LE MONDE ÉCONOMIE, Les civilisations ne meurent pas assassinées : elles se suicident, lundi 8 – mardi 9 octobre 2012

Le comportement suicidaire de la finance

Un tribunal à Washington invalidait le 29 septembre des mesures prises par la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), le régulateur américain du marché des produits dérivés, règles qui auraient plafonné le volume des positions qu’un intervenant peut prendre sur le marché à terme des matières premières, afin qu’il ne puisse à lui seul le déséquilibrer. Le secteur s’était opposé à de telles mesures, noyant la commission sous un flot d’avis défavorables, s’assurant ensuite – grâce au parti républicain – que le budget de l’organe de contrôle prévu ne soit pas voté, assignant enfin la CFTC devant les tribunaux. Cette dernière stratégie s’avérerait payante.

On avait appris quelques jours auparavant, le 24 septembre, que l’IOSCO (International Organisation of Securities Commissions), organisme fédérant les régulateurs nationaux sur le marché des matières premières, et à qui le G20 avait confié le soin de réguler le marché du pétrole, jetait l’éponge. Lors de la réunion qui venait de se tenir, les contreparties : l’Agence Internationale de l’énergie, l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et les compagnies Total et Shell, avaient constitué un front du refus. Les compagnies pétrolières avaient affirmé qu’en cas de réglementation du secteur, elles cesseraient de communiquer à leurs organismes de supervision les données relatives aux prix pratiqués.

Le mois précédent, le 22 août, alors que la SEC (Securities and Exchange Commission), le régulateur des marchés boursiers américains, avait mis au point un ensemble de mesures en vue d’empêcher que ne se reproduise un effondrement du marché des capitaux à court terme (money market), tel celui qui l’avait dévasté en septembre 2008, elle n’était pas parvenue à réunir une majorité en son sein, l’un des membres du comité – très lié au secteur – ayant refusé son aval.

La logique de ces trois manœuvres d’obstruction couronnées de succès est facile à saisir : la finance bénéficie d’un accès aisé à l’argent et utilise celui dont elle dispose pour empêcher qu’on ne la réglemente, même si les mesures envisagées visent, comme dans les cas rapportés, à empêcher la reproduction d’événements susceptibles d’entraîner un effondrement total du secteur financier. Les régulateurs parviennent à infliger des amendes considérables aux banques responsables d’abus, comme les 550 millions de dollars exigés de Goldman Sachs pour avoir organisé des paris sur des produits conçus pour se déprécier, ou les 453 millions de dollars dont a dû s’acquitter la Barclays pour avoir manipulé les données des taux interbancaires du LIBOR, mais les moyens sont nombreux qui permettent aux établissements financiers d’éviter de subir les conséquences de leur délits : une banque a la possibilité de réduire les dividendes qu’elle verse à ses actionnaires, elle peut aussi transmettre à ses clients tout ou partie de ses pertes en renchérissant ses services, enfin, si elle est jugée « systémique », c’est-à-dire grosse à ce point que sa chute entraînerait à sa suite celle du système financier tout entier, elle sera, comme on l’observe depuis cinq ans, automatiquement sauvée par le contribuable en cas d’insolvabilité, et ceci, au nom de l’intérêt général.

Lorsqu’à l’automne 2008 l’existence de ces établissements financiers systémiques devint évidente, à l’occasion de la faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers, la mesure à prendre allait de soi : il fallait les démanteler en unités plus petites dont la faillite éventuelle pourrait être absorbée par les marchés. Or, dans ce cas-là déjà, le lobbying (financé dans certains cas par des sommes procurées par le contribuable), permit de mettre rapidement la mesure au rencart.
La finance dispose donc des moyens de neutraliser toute tentative de réduire la nocivité de ses pratiques. Elle s’est immunisée contre les efforts engagés par la communauté pour la protéger contre un nouvel effondrement, efforts motivés bien entendu par le souci de se prémunir contre les conséquences économiques et sociales d’une telle catastrophe.

Toute mesure préventive d’un nouveau désastre étant systématiquement désamorcée, celui-ci devient inéluctable. Si les mécanismes par lesquels le monde financier met en œuvre ce comportement suicidaire ne fait pas mystère, sa motivation demeure cependant problématique.

