COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Une nouvelle chaire à la VUB plaide en faveur d’une finance au service de la communauté

Bruxelles, mercredi 12 septembre 2012

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Une nouvelle chaire à la VUB plaide en faveur d’une finance au service de la communauté

« Stewardship of Finance » est l’intitulé d’une nouvelle chaire dont l’initiative revient à la Vrije Universiteit Brussel et à six grandes compagnies d’assurance. La chaire étudiera comment la finance peut se mettre au service de la communauté. Paul De Knop, recteur de la VUB, considère en effet essentiel que le secteur financier soit examiné dans une perspective éthique : « La crise financière actuelle souligne qu’une réflexion morale est aujourd’hui indispensable. » Le célèbre anthropologue belge Paul Jorion fera débuter au mois d’octobre la série de 15 leçons qu’il a été invité à donner à ce sujet durant l’année académique 2012-2013.

La chaire « Stewardship of Finance », dont la durée initialement prévue est de cinq ans, se consacrera à l’enseignement comme à la recherche. La Vrije Universiteit Brussel a reçu le soutien financier de six compagnies d’assurance aspirant à déployer leurs activités d’une manière responsable et durable. La leçon inaugurale de la chaire se tiendra le jeudi 4 octobre. Les doctorants étudieront la thématique d’une finance au service de la communauté dans la perspective d’un ensemble de disciplines telles que l’économie, le droit, la philosophie, les mathématiques et l’actuariat. La recherche entend ouvrir des perspectives neuves concernant une finance éthique, en particulier dans le domaine de l’assurance et de la gestion financière.

La chaire repose sur deux piliers : la recherche et l’enseignement. Par le biais d’une série de leçons, les étudiants de différentes disciplines apprendront à réfléchir dans la perspective d’une finance au service de la communauté, connaissances qu’ils pourront appliquer par la suite s’ils travaillent dans le secteur financier. Des professeurs de l’ULB se joindront également au projet et inciteront leurs étudiants à assister aux cours.

Paul Jorion

La chaire a fait appel à Paul Jorion. Le célèbre anthropologue a travaillé pendant dix-huit ans dans le secteur financier en Europe et aux Etats-Unis. Il est chroniqueur dans le cadre du supplément économique du quotidien Le Monde, publication de réputation mondiale. Son livre récent ‘Le Capitalisme à l’Agonie’ a suscité un intérêt international. Paul Jorion a notamment enseigné à l’Université Libre de Bruxelles, à Cambridge et à Paris VIII. Durant l’année académique 2012-2013, il dispensera soixante heures d’enseignement en tant que professeur invité. Les cours auront lieu à la Vrije Universiteit Brussel, le jeudi à 15 heures. À cinq reprises durant l’année académique 2012-2013, la leçon sera suivie d’une table ronde à laquelle participeront des panélistes belges et internationaux. De nombreuses autres conférences seront organisées dans le cadre de la chaire.

Présidence

La présidence de la chaire est assurée par Michel Flamée, professeur de droit économique et financier, également mandataire spécial en charge du contrôle des assurances et auditeur à la Banque Nationale de Belgique. Le Prof. Koen Byttebier de la faculté de droit et de criminologie, sera responsable de la coordination globale avec l’ensemble des partenaires et des facultés associées. Le projet bénéficiera également d’une contribution active de l’ULB.

Assureurs

Les six compagnies d’assurance parrainant la chaire sont AG Insurance, Allianz, Baloise Insurance, Belfius Insurance, Ethias et Groupe P&V.

Paul Jorion fera la leçon inaugurale de la nouvelle chaire le jeudi 4 octobre à 15 heures. Il répondra à la question “Why Stewardship of Finance ?” Cette leçon se tiendra sur le campus Etterbeek de la Vrije Universiteit Brussel, dans l’auditorium Q. (Concernant ce lieu :
http://www.vub.ac.be/infoover/campussen) Les journalistes ainsi que toute autre personne intéressée, seront les bienvenus.

Informations quant au contenu du cours :

Paul Jorion, 0033 6 27 25 63 35, pauljorion@gmail.com

Informations relatives à la chaire elle-même :

Koen Byttebier, 0477871061, koen.byttebier@vub.ac.be

Contacts presse Vrije Universiteit Brussel

Sicco Wittermans, tél. 02-629 21 37 ou 0473-96 41 37
Sicco.wittermans@vub.ac.be

Partager :

295 réflexions sur « COMMUNIQUÉ DE PRESSE : Une nouvelle chaire à la VUB plaide en faveur d’une finance au service de la communauté »

  1. Ah tiens, des groupes d’assurance en parrains. C’est gentil ça. Sans eux, ça n’aurait pas été possible je suppose. Je ne suis pas très surpris…

      1. Ben finalement l’un dans l’autre, ça finit par se comprendre oui. Non mais bon, vous allez les convaincre les parrains et leurs collègues qui en parrainent d’autres, pas de doute. Je vous crois sincère, c’est déjà ça…

        1. Des représentants de ces diverses compagnies d’assurance viendront exposer leur point de vue à l’occasion des différentes tables-rondes associées au cours, et que je présiderai. Je présenterai également les conférenciers lors des conférences associées au cours (que du beau monde !). Le calendrier complet en sera présenté bientôt.

      2. Nicks
        12 septembre 2012 à 15:47
        Perdu d’avance. Pas d’autre commentaire, par politesse…

        De la (Jean-)Lucidité, de la discrétion, du concis. Voilà des révolutions coperNicksiennes comme on les aime.
        Peut mieux faire et mieux dire encore (respectivement rien et que tchi).

    1. Ben moi ça m’a surpris, car je croyais que ce serait financé par l’université elle-même, cad par les contribuables belges. En revanche, l’intérêt des assureurs n’a rien de surprenant : ils ont besoin que le monde soit prédictible, c’est-à-dire que les évènements y satisfassent leurs calculs statistiques. La malhonnêteté leur faisant courir des risques cachés, donc impossibles à prendre en compte, elle est leur ennemi numéro 1.

      1. @ Crapaud Rouge

        “ils ont besoin que le monde soit prédictible”

        Ils ne vont pas être déçus du casse-croûte! 🙂

      2. Ben moi ça m’a surpris, car je croyais que ce serait financé par l’université elle-même, cad par les contribuables….

        Ouais c’est ça. Dans quel monde (mare) tu vis Crapaô ? Té j’suis sûr que dedans ton monde c’est les zoyeux militants du genre au Proc Nicks qui lui ont payé sa campagne au Jean-Lumière hein ? Voire qu’il a vendu sa p’tite résidence secondaire pour boucher les trous le Jean-Lux ? Ben non au mois d’avril il est allé quérir une p’tite rallonge d’un million d’euros à ces « parasites » de banquiers avec ses sondages mirobolants (ceux dans Les Échos) sous le bras en guise de garantie béton. Eh oui mon Crapaô ça s’passe comme ça chez MacDonald.

      3. @Crapaud

        Vous voyez, on y voit de plus en plus clair très rapidement chez certains. Comme si le sponsoring était obligatoire, un cours universitaire comparable à une campagne (c’est une émission de télé ou quoi ?) et un généreux mécénat équivalent à un crédit ? Ca se passe comme ça en effet, dans une certaine logique…

      4. L’art du sous-entendu, “inspecteur” Nicks.

        Ça vous gêne pas trop aux entournures le procès d’intention à deux balles ?

        Vous voulez connaître la différence : Paul, on est venu le trouver pour diriger cette chaire, et il a pu imposer ses conditions. JLM, il est allé trouver les banques, et ce sont elles qui lui ont imposé leurs conditions pour financer la campagne où il leur taperait sur le bec.

        Alors effectivement, le parallèle s’arrête là et vos innuendos puants avec.

        1. @Alexandre

          Je pensais naïvement (comme quoi) qu’on lui avait au contraire imposé les sponsors. Navrant…

          Evidemment que ce n’est pas Paul qui a choisi ni d’avoir des sponsors, ni les sponsors. Mais c’est lui qui a déterminé, avec le président de la chaire Michel Flamée, les conditions d’exercice du point le plus important : l’enseignement.

          Pour le reste, ici.

      5. Rappelle toi mon Proc de Nicks, j’te l’avais dit dans ces eaux là qu’il fallait allonger les biftons pour ton candidat Baygon Rougeâtre anti-parasites. Voilà c’qu’arrive quand on met pas son larfeuille en accord avec sa grande langue. On va voir un « parasite » éthique ou pas trop anti anti-tique…
        T’étais prévenu. J’aime bien manger froid.

      6. Mouais, ca appelle plusieurs commentaires quand meme 🙂

        Premierement, que cet exemple a l’appui il faut eviter de jeter automatiquement un evenement a la poubelle en fonction du sponsor. Apres une petite recherche sur le blog je pense que ca servira de lecon a pas mal de commentateurs: c’est parce qu’on a confiance en la probité du maitre des lieux qu’on peut regarder le nom de ces grandes entreprises sans s’emouvoir.

        Deuxiemement, que cela parait ironique que des acteurs financiers soignent leur image par le truchement d’une chaire tenue par Mr Jorion qui a recemment souligné le fait que le recent soin apporté a leur image par des groupes financiers etait un signe de l’inquietude de ces derniers…(houla trop longue ma phrase)

        Troisiemement, quand meme, que ca m’a fait un petit choc de decouvrir ce fait. Mr Jorion est le reintroducteur de la definition large du rapport de force dans la science economique. Y a t-il manifestation plus patente d’un rapport de force que le sponsoring ?

        1. Nicks. Toi pas comprendre français ? Toi aller faire procès d’intention ailleurs, comme indiqué dans poste plus haut. Toi pas bien placé pour donner leçons ni de morale, ni d’éthique, Monsieur “il faut établir des rapports de force” qui nie aux autres la capacité de le faire.

      7. @Alexandre

        Mais ça n’a rien à voir avec l’éthique ça, le fait que je dise pourquoi à mon sens, cette démarche est contre-productive. Et une discussion sur le sponsoring pourrait être intéressante dans ce sens là. Créer des rapports de force en y associant ses adversaires, quand il s’agit d’une structure aussi puissante que la finance, c’est ambitieux tout de même.

        Et pour la forme, je persiste à penser qu’il y a une nuance de taille entre prendre un crédit, dont le retour profitable est l’intérêt (c’est ça la condition) et accepter des sponsors dont on sait bien qu’ils ne sont jamais désintéressés, sans vraiment bien savoir ce qu’ils comptent en retirer (mais bon tout de même). Encore une fois, je ne dis pas que Paul Jorion se compromet, mais que la structure sera plus bien plus forte, c’est tout.

        La question que je posais donc était : était il indispensable pour l’Université de faire appel à ces sponsors. N’y a t’il pas une légère contradiction entre la promotion de ce cours et la démarche de l’Université ?

      8. Reiichido
        “Premièrement, que cet exemple a l’appui il faut éviter de jeter automatiquement un événement a la poubelle en fonction du sponsor. Après une petite recherche sur le blog je pense que ça servira de leçon a pas mal de commentateurs: c’est parce qu’on a confiance en la probité du maitre des lieux qu’on peut regarder le nom de ces grandes entreprises sans s’émouvoir.

        Nicolas Hulot a été caricaturé puis laminé par ses ennemis. Ceux-là n’ont eu qu’à récolter ce que ses amis adversaires férus de perfectitudes et d’absolutisme désincarné avaient semé. Il n’était pas pur, il n’était pas honnête, il n’était pas innocent. Malhonnête Il était coupable de compromissions irréalistes. Aujourd’hui ses ex-amis au pouvoir font des compromis. A ce niveau, eux ne sont pas coupables, ils sont pragmatiques, responsables. Honnêtes ?

        La confiance et l’estime, vont, viennent, au gré des suspicions larvées. Les suspicions sont une affaire entre soi et soi. Un complot intime en quelque sorte. Elles sont un risque zéro d’aimer. De fait ça tombe bien, l’amour n’existe pas….
        Merde Paul. Et surtout surtout prenez beaucoup de plaisir à cet enseignement et amusez-vous bien.

      9. “Celui qui fait confiance n’est trompé que de temps en temps ; celui qui ne fait pas confiance l’est à tout coup : quand on le trompe et qu’il le sait, quand on ne le trompe pas et qu’il se croit trompé.”
        Arthur Schnitzler

      10. Une réécriture avec extension du pari pascalien la maxime de Schnitzler, Renou. Voire du pur incantatoire « N’ayez pas peur ! » jeanpauliste standard – repris par Benoit 16 hier à l’intention des chrétiens d’orient…

    2. Pour une finance au service de la communauté? celle du capital ou celle du travail?
      Pour celle du travail quelques articles conseillés par ATTAC
      http://www.alternatives-economiques.fr/pourquoi-l-europe-va-dans-le-mur_fr_art_633_59809.html

      Ch.Chavagneux:
      http://alternatives-economiques.fr/blogs/chavagneux/2012/07/23/26-000-milliards-de-dollars-dissimules-dans-les-paradis-fiscaux/#more-290

      http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article12581:

      Les ultra-riches disposant au minimum de 15 millions de $ en actifs financiers sont moins de 100 000 dans le monde mais disposent, sur leur différents comptes en numéraire et en actifs financiers, de plus de 15 000 milliards de dollars.
      Pour comparer le PIB des pays à bas et moyen revenus (indicateurs Banque mondiale 2011) est d’à peine plus de 16 000 milliards de dollars ; ces pays comptent près de 5,7 milliards d’habitants.
      Et le ratio est de 5, 7 milliards sur 100000= 57 000 à 1.

      http://www.france.attac.org/archives/spip.php?article12679
      auteur-e(s) : Jacques Cossart
      Condamnez les tous, le marché reconnaîtra les siens !
      Mais à combien donc de scandales, de prédations, de ravages, d’écrasement et de dévastations faudra-t-il encore assister avant que le souffle des peuples balaie les quelque milliers de prédateurs, guère davantage, à l’origine de tout cela ?

      1. en Pluzz (pendant 6 jours) pour ceux ou celles qui ont raté :
        Argent sale, le poison de la finance
        http://www.pluzz.fr/argent-sale-poison-de-la-finance.html
        j’espère que ce n’est pas un “hoax” !!

        Banques et paradis fiscaux : le CCFD-Terre Solidaire fait le point dans un nouveau rapport
        Que s’est-il passé depuis 2009, année où les pays du G20 déclaraient la guerre aux paradis fiscaux et où les banques françaises annonçaient qu’elles se retiraient de ces territoires
        http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/d/doc_2896.php

        « La crise financière actuelle souligne qu’une réflexion morale est aujourd’hui indispensable. »
        Monsieur Paul Jorion : vous avez du pain sur la planche, l’argent du crime existe bien…heureusement nos plages bretonnes vous serons un réconfort

      2. les rapports de la Commission d’enquête du Sénat présidée par Bocquet est disponible :
        http://www.senat.fr/notice-rapport/2011/r11-673-1-notice.html
        http://www.senat.fr/notice-rapport/2011/r11-673-2-notice.html
        Rapport de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale – vidéo 5′
        http://www.dailymotion.com/video/xse5ht_rapport-de-la-commission-d-enquete-sur-l-evasion-fiscale_news?start=107

        un bon article aujourd’hui sur Médiapart :
        Combattre la mafia de l’évasion fiscale
        http://www.mediapart.fr/journal/international/110912/combattre-la-mafia-de-l-evasion-fiscale

  2. ALERTE – La justice allemande autorise les mécanismes de sauvetage de l’euro

    “KARLSRUHE (Allemagne) – La Cour constitutionnelle allemande a autorisé mercredi l’adoption par Berlin des derniers mécanismes de sauvetage de la zone euro, levant une incertitude majeure sur la gestion de la crise financière.

    Les huit juges suprêmes ont donné leur feu vert au président allemand Joachim Gauck pour signer les textes de loi sur le futur fonds de secours MES et le Pacte de stabilité. Ils ont cependant exigé que toute hausse de la participation financière allemande au capital du MES soit soumise à un vote positif du Parlement à Berlin.

    1. C’est quasi exactement le pronostic du Monde dont je parlais hier, et que je cite à nouveau : “Reste une solution intermédiaire : une approbation sous condition. C’est-à-dire en bordant les possibilités d’emprunt du MES ou en renforçant les droits du Parlement allemand. Ce serait dans la droite ligne des décisions de la Cour de Karlsruhe en matière européenne.

