L’actualité de la crise : L’AVENTURE TRÈS RAISONNABLE D’UNE AUTRE MONDIALISATION, par François Leclerc

Billet invité.

Rappelons-nous ! Données comme modèles éclatants, toutes les réussites économiques d’hier se sont révélées être des fiascos, à commencer par celles de l’Espagne et l’Irlande. Aujourd’hui, on discerne même les dessous de celle de l’Allemagne, pourtant si magnifiée. Les images de la pauvreté au Royaume-Uni font écho au passé, mais celles provenant des États-Unis sont pour beaucoup une découverte tardive. Même l’insolante croissance de la Chine, en baisse, ne masque plus l’étendue des déséquilibres qui minent la société chinoise, tandis que la croissance du Brésil a brutalement chuté. Le BRIC n’est plus ce qu’il était.

Des deux côtés, le modèle de développement impulsé par la mondialisation est en panne, là où l’on ne voit qu’une succession d’accidents de parcours sans liens entre eux. Ayant atteint sa maturité et fait basculer l’axe économique de la planète, cette globalisation de l’activité économique reposait sur une division des tâches aux principes affirmés : aux pays à bas niveau de salaire la production des marchandises (et de certain services), aux autres leur consommation grâce au levier du crédit. Et au système financier de tirer les marrons du feu. Or ce partage imposé a perdu son équilibre quand la montagne de dettes accumulées n’a plus été étayée par des montages financiers atteignant leurs limites et ne pouvant plus les supporter.

Deux remèdes sont recherchés afin d’y faire face et de remédier aux effets négligés de la mondialisation, pour redonner aux économies occidentales leur compétitivité. Un rééquilibrage des parités monétaires est préconisé par les États-Unis, et un abaissement du coût du travail par les Européens. Comme si les pays développés pouvaient ainsi récupérer des activités productrices perdues et les émergents leur offrir de nouveaux débouchés en développant leur marché intérieur !

C’est vite aller en besogne, surtout s’il s’agit de combler l’écart des salaires ou des obstacles dressés au changement de modèle. Et ne pas tenir compte des savoir-faire acquis, qui ne laissent aucun secteur de la production réservé, ou des compétences technologiques, désormais partagées, à de plus en plus rares exceptions près. Ne sont pas davantage intégrés, les effets durables du désendettement et de l’inévitable baisse de rendement de la machine à produire du crédit, obstacles à la reprise de la consommation, le principal moteur de la croissance dans les pays développés.

À y regarder de plus près, et en dépit de contextes très différents, la mondialisation produit des effets de même nature côté émergent et côté développé. Elle a simplement deux faces. Ainsi, l’informalité, que l’on croyait propre aux seconds, se développe chez les premiers à la faveur de la crise actuelle : quand l’État ne remplit pas ou plus son rôle, il faut vaille que vaille survivre.

Mais comment concevoir un modèle alternatif commun de développement ? Observer ce qui se passe dans les pays émergents peut aider à l’appréhender afin de favoriser un sursaut émancipateur, au lieu de préconiser un retour conservateur aux barrières douanières. Chez ces derniers, on constate les ravages environnementaux et le développement déséquilibré produits par un modèle prioritairement orienté vers l’exportation. L’élévation moyenne du niveau de vie dissimule l’accentuation des disparités sociales, en dépit de l’essor de classes moyennes elles-mêmes très hétérogènes. Mais c’est aussi dans ces pays que l’on trouve le plus de réalisations sociales novatrices dans les domaines de l’accès à l’eau, l’énergie, l’éducation, la santé, etc. qu’il serait utile de mieux connaître et dont il serait profitable de s’inspirer en ces temps de tiers-mondisation. Car elles ont une portée qui dépasse les circonstances de leur naissance et sont pour nous exemplaires.