Dans son livre intitulé « Effondrement » (2005), le biologiste Jared Diamond mentionne parmi les raisons pour lesquelles des civilisations anciennes sont mortes, l’incapacité de leurs élites et de leurs gouvernements à se représenter clairement le processus d’effondrement en cours ou, si elles en ont pris conscience, leur incapacité à le prévenir en raison d’une attitude de défense « court-termiste » de leurs privilèges.

Les comportements suicidaires ne sont pas absents du monde naturel : on les rencontre par exemple dans la physiologie de la cellule. C’est le phénomène de l’« apoptose » ou « mort cellulaire programmée », quand la cellule entame son autodestruction parce qu’elle reçoit des messages chimiques signalant la mort inévitable de l’organe auquel elle appartient. Souhaitons que ce n’est pas simplement à cela que nous assistons, Arnold J. Toynbee, illustre philosophe de l’histoire, nous a en effet prévenus : « Les civilisations ne meurent pas assassinées, a-t-il écrit, elles se suicident ».

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231 réflexions sur « LE MONDE ÉCONOMIE, Les civilisations ne meurent pas assassinées : elles se suicident, lundi 8 – mardi 9 octobre 2012 »

  1. dangereuse finance,
    et surtout levier anglo par excellence, la preuve par la Défense:

    http://bourse.lefigaro.fr/indices-actions/actu-conseils/eads-bae-le-poker-menteur-des-etats-291973

    «Des lignes rouges autour de la fusion»

    «Si Berlin veut un pourcentage du capital pour des raisons politiques sans droits particuliers attachés, la situation est sans doute gérable, mais si l’Allemagne franchit la ligne rouge en exigeant des droits particuliers en tant qu’actionnaire, cela tuera le deal», assure-t-on de bonnes sources. Le signal envoyé serait désastreux pour le futur géant, qui a de grandes ambitions à l’international.

    Philip Hammond, secrétaire à la Défense britannique, a rappelé dimanche sur BBC Radio 4 que le nouveau numéro un mondial ne pourrait en aucun cas être contrôlé par un État et qu’un État ne pourrait pas détenir plus de 15 % du capital. «Nous avons dit très clairement que nous avions des lignes rouges autour de la fusion EADS-BAE et que si elles ne peuvent pas être satisfaites, nous utiliserons notre golden share pour mettre notre veto sur l’accord», a déclaré Philip Hammond.

    Si l’Allemagne ou la France jouait les premiers rôles comme actionnaires, toutes les activités américaines du futur géant ayant des agréments avec le Pentagone seraient menacés. Car les États-Unis n’accepteront pas un droit de regard étranger sur des activités sensibles.

  2. « Il faut taxer à égalité les revenus du travail et ceux de la rente. » Entendu ce matin sur France Culture, dans la bouche de la porte-parole du gouvernement socialiste, Najat Vallaud-Belkacem. Le travail est une valeur, paraît-il, y compris à gauche. Pas « a une valeur », mais « est une valeur », comme le sont la liberté, l’égalité, la fraternité, si verbeusement défendues et si peu incarnées par nos dirigeants. Mettre à égalité de considération le salarié et le rentier, et s’en féliciter par surcroît, voilà ce qui s’appelle du bon travail. Il faut dire que dans le voisinage de Brice Couturier, dont la énième charge anti-impôts faisait un contrepoint comique à l’article de Paul, on se prend facilement de compassion pour les rentiers. 50-50, tout le monde est content ? Mais ce serait 90-10 en faveur des salariés que ce ne serait pas encore assez. Un avis là-dessus, M. Cahuzac ?