  3. Effectivement le pedigree des parrains laisse une sensation étrange…

    “La Vrije Universiteit Brussel a reçu le soutien financier de six compagnies d’assurance aspirant à déployer leurs activités d’une manière responsable et durable”… oxymore ?

    1. @ C Assayag

      Je me permets de renvoyer au billet “Mauvaise économie, mauvaise politique”, commentaire 31.

      Il va falloir que PJ apprenne à retourner les crêpes avec assurance! Il a heureusement longtemps vécu en Bretagne… 🙂

    2. Jorion, tu le sais mais j’le dis kamême, t’auras plus de facilité à évangéliser tes étudiants et tes parrains que tes pseudo-fans.

    1. Cher Lazarillo, ce que vous écrivez est tout à fait remarquable cependant trois choses au moins sont plus importantes :
      1) Harlem Désir va enfin devenir le prochain premier secrétaire du PS. Ô joie pure infinie !
      2) L’iPhone 5 sort demain. Ô incommensurable félicité !
      3) Il pleut et donc La Vigne a à nouveau tout le temps nécessaire pour remplir son rôle de prévôt de la maréchaussée. Ô miséricorde !

      1. ce que vous écrivez est tout à fait remarquable

        …et en plus cela donne un sens à votre pseudo 🙂

      2. Vous voyez juste mon ami. Mon pseudo trahit un goût un peu trop prononcé pour le nihilisme ainsi que l’affection portée à l’oeuvre de Charles Bukowski. Mais ce n’est rien.

  4. à une époque ou certains fantasmes de risque zéro se sont envolés, on comprends que ça puisse intéresser les assureurs, peut être même au delà de leur image. Le tout probablement déductible de leurs impôts.
    Il y a pire comme carte.

  5. http://www.bloomberg.com/quote/BDIY:IND/chart

    Fatidique 662, en dessous du minimum de Sept 2008, qui était de 663

    4 ans pour en arriver là ! Du surplace, pas un iota d’amélioration.

    Et maintenant le double dip, on va y avoir droit…. Ah, la courbe en U, en V, en W, Ah les cycles, Ah Keynes, Kondratiev, Il y a tant de cycles, depuis Platon qui ne jurait que par cycles.

    Certains feraient mieux de relire Tractatus Logico-Philosophicus, proposition 7

    http://en.wikipedia.org/wiki/Tractatus_Logico-Philosophicus

    7. Whereof one cannot speak, thereof one must be silent.

    Les économistes auront tout compris, sauf la mondialisation elle-même, à la fois centre et horizon de leur univers.

    Tout ce qu’on aura entendu comme stupidités ces dernières années pourrait être empilé au même titre que les milliards de billets vert d’ici à la lune.

    Courbe en W ? mais oui… en U ? mais bien sûr… en L, ah mais oui, – of course. Dommage d’avoir payé ses études si cher.

    Tout ça parce que les économistes ne sont pas formés à Kant, c’est à dire n’ont pas le bagage philosophique nécessaire qui leur permettrait de prendre du recul par rapport à leur domaine, et à leur pratique.

    Enfin parait-il que déjà en 1999-2000, à SGH en Pologne, à Varsovie, grande école de commerce, les profs savaient qu’on irait vers une crise de type 1930.

    Je ne pense pas que le BDI va remonter, et si on n’aide pas vigoureusement l’économie réelle, ça va aller très mal.

    1. Tiens, cette affirmation “c’est nous qui le premier …” des économistes polonais (sources?) me rappelle la polémique sur la part respective des matheux polonais et d’Alan Turing dans le déchiffrement de la machine à code Enigma en 1939-1940. Un universitaire polonais m’a affirmé que Turing n’y étais que pour très peu. N’ai pas encore interviewé un sujet de sa majesté pour avoir l’autre son de cloche…

    2. Pour les bagages en éco, la sélection est faite volontairement : soit tu te prostitues, soit tu es un idiot, soit tu es un rêveur, soit tu es un convaincu. Peut-être qu’au niveau du financement, il y a comme qui dirait un hic…Ce n’est pas un hasard !
      Le niveau d’une maitrise de gestion (+4 en fac d’éco il y a 20 ans) est l’objet de fou rire à vous couper le souffle. Certains ne connaissent toujours pas M.Friedman ! Pour vous dire…..
      Mais ne faisons pas les hypocrites, car les conditions d’attribution des diplômes sont grotesques. Entre les conflits d’intérêt, la triche et j’en passe, nous avons un juste reflet de la société.
      Le système éducatif est un diamant qu’il aurait fallu protéger des prédateurs. Et je pense que le rôle de l’enseignant est de plus en plus compliqué car l’école n’est plus le garant de l’égalité des chances. Tout est devenu une histoire d’argent à quelques exceptions près.

      ps: évidemment qu’il y a 20 ans, certains ont tenté d’alerter mais ont été écartés.
      Sans doute mes origines polonaises 🙂
      Il faut bien venir de quelque part (tout en pensant à Copernic sans polémique)…

  6. Une finance au service de la communauté.

    De quelle communauté s’agit-il au juste ?

    Le terme “communauté” a une grande dimension politique en Belgique. Il est difficile de ne pas penser au rêve que nourrit la communauté flamande de pouvoir gérer en toute autonomie sa finance.

    Une finance au service de la communauté, cela s’appelle de la philantropie. Des financiers devenant des philantropes ?

    1. La philanthropie caractérise mal ce qui serait une finance au service de la communauté car on suppose alors que c’est seulement de la bonne volonté individuelle des financiers, ou une petite partie d’entre eux, que viendrait le salut. La philanthropie s’apparente au patronage, c’est à dire aux bonnes oeuvres comme celles financées via les fondations par de riches entrepreneurs ou sociétés. Mais l’environnement dans lequel ils évoluent et prospèrent reste inchangé, il est celui de la compétition, de la guerre économique à laquelle ils participent eux-mêmes dans leurs business. La figure historique de la philanthropie c’est le patronage, pas de quoi transformer en profondeur notre monde, ce qui est pourtant devenu une nécessité absolue, simple question de survie de l’humanité.

      La finance au service de la communauté n’a de sens et de réalité que si c’est l’ensemble des acteurs financiers qui changent leurs pratiques. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Paul Jorion propose une constitution pour l’économie. Il s’agit bien de constituer un nouveau monde de l’économie avec ses nouvelles règles valables pour tous et au bénéfice de tous.

      1. Bien dit, Pierre-Yves. La philanthropie est une aumône qui soulage le nécessiteux sans le tirer de la nécessité de mendier. Le philanthrope n’entend pas réduire la distance qui le sépare de l’indigent ; mieux, le geste spectaculaire du philanthrope (la vraie charité, la vraie générosité est discrète et muette) lui confère une aura qui renforce son statut supérieur et l’égale même à Dieu prodiguant sa manne aux Hébreux. Le philanthrope fait en sorte qu’on lui soit redevable. Son effort ne méritera l’estime du pauvre que s’il l’enrichit de tout le superflu qu’il possède. Mais même en ayant mis au même niveau du nécessaire leurs fortunes respectives, le philanthrope ne pourra se glorifier que d’avoir été juste. Il ne commencera d’être généreux et grand qu’en entamant son nécessaire.

      2. C’est du bon vieux clicheton étiré comme du chamallow grillé là BRL. Pas très heureux pour une fois le post.
        Court : Philanthropie ?« Tel est mon bon désir ! »

      3. ah non, c’est pas une première, brl fait souvent dans le syndrome de stockholm, genre l’exemple vient de la base qui ‘innerve le sommet’ (de la pyramide sociale) car ‘La purge entamée par le haut atteint rarement les fondamentaux de l’injustice’… dans l’absolu l’a pas tort. mais que dans l’absolu.

      4. @Vigneron. Laissez-moi le temps d’arriver à votre formule éclair par le chemin guimauvesque de mes circonlocutions moralisatrices. J’ignorais, en passant, qu’il fût si commun de dénigrer une philanthropie qui a pris la relève d’une charité chrétienne rédemptrice, le rachat étant orchestré non plus par l’Église mais par l’État, qui cherche par là à corriger à moindres frais l’impact du démantèlement des services publics sur le corps social. Au vu des encouragements que reçoivent de nos dirigeants de si impeccables et désintéressés philanthropes que Warren Buffet le régaleur ou Bill Gates le pontonnier, j’avais comme des remontées de La Rochefoucauld (le moraliste, pas le philanthrope) : “Quand on croit servir les autres, on ne fait que se servir à travers eux.” Je ne pense pas me tromper, d’après ce que je sais des animateurs des Sociétés philanthropiques d’autrefois, sur la nature de l’engagement philanthropique : il s’agit d’un libéralisme corrigé et pas d’un libéralisme réformé. À Arthur Young qui écrit que “les classes inférieures doivent être gardées pauvres, sinon elles ne seront jamais industrieuses”, un philanthrope tel que Gerando répond qu’il faut que “pour le pauvre, l’existence ait un certain prix, si vous voulez qu’il se préoccupe de ses moyens de la conserver. Ouvrez-lui quelques perspectives favorables, si vous voulez qu’il songe au lendemain”. En somme, le philanthrope fera en sorte que l’ouvrier vive un jour de plus. Le paradis s’achète à ce prix.

        @Methode Avant d’étêter, il faut savoir où porter la taille, sinon vous affaiblissez le corps que vous voulez régénérer. La Révolution a usé et abusé de la guillotine parce que l’instruction publique était balbutiante et que la plupart des Français n’avaient qu’une vague idée des droits et devoirs du citoyen. Pour qu’une citoyenneté critique soit praticable, il faut l’enseigner. On ne naît pas citoyen, on le devient, comme eût dit le Castor. Même Robespierre le vertueur l’avait compris. Réservez votre absolu pour quelqu’un d’autre.

      5. J’ai beaucoup de difficultés à imaginer dans la réalité un financier cherchant à améliorer le sort de ses semblables (étre au service de la communauté ) tout en maximisant ses bénéfices. car le financier, contrairement au philantrope; ne peut se montrer désintéressé, n’est-ce pas ?

        La finance citoyenne, un leurre de plus, comme le développement durable, la bonne gouvernance, le respect de l’éthique, tous ces termes très à la mode chez les marketteurs aujourd’hui.

        La finance est amorale, étrangère à toute morale, en raison de la nature même de son activité qui est de vendre et d’acheter l’argent aux conditions les plus profitables. La finance, c’est du vol légalisé comme l’est le capitalisme qui s’appuie sur elle. Si elle est au service d’une communauté, c’est celle des plus forts de cette communauté à un moment donné. La finance ne peut être que domptée comme un animal sauvage dont il faut toujours se méfier, même une fois dompté. Qui est capable de la dompter aujourd’hui ? Personne.

      6. brl,

        et tous les jours vous sortez votre petit arrosoir métaphorique? avec le ‘vertueur’ je n’ose imaginer la suite: ah la pauvre marie-antoinette, ce n’était qu’une jeune irresponsable morte dans un terrible dénuement. un peu comme son peuple quoi.
        mais foin de sentimentalisme,
        depuis robi l’eau à couler sous les pont de la république, vous savez 80% d’une classe d’âge au bac, des petits génies qui programment des babasses, dessinent des rafales ou font de la génétique, ect… nous ne sommes plus au temps de bohémond de tarente, le gueux a évolué. par contre d’ici à ce que tout le monde soit juriste là je vous l’accorde les capitalistes cupides s’en mettront plein-la-panse.
        non, v’savez c’est les élites qui ont accumulé un retard considérable en matière d’éthique, voire de morale. ça fait un moment qu’ils régressent. c’est à la tête de changer, ça demande un peu de courage de l’admettre…
        la ‘populace’ suivra c’est prouvé.

        remettre les chose à l’endroit.

      7. @Methode
        Bonjour Methode. Je ne sais pas où vous avez lu que je considère avec indulgence les agissements de nos élites dirigeantes. En revanche, je ne suis pas du parti de Marat, qui réclamait cent mille têtes. Le goût du bain de sang l’a conduit à mourir dans une baignoire. J’estime qu’avoir une tête bien faite vous dispense d’avoir à vous en chercher une de substitution qui vous dicterait la conduite à tenir et vous obligerait à voter pour elle, par discipline et pas en âme et conscience. Mais voilà, nous vivons en démocratie représentative. Donc, quitte à se choisir des têtes, autant bien les choisir. Si le bac pour tous témoignait d’une démocratisation de la prise de conscience des enjeux sociétaux, ça se saurait. il faut être bien naïf pour croire qu’on pense mieux en en sachant davantage. Pour votre gouverne, ce qui pénalise le “gueux”, ce n’est pas d’en savoir moins en ingénierie, c’est de ne pas connaître les mécanismes de la machine qui le broie. Le bac est un tremplin pernicieux. Ce qui compte, ce n’est pas le bac en lui-même, mais la mention que vous y avez obtenue. C’est cette mention qui propulsera éventuellement le gueux hors de sa classe. Or là, pas de chance. Les chiffres sont éloquents. Les milieux populaires restent nettement défavorisés. Les cursus prestigieux, ceux qui vous font espérer de faire mieux que vos parents, ils y goûtent du bout des lèvres. Le bac, c’est un délit d’initiés. Ne relisez pas Bourdieu, mais ceci, plus immédiatement éclairant : http://www.senat.fr/rap/r06-441/r-06-441.html (rapport d’information n°441, 2006-2007).

      8. brl,

        j’ai bien saisi la peur du bain de sang qui vous habite. mais des empires se sont effondrés en limitant l’effusion. tandis que les guerres récentes et à venir pour conserver un mode de vie difficilement justifiable en promettent une jolie. certes vous n’encensez pas les élites, mais vous ne vous tournez pas vers elles en premier lieu pour réclamer leur rééducation (terme utilisé spécialement). il y a le dit et le non-dit, même à travers un simple commentaire de quelques lignes: le non-dit c’est que vous être bien trop indulgent avec les élites, dont les hérauts massacreurs sont légions. la repentance de gauche, la pusillanimité excessive, voire le masochisme national (j’ose), au bout d’un moment ça devient louche.

        il faut être bien naïf pour croire qu’on pense mieux en en sachant davantage.

        ce qui pénalise le « gueux » (…) c’est de ne pas connaître les mécanismes de la machine qui le broie.

    2. Une finance au service de la communauté, cela s’appelle de la philantropie Des financiers devenant des philantropes ?

      Ahgahgahgahgah… Et la Poste (la postale pas la bancale) c’est de la philanthropie ? Les agents du Trésor public comme le Procureur Nicks, des philanthropes ?

      1. @Vigneron

        Pourquoi voudriez vous que je sois comme vous versé dans les chiffres ? Et bien entendu que non, je ne suis pas philanthrope, pas financier donc (excellent bouquin de Nicolas Guilhot, Financiers Philanthropes)…

      2. Ah mais mon cher Proc, je fais comme vous, je conjecture, je conjecture… Sans rien d’autre sous le pied qu’un fonctionnaire noté grand B de ministère inavouable…

      3. Un petit simplisme ?
        S’Il ne suffit pas d’être pauvre pour être honnête alors il ne suffit pas d’être riche pour être malhonnête.

    1. A part le « Keynes, premier ministre de Roosevelt… » d’un Taddéi sérieux comme un pape (et aux questions d’un intérêt proche de zéro – imaginez les questions d’un Jorion…) et l’incroyable révélation que Stiglitz préfère de beaucoup Obama à Romney ou qu’il préférerait nettement vivre en Suède qu’aux Zuhesses ou qu’en France, chou blanc. Nul.

      1. Trouvez-vous qu’il devient mauvais quand il vulgarise ? Cela dit l’Union court à la catastrophe avec l’austérité, c’est plutôt lucide non comme constat ?

      2. Tiens donc ! Le sniper en simili skaï du PdG qui soutiendrait quasiment le modèle libéral-social suédois derrière le si charmant vulgarisateur et nouveau keynésien Stiglitz maintenant… S’en passe des choses.

      3. @Vigneron

        Non je signale juste qu’un centriste fait les mêmes constats que le FdG et reprend une bonne partie de ses préconisations économiques, même s’il regrette que le modèle français ressemble de plus en plus à l’américain. Ah ben pareil !

      4. @Nicks
        Trop d’austérité pourrie l’ambiance : constat lucide.

        Vigneron ne prendra pas le temps de vous dire sur quel point il est d’accord avec vous .
        C’est un sanguin presque mignon tant il met d’ardeur à défendre un pote.
        Qu’il lui soit pardonné de préférer le sécateur à la patience .

