juste raison, s’offusquent de l’infamie des guerres, devraient s’offusquer aussi des raisons de ces guerres et du libéralisme.

  17. Le constat est excellent, claire, tres facile a lire.
    Merci pour pour ce partage lumineux.

    J’avais envi de le telecharger en pdf pour garder ce texte dans un coin de mon pc, mais la fonction n’existe pas.
    Ou pas encore 😉

  18. Amsterdam, 26 juillet 2012

    @ autrichon gris et autres

    Sentir et se rendre compte de la déception: cela me paraît précisément un des objectifs de la répétition des arguments et des analyses par El Jem.
    Et cela dans un style et avec un vocabulaire et avec une clarté du raisonnement qui m’a réjouit. Alors, de ma part: un grand merci à l’auteur.

    Revenant à autrichon gris et autres: on pourrait même dire que la répitition est un des très rares aspects de la psychè du capitalisme qui n’est pas seulement utile en ce qui concerne le transfert effectif des messages, mais qui ajoute et qui ajoutera de la pression à la tendance auto-destructrice du capitalisme.

    « Frappez toujours », comme le disent les garçons et filles des sections du marketing.

    Faire des reproches à Paul Jorion ici de ne pas venir avec des alternatives (cfm autrichon gris) ainsi ne me paraît pas seulement peu sage, mais aussi assez hypocrite pour tous ces commentateurs/trices ici au blog qui toujours se cachent derrière des pseudonymes et d’autres masquerades.

    Je vous dirai que la transparence ABSOLUE, de nos identités, de nos situations financières et de nos propriétés est une ‘conditio sine qua non’ pour pouvoir transformer nos relations entre nous, pour générer de la solidarité, et de la générosité.

    Cette addiction « Vénicienne » aux masquerades, qu’on retrouve statistiquement parlé plutôt dans les cultures latines, est une des addictions qu’on devrait quitter, à ‘Cold Turkey’ oui ou non, si on veut vraiment sortir du ‘callejon’ (impasse) du capitalisme pur et dur.

    Si la situation en Suède et au Finlande est beaucoup plus agréable qu’en France, en Italie ou en Espagne, c’est entre autres justement parceque la majorité des gens dans le Nord n’accepte pas que la prise des décisions importantes se passe à l’ombre, hors vue des gens ‘normales’ (M Hollande, M Ayrault..!!).

    Alors: tous ces braves commentateurs/trices ici qui n’hésitent pas à crier à haute voix à Paul Jorion: qui êtes vous, et qu’est-ce que faites VOUS pour changer la situation?

    Bien à vous,

    JL

    1. une aparté(e?). Ce n’est peut être pas de vous, de paul jorion, ou des autres commentateurs que l’on se cache. La toile est un espace ouvert à tous les yeux. je répète tous les yeux.

      Ensuite, je ne vois pas ce que l’anonymat sur internet n’apportera pas à cette cause. Rencontrons, pour de vrai, IRL. Alors peut être que toutes les pensées qui s’accumulent sur ce blog prendront forme dans une action concrète, qui peut être alors aura suffisamment de poids pour provoquer une réaction dans la vrai vie.

      Les pensées qui s’accumulent ici, peuvent de temps en temps, provoquer une action IRL. Voir à ce sujet la consécration récente de Mr Jorion.
      Mais alors que de temps, de répétition et d’efforts avant que cela ne se produise…

      Et là vous aller me conspuer, à raison, mais si part ailleurs vous passez par chez moi (ici), j’aurais plaisir à vous rencontrer….

      1. Amsterdam, 26 juillet 2012

        Estimé/e maboiteaspam,

        Merci pour votre réaction révélatrice dès Shanghai.

        Oui, je le sais bien, la toile est un espace ouvert, public.

        Je me rappelle très bien mes années à la présidence de l’organisation européenne des soldats en service militaire obligatoire, ECCO. Pour ‘nous’ les Nordiques (Pays-Bas, Suède, Norvège, Finlande, Danemark), c’était choquant de voir comment nos copains (et copines!) du Sud, mais aussi de l’Allemagne, et surtour de l’Angleterre, avaient ‘PEUR’ de notre tradition de transparence, non, même plus avancée, notre tradition d’envoyer AUTOMATIQUEMENT des copies de nos publications et même de nos procès-verbaux du ‘board’ aux services soi-disants secrets de l’état et de l’OTAN.

        (Je me rappelle même une lettre venant du coté d’un de ces directeurs d’un service ‘secret’, quel mot ridicule…, ‘s’il vous plaît arrêtez de nous inonder de vos publications, on en sait suffissamment maintenant!’ 🙂 ).

        Dans le Sud, en Allemagne, en Angleterre: on ne ne nous comprenait pas du tout…. jusqu’en France et en Espagne et en Italie et en Grèce, nos copains membres de notre ECCO, aimeraient cacher leurs visages par des ‘foulards’, en cas de parler avec la presse etc.

        (Vous pouvez vous imaginer la réaction de Putin, quelques années plus tard, fin des années 1990, quand j’ai visité St Petersbourg, et les mères des soldats-appelés de St Petersbourg… Alors: question de conscience à vous, maboiteaspam: QUI avait PEUR????).

        Pour ‘nous’, les Nordiques, cela n’était pas du tout acceptable… Puisque, le pas suivant serait l’introduction de la peur tout près de chez nous, parceque: « Qui êtes vous derrière votre foulard? ».

        Ainsi, la libération du fascisme en Espagne et en Grèce doit beaucoup, et, croyez moi, c’est un histoire presque oubliée… ou même opprimée surtout par presque toutes les parties sociale-démocrates SAUF en Scandinavie!, aux luttes des milliers de soldats en service militaire obligatoire anonymes, mais qui au moins n’avaient PAS peur de s’exprimer dans des actions de masse créatrices dans les casernes.

        (Veuillez consultez le livre fameux du prof David Cortright, grand ami depuis la résistance au coeur des troupes Etats-Uniennes à Vietnam, « Soldiers in Revolt ». voir: http://kroc.nd.edu/facultystaff/Faculty/david-cortright ).

        Autant qu’on aura de la peur, on n’avance pas.

        Moi, j’ai vécu à partir de 1980 non seulement ici à Amsterdam, mais, entre autres, également à Medellín, jamais capitale industrielle d’un des pays plus frappés par ‘el miedo’: ‘una sociedad de miedo’, la Colombie (merci au prof Dirk Kruijt en mon copain le prof Kees Koonings: lire leur « Sociedades de Miedo »: http://www.amazon.com/Las-sociedades-miedo-Societies-Fear/dp/8478008675).

        Medellín était PARALYSéE par la peur… jusqu’à l’arrivée du mouvement civique au pouvoir à Medellín, en Janvier 2004, avec le couple Sergio Fajardo / Lucretia Ramirez.

        Vaincre la peur, c’est à dire, osez la sentir et osez vivre avec la peur, mais ne pas se laisser paralyser, ni prendre des stupéfiants pour ne pas SENTIR la peur… ça c’est difficile, c’est vrai.

        Pour cela il nous faut de la solidarité entre nous.

        C’est pour cette raison que j’ai fait plusiers plaidoyers ici pour la création d’une organisation coopérative des consommateurs, de lecteurs et des auteurs de ce BLOG, pour créer le miracle: la solidarité.

        Bien à vous! (e: leestem@ision.nl et soyez le/la bienvenu/e à Amsterdam)

        JL

        PS: j’adorerai énormément le début de la discussion en Chine sur la nécessité URGENTE de l’auto-organisation des soldats en service militaire obligatoire en Chine, et j’espère que les services secrets de la Chine lisent bien ces paroles modestes de ma main. A votre service Mesdames/Messieurs, je suis prêt pour venir auprès de chez vous et de parler du sort triste des soldats en service militaire obligatoire en Chine et de la nécessité d’y présenter la Charte des Droits Universels des Soldats en Service Militaire, comme définie par ECCO European Council of Conscripts Organisations, secretariat à Stockholm, Suède.

        Regardons qui a peur.