    1. Sur la forme, Najat Vallaud-Belkacem a une maîtrise verbale extraordinaire.
      Je crois qu’elle a porté la science de la langue de bois à un niveau inégalé.
      Et elle est convaincante, quelque soit la vacuité des propos.
      Sauf qu’en matière de finance-impôts et justice fiscale, elle a été d’une fermeté rare pour justifier les inégalités au prix d’un manque à gagner fiscal conséquent . De mémoire: « nous maintenons les niches fiscales qui coutent au budget plusieurs dizaine de milliard d’ Euro. »

      Brice-Couturier est sans surprise, le même refrain libéral répété sans fin…

      [ Hors sujet : Najat Vallaud-Belkacem veut éradiquer toutes les horreurs faites aux femmes pour les forcer à se prostituer, et éradiquer la prostitution. Rien à dire sur l’objectif.
      Mais sa rigidité intellectuelle laisse mal augurer de la suite.
      J’ai peur que la double peine – triple si on y ajoute les persécutions policières – faite aux prostituées soient encore aggravées.
      Le sujet est délicat et je suis mal informé mais je crains que ses projets ne ciblent pas les vraies causes. J’ai senti comme une absence de compassion et la volonté de ne s’en prendre qu’au visible : ces pauvres femmes. Avant de réprimer, il faudrait aider, protéger ,soigner etc… et cela sans fin. A l’origine, il n’y a qu’un coupable : le proxénète ; le proxénétisme étant un crime.]

  3. Il ne peut y avoir suicide qu’en conscience

    non . c’est tout à fait le contraire .
    ou si c’est exact, c’est d’une conscience qui n’est la notre . à nul d’entre nous .
    à moins que vous ne vouliez dire que notre conscience se suicide, et suicide donc le corps ? mais si c’est le cas, à partir de quelle conscience , partant d’un constat d’échec de notre être ?
    ou si on prend les mots autrement : « on » suicide « notre » conscience . ayant éradiqué la conscience, que peut il rester ?
    est-ce cela que vous vouliez dire ?
    s’il en est ainsi , il faudrait interroger « on » et savoir pourquoi il nous suiciderait .

    1. Je veux dire qu’il y a auto destruction du système sans conscience du système de cette finitude .
      L’ individu est conscient de cette obsolescence programmée ( par la structure du système) , …mais pas le système , qui refuse l’ information .
      C’est un peu la thèse de l’ organicisme , mais l’ organisme émergeant , a une conscience réduite et la vue a court terme …..Ceux qu’elle emploie a des postes de direction et de prise de décision ont une durée de vie inf a 3 ans ….ce qui fait que le « système » en tant qu’ organisme ne conjecture pas plus loin que 3 ou 5 ans ……les fonds de pension réclament du 15% et les décideurs se doivent de juste tenir encore un ou 2 ans …
      La dynamique du système échappe au controle des individus …on ne peut perturber une toupie de l’ intérieur de la toupie ….La globalisation a créé un monstre possédant une inertie énorme et les seules solutions sont des solutions individuelles .

      1. kercoz
        10 octobre 2012 à 23:12

        à condition de définir l’individu . la cellule de base , l’Homme . ( et sa dualité qui parait irréductible)
        (entre parenthèse, l’utile , l’outil . si l’on ne sert à rien , à quoi sert l’homme ? c’est un déchet recyclable ?)
        un autre problème, qui n’est peut être pas sans relation, c’est l’infini dans l’homme . le sans limite ou du moins le fait de toujours repousser ses limites , ses explorations , et sa puissance pour ce faire . disant cela en passant .

      2. @Eric L :
        tu poses les bonnes questions .
        L’ homme n’est pas la cellule de base …….en tant qu’espece sociale , la cellule de base c’est le groupe ….a la limite on pourrait dire « l’ individu et son groupe » …puisqu’on ne peut exister sans ce groupe .
        La structure naturelle des individus dans le groupe et des groupes entre eux ( de type fractale , appuyée sur l’ agressivité intra-spécifique de K.Lorenz) aurait du se conserver et se baser sur le groupe réduit originel ( ou le groupe et l’ individu se sont auto-formatés) …c’est le modèle « naturel » en usage chez ts les systèmes vivants .
        Le groupe réduit est imperatif du fait de l’obligation de l’affect ds les interactions .
        A mon sens il y a equilibre entre l’ optimisation de l’entité individuelle et l’ optimisation du groupe originel …..Du fait de l’ hypertrophie des groupes (pour des raisons de gains de productivité) on a destructuré le système et l’ individu isolé perd ses repères ( par ex pour chercher a se valor-iser il court apres des leurres exploités par des commerciaux pour tenter de valoriser sa « face » ( Goffman « les rites interactifs ») alors que ds son groupe restreint cette valorisation atteinte il retourne a son hamac .
        ce que tu dis :
        //// c’est l’infini dans l’homme . le sans limite ou du moins le fait de toujours repousser ses limites ////
        fait penser a G. Bataille ds la part maudite : la necessité pour l’ homme ( et tous système vivant ?) d’etre ds un système « ouvert » ,…la necessité du gachis , de l’ infini des ressources .