        Car il en faut de la patience pour prendre conscience de ses préjugés .
        Alors , comme ça , les assureurs , ce sont des monstres ?
        http://cermat.iae.univ-tours.fr/IMG/pdf/Vol_20_07-143_MALHERBE.pdf

      5. Voui voui. Stiglitz dénonce les politiques d’austérité depuis perpète (i.e toujours), comme son pote Summers, comme son ami Delong, comme leur dear friend Clinton, comme Geithner, comme Krugman et comme MélAnchon. Formidable découverte.Merci Taddéi.

      6. @Vigneron

        C’est pas une découverte certes. C’est un keynésien plutôt libéral. Bon, rien qui ne devrait vous révulser en principe. Alors quoi ? Ca coince où ?

      7. « C’est un keynésien plutôt libéral. »
        Faudra m’en présenter un à la barre de keynésien non-libéral, Proc..
        Qui a parlé de révulsant ? Soporifique, inintéressant, ça veut dire révulsant Proc ?

      8. Oui, je n’en croyais pas mes orteils sur Keynes so so british bombardé ministre chez les ricains. Stiglitz, rien de nouveau certes, mais vraiment à ce point là, je ne m’attendais pas non plus. Et même si son message est entendu, il y a toujours le risque de jouer le contestataire de service qui défend “trop d’égalité” sans démonter le côté systémique du biais actuel, … . Contestataire de service un peu comme Mermet qui finit par servir de prétexte à France Inter “vous voyez, j’ai une longue émission bien libre d’un contestataire estampillé (alors m’embêtez plus hein)”. Risque habituel de digestion par l’actuelle forme de démocratie de tous les contestataires qui se placent sur son plan (j’ose pas dire axiologique…)

      9. On pourrais revenir quelques années en arrière, à propos des billets sur la révolution, pendant l’écriture “du capitalisme à l’agonie”.
        Liberté, égalité et comme d’habitude, pas le droit à l’écart face aux absolus d’égalité ou de liberté (et comme d’hab, je ne défend que la fraternité, effrayé par le potentiel des deux autres, surtout si on espère plus que tendre vers eux).
        On pourrais changer de formule, qui estime que ces préceptes ont accomplis sa vie?, qui croit que seul le système lui a empêché de les atteindre?, qui croit les avoir atteint plus que les autres?,qui souhaite sa vie aux autres?, ou qui ce contente de leurs reprocher?
        Si on a trop à défendre sur ce blog, est-ce qu’on a suffisamment vécu?
        (ok c’est snob et prétentieux comme démarche, ok je suis un minot, mais quitte à écrire, cela ferait-il tant de mal d’exposer une de ces questions?, de ce faire un peu peur, de donner une raison de plus à Paul Jorion et aux modérateurs de continuer ce blog)

      10. @Vigneron

        Nul pourquoi ? Parce qu’il parle des méfaits de l’austérité ? Il a tort ? Parce qu’il dit que les dirigeants européens sont des crétins à se crisper sur des dogmes absurdes ? Il a tort ? Il y a un truc qui vous gêne dans ce qu’il a dit, l’indifférence seule n’eut même pas porté à commenter. Alors qu’est ce que ça peut bien être ?

    2. dérangeante cette certitude avec laquelle ce genre de personnage débarque sur les plateaux ici en europe et ne doutent pas un instant que leurs vues puissent nous concerner au premier chef. éclairant quand une question dépasse juste un peu du cadre sa façon de se retrancher derrière ses binocles et son rire funeste pour laisser plus que sous-entendre un chaos total.
      encore un qui prospère sur la peur?

      1. nicks,

        oui, et ? ah c’est ça le chaos total ? la faute aux grecs du bas ?
        mélenchon va tout réformer? convertir la planète à un panier de devise? sortir de l’otan? suis pas contre.

      2. @Méthode

        Il semble et pas que là bas d’ailleurs, qu’il y ait quelques velléités de montée de l’extrême-droite. C’est pas que c’est inquiétant mais disons qu’il y a eu des précédents où l’austérité justement s’était un peu mise en avant…

        Quant à mélenchon, il ne va pas y arriver tout suel, c’est évident, mais en tout cas c’est un des seuls politiques qui le propose…

  7. Je ne peux que constater l’absence des banques dans les partenaires financiers (bien qu’Allianz fasse aussi dans la banque : les assureurs commencent d’ailleurs à investir de plus en plus les métiers de la banque …).
    Est-ce à dire que les assureurs s’intéressent plus à la finance comme service à la communauté que les banques ?
    Ou que certaines d’entre elles ont été directement confrontées à la crise des subprimes : AGI, ex-Fortis insurance Belgium, filiale d’AGEAS et de Bnp Paribas Fortis ? Et que certains assureurs (et réassureurs : on les oublie souvent, ceux-là) ont pris chaud, à tel point que leurs cotations ont dû être suspendues par différents pays de l’UE l’année dernière pendant plusieurs mois ?
    Je pencherais plutôt pour la seconde option …

    En quelque sorte, l’intérêt individuel, moteur de l’intérêt général ? (ou, ‘pour pas mourir, c’est par où la sortie ?’)

    1. Ah bon Zeb elles « ont pas pris chaud » elles aussi et même chauduréchaud les banques l’an dernier et en 2008 ? Dexia par exemple ?

      1. Ben si, justement (et même sans doute plus), c’est pour ça que je me demande pourquoi il n’y a QUE des assureurs !
        🙂

  8. “« Stewardship of Finance » est l’intitulé d’une nouvelle chaire dont l’initiative revient à la Vrije Universiteit Brussel et à six grandes compagnies d’assurance. La chaire étudiera comment la finance peut se mettre au service de la communauté.”

    …A la VUB ???
    Vous allez avoir du travail !
    Aujourd’hui par exemple :

    Le premier Di Rupo voudrait taxer le patrimoine…
    http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/760118/le-ps-veut-taxer-le-grand-patrimoine.html

    Les libéraux flamands via Vincent Van Quickenborne répliquent : » Si le PS impose ça – et ce contrairement à l’accord du gouvernement – ils doivent comprendre qu’il n’y a plus de gouvernement. “… Olé !

    http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=DMF20120912_037

    1. Ah tain ! C’est vrai qu’en Belgique y’a pire qu’ex de la phynance vaguement apatride ou anthropologue polymathe suspectement morbihanais… Y’a tout bêtement prof wallon, même en anglais et à la VUB de Bruxelles…

      1. Jorion wallon?! De la place flagey on n’est jamais qu’à 20 minutes à pied de la VUB et 10 de l’ULB.

  9. Je suis étonnée par tous ces commentaires sceptiques. Je ne pense pas que Paul Jorion puisse être soupçonné de la moindre connivence avec les suppôts de l’ultra libéralisme…
    En mettant en doute le but moral de cette chaire, c’est à son titulaire que l’on s’attaque. Je lui fais confiance pour savoir où il va, en toute honnêteté. Je suis carrément choquée que l’on puisse douter de l’éthique (avec un H 🙂 ) de Paul Jorion ! Ce serait l’insulter.

    1. Entièrement d’accord avec vous, Nathalie. J’ai de plus en plus de mal à supporter ces commentaires “sceptiques”, ces commentateurs qui savent mieux que les autres. Je continue de lire, voir et entendre Paul JORION qui m’apporte chaque jour son éclairage indispensable sur un monde complexe qui pratique “la fuite en avant”…

    2. La “valeur ajoutée” que pourrait apporter Paul par ses réflexions est largement supérieure au coût de fonctionnement de ses cours, complètement marginaux, pour ses “donnateurs”.

      1. Sceptique je suis…Suppo-sition Piotr : t’es pas nul ni de nulle part mais se pourrait-il néanmoins qu’à ton sud tu sois à jamais un incompris ? Des veaux, Piotr, du sud.

    1. IL m’est avis que choses si signalées et
      qui jamais, par aventure, n’ont été ouïes ni
      vues, viennent à la connaissance du plus
      grand nombre et ne demeurent pas
      enterrées dans la fosse de l’oubli, car il se
      pourrait faire qu’un qui les lira y trouve
      quelque chose à son goût, et que d’autres,
      sans les approfondir autant, s’en amusent.

      Prologue/Lazarillo De Tormes

  10. “Economie, droit, philosophie, mathématiques, actuariat.”

    Actuariat: “Profession des spécialistes du calcul des probabilités et des statistiques aux questions d’assurances, de finance et de prévoyance sociale.”

    Les rapports entre le qualitatif et le quantitatif se font par ce biais, essentiellement par la thermodynamique ezt la théorie de l’information de Shannon.

    Thom s’est bien entendu intéressé à ces points clé. Pour lui la théorie de Shannon n’est pas une théorie de l’information mais une théorie de la transmission. Il relie l’entropie d’information de Shannon, d’essence quantitative, au nombre de Milnor de je ne sais plus trop quoi, d’essence qualitative. Il y a un sacré boulot à faire (fait?) dans cette direction.
    Quant à la thermodynamique statistique d’Helmholtz ce n’est, dit-il, qu’une thermostatique, le deuxième principe ne dit pas qu’un système évolue spontanément vers le chaos, etc.
    De quoi faire chauffer les oreilles de Black et Sholes! 🙂

    Thom parle à propos de certaines applications des mathématiques de “torrents d’insignifiance”. Je me demande si ce n’est pas à ce genre de truc qu’il pense…

    ça va envoyer du bois…

    1. @BasicRabbit : effectivement, il n’y a pas de théorie de l’information qui tienne la route, et ça m’énerve assez de voir tout ce qu’on en raconte alors que les bases conceptuelles sont vaseuses, pour ne pas dire inexistantes.

      1. @ Crapaud Rouge

        Thom parle de ça dans le film “René(e)s” de JL Godard, dispo sur le net (de mémoire vers la fin).

        A chaque occasion je dis à PSDJ qu’il faut ama en passer par là pour comprendre le mécanisme de la formation des prix…
        Perso je n’ai rien compris. Il faut “voir” en dimension 4: jesépas.

    2. Ronald Aylmer Fisher, Claude Shannon, Terrence W Deacon… quel enfilage de perles tout ça. Le dernier nommé en vient à la conclusion révolutionnaire que la théorie de l’information doit être entendue comme tout ce que le message ne véhicule pas… la migraine !

      A ce jour, le moyen d’expliquer que l’on hérite de tant de maniaqueries contorsionnistes ne nous est autorisé dans aucun langage connu.

      1. @ kertugal

        J’ai parcouru la fiche Wiki de Fisher. S’il n’a fait que ça, ça ne vole pas bien haut. L’impression que ça me laisse est que le “système” a placé un pion néo-darwinien…

      1. Quant à Deacon, je trouve effectivement qu’il deaconne un peu. 🙂
        En tout cas, et un néo-dar de plus, un!

        Paul Jorion va en répétant sur ce blog que la théorie économique a été réécrite à la fin du XIXème à l’avantage de la classe dominante. Je me demande s’il ne s’est pas passé la même chose en théorie de l’évolution au même moment et pour les mêmes raisons.

      2. Mon cher BasicRabbit, vous n’allez quand même pas en venir à parler des néo-dars comme vigneron parle des stals
        Non, n’est-ce pas?

      3. @ jocelin

        Ne vous inquiétez pas de ça. Paul Jorion va vous apprendre une autre forme de gestion. Il va vous apprendre à vous gérer vous-même, à penser par vous-même. Apport inestimable qui vous servira toute votre vie.
        Je crois même que si vous écoutez attentivement il vous indiquera comment prendre en mains votre destin, comment prendre la place de cette “élite” vieillissante en état de décomposition avancé. Jeunes, lâchez vos iphones, ouvrez les yeux. Et levez-vous!

        PS: côté math regardez le commentaire 16.

      4. @ Marc Peltier

        Vous êtes vraiment bisounours! 🙂

        Misère de la pensée économique, misère de la pensée biologique dominante (néo-dar): kif-kif, pareil, même combat. Lisez Thom: Esquisse d’une sémiophysique pp. 127-128 et Stabilité structurelle et morphogénèse pp. 204 à 206.

    3. Citations précises de Thom concernant la thermodynamique.

      “Le deuxième principe de la thermodynamique nous dirait que les systèmes vont toujours d’un état ordonné à un état chaotique; En réalité, si on regarde de près la démonstration de ce principe, il n’y a absolument rien qui permette d’affirmer que la variation de l’entropie soit nécessairement liée à une évolution vers un état chaotique; ‘L’évolution vers un état plus stable pourrait, en revanche, être lié à l’apparition d’un ordre.”

      “La thermodynamique n’est en réalité qu’une thermostatique: elle ne fait qu’affirmer l’existence d’un état d’équilibre ultime d’un système, mais elle est muette sur le temps nécessaire à l’atteindre, et ne peut décrire le mode d’approche de l’équilibre.”

      “Au départ, la théorie de la stabilité structurelle m’avait paru d’une telle ampleur et d’une telle généralité, qu’avec elle je pouvais espérer en quelque sorte remplacer la thermodynamique par la géométrie, géométriser en un certain sens la thermodynamique, éliminer des considérations thermodynamiques tous les aspects à caractère mesurable et stochastique pour ne plus considérer que la caractérisation géométrique correspondante des attracteurs. Il est certain que les phénomènes d’instabilité des attracteurs qu’on a découvert depuis montrent qu’un tel espoir est faux, ou, en tout cas, qu’il faudrait affaiblir considérablement la notion de stabilité structurelle.”

      On notera l’honnêteté intellectuelle de Thom.

      Un des problèmes ama fondamentaux de l’actuariat est ici posé: quelle signification attribuer aux probabilités et statistiques, quel est le rôle de l’INSEE, de l’ENSAE? L’aporie fondatrice des mathématiques alias les rapports de discret et du continu se retrouve ici en les rapports du nombre et de la figure, de la mesure et de la forme, de Lebesgue et de Baire.

    1. Je signale un texte formidable (et très long) sur Article11 : “Abondance de la critique, paralysie de l’action“. Quelques citations :

      1) De George Labica, Théorie de la violence : “Tout le monde en conséquence se retrouve dans l’acquiescement au nouvel ordre établi, qu’il soit celui d’une soumission résignée ou d’un consensus satisfait. Pour les dominants, l’affaire est on ne peut meilleure.

      2) A. Badiou, L’éthique : “L’idée même d’une “éthique” consensuelle, qui part du sentiment général provoqué par la vision des atrocités, et remplace les “vieilles divisions idéologiques”, est un puissant facteur de résignation subjective et de consentement à ce qu’il y a.

      3) A. Brossat, Tous Coupat tous coupables : “Dans les conditions de la démocratie du public contemporaine, toute espèce de violence, politique ou non, doit être vue par tous et chacun avec les yeux de la police.

      et : “mécanisme de sécurité qui est aussi un dispositif d’anesthésie, dont le propre est, en fin de compte, de tuer dans l’œuf toute action politique de facture traditionnelle, c’est-à-dire fondée sur la présence des corps, sur leur mise en mouvement, leur agrégation, leur capacité à faire masse, etc. […] Que ce soit le peuple téléspectateur ou le peuple des sondages ou le peuple internaute ou le peuple consommateur qui se substitue au peuple électeur (de plus en plus étiolé), persiste et s’approfondit ce mouvement de désincarnation et d’absentement du peuple sensible qui est établi au principe de la démocratie représentative

      Je vois déjà Jean-Luce rappliquer dare-dare…

      1. @Crapaud Rouge

        2) A. Badiou, L’éthique : « L’idée même d’une “éthique” consensuelle, qui part du sentiment général provoqué par la vision des atrocités, et remplace les “vieilles divisions idéologiques”, est un puissant facteur de résignation subjective et de consentement à ce qu’il y a. »

        Cécelaoui. Dans ce cas, pourquoi ne pas écrire carrément : La loi : l’idée même d’une “loi” consensuelle, qui part du sentiment général provoqué par la vision des atrocités, et remplace les “vieilles divisions idéologiques”, est un puissant facteur de résignation subjective et de consentement à ce qu’il y a ». Bref, quand Badiou tient absolument à la division pour la division, ça finit dare-dare en idéologie !

      2. @ crapaud :
        C’est bizarre, la phrase de Badiou, intuitivement, me fait penser au contraire à la Common Decency. Sauf que le résultat en est inversé, bien sûr.