  19. La faute finalement à l’irresponsabilité des gens, empêtrés dans les rêves et cédant à la facilité du laisser-faire. C’est un peu facile. Et même beaucoup…

    1. @Contempteur
      ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Je pense que l’idéologie de la société de marché a pu s’installer comme nouveau paradigme, malgré toutes ses absurdités et son inefficacité, car elle était portée par la puissance des capitalistes et qu’elle a utilisé les faiblesses des humains.
      Pour ses tours, l’illusionniste utilise ces faiblesses. Le spectateur, s’il n’en est pas conscient, est simplement berné, mais dans ce cas c’est pour son plaisir : tour de close-up.
      Ce n’est pas vraiment ce qui se passe dans le cas de la « grande illusion capitaliste » (cf commentaire de Rahanne ci après)

  20. Ce n’est pas me semble-t-il parce que d’autres, que l’on pourra qualifier de visionnaires, ont, depuis ses débuts, analysé, dénoncé, les impasses sociales et environnementales du capitalisme (je pense notamment à André Gorz) qu’il n’est pas bon de lire ici un texte simple, clair comme celui-ci. En particulier quand il pointe les effets de déstructuration de la société qu’engendre inévitablement cette idéologie. Le profit de quelques-uns contre le bien commun: tel est bien l’enjeu. Comme le disait Gilles Clément, « jardinier planétaire »: « la vraie arme de destruction massive, ce sont les marchés ». Il sera avec Francis Hallé, le père du Radeau des cimes, ces 3 et 4 août à Saint-Mélany, dans la merveilleuse vallée encore préservée de la Drobie, en Ardèche Méridionale, pour un « éloge de l’arbre » et aussi, symboliquement, célébrer la Nuit du 4-Août. Si vos pérégrinations estivales vous conduisent par là, n’hésitez-pas. Programme sur le site du Sentier des Lauzes (un lieu exceptionnel):
    http://www.surlesentierdeslauzes.fr/agenda/agenda.html

  21. bon ok nous sommes dans la phase explicitation pour que chacun ait bien compris où nous en sommes de la grande illusion capitaliste

    et si on commençait aussi à expliciter un après
    parce que juste se rendre compte qu’on marche sur le vide sans corde de rappel
    yen a plein qui vont continuer à préférer l’opium du peuple et retourner regarder la télé.

    l’éveil se fait par la prise de conscience concomitamment à une ouverture à la compréhension que réellement existe un autre niveau.
    sinon c’est un éblouissement
    et aboutit au crash cérébral

    ok pour soulever les voiles de l’illusion mais aussi expliciter les bases d’un futur imaginable

    la libre participation comme fondement des échanges
    l’art comme vecteur de lien et de valeur
    la production selon un modèle ZERI zéro emissions research initiative
    la transformation des modèles éducatifs autour de la coopération plutot que la compétition

    http://www.dailymotion.com/video/xa02jp_gunter-pauli-lift-france-09-intervi_tech?search_algo=2

    http://www.internetactu.net/2009/06/29/gunter-pauli-il-ne-faut-pas-polluer-moins-il-faut-arreter-de-polluer/
    http://www.dailymotion.com/video/xgccxr_gunter-pauli-le-principe-du-zero-dechet_tech
    version anglaise

    http://www.dailymotion.com/video/x9nr07_gunter-pauli-changing-the-planet-li_tech

    l’économie bleue
    http://www.rfi.fr/emission/20100927-2-economie-bleue

    http://search.babylon.com/?q=l%27%C3%A9conomie+bleue&s=web&as=0&rlz=0&babsrc=KW_def

    directement à la source
    http://www.zeri.org/

    1. Rahane MERCI…Je ne connaissais pas Gunter Pauli…Un bain de jouvence dans ce cloaque européen…D’ailleurs j’y retourne faire une cure, j’en ai besoin!

  22. La résolution de l’impasse actuelle (résultats de nos inconséquences) ne peut se faire que par l’élévation des consciences,une révision de la hiérarchie de nos priorités et la capacité à sortir du cadre rigide du connu .

    Notre société fonctionne sur la base du manque,de l’absence,de la convoitise et autres aberrations issues d’une méconnaissance de notre unité universelle.

    Il n’est plus possible que le bonheur des uns se fasse sur le malheurs des autres.Cette évidence doit être un tremplin pour une réorganisation du sens et de la direction de nos incarnations.

    Notre ignorance et notre arrogance nous ont fait expérimenter toutes les facettes sombres de la peur.C’est elle qui dirige nos réflexions et choix et nous pousse à la plus abjecte des indignités : celle de la trahison envers « qui nous sommes » !

    Nous faisons partie d’un Tout harmonieux qui ne connait de distorsions que dans nos esprits tordus et nos consciences limitées par un système pervers et contre nature.

    L’heure est peut-être venue de faire preuve d’humilité en prenant notre juste place au sein de l’univers afin que notre contribution individuelle et collective retrouve ses lettres de noblesse et crée le nouveau paradigme auquel nous aspirons tous sans trop osé y croire…

  23. Le capitalisme repose sur le « struggle for life » individuel, rappelé dans nombre d’articles des traités européens (concurrence libre et non faussée). Une fois le communisme effondré, le capitalisme prédateur est devenu sa propre proie. Individuellement tout est cohérent: struggle for life. Collectivement il y a comme un problème, un gros problème. Mais les élites du capitalisme triomphant du collectivisme ont rayé ce mot haï de leur vocabulaire. Par suite pour l’élite néo-lib au pouvoir penser collectivement le capitalisme est impossible: un bottom/up ne devient pas up/bottom d’un claquement de doigt.

    Le struggle for life, la lutte pour la vie, n’est, pour les néo-lib, rien d’autre que la lutte contre la mort. Ils luttent contre la mort avec des principes mortifères…

  24. Bonjour, El Jem ; le verre de vos lunettes est très clair, 😉 merci !

    Assurément, votre choix d’Alice ouvre à la recherche d’un imaginaire de substitution, c’est assurément un pas en avant, mais vous écrivez

    « Il faut changer de direction, il faut changer de maître »

    .

    Prendre le pouvoir est pour les exploités la pire des solutions, ou alors, si le maître est intérieur à l’esclave, quel est-il ? Quels sont les maîtres de l’imaginaire du marché capitaliste auquel nous souscrivons (laissons là ces bijoux d’inanités sonores que seraient « le rêve de paix éternelle et le rêve de liberté ») ?

    Certes, comme le rappelle sans cesse Marlowe, le maître est partout dans la structure, mais alors, ne conviendrait-il pas de prendre la meilleure paire de lunettes disponible pour chaque niveau d’organisation de la structure globale, et de n’en oublier aucun, puis d’en recomposer le « macroscope » ?

    Qu’est-ce qui, jusqu’ici, nous fait construire d’aussi désastreux imaginaires?

      1. Le choix entre « Le flic dans la tete » et …le Car De CRS , n’est déterminé effectivement que par la structure du groupe .
        Le « flic ds la tete » c’est le groupe initial , tribu , village ….par la connaissance et la proximité des acteurs ………Le car de CRS résulte de l’ hypertrophie du groupe (pour des recherches d’ hyperprofits)

    1. Qu’est-ce qui, jusqu’ici, nous fait construire d’aussi désastreux imaginaires ?

      Ne serait-ce pas le fait que, depuis l’enfance, les marchands nous ont pris nos rêves et nous ont revendus les leurs ?

    2. Bonjour Jean-Luce,

      mon idée, encore floue, est que le maître actuellement c’est la propriété privée.

      Un des textes de Paul Jorion (je ne sais plus lequel) parle du fait que c’est la propriété qui induit la forme de la famille (nombre d’enfants) : il compare des pécheurs et des paludiers (de mémoire).
      Les capitalistes sont aussi guidés par ce désir.
      etc.

      je suis preneur de toute réflexions sur le sujet, qui est surement (comme va me dire notre EXCELLENT Marlowe), une idée qui a déjà été décrite en long et en large par X et Y (et je le remercie d’ailleurs par avance pour les réf qu’il pourra me trouver :-))

      Qu’est-ce qui, jusqu’ici, nous fait construire d’aussi désastreux imaginaires?

      : ça c’est la très bonne question.

      1. cf tragédie des communs.
        Le libéralisme et le communisme conduisent à la reproduction d’une classe dirigeante favorisant les problèmes de répartition. La propriété et l’échange (état et mouvement) doivent être encadrés raisonnablement. La loi répond à des besoins. C’est un instrument. La séparation des pouvoirs doit être réactualisée car le monde a changé depuis Montesquieu. Les nouveaux pouvoirs (notamment financiers) empoisonnent l’indépendance nécessaire entre les différents pouvoirs. On peut parler de collusion excessive. Les marchands vendent du rêve, c’est bien connu. Le libéralisme en est une illustration. La notion de production est actuellement incohérente. Va t-on devenir l’URSS mais du XXIème siècle ?

      2. à El Jem,

        Merci pour l’adjectif EXCELLENT *.

        J’ai déjà tenté une réponse à la question qui est réellement fondamentale :

        Qu’est-ce qui, jusqu’ici, nous fait construire d’aussi désastreux imaginaires ?

        Ma réponse est : les marchands nous ont pris nos rêves et nous revendent les leurs.
        Cette réponse mérité d’être développée.
        Je vous livre un élément, toujours en utilisant, non pas X ou Y, mais Debord.
        Thèse 164 de la société du Spectacle :

        Le monde possède déjà le rêve d’un temps dont il doit maintenant posséder la conscience pour le vivre réellement

        .

        N’oublions pas l’hypothèse, émise par Freud si ma mémoire est bonne, que les rêves sont les gardiens du sommeil.

        * Je refuse d’utiliser les émoticons. Si je le faisais, ce serait la place d’une de ces frimousses (Source : le Grand Robert).

      3. Si c’est « la très bonne question », alors il serait utile de comprendre comment ça marche « la propriété ». L’affaire est très simple, je la radote ici depuis quatre ans, aussi, je vais faire un peu plus sec que d’habitude.

        Non mais, El Jem, lorsque vous écrivez :

        « mon idée, encore floue, est que le maître actuellement c’est la propriété privée »

        , quel est le sens de cet « entortillage » ? Qu’est-ce qui vous gêne tant aux entournures que pour annoncer une telle découverte comme difficultueuse. Il y a de la mise en scène dans votre présentation, qu’est-ce qui s’avance ainsi masqué ? Pourquoi construire une intrigue à révélation pour nous dire : « il fait froid ».

