CHANGEMENT DE PARADIGME : CAPITALISTE AU PAYS DES MERVEILLES, par El JEm

4ème billet invité de la série par El JEm. La première partie est ici, la seconde ici, et la troisième ici

Voilà donc de la gloire pour toi.

Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, dit Alice.

Humpty Dumpty sourit dédaigneusement.

Évidemment que tu ne comprends pas. Pour cela, il faut que je te le dise. Voilà un argument décisif pour toi !

Mais « gloire » ne veut pas dire « argument décisif », objecta Alice.

Lorsque j’utilise un mot, il signifie exactement ce que je choisis qu’il signifie – ni plus, ni moins.

La question est de savoir si vous pouvez faire signifier autant de choses différentes, dit Alice.

La question est de savoir qui est le maître. Et rien d’autre, dit Humpty Dumpty.

Lewis Caroll, De l’autre coté du miroir.

Chaque humain agit et décide selon la représentation qu’il se fait du monde, de sa nature et de son fonctionnement ( : paradigme). S’il croit que la terre est plate, il n’essaye pas d’en faire le tour. En fait, une telle idée ne lui vient même pas à l’esprit : un paradigme ne guide pas seulement les décisions, il limite aussi l’imagination (cf. CP2).

Le paradigme politique actuel est celui de la société de marché, c’est-à-dire la croyance dans la capacité du marché à prendre les décisions justes pour la communauté. Dans ce système, le poids de chaque individu dans la prise d’une décision politique de la communauté est théoriquement lié à sa capacité à agir sur le marché, c’est à dire à acheter ou à vendre (cf. CP3). Mais dans les faits ceux qui dirigent sont ceux qui maîtrisent les richesses, c’est à dire ceux qui les possèdent ou qui les gèrent. Non seulement parce que leur poids dans les transactions est prépondérant mais aussi parce que ce sont eux qui organisent le marché, à leur profit.

Ceux qui possèdent les richesses sont les capitalistes. Le capitalisme n’est ni une représentation du monde, ni une idéologie de pouvoir (il ne sert pas à prendre des décisions politiques). Il s’accommode d’ailleurs de tous types d’organisation de la société : pouvoir religieux, dictature, démocratie ou société de marché, du moment que la propriété privée y est protégée. Le capitalisme est avant tout une volonté individuelle d’accumuler les richesses et notamment les sources de richesse. Cette volonté peut avoir des origines diverses  : désir de possession, désir de pouvoir, conception -religieuse ou non- de finalité de la vie, etc.

Ceux qui gèrent les richesses sont les financiers (banques, assurances, fonds de pension, fonds de placement, etc.) et les dirigeants de grandes entreprises. Ils poursuivent le même objectif que les capitalistes (pour lesquels ils travaillent d’ailleurs principalement) : faire fructifier de manière optimale l’argent ou le bien qui leur est confié. Il s’agit en quelque sorte de capitalistes par procuration.

La société de marché assume tout à fait le fait de leur confier le pouvoir politique, c’est à dire la direction de la communauté. C’est même un de ses objectifs, car ils sont considérés comme étant les meilleurs créateurs de richesses. D’une part, ils sont les exemples à suivre et d’autre part leur création de richesse individuelle est perçue comme très positive puisque par effet de ruissellement, celle-ci ira ensuite irriguer le reste de la population. Il faut donc les laisser faire et limiter au maximum les contrôles et réglementations qui freinent leurs actions, avec un mot d’ordre général : « libérer les énergies ».

Il y a certes un abandon de l’idéal démocratique, mais si tout le monde est heureux, personne ne s’en plaindra : les plus performants sont aux manettes et tout le monde bénéficie des richesses créées. La société de marché constitue de plus une importante stimulation de l’économie, par l’effet démultiplicateur de la finance (l’argent est une marchandise, et les acteurs privés peuvent faire des montages complexes leur permettant de préter bien plus que ce qu’ils ont) ainsi que par l’effet de concurrence.

Par ailleurs, pour les partisans de la société de marché, il ne s’agit pas d’un choix, car ces multiples croyances (loi de l’offre et de la demande, effet de ruissellement, bienfaits de la concurrence, etc.) sont considérées comme des lois physiques universelles, c’est à dire une réalité à laquelle il faut se conformer. Et il serait insensé de lutter contre la réalité.

Tout semble donc aller pour le mieux au pays de la société de marché : performance et réalisme. Conquises, nos sociétés ont ainsi été explicitement organisées par et pour la société de marché, du plus petit niveau jusqu’au plus global (OCDE, FMI, banque mondiale, BCE, UE, etc.).

Hélas, en moins de trente ans, ce que l’on croyait être une représentation du monde plus pertinente a envoyé dans le mur les pays les plus puissants de la planète et rendu difficilement évitable une crise mondiale globale (financière, économique, politique, sociale, environnementale, énergétique, etc.). La société de marché était une boussole qui devait nous indiquer plus précisément le Sud, elle nous a envoyé au Nord.

Comment un paradigme d’apparence aussi efficace a-t-il pu être aussi catastrophique ?

En dehors du fait que les principes de base de la société de marché sont erronés (ex : la loi de l’offre et de la demande ne permet pas de définir le juste prix et génère une triple myopie – cf. CP1) ; la richesse, au lieu de ruisseler, remonte la pente pour s’accumuler dans les lacs de très haute montagne ; la concurrence et la privatisation bloque l’évolution au lieu de la stimuler (exemple), ce qui semble le plus inefficace, et en fait complètement contreproductif pour la communauté, est non seulement d’avoir adopté les objectifs des capitalistes ( : la rentabilité comme paramètre de décision politique) mais avoir de plus mis les capitalistes en position de gérer la société. Non pas que ces derniers soient incapables de créer des richesses (ils y arrivent très bien : ils arrivent même à créer des « richesses » à partir de rien, juste de simples paris, de calculs savants ou de réglementations bien adaptées) mais d’une part parce que leur « richesse » n’en est pas forcément une pour la communauté et d’autre part parce qu’ils font, de leur coté, tous leur efforts pour s’extraire de cette communauté.

En effet, pour atteindre leur objectif de rentabilité maximale, les capitalistes ont historiquement chercher à accaparer les sources de richesse (: moyens de production et ressources naturelles). Mais il y a de nombreuses manières de gagner de l’argent. Certaines peuvent être utiles à la communauté (faire du pain, trouver une manière propre de produire de l’énergie, arriver à soigner des maladies, etc.) mais d’autres sont inutiles ou même nuisibles. Or, entre deux projets, c’est celui qui lui sera le plus rentable qui sera choisi et non pas le plus utile pour la communauté. Par exemple, entre un médicament rentable, bien que très toxique, vendu pour maigrir (et par ailleurs facilement et très utilement remplaçable par de la marché à pied) et un médicament soignant une maladie grave mais insuffisamment rémunératrice, le choix est tout trouvé. Les capitalistes ne sont pas là pour trouver des solutions aux problèmes de la communauté mais pour les exploiter, et si nécessaire, les créer (déséquilibre, accaparement, pénuries, etc.).