  4. Les tendances suicidaires de la société marchande auraient-elles un rapport avec le narcissisme et ses formes extrêmes ?

    Quel rapport entre le fétichisme de la marchandise et le narcissisme ?

    Pour en savoir plus, un séminaire avec Anselm Jappe à Paris fin 2012 et début 2013 : Les aventures du sujet : société marchande et narcissisme.

    Anselm Jappe sera présent avec Bernard Friot à Bruxelles le 19 octobre : Après l’économie de marché ?

    Pour en savoir plus : http://palim-psao.over-blog.fr

    1. depuis que la Tv est arrivée dans les foyers et que l’image a remplacé le mot
      dans la vie quotidienne des gens, la recherche du sens est remplacée
      par des réactions de mimétisme.
      ce sont maintenant le paraitre, les rapports de force et de séduction
      qui priment sur la recherche du sens. Pour en donner une explication rapide:
      lorsque nous avons devant nous l’image d’une main nous comprenons immédiatement
      ce que cela veut dire, tandis que le mot « main » à l’écoute ou la lecture
      induit une activité différente de l’esprit où nous devons chercher le sens
      dans notre vocabulaire pour pouvoir comprendre.
      Il en résulte une transformation du psychisme: la part du psychisme réglée
      par les images et produisant le mimétisme est renforcée et prédomine.
      cela conduit à des comportements particuliers.
      Par exemple on va dépenser pour acheter une Xième paire de chaussures
      s’additionnant aux autres dans le placard plutôt que d’investir
      dans une nourriture de qualité dans le but de privilégier sa santé.
      rester en bonne santé passe après être à la dernière mode.
      La caricature de ce modèle de comportement social est donnée par la présence
      de 4X4 sur les parkings de supermarchés à bas prix.

  5. Bon , je crois qu’il faut se tourner vers un grand sage , lorsque aucune solution n’apparait .
    Les prévisions sont difficiles , surtout lorsqu’elles concernent l’avenir. J.Chirac

  6. Emission tv hier soir :le tricheur professionnel…….. ..je ne connais pas ce texte de henry Ford , tout le monde le connait.
    Oudéa…………..il n’y a pas eu de spéculation immo en France.
    Révoltons nous devant ces arrogants.

  7. La BCE n’imprimera pas de monnaie pour résoudre la crise.

    La Banque centrale européenne n’imprimera pas de monnaie pour résoudre la crise de la dette en zone euro, a déclaré son président Mario Draghi. « La BCE ne peut s’engager dans du financement monétaire et ne peut pas remplacer l’action des Etats membres (de la zone euro). Il est trop facile de penser que la BCE peut remplacer l’action des gouvernements ou leur manque d’action en imprimant de la monnaie. Cela n’arrivera pas », a dit M. Draghi lors de son audition devant la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, retransmise par la télévision du Parlement.

    lesoir.be et agences

  8. Pour qu’elles raisons les colons anglais e 1870, puis italiens en 1930, ont ils fait rebatiser deux villes en Éthiopie à la fin de leur occupation ?

    Ces deux villes s’appelaient respectivement :
    Magdala qui aujourd’hui s’appelle Amba Mariam.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Amba_Mariam

    Nazareth qui aujourd’hui s’appelle Adama.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Adama_(Éthiopie)

    Qui veut effacer de l’histoire du temps des villes portant des noms aussi prestigieux ?

    A QUI et a QUOI sert le fait de déplacer l’Histoire et les événements qui on préalablement été effacés par nos ailleux ?

    À la guerre …

    Le mieux ne serait il pas d’installer le siège de l’ONU en Éthiopie !!!!!