        Il est de règle, à gauche, de désigner les vilains propriétaires, les sales capitalistes comme responsables de tous les malheurs du Peuple, exploité. L’astuce morale ( car ce n’est pas bien de dire du mal de quelqu’un , nous sommes tous des êtres humains) – est alors d’incriminer « la propriété » et, pour pas mal d’entre nous de se faire une position sociale consistant discourir sur les voies et les moyens de changer notre organisation sociale malheureuse par l’abolition de la propriété privée des moyens de production, en commençant par le logement et l’héritage, puisque c’est plus facile que de nationaliser l’Union Minière , avec en plus, le fait que ça touche en direct les sentiments et qu’on laissera les fermiers tranquilles.

        Je pense que si nous voulions avancer, il serait utile de nous organiser pour passer à la moulinette le les réflexions de Bernard Friot sur le thème du revenu de citoyenneté la mesure du travail constituée et constituante (XVIIIèmes Journées Internationales de Sociologie du Travail). J’aurais plaisir à jouer dans le camp des anarchistes autogestionnaires « laboritien » contre les néomarxistes partisans de la « hiérarchie de qualification », entendre ça, à mon âge, le dernier mot de Friot –la hiérarchie – c’est beau, car voyez-vous, El Jem, Louise a parfaitement raison : « reconstruire un monde sans « économie » .

      4. @ Jean-Luce

        ???
        votre remarque est plutôt bizarre.
        je n’essaye pas d’entortiller qui ou quoi que ce soit et je considère pas mes propos comme une quelconque découverte. (cf ma réponse à Marlowe)

        Même si bien d’autres ont déjà proposé des dizaines d’explications, je ne suis tout simplement pas capable d’exprimer clairement cette idée aujourd’hui, parce que je ne connais pas ou mal ces explications et parce que je ne les ai pas intégrées (testées) pour aboutir à quelque chose de satisfaisant à mon niveau, que je puisse ensuite exprimer précisément pour ouvrir un débat et progresser dans la compréhension.
        Votre proposition de lien vers Bernard Friot répond à ma demande, tout comme votre proposition de débat sur ce sujet.

      5. El JEm, lorsque vous écrivez :

        « Pour cela, je m’efforce de décrire, de manière simple, des évidences pour monter les décalages entre monde perçu et monde réel. »

        , vous avez très bien que le monde réel est toujours un monde perçu en fonction des caractéristiques d’une paire de lunettes particulière. Ce qui nous occupe, c’est de trouver la paire de lunettes qui nous permettent de trouver une solution aux problèmes que nous rencontrons. Paul jorion ayant avec « Comment la réalité …“ nous a fourni la paire de lunettes permettant de comprendre comment fonctionnent nos lunettes usuelles; détourner l’Aplhée n’était rien en comparaison du désembuage de la coterie Goedelienne.

        Il me semble que la paire de lunettes qui permet de concevoir , dans une même approche , « la propriété » , et la « corruption », et la servitude volontaire, mais aussi le « maintien des hiérarchies de valeur » (en opposition aux hiérarchies fonctionnelles) serait utile au décrassage de nos automatismes hérités de la socio-culture en matière de “propriété“

      6. Qu’est ce qui nous pousse à ces approximations erratiques ?

        La souffrance et la terreur qu’elle induit en nous , hier , aujourd’hui et pour envisager demain .

        Tous les leurres ( dont la propriété privée ou collective ) sont reçus s’ils promettent d’échapper à la souffrance réelle ou imaginée .

      7. @Jean-Luce
        « monde perçu et monde réel »
        oui, je suis d’accord , je n’étais d’ailleurs pas satisfait de cette formulation, mais je n’avais trouvé mieux sur le moment.
        L’idée est plutôt le décalage entre le discours et le vécu. (tous deux perçus et donc transformés).

  25. Les capitalistes ne sont pas là pour trouver des solutions aux problèmes de la communauté mais pour les exploiter, et si nécessaire, les créer (déséquilibre, accaparement, pénuries, etc.).

    … ou les maintenir puisqu’ils en tirent avantage. Le constat (de cet effet pervers) est si juste et si évident maintenant…, qu’il doit être inscrit au plus vite dans les livres d’histoire et d’économie.

    La maîtresse de ma fille ayant expliqué à sa classe que l’Europe avait été créée pour que les riches donnent aux pauvres…le point de départ est bien l’enseignement mais la route est encore longue.

    1. quand j’étais petit, un jour à l’école, des gens (je suppose d’EDF) sont venus nous voir, pour nous expliquer que le nucléaire c’était bien et que les centrales solaires c’était dangereux parce que les oiseaux pouvaient se bruler dans le faisceau concentré du soleil. (je ne rigole pas, c’est véridique)
      Et nos enseignants les ont laissé entrer et ressortir sans les lyncher. Ils sont biens polis.

  26. la concurrence et la privatisation bloque l’évolution au lieu de la stimuler
    Il faut définir deux sortes de brevet
    ce que j’appelle l’ immatériel , application tél, programme d’ordi ,transformation génétique , il est vrai que les grosses firmes par des bouquets de brevets essayent de bloquer ou négocier une évolution (si on peut parler d’évolution )
    Et les brevets, matériels , mécanique . Si vous déposé un brevet sur une chose , un moyen , qui essaye de réduire l’empreinte écologique , ou rendre le travail moins pénible avec un cout d’utilisation inférieur aux produits existants , il faut en retour et pour le moins , un retour sur investissements (recherche, et pérennisation des emplois liés à ce produit)
    Je pense pour ma part , qu’un inventeur dans son mode de fonctionnement ,n’a pas pour but premier de devenir riche , j’ai eu dans ma carrière nombre de gens qui sont venus me demander conseils sur la démarche à suivre.La personne qui me dit « comme cela je gagnerai beaucoup d’argent et je vivrai de mes royalties » , je lui indique que son rêve peut devenir très rapidement cauchemar .
    Pour conclure et par expérience , un bon produit met entre trois et cinq ans de perte ,voir au mieux l’équilibre, avant de vous ramener de l’argent .Donc les brevets ne freinent pas l’évolution, ils permettent simplement de protéger l’individu contre les grosses firmes

    1. bonjour,
      La technique de « champs de mine » est utilisé par les gros gras grands groupes dans tous les cas (immatériel ou matériel) : l’objectif est de déposer un grand nombre de brevets (de faible valeur ou même nulle) dans un domaine donné et de faire peur aux autres (on ne sait jamais si on recouvre un des brevets ou non)
      Il faut protéger les inventeurs, les rémunérer , etc. mais pas bloquer les solutions
      en tout cas, je pense que le système actuel est devenu inefficace pour la communauté : bénéfices inférieurs au dégâts

      1. @ El Jem

        « Il faut protéger les inventeurs, les rémunérer , etc. mais pas bloquer les solutions »

        René Thom: Décourager l’innovation

        « Les sociologues et les politologues modernes ont beaucoup insité sur l’importance de l’innovation dans nos sociétés. on y voit l’indispensable moteur du progrès et -actuellement [années 1980]- le remède quasi-magique à la crise économique présente; les « élites novatrices » seraient le coeur même des nations, leur plus sûr garant d’efficacité dans le monde compétitif où nous vivons. Nous nous permettrons de soulever ici une question. Il est maintenant pratiquement admis que la croissance (de la population et de la production) ne peut être continuée car les ressources du globe terrestre approchent de la saturation. une humanité consciente d’elle-même s’efforcerait d’atteindre au plus vite le régime stationnaire (croissance zéro) où la population maintenue constante en nombre trouverait, dans la production des biens issus des énergies renouvelable, exactement de quoi satisfaire ses besoins: l’humanité reviendrait ainsi, à l’échelle globale, au principe de maintes sociétés primitives qui ont pu -grâce, par exemple’ à un système matrimonial contraignant- vivre en équilibre avec les ressources écologiques de leur territoire (les sociétés froides de Lévi-Strauss). Or toute innovation, dans la mesure où elle a un impact social, est par essence déstabilisatrice; En pareil cas, progrès équivaut à déséquilibre. Dans une société en croissance, un tel déséquilibre peut facilement être compensé par une innovation meilleure qui supplante l’ancienne. on voit donc que notre société, si elle avait la lucidité qu’exige sa propre situation, devrait décourager l’innovation. Au lieu d’offrir aux innovateurs une « rente » que justifierait le progrès apporté par la découverte, notre économie devrait tendre à décourager l’innovation ou, en tout cas, ne la tolérer que si elle peut à long terme être sans impact sur la société (disons, par exemple, comme une création artistique qui n’apporterait qu’une satisfaction esthétique éphémère_ à l’inverse des innovations technologiques, qui, elles, accroissent durablement l’emprise de l’homme sur l’environnement). Peut-être une nouvelle forme de sensibilité apparaîtra-t-elle qui favorisera cette nouvelle direction. Sinon, si nous continuons à priser par-dessus tout l’efficacité technologique, les inévitables corrections à l’équilibre entre l’homme et la Terre ne pourront être -au sens strict et usuel du terme- que catastrophiques. »

      2. @basic rabbit
        je ne suis pas du tout d’accord avec le propos de Thom.
        Mais ce désaccord vient je pense de la définition des mots (ex. : inventeurs) et des associations d’idée (ex. : innovation = technologie innovation=croissance = consommation des ressources, et innovation =concurrence).
        J’ai prévu d’essayer d’aborder ce sujet dans mon prochain texte.