      3. Voici la citation de Badiou avec son contexte :

        Ce chantage à l’histoire peut s’avérer d’autant plus opérant qu’il existe aujourd’hui autour de la condamnation de ce déferlement de violence un consensus quasi universel qui supplante largement les divergences éventuelles au sujet des options doctrinales et a tendance à occulter les contradictions, lorsqu’elles subsistent, entre les différents modèles sociaux : « L’idée même d’une “éthique” consensuelle, qui part du sentiment général provoqué par la vision des atrocités, et remplace les “vieilles divisions idéologiques”, est un puissant facteur de résignation subjective et de consentement à ce qu’il y a.

        En gros, face à la violence, les oppositions idéologiques s’estompent au nom d’une certaine “éthique” qui, selon Badiou, fait consensus et contribue avant tout à la résignation.

      4. Martine, la loi est le premier et le plus puissant facteur de résignation qui soit ! Sous régimes dictatoriaux comme en “démocratisme”, elle oblige les individus à ne pas recourir à la violence, aussi bien pour régler les conflits inter-individuels que dans ceux avec le pouvoir en place. Tu as donc (très) mal choisi ta façon de railler la citation de Badiou.

      5. @ Crapaud Rouge

        “la loi est le premier et le plus puissant facteur de résignation qui soit!”
        Je dirais plutôt de régulation (je pense en cela à la règle monastique).

        Ceci dit je vous ai vu ferrailler récemment à propos du fait et de l’idée (pour vous c’est l’idée qui précède le fait ou qqchose comme ça).

        Qu’est-ce qu’une idée? Qu’est-ce qu’un fait? Si vous avez de la doc (courte, après 100 lignes je ne lis plus, j’ai oublié ce qui était dit au début…). J’ai regardé sur le net, je n’ai rien trouvé qui me convienne.

      6. @ Crapaud :
        C’est la définition de ‘consensus’ qui induit les interprétations divergentes. Dans le cas de Badiou, l’éthique consensuelle est le plus petit dénominateur commun et ne peut donc qu’être un facteur réducteur de résistance à l’oppression. A l’inverse, Orwell considère la Common Decency comme une éthique partagé de la manière la plus large possible, qui est au contraire le plus grand dénominateur commun à tous. De sorte que la Common Decency, éthique pourtant ‘consensuelle’, est bien au contraire un facteur très important de résistance à l’oppression.

        Par ailleurs, je te fais remarquer que certaines constitutions ont intégré le droit à l’insurrection du peuple quand la loi ou le gouvernement opprime ses droits essentiels.

      7. @BasicRabbit à propos de la loi : pour couper la poire en deux, disons régulation par résignation !

        Les idées précèdent les faits dans la mesure où ceux-ci sont des constructions sociales. Il est avéré que les classes sociales n’ont rien de tangible, elles n’existent “de fait” que parce qu’on en parle comme tel. Autre exemple, sans doute plus parlant : le fait que la foudre soit une décharge électrique ne dépend pas de la foudre elle-même, mais des connaissances que l’on a de la foudre et de l’électricité. Avant, c’était “la colère des dieux” ou des trucs dans ce genre, c’est-à-dire d’autres faits. Idem avec le fait que la Terre est ronde : avant elle était plate !

        Pas de références précises sur le sujet. Il me semble que j’ai adopté mon point de vue il y a déjà fort longtemps, à la lecture de Paul Watzlawick dont j’ai découvert plus tard que l’œuvre s’inscrivait dans le courant des philosophies constructivistes. (Il a coécrit : L’invention de la réalité, Contributions au constructivisme, 1981.)

      8. @Zébu : c’est plutôt la définition de “éthique” qui introduit des “interprétations divergentes“. Une éthique construite à partir d’un “sentiment général provoqué par la vision des atrocités” n’a pas de rapport avec une éthique fondée sur la raison. Tu coupes les cheveux en quatre avec ton distinguo entre plus grand/petit facteur commun ! Je dirais plutôt que le Common Decency est une source positive d’éthique, la “vision des atrocités” une source répulsive. (Qui est celle de l’état policier.)

        Mais c’est justement par rapport au “droit à l’insurrection” que le texte d’Article11 et la citation de Badiou prennent tout leur intérêt. La leçon en est que tout vrai mouvement insurrectionnel est perçu comme non éthique à cause de sa violence, celle-ci ne pouvant plus être perçue qu'”avec les yeux de la police“.

      9. @ Crapaud :
        “Une éthique construite à partir d’un « sentiment général provoqué par la vision des atrocités » n’a pas de rapport avec une éthique fondée sur la raison.”
        C’est clair : la Common Decency n’a pas de rapport avec, justement, une éthique fondée sur la raison (Orwel s’oppose à Kant). On est bien sur les mêmes bases, la différence est que la Common Decency n’est pas construite ‘à partir’ mais sert de base pour réagir à la vision des atrocités.
        ‘la vision des atrocités’ est clairement le type de réaction que peuvent avoir selon Orwel les personnes qui partagent la Common Decency : quelque chose d’indécent, d’inacceptable, d’insoutenable (on peut mettre ce que l’on veut dans ‘atrocités’).
        Sinon, le consensus selon Badiou est connoté négativement alors que la définition usuelle est celle-ci : “Rem. Dans l’usage récent, consensus glisse vers la signification « opinion ou sentiment d’une forte majorité »”
        A l’inverse, celle d’Orwel, me semble-t-il, est connoté positivement parce qu’elle permet de résister à l’indécence, à l’inacceptable.

        Pour le reste, sur la loi, rien compris.

      10. @ Crapaud Rouge

        Merci. Je vais regarder Watzlawick. Il y a derrière tout ça la notion de subjectivité, d’intersubjectivité, peut-être d’objectivité (faut peut-être pas trop rêver!). Comprendre ce qu’est l’intersubjectivité est pour moi fondamental pour élaborer un consensus social: il me semble en effet essentiel que nous parlions des mêmes “choses”, mêmes si elles sont vues par chacun de son propre point de vue (toujours cette même statue vue sous des angles différents).

        “Constructivisme”
        Si Kercoz tombe là-dessus, vous allez réveiller tous les dieux bretons! Par Toutatis! 🙂

      11. @BasicRabbit et Crapaud Rouge, sur les idées et les faits :

        Ce sont des mots piégés, trop vieux, trop lourds, trop vagues.

        Je vous propose de parler de relations à la place de faits et de représentations à la place d’idées. Si l’on reconnait que la plupart du temps, ce qui entre en relation est déjà formé de représentations, savoir quel concept “précède” l’autre est vain: BasicRabbit reconnaîtra une situation du genre “le prédateur est sa proie”.

        J’ai l’impression que les exemples de Crapaud Rouge sont plus explicites, dits comme ça…

      12. @ Marc Peltier

        Votre commentaire me fait très plaisir. C’est effectivement à peu près comme ça que je vois le truc: “idée” et “fait” sont deux faces d’une même statue, d’un même concept(?), qui peuvent coïncider ou se distinguer, c’est selon. Un peu comme le tri RSI de Lacan: pendant le sommeil le Réel et l’Imaginaire coïncident, pendant la phase d’éveil ils se distinguent et leur rapport est régulé par le Symbolique.

        “A peu près”.
        Ce qui nous distingue peut-être c’est que, derrière les vocables “relation” et “représentation” je crois que vous pensez “verbe” (et donc vous dynamisez le couple fait/idée) alors que je pense également “substantif”. A moins que pour vous le vocable “représentation” soit justement associé dans votre esprit à “substantif”.

        Cordialement, BR.

      13. @Marc Peltier : oui, bof… Mon principe ne tient pas du tout à de telles nuances, ni à la préséance des concepts entre eux. S’agissant par exemple du Big Bang, il signifie que l’ordre chronologique, qui place le fait 14 milliards d’années avant sa découverte, est de l’ordre de la tautologie. Mais dire que les idées/représentations/concepts précèdent les faits, c’est dire que, sans les premiers, les seconds sont inconnaissables, voire inexistants car pas même identifiables. Ce qui nous renvoie, soit dit en passant, à Lisztfr citant le Tractatus Logico-Philosophicus, proposition 7 : “Whereof one cannot speak, thereof one must be silent.” : “Sur ce dont on ne peut parler, il faut se taire.” (Cf. http://www.bazzocchi.net/wittgenstein/tractatus/fr/index.htm)

      14. @ Marc Peltier (suite)

        “Savoir quel concept précède l’autre est vain”.

        Dans le cas qui vient de nous occuper je suis d’accord. Mais ama pas dans tous. Parmi les sept catastrophes élémentaires de Thom, deux (le papillon et l’ombilic parabolique) ont des déploiements universels dont les paramètres de contrôle évoluent dans un espace de dimension 4. Laissant de côté l’ombilic parabolique, trop compliqué pour moi, je me convaincs doucement (et tente, sinon de convaincre PSDJ, du moins à l’inciter à s’y intéresser) que cette catastrophe papillon est la clé de la compréhension du mécanisme de formation des prix et qu’il y a une succession d’opérations, dans un ordre temporel bien précis, à effectuer sur les paramètres de contrôle pour former le prix (il faut pour cela “voir” en 4D, ce qui est hors de ma portée).
        Je pense que c’est d’ailleurs peut-être ce qui se passe déjà avec la catastrophe queue d’aronde (plus simple car les paramètres externes évoluent dans un espace de dimension 3) qui, selon Thom, intervient dans la construction de la maison (reprenant l’exemple d’Aristote)où il ne me semblerait pas déraisonnable que le temps intervienne dans le déroulement des opérations. On conçoit en effet a priori mal comment commencer la maison par le toit! Mais avec Aristote et, entre autres, son “Premier selon la nature et dernier selon la génération”, il faut se méfier…

      15. @BasicRabbit
        J’hésite à emprunter votre terminologie, car vous sollicitez certainement, derrière “verbe” et “substantif”, un réseau de références qui peut m’échapper, ce qui favoriserait des malentendus.

        Mon idée est que, de la relation de deux représentations, une représentation est faite. C’est fait (verbe), c’est un fait (verbe substantivé). Mais c’est aussi bien une représentation, je viens de le dire. D’ailleurs, cette représentation/fait peut entrer en relation, à nouveau. De sorte qu’à l’image du verbe ou du substantif, je préfèrerai celle du graphe. Les représentations et les relations forment un graphe, qui doit avoir (arrétez-moi si je dis des bétises!) un graphe dual qui signifie la même chose : que vous décriviez les représentations comme des noeuds et les relations comme des liens, ou l’inverse, cela revient au même… C’est juste un changement de paradigme.

      16. @ Marc Peltier

        “un réseau de références qui favoriserait les malentendus”

        Dans mon précédent commentaire j’avais en vue:

        Thom: “Les analogies dérivées de la théorie des catastrophes élémentaires relèvent de la catégorie grammaticale du verbe. Mais celles qui relient deux substantifs sont de nature beaucoup plus complexe.”

        Graphe?

        Pour faire apparaître la structure, il faut déganguer la superstructure, dégraisser le mammouth. Ce dégraissage se fait par regroupements analogiques qui nécessitent l’utilisation de modèles continus. Une fois ce travail fait je pense qu’effectivement la structure apparaît sous forme de graphe. Dans le cas d’une structure vivante comme celle d’une société, il y a ama sûrement des parties arborescentes, hiérarchiques, mais aussi des parties “en choux-fleur”, représentant la régénération de la société, le retour à ses fondamentaux, ses centres organisateurs.

      17. @Crapaud Rouge
        13 septembre 2012 à 13:56

        Désolée de répondre tardivement.

        La violence est de mon point de vue une sorte de continuum pas du tout intéressant.
        Attention, je ne dis pas qu’il ne faille pas être en colère (je pense d’ailleurs que Jorion est un gars très en colère), je dis simplement que la Loi avec un L majuscule, fallait-il donc que je le précise, est une violence bien plus intéressante que la perpétuation de la dialectique des conflits. De la même manière que l’Ethique, et c’est ainsi que je le comprends, est une violence en ce qu’elle nous arrache à la loi du Talion.

      18. @ Marc Peltier

        Je reviens sur mon dernier commentaire et sur la représentation d’une structure (et de son fonctionnement). Il me revient en mémoire une sévère objection.

        Thom parle cependant, et exceptionnellement, en bien des graphes: Paraboles et catastrophes pp. 148 à 150.

        Thom: “Le grand vice du structuralisme est son caractère discret, qui ne lui permet pas de prendre en compte les variations continues des formes, en particulier leur mouvement.”

        C’est ama une objection importante qui, rapportée aux problèmes sociétaux actuels, conduit à se méfier des constitutions (ces structures sociétales) rigides, gravées dans le marbre.

      19. Badiou et Orwell.

        Je ne pense pas que les styles – et je ne parle pas du style littéraire – de Badiou et Orwell soient identiques.
        L’un est un “anarchiste conservateur”, l’autre non.

      20. @BasicRabbit

        La catastrophe c’est votre cervelle (indocile) : Vous vous trompez de vocation, la vôtre n’est pas scientifique mais poétique, voire surréaliste.

        Vous sautez d’un sujet à l’autre sans arrêt, invoquez tout et son contraire, et êtes incapable de vous posez un instant vue d’un bilan. Vous ne connaissez rien au structuralisme ni a Lacan, donc laissez ça… Le structuralisme c’est Claude Lévy Strauss et Saussure, au cas où cela vous aurait échappé et il n’y a rien à redire contre ceux là, même en évoquant Thom !

        Je ne vais tous simplement plus vous lire.

        Je ne supporte pas votre façon de pensez à la coquecigrue, ça fini par me rendre dingue !

      21. @ Lisztfr

        “La catastrophe c’est votre cervelle […] Vous sautez d’un sujet à l’autre sans arrêt… ”

        Dans une perspective “classique”, réductionniste, chaque chose est à sa place, tout est bien cloisonné. Dans une perspective holiste, celle que j’adopte à la suite de Thom, tout est lié. ça surprend et ça gêne au début.

        “Vous ne connaissez rien au structuralisme ni a Lacan, donc laissez ça… Le structuralisme c’est Claude Lévy Strauss et Saussure”.

        Là encore je sens votre mode de penser réductionniste. ça fait un peu la récré en CM1: c’est moi le prem’. J’ai vécu ça fin mars 1968 (disons le 29) dans le grand amphi de Nanterre. Il y avait une brochette d’une dizaine de meneurs sur l’estrade face à l’amphi plein à craquer. Intervention dans l’amphi. Réponse d’un chef (Dany le rouge?) à l’estrade: “t’étais pas là quand on a créé le mouvement du 22 mars”. Cela m’a marqué.

        Tout ça pour dire: quel intérêt autre que celui de l’histoire des idées de savoir qui a commencé? Les matheux sont des tortues, ils portent leur maison sur le dos, ils doivent prouver ce qu’ils avancent. Ils restent parfois des siècles sur une question. Stabilité structurelle et morphogénèse a été publié en 1972 mais une version fantôme a circulé dès 1965.

        Concernant Lévi-Strauss je me suis intéressé à la formule canonique du mythe, cad à la structure des structures…

        Concernant Lacan je suis le consultant mathématique (topologie, carrés sémiotiques, logique, etc.) de mon fils qui parle couramment le lacanien :). Il me semble avoir acquis quelques connaissances sur la question…

    2. //// 15 leçons pour changer la face du monde ? //////
      Piquées ds le” petit traité de savoir vivre a l’ usage des jeunes générations” ?

      1. @Basic :
        //// Thom: « Le grand vice du structuralisme est son caractère discret, qui ne lui permet pas de prendre en compte les variations continues des formes, en particulier leur mouvement. » /////

        Je pige pas …il se plante grave là le Thom ! Les etudes de Saussure sur la Linguistique ont justement cet interet évident : de montrer que les langues ne sont pas fixes mais évoluent ds le signifiant et la prononciation, a la fois géographiquement et temporellement …..C’est l’ exemple meme d’ un système dynamique !! (a mon sens , pas le plus facile a modéliser pour débuter l’etude des systèmes complexes) .