Une autre mondialisation est-elle possible et sur quels autres piliers reposerait-elle ? Prioritairement sur la définition et la satisfaction des besoins selon une toute autre logique. Notamment grâce au financement par la collectivité des biens publics, afin de les rendre accessibles sans discrimination de revenu. Ce qui impliquerait, en raison des progrès constants de l’automation du travail et de sa raréfaction relative, une élaboration sur la garantie d’un revenu minima à vie pour tous. Ainsi que l’extension de la sphère des services et des rapports non marchands, pour laquelle la gratuité d’innombrables services disponibles via Internet constitue à l’échelle de la planète un exemple précurseur et une démonstration éclatante. La diversification et le foisonnement des modèles économiques et tarifaires actuels incite à s’inscrire dans ce mouvement, mais dans une autre perspective, afin de mettre en œuvre d’autres principes.

La production des biens est également en question. Une aventure singulière peut alimenter la réflexion : celle de la voiture low cost (à bas prix), conçue pour les marchés émergents et qui a trouvé une clientèle en Occident, mouvement freiné par les constructeurs soucieux de ne pas cannibaliser leur bas de gamme. L’avenir de l’industrie automobile va en dépendre, sauf pour le haut de gamme ; cette mutation ne sera que retardée par l’offre de renouvellement des voitures hybrides, puis électriques, si toutefois leur coût baisse suffisamment. Ce qui induit de simplifier leur conception : on a vendu du rêve, le retour au fonctionnel s’impose.

Dans tous les domaines de la production industrielle, dont beaucoup ne peuvent plus prétendre qu’à des marchés de renouvellement, et dont seule l’obsolescence programmée permet de soutenir le marché, la même réflexion peut être menée. L’innovation technologique est souvent au service de causes discutables et pas à celui de la conception de produits fonctionnels, économes en énergie et à bas coût, dont le marché serait considérable (et commun). C’est aussi le cas pour l’industrie agro-alimentaire, qui prétend mettre l’innovation agronomique au profit de l’alimentation du monde sans y parvenir.

Pour trouver d’autres pistes, il suffit d’inventorier les avancées ou grands projets de la financiarisation de l’économie et de les prendre à rebrousse-poil : par exemple les assurances médicales et les retraites par capitalisation, ou tout ce qui pousse à modestement mettre la main dans le pot à confiture pour en être tributaire et solidaire à la fois : les assurances-vie, l’accession à la propriété immobilière, etc… Dans les pays émergents, la tendance est à octroyer des titres de propriété aux habitants des bidonvilles afin qu’ils puissent les apporter en garantie aux banques pour emprunter, ou bien à accorder des étalement de paiement sans intérêt sur les biens de consommation, non sans avoir préalablement majoré leur prix.

A tous les niveaux de l’appareil économique – conception, production et distribution – des changements considérables sont intervenus en l’espace des dernières décennies. Signe, s’il en est besoin, que rien dans ces domaines n’est immuable. C’est simplement leur finalité qui est à chaque fois en cause et doit être modifiée.

Reste à traiter la question de la propriété, cheville ouvrière du système avec la rente ! Pour l’aborder par le petit bout de la lorgnette, évoquons l’absurdité qui consiste à ce que chaque foyer urbain dispose d’une machine à laver le linge, qui pourrait être communautaire, tout en mettant en garde contre les formules de location – par exemple celle des batteries des voitures électriques, comme elle est prévue – qui visent à créer des clientèles captives et à générer de fortes marge en diminuant la mise de fonds initiale, à la manière éprouvée des cartouches d’encre pour les imprimantes… Réfléchir sous cet angle est vite productif, à rebours des marketing audacieux aux effets dispendieux.

L’affirmation d’un nouvel modèle de développement permet d’éviter le double piège du repli et de l’enfermement – le protectionnisme – et d’une mondialisation parvenue à son apogée. C’est également le point de rencontre avec l’écologie, ce profond inspirateur avec lequel il ne peut être à terme biaisé. Il n’est de toute façon plus possible de concevoir le futur à une autre échelle que celle de la planète ! Pour y parvenir, rien de mieux que de sortir du cadre en faisant acte de raison…

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153 réflexions sur « L’actualité de la crise : L’AVENTURE TRÈS RAISONNABLE D’UNE AUTRE MONDIALISATION, par François Leclerc »