      3. @ El Jem

        « J’ai prévu d’essayer d’aborder ce sujet dans mon prochain texte. »

        Je le lirai avec intérêt.

  27. @ Jean-Luce Morlie

    « pour chaque niveau d’organisation de la structure globale »

    Thom: « La définition même d’un niveau d’organisation pose à la pensée scientifique un problème actuellement non résolu. A fortiori le problème des rapports entre niveaux d’une même structure est-il pratiquement ouvert. »

    Thom, reprenant les travaux de Withney (conditions A et B), a échafaudé la théorie des ensembles et morphismes stratifiés dans ce but. Les matheux progressent lentement dans cette voie difficile (j’y pige quasi que couic).

    1. Ne devriez-vous pas vous intéresser à la poésie et oublier, au moins pour un instant la « pensée scientifique » ?

      1. « Nous sommes arrivés précisément au point ou il n’est plus possible de résoudre un problème sans les résoudre tous »
        G. Debord.

      2. @amon

        « Nous sommes arrivés précisément au point ou il n’est plus possible de résoudre un problème sans les résoudre tous »

        Excellent, c’est exactement ça !!

      3. @ Marlowe
        Je m’en tiens au rôle que je me suis fixé sur ce blog.
        Pour Thom il n’y a de théorisation possible que mathématique. Position impérialiste qui peut irriter les non matheux qui perçoivent les maths comme la boîte à outils de la science qui a produit Tchernobyl et les produits financiers dérivés.
        A la fin de « Prédire n’est pas expliquer » il y a une carte du sens analogue à la célèbre carte du tendre. Le temple de la mathématique, citation ci-dessus oblige, y occupe le centre. La biologie y est toute proche du marais de l’insignifiance et la physique n’en est pas loin. La forteresse de la logique jouxte le marais de la tautologie. La poésie y surplombe la mathématique.

        Je vous donne donc volontiers raison.
        Mais n’est pas poète qui veut! 🙂

        Ceci dit vous posez une intéressante question. Les mathématiques (qui, d’une certaine façon, on vient de le voir, ont bien aidé à nous mettre dans ce merdier) peuvent-elles aider à nous en sortir? Thom répond clairement oui (vous aurez noté que ce ne sont pas les mêmes mathématiques). C’est pour cela que je fais du prosélytisme pour son oeuvre.

      4. @ amon

        « Nous sommes arrivés précisément au point ou il n’est plus possible de résoudre un problème sans les résoudre tous » G. Debord.

        Tout à fait d’accord! Le paradigme down/up est en train de montrer ses limites. Vive le paradigme up/down!
        Voici ce que dit René Thom dans sa conclusion de Stabilité structurelle et morphogénèse:
        « C’est sans doute au plan philosophique que nos modèles présentent l’apport immédiat le plus intéressant. Ils offrent le premier modèle rigoureusement moniste de l’être vivant, ils dissolvent l’antinomie de l’âme et du corps en une entité géométrique unique. »

        @ Jean-Luce Morlie
        Il poursuit:
        « Qu’on géométrise de même les termes d’information, de message, de plan (ce que s’efforcent de faire nos modèles) et toute objection à l’usage de ces termes tombera. »

        Yakafôkon!

      5. @amon

        Nous sommes arrivés précisément au point ou il n’est plus possible de résoudre un problème sans les résoudre tous

        Excellent, c’est exactement ça !!

    2. Thom regarde les formes alors que la cybernétique regarde les relations. Dans cette dernière perspective, la séparation entre niveaux d’organisation est un concept parfaitement opérationnel et simple. Un régulateur est au niveau « n » et leservomécanisme qui asservi le régulateur de niveau n est de niveau « n+1 ».

      L’entremèlement des niveaux est un problème pour l’analyse, parce que c’est compliqué et qu’il y a des effets non linéaires. Mais si le choix du découpage analytique (tracer les limites dans lesquelles nous voulons analyser un systèmes est arbitraire, ce choix est ouvert sur « nos intérêts ». C’est à dire que « l’écologie de l’esprit » qui découpe le système fait partie du système globalement analysé -l’homme est la nature prenant conscience d’elle même: ici, le « dernier salon ou l’on cause », non?

      1. @Jean Luce :
        /// la séparation entre niveaux d’organisation est un concept parfaitement opérationnel et simple. Un régulateur est au niveau « n » et leservomécanisme qui asservi le régulateur de niveau n est de niveau « n+1″. ////
        Un peu trop simple !
        Ce concept , ds le « Chaos » , est nommé fractale ou « invariant d’ échelle » ….Mais le Chaos mentionne deja que que si l’organisation rest « similaire » , elle n’est pas identique ….Elle utilise des outils identiques , mais les caracteristiques des niveaux ont d’autres contraints structurantes …..
        L’ exemple type serait le niveau d’interactions entre individus ds un groupe archaique et le niveau d’interactions entres groupes …..L’outil de gestion peut etre mathématiquement similaire mais l’affect qui est prédominant ds le premier niveau va etre different ds le 2e niveau …de plus le premier groupe peut etre basé agriculture et le groupe voisin « peche » ou « altitude » ( troupeaux) …ce qui induit des interactions variables ….. La vision mécaniste du système « groupe de groupes »ne fonctionne pas et doit tres vite rejoindre le modèle « complexe » pour fonctionner.
        Ce qui est clair , c’est que « LES » régulations doivent se faire au niveau du groupe , voire au niveau des groupes proches et non sur une économie globale …..sinon on tape trop vite en touche (meme hors des 22) .

  28. @ El JEm

    Par ailleurs, pour les partisans de la société de marché, il ne s’agit pas d’un choix, car ces multiples croyances (loi de l’offre et de la demande, effet de ruissellement, bienfaits de la concurrence, etc.) sont considérées comme des lois physiques universelles, c’est à dire une réalité à laquelle il faut se conformer. Et il serait insensé de lutter contre la réalité.

    Ne jetez pas le bb avec l’eau du bain !
    Le marché c’est d’abord le lieu d’échange où s’expriment les besoins légitimes de chacun. il faut bien un lieu où se confrontent offre et demande et où l’on pactise !
    Alors, d’accord, il y a des besoins illégitimes, des désirs inspirés non par la raison mais par la passion. C’est ainsi que le marché doit être régulé (rationalisé)
    Mais être contre le marché c’est dire ce qu’il ne faut pas, mais ce n’est pas dire ce qu’il faut !
    Remplacer le marché c’est substituer la loi de l’autorité à celle des individus. Alors bonne chance en pays de dictature !

    1. Ne jetez pas le bb avec l’eau du bain !

      La température du bain était bien trop élevée et le bb à maintenant, une sale tète, limite cramoisie. On a beau le calotter avec vigueur, le bougre bouge pas beaucoup.
      Balancer le bb me parait pas complètement déraisonnable !!

    2. Je pense que le marché, ce n’est que la dictature des riches.
      Et je pense que nous ne sommes pas face à une dérive du capitalisme ou de la société de marché, mais à ses caractéristiques intrinsèques.

      1. désolé, c’était tard et ma réponse est incorrecte
        je pense qu’il y a une différence entre le marché et la société de marché, qui est l’organisation politique de la communauté à partir des règles du marché. Dans la société de marché, l’échange marchand est l’acte politique (permettant de prendre les décisions qui concernent la communauté). Et dans un tel système ce sont ceux qui maitrisent les richesses qui dirigent.
        Le marché, lui, existait bine avant la société de marché.

  29. « Le paradigme politique actuel est celui de la société de marché »

    On pourrait tout aussi bien dire que le paradigme politique est celui de l’Etat-Providence, capable de protéger les populations des aléas économiques et sociaux (aléas dus à la société de marché me direz-vous). Or on voit après quelques décennies de financement à crédit, que ce paradigme rencontre ses limites. Je ne suis pas certain que la société de marché disparaisse, par contre l’Etat-Providence, cela ne fait aucun doute.

    1. Ce qui ne fait aucun doute pignouf, c’est qu’avec si peu d’argument, on peut tout aussi bien affirmer le contraire, et avec la même confiance de surcroit !

  30. Chaque humain agit et décide selon la représentation qu’il se fait du monde, de sa nature et de son fonctionnement

    Oui, nos représentations sont une des réalités interagissant avec les autres. On comprend très bien sous cet angle pourquoi des discussions acharnées, voir plus, ont lieu ont lieu pour des idées.

    Les effets à long terme du capitalisme et de la société de marché sont une déstructuration de la communauté. Avant d’être financière, économique, monétaire, énergétique ou environnementale, la crise est avant tout celle de l’oubli de l’intérêt commun, celle de la perte de l’autre

    Oui, le contrat social est remis en cause, conduisant inévitablement à la loi du plus fort. Nous avons besoin d’un contrat social minimum à l’échelle de la planète du fait que les réalités écologiques ne connaissent aucune frontière, ce n’est pas une mince affaire.

    Pour sortir de l’impasse, je vois quatre pistes: la sociocratie pour réguler les organisations, calmer la surchauffe des égos et sortir du panurgisme. L’interdiction de paris sur les prix pour calmer la fièvre financière. Le Bancor pour éviter la manipulation des taux de change. Enfin le néochartalisme pour réguler les économies régionales et éviter les cycles euphorie/austérité.