    1. Il me semble que l’Eglise éthiopienne fait partie de l’orthodoxie ancienne (un exemplaire du Livre de Henoch entier avait été découvert et ramené d’Ethiopie par des Anglais, ce qui atteste d’un contact très ancien avec la culture judéo-chrétienne). Je pense que ces changements de noms ne font que refléter la passion de certains chefs d’Etat éthiopiens pour la religion chrétienne, ou au contraire leur indifférence ou encore leur choix laïque.

      Dans le cas de Byzance et de Istambul, le cas est plus facile à interpréter.

    2. @ Moi même
       » Qui veut effacer de l’histoire…. »
      Réécriture , organisation de l’oubli , effacement , falsification de l’histoire , vieux trucs encore utilisés ; ceci se passe en 1957 en Angleterre :
       » Le site de Sellafield est le principal complexe de la filière électronucléaire britannique. Initialement nommé Windscale, il a été rebaptisé Sellafield à la suite d’un grave accident dans l’un de ses réacteurs.  »
      Quelques précisions :
       » L’accident se produit dans l’un des réacteurs graphite gaz à uranium naturel du site. Lors d’une opération d’entretien du graphite, un incendie nucléaire se produit et dure plusieurs jours, pendant lesquels des produits de fission, essentiellement 740 téra-becquerels (740 mille milliards de becquerels) d’iode 131, sont rejetés à l’extérieur. Le nuage radioactif parcourt ensuite l’Angleterre, porté par les vents, puis touche le continent sans que la population ne soit avertie. L’accident de Windscale se classe au niveau 5 sur l’échelle internationale des événements nucléaires (INES).

  9. On retrouve le même schéma financier concernant les problèmes écologiques. La finance par l’intermédiaire des lobbys ou des agents d’influences (comme des cases médias) influencent les décisions dans leusr sens, et pour leurs profits, même si la situation est alarmiste.

    Les conflits d’intérêts avec la finance sont tellement important, que la place du citoyen aux XXIème siècle est minime dans les décisions. La surexploitation des ressources naturelles qui permets de créer des conditions d’échanges, sont arrivés à un niveau si grave que l’équilibre biologique est en danger. L’exmple du Canada qui n’a pas voulu payer 30 milliards de dollars devait sortir du protocole de Kyoto, et un changement politique (les conservateurs au Canada) soutenus par les lobbys de la finance, sont sortis du très timide protocole de Kyoto, tout en continuant (case média) à dire qu’il participe activement au réchauffement climtatique, la finance lui en donnant les moyens.

    Un autre exemple de la surexploitation des ressources naturelles, et que les conflits d’intérêts entre la finance et les politiques, et dont les citoyens ou les autochtones sont en désaccord, vont passer par des ordres sécuritaires pour appliquer le choix définitif de la finance. Ainsi selon des régions, ce sont les policiers ou les militaires qui vont appliquer les explusions ou l’acquisition de la propriété privée, pour la finance. Ceci sous couvert d’une publicité, que l’économique est essentiel pour la société, sachant que les revenus distribués seront en plus faible voire inexistant (gratuité) pour certaines personnes.

    Même si une majorité de personnes qui ont voté ou ont été consultés, ou protestent, l’envoi de force sécuritaire pour des intérêts économiques sera légitimer, alors que la communauté se sera appauvri au détriment de conflits d’intérêts.

    C’est grave puisque l’argent et la distribution d’argent par les conflits d’intérêts, en arrivent à menacer des communautés d’invididus de divers sortes, jusquà l’équilibre de vie sur la planète. A partir du moment, où le système n’est plus réguler, ils générent des problèmes futures, et cette engrenage devient de plus en plus difficile à réguler, et dans certains cas impossible ou trop tard. Au niveau écologique celà concerne, l’air, les fruits et légumes (disparition massive des abeilles) ou chute de la biodiversité, et beaucoup d’autres.

  10. Billet percutant de Paul apportant l’info et soulignant l’aveuglement suicidaire de la Finance qui dirige réellement le monde et s’accroche à ses privilèges au risque d’une crise systèmique majeure.
    Le rapprochement avec l’analyse de Jared Diamond sur l’effondrement des civilisations va d’ailleurs bien au delà du seul risque financier. Parmi les causes principales des chutes de civilisations il y a selon Diamond la concomitance de facteurs écologiques et économiques (- surexploitation des sols, épuisement de ressources, surpopulation ), de facteurs environnementaux (-catastrophes climatiques répétées, évolution négative durable de facteurs environnementaux), de facteurs économiques et stratégiques ( rupture d’alliance ou dans les flux d’échanges) et enfin incapacité des élites à s’adapter à ces nouveaux paradigmes.