  1. La caractéristique de cette mondialisaton capitaliste,
    mettant les travailleurs du monde entier encore plus en concurrence
    est la hausse du taux d’exploitation,
    à l’origine elle-même de la suraccumulation et surproduction conduisant
    à la crise la plus sévère du capitalisme, qui ne fait que commencer.
    Ce document du US Dept of Labor, riche à tous égard,
    rend bien compte de la hausse du taux d’exploitation (page 41),
    relevé souvent ici, notamment par Paul:
    http://www.bls.gov/fls/chartbook/2012/chartbook2012.pdf

    1. Charles,

      La caractéristique de cette mondialisaton capitaliste mettant les travailleurs du monde entier encore plus en concurrence est la hausse du taux d’exploitation

      C’est un peu plus compliqué et pervers que ça non ? Exemple : les primes (kolossales) sur bénéfices touchées par les ouvriers et cadres de VW en 2011, c’est le résultat d’une mise en concurrence effrénée ou bien celui de la captation massive de la plus value du travail d’ouvriers non-nationaux par de zentils zouvriers zallemands un peu beaucoup capitalistes sur les bords ? Et ce n’est qu’un exemple à peine exagéré du mécanisme mondialisateur tel qu’il fonctionne effectivement. Là sur du profit industriel mais plus encore sur le profit financier.

      1. Précision utile.
        100 % d’accord !
        Les données du tableau p 41 sont passionnantes,
        et confirment que les gains de productivité
        vont avant tout aux rentiers, pas à ceux qui travaillent.

        Mais elles sont globales.
        Pour maintenir l’ordre de plus en plus barbare, il faut acheter des secteurs entiers
        et entretenir un appareil d’Etat répressif de plus en plus coûteux.
        Les politiciens, avec costumes droite et gauche du théatre de l’Alternance
        sont ceux qui touchent les meilleurs cachets.

    2. On peut mettre aussi les remarques de Michel Leis (sur ce blog et dans son livre “Crises économiques et Régulations”…Ed du Cygne ) en parallèle…

  2. Le gouvernement Belge envisage d’interdire certains syndicats..la dictature à nos portes.Tout cela avec le PS Libéral au pouvoir..honte à vous,traitres.

    Interdire la FGTB en tant que groupe radical ?

    Et si un jour la FGTB, qui promeut une « transformation totale de la société », était interdite par le Gouvernement belge ? Ce scénario-catastrophe semble ahurissant ; c’est pourtant une des conséquences possibles de la future loi contre le radicalisme.

    http://www.levif.be/info/actualite/belgique/interdire-la-fgtb-en-tant-que-groupe-radical/article-4000186319603.htm

  3. je suis globalement en accord avec les idées de cet article avec 3 bémols:

    – Collectivisation des outils ménagers : l’idée est encore trop négative. Qui ne se souvient des horreurs ménagères décrites dans “Rue du prolétaire rouge” ? En revanche, il faut exiger des instruments réparables dès leur conception. Les produits asiatiques retrouveraient un juste prix ( pas grand chose…) et le S.A.V. est un gisement d’emploi à ne pas négliger.
    Voir les droits attachés à la propriété selon l’angle des outils ménagers, c’est regarder par le petit bout de la lorgnette. Le plus important, qu’il s’agit de contester, est la propriété des outils de production, y compris agricoles, ou la propriété immobilières. Certaines autoroutes ou voies ferrées récentes font des virages bizarres uniquement pour ne pas écorner des propriétés: de tels errements par rapport à la loi garantissant l’intérêt collectif contre l’ intérêt individuel résultent d’une corruption.
    Dans ces domaines, les textes existent mais parfois les volontés sont défaillantes. En matière agricole, il suffit de priver de moyens les SAFER pour que rien ne soit possible.

    – Quoique que nous fassions, ce sera seuls. D’évidence, les Chinois et Indiens tiennent à faire toutes les erreurs que nous avons commises. Avec 5 à 10 ans de retard sur le phare de la modernité que sont les USA.
    Qui serions-nous pour oser leur dicter leur conduite et les priver des joies d’une consommation débridée ? Donc, nos projets ne peuvent avoir qu’une valeur d’exemple et non d’efficacité.