  31. « La sacrosainte propriété privée a permis de justifier le droit à exploiter les biens communs »

    DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN (24 juin 1793) :

    Article 1. – Le but de la société est le bonheur commun. – Le gouvernement est institué pour garantir à l’homme la puissance de ses droits naturels et imprescriptibles.

    Article 2. – Ces droits sont l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété.

    Alors certes, il faut cadrer un peu les choses pour que cela ne dégénère pas comme cela le fait actuellement. Mais s’en prendre aussi violemment à la propriété privée comme vous le faites, c’est faire l’impasse sur un des épisodes majeurs de l’Histoire de France.

    1. C’est plutôt cet ajout de la propriété , dans les circonstances et pour les raisons qui ont déjà été approchées ici même, et qui justifient l’intérêt que le taulier porte aux écrits de cette époque , que la révolution et l’avancée progressiste sont entrées dans une impasse .

    2. que ce soit l’histoire de France ou d’ailleurs, c’est intéressant historiquement, mais la vraie question c’est : aujourd’hui, est-ce inutile ? peut-on faire différemment ?
      si les réponses sont non, alors on la conserve.
      mais si c’est oui, alors on change

      1. @El JEm: vous êtes optimiste et un peu incohérent, ce n’est pas parce qu’on répond « oui » qu’on change. Vous dites que le marché, c’est la dictature des capitalistes, ce en quoi j’acquiesce et puis vous faites comme s’il n’y avait pas une dictature. Dans une dictature, ce n’est pas parce que les opprimés répondent qu’un monde meilleur est possible que le dictateur dit « ah ouais? bon alors je m’en vais. Bonne chance les gars. ». Demandez aux Syriens… D’ailleurs, ces derniers n’ont aujourd’hui une chance de renverser Bachar qu’uniquement parce qu’ils reçoivent l’appui des USA. Avant cela, pas de changement possible.
        C’est cela la réalité politique. Il ne suffit pas de réfléchir et de vouloir changer, c’est même le moins important. Il faut surtout agir et pouvoir changer.

      2. @Moi
        mon propos n’était pas de dire ce qu’il faut faire et comment il faut le faire, mais plus simplement si cette notion de propriété doit être conservée ou non , et sous quelle formes, etc.
        et le fait que ce soit inscrit dans la constitution française n’est pas un argument, interdisant de se poser la question. Sinon, ce n’est pas de la dictature c’est de la religion.

  32. Le capitalisme est un outil a-politique.
    L’URSS pratiquait une forme de capitalisme.
    Dès que l’on veut dépasser le stade de l’artisanat
    manuel, et produire en masse au meilleur coùt,
    le capitalisme s’impose. Si les sommes
    nécessaires sont obtenues par cotisations par exemple
    c’est encore du capitalisme.

    En revanche l’idéologie de tous les dangers,
    c’est le libéralisme.
    Sa définition est difficile, il est multiforme.
    Mais on peut en avoir une représentation exacte;
    c’est l’idéologie impulsée par la construction européenne.
    Il est tout entier défini par le traité pour une constitution
    européenne.
    Son mot d’ordre, répété plusieurs fois:
    « liberté de circulation des capitaux quoiqu’il arrive ».

    Bazarder par dessus bord ce libéralisme mortel serait un changement
    de paradigme en soi. Mais nous n’en aurions pas fini avec le capitalisme
    si nous voulons maintenir un niveau de vie acceptable. Et continuer
    à acheter des gadgets électroniques chinois, ou mieux les fabriquer
    nous-mêmes.

    1. le libéralisme. Sa définition est difficile, il est multiforme.

      Pas si difficile que ça si on se place du point de vue de la régulation des systèmes. Le libéralisme croit que le marché a des vertus autorégulatrices suffisantes en elles-même. Alors que les systèmes construits par les humains sont trop rustiques pour s’autoréguler. Il n’y a que les systèmes écologiques rodés par des millions d’années d’ajustement et de catastrophes qui peuvent prétendre à un certain niveau d’autorégulation, et encore, de nombreux contre-exemples existent. Seul l’état ou une autorité politique supérieure détient le pouvoir de réguler l’économie, à conditions de connaître la machine et les lois de la régulation, sinon, la régulation peut très rapidement conduire à un fonctionnement chaotique encore pire que le libéralisme. Si l’économie est mondiale (niveau d’échanges entre les diverses régions du monde du niveau des échanges inter-régionaux d’un pays), alors une régulation mondiale devient nécessaire. Ce qui ne signifie pas que cette régulation doive s’occuper de tout. La subsidiarité me semble incontournable.

      1.  » si on se place du point de vue de la régulation des systèmes… »

        Alors nous n’en aurons qu’une vue étroite, limitée à un aspect
        mécaniciste de son supposé fonctionnement.
        Il est bien plus que ne le suggère ce point de vue étroit.

        Pour ma part, je préfère le point de vue comparatif: comment se comporte le libéralisme par rapport à une autre organisation socio-économique? Tout devient très clair: il est totalitaire, il n’admet pas la coexistence.
        Lui, rien que lui.
        Et ce comportement suffit à me le rendre inacceptable.
        J’ajoute qu’il a du sang sur les mains.
        Et naturellement, il est borné, enté sur lui-même, jusqu’au suicide.

        ( j’en parle comme d’une personne. C’est un raccourci pour décrire
        les êtres, et leurs actes, qui le défendent. Voir BRL…)

      2. Alors nous n’en aurons qu’une vue étroite, limitée à un aspect
        mécaniciste de son supposé fonctionnement.
        Il est bien plus que ne le suggère ce point de vue étroit.

        Réguler un système ne veut pas dire ignorer sa complexité, mais disposer des leviers pour corriger les trajectoires, être dimensionné pour être capable de réagir aux perturbations.
        Nous avons de très graves problèmes de cohérence entre le système à réguler aux diverses échelles (Monde, Etats pour l’essentiel) et les pouvoirs des possibles régulateurs. Il n’y a pas de pilote dans l’avion. C’est assez récent, à l’échelle humaine ou l’impact de notre activité sur terre était voisine d’epsilon (donc pas d’avion à piloter), mais risque bien de nous être fatal (déméthanisation massive…ou autre), parce que je ne vois rien émerger qui puisse calmer le jeu. La terre a déjà vu des extinctions de 90% des espèces vivantes, elle s’en remettra probablement.

      3. @Michel Martin :
        ///// Si l’économie est mondiale (niveau d’échanges entre les diverses régions du monde du niveau des échanges inter-régionaux d’un pays), alors une régulation mondiale devient nécessaire. Ce qui ne signifie pas que cette régulation doive s’occuper de tout. La subsidiarité me semble incontournable. ///////

        « une régulation mondiale devient necessaire » …c’est automatiquement retomber ds les tentations réductionnistes du constructivisme …..trop dangereux , trop de « pouvoir » en jeu !
        Seule l’ auto-organisation théorique (effectivement une subsidiarité , mais surtout non planifiée !) peut éviter l’ Ubris .Il me semble que la seule façon de maitriser la compétitivité , c’est qu’elle se limite a un échelon tres locale …le bénéfice de ses obscénités ne valant pas la peine de l opprobe .
        Ce qui est curieux c’est que vous semblez conscient des vertus de l’ auto-organisation, tout en acceptant un fort degré de constructivisme comme inéluctable ….
        Notre système a longtemps fonctionné avec une structure prédatrice linéaire parasitant l’ ancienne structure morcelée archaique …..le parasite etait nettement plus petit que le parasité , tout en faisant beaucoup de dégats (le « Qu’est ce qui nous meut  » de Jouvenel)…c’est sur ce modèle pré -moderne qu’il faudrait , me semble t il réfléchir .

  33. Merci pour cette démystification du paradigme de la société du marché, une de plus qui permet de rationaliser ce que nous vivons en nous plongeant un peu plus dans la frustration si on en reste là.

    Heureusement, nous avons encore, dans cette société de marché, la possibilité d’exploiter notre liberté d’actions et composer notre vie de ce que nous voulons. Nous pouvons encore tenter de vivre nos rêves, nos désirs. Misons sur notre intelligence et surtout n’ayons pas peur. Peur de quoi au juste ? Peur de perdre ce que nous avons, peur de l’inconnu, peur de ce qui est incertain. Les tenants de la société de marché le savent et en abusent de cette peur qu’ils font percoler en profondeur dans nos esprits pour encore mieux nous tenir. Oser le changement, sortir du cadre, voilà une révolution à mener d’abord dans sa sphère personnelle. Faire sauter le carcan dans lequel nous fait vivre la société de marché. Nous sommes bandés comme des momies. Il faut nous dégager petit à petit de ces bandages qui nous étouffent. La liberté est un capital, un avoir, bien trop peu utilisé.