    Il me semble que le contexte actuel satisfait à tous ces critères.

  11. La notion de « suicide » ne convient pas .Celà impliquerait une conscience de l’auto-destruction .
    On peut expliquer l’auto-destruction d’un système comme une civilisation si on la considère comme un organisme ayant acquis une certaine autonomie de conscience …..mais conscience émergente et a faible emplitude ……ses interets sont immédiats et pour contenter ces interets immediats elle est prete , a l’insu de son plein grés , de sacrifier son futue , a tuer l’espece humaine qu’elle parasite et asservit .
    On peut , par ex , expliquer celà du fait que les individus qu’elle autorise a prendre des décisions et a faire des conjectures en relation avec ces décisions , n’ ont une durée de vie a ces postes , qui n’excède pas 3 ou 5 ans …….De ce fait la majorité des décisions et conjectures ne dépasse pas cette durée …..Ce raisonnement un peu simpliste et réducteur me parait pourtant etre pertinent .

    1. excusez, pour le blanc. j’avais posté quelque chose, mais un néologisme un peu bizarre , qui m’interrogeait et que j’ai dû effacer . les mots nous font des farces . bien plus subtiles encore que les gênes … au fond, se résument-ils à cela , chacun y défend les siens.
      existe -t-il un monument aux mots ? les morts nous font des faces ..

    2. le suicide mode désagrégation rampante, qu’on ne voit pas comme l’herbe qui pousse, si vous préférez, accordez à l’homme le pouvoir de la métaphore dont on use au jour le jour à tort et à travers, le discours, le suicide à petit feu, mais à gros appétit (pas conscient lui non plus ? – à la vôtre!) pour gagner du temps, favoriser la digestion, faire de la place: selon le WWF, de 1970 à 2008, le nombre d’espèces vivantes a diminué de 28%… alertez les bébés!

    1. Hé hé hé…

      Sur les futures sur l’Eurostoxx, la cotation change toutes les 25 millisecondes. Sur 500 millisecondes, vous vous prenez une hausse importante sans pouvoir ajuster. Plus personne ne va vouloir négocier sur ce marché dans ces conditions. Cela va conduire les transactions à se faire de gré à gré…

      Ben z’ont qu’à coter toutes les demi-secondes et c’est marre…
      Par contre ce qui est sûr c’est qu’une limite à une ½ seconde ben c’est 25 fois moins de contrôles à faire qu’à deux centièmes de seconde pour les contrôleurs. On passe juste de l’infaisable au faisable et ça c’est cré cré désagréable…

    2. – 500 ms!
      – Non, 10!
      – 50, maximum!
      – Irresponsable!
      – Toi-même!

      Ca aurait fait une belle planche dans « La survie de l’espèce », non?

  12. Reçu la « Misère » ce soir, ça démarre sur les chapeaux de roues..

    En réfléchissant à l’allusion introductive à Mad Max, et pétri des abris anti-atomiques de Ph. K. DICK je me disais qu’à l’instar des box individuels en acier où pouvaient s’enfermer les zaméricains – de nos jours et moyennant dollars – en cas d’agression (si si), quelqu’un avait déjà du proposer des citernes pour stocker de la gazoline en cas de coup dur.

    Et non, c’est même pas dans le commerce. Que des bidons de 20L, à peine 5 bornes en Hummer, alors en miles je t’en cause pas..

    Bizarre non ?

    Y zauraient vraiment pas peur ?

  13. Dans Paul Ricoeur, « De l’interprétation » :

    p370 : La quatrième méditation Cartésienne de Husserl, problème de la « genèse passive »:

    Or, remarque Husserl,  » la construction par l’activité présuppose toujours et nécessairement comme couche inférieure une passivité qui reçoit l’objet et le trouve tout fait « . Autrement dit, la reconstitution d’une production active se heurte (stossen wir) à une constitution préalable dans la genèse passive. Qu’est-ce la genèse passive ? Husserl n’en parle guère qu’au plan de la perception ; la synthèse passive c’est la chose même comme « toute faite » , comme résidu des apprentissages perceptifs de l’enfance; etc

    1. Ne s’agit-il pas d’une passivité active, alors? Etre curieux et à l’écoute, et trouver ce qu’on n’a pas cherché, ou le trouver parce-qu’on a cherché avec une certaine ouverture d’esprit? Et cela ne concerne pas que l’enfance, j’espère. Je crois que je suis en plein dedans, dans une sorte de synthèse passive, génératrice de génèse. Oui, alors j’attend patiemment, mais pas seulement.
      Construction, création, passivité, activité,… des mots, encore des mots, peut-on en user au mieux, sachant qu’on ne peut pas faire sans?

    2. une émission hier soir sur les pieuvres contredit la derniere phrase , si  » apprentissage » signifie culturel et liens entre individus .
      l’ extreme intelligence de cette espece est démontrée , pourtant la mere meure a la naissance de ses petits .

  14. L’AOUYE

    Immergés dans les eaux obscures de l’océan, d’étranges poissons aux écailles d’argent vivaient blottis les uns contres les autres. Apeurés par un monde fait de vibrations et de bruits insaisissables, c’est comme plongé dans un songe qu’ils se contentaient de suivre le mouvement de la masse à travers les profondeurs insondables.
    Incapable d’envie, seuls les besoins nécessaires prenaient parfois le pas sur l’inquiétude constante rythmant chacun des battements de leurs nageoires, les rapprochant toujours plus près de leurs congénères. Il arrivait pourtant régulièrement qu’un des membres du choeur, poussé par un désir mystérieux s’éloigne de la clique, dans le but inconscient d’assouvir son appétit.
    Un jour pas très différent des autres jaillit des profondeurs de l’océan une lame de fond, aussi haute que la plus grande des montagnes, aussi puissante que la plus forte des tornades. En l’espace d’un instant le ban fut projeté dans les cieux. A l’apogée de leur saut, baignés dans les noirs nuages, un éclair fendit l’air, qui telle la baguette d’un magicien les métamorphosa en poules.
    Sans savoir pourquoi, toutes fuyèrent aussi loin que possible de la mer. Tout autant effrayée que ses semblables, portée par la volonté et un courage aveugle, une des poules s’avança au bord de l’eau. D’où elle pondit un ½uf produisant un son doux lorsqu’il s’enfonça dans l’océan agité.
    Elles apprirent à sonder le monde, et grâce à leur bec à émettre les sons rudimentaires utile à la vie en communauté. C’est sans souvenir de l’époque passée qu’elles jouirent de leur vie libre de poules, passant leur temps à aller et venir, picorer et mettre bas. Par jeu, il arrivait qu’elles bondissent parfois jusqu’à deux voire trois mètres de haut, sans réussir à se mouvoir librement au dessus de la surface.
    C’est en pleine nuit qu’un terrible tremblement de terre réveilla en sursaut la petite troupe.
    De peur de sombrer à nouveau dans l’océan, elles se mirent toutes à bondir gloussant et caquettant en cadence. Une, deux… puis toutes finalement réussirent à s’envoler, devenant par là même des oiseaux.
    Pour cette nouvelle race d’oiseaux, de tout ce qui était émanait une musique. Les arbres jouaient de leurs épines et de leurs branches un canon audacieux au violon, les cours d’eau de jolies berceuses au son claire, les buffles en fanfare une marche puissante. Un monde nouveau s’ouvrait sous leurs ailes, un monde coloré de blanches et de noires balisé de mesures et contre temps.
    Chacun d’eux suivit le mouvement qui lui plaisait le plus, s’imprégnant des la des ré des mélodies qui les portaient, sans se douter un instant de l’anicroche qui pointait à l’horizon de la fugue. Aucun d’eux ne fut à même de trouver le chemin du retour. Tous furent condamnés à vivre seul d’enchantement sur cette terre aux airs impénétrables.
    Plus tard un oiseau au plumage d’or vint à la rencontre de chacun. A son contact leurs plumes changèrent et se firent comme les siennes. Ils apprirent à déchiffrer la musique, à pénétrer son sens, et à en garder le secret.
    Un jour pas très différent des autres, tous les instruments de la nature se mirent à jouer en harmonie un opéra céleste. Les oiseaux au plumage d’or prirent chacun leur voie, suivant les instruments les plus en accord avec eux même. Ils convergèrent naturellement au sommet du plus haut des monts où la terre et le ciel se touchent. D’ici, l’océan leur apparut d’un jour nouveau, calme comme la lune dans la nuit, clair comme le plus pur cristal, le fond parsemé de grains de sable aux couleurs du soleil.
    Un être qu’on ne peut décrire sortit de l’océan jouant une musique chère à nos églises. Tous les oiseaux s’envolèrent jouant de concert avec lui, battant des ailes comme l’on se sert d’une anche pour jouer du hautbois. A mesure qu’ils montèrent vers le ciel, l’être s’éleva au dessus des eaux. Nul ne su jamais si c’est l’être qui les poussa ou eux qui le tirèrent vers les cieux.
    Jamais ils ne se lassèrent de jouer la musique de l’être, jamais ils n’en comprirent le sens. L’âme apaisée, l’esprit emplit de quiétude ils voguèrent en formation au-delà de leur terre originaire, à la rencontre des étoiles.

    http://www.youtube.com/watch?v=Dg0ADeSMQgM

  15. SAMUEL
    « , mais l’environnement s’adaptera plus vite, c’est comme ci on avait toujours pas compris nos antibiogrammes (en 1980 1 ère résistance aux antibiotiques, déclaration mondial, les infections bactériennes ne sont plus un problème, bah voyons, même Flemmings avaient mis des réserves sur l’usage trop conséquent des antibiotiques). »

    Évidemment ils ont compris que l’usage intempestif des antibiotiques , l’usage intempestif des pesticides est nuisible,car la nature a ses propres règles il en sera de même avec les OGM

  16. vigneron
    10 octobre 2012 à 04:37

    ‘T’as raison Samuel, c’est une Dame, « Nature ».
    Et elle aime ça…

    est il nécessaire de la piétiner plus encore ,souiller à l’infini pour exister ?
    pauvre petit bonhomme ,tant de Savoir et de déraison à la fois

  17. Bientôt sur vos écrans, le printemps (précoce ou tardif) jordanien. A la réalisation, le fameux réalisateur « Frères Musulmans », déjà célèbre pour leur trilogie Tunisie-Egypte-Lybie. Tournage en décors naturels et acteurs locaux bien évidemment. Le producteur reste bien entendu le même; on ne change pas une équipe qui gagne. A noter que le tournage du printemps syrien a été retardé pour des raisons de co-production mal ficelée.
    Vive le cinéma!

  18. Question pratique : y’a-t-il un moyen de charger tous les posts sur une même page ? Le moteur de recherche laisse quand même à désirer, et ça permettrait de suivre l’évolution d’une idée plus aisément.

  19. Convergence globale des crises dans « l’abandon civilisationnel ».

    S’il n’y avait que la crise financière, ce qui caractérise notre époque c’est la convergence globale des crises dans un climat délétère de laisser-faire et de mesures agravantes.
    En effet ni la régulation, ni la science, ni la hausse de productivité ne semblent plus adaptés ni surtout adaptables par cette « civilisation ».

    Rappelons quelques crises en cours :
    vieillissement convergent des plus grands pays, énergie (pic pétrolier), déplétion des matières premières, changement climatique, pollution globale de la biosphère, gaspillages hallucinants dans tous les secteurs, nourriture & OGM baclés, destruction de la diversité biologique et espèces invasives, pandémies sociales (tabagisme & autres drogues, culture de l’obésité & des maladies cardio-vasculaires notamment), désertification systématique et monocultures extinctrices, pillage inter-générationnel, une myriade de guerres avec une vingtaine de génocides depuis 1940, etc

    Oublions les tsunamis, seismes et autres désastres naturels dont les géocroiseurs …

    L’anthropocène (le cycle géologique où l’homme est le principal facteur de changement planétaire) aboutira