Cette mauvaise allocation ne concerne pas seulement les moyens financiers mais aussi les compétences, qui sont ainsi détournées des besoins de la communauté, alors même que les défis auxquels elle doit faire face sont légion : environnement, énergie, agriculture, etc. De plus, avec la montée en puissance de la finance, devenue plus rentable pour eux, il y a maintenant désengagement de l’économie (que l’on est maintenant obligé de qualifier de « réelle » pour la différencier des activités dans lesquelles se sont engagés les capitalistes). In fine, l’allocation des moyens financiers et humains est erronée pour la communauté, alors que le marché était justement censé apporter une réponse à cette question politique primordiale.

Le deuxième aspect contreproductif porte sur l’idée même de faire dépendre la communauté des capitalistes, car ceux-ci veulent avant tout s’en extraire. La libre circulation des capitaux, des biens et marchandises ainsi que la création d’un réseau mondial de paradis fiscaux servent principalement cet objectif : créer des moyens et lieux dans lesquels ils peuvent légalement (ou non, si nécessaire) gérer leurs biens et leurs affaires comme ils l’entendent, sans avoir de compte à rendre à la communauté, par exemple pour ne pas avoir à payer de taxes ou d’impôts, mais aussi pour contourner les règles que pourrait souhaiter la communauté (au niveau social, environnemental, etc.). La mécanique même du système fait que ce sont les moins vertueux qui sont les plus avantagés. La City est un excellent exemple de ce qu’est le capitalisme et de son mode de fonctionnement. Alors que l’idéologie de la société de marché célèbre la responsabilité individuelle, elle met au pouvoir ceux qui se sentent le moins responsables et font tout pour ne pas le devenir.

Justification théorique de la volonté d’accumuler des richesses, marchandisation de toutes les activités humaines, privatisation des sources de richesses, possibilité de s’extraire des contraintes de la communauté, maîtrise même de l’organisation des marchés : s’il s’accommode de toutes les idéologies de pouvoir, dans la société de marché, le capitaliste est au pays des merveilles.

La situation catastrophique actuelle n’est que la conséquence de ces mauvais choix, c’est à dire d’avoir pris l’intérêt privé (et plus encore la rentabilité) comme paramètre des décisions politiques et, avec la société de marché, d’avoir carrément confié le pouvoir politique à ces intérêts privés, sur la base de la croyance des propriétés magiques du marché (autorégulation, définition des prix et efficacité de l’allocation des moyens, …).

Car si la société de marché génère effectivement une stimulation à court terme (ce qui a permis à ce paradigme d’être convaincant), elle induit à long terme une forte toxicité pour la communauté. Comme l’amiante : des propriétés physico-chimiques immédiates extraordinaires mais une toxicité à terme tout aussi extraordinaire. Et comme l’amiante, nous en avons mis partout : l’ensemble du monde a été organisé par et pour la société de marché. Or le long terme d’hier, c’est aujourd’hui et le chantier de « désamiantage du capitalisme » de nos sociétés est énorme.

Les effets à long terme du capitalisme et de la société de marché sont une déstructuration de la communauté. Avant d’être financière, économique, monétaire, énergétique ou environnementale, la crise est avant tout celle de l’oubli de l’intérêt commun, celle de la perte de l’autre. La privatisation pour les uns, signifie la privation pour les autres.

Cette déstructuration des sociétés, qui touche maintenant le cœur de nos propres communautés, n’apparaît pas subitement, comme surgie de nulle part.

Elle n’est que la suite logique du choix des choix effectués. La sacrosainte concurrence a permis de justifier le triste sort des plus faibles, et notamment des communautés qui subissent les conséquences de la guerre économique. La sacrosainte propriété privée a permis de justifier le droit à exploiter les biens communs, comme les ressources naturelles, jusqu’à leur épuisement ou leur destruction (« droit à polluer »), au détriment des communautés qui nous succèderont. Aujourd’hui, la sacrosainte rentabilité prime ouvertement sur l’humain, et il est devenu légitime de tuer l’autre pour de l’argent : en 2008, en pleines émeutes de la faim, une banque européenne lançait sa nouvelle offre commerciale avec comme slogan : « Tirez avantage de la hausse du prix des denrées alimentaires !« . La banque y qualifiait d' »opportunité » la « pénurie d’eau et de terres agricoles exploitables » (source).

L’injonction de rentabilité ne conduit d’ailleurs pas seulement à la perte de l’autre, voisins, descendants ou frères, mais aussi à la perte de soi-même : il suffit de voir le comportement schizophrénique de chacun, sommé de se soumettre au travail mais de célébrer la liberté comme citoyen, ou encore amené à investir dans des produits financiers qui contribuent à sa propre perte.

Des dirigeants politiques reconnaissent l’étendue des dégâts et sa nature criminelle : « faire monter les prix alimentaires pour son propre profit, accepter que la famine et la guerre soient de simples dommages collatéraux, c’est le contraire d’une économie de marché éthiquement fondée. Un comportement pareil est criminel (…) des millions de gens meurent de faim, car le monde ne fonctionne pas comme il faut. » (Jean-Claude Junker : Premier ministre luxembourgeois depuis 1995, Gouverneur de la Banque mondiale de 1989 à 1995). Mais ils sont incapables d’en reconnaître l’origine et de proposer une alternative : quand on pense que la terre est plate, on n’essaye pas d’en faire le tour.

Car contrairement à ce qui est avancé par les partisans de la société de marché pour expliquer la crise actuelle, il n’y a aucunement trahison ou dérèglement du capitalisme, mais poursuite du même objectif : augmenter le capital. Cela se fait simplement maintenant par des voies différentes (la spéculation, l’accaparement, le détournement, la manipulation, l’évitement des choix communs -dont l’impôt- par les paradis fiscaux, etc.) car ces voies sont devenues les plus efficaces pour atteindre cet objectif.

Et tout les acronymes du monde (TSCG, MSE, QE1, QE2, BCE, OCDE, FMI, G8, G20, etc.) n’y pourront rien changer : c’est l’idée de base qui est mauvaise. Quand on va dans la mauvaise direction, ce n’est pas en trafiquant son moteur ou en changeant de mode de transport qu’on arrive à bon port.  Il faut changer de direction, il faut changer de maître.

L’attrait de la richesse individuelle ne peut cependant expliquer à lui tout seul le succès du paradigme de la société de marché. Devenir riche est sans aucun doute un objectif important pour des psychopathes, et ceux-ci sont sans aucun doute nombreux et puissants (leurs moyens financiers leur permettent d’acheter ou d’orienter les moyens de propagande – médias, « intellectuels », think tank, partis politiques, etc. – et si nécessaire de les corrompre). Mais cela paraît insuffisant pour expliquer pourquoi les dirigeant élus ont abandonné aussi facilement le paradigme de la démocratie, et encore moins suffisant pour expliquer pourquoi ces derniers ont été soutenus par la population, dans un acte qui apparaît aujourd’hui, de la part des uns comme des autres, comme un suicide de la communauté.