  34. Merci pour ce plaidoyer qui fait du bien ;
    Et je voudrais y ajouter que le politique à force de se rêver en grand manager a oublié que son rôle n’est pas principalement de gérer, mais d’arbitrer ! Et aujourd’hui, les arbitrages premiers, de base, permettant que la vie puisse s’organiser, font cruellement défaut. Alors, à quoi sert de prétendre savoir gérer si on ne sait plus arbitrer !….Et bien sûr, quand on ne sait plus faire l’élémentaire, exiger qu’il exerce leur coeur de métier , à savoir , inventer le cadre conceptuel qui va induire et générer de la civilisation, c’est leur demander la lune !
    Aujourd’hui parmi les arbitrages qui ne sont pas rendus, figure en bonne place la protection des métiers et la rémunération des savoir-faire. Car les entreprises qui voient leurs marchés se rétrécir (faute de n’avoir soutenu la demande) n’ont plus qu’une idée en tête : « acheter de la croissance  » (comme l’on entend dans la bouche de leurs managers). Moi qui croyais que la croissance cela devait se créer? Eh bien non, eux ils peuvent l’acheter: cela consiste en fait à créer artificiellement de la concentration pour faire des économies d’échelle, du licenciement et de la rationalisation des coûts par une baisse de la qualité rendue possible puisque cela consiste en fait à acheter le concurrent. Et ce sont bien sûr des achats de complaisance où l’acheté se pâme de plaisir à l’avance en pensant faire assumer à son acheteur les licenciements boursiers et déflations salariales qu’il n’aurait pas pu assumer sans le prétexte d’une restructuration. Point d’OPA hostile ici, ou alors on fait semblant….Ici aucune innovation, aucun accroissement du marché (la part de gâteau reste la même), aucune création de richesse, mais c’est merveilleux, les dividendes croissent, car la marge ponctionnée sur le travail croit ! Donc tout va bien, et hourra pour ces managers qui se présentent en grands développeurs. Alors, on se prend à rêver et on se dit, bon sang, mais c’est bien sûr : voilà la solution pour faire du bénef quand tout s’écroule et se faire bien passer auprès des politiques! Et comme on a montré que l’on savait bien développer, on se prend à leur donner des conseils pour évaluer ce qui se trouve dans la poche des plus petits acteurs du secteur, dont on aimerait bien que les pouvoirs publics déréglementent la profession afin qu’on puisse leur montrer comment faire des économies d’échelle…..
    Bien sur dans ce genre de « développement » on ne comptabilise pas les dommages collatéraux, ni le fait que c’est une pseudo création de richesse qui entérine simplement une répartition du gâteau différente. Par ailleurs, cela crée une baisse de la demande par la déflation salariale (smicardisation des savoir-faire), par les licenciements ( le consommateur devient frugal quand il est chômeur); cela crée aussi à terme un rétrécissement du marché par la baisse de la demande, mais aussi à cause de la baisse en qualité des produits qui amène les ménages à mobiliser constamment de l’argent pour toujours la même chose sans pouvoir passer à autre chose. Ce ne sont plus des biens matériels dont on s’équipe et qui constituent un patrimoine (immobilisable), cela devient des abonnements! D’ailleurs, on voit poindre la mode de la location plutôt que de l’achat, car dans certaines organisations du secteur social on a pointé que cela finit par revenir moins cher que d’être propriétaire de quoi que ce soit. Un comble! Et cela ne s’arrête pas là, nos ordures ont gonflé démesurément au point de constituer une source d’inquiétude financière pour les municipalités. Et si vous n’êtes pas convaincu, parlez donc de la qualité des dons faits à Emmaüs. Ces derniers font des études sans équivoque sur le sujet et ont des problèmes croissants de déchets, pour un travail toujours moins intéressant pour les compagnons: la démonte et la réparation , il vaut mieux oublier désormais, de toute façon les produits ne sont pas faits pour cela! Quand nos chers politiques imposeront-ils des normes de conception relativement au démontage et à la « réparabilité » des produits? Oups, pardon , c’est vrai, c’est de l’arbitrage et ce n’est plus leur problème. Ils courent simplement après le cumul des mandats et des fonctions…..Et votent contre toute modification en la matière. On se demande simplement à quoi leur servent tous les équivalents temps plein rémunérés, cumulés dans leurs multiples fonctions.

  35. Amsterdam, 26 juillet 2012

    @ Dédale

    Bravo. Alors, utilisez votre génie créateur et votre liberté d’action, et libérez vous de votre peur.

    Analysez bien votre comportement individuel. Par exemple:

    1. Est-ce que vous vous avez déjà pu lier à une des mutualités dans l’assurance? (Voir: http://www.amice-eu.org/ )

    Vous êtes actif dans la gouvernance d’une de ces mutualités?

    2. Vous achetez vos provisions dans une chaîne coopérative de CONSOMMATEURS en France?

    Et vous oubliez maintenant pour toujours les Casino, les Leclerc et autres bandits?

    http://www.nouveauxrobinson.fr/qui-sommes-nous_fr_03.html

    3. Etc?

    Bien à vous!

    JL

    1. Oui, utilisons notre génie créateur, notre liberté d’actions et libérons-nous de la peur. Nous avons tous en chacun de nous une mine à exploiter. La révolution commence au niveau de l’individu. Osons la liberté de penser, d’agir, de créer pour augmenter autant que possible le bien être autour de nous. Il est heureux de constater que le « maître » de ce blog ouvre la voie dans cette direction.

  36. Les tenants de la société de marché …
    Nous sommes tous les tenants de la société de marché,une véritable bande de souteneurs.

  37. Bien sûr, bien sûr.
    Sauf que on ne peut pas, et c’est bien dommage, demander leur avis sur une société
    sans « MARCHé » aux Cubains, qui auraient peur de répondre, ni aux Coréens du Nord,
    y a peu de chances d’en croiser etc…

    1. Dans ce cas, demandez aux Papous, aux aborigènes d’Australie, aux yanomami, etc. Ils n’ont pas peur de répondre mais il faudra vous déplacer vous-mêmes car ils n’ont pas beaucoup envie de venir dans notre société de merde et donc on n’en croise pas beaucoup.

  38. Bonne synthèse.
    C’est amusant on associe toujours les contes aux rêves, mais les contes occidentaux de mon enfance (hormis la Belle au bois dormant et encore c’est surtout la thématique l’homme doit combattre ces dragons et la jeune fille piqué à sang à la puberté doit reconnaitre au baiser son charmant) sont plutôt cruelles (perdre ces enfants dans la forêt, le père qui veut épouser sa fille, une sorcière qui appâte les enfants avec une maison en pain d’épice, etc…).
    Ce ne serait pas plutôt une invention récente: les contes féeriques et cette invention n’est elle pas un moyen d’adulte d’idéaliser les manques de son enfance (et là ce qu’on le temps et l’argent pourront en parler à des psy 🙂 ).
    Puisqu’on est dans l’enfance comme cause première, faut-il mutualisé tout les jouets (les doudous, les jouets fétiches), c’est ça qui m’ennuie quand on utilise le mot « capitaliste » comme exutoire à la sombre destiné humaine, je ne dis pas à raison (mais c’est pas la première fois qu’on le formule, on a même tenter « les premiers seront les derniers », bon on la validé pour le royaume des cieux, comme quoi il avait un peu de bon sens sur le potentiel à court terme 😉 ), mais j’ai toujours l’impression qu’on commence « trop vite » par la fin. Si ayant une liberté (oui je sais instrumentalisé, mais on peut écrire sur ce blog), internet, un savoir de base (compter, lire, écrire avec des fautes 🙂 ) on peut pas faire mieux, c’est même pas jouable de tenter l’idéal.

  39. On ne retrouvera pas l’état de nature -sans « marché » ni « argent »-, ou plutôt si on devait le
    retrouver ce serait une jungle, un « chacun pour soi »‘ après une catastrophe écologique ou
    plus sûrement un conflit mondial. Pas le monde du bon sauvage.

    Aucune société un peu vaste ne peut de passer de marché et d’argent, pas même les communautés monastiques, ou hyppie si c’est plutôt votre référence.
    Evidemment celles-ci n’ont pas besoin de CDS, de trader à 10.000 opérations par secondes !
    Le problème est donc bien une démesure prise par le monde de la finance.

  40. La guerre froide peut être vu comme une escalade entre un système tourné vers la communion de l’objet et l’autre celle de l’esprit. La chute logique de l’URSS a mis à nu la répugnante laideur du système victorieux comme le sont toutes les armes de destruction massive.

  41. Le problème est qu’il n’y a plus de « ruissellement ».

    Le « ruissellement » était assuré par des tranches d’imposition à plus de 80%, comme par exemple aux US encore dans les années 70.

    C’est fini jusqu’à ce que l’on crève les lacs de montagne.

    Bonne nuit.

  42. Analogie entre Dette et Drogue:
    Entre Dette et Drogue, au delà des produits toxiques, l’analogie peut conduire à entrevoir des leviers d’action encore trop faiblement utilisés pour désintoxiquer les responsables politiques de tous bords et de tous niveaux de leur addiction à la dette. Cela pour le plus grand bien de la société et de ses citoyens. A quand ce courage collectif au delà des enjeux partisants et électoraux de court terme ?

    1. j’ai commencé à écrire un autre texte dont le titre est : « le futur du capitalisme c’est la drogue », à la fois dans les modalités (cf votre remarque) mais aussi dans les substances (dopage au travail, jeux videos, etc.). mais hélas je n’ai pas assez de temps actuellement pour creuser l’idée.