        Le structuralisme (et la cybernétique) ont échoué tres pres du but …..juste au moment ou on allait découvrir queles modélisation complexes (equa diff) etaient accessibles grace aux ordi
        (les premieres découvertes ont été faites sur une calculette HP)

        ///// Concernant Lévi-Strauss je me suis intéressé à la formule canonique du mythe, cad à la structure des structures///////
        Je sais que le terme structure commence a lasser , mais ce que vous ecrivez me semble montrer que vous n’avez pas compris l’ importance de la structure ….
        de façon caricaturale , on peut dire que le modele structurel vertueux (non dé-naturé) de l’espece humaine , devrait etre un million de groupes de 60 personnes et non un groupe centralisé de 60 millions de personnes .
        Pour la raison primordiale que l’affect et la hierarchisation qui en découle et optimise l’individu a besoin de ne pas dépasser ce modèle .
        La structure peu squattée par l’étatisme qui s’était développée en modèle fractal ( 10 villages , 1 bourg …10 bourgs , 1 ville …. ) restait vertueuse puisque appuyée sur l’idée de l’autonomie maxi de chaque groupe ( Braudel …qui semblait le déplorer !)
        Un des nombreux avantages de ce modèle est qu’il supprime ou du moins freine la tentation d’ UBRIS …La taille du groupe suffit a valoriser l’ individu par des interactions entre individus qui se connaissant peuvent valider la valeur (qq elle soit)

      2. @ kercoz

        J’interprète la citation de Thom comme suit: si on se contente des structures statiques habituelles, façon diagrammes cybernétiques, on ne peut faire évoluer le système continûment, on doit briser ou créer des liaisons, ajouter ou retrancher des sommets au graphe. ça peut être dangereux pur la stabilité du système puisqu’on modifie brutalement la structure. On sait que les civilisations ne sont pas éternelles, les constitutions non plus. Pour Thom, si l’on veut les espérer stables, on doit les penser dans le continu.

        Pour la suite, je vous ai déjà dit que je pensais que le fossé était immense entre ce que Thom savait (démonstrations à l’appui) et pensait des systèmes dynamiques et ce que, par ex, Prigogine savait, et donc, a fortiori, vous.

        Je n’ai jamais lu ni Saussure ni Lévi-Strauss (seulement qq phrases glanées de ci de là). Pour moi la structure c’est ce qui reste quand on a viré la superstructure, l’image statique naturelle étant celle de la structure d’un bâtiment. “On ne touche pas à la structure”. Sage conseil car cela peut entraîner la mort du système, l’écroulement du bâtiment.

        Mes compétences en sociologie sont nulles. Vous m’avez convaincu de la grande rigidité comportementale des groupes sociaux et donc vous m’avez fait percevoir qu’il y avait une structure sociale et qu’elle était fondamentale à élucider.

        J’ai appris par Paul Jorion que les mythes de certaines sociétés dites primitives étaient structurées comme les 7 catastrophes élémentaires de Thom. Je commence à rentrer un peu dans Stabilité structurelle et morphogénèse (il y a le mot structure dedans), à comprendre (grâce à Thom!) ce que veut dire Lacan lorsqu’il dit “l’inconscient est structuré comme un langage”. Bref, j’ai l’impression d’avoir une idée tous les jours un peu plus cohérente du sujet.
        Pour moi ce blog est d’abord un grand divan psy où je déballe. Je ne suis pas mûr pour engager des discussions enrichissantes sur le structuralisme.

      3. Entre autres perles structurelles kercoziennes :

        Le structuralisme (et la cybernétique) ont échoué tres pres du but …..juste au moment ou on allait découvrir queles modélisation complexes (equa diff) etaient accessibles grace aux ordi
        (les premieres découvertes ont été faites sur une calculette HP)

        Oh bé ça c’est trop ballot didonc… Un peu comme Christophe Colomb qui ferait demi-tour en apercevant les côtes des Bahamas… Sont structurellement niais tes structus.

  11. J’ajouterai que si les assurances, voire les banques, veulent se refaire une santé morale en finançant cette chaire, grand bien leur fasse. Là encore, je fais confiance à Paul Jorion pour ne pas se laisser manipuler. Prenons l’argent là où il se trouve, si nous pouvons l’utiliser comme bon nous semble.

    1. “Prenons l’argent là où il se trouve, si nous pouvons l’utiliser comme bon nous semble.”

      En v’là une belle maxime. On dirait du Capone. Le philosophe de Chicago…

      1. Je reconnais que le sens de la phrase pouvait facilement être détourné et vous ne vous en privez pas.
        J’aurais dû dire : “Acceptons l’argent des riches…”
        Quoique je ne nie pas l’expression d’une certaine violence.

      2. @Nathalie

        Si vous avez un instant, intéressez vous à l’histoire de la philanthropie et vous allez voir que l’argent des riches quand il s’investit dans un domaine d’intérêt général est très très rarement gratuit.

        Bon quand il s’agit d’une personne isolée, on peut éventuellement espérer le gruger et n’en faire qu’à sa tête et c’est déjà bien rare puisqu’argent rime avec pouvoir.

        Mais quand il s’agit d’une structure comme la finance, avec un habitus et un conatus dirait Lordon, aussi marqué, cela équivaut à s’attacher au milieu d’une voie ferrée pour arrêter un train. Mais ce n’est que mon avis…

      3. Oui Proc, c’est très mal la philanthropie, Dante les mettait dans les derniers cercles de l’Enfer ces parasitissimes bestioles. T’as bien fait de pas faire ton p’tit chèque au PDG, c’est assimilable aux chèques à l’abbé Pierre. T’auras p’têt droit au purgatoire. Bien joué, t’es un mariole toi, ficelle le Proc en carton. Méfie toi kamême, les misanthropes et les tartufes eusses, c’est plein centre des Feux de l’Enfer. Quant aux avares…
        Julien c’est pas un parasite, pas un troll ce zig mais une sangsue. T’as du mérite mon bon modo. T’as les clefs du paradis, té.

      4. Molière, prisonnier du mécénat souverain…
        On exploite rarement ces talents, dans une liberté totale, c’est plutôt les contraintes qui nourrissent la création (avec des nuances à chacun de ces termes évidement).

      5. à Julien Alexandre,

        Nicks a cité un ouvrage d’un auteur (N. Guilhot) qui ne commerce pas vraiment au café, et qui rappelle les changements de la philanthropie dans un sens, comment dire, un peu plus “venture”… voire “vulture”… Peut-on espérer quelques digressions sur le “shadow banking” à l’occasion de ces leçons inaugurales ? Ou mieux, sur l’agressivité croissante des fonds de pension en matière d’investissement (voir par exemple Aglietta sur les hedge funds) ? Plus sérieusement, ont-ils besoin d’intellectuels (avec tout le respect que j’ai pour “La crise du capitalisme américain”) pour comprendre le foutoir qu’ils ont créé seuls comme des grands (ça me fait penser à Koo tentant d’évangéliser les élites allemandes)…

        à Vinaigrette,

        Si l’on en juge au nombre d’interventions sur ce blog, il me semble que vous êtes légèrement plus collant que Nicks, non ?

        1. Oysterhead, la “vaste majorité” ou encore la “quasi-totalité”, évaluée au doigt mouillé, c’est bien le café du commerce. Dénoncer certaines pratiques est une chose – louable – mais vouer aux gémonies toutes les initiatives relève du procès d’intention.

      6. @Julien Alexandre

        Vous savez très bien de quelle philanthropie je voulais parler. Celle de Bill Gates ou des Rockefeller par exemple…

        @Vigneron

        Voir au dessus, monsieur qui voit des guignols dans le miroir…

      7. @Alexandre

        Ce n’est pas un procès d’intention, c’est faire ressortir la logique structurelle du système. Le sponsoring, ça n’a rien à voir avec la philanthropie, celle de la définition wiki là. C’est difficile à comprendre ça ?

        1. Ce n’est pas un procès d’intention, c’est faire ressortir la logique structurelle du système. Le sponsoring, ça n’a rien à voir avec la philanthropie, celle de la définition wiki là. C’est difficile à comprendre ça ?

          Qui a dit que le sponsoring était de la philanthropie (source, merci) ? C’est la technique “Nicks” ça, on fait des citations tout seul pour les contredire tout seul comme un grand ?

          La “logique structurelle du système”… pouah ! Tous pourris, hein Nicks ?

          Continuer donc à nous parler de Gates et de Rockfeller, je sens qu’on va bientôt découvrir le “vrai” Nicks. Un effort, camarade !

      8. à Julien Alexandre,

        Dans le contexte actuel, de crise financière structurelle, je pense que le terme de “certaines pratiques” est un tantiner léger : le volume du “système bancaire parallèle” ou des produits dérivés OTC sont deux ilustrations exemplaires de la folie de la dérégulation financière contemporaine, tout comme le décès d’AIG (les assureurs n’ont-ils pas tiré les leçons de son autopsie ?). Plus profondément, je pense que certaines de ces compagnies (dont l’une vante entre autre la raison dans ses publicités) sont assez grandes pour comprendre que souffler dans les bulles des voisins parce qu’ils n’y a plus de malabar à la maison (éclatement de la bulle des “.kom” oblige), conduit inévitablement à de beaux retours visqueux sur la tronche… Donc oui, on peut, à la manière de la légitimation subite du “social business” dans les écoles de commerce, se poser la question de l’instrumentalisation sans sombrer dans la théorie du complot… Ce n’est pas vous qui appréciez la “Nicks touch” sur les Coulisses de B. 😉 ?

        1. Oysterhead, on parle de la philanthropie ou de la marche du monde ? Vous êtes sur le blog de Paul Jorion, vous pensez sincèrement qu’on a besoin de se voir expliquer que le système bancaire et les produits dérivés posent des problèmes ?

          Il y a un concours de réponses à côté de la plaque qui a été lancé à notre insu ?!?

      9. @Vigneron, Julien Alexandre, Nicks

        Ecoutez, ça devient chiant, là! C’est fini, les élections! Halte au feu!

        Il doit y avoir moyen d’écrire son avis, même si, de temps en temps et dans une proportion raisonnable, c’est une sottise, sans déclencher des rafales automatiques, des perfidies gratuites spirituelles (?), des ratiocinages de cour d’école, et des provocations à n’en plus finir.

        Si quelqu’un ne vous plaît pas, vous l’ignorez, c’est tout! Votre avis sur les personnes ne nous intéresse pas!

        Il y a mieux à faire de ce blog!

      10. Peltier, ramène pas ta fraise please. C’est pas plus chiant me semble-t-il que les Thomeries sempiternelles du lapin de base en écho interminable avec des kercozeries standardisées agrémentées de scies stiego-timiotesques. Y’a des petits rigolos qui la ramènent gentiment en jouant les pères la Vertu pour accuser Jorion à minima de naïveté insigne, de récupération, voire d’aller à la soupe et tu veux toi aussi la ramener. Tu les vois pas faire leur job aux mecs à Méluche là ? Tu VOIS PAS ? J’te laisse Peltier.

        Alors Oysterhead ? Te voilà qu’arrives sur la brèche pour jouer la douairière à ton p’tit Proc malhabile quand ça sent l’sapin pour lui ou quand t’estimes que ça vaut la peine d’y mettre ta p’tite patte ? Ça suffit pas d’lui faire directeur de conscience, faut se salir les pognes, si possible en barbouillant ses proies présumées, suspectes d’abord et avant tout, et finalement en tout et pour tout, de tiédeur affirmée pour votre Zhéro pointé de Président PDG et ses tartarinades de rentier patenté d’la politicaille télégénique? Ben ouais ma pinette, c’est assez limpide le p’tit jeu. Vieux comme mes robes, Torquemada et Beria. T’es pas affilié corps et àme Jorion ? Tu fais la fine bouche ? T’es pas avec nous ? T’es un hérétique, un apostat, un agent de l’ennemi, un ennemi du Peuple. (et vigneron c’est un agent trouble, un financier et un mec qui ose troller chez saint Lordon (pas un mot ! on le Sait ! ) en plus du blog interlope du traitre Jorion larbin des assureurs et maître enfumeur de prospects zinnocents zé potentiels du Parti…)
        Tristes petits robots. Mais bordel c’est faible le mot de procès stalinien les Zaffreux là ! Vous percutez ouais ? Vous reussissez l’exploit d’être plus répulsifs que votre Maître bande de nazes. Pour qui vous vous prenez ? Bordel mais pour qui ?
        Des mecs pareils, sérieux j’en révise mon jugement sur Badiou et Labica dit LaHaine,ouais. L’a raison LaHaine, faut réhabiliter la Violence légitime contre la violence commune de l’ignominie.

      11. @Vigneron, je t’aime bien, parce que je sais que derrière ces mots tranchants, tu serais le voisin, sur lequel pourraient compter ces même Nicks ou Oysterhead, s’ils habitaient auprès de toi.
        J’aimerai bien ajouté un truc comme:
        “il était dur avec les autres, comme il l’était avec lui même” et d’ajouter:
        “c’est jolie dans les livres, mais chiant dans la vie”.
        Sauf que ce serait simple et tu l’es pas (et si y avait que toi 🙂 ).
        Tant pis, faisons, simple, imagine ce blog et ces quelques commentateurs comme une machine, avec de nouveaux rouages ou des courroies en plus, mais pas forcement adaptés.
        Si tu arrives avec un marteau, ça peut marcher, mais pas tout le temps.
        Si tu arrives avec de l’huile, ça peut marcher, mais tu beurres le bordel et ça suffit pas longtemps.
        Je sais pas, mais ils sont pas responsables de l’ordre du monde, ni de l’espèce humaine.
        Bien sur ils sont fiers, mais moi j’aime bien la fable du chêne et du roseau (et là nicks tu as prouvé que tu étais en chêne), alors parfois ça sert à rien de prendre une tronçonneuse, pour mater une graine en germe qui s’oppose à la terre, pour chercher où est le ciel.

      12. @ Capitaine Haddock

        Je fais du prosélytisme pour l’oeuvre de Thom. Imperturbablement. Sans grand succès (aucun?), je le reconnais. Jusqu’à présent. Car j’ai la faiblesse de croire que le vent peut tourner rapidement.

        Je vous suggère d’ouvrir les yeux pendant qu’il est encore temps au lieu de tirer sur tout ce qui bouge.

      13. Samuel, t’es gentil, cause comme ça autant qu’tu veux à tes brettes si elles t’en font du taux butyreux ou des sourires mais ça marchera pas pour moi.
        Bugs Bunny, tu sais c’que j’leur dis aux prosélytes ?

      14. A Julien Alexandre,

        Ce sera mon dernier post, afin de ne pas perturber le “cours du blog”. J’ai parfaitement conscience du fait que les rouages de la finance ont été analysés et critiqués sur ce blog et j’ai été un lecteur passionné (ben oui ma petite vignette) par La crise du capitalisme américain et surtout de L’implosion, notamment pour le point de vue interne, l’ethnographie du champ financier. Je mentionnais également des assureurs dans mon message et leur rôle dans la crise actuelle ; on peut évidemment éviter d’en parler, mais je pense qu’on est bien sur la plaque, et non à côté (le rôle des fonds de pension et de leurs stratégies plus agressives est, par exemple, une question décisive, bien traitée par Michel Aglietta). Je demande simplement, dans le sillage du message de Nicks, quelle est la marge de manoeuvre d’un intellectuel critique, dans le contexte actuel, face à des mécènes de cette envergure (cf. le cas de Richard Koo auprès de la haute finance allemande : on trouve le concept de récession de bilan intéressant, puis rapidement, on s’en fout et on continue – Deutsche Bank en tête – à aller chercher sa monnaie banque centrale à la BCE, à créer sa petite bad bank et à poursuivre sa quête aveugle du rendement… en attendant tranquillement la prochaine chute du PIB, toujours un peu plus forte pour les économies extraverties dépourvues du levier de l’endettement des voisins). La récupération de la critique par le capitalisme, c’est pas nouveau, pas besoin de chercher du côté des écrits d’intellectuels organiques, Boltanski et le nouvel esprit du capitalisme suffisent.