    – Si nous devons rompre des lances avec le libéralisme, il nous faut contester l’ouverture des frontières ( “porte ouverte quoiqu’il arrive”), symbole du libéralisme le plus retardateur. Le protectionnisme est une idée qui n’a pas été étudiée valablement. Nous ne devons pas le repousser a-priori.
    Le refus dogmatique du protectionnisme nous classera comme tenant du libéralisme et nous expose à la récupération, du genre consommer pour soutenir l’emploi. Le protectionnisme est une idée neuve, qu’on en soit convaincu. Les mésaventures advenues à des Européens de plein droit, dont des textes nationaux et européens organisent le déni du droit de se déplacer en Europe libérale, montrent bien les limites de leur idéologie. Leur libéralisme est celui du pognon, libre quoiqu’il arrive.
    Sommes-nous prêt à l’accepter ?

    1. Je me demande en fait parfois plutôt si la collectivisation de l’outil de production n’est pas le rêve du capitalisme , et d’ailleurs je n’ai pas le sentiment que les joueurs de casino se battent beaucoup pour acheter des usines , les machines ou les terrains qui les supportent , qui sont par définition un risque à externaliser .

      ( sauf si le terrain passe d’indutriel à résidentiel ) .

      1. j’enlève rêve et lui substitue intérêt .

        Mais les ondes de ce Plouf là seront vite amorties .

      2. @juan nessy,

        Bonjour. Joli paradoxe, qui à mon tour me laisse… rêveur.
        Car il y a quelque chose de vrai dans ce que vous avancez.
        Et pourtant, ce n’est pas cela…
        Quel affûté analyste nous le disséquera ?
        Bien à vous.

    2. Sur les courbes bizarres des autoroutes ou voies ferrées , il ne faut pas trop fantasmer non plus ( surtout sur les VF ) .. Si je peux (ne pas ) vous citez au moins un exemple réel et déjà ancien ( mais je ne suis pas sur de la prescription ! ) où une courbe s’est infléchie pour épargner un “Conseiller” de très haut rang , je vous affirme qu’il y a vraiment beaucoup d’occasion , dans la majorité des cas , pour allumer ( en douce ) des contre feux pour que le phénomène reste anecdotique et sans impact réel autre qu’un goût amer dans la bouche .

  4. UE/L’Espagne “ne s’en sortira pas” avec la politique actuelle (Verhofstadt)

    Bruxelles (awp/afp) – L’Espagne, soumise à la pression des marchés, n’a aucune chance de sortir de la crise si l’Union européenne persiste à ne pas mettre en place un fonds d’amortissement de la dette ou un marché obligataire unique, a estimé lundi le chef de file des Libéraux européens, Guy Verhofstadt.

    “Avec la politique actuelle suivie par l’Union européenne, l’Espagne –mais aussi l’Italie– ne pourra jamais sortir de la crise”, a dit l’ancien Premier ministre belge à l’occasion de la présentation à Bruxelles de son livre-manifeste pour les Etats-Unis d’Europe, cosigné avec le coprésident du groupe des Verts au Parlement européen, Daniel Cohn-Bendit.

    http://www.romandie.com/news/n/UEL_Espagne_ne_s_en_sortira_pas_avec_la_politique_actuelle_Verhofstadt_RP_011020121727-15-251920.asp

  5. @F. LECLERC
    Merci d’avoir ainsi répondu à la question que je posais à Paul avant-hier sur la possibilité de hausser les conditions sociales dans un monde de libre échange.

  6. Lecteurs assidus de ce blog, nous ne sommes pas seuls à rejeter le modèle actuel de mondialisation. A l’intérieur de l’Europe, certains luttent pied à pied contre les tentatives d’enfermer le peuples d’Europe dans des Traités iniques.
    Voici une information qui circule à Strasbourg dans les couloirs du Parlement Européen :

    « Le pacte budgétaire n’est pas en conformité avec le droit communautaire tant au niveau formel que matériel » a déclaré la présidente GUE/NGL Gabi Zimmer en s’adressant à la presse ce matin. C’est le résultat d’une analyse écrite par un expert juridique allemand, le professeur Andreas Fischer-Lescano (Centre de droit et de politique internationale, université de Brême), qui était aussi présent lors de la conférence de presse sur le TSCG.