    2. Pas le futur et pas particulièrement « la » drogue, mais ses conditions clandestines de valorisation, qui, certes, en rappellent d’autres, légalisées ou en voie de l’être, selon une gradation où le secret est un agent actif de la valeur :
      « On se trompe chaque fois que l’on veut expliquer quelque chose en opposant la Mafia à l’État : ils ne sont jamais en rivalité. La théorie vérifie avec facilité ce que toutes les rumeurs de la vie pratique avaient trop facilement montré. La Mafia n’est pas étrangère dans ce monde ; elle y est parfaitement chez elle. Au moment du spectaculaire intégré, elle règne en fait comme le modèle de toutes les entreprises commerciales avancées. »
      (source) Commentaires sur la société du spectacle, extrait final de la thèse XXIV, 1988.

      1. Bonjour Schizosophie … Le stade spectaculaire intégré respectait la polarité entre l’organisation hiérarchique dominante ( l’État) et l’organisation hiérarchique hypocrite que forment les « Mafias » économique déviantes (1) – tables des travaux publics, prébende et clientélisme communal, etc. La cohésion d’ensemble de ce système de prélèvement redistribués fut assurée par l’image hollywoodienne du « Parrain » sans cesse ripolinée, autant que soigneusement documentée, au cours de ces trente dernières, par le chapelet des ouvrages consacrés aux drogues, armes et médicaments, autant qu’au blanchiment des familles mafieuses de toute les religions et les couleurs « dans l’argent propre de haute volée» .
        Le résultat de cette transformation est maintenant explicite, toutefois, grâce « aux Affaires à la Une », nous échappons à nous questionner, comme fourmis, sur notre participation aux structures hiérarchiques déviantes, si largement distribuées : allez dire à un Grec qu’il est presque aussi clientéliste qu’un Wallon, et vous verrez l’accueil.

        À défaut d’un partenaire bouffé par ses propres « Mafias », le simulacre de confrontation spectaculaire Est/Ouest a pris fin. De même, comme l’a montré Paul Jorion, dépourvue de la contradiction jouée par les représentations marxistes de l’économie, la théorie économique libérale a « tourné folle ». Nous en sommes maintenant au stade du spectaculaire autoréférentiel dans lequel le capitalisme ( la classe authentiquement possédante des titres de propriété sur des actifs tangibles, et non sur des options,ou un yacht qui déglinguera en trois ans ) se légitimiste en se désignant des ennemis puisés dans ses propres troupes et, – comme nous y assistons – met la finance glamour en accusation pour la charger de ses propres péchés, puisque l’opération a arrondi, et continuera d’arrondir, son patrimoine réel.

        L’affaiblissement corrélatif des États pose un problème dans la continuation du rapport social de redistribution opéré par les Mafias en tout genre. L’État centralisait les caisses à partir desquelles établir la chaîne de corruption. Faute de blé concentré, il sera maintenant nécessaire d’opérer à la source.

        La transition – le mot est à la mode – semble devoir être intéressante : soixante hôpitaux grecs sont à vendre.et les citoyens grecs n’ont, pour longtemps, plus les moyens d’une médecine moderne brevetée par des multinationales.

        Nous avons observé comment les Mafias se font par-ci par-là et de plus en plus « aimer des peuples »… à suivre… la stabilité de nos sociétés est au prix de La domination qui vient.

        (1) La multitude des organisations économiques déviantes ne sont pas des mafias au sens technique, mais il est – spectaculairement – utile de banaliser, sous ce nom, les réseaux de déviance économique en les affectant d’un repoussoir de violence imaginaire auquel, bien sûr, elles n’atteignent que peu, ou du moins avec discrétion. Les hommes d’affaires ne sont pas des anges, je sais bien, mais quand même, pas des tueurs

      2. Monsieur Morlie, « mais quand même« , écrivez-vous en note. Charles Waterhouse s’en lave les mains.

        Quant à votre « spectaculaire autoréférentiel« , qui serait un stade, je ne le vois pas venir d’ailleurs que de votre illusion selon laquelle la théorie économique n’était pas folle avant qu’elle se soit nommée elle-même « néolibérale ».

        Votre réponse me fait penser à Bernard Friot auquel vous semblez vouloir vous opposer dans votre commentaire du 27 juillet 2012 à 09:52. Qu’il invente une dichotomie, qu’il nomme « conflit » entre « valeur d’usage » et « valeur économique » (p. 8 du lien que vous avez communiqué) en lieu et place de la contradiction entre « valeur d’usage » et « valeur d’échange », faisant comme s’il était loisible de choisir la bonne valeur au supermarché des concepts en n’impliquant pas que les valeurs d’usage sont le soutien matériel de la valeur d’échange, l’une et l’autre apparaissant exclusives du fait de spécificités liés à « la fonction publique » en fait une pensée qui ne fait que ressembler à celle de Marx, quoiqu’il convoque la lutte des classes. Il en a bien le droit, mais l’honnêteté commande au lecteur averti d’en avertir d’autres. Sans doute est-ce ce que vous vouliez dire par « passer à la moulinette » ses réflexions. Bien.

        Mais il en va de même de votre « spectaculaire autoréférentiel », de quelle fusion de spectaculaires précédemment rivaux vient-il ? De celle du spectaculaire intégré, dans lequel ont fusionné les spectaculaires concentré et diffus, et d’un désintégré ou non intégré dont nul n’aurait rien su, sinon d’une génération spontanée ou d’une mutation ? Cela ne fait que ressembler à du Debord. Vous en avez bien le droit, mais… le capitalisme à d’autres ennemis que ceux qu’il choisit et par lequel il se légitimise et c’est contre eux qu’il les choisit.

        La disparition si rapide du vocabulaire préexistant n’est qu’un moment de cette opération. Elle la sert.

        (in Commentaires sur la société du spectacle thèse XI)

      3. @ Schizosophie,
        Je vous remercie de vos réponses. Pour l’Union Minière , il y a peut-être une ambiguïté, lorsque j’utilise en italique « je sais bien, mais quand même », c’est une allusion au mécanisme « Quesalid » : – oui nous savons bien que ce sont aussi des tueurs, mais nous préférons faire comme si ce n’était pas vraiment le cas .

        Je pense que la problématique soulevée par Bernard Friot est au cœur du débat de société, mais qu’il ne s’agit pas pour autant de l’avaler toute crue. Votre critique me semble juste; pour ma part j’aborderais ces questions sous l’angle du Miroir de la production ( Baudrillard), je renonce toutefois à discuter de tout cela sur le mode « d’un fil de blog ».

        Pour mon « Canada dry », je crois sincèrement que s’il eut désiré vivre encore, Debord aurait reformulé ses thèses, il me semble (à deux reprises) avoir annoncé cette nécessité et par là, y avoir invité. Les données de la mise en scène spectaculaire ont changé, en effet la disparition de l’URSS et de l’opposition « marxiste » en économie, obligent, pour que le spectacle continue, à l’invention d’un nouvel adversaire. Personnellement, c’est de cette façon que j’analyse la fin spectaculaire de la « finance glamour » telle que nous la content les grands magazines. Le terme « spectaculaire autoréférentiel » convient.

  43. c’est aussi par là qu’il faut la démystifier et c’est aussi à ces rêves qu’il faut répondre.

    On ne remplace pas une légende par une critique mais par une autre légende.

  44. @ Cadavre exquis

    Bonjour,
    Je vois vois déambuler sur le boulevard des commentaires. Je me permets de vous héler.
    Vous m’avez, il y a peu de temps, traité de fumeur d’herbe (ce qui, planqué derrière mon pseudo, ne me dérange pas), mais vous avez traité René Thom de dangereux psychopathe, ce qui a fait réagir celui qui était caché derrière ce pseudo. Et cette réaction a été, je crois, celle d’un philosophe ou d’un musicien auquel on aurait dit qu’Aristote ou Mozart en était un. Et j’ai fait dans votre dos des commentaires peu amènes. Après quelques temps voilà où j’en suis de ma réflexion.

    Je crois très intéressante cette approche qui consiste à comparer la qualité d’un discours avec le comportement psychologique de celui qui l’énonce. Dans « Comment la vérité et la réalité furent inventées », Paul Jorion se lance dans cet exercice. Mes compétences en psychologie sont nulles, aussi je me garderai de les commenter. Je n’ai pas connu René Thom, mais ce que j’ai lu de ceux qui l’ont fréquenté il ressort que c’était quelqu’un de profondément humain, qui était dans la vie de tous les jours exactement ce qu’il était dans son activité savante.
    On connait la prétention intellectuelle des Newton et consort. Voici ce que dit René Thom: « Finalement le choix des phénomènes considérés comme scientifiquement intéressants est sans doute très largement arbitraire. La Physique actuelle construit des machines énormes pour mettre en évidence des états dont la durée de vie est infime. […] Quantité de phénomènes familiers (au point qu’ils n’en attirent plus l’attention!) sont de théorie difficile; par exemple les lézardes dans un vieux mur, la forme d’un nuage, la chute d’une feuille morte, l’écume d’un bock de bière… Qui sait si une réflexion mathématique un peu plus poussée sur ce genre de petits phénomènes ne se révélerait pas, finalement, plus profitable à la science? »

    Par ces jours de grande chaleur, comment pouvez vous oser traiter de psychopathe quelqu’un qui médite sur l’écume d’un bock de bière?