        A Vigneron,

        Tiens, on délaisse la technique pour le point de vue moral et paranoïaque ? Je laisse de côté les insultes (pinette, etc.) qui passent systématiquement la modération ; je passe également sur la réhabilitationde “la Violence légitime contre la violence commune de l’ignominie” (forme de lyrisme néocon adolescent et éculé BHL-o-libyen) ; non, le plus révélateur est sans doute cette stigmatisation récurrente et puérile (que l’on retrouve dans de très nombreux posts) des partis politiques (et de la politique), comme le mal absolu …le “tous pourris” est scandaleux pour la finance mais pas pour la politique, n’est-ce pas vinaigrette ? Délégitimer en permanence l’offre politique (ben oui quoi, les élections c’est fini), permet de laisser le champ libre aux intérêts organisés (groupes d’intérêts qui, c’est bien connu, ne font jamais de politique) qui court-circuitent les institutions de la démocratie représentative (cf. le beau travail de dérégulation financière sous Clinton, ou les effets mirobolants des think tanks néocons en matière de politique étrangère dans le sic “grand moyen orient”) : c’est un choix. Le problème est qu’à diaboliser les points de vue alternatifs (l’utilisation du terme “stalinisme” traduisant la modération du propos et sans doute aussi une certaine distance générationnelle) vous évitez de mentionner le décalage structural de l’offre idéologique vers le libéralisme pur et dur depuis quarante ans : Mélenchon et Dupont Aignan, systématiquement présentés comme des extrémistes, étant les meilleurs révélateurs de cette évolution, sans doute parce qu’ils n’ont pas renoncé à faire l’anamnèse de l’évolution mentionnée ; une plongée rétrospective dans la politique économique des années 1950 aux Etats-Unis – comme le fait par Halimi dans le grand bond en arrière, par exemple – produit exactement le même effet, qui contraste légèrement avec la politique à la corbeille des super PAC des années 2010, prometteurs de belles offensives anti-étatiques à venir.

        Je vous laisse faire tranquillement (et belliqueusement) votre petit travail de juge de paix, tant admiré sur ce blog, dépolitisé en surface mais so “market friendly” à l’examen ; continuons donc aveuglément la politique de l’offre (i.e. interdiction de la monétisation directe, augmentation des réserves des entreprises, déficit public zéro) et, dans un second, interrogeons nous naïvement – en prenant des poses inspirées – sur le succès des “aubes dorées” de tous les continents. En matière politique – interne comme étrangère – les politiques radicales amènent inévitablement des blowbacks radicaux…

        1. @ Oysterhead

          Je demande simplement, dans le sillage du message de Nicks, quelle est la marge de manoeuvre d’un intellectuel critique, dans le contexte actuel, face à des mécènes de cette envergure

          Non, s’interroger est un processus dont l’expression ne se traduit pas en premier lieu par l’affirmation que ” la logique structurelle du système” rend impossible le fait que Paul Jorion ne soit pas un salaud de vendu.

      15. A Julien Alexandre,

        Bon restons en là, la dérive vers des catégorisations morales (“salaud”, “vendu”…) contribue à personnaliser et à passionner à outrance le débat et nous éloigne de la question fort classique (et bien traitée par Bourdieu) des conditions de possibilité de l’autonomie du chercheur.

        1. @ Oysterhead

          Bon restons en là, je n’attendais pas de votre part une telle caricature de mes propos.

          Caricature ? Relisez les propos de Nicks, auxquels vous acquiesciez.

          Nous n’attendions pas non plus une telle remise en question caricaturale de l’intégrité de Paul.

      16. Bon vent l’huître, si je puis dire. Tissu d’approximations et de clichetons le blabla pour noyage de lézard mais passons. Si kamême, la violence légitime dont je cause serait celle des néocons ou des interventionnistes otanesques type BHL ? Alors idem pour Badiou ou Labica puisque c’était eux la référence. Les neocons, comme les cons tout court et les salauds itou sont toucouleurs te dirait le Georges – Brassens pas Labica.

        1. @ Nicks

          Je n’ai pas dit que Paul Jorion était un vendu mais que la structure allait l’absorber.

          Ah mais bien sûr Nicks ! Il est pas encore vendu, mais ça ne saurait tarder, c’est ça ? Y a qu’à voir, 17 ans dans la finance, on a vu “l’absorption” à l’oeuvre dans les écrits, n’est-ce pas ? Ah, oui, là c’est différent, isn’t it ?

          Evidemment, dit comme ça, c’est beaucoup moins insultant, hein Nicks ?

          Faudra penser à m’inviter à manger à la maison Nicks. Quand je rentrerais, je m’essuierai les pieds sur la robe de chambre et puis ensuite je vomirai sur le tapis du salon. On mettra ça sur le compte de “l’absorption par la logique structurelle du système”, n’est-ce pas ?

      17. @vigneron, va pour bugs bunny 🙂 (justement, quoi de neuf docteur? 🙂 ) , j’ y retourne à mes brettes, ça va pas ce faire sans moi.

      18. Ah ouais « les structures », bien sûr. Z’ont bon dos les structures. Remarque bien qu’y en a des bonnes de structures hein Julien ? Ben voui, comme certain parti par exemple. Ou alors des structures très vilaines mais ousqu’on peut mettre juste un orteil sans risquer d’y laisser ses couilles et son âme t’vois ? Si on est cré cré fort et cré cré zintègre bien sûr. Pis si on confond pas les moyens avec les fins évidemment. Genre de structure comme une agence bancaire ou bien une assemblée parlementaire au Luxembourg puis à Strasbourg.

      19. @ tous

        De toute façon, nous avons échappé au pire. Imaginez que la chaire de Jorion aurait pu être financée par des fonds publics, alloués par un gouvernement social-traitre vendu à la finance et suppôt de l’ultra-néo-libéralisme international. Brrr ça fait froid dans le dos.

        1. Et la discussion sur le don versus (ou pas) mécénat, ça ne vous intéresse pas ?

          Quel est le rapport avec le billet Nicks ? Réponse : aucun.

          Proposez-nous un billet invité sur le don versus mécénat. Si ça tient la route, je le publierai et l’on pourra avoir un débat dans le fil approprié.

      20. @ Capitaine Haddock

        Les piliers de ce blog (dont vous et moi faisons actuellement partie) forment une petite communauté à l’intérieur du blog, chacun d’entre nous jouant un rôle, comme au théatre. PJ, c’est bien entendu Tintin. L’hebdo distribué de mon temps dans les kiosques (on peut acheter les albums complets en librairie) le Jeudi, est désormais dispo sur Youtube le Vendredi. Avec un petit suspens entretenu, le fameux “à suivre” qui nous tenait en haleine pendant une semaine, jusqu’au dénouement, au dévoilement, à l’apocalypse, en général chez Hergé du côté de la page 60, pour laisser la place du “happy end” page 63.

        A l’instinct je vous colle à la place du Capitaine Haddock (Vigneron…l’alcool… car vos propos, quand je les lis, cad rarement, me paraissent le plus souvent incompréhensibles). Mais dans la vraie vie, cad dans ce blog, je ne perçois pas votre rôle. Dit plus crûment je ne comprends pas pourquoi la modo vous tolère.

        Nous vivons en “live” Tintin en Amérique, Al Capone/Goldman Sacks et toussa. De mémoire le capitaine Haddock n’y figurait pas.
        Cago= (je crois) je chie en latin. Chicago… De là est sortie la puanteur des temps modernes qui a contaminé le monde. Mais c’est Tintin qui gagnera à la fin! 🙂

      21. @ Nicks

        “Je n’ai pas dit que Paul Jorion était un vendu mais que la structure allait l’absorber.”

        Je suis convaincu que la structure actuellement en place ne va pas absorber Paul Jorion.
        Pour utiliser un vocabulaire thomien, je suis convaincu que PJ est l’une de ces singularités structurellement stables autour desquelles la structure sociétale à venir va progressivement s’organiser.

        Pour moi Paul Jorion est un “grand” de la pensée contemporaine.
        Ouvrez les yeux…

      22. @Basic

        Paul Jorion est un bon spécialiste de la finance privée. Cela s’arrête là pour moi mais c’est ce qui m’a poussé à venir sur ce blog à l’époque où je cherchais à appuyer Lordon notamment, par d’autres sources dans mon argumentaire sur la crise.

        En revanche, je ne crois pas du tout à ses solutions politiques et je crois même qu’elles sont contre-productives.

        @Alexandre

        Si un éventuel billet est allégé des trois quarts de son propos comme vous le faites pour mes messages, je doute un peu de l’utilité de la démarche. Cela dit, vous avez très bien compris pourquoi je parle de don quand on me dit mécénat. Le rapport est évident avec le sponsoring, il y a l’idée de gratuité. Pourquoi les contributeurs se font il connaître ? Il est bien évident que je parle ici d’activité d’intérêt général, de politique, et pas d’affect.

        Si je faisais un billet, son objectif serait de démontrer que l’Etat par l’impôt, dans un cadre démocratique idéal, est le seul outil à même de rendre le don anonyme et désintéressé de l’individu, dans un objectif de garantie du bien commun. Bien entendu, je ne vais pas perdre du temps à rédiger un article si mes commentaires continuent à être tronqués pour me décrédibiliser (d’ailleurs si celui-ci passe…) et je crois maintenant malheureusement que c’est une assurance que je ne peux plus avoir, la parole n’étant plus libre (et ne me dites pas que j’ai insulté Paul Jorion, j’ai juste mis l’accent sur le gros point faible à mon sens de sa méthode). Ce faisant, vous trahissez la faiblesse de votre projet en le protégeant de la sorte (Quatremer qui n’est pas mon ami, a toujours fait preuve de bien plus de tolérance à la pensée adverse)

        1. Nicks, ce qui est bien avec vous, c’est que la discussion est toujours au ras des pâquerettes, avec des réflexions profondes qui valent vraiment leur pesant de cacahuètes en or, du genre : “l’Etat par l’impôt, dans un cadre démocratique idéal, est le seul outil à même de rendre le don anonyme et désintéressé de l’individu, dans un objectif de garantie du bien commun.”

          J’entends Derrida et Mauss rigoler dans le fond. On se calme les gars, c’est “Nicks” tout de même, le roi du rapport de force, le stratège politique cum laude ! Puisqu’il vous dit qu’il n’y a que l’État qui peut donner. Les gens sont tous animés de mauvaises intentions, seul l’État de Nicks, qui flotte dans la stratosphère de sa réalité immatérielle et déshumanisée peut donner sans arrières-pensées.

          Bien entendu, je ne vais pas perdre du temps à rédiger un article si mes commentaires continuent à être tronqués pour me décrédibiliser (d’ailleurs si celui-ci passe…)

          Relisez-vous : je vous rends service. Vous n’avez besoin de personne pour que saute aux yeux la vacuité de votre “méthode” et le discrédit qui accompagne presque automatiquement chacune de vos interventions. Un prosélyte vous êtes, rien de plus, rien de moins. Porter la bonne parole de Méluch’ et Lordon en postant à tout bout de champ sur le net pour expliquer aux autres qu’ils n’ont rien compris, c’est ça la fameuse “méthode Nicks”. Quel succès. Ne vous sentez pas insulté, hein, “j’ai juste mis l’accent sur le gros point faible à mon sens de {votre} méthode”, n’est-ce pas Nicks ?

          Ce faisant, vous trahissez la faiblesse de votre projet en le protégeant de la sorte

          On aime bien la dialectique éristique Nicks, hein ? Ça n’impressionne que dans les cours d’école quand les ados à peine pubères découvrent la philo. Z’êtes trompé d’endroit.

      23. @ BasicRabbit

        Les renards tolèrent fort bien les lapins. Vous m’avez même appris qu’il leur arrive de ne faire qu’un avec eux. 🙂

      24. @ Nicks
        Je suis totalement incompétent en économie et en finance. Je sens bien qu’il y a un gros “loup” quelque part. Je ne sais pas formuler le truc. Je dois à Aristote (via PJ) la seule chose qui est claire dans ma tête: pour que ça fonctionne il faut préserver une structure beaucoup plus complexe que celle issue du rapport basique offre/demande qui est rappelé dans presque chaque article des traités européens.
        Misère de la pensée économique qui, pour moi, va de pair (de paire je sais jamais) avec la misère de la pensée biologique dominante. Pour moi offre/demande et néo-darwinisme, kif-kif, même combat. Si vous êtes néo-dar (quasi sûr puisque vous êtes nécessairement mécréant, révolution de 1789 oblige), vous capitulez en rase campagne devant les néo-lib (qui doivent se marrer comme des baleines! 🙂 ).

        Je vous ai déjà dit tout ça. Je vous le répète: vous avez deux cents ans de retard. Retard que vous pouvez rattraper en un clin d’oeil. Car il n’est jamais trop tard pour ouvrir les yeux…

      25. @Alexandre

        Je ne me sens pas du tout insulté au fait. Et puis écoutez si ma méthode est minable et infructueuse, autant me laisser faire le boulot hein, pas de danger ? Vous auriez du laisser passer alors ma justification à Samuel, puisqu’elle aussi m’aurait encore plus enfoncée. A quoi pensez vous donc ?

        1. Et puis écoutez si ma méthode est minable et infructueuse, autant me laisser faire le boulot hein, pas de danger ?

          Justement non Nicks.

          1/ Il nous appartient de garder un certain niveau.
          2/ Le blog de Paul Jorion n’est pas un “service public” que vous pourriez avoir le loisir d’instrumentaliser pour faire passer vos idées.

          Vous avez votre propre blog Nicks, puisque votre méthode et vos idées sont si porteuses, soyez assuré que le succès est au bout du chemin (qui peut être long et tortueux, c’est la règle sur le web).

          Bon courage, et bon vent !

      26. @ Mor

        Thom: “Le pragmatisme n’est guère qu’un retour à l’animalité. Le positivisme a vécu de la peur de l’engagement ontologique.”

        Avez-vous peur, Mor? Ou roulez-vous pour le “struggle for life”?

      27. Tout bien pesé Julien, j’crois qu’il faut le laisser sévir (servir ?) le Nicks. Ben ouais, j’en suis arrivé à l’intime conviction qu’il est en fait une créature de la droite sociale-libérale hollandaise placée ici et chez Quatremer pour dissuader tout vote FdG parmi les bloguasseurs qui y trainent. L’est ficelle le Françoué kamême. Pas étonnant qu’il ait fait du p’tit bois du Jean-Lumière. L’arrive même à recycler le p’tit bois pour se chauffer ! Et nous on en fait un défouloir de son agent trouble, un punching-ball, crevé le punching-ball, mais kamême.

      28. Très pénibles, les interventions de Nicks, parce qu’elles ne contiennent aucune critique réfutable. Elles se contentent de semer le doute, de faire entendre l’air du soupçon sans les paroles.

        Ça commence ici : “intéressez vous à l’histoire de la philanthropie“, c’est par là que ça se passe, mais quoi ?

        Ensuite : “Mais quand il s’agit d’une structure comme la finance, avec un habitus et un conatus dirait Lordon, aussi marqué, cela équivaut à s’attacher au milieu d’une voie ferrée pour arrêter un train” : ça laisse entendre que Jorion se livre pieds et poings liés à la finance, qu’il travaille pour elle comme un vulgaire trader. Ce n’est pas réfutable et c’est insultant.

        Reprise du même procédé ici : “Ce n’est pas un procès d’intention, c’est faire ressortir la logique structurelle du système. Le sponsoring, ça n’a rien à voir avec la philanthropie” : cette fois, il faut regarder du côté du sponsoring, mais pour y voir quoi ? Le discours veut simplement signifier que philanthropie et sponsoring c’est de la m…, que Jorion le sait ou devrait le savoir, et donc que s’il accepte de plonger dans cette m…, c’est que…

        Sous la pression, la “critique” se fait plus “précise”, ici : “Je n’ai pas dit que Paul Jorion était un vendu mais que la structure allait l’absorber.” : bien sûr qu’il ne l’a pas dit, mais que faut-il attendre de quelqu’un qui “se laisse absorber” par une structure de ripoux ?

        Inutile de dire que je n’ai que du mépris pour les gens qui s’expriment de la sorte, par des sous-entendus qui visent à abaisser des personnes. Que cet enseignement sera un jour récupéré, c’est bien possible et fort probable, mais son auteur n’y sera pour rien.

      29. @ J.A.

        Je sollicite votre grâce pour Nicks.

        D’une façon ou d’une autre, si on vire tous les chieurs de ce blog, je vais me retrouver bien seul.

      30. @ Marc Peltier
        Alerté par un blogueur, j’ai regardé il y a quelques mois un cours de Dehaene. L’intégrer dans la tambouille c’est réintroduire le quantitatif dans le jeu intellectuel. C’est ama très dangereux car cela permet d’avoir une attitude démiurgique, de se prendre pour un demi-dieu, et d’agir sans comprendre. Il faut donc ama être extrêmement prudent. Surtout lorsqu’il s’agit de la psychologie et du cerveau. Voir le commentaire 16 de ce billet pour l’état de l’art concernant le rapport quantitatif/qualitatif. Vous constaterez que ce n’est pas gagné!