    Le groupe GUE/NGL a demandé cette opinion juridique afin de déterminer si les règles du pacte budgétaire sont en accord avec le droit communautaire ou non. Selon le professeur Fischer-Lescano, en raison de l’absence de véritable consentement de la part des Etats membres ou de l’UE pour le recours aux institutions ou à leur implication dans l’exécution du traité, de la procédure de vote inversé prévue par le traité, du manque de contrôle démocratique sur la Commission et du fait qu?il ne respecte pas les droits du Parlement européen, « le pacte n’est pas en conformité formelle et matérielle avec le droit communautaire (?) et il ignore les droits de participation du Parlement européen ».

    En conséquence, la présidente du groupe Gabi Zimmer a déclaré « Nous allons désormais porter la problématique plus avant au Parlement européen, demander le soutien du président du PE et des autres groupes politiques et eurodéputés pour référer le problème à la Cour de justice européenne (CJE) ».

    Le fait que le TSCG bafoue les règles de participation parlementaire et donne aux politiques d’austérité la primauté structurelle face à d’autres objectifs « est hautement problématique selon nous » a dit l’eurodéputée Zimmer. « Les droits démocratiques des parlements et du droit communautaire doivent être respectés et défendus ».
    GUE/NGL Press Contacts:
    Gay Kavanagh +32 473 84 23 20
    David Lundy +32 485 50 58 12
    gabrielle.kavanagh@europarl.europa.eu
    david.lundy@europarl.europa.eu
    European United Left / Nordic Green Left
    European Parliamentary Group
    http://www.guengl.eu

    PS : On peut trouver l’avis juridique en trois langues, à la fin de l’article en anglais ici.

    1. Géniale idée que de contrer le tournant anti-démocratique qu’est en train de prendre l’Europe sous l’angle constitutionnel.

  7. Presenting Spain’s Economic Collapse In Context.

    Spain’s adventure in the Eurozone has sent it into an economic tailspin the likes of which have not been seen, with the exception of the Spanish Civil War, since the 19th century.

    http://www.zerohedge.com/news/2012-10-01/presenting-spains-economic-collapse-context

    Mas avisa de que las “amenazas políticas” solo crean más independentistas
    Si Cataluña evoluciona hacia un Estado propio, “no dará la espalda al Estado español”, afirma

    http://politica.elpais.com/politica/2012/10/01/actualidad/1349125528_700343.html

  8. @lon
    1 octobre 2012 à 14:16

    HELP ! COMMENT FAIT-ON POUR RÉPONDRE À UN INTERVENANT PRÉCIS
    QUAND LE MOT “RÉPONDRE” NE FIGURE PAS, OU PLUS,
    APRÈS SA CONTRIBUTION ?
    Au sauveteur ami, merci.

    Bon. Ceci sera peut-être néanmoins lu.

    lon : “… d’égos boursouflés genre anars 68ards”.

    Cher lon,
    Vous n’avez pas tout à fait tort.
    Mais on voit bien ce que recèle ce genre de phrase,
    lâchée au détour d’un coup de clavier définitif !
    Ben voyons ! Voilà l’ennemi !
    Les “egos” sont visiblement si peu “boursouflés” aujourd’hui…
    Et pour rester dans le sujet,
    les “grands” patrons, les “grands” banquiers, etc,
    n’ont absolument pas un “ego” boursouflé.

    Ah ! Comment pourrions-nous polémiquer en rond
    s’il n’y avait pas ce bâtard, ce pelé, ce galeux, de “68”
    (que tout un chacun connaît évidemment fort bien),
    COMME CONTRE-RÉFÉRENCE DÉSORMAIS OBLIGÉE ?

    lon, me trompé-je ? Démentez-moi.
    Serviteur. Et “rdv” etc…

    1. @RDV:
      Il te faut remonter au dernier”répondre” précédent …et interpeler ton gus si tu ne réponds pas directement a ce “repondre” , en mentionnant son blase , les maniaques précisent meme l’ heure
      pour Lon , en tant qu’anar 68 tard , je lui retourne son arrogance bien profond …..tous les égos sont ds la nature …l’ a du avoir une enfance salement malheureuse et donc des circonstances atténuées .