    1. Je vais faire court parcequ’il faut que je retourne à la plage.

       » toute grande philosophie est la confession de son auteur  » (Nietzsche). Pour Thom, je n’en sais rien, je n’en connais que ce vous en racontez. Il se pourrait que l’invention de la vérité et de la réalité objective soit à interpréter comme l’autobiographie de Paul Jorion.

      1. @ Cadavre exquis

         » Pour Thom, je n’en sais rien, je n’en connais que ce vous en racontez ».

        Vous n’en savez rien mais vous le traitez de dangereux psychopathe…
        Bonne bronzette! 🙂 🙂

        Sinon je suis d’accord avec vous concernant PJ: pour moi un indice très favorable.

  45. Changer de paradigme? Ok mais comment?
    Je voudrais partir d’une bribe de réponse d’El Jem à Marlowe (cf. plus haut dans la file):
    « J’essaye de leur [les lecteurs] indiquer qu’ils ont des « lunettes sur le cerveau » et que s’ils les enlevaient (ce qui est très difficile) ils verraient peut être le monde différemment. »
    Il est effectivement, je crois, très difficile, d’enlever les lunettes qu’on a sur le cerveau. J’ai bien aimé le commentaire de Delphin:
    « Cette remarque parce que les tenants de l’idéologie capitaliste ont la croyance chevillée au corps que leur conviction n’est pas une idéologie (représentation à caractère politique du monde). »
    Auquel j’ai répondu:
    « Bien dit! Je pense même que votre assertion a une portée générale, valable pour toute idéologie. Presque gödélien! »

    Oter les lunettes qu’on a sur le cerveau c’est réfléchir à la manière que l’on a de réfléchir, penser à la manière que l’on a de penser. Pas simple! Essayons.

    La pensée occidentale a été profondément influencée par le syllogisme (Socrate < homme < mortel). Notre logique actuelle en découle (elle a été formalisée -et est encore en cours de formalisation- par Tarski, Gödel, Boole, Heyting, Kripke, etc.). Il s'agit d'une logique déductive, d'une catalogique. L'analogique (l'antinomique du catalogique) a été expulsée de la sphère du raisonnable (comparaison n'est pas raison), nos sens également (nos sens nous trompent). La part analogique de la logique aristotélicienne (les proportions, le moyen terme) a été ignorée depuis la coupure galiléenne. Par sa théorie des catastrophes, qui est une théorie de l'analogie, René Thom renoue en la prolongeant avec cette partie de la logique aristotélicienne. Sa théorie (si on l'accepte) nous permet de considérer le raisonnement analogique comme raisonnable dans le contexte du conflit. Comme le conflit est universel (Héraclite, Darwin, les néo-lib,…) la portée du raisonnement analogique devient universelle.
    L'analogique est, par essence moniste, elle s'intéresse à ce qui est commun aux choses, alors que la catalogique est par essence dualiste, elle s'intéresse à la différence entre les choses. L'économie et la politique sont typiquement des lieux de conflits qui s'agit de tenter de résoudre (et il semble évident que la pensée analogique est utile pour les résoudre!). Le moins qu'on puisse dire est que la manière actuelle de résoudre ces conflits est inadéquate et que l'enfermement idéologique de nos élites leur interdit de pouvoir penser une autre manière de la résoudre (et ils ont le culot de nous vendre qu'il n'y en a pas d'autre -TINA). A la hache, la pensée "de droite" est d'abord catalogique (l'ordre d'abord) alors que la pensée "de gauche" est (devrait être) d'abord analogique (l'équivalence d'abord). Peut-être l'impulsion thomienne pourrait-elle aider "la gauche" à avoir une pensée plus originale? Le centre en politique est le moyen terme d'Aristote ou, ama mieux encore, le centre organisateur de Thom (Bayrou aurait peut-être mieux fait de les lire (ou relire) avant de se lancer dans le vide).
    En économie le dogme dominant assure que le conflit est celui de l'offre et de la demande. Paul Jorion s'appuie sur la théorie des proportions d'Aristote pour dire que le conflit est celui entre positions sociales (réelles ou fantasmées -ama "évidemment" fantasmées dans le merdier déstructurant actuel). Je suis dorénavant profondément convaincu du bien fondé de la vision de PJ et ce en grande partie grâce à l'inlassable insistance de Kercoz qui cite inlassablement Goffman à propos de la très grande rigidité des comportements sociaux [depuis que je me suis mis ça en tête, je ne peux que constater l'incroyable rigidité comportementale des participants de ce blog, moi le deuxième (Kercoz étant, pour la raison précitée, premier, quasi hors concours! :)].

    Je n'y connais rien en économie et en finances. J'ai cependant été frappé par ceci: le mot peut-être le plus employé en finance est le mot "%", mis à toutes les sauces. Un pourcentage est un ratio, une raison. Il est donc important ama de savoir si les ratios des financiers sont raisonnables et si les façons qu'ils ont de résoudre les conflits financiers l'est.
    Et que faire d'autre à ce sujet sinon de repartir des théories des proportions et du moyen terme d'Aristote. On y découvrira l'importance de la structure (qui renvoie au structuralisme de Lévi-Strauss et à la stabilité structurelle de Thom). Dans le cas de deux actants et le contexte de l'addition la situation sans contrainte est claire et le conflit se résout par la demi-somme (sous contrainte, c'est déjà plus compliqué, le conflit étant un rapport de force, l'un des deux actants peut tout prendre). Dans le cas de plusieurs actants la situation devient rapidement très compliquée lorsqu'on cherche un moyen terme sous contrainte structurelle (ce que l'on fait, éventuellement inconsciemment, puisqu'au fond de nous, nous cherchons à préserver (ou améliorer) notre position sociale). Il est alors manifeste, dès trois actants, que le moyen terme n'a aucune raison d'être la moyenne des trois nombres (le conflit à trois actants est, dans la théorie des catastrophes, représenté par la catastrophe "queue d'aronde". Ce qui précède pose le problème de l'intelligibilité de la statistique (fille de la moyenne) et, par suite, de la pertinence de son utilisation en finance (et ailleurs…).

    Dans la séquence "Socrate, homme ,mortel", la catalogique, issue du syllogisme aristotélicien, permet de penser ce qui les distingue. L'analogique permet de penser ce qui les rassemble. Et, grâce à sa théorie des catastrophes, René Thom conclut qu'il y a quelque chose de commun à Socrate, homme et mortel:
    "Les situations dynamiques qui régissent les phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l'évolution de l'homme et des sociétés".

    Ainsi, selon la sensibilité de chacun, on peut privilégier l'approche catalogique (down/up) ou l'approche analogique (up/down) pour penser le monde. Et je pense bien entendu que si l'on veut créer une société stable, il vaut mieux penser ce qui rapproche avant ce qui divise.

    Je suis avec une grande attention les commentaires des femmes de ce blog (même si je n'y réponds pas toujours). La lecture aride que les logiciens modernes ont faite du syllogisme aristotélicien est en train de considérablement s'enrichir sous l'impulsion, entre autres, de Paul Jorion (qui voit la génèse des mots par une dynamique d'affect; cf. par ex. "Principes des systèmes intelligents"). Remettre de l'affect dans les mots, oser affirmer que ce que nos sens nous disent est raisonnable, oser faire des analogies, voilà qui devrait aider à libérer la parole de certains et, peut-être surtout, de certaines.
    Perso je crois que non seulement nos sens ont raison, mais qu'en fait ils sont raison. Je pense, j'espère, que les théories de Thom et de Jorion (qui, pour moi, ont la même vision du monde, cad sont dans le même paradigme) aideront à la libération de la parole, en particulier la libération de la parole féminine. L'avenir nous dira si c'aura été une catastrophe. 🙂

  46. Triste constat: ce paradigme du capitalisme a volé , mon bien le plus précieux : ma vie; pour survivre j’ai dû renier mes plus profondes convictions de ma jeunesse: ne pas se laisser enchainer par ce système :l’esclavage par le salaire.

  47. Je vois que la file remonte à la surface. Je voulais justement dire un mot sur ce qu’est un paradigme. Mon œil à été accroché par Lewis Caroll. J’en dirai donc deux.
    Un paradigme est une vision du monde. Pour moi un véritable philosophe est quelqu’un qui a une vision du monde. Tout le monde est donc philosophe. Il y a cependant une hiérarchie, véridique ou usurpée. Le temps est important, plus la philosophie résiste au temps, plus elle a des chances d’être importante. Ainsi la philosophie grecque. Une hiérarchie s’instaure. Aristote et Thom n’ont pas le même point de vue. Thom voit les choses à la manière d’Einstein alors qu’Aristote la voit plutôt (je crois…) à la façon de Mach. Ils ont donc des points de vue différents mais je suis convaincu qu’ils sont dans le même paradigme, comme une même statue vue de face et de dos.

    Thom: « il faut être philosophe en science et scientifique en philosophie. »
    Héraclite: « le soleil a un pied de large »
    Selon Tigue (si j’ai compris) pour Héraclite un concept et son contraire font un, indivisible. Les concepts de dessus n’ont pas de sens. Un plan sens (sans?) dessus (ni) dessous est ce que les matheux appellent un plan projectif cher à Lacan (cross-cap, surface de Boy).
    J’imagine Héraclite allongé sur la plage et levant le pied pour se cacher du soleil. Vision conique de sommet l’oeil, projective.
    Il nous faut former des tandems.

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