        Les proba-stat ne m’ont jamais intéressé (j’ai réussi à passer 40 ans de vie professionnelle sans devoir les enseigner).
        Vous savez que ma vision est holiste: tout agit sur tout, s’il y a cause qui produit effet il faut toujours penser feed back. Or la loi de Bayes concerne les probabilités conditionnelles sans feed-back (à vérifier, c’est vraiment pas mon truc). Ceci dit la vision holiste n’est qu’une vision. La vision réductionniste en est une autre et les deux concernent la même représentation du monde, le même paradigme (deux faces d’une même statue).
        Il n’est pas impossible que l’approche bayésienne marche mais, en écrivant ces mots je n’y crois pas: por moi un cerveau humain marche en permanence au “feed-back”.

        Cordialement, BR.

      1. Nathalie, Louise
        C’est marrant quand même. Trois femmes (dont moi) disent lisent ensemble.
        Trois femmes qui ont reconnu l’odeur prégnante du sang dans les mots depuis quelques mois. La désespérance est peut-être un luxe que les femmes refusent parce qu’elles en savent la contrepartie immédiate : ne pas pouvoir nourrir les enfants trois fois par jour, chaque jour ?

      2. @baleine
        Il doit y avoir de ça, en effet.
        Je suis le blog depuis 4 ans environ et je suis consternée en voyant ces disputes de chiffonniers sur ce qu’a dit ou pas dit tel ou tel “économiste patenté”.
        C’est du coupage de cheveu en quatre.
        Vouloir continuer avec un système basé sur des échanges commerciaux avec profits est criminel.

      3. Pourquoi si peu de femmes sur ce blog? Pourquoi si peu de billets rédigés par des femmes? Pourquoi ces apartés féminins (et masculins)?
        Sommes-nous faits pour vivre des relations fugaces, le temps de la procréation, suivies de périodes où hommes et femmes suivent chacuns leur destin?

      4. @baleine et louise
        Je ne pense pas que les femmes aient un regard systématiquement différent de celui des hommes sur la désespérance parce qu’elles pensent à nourrir leurs enfants chaque jour… Désolée, je trouve cela un peu simpliste, même si je suis convaincue que nous ne sommes pas foutus pareil, hommes et femmes. Et heureusement.
        Mais je suis entièrement d’accord avec vous pour me désoler de ces querelles mesquines.
        Je ne pensais pas que le fait que l’on offre une chaire à Paul Jorion, qu’il puisse enfin obtenir une reconnaissance officielle, devienne manifestement insupportable à de nombreux commentateurs.
        Personnellement, je suis ravie pour lui, pour nous, pour ses futurs doctorants et pour tous ceux qui bénéficieront – directement ou indirectement – de son enseignement.

      5. Nathalie.
        Oui simpliste. J’aime être simpliste quand je lis des complexistes.
        Et oui dans les conflits que je connais, le retour basique aux fonctions organiques s’effectue, par la force des évènements et leurs rapports. Exit la loi protectrice ? La force et son éthique fait office de. Je vous garantis que les femmes sexuellement actives et les autres munies de marmailles ont deux préoccupations prioritaires dans une insurrection, une révolution, une guerre civile une guerre une contre révolution : nourrir les susdites, puis courir vite. Sur la place du Caire récemment quelques unes victimes de leur euphorie démocratique ayant négligé leur entraînement pourraient vous en parler. Le feraient-elles après que désormais le calibrage statistique des horreurs noierait leur parole dans un flot de banalités, la seule vision des atrocités par écran interposé suffisant à construire une idée de …. l’éthique. La peur n’est pas que résignation. Dans bien des cas elles est aussi salvatrice.
        L’éthique est une logique subjective. Il est donc question de désir. Parfois les désirs de l’ombre sont bien planqués derrière le poids des mots tus, des mots dits et le choc des images.
        Une éthique commune ce sont des désirs communs.

      6. @ baleine

        Du bon sens, rien que du bon sens. Vous avez cent fois, mille fois raison!

        Les hommes de ce blog passent leur temps à se compliquer les choses, à étaler leur culture, voire à “se mesurer la bite”, chacun s’abritant derrière son champion, tel ou tel “grand” penseur ou des trucs comme ça. Où est le bon sens dans tout ça?

        Je souhaite ardemment que ce blog s’organise autour de la seule singularité structurellement stable qui vaille: LE BON SENS.

        Comment trouver le bon sens? En se posant d’abord les bonnes questions: Que veux-je? Que puis-je, Que dois-je?, le triangle de l’éthique. Trois questions qui renvoient à une plus fondamentale, LA question: Qui suis-je?

        Le philosophe/mathématicien René Thom répond à ces questions et indique le sens, le bon sens. Son oeuvre est d’approche difficile (au moins pour moi!).

        Je fais du prosélytisme pour son oeuvre sur ce blog depuis deux ans maintenant. Apparemment sans succès. Peut-être (sans doute) parce que je manque de charisme et de conviction. Je souhaiterais tellement pouvoir fonctionner au moins en duo sur ce blog, pouvoir se renvoyer la balle, progresser, clarifier ses idées pour pouvoir convaincre le citoyen, l’homme et la femme de tous les jours, égarés par le matraquage médiatique, mais dont je suis sûr qu’au fond d’eux-mêmes ils sont pétris de bon sens.
        Je lis avec beaucoup d’intérêt les commentaires féminins (ou supposés tels, on ne sait jamais vraiment avec les pseudos). Mon verdict: pétris de bon sens.

      7. @Basic
        Oui, du bon sens.
        Il n’est pas trop compliqué de se représenter le monde de l’argent comme une fontaine en circuit fermé dont tout un tas de tuyaux, de barrages, de dérivations retiennent, petit à petit, l’eau dans des bassins de rétention, faisant se vider la cuvette et tuant les poissons.
        Rien de ce qui est préconisé ne renverse le processus.
        La seule chose à faire est de détruire tout ce fatras compliqué pour revenir à ce que toute l’eau arrive librement dans la cuvette pour que le niveau soit toujours le même.
        Toutefois il faut parfois se méfier du bon sens et des simplifications.
        Le meilleur des Mondes est là pour nous le rappeler.
        Ce genre de bouquin n’est pas là pour nous montrer notre futur mais un possible futur, à nous d’éviter d’en faire un avenir.
        Thom est certainement très intéressant, mais bien qu’ayant un cerveau “matheux” (dixit tous les tests que j’ai passés étant gamine) j’ai les maths en horreur.
        Et en plus fort peu de temps pour m’y remettre, mais ce que vous en dites est très intéressant et j’aimerai bien approfondir la chose.

      8. La seule chose à faire est de détruire tout ce fatras compliqué pour revenir à ce que toute l’eau arrive librement dans la cuvette pour que le niveau soit toujours le même.

        Le problème de la stratégie brise-fer, c’est qu’on risque fort de voir les poissons hoqueter au soleil pendant qu’on s’enfonce dans le marécage organisé par notre révolutionnaire intervention.

      9. nathalie,

        Oui simpliste. J’aime être simpliste quand je lis des complexistes.

        oui, trois fois oui !!! et le plus savoureux est de laisser le complexiste s’emmêler les pinceau tout seul, se contredire, pour finalement devenir inaudible, voire imbuvable. une croisade ici. le complexiste a peur des mots simples et démocratisés comme justice, pauvre, réforme, prison, privilège, enfant, douane, corruption ect…
        bon ça a ses limites aussi ce pourquoi je lis paul qui à partir d’un prêt pour un frigo peut vous faire un bouquin vraiment éclairant, sans forcément souscrire à ses solutions d’ailleurs.

      10. @ louise

        A propos des maths.
        Kercoz (chez le vieux en breton) a dit qqchose que je trouve génial et qui résume parfaitement la situation: “je suis une crêpe en mathématiques officielles”.

        Il y a effectivement deux mathématiques.
        D’une part celle de la maîtrise, qui sert pour prévoir les trajectoires de satellites, calculer les structures de l’ A380, et le nec, contrôler les réactions nucléaires. La situation est sous contrôle, nos experts ont tout prévu, d’ailleurs ils sont prix Nobel. Dormez sur vos deux oreilles, braves gens. Ces mathématiques font de l’homme un démiurge, elles lui permettent de se donner l’illusion de se prendre pour un dieu. Ces mathématiques quantitatives (car elles le sont) permettent d’agir sur le monde sans le comprendre). Thom parle à propos de certaines utilisations de ces mathématiques de la “maîtrise” de “torrents d’insignifiance” qui font froid dans le dos.

        A l’inverse il y a les mathématiques que l’on peut qualifier d’intelligibilité. Ce sont des mathématiques qualitatives qui permettre de comprendre le monde (au moins de l’interpréter de manière intelligible), mais pas d’agir sur lui (le qualitatif…). Ces maths sont proches de la philo et de la psycho. Ainsi le rapport signifiant/signifié se retrouve dans le rapport géométrie/topologie. Ces maths, dont Thom est l’un des pionniers, permettent de faire la jonction entre philosophie et mathématiques. Thom: “il faut être philosophe en sciences et scientifique en philosophie”. Il le prouve de manière éclatante en faisant la jonction entre l’approche philosophique d’Aristote et sa propre approche mathématique.

        Je comprends votre réticence vis-à-vis des maths. Quant à moi je suis convaincu que ces maths de l’intelligibilité sont profondément humanistes. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’on peut classifier les mythes de certaines sociétés dites primitives à l’aide des catastrophes élémentaires. PJ en connaît un rayon à ce sujet.

      11. @ methode

        J’aime bien votre commentaire. Et, pseudo oblige, je vous propose une méthode assez radicale pour simplifier les choses.

        Galilée a perfectionné la lunette astronomique pour s’apercevoir que le monde était encore plus compliqué que prévu. Maintenant c’est Hubble et, dans l’infiniment petit les nanoscopes. Plus on cherche l”atome, la brique élémentaire qui va permettre, on l’espère, de tout comprendre et reconstruire, moins on y comprend. Voilà où nous ont mené des siècles d’attitude réductionniste.

        La méthode que je propose est de regarder par l’autre bout de la lorgnette. Tout paraît d’un coup simple, trop simple (un comble!) C’est l’attitude de Thom, holiste. Et ça marche! Au début c’est dur, très dur, il faut bouleverser jusqu’à sa façon de penser. Puis, progressivement, si on ne lâche pas le morceau, ça s’éclaire, le voile se dévoile, l’apocalypse…

      12. @ Mor

        Je préfère être suspect plutôt que lèche-cul. Et toc! 🙂

        Mais pt’ain, qu’est-ce que je vous ai fait? Je tente de faire part des idées d’un mec que je trouve génial et qui s’appelle René Thom. Point barre. Je vois bien que je suis quasi seul contre tous. C’est quoi le problème? Matheux rime avec galeux?

      13. @BasicRabbit, à propos du réductionnisme :

        1
        J’ai retrouvé un dessin de D. Hofstadter, dans “Escher, Gödel, Bach” (page 376), où les mots, et les lettres composants les mots (dessinés elles aussi avec d’autres lettres de plus petite taille), de “Réductionnisme” et “Holisme”, sont enchevétrés d’une façon très savante, de sorte que l’on peut lire chacun des mots selon une clé particulière (par exemple le sens suit l’accroissement de la taille des lettres). La figure globale écrit “HOLISMEONNISME” ou “REDUCTIHOLISME”, selon la clé que l’on applique. Le texte accompagnant la figure, et la commentant, est lui-même la transposition au langage du final d’une fugue, où les voix “REDUCTIONNISME” et “HOLISME” se rapprochent et fusionnent. Brillant, comme tout le bouquin!

        2
        Ama, comme vous dites, le réductionnisme est incompatible avec la prise en compte de la relativité informationnelle (celle qui s’impose à toute expérimentation dans toute discipline scientifique, comme à notre expérience humaine de façon plus générale). Or le réductionnisme a jusqu’ici été le principal outil du progrès des sciences, avec un certain succès, il faut bien le reconnaître. Ama toujours, c’est là l’une des clés des apories que la physique n’arrive pas vraiment à digérer depuis bientôt un siècle…
        Je pensais naïvement que le continu et le réductionnisme étaient essentiellement alliés (calcul différentiel, par exemple), mais la lecture de Thom me renouvelle. Merci pour cela…

      14. basic rabbit,

        ces torrents d’insignifiances de la mathématique qualitative pourraient-ils être à l’origine de la fréquence remarquable avec laquelle des mathématicien ‘de génie’, voire des physiciens, sombrent dans la plus parfaite folie? c’est quelque-chose qui me tracasse, comme dans un proche domaine je rejette les conclusions nietzschéennes.
        je ne sais pas si c’est thom, mais malgré un prosélytisme intense et ma fâcherie avec les maths, vous n’êtes ni rébarbatif, ni antipathique. ce qui ne devrait pas vous empêcher de vous exprimer avec clarté et intensité sur les enjeux et lignes de fractures plus terre-à-terre qui traversent le blog et ce monde, en dehors d’une perspective thomiste-non-d’aquiniste.

        bien à vous

      15. @ Marc Peltier

        Je commence par la fin. Très heureux que vous vous plongiez dans Thom. Vous êtes le deuxième à le déclarer ouvertement sur ce blog, le premier étant Alessio Moretti. Il me semble avoir lu que vous étiez ami de longue date de Bernard Laget. J’en déduis que vous êtes peut-être comme moi en retraite et que nous pourrons échanger à propos de l’oeuvre de Thom sur ce blog: jusqu’ici je me sens bien seul.

        J’avais lu rapidement la fiche Wiki de Hofstadter. Je viens de la relire: en plein dans les idées qui préoccupent Thom. Hofstadter fait une analogie entre les systèmes formels et la morphogénèse de l’univers. Thom est d’un avis opposé: un système formel ne peut violer le principe de raison suffisante de Leibniz, alias le principe de Curie (les symétries des causes se retrouvent dans celles des effets). Ce serait intéressant de regarder ça de plus près: Hofstader et Thom sont des visionnaires, ils ont une vision du monde. Ceci dit Thom est un matheux, il prouve, à ma connaissance pas Hofstadter: la différence est énorme.

        Ceci dit Hofstadter n’a pas forcément tort: le paradoxe d’Achille et de la tortue cache peut-être des “loups”. Thom revient souvent sur ce point fondamental pour lui (cf. la discussion réductionnisme/holisme ci après): c’est ainsi qu’il justifie la primauté du continu sur le discret.

        Concernant le deuxième d’incomplétude de Gödel je ne sais pas si PJ a tort ou raison: peu m’importe pour l’instant car j’ai d’autres moyens de me conforter dans l’idée que nous sommes dans le même paradigme. Intuitivement je sens un rapport avec Lacan et l’impossibilité de verbaliser, de décrire, certaines choses que l’on imagine. Il y a toute une théorie de la correspondance preuve/programme (logique mathématique classique/informatique) initiée par Curry et Howard. Le 1er(?) théorème d’incomplétude de Gödel correspond à un programme de réparation de fichiers. Il y a en biologie un processus de correction des dommages aux molécules d’ADN qui codent le génome; L’analogie me paraît trop évidente pour être fortuite!

        Concernant le réductionnisme et le holisme il s’agit de voir la même chose (d’avoir la même conception du monde) de deux points de vues différents (la même statue vue sous deux angles différents). Dans certains cas un point de vue est préférable, dans d’autres c’est l’autre. Il y a a ce sujet un choc de titans: Aristote et Mach d’un côté, Einstein (celui de la relativité générale) et Thom de l’autre. Je place Gödel du côté de Mach et Aristote. perso je me pla

      16. (suite)

        ce du côté de Thom: c’est la matière indifférenciée (la “glaise” initiale continue et homogène) qui aspire à la forme. C’est, je crois, l’idée de base d’Aristote. Je ne sais pas pourquoi il a changé son point de vue…

        Concernant les applications des maths quantitatives, je crois que votre vision est très bisounours. Thom parle dans certains cas (je ne sais plus où) de torrents d’insignifiance. ça fait froid dans le dos s’il songe au nucléaire…

        J’arrête là pour le moment.
        Cordialement, BR.