  9. Pls questions m Leclerc :

    « Une autre mondialisation » : « financement par la collectivité des biens publics, afin de les rendre accessibles sans discrimination de revenu. Ce qui impliquerait, en raison des progrès constants de l’automation du travail et de sa raréfaction relative, une élaboration sur la garantie d’un revenu minima à vie pour tous »
    -je ne saisi pas la causalité : pourquoi « impliquerait »?
    -vous avez évité « service public », ou ne correspondait il pas (et dans ce cas pourriez vous préciser bien public son remplaçant? Doit on avoir il la même définition sur l’ensemble de la planète? Si oui, comment le fait on passer auprès par exemple des états unis?)?
    -le « revenu minima », doit il être le même sur l’ensemble de la planète? Quels obstacles envisagez vous?

    « Mais comment concevoir un modèle alternatif commun de développement ? Observer ce qui se passe dans les pays émergents peut aider à l’appréhender afin de favoriser un sursaut émancipateur, au lieu de préconiser un retour conservateur aux barrières douanières. Chez ces derniers, on constate les ravages environnementaux et le développement déséquilibré produits par un modèle prioritairement orienté vers l’exportation. L’élévation moyenne du niveau de vie dissimule l’accentuation des disparités sociales, en dépit de l’essor de classes moyennes elles-mêmes très hétérogènes. Mais c’est aussi dans ces pays que l’on trouve le plus de réalisations sociales novatrices dans les domaines de l’accès à l’eau, l’énergie, l’éducation, la santé, etc. »
    -les BRIC n’ont ils pas de protections douanières? (ou les conclusions de Paul Bairoch vous semblent elles fausses?)
    -vous affirmez l’existence d’une causalité directe entre un modèle tourné vers l’exportation et des « ravages environnementaux » et un « développement déséquilibré », pourriez vous expliciter?
    -vous semblez reprendre l’idée que des barrières douanières seraient les barrières et seraient l’extrémisme (« repli », « enfermement »), mais n’est ce pas le libre-échange, concept lui effectivement totalisant, qui est extrême (ainsi que l’amalgame entre des barrières et un enferment : le protectionnisme serait il pour vous synonyme de corée du nord?)?

    Plus généralement, l’instauration au niveau mondial d’un quelconque modèle, par un accord général des pays de la planète, n’est elle pas bien plus difficile que son instauration par des accords bilatéraux (c’est d’ailleurs ainsi que la mondialisation économique actuelle procéda)? Mondial sinon rien, n’est ce pas un bon moyen de reporter la chose sine die?

    Et enfin, protectionnisme et libre échange sont deux faces du libéralisme, et personnellement je préfèrerais la coopération entre pays de bonne volonté (par ex sur la base de la charte de la havane de l’onu, qui fut torpillée par le congrès américain qui la remplaça avec ses « alliés » par les accords du gatt qui aboutirent à l’omc, comme le propose J. Nikonoff (un texte, un passage radio)), mais à défaut de coopération? Car il s’agit aussi de protéger localement les mesures que vous préconisez pour la planète (salaire minimum, bien public) du libre-échange.

    1. L’idée de base de mon papier, que vous semblez partager, était d’échapper au choix mondialisation libérale/protectionnisme salvateur en proposant de sortir du cadre de cet enfermement. Je n’ai pas traité comment y parvenir, qui est une autre histoire, mais seulement tenté d’ouvrir des pistes le permettant.

      1. Décréter la gratuité des biens publics ne me semblant pas envisageable, il est nécessaire pour que l’accès en soit garanti qu’un revenu minimum le soit aussi.

      2. Bien public et service public sont deux choses différentes. Voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Bien_public.