Pour supplanter les autres idéologies de pouvoir (pouvoir religieux, dictature et démocratie, cf. CP3), la société de marché a bénéficié des forces d’autres croyances collectives : le rêve de paix éternelle et le rêve de liberté. Avec la société de marché, le rêve de paix éternelle semble en effet à portée de main : la mondialisation contre les frontières qui séparent et opposent, le marché « rationnel » contre la politique qui attise les passions, la croyance dans le fait que l’on peut vivre en évitant d’avoir à prendre des décisions difficiles, c’est à dire que l’on peut échapper à la politique, puisque le « marché » s’en charge (aspect particulièrement attractif pour les dirigeants politiques). Avec la société de marché, le rêve de liberté semble aussi prendre forme : c’est la fin de l’état qui décide pour vous, la possibilité de vivre sa vie au lieu de la subir.

De plus, l’homme espère. C’est un atout puissant pour vivre et survivre, mais cela l’entraine de temps à autres au bord du précipice et parfois l’y fait chuter. Formé aux contes de fées, l’être humain veut croire que l’histoire finit bien, même si tout lui montre le contraire. Aujourd’hui, on se rend bien compte que cela ne pourra pas durer : on ne peut pas s’endetter ad vitam aeternam, on ne peut pas consommer ou polluer toutes les ressources naturelles, on ne peut mettre tout le monde à la rue : on voit bien que tout cela n’a aucun avenir. Mais encore aujourd’hui, on espère que l’histoire finira bien. Et ce désir collectif d’échapper à la réalité aveugle et paralyse.

Tout cela (et surement bien d’autres choses encore) a contribué au succès de la société de marché et à son maintien, y compris dans la situation actuelle. Aujourd’hui, alors que le conte de fées a tourné aux comptes d’apothicaire et le rêve au cauchemar ( : aliénation au marché, à la consommation et au travail, guerre de tous contre tous, épuisement des ressources, pollution généralisée, dévoiement de la médecine, etc.), c’est aussi par là qu’il faut la démystifier et c’est aussi à ces rêves qu’il faut répondre.

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170 réflexions sur « CHANGEMENT DE PARADIGME : CAPITALISTE AU PAYS DES MERVEILLES, par El JEm »

  1. @ El JEm

    Par ailleurs, pour les partisans de la société de marché, il ne s’agit pas d’un choix, car ces multiples croyances (loi de l’offre et de la demande, effet de ruissellement, bienfaits de la concurrence, etc.) sont considérées comme des lois physiques universelles, c’est à dire une réalité à laquelle il faut se conformer. Et il serait insensé de lutter contre la réalité.

    Ne jetez pas le bb avec l’eau du bain !
    Le marché c’est d’abord le lieu d’échange où s’expriment les besoins légitimes de chacun. il faut bien un lieu où se confrontent offre et demande et où l’on pactise !
    Alors, d’accord, il y a des besoins illégitimes, des désirs inspirés non par la raison mais par la passion. C’est ainsi que le marché doit être régulé (rationalisé)
    Mais être contre le marché c’est dire ce qu’il ne faut pas, mais ce n’est pas dire ce qu’il faut !
    Remplacer le marché c’est substituer la loi de l’autorité à celle des individus. Alors bonne chance en pays de dictature !

    1. Ne jetez pas le bb avec l’eau du bain !

      La température du bain était bien trop élevée et le bb à maintenant, une sale tète, limite cramoisie. On a beau le calotter avec vigueur, le bougre bouge pas beaucoup.
      Balancer le bb me parait pas complètement déraisonnable !!

    2. Je pense que le marché, ce n’est que la dictature des riches.
      Et je pense que nous ne sommes pas face à une dérive du capitalisme ou de la société de marché, mais à ses caractéristiques intrinsèques.

      1. désolé, c’était tard et ma réponse est incorrecte
        je pense qu’il y a une différence entre le marché et la société de marché, qui est l’organisation politique de la communauté à partir des règles du marché. Dans la société de marché, l’échange marchand est l’acte politique (permettant de prendre les décisions qui concernent la communauté). Et dans un tel système ce sont ceux qui maitrisent les richesses qui dirigent.
        Le marché, lui, existait bine avant la société de marché.

  2. « Le paradigme politique actuel est celui de la société de marché »

    On pourrait tout aussi bien dire que le paradigme politique est celui de l’Etat-Providence, capable de protéger les populations des aléas économiques et sociaux (aléas dus à la société de marché me direz-vous). Or on voit après quelques décennies de financement à crédit, que ce paradigme rencontre ses limites. Je ne suis pas certain que la société de marché disparaisse, par contre l’Etat-Providence, cela ne fait aucun doute.

    1. Ce qui ne fait aucun doute pignouf, c’est qu’avec si peu d’argument, on peut tout aussi bien affirmer le contraire, et avec la même confiance de surcroit !

  3. Chaque humain agit et décide selon la représentation qu’il se fait du monde, de sa nature et de son fonctionnement

    Oui, nos représentations sont une des réalités interagissant avec les autres. On comprend très bien sous cet angle pourquoi des discussions acharnées, voir plus, ont lieu ont lieu pour des idées.

    Les effets à long terme du capitalisme et de la société de marché sont une déstructuration de la communauté. Avant d’être financière, économique, monétaire, énergétique ou environnementale, la crise est avant tout celle de l’oubli de l’intérêt commun, celle de la perte de l’autre

    Oui, le contrat social est remis en cause, conduisant inévitablement à la loi du plus fort. Nous avons besoin d’un contrat social minimum à l’échelle de la planète du fait que les réalités écologiques ne connaissent aucune frontière, ce n’est pas une mince affaire.

    Pour sortir de l’impasse, je vois quatre pistes: la sociocratie pour réguler les organisations, calmer la surchauffe des égos et sortir du panurgisme. L’interdiction de paris sur les prix pour calmer la fièvre financière. Le Bancor pour éviter la manipulation des taux de change. Enfin le néochartalisme pour réguler les économies régionales et éviter les cycles euphorie/austérité.

  4. « La sacrosainte propriété privée a permis de justifier le droit à exploiter les biens communs »

    DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN (24 juin 1793) :

    Article 1. – Le but de la société est le bonheur commun. – Le gouvernement est institué pour garantir à l’homme la puissance de ses droits naturels et imprescriptibles.

    Article 2. – Ces droits sont l’égalité, la liberté, la sûreté, la propriété.

    Alors certes, il faut cadrer un peu les choses pour que cela ne dégénère pas comme cela le fait actuellement. Mais s’en prendre aussi violemment à la propriété privée comme vous le faites, c’est faire l’impasse sur un des épisodes majeurs de l’Histoire de France.

    1. C’est plutôt cet ajout de la propriété , dans les circonstances et pour les raisons qui ont déjà été approchées ici même, et qui justifient l’intérêt que le taulier porte aux écrits de cette époque , que la révolution et l’avancée progressiste sont entrées dans une impasse .

    2. que ce soit l’histoire de France ou d’ailleurs, c’est intéressant historiquement, mais la vraie question c’est : aujourd’hui, est-ce inutile ? peut-on faire différemment ?
      si les réponses sont non, alors on la conserve.
      mais si c’est oui, alors on change

      1. @El JEm: vous êtes optimiste et un peu incohérent, ce n’est pas parce qu’on répond « oui » qu’on change. Vous dites que le marché, c’est la dictature des capitalistes, ce en quoi j’acquiesce et puis vous faites comme s’il n’y avait pas une dictature. Dans une dictature, ce n’est pas parce que les opprimés répondent qu’un monde meilleur est possible que le dictateur dit « ah ouais? bon alors je m’en vais. Bonne chance les gars. ». Demandez aux Syriens… D’ailleurs, ces derniers n’ont aujourd’hui une chance de renverser Bachar qu’uniquement parce qu’ils reçoivent l’appui des USA. Avant cela, pas de changement possible.
        C’est cela la réalité politique. Il ne suffit pas de réfléchir et de vouloir changer, c’est même le moins important. Il faut surtout agir et pouvoir changer.

      2. @Moi
        mon propos n’était pas de dire ce qu’il faut faire et comment il faut le faire, mais plus simplement si cette notion de propriété doit être conservée ou non , et sous quelle formes, etc.
        et le fait que ce soit inscrit dans la constitution française n’est pas un argument, interdisant de se poser la question. Sinon, ce n’est pas de la dictature c’est de la religion.

  5. Le capitalisme est un outil a-politique.
    L’URSS pratiquait une forme de capitalisme.
    Dès que l’on veut dépasser le stade de l’artisanat
    manuel, et produire en masse au meilleur coùt,
    le capitalisme s’impose. Si les sommes
    nécessaires sont obtenues par cotisations par exemple
    c’est encore du capitalisme.

    En revanche l’idéologie de tous les dangers,
    c’est le libéralisme.
    Sa définition est difficile, il est multiforme.
    Mais on peut en avoir une représentation exacte;
    c’est l’idéologie impulsée par la construction européenne.
    Il est tout entier défini par le traité pour une constitution
    européenne.
    Son mot d’ordre, répété plusieurs fois:
    « liberté de circulation des capitaux quoiqu’il arrive ».

    Bazarder par dessus bord ce libéralisme mortel serait un changement
    de paradigme en soi. Mais nous n’en aurions pas fini avec le capitalisme
    si nous voulons maintenir un niveau de vie acceptable. Et continuer
    à acheter des gadgets électroniques chinois, ou mieux les fabriquer
    nous-mêmes.

    1. le libéralisme. Sa définition est difficile, il est multiforme.

      Pas si difficile que ça si on se place du point de vue de la régulation des systèmes. Le libéralisme croit que le marché a des vertus autorégulatrices suffisantes en elles-même. Alors que les systèmes construits par les humains sont trop rustiques pour s’autoréguler. Il n’y a que les systèmes écologiques rodés par des millions d’années d’ajustement et de catastrophes qui peuvent prétendre à un certain niveau d’autorégulation, et encore, de nombreux contre-exemples existent. Seul l’état ou une autorité politique supérieure détient le pouvoir de réguler l’économie, à conditions de connaître la machine et les lois de la régulation, sinon, la régulation peut très rapidement conduire à un fonctionnement chaotique encore pire que le libéralisme. Si l’économie est mondiale (niveau d’échanges entre les diverses régions du monde du niveau des échanges inter-régionaux d’un pays), alors une régulation mondiale devient nécessaire. Ce qui ne signifie pas que cette régulation doive s’occuper de tout. La subsidiarité me semble incontournable.

      1.  » si on se place du point de vue de la régulation des systèmes… »

        Alors nous n’en aurons qu’une vue étroite, limitée à un aspect
        mécaniciste de son supposé fonctionnement.
        Il est bien plus que ne le suggère ce point de vue étroit.

        Pour ma part, je préfère le point de vue comparatif: comment se comporte le libéralisme par rapport à une autre organisation socio-économique? Tout devient très clair: il est totalitaire, il n’admet pas la coexistence.
        Lui, rien que lui.
        Et ce comportement suffit à me le rendre inacceptable.
        J’ajoute qu’il a du sang sur les mains.
        Et naturellement, il est borné, enté sur lui-même, jusqu’au suicide.

        ( j’en parle comme d’une personne. C’est un raccourci pour décrire
        les êtres, et leurs actes, qui le défendent. Voir BRL…)

      2. Alors nous n’en aurons qu’une vue étroite, limitée à un aspect
        mécaniciste de son supposé fonctionnement.
        Il est bien plus que ne le suggère ce point de vue étroit.

        Réguler un système ne veut pas dire ignorer sa complexité, mais disposer des leviers pour corriger les trajectoires, être dimensionné pour être capable de réagir aux perturbations.
        Nous avons de très graves problèmes de cohérence entre le système à réguler aux diverses échelles (Monde, Etats pour l’essentiel) et les pouvoirs des possibles régulateurs. Il n’y a pas de pilote dans l’avion. C’est assez récent, à l’échelle humaine ou l’impact de notre activité sur terre était voisine d’epsilon (donc pas d’avion à piloter), mais risque bien de nous être fatal (déméthanisation massive…ou autre), parce que je ne vois rien émerger qui puisse calmer le jeu. La terre a déjà vu des extinctions de 90% des espèces vivantes, elle s’en remettra probablement.

      3. @Michel Martin :
        ///// Si l’économie est mondiale (niveau d’échanges entre les diverses régions du monde du niveau des échanges inter-régionaux d’un pays), alors une régulation mondiale devient nécessaire. Ce qui ne signifie pas que cette régulation doive s’occuper de tout. La subsidiarité me semble incontournable. ///////

        « une régulation mondiale devient necessaire » …c’est automatiquement retomber ds les tentations réductionnistes du constructivisme …..trop dangereux , trop de « pouvoir » en jeu !
        Seule l’ auto-organisation théorique (effectivement une subsidiarité , mais surtout non planifiée !) peut éviter l’ Ubris .Il me semble que la seule façon de maitriser la compétitivité , c’est qu’elle se limite a un échelon tres locale …le bénéfice de ses obscénités ne valant pas la peine de l opprobe .
        Ce qui est curieux c’est que vous semblez conscient des vertus de l’ auto-organisation, tout en acceptant un fort degré de constructivisme comme inéluctable ….
        Notre système a longtemps fonctionné avec une structure prédatrice linéaire parasitant l’ ancienne structure morcelée archaique …..le parasite etait nettement plus petit que le parasité , tout en faisant beaucoup de dégats (le « Qu’est ce qui nous meut  » de Jouvenel)…c’est sur ce modèle pré -moderne qu’il faudrait , me semble t il réfléchir .

  6. Merci pour cette démystification du paradigme de la société du marché, une de plus qui permet de rationaliser ce que nous vivons en nous plongeant un peu plus dans la frustration si on en reste là.

    Heureusement, nous avons encore, dans cette société de marché, la possibilité d’exploiter notre liberté d’actions et composer notre vie de ce que nous voulons. Nous pouvons encore tenter de vivre nos rêves, nos désirs. Misons sur notre intelligence et surtout n’ayons pas peur. Peur de quoi au juste ? Peur de perdre ce que nous avons, peur de l’inconnu, peur de ce qui est incertain. Les tenants de la société de marché le savent et en abusent de cette peur qu’ils font percoler en profondeur dans nos esprits pour encore mieux nous tenir. Oser le changement, sortir du cadre, voilà une révolution à mener d’abord dans sa sphère personnelle. Faire sauter le carcan dans lequel nous fait vivre la société de marché. Nous sommes bandés comme des momies. Il faut nous dégager petit à petit de ces bandages qui nous étouffent. La liberté est un capital, un avoir, bien trop peu utilisé.

  7. Merci pour ce plaidoyer qui fait du bien ;
    Et je voudrais y ajouter que le politique à force de se rêver en grand manager a oublié que son rôle n’est pas principalement de gérer, mais d’arbitrer ! Et aujourd’hui, les arbitrages premiers, de base, permettant que la vie puisse s’organiser, font cruellement défaut. Alors, à quoi sert de prétendre savoir gérer si on ne sait plus arbitrer !….Et bien sûr, quand on ne sait plus faire l’élémentaire, exiger qu’il exerce leur coeur de métier , à savoir , inventer le cadre conceptuel qui va induire et générer de la civilisation, c’est leur demander la lune !
    Aujourd’hui parmi les arbitrages qui ne sont pas rendus, figure en bonne place la protection des métiers et la rémunération des savoir-faire. Car les entreprises qui voient leurs marchés se rétrécir (faute de n’avoir soutenu la demande) n’ont plus qu’une idée en tête : « acheter de la croissance  » (comme l’on entend dans la bouche de leurs managers). Moi qui croyais que la croissance cela devait se créer? Eh bien non, eux ils peuvent l’acheter: cela consiste en fait à créer artificiellement de la concentration pour faire des économies d’échelle, du licenciement et de la rationalisation des coûts par une baisse de la qualité rendue possible puisque cela consiste en fait à acheter le concurrent. Et ce sont bien sûr des achats de complaisance où l’acheté se pâme de plaisir à l’avance en pensant faire assumer à son acheteur les licenciements boursiers et déflations salariales qu’il n’aurait pas pu assumer sans le prétexte d’une restructuration. Point d’OPA hostile ici, ou alors on fait semblant….Ici aucune innovation, aucun accroissement du marché (la part de gâteau reste la même), aucune création de richesse, mais c’est merveilleux, les dividendes croissent, car la marge ponctionnée sur le travail croit ! Donc tout va bien, et hourra pour ces managers qui se présentent en grands développeurs. Alors, on se prend à rêver et on se dit, bon sang, mais c’est bien sûr : voilà la solution pour faire du bénef quand tout s’écroule et se faire bien passer auprès des politiques! Et comme on a montré que l’on savait bien développer, on se prend à leur donner des conseils pour évaluer ce qui se trouve dans la poche des plus petits acteurs du secteur, dont on aimerait bien que les pouvoirs publics déréglementent la profession afin qu’on puisse leur montrer comment faire des économies d’échelle…..
    Bien sur dans ce genre de « développement » on ne comptabilise pas les dommages collatéraux, ni le fait que c’est une pseudo création de richesse qui entérine simplement une répartition du gâteau différente. Par ailleurs, cela crée une baisse de la demande par la déflation salariale (smicardisation des savoir-faire), par les licenciements ( le consommateur devient frugal quand il est chômeur); cela crée aussi à terme un rétrécissement du marché par la baisse de la demande, mais aussi à cause de la baisse en qualité des produits qui amène les ménages à mobiliser constamment de l’argent pour toujours la même chose sans pouvoir passer à autre chose. Ce ne sont plus des biens matériels dont on s’équipe et qui constituent un patrimoine (immobilisable), cela devient des abonnements! D’ailleurs, on voit poindre la mode de la location plutôt que de l’achat, car dans certaines organisations du secteur social on a pointé que cela finit par revenir moins cher que d’être propriétaire de quoi que ce soit. Un comble! Et cela ne s’arrête pas là, nos ordures ont gonflé démesurément au point de constituer une source d’inquiétude financière pour les municipalités. Et si vous n’êtes pas convaincu, parlez donc de la qualité des dons faits à Emmaüs. Ces derniers font des études sans équivoque sur le sujet et ont des problèmes croissants de déchets, pour un travail toujours moins intéressant pour les compagnons: la démonte et la réparation , il vaut mieux oublier désormais, de toute façon les produits ne sont pas faits pour cela! Quand nos chers politiques imposeront-ils des normes de conception relativement au démontage et à la « réparabilité » des produits? Oups, pardon , c’est vrai, c’est de l’arbitrage et ce n’est plus leur problème. Ils courent simplement après le cumul des mandats et des fonctions…..Et votent contre toute modification en la matière. On se demande simplement à quoi leur servent tous les équivalents temps plein rémunérés, cumulés dans leurs multiples fonctions.

  8. Amsterdam, 26 juillet 2012

    @ Dédale

    Bravo. Alors, utilisez votre génie créateur et votre liberté d’action, et libérez vous de votre peur.

    Analysez bien votre comportement individuel. Par exemple:

    1. Est-ce que vous vous avez déjà pu lier à une des mutualités dans l’assurance? (Voir: http://www.amice-eu.org/ )

    Vous êtes actif dans la gouvernance d’une de ces mutualités?

    2. Vous achetez vos provisions dans une chaîne coopérative de CONSOMMATEURS en France?

    Et vous oubliez maintenant pour toujours les Casino, les Leclerc et autres bandits?

    http://www.nouveauxrobinson.fr/qui-sommes-nous_fr_03.html

    3. Etc?

    Bien à vous!

    JL

    1. Oui, utilisons notre génie créateur, notre liberté d’actions et libérons-nous de la peur. Nous avons tous en chacun de nous une mine à exploiter. La révolution commence au niveau de l’individu. Osons la liberté de penser, d’agir, de créer pour augmenter autant que possible le bien être autour de nous. Il est heureux de constater que le « maître » de ce blog ouvre la voie dans cette direction.

  9. Les tenants de la société de marché …
    Nous sommes tous les tenants de la société de marché,une véritable bande de souteneurs.

  10. Bien sûr, bien sûr.
    Sauf que on ne peut pas, et c’est bien dommage, demander leur avis sur une société
    sans « MARCHé » aux Cubains, qui auraient peur de répondre, ni aux Coréens du Nord,
    y a peu de chances d’en croiser etc…

    1. Dans ce cas, demandez aux Papous, aux aborigènes d’Australie, aux yanomami, etc. Ils n’ont pas peur de répondre mais il faudra vous déplacer vous-mêmes car ils n’ont pas beaucoup envie de venir dans notre société de merde et donc on n’en croise pas beaucoup.

  11. Bonne synthèse.
    C’est amusant on associe toujours les contes aux rêves, mais les contes occidentaux de mon enfance (hormis la Belle au bois dormant et encore c’est surtout la thématique l’homme doit combattre ces dragons et la jeune fille piqué à sang à la puberté doit reconnaitre au baiser son charmant) sont plutôt cruelles (perdre ces enfants dans la forêt, le père qui veut épouser sa fille, une sorcière qui appâte les enfants avec une maison en pain d’épice, etc…).
    Ce ne serait pas plutôt une invention récente: les contes féeriques et cette invention n’est elle pas un moyen d’adulte d’idéaliser les manques de son enfance (et là ce qu’on le temps et l’argent pourront en parler à des psy 🙂 ).
    Puisqu’on est dans l’enfance comme cause première, faut-il mutualisé tout les jouets (les doudous, les jouets fétiches), c’est ça qui m’ennuie quand on utilise le mot « capitaliste » comme exutoire à la sombre destiné humaine, je ne dis pas à raison (mais c’est pas la première fois qu’on le formule, on a même tenter « les premiers seront les derniers », bon on la validé pour le royaume des cieux, comme quoi il avait un peu de bon sens sur le potentiel à court terme 😉 ), mais j’ai toujours l’impression qu’on commence « trop vite » par la fin. Si ayant une liberté (oui je sais instrumentalisé, mais on peut écrire sur ce blog), internet, un savoir de base (compter, lire, écrire avec des fautes 🙂 ) on peut pas faire mieux, c’est même pas jouable de tenter l’idéal.

  12. On ne retrouvera pas l’état de nature -sans « marché » ni « argent »-, ou plutôt si on devait le
    retrouver ce serait une jungle, un « chacun pour soi »‘ après une catastrophe écologique ou
    plus sûrement un conflit mondial. Pas le monde du bon sauvage.

    Aucune société un peu vaste ne peut de passer de marché et d’argent, pas même les communautés monastiques, ou hyppie si c’est plutôt votre référence.
    Evidemment celles-ci n’ont pas besoin de CDS, de trader à 10.000 opérations par secondes !
    Le problème est donc bien une démesure prise par le monde de la finance.

  13. La guerre froide peut être vu comme une escalade entre un système tourné vers la communion de l’objet et l’autre celle de l’esprit. La chute logique de l’URSS a mis à nu la répugnante laideur du système victorieux comme le sont toutes les armes de destruction massive.

  14. Le problème est qu’il n’y a plus de « ruissellement ».

    Le « ruissellement » était assuré par des tranches d’imposition à plus de 80%, comme par exemple aux US encore dans les années 70.

    C’est fini jusqu’à ce que l’on crève les lacs de montagne.

    Bonne nuit.

  15. Analogie entre Dette et Drogue:
    Entre Dette et Drogue, au delà des produits toxiques, l’analogie peut conduire à entrevoir des leviers d’action encore trop faiblement utilisés pour désintoxiquer les responsables politiques de tous bords et de tous niveaux de leur addiction à la dette. Cela pour le plus grand bien de la société et de ses citoyens. A quand ce courage collectif au delà des enjeux partisants et électoraux de court terme ?

    1. j’ai commencé à écrire un autre texte dont le titre est : « le futur du capitalisme c’est la drogue », à la fois dans les modalités (cf votre remarque) mais aussi dans les substances (dopage au travail, jeux videos, etc.). mais hélas je n’ai pas assez de temps actuellement pour creuser l’idée.

    2. Pas le futur et pas particulièrement « la » drogue, mais ses conditions clandestines de valorisation, qui, certes, en rappellent d’autres, légalisées ou en voie de l’être, selon une gradation où le secret est un agent actif de la valeur :
      « On se trompe chaque fois que l’on veut expliquer quelque chose en opposant la Mafia à l’État : ils ne sont jamais en rivalité. La théorie vérifie avec facilité ce que toutes les rumeurs de la vie pratique avaient trop facilement montré. La Mafia n’est pas étrangère dans ce monde ; elle y est parfaitement chez elle. Au moment du spectaculaire intégré, elle règne en fait comme le modèle de toutes les entreprises commerciales avancées. »
      (source) Commentaires sur la société du spectacle, extrait final de la thèse XXIV, 1988.

      1. Bonjour Schizosophie … Le stade spectaculaire intégré respectait la polarité entre l’organisation hiérarchique dominante ( l’État) et l’organisation hiérarchique hypocrite que forment les « Mafias » économique déviantes (1) – tables des travaux publics, prébende et clientélisme communal, etc. La cohésion d’ensemble de ce système de prélèvement redistribués fut assurée par l’image hollywoodienne du « Parrain » sans cesse ripolinée, autant que soigneusement documentée, au cours de ces trente dernières, par le chapelet des ouvrages consacrés aux drogues, armes et médicaments, autant qu’au blanchiment des familles mafieuses de toute les religions et les couleurs « dans l’argent propre de haute volée» .
        Le résultat de cette transformation est maintenant explicite, toutefois, grâce « aux Affaires à la Une », nous échappons à nous questionner, comme fourmis, sur notre participation aux structures hiérarchiques déviantes, si largement distribuées : allez dire à un Grec qu’il est presque aussi clientéliste qu’un Wallon, et vous verrez l’accueil.

        À défaut d’un partenaire bouffé par ses propres « Mafias », le simulacre de confrontation spectaculaire Est/Ouest a pris fin. De même, comme l’a montré Paul Jorion, dépourvue de la contradiction jouée par les représentations marxistes de l’économie, la théorie économique libérale a « tourné folle ». Nous en sommes maintenant au stade du spectaculaire autoréférentiel dans lequel le capitalisme ( la classe authentiquement possédante des titres de propriété sur des actifs tangibles, et non sur des options,ou un yacht qui déglinguera en trois ans ) se légitimiste en se désignant des ennemis puisés dans ses propres troupes et, – comme nous y assistons – met la finance glamour en accusation pour la charger de ses propres péchés, puisque l’opération a arrondi, et continuera d’arrondir, son patrimoine réel.

        L’affaiblissement corrélatif des États pose un problème dans la continuation du rapport social de redistribution opéré par les Mafias en tout genre. L’État centralisait les caisses à partir desquelles établir la chaîne de corruption. Faute de blé concentré, il sera maintenant nécessaire d’opérer à la source.

        La transition – le mot est à la mode – semble devoir être intéressante : soixante hôpitaux grecs sont à vendre.et les citoyens grecs n’ont, pour longtemps, plus les moyens d’une médecine moderne brevetée par des multinationales.

        Nous avons observé comment les Mafias se font par-ci par-là et de plus en plus « aimer des peuples »… à suivre… la stabilité de nos sociétés est au prix de La domination qui vient.

        (1) La multitude des organisations économiques déviantes ne sont pas des mafias au sens technique, mais il est – spectaculairement – utile de banaliser, sous ce nom, les réseaux de déviance économique en les affectant d’un repoussoir de violence imaginaire auquel, bien sûr, elles n’atteignent que peu, ou du moins avec discrétion. Les hommes d’affaires ne sont pas des anges, je sais bien, mais quand même, pas des tueurs

      2. Monsieur Morlie, « mais quand même« , écrivez-vous en note. Charles Waterhouse s’en lave les mains.

        Quant à votre « spectaculaire autoréférentiel« , qui serait un stade, je ne le vois pas venir d’ailleurs que de votre illusion selon laquelle la théorie économique n’était pas folle avant qu’elle se soit nommée elle-même « néolibérale ».

        Votre réponse me fait penser à Bernard Friot auquel vous semblez vouloir vous opposer dans votre commentaire du 27 juillet 2012 à 09:52. Qu’il invente une dichotomie, qu’il nomme « conflit » entre « valeur d’usage » et « valeur économique » (p. 8 du lien que vous avez communiqué) en lieu et place de la contradiction entre « valeur d’usage » et « valeur d’échange », faisant comme s’il était loisible de choisir la bonne valeur au supermarché des concepts en n’impliquant pas que les valeurs d’usage sont le soutien matériel de la valeur d’échange, l’une et l’autre apparaissant exclusives du fait de spécificités liés à « la fonction publique » en fait une pensée qui ne fait que ressembler à celle de Marx, quoiqu’il convoque la lutte des classes. Il en a bien le droit, mais l’honnêteté commande au lecteur averti d’en avertir d’autres. Sans doute est-ce ce que vous vouliez dire par « passer à la moulinette » ses réflexions. Bien.

        Mais il en va de même de votre « spectaculaire autoréférentiel », de quelle fusion de spectaculaires précédemment rivaux vient-il ? De celle du spectaculaire intégré, dans lequel ont fusionné les spectaculaires concentré et diffus, et d’un désintégré ou non intégré dont nul n’aurait rien su, sinon d’une génération spontanée ou d’une mutation ? Cela ne fait que ressembler à du Debord. Vous en avez bien le droit, mais… le capitalisme à d’autres ennemis que ceux qu’il choisit et par lequel il se légitimise et c’est contre eux qu’il les choisit.

        La disparition si rapide du vocabulaire préexistant n’est qu’un moment de cette opération. Elle la sert.

        (in Commentaires sur la société du spectacle thèse XI)

      3. @ Schizosophie,
        Je vous remercie de vos réponses. Pour l’Union Minière , il y a peut-être une ambiguïté, lorsque j’utilise en italique « je sais bien, mais quand même », c’est une allusion au mécanisme « Quesalid » : – oui nous savons bien que ce sont aussi des tueurs, mais nous préférons faire comme si ce n’était pas vraiment le cas .

        Je pense que la problématique soulevée par Bernard Friot est au cœur du débat de société, mais qu’il ne s’agit pas pour autant de l’avaler toute crue. Votre critique me semble juste; pour ma part j’aborderais ces questions sous l’angle du Miroir de la production ( Baudrillard), je renonce toutefois à discuter de tout cela sur le mode « d’un fil de blog ».

        Pour mon « Canada dry », je crois sincèrement que s’il eut désiré vivre encore, Debord aurait reformulé ses thèses, il me semble (à deux reprises) avoir annoncé cette nécessité et par là, y avoir invité. Les données de la mise en scène spectaculaire ont changé, en effet la disparition de l’URSS et de l’opposition « marxiste » en économie, obligent, pour que le spectacle continue, à l’invention d’un nouvel adversaire. Personnellement, c’est de cette façon que j’analyse la fin spectaculaire de la « finance glamour » telle que nous la content les grands magazines. Le terme « spectaculaire autoréférentiel » convient.

  16. c’est aussi par là qu’il faut la démystifier et c’est aussi à ces rêves qu’il faut répondre.

    On ne remplace pas une légende par une critique mais par une autre légende.

  17. @ Cadavre exquis

    Bonjour,
    Je vois vois déambuler sur le boulevard des commentaires. Je me permets de vous héler.
    Vous m’avez, il y a peu de temps, traité de fumeur d’herbe (ce qui, planqué derrière mon pseudo, ne me dérange pas), mais vous avez traité René Thom de dangereux psychopathe, ce qui a fait réagir celui qui était caché derrière ce pseudo. Et cette réaction a été, je crois, celle d’un philosophe ou d’un musicien auquel on aurait dit qu’Aristote ou Mozart en était un. Et j’ai fait dans votre dos des commentaires peu amènes. Après quelques temps voilà où j’en suis de ma réflexion.

    Je crois très intéressante cette approche qui consiste à comparer la qualité d’un discours avec le comportement psychologique de celui qui l’énonce. Dans « Comment la vérité et la réalité furent inventées », Paul Jorion se lance dans cet exercice. Mes compétences en psychologie sont nulles, aussi je me garderai de les commenter. Je n’ai pas connu René Thom, mais ce que j’ai lu de ceux qui l’ont fréquenté il ressort que c’était quelqu’un de profondément humain, qui était dans la vie de tous les jours exactement ce qu’il était dans son activité savante.
    On connait la prétention intellectuelle des Newton et consort. Voici ce que dit René Thom: « Finalement le choix des phénomènes considérés comme scientifiquement intéressants est sans doute très largement arbitraire. La Physique actuelle construit des machines énormes pour mettre en évidence des états dont la durée de vie est infime. […] Quantité de phénomènes familiers (au point qu’ils n’en attirent plus l’attention!) sont de théorie difficile; par exemple les lézardes dans un vieux mur, la forme d’un nuage, la chute d’une feuille morte, l’écume d’un bock de bière… Qui sait si une réflexion mathématique un peu plus poussée sur ce genre de petits phénomènes ne se révélerait pas, finalement, plus profitable à la science? »

    Par ces jours de grande chaleur, comment pouvez vous oser traiter de psychopathe quelqu’un qui médite sur l’écume d’un bock de bière?

    1. Je vais faire court parcequ’il faut que je retourne à la plage.

       » toute grande philosophie est la confession de son auteur  » (Nietzsche). Pour Thom, je n’en sais rien, je n’en connais que ce vous en racontez. Il se pourrait que l’invention de la vérité et de la réalité objective soit à interpréter comme l’autobiographie de Paul Jorion.

      1. @ Cadavre exquis

         » Pour Thom, je n’en sais rien, je n’en connais que ce vous en racontez ».

        Vous n’en savez rien mais vous le traitez de dangereux psychopathe…
        Bonne bronzette! 🙂 🙂

        Sinon je suis d’accord avec vous concernant PJ: pour moi un indice très favorable.

  18. Changer de paradigme? Ok mais comment?
    Je voudrais partir d’une bribe de réponse d’El Jem à Marlowe (cf. plus haut dans la file):
    « J’essaye de leur [les lecteurs] indiquer qu’ils ont des « lunettes sur le cerveau » et que s’ils les enlevaient (ce qui est très difficile) ils verraient peut être le monde différemment. »
    Il est effectivement, je crois, très difficile, d’enlever les lunettes qu’on a sur le cerveau. J’ai bien aimé le commentaire de Delphin:
    « Cette remarque parce que les tenants de l’idéologie capitaliste ont la croyance chevillée au corps que leur conviction n’est pas une idéologie (représentation à caractère politique du monde). »
    Auquel j’ai répondu:
    « Bien dit! Je pense même que votre assertion a une portée générale, valable pour toute idéologie. Presque gödélien! »

    Oter les lunettes qu’on a sur le cerveau c’est réfléchir à la manière que l’on a de réfléchir, penser à la manière que l’on a de penser. Pas simple! Essayons.

    La pensée occidentale a été profondément influencée par le syllogisme (Socrate < homme < mortel). Notre logique actuelle en découle (elle a été formalisée -et est encore en cours de formalisation- par Tarski, Gödel, Boole, Heyting, Kripke, etc.). Il s'agit d'une logique déductive, d'une catalogique. L'analogique (l'antinomique du catalogique) a été expulsée de la sphère du raisonnable (comparaison n'est pas raison), nos sens également (nos sens nous trompent). La part analogique de la logique aristotélicienne (les proportions, le moyen terme) a été ignorée depuis la coupure galiléenne. Par sa théorie des catastrophes, qui est une théorie de l'analogie, René Thom renoue en la prolongeant avec cette partie de la logique aristotélicienne. Sa théorie (si on l'accepte) nous permet de considérer le raisonnement analogique comme raisonnable dans le contexte du conflit. Comme le conflit est universel (Héraclite, Darwin, les néo-lib,…) la portée du raisonnement analogique devient universelle.
    L'analogique est, par essence moniste, elle s'intéresse à ce qui est commun aux choses, alors que la catalogique est par essence dualiste, elle s'intéresse à la différence entre les choses. L'économie et la politique sont typiquement des lieux de conflits qui s'agit de tenter de résoudre (et il semble évident que la pensée analogique est utile pour les résoudre!). Le moins qu'on puisse dire est que la manière actuelle de résoudre ces conflits est inadéquate et que l'enfermement idéologique de nos élites leur interdit de pouvoir penser une autre manière de la résoudre (et ils ont le culot de nous vendre qu'il n'y en a pas d'autre -TINA). A la hache, la pensée "de droite" est d'abord catalogique (l'ordre d'abord) alors que la pensée "de gauche" est (devrait être) d'abord analogique (l'équivalence d'abord). Peut-être l'impulsion thomienne pourrait-elle aider "la gauche" à avoir une pensée plus originale? Le centre en politique est le moyen terme d'Aristote ou, ama mieux encore, le centre organisateur de Thom (Bayrou aurait peut-être mieux fait de les lire (ou relire) avant de se lancer dans le vide).
    En économie le dogme dominant assure que le conflit est celui de l'offre et de la demande. Paul Jorion s'appuie sur la théorie des proportions d'Aristote pour dire que le conflit est celui entre positions sociales (réelles ou fantasmées -ama "évidemment" fantasmées dans le merdier déstructurant actuel). Je suis dorénavant profondément convaincu du bien fondé de la vision de PJ et ce en grande partie grâce à l'inlassable insistance de Kercoz qui cite inlassablement Goffman à propos de la très grande rigidité des comportements sociaux [depuis que je me suis mis ça en tête, je ne peux que constater l'incroyable rigidité comportementale des participants de ce blog, moi le deuxième (Kercoz étant, pour la raison précitée, premier, quasi hors concours! :)].

    Je n'y connais rien en économie et en finances. J'ai cependant été frappé par ceci: le mot peut-être le plus employé en finance est le mot "%", mis à toutes les sauces. Un pourcentage est un ratio, une raison. Il est donc important ama de savoir si les ratios des financiers sont raisonnables et si les façons qu'ils ont de résoudre les conflits financiers l'est.
    Et que faire d'autre à ce sujet sinon de repartir des théories des proportions et du moyen terme d'Aristote. On y découvrira l'importance de la structure (qui renvoie au structuralisme de Lévi-Strauss et à la stabilité structurelle de Thom). Dans le cas de deux actants et le contexte de l'addition la situation sans contrainte est claire et le conflit se résout par la demi-somme (sous contrainte, c'est déjà plus compliqué, le conflit étant un rapport de force, l'un des deux actants peut tout prendre). Dans le cas de plusieurs actants la situation devient rapidement très compliquée lorsqu'on cherche un moyen terme sous contrainte structurelle (ce que l'on fait, éventuellement inconsciemment, puisqu'au fond de nous, nous cherchons à préserver (ou améliorer) notre position sociale). Il est alors manifeste, dès trois actants, que le moyen terme n'a aucune raison d'être la moyenne des trois nombres (le conflit à trois actants est, dans la théorie des catastrophes, représenté par la catastrophe "queue d'aronde". Ce qui précède pose le problème de l'intelligibilité de la statistique (fille de la moyenne) et, par suite, de la pertinence de son utilisation en finance (et ailleurs…).

    Dans la séquence "Socrate, homme ,mortel", la catalogique, issue du syllogisme aristotélicien, permet de penser ce qui les distingue. L'analogique permet de penser ce qui les rassemble. Et, grâce à sa théorie des catastrophes, René Thom conclut qu'il y a quelque chose de commun à Socrate, homme et mortel:
    "Les situations dynamiques qui régissent les phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l'évolution de l'homme et des sociétés".

    Ainsi, selon la sensibilité de chacun, on peut privilégier l'approche catalogique (down/up) ou l'approche analogique (up/down) pour penser le monde. Et je pense bien entendu que si l'on veut créer une société stable, il vaut mieux penser ce qui rapproche avant ce qui divise.

    Je suis avec une grande attention les commentaires des femmes de ce blog (même si je n'y réponds pas toujours). La lecture aride que les logiciens modernes ont faite du syllogisme aristotélicien est en train de considérablement s'enrichir sous l'impulsion, entre autres, de Paul Jorion (qui voit la génèse des mots par une dynamique d'affect; cf. par ex. "Principes des systèmes intelligents"). Remettre de l'affect dans les mots, oser affirmer que ce que nos sens nous disent est raisonnable, oser faire des analogies, voilà qui devrait aider à libérer la parole de certains et, peut-être surtout, de certaines.
    Perso je crois que non seulement nos sens ont raison, mais qu'en fait ils sont raison. Je pense, j'espère, que les théories de Thom et de Jorion (qui, pour moi, ont la même vision du monde, cad sont dans le même paradigme) aideront à la libération de la parole, en particulier la libération de la parole féminine. L'avenir nous dira si c'aura été une catastrophe. 🙂

  19. Triste constat: ce paradigme du capitalisme a volé , mon bien le plus précieux : ma vie; pour survivre j’ai dû renier mes plus profondes convictions de ma jeunesse: ne pas se laisser enchainer par ce système :l’esclavage par le salaire.

  20. Je vois que la file remonte à la surface. Je voulais justement dire un mot sur ce qu’est un paradigme. Mon œil à été accroché par Lewis Caroll. J’en dirai donc deux.
    Un paradigme est une vision du monde. Pour moi un véritable philosophe est quelqu’un qui a une vision du monde. Tout le monde est donc philosophe. Il y a cependant une hiérarchie, véridique ou usurpée. Le temps est important, plus la philosophie résiste au temps, plus elle a des chances d’être importante. Ainsi la philosophie grecque. Une hiérarchie s’instaure. Aristote et Thom n’ont pas le même point de vue. Thom voit les choses à la manière d’Einstein alors qu’Aristote la voit plutôt (je crois…) à la façon de Mach. Ils ont donc des points de vue différents mais je suis convaincu qu’ils sont dans le même paradigme, comme une même statue vue de face et de dos.

    Thom: « il faut être philosophe en science et scientifique en philosophie. »
    Héraclite: « le soleil a un pied de large »
    Selon Tigue (si j’ai compris) pour Héraclite un concept et son contraire font un, indivisible. Les concepts de dessus n’ont pas de sens. Un plan sens (sans?) dessus (ni) dessous est ce que les matheux appellent un plan projectif cher à Lacan (cross-cap, surface de Boy).
    J’imagine Héraclite allongé sur la plage et levant le pied pour se cacher du soleil. Vision conique de sommet l’oeil, projective.
    Il nous faut former des tandems.

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