      17. @ methode
        “ce qui ne devrait pas vous empêcher de vous exprimer avec clarté”

        J’ai l’impression de m’exprimer avec clarté (impression assez récente!). Autrement dit je suis en phase avec moi-même, je me trouve moi-même convaincant. C’est un premier pas important. Il me reste à convaincre les autres…

        Concernant la santé mentale des matheux, c’est pas top! Nash (pour moi un “grand”, pas pour ses équilibres économiques, mais pour ses théorèmes de plongements de variétés riemanniennes) était atteint “grave”. Thom dit dans un de ses bouquins qu’il a déprimé après sa médaille Fields. Sans parler des lapins de base…

      18. @ Mor

        “Thom: « Le pragmatisme n’est guère qu’un retour à l’animalité. Le positivisme a vécu de la peur de l’engagement ontologique. »

        Avez-vous peur, Mor? Ou roulez-vous pour le « struggle for life »?

        Mor: “C’est comment déjà qu’il s’appelle votre Moïse ?”

        Je ne m’étais jusqu’à présent jamais posé la question de l’agressivité de certains à mon égard (Mor, Lisztfr, Nicks), sans compter quelques piques plus discrètes.

        J’attendais la réponse de Mor à ma question ci-dessus. Cette réponse ne venant pas je tente de me mettre à sa place.

        Je ne pense pas que Mor soit néo-lib, “struggle for life”. Ce n’est pas jducac.

        A la suite de Thom je suis lamarckien affiché. Je pense que l’agressivité des précités vient du raisonnement suivant: il (moi) n’est pas (néo)darwinien donc il est créationniste, donc “croyant”, car il n’y a pas de place entre les deux positions. Ils me voient donc comme un curé, un petit lapin avec une soutane et un col amidonné. 🙂

        L’engagement ontologique concerne l’analogie. Y a-t-il des analogies rationnelles ou bien la validité d’une analogie relève-t-elle de la croyance? Science d’une part ou magie/religion d’autre part. Il n’y a pas moyen de trancher par la raison, le rationnel. Le problème est métaphysique. Nous devons, dit Thom, nous engager ontologiquement. C’est à dire faire un pari de Pascal revisité. Faire ce pari c’est reconnaître implicitement que Mère Nature nous envoie des signes. Autrement dit que Dieu existe et qu’il est géomètre.

        Héraclite: “Le Maître dont l’oracle est à Delphes ne montre ni ne cache, il envoie des signes.”

      19. @BasicRabbit
        Bon, pour Thom, je n’en suis encore qu’à la “sélection du Reader’s Digest” de Michèle Porte, que vous aviez recommandée. Laissez-moi un peu de temps pour pouvoir en discuter avec vous! Je suis séduit, car c’est tout un monde absolument inattendu pour moi, qui m’impose des retournements conceptuels, et j’adore ça! On ne devrait pouvoir être qualifié d’intelligent qu’après avoir été retourné comme un gant, plusieurs fois, mais à condition de comprendre comment et pourquoi!

        Quant à la retraite, késako?

      20. @Basic, et tous

        Je vous propose d’intégrer à la tambouille intellectuelle en cours un ingrédient supplémentaire qu’un commentateur du blog (dont j’ai oublié le nom, mais encore merci!) avait cité : l’exposé de “la révolution bayésienne en sciences cognitives” par Stanislas Dehaene au collège de France. En résumé, l’hypothèse, récente, que le cerveau est en grande partie une machine spécialisée dans les calculs statistiques est extraordinairement féconde, quel que soit le niveau cognitif considéré, des structures les plus élémentaires du système visuel, jusqu’aux fonctions symboliques et au langage. Elle rend compte d’une façon spectaculairement convaincante de l’induction, notamment.

        Il y a sept leçons d’un peu plus d’une heure. Je sais, c’est un investissement en temps, mais ça vaut le coup!

        En cherchant à comprendre, nous explorons aussi notre propre cognition. Alors, autant s’adresser au bon Dieu, plutôt qu’à ses saints!

      21. “Du bon sens, rien que du bon sens”.
        Un même sens + un même sens + un même sens font trois mêmes sens. Pour autant pouvons+-nous affirmer qu’ils constituent LE bon sens i.e. le sens commun? Hum hum ….un peu prématuré et même présomptueux n’est-ce-pas ?

      22. @ Marc Peltier (suite)

        J’ai repensé à la façon hylémorphique, qu’a Aristote de voir le monde: une matière organisée par la forme. Vision reprise par Thom. Mais, je l’ai dit plus haut, changer de point de vue n’est pas changer de conception. Et Aristote peut donc, sans rien changer au fond, adopter le point de vue de Mach (pour ainsi dire…). Ce qu’il fait lorsqu’il aborde la linguistique. Car “il veut que le lieu soit le prédicat de la substance, et non la matière le prédicat de l’étendue”. Voir Esquisse d’une sémiophysique p. 245 et p. 209 où je sens confusément un rapport entre la conception aristotélicienne du langage et la votre. Je trouve ahurissant que le concept mathématique d’espace fibré, qui a émergé en math au milieu du XXème, indépendamment des préoccupations des philosophes, soit bien adapté pour traduire le mystérieux (pour moi) “Premier selon la nature, dernier selon la génération” d’Aristote.

        Le philosophe est le paralytique qui voit mais ne peut progresser (et de fait la philosophie occidentale n’a peut-être pas beaucoup progressé depuis Aristote, elle a peut-être même régressé…). Le matheux est l’aveugle qui progresse vite, mais sans savoir où il va (et les matheux ont couru vite si l’on regarde le chemin parcouru de Pythagore à Thom!). En faisant la jonction maths/philo Thom ouvre une nouvelle ère de la pensée: “Il faut être philosophe en sciences et scientifique en philosophie”, dit-il.

        Thom: “Mon espoir est d’apporter quelques éléments mettant en jeu des aspects peut-être difficilement appréciés des spécialistes d’Aristote à qui le problème des rapports entre mathématiques et réalité ne se sont jamais posés comme un problème philosophique, et non comme le problème essentiel qu’il est effectivement.”

        Il ne faut pas croire que Thom a campé idéologiquement sur sa position einsteinienne. Voir Paraboles et catastrophes p. 35.

        Cordialement, BR.

      23. @ baleine
        Ben… Je comptais un peu sur vous pour nous (les hommes) indiquer le bon sens. L’intuition féminine, en somme, qui donnerait le bon sens, le sens commun à une moitié de l’humanité. J’ai suggéré dans un autre commentaire de recenser les proverbes qui ont passé les âges (et qui révèlent donc le sens commun). Par ex: “Ce que femme veut” 🙂
        J’ai même suggéré de mettre les plus significatifs dans le préambule à la constitution. C’est y pas du bon sens ça?
        Les hommes ne peuvent s’empêcher d’argumenter leurs discours de “mais ou et donc or ni car” et ils finissent toujours par se prendre les pieds dans le tapis! Si vous les avez fréquentés vous vous en êtes forcément rendu compte!

  12. Comment ça se passerait au Canada ?

    http://www.chairs-chaires.gc.ca/program-programme/nomination-mise_en_candidature-fra.aspx

    L-assurance , que je préfère être appréciée par le mouvement mutualiste , est effectivement à la croisée de l’économique dur et de l’humain . Il est donc assez naturelle de la sentir concernée par le sujet de la Chaire qui débute , et qui selon moi , peut la renvoyer dans des ambitions plus “raisonnables” et moins lucratives .

    Pour le reste , prière ,pour moi, de traduire vos travaux à venir en français , car sinon je ne saurai jamais repéré vos éventuels ” faiblesses” coupables !

    1. Ne prenez pas le secteur mutualiste pour un lieu de vertu – ça n’existe pas – Par ailleurs, ce secteur n’est pas mieux contrôlé que celui du privé – Maintenant, si vous ne pouvez pas admettre cette réalité, faites comme beaucoup, regardez là où il n’y a rien à voir !

      1. C’est pas tout faux , mais les turpitudes mutualistes me chagrinent moins que les turpitudes totalement privées.
        Je ne sais pas trop pourquoi .

        Mais cela ne vous rreegarde pas …!

  13. Le célèbre anthropologue belge Paul Jorion fera débuter au mois d’octobre la série de 15 leçons qu’il a été invité à donner à ce sujet durant l’année académique 2012-2013.

    La présidence de la chaire est assurée par Michel Flamée, professeur de droit économique et financier,..

    Paul, ça sent un peu le provisoire tout ça, non ? Ils se réservent une porte de sortie si le contenu ne les satisfait pas ? Bon, on ne va pas faire les difficiles, une année académique c’est déjà bien..
    (j’avais quand même 5 ans en tête, je ne sais plus où j’ai été cherché ça..)

  14. La chair est faible , mais l’esprit est fort .

    La prévention des risques est une bonne cause , ce qui fait la noblesse du métier d’assureur.

    Dommage , qu’en France , certains lobbistes aient plus pensé à faire diminuer les retraites pour imposer un nouveau créneau d’enrichissement des assurances privées.
    Il y avait pourtant la solution de créer un autre genre d’assurance obligatoire , pour les entreprises cette fois.
    Une assurance qui permettrait de répondre au risque de fermeture.
    Assurance qui d’ailleurs , attireraient de nombreuses entreprises mondiales .

    1. La prévention des risques est une bonne cause
      Sauf quand la condition pour être assuré, est de n’en prendre aucun.

      1. Intéressant .Merci.

        N’empêche , Il est dangereux pour un organisme de ne plus ne remplir ses fonctions,le risque étant d’être est remplacé par autre chose .
        C’est peut être le sort de certaines banques , de certaines assurances , voir de ” l’argent “en général.

        Bref. dommage que l’idée d’une assurance qui permettraitn” d’accompagner ” les licenciés quand vient le jour de la fermeture
        N’intéresse pas même des esprits aussi brillant que le vôtre .
        C’est à désespérer de tout … J’laisse tomber , j’vais rentrer le bois , l’hiver sera froid.

  15. Bravo !!

    Juste pour savoir car je m’y perds un peu : faire de la finance, c’est prendre un risque ou pas ? Parce que si, comme le disent les banquiers, cela consiste à ne prendre aucun risque, ou à le diluer à l’infini, il y a comme un non dit curieux dans le fait que ce soit les assureurs qui…”banquent” pour cette chaire.

    En revanche, comme le dit un fameux professeur économiste anthropologue, on peut considérer qu’un taux bancaire comprend une prime de risque, voire même qu’une assurance supplémentaire contre défaut total ou partiel est inutile puisque le risque est déjà pris en compte dans le taux. C’est donc qu’il y a bien un risque à prendre en compte quelque part…dans la finance. Auquel cas, il faut s’en prémunir. Donc les assureurs sont concernés.

    Alors, banques ou assurances pour la chaire ? J’aurais dit les deux ou pas du tout.

  16. Je vois beaucoup d’inquiets. La chaire à été créée à mon intention par des personnes sachant exactement qui je suis. Il n’y a pas eu négociation, uniquement une offre éclairée, que je salue. Le texte de ma leçon inaugurale, qui circule déjà parmi l’ensemble des initiateurs de la chaire, rassurera les inquiets, et bien au-delà de leurs inquiétudes présentes !

    1. En touillant bien, cette inquiétude, légitime, peut dénoter quelque chose de positif. Je parle de mon inquiétude par exemple. Bruxelles a pour bon nombre des facultés anesthésiantes et les spécialistes dans l’entrave de l’estafette jouent leur existence même en ce moment.

      Je ne sais pas si je dois ressentir du dégoût ou de la pitié pour ce pauvre José Bové qui roupille depuis qu’il siège dans les travées du caprice des dieux et qui sur bien des points essentiels s’est renié. Pas plus tard qu’hier: http://www.liberation.fr/politiques/2012/09/12/europe-chasse-croise-a-gauche-entre-ouistes-et-nonistes_845541

      Alors Paul Jorion, prouvez-nous que Bruxelles peut aussi stimuler la créativité. Au moins autant que Vannes. Au passage, ouvrez quelques unes de ces dernières que ces écuries respirent un peu, enfin.

      Bonne année et bon travaux!

    2. Paul Jorion,

      Est-il envisagé de mettre en ligne sur votre blog le texte en français de vos leçons ?

      Les leçons et les débats seront-ils disponibles en vidéo ?

      Merci pour l’info.

    3. Je suis surpris des réactions face aux financiers de cette chaire.
      N’ont-il pas le droit d’être aussi un peu intelligent?
      Ce rendant compte que le Système est foutu et que les humains risquent au final leur peau dans l’affaire (et eux aussi par la même occasion), financer un type qui pourrait, par sa vision et son enseignement, induire un foisonnement intellectuel susceptible de générer une alternative meilleure n’est que bon sens. Et ça ne peut être traité avec mépris.
      Évidemment on peut compter sur la connerie humaine pour essayer de dévoyer le projet l’occasion se faisant, mais on ne peut pas cracher sur des moyens quand ils se proposent.
      En tout cas je vous fait confiance pour gérer le truc au mieux. 🙂
      D’autre part comme Nathalie (je crois) l’a souligné, les assurances ont un intérêt direct dans la minimisation des risques et dans le danger ils font flèches de tout bois.
      Donc, bon courage et foncez… 🙂

      1. Je plussoie.
        D’ailleurs la fonction assurantielle n’est-elle pas le dual, le négatif en quelque sorte de la fonction de l’intérêt, je la vois donc,à cette fonction assurantielle, comme un espèce d’intérêt collectif versé à l’avance à ceux qui en “profiteront” (après une gamelle).

        Symétrie dans le temps et symétrie dans le sens des versements
        (= vers ceux qui ont des gamelles, et pas à ceux qui ont déjà du fric. D’ailleurs s’il restera qqc d’Obama, c’est bien la généralisation “collectiviste” de l’assurance santé dans le Obamacare (le “mandate”, le système qui oblige même les mieux portants à y cotiser directement ou pas, pour que l’Obamacare ne devienne pas une assurance de malades ingérable donc couteuse et peu attirante “works for poors are poor works”).

    4. Par définition, celui qui arrive sur ce blog est profondément inquiet, même s’il ne le sait pas encore. Qu’importe son niveau de compréhension du monde économique, qu’importe si celui-ci avoisine le 0 absolu (comme moi par exemple), on peut à la limite appeler ça pressentiment, prémonition… On sait tous qu’un gros truc va arriver, bientôt. C’est pour ça que cet endroit est si important; à défaut d’éduquer (il faudrait encore une fois avoir les bases pour cela) au moins il rassure, nous sortant pour un temps d’une solitude impuissante…
      Encore merci Paul !

  17. Je ne fréquente ce blog que depuis 14 ou 15 mois. Je commence à avoir une idée des personnalités et limites de chacun. Ce que je crois savoir de Jorion correspond à peu près à ce que je crois savoir moi-même puisque selon moi il crie très souvent les mots qu’il faut au bon moment. Ça me suffit pour faire confiance à ses billets et à ceux de ses collaborateurs, même les plus mal embouchés. Je paye même depuis peu mon écot mensuel.
    Mais ça ne me suffit pas pour faire confiance aux banques, ou aux assurances, ou à tous ceux qui manipulent l’argent afin d’en gagner davantage. AG, Allianz?… Mouais! J’aurais sans doute été plus rassuré s’il avait été sponsorisé par Leffe, ou Raoul Follereau.
    Histoire à suivre donc et tous mes voeux au conférencier.

  18. Les compagnies d’assurance suggèrent qu’elles n’y sont pour rien dans le désastre actuel. A mon avis c’est ça.

  19. Tous mes meilleurs voeux de réussite.
    Je suis certain que vous serez percutant, cohérent, intelligible (intelligibilité sans laquelle il ne peut ama y avoir de véritable éthique), mettant encore plus en évidence, par contraste, la déliquescence, l’incohérence et l’inintelligibilité du système politico-économico-financier actuel.

    L’éthique du ni vu ni connu je t’embrouille, celle dans laquelle le camp d’en face est passé maître, là est, ama, l’un des principaux écueils à éviter.

      1. @ timiota

        Pierre-Yves D. m’a fait remarquer il y a peu que je truffais mes commentaires de “ama” et que ce n’était pas bien (ça avait l’air de l’énerver un peu! 🙂 ). Vous me donnez des idées…

      2. @BasicRabbit : ama, un langage sans tic ça n’existe pas. Gardez donc celui-ci, ama il n’est pas plus mal qu’un autre.

      3. @ Crapaud Rouge

        Amha?
        “Ne te fais pas si petit, tu es moins grand que tu ne crois” dit le proverbe chinois! 🙂

Les commentaires sont fermés.