      3. Un revenu minima devrait être indexé sur un panier de biens publics, poursuivant la même logique.

      4. Les dégâts environnementaux des pays émergents résultent d’une industrialisation à marche forcée, dont l’URSS avait donné en son temps l’exemple et que des pays comme l’Inde, la Chine ou le Brésil n’ont fait que reproduire. Leur développement déséquilibré n’est plus à démontrer, il est d’ailleurs au centre des débats actuels des dirigeants chinois, qui s’en inquiètent, à la faveur du renouvellement de la direction du parti communiste.

      5. Les barrières protectionnistes – plus ou moins revendiquées et souvent masquées – ne sont évidemment pas le propre des pays développés. A distinguer des mesures plus spécifiquement financières que prennent les pays émergents afin de tenter de se protéger du carry trade. La Corée du Nord exprime en effet un protectionnisme poussé à l’extrême mais, quand on y regarde de plus près, les mesures de cette nature se cachent souvent derrière d’autres dispositions, à suivre notamment les péripéties de l’affrontement Boeing/Airbus devant l’OMC ou bien le définition de normes diverses qui n’ont en réalité par d’autre objet !

      J’espère avoir répondu à vos remarques.

      1. Oui, merci bien.
        Je découvre cette notion de bien public…assez étrange…présentée, par wiki du moins, avec des exemples bizarres voire fallacieux. Là au pied levé, je ne vois que les idées (en particulier le savoir) qui soient réellement non-rivales et non-exclusives.
        Mais donc, si le bien public est la chose ou l’objectif (la qualité de l’air), sa mise en œuvre par un financement des collectivités est un service public (l’agence machin-truc), non?
        (d’ailleurs, entre une aide social (revenu minima) en permettant l’accès et une gratuité d’accès, je ne vois pas de différence au final, l’un et l’autre étant financé par les collectivités)

        Et, oui, une barrière douanière, par taxes, par taux de change ou par normes, comme une subvention, est une manière de permettre le développement ou la perduration de ce qui est considéré comme utile voire stratégique ou indispensable, de la production aux compétences ou à la santé, en passant par les acquis sociaux…de même que l’environnement, le tissu industriel ou social ne cicatrise pas instantanément.
        Cela peut être une mesure temporaire (le temps de reconvertir), plus rarement définitive (chasse gardée).
        Ceci dit, vu son état, la corée du nord doit avoir d’autres motivations : voir la politique de ce pays en puissance derrière toute mesure douanière n’est pas mon argument préféré.

        Il vaut mieux un accord de coopération dans un domaine sensible, que ce soit d’intégration ou de non concurrence, mais, à défaut, dans un environnement non-coopératif…

        Une constitution économique correcte et mondiale (quoique je me méfie d’une constitutionnalisation de principes économiques 😉 ) serait encore mieux, et la charte de la havane en était une, mais me semble encore géopolitiquement irréaliste. Toujours cet environnement non-coopératif.

        Pour Airbus, c’est une multinationale (mettant en jeu peu de pays européens, un point intéressant étant qu’un airbus motorisé est à ~50% américain. Il y a une part japonaise aussi si je me souviens bien) : ce n’est pas l’affrontement UE/EU souvent scénarisé.
        Par ailleurs un des buts affichés à la constitution du marché commun UE/EU (sous le nom de grand marché transatlantique, initialement prévu pour 2014 mais dont les négociations n’ont pas encore commencé) est l’imposition de facto de normes mondiales.
        Toujours pas de coopération, et ils s’accrochent à leur pseudo politique de puissance.

        Il s’agirait donc à mon sens de créer un espace coopératif par des accords bilatéraux (comme en partie en amérique du sud, comme à un moment la CECA), pourquoi pas à géométrie variable selon le domaine, pourquoi pas sur la base d’une charte générale (comme celle de la havane), d’abord indicative et explicitant l’esprit des traités, avec comme horizon son adoption comme “constitution économique internationale”.

      2. Pendant que j’y suis, j’aimerais un avis sur une façon de barrière douanière : taxer des produits à l’entrée, et reverser le montant de la taxe au pays exportateur (avec une contrainte d’utilisation du montant, par exemple le développement de son marché intérieur, ou de son système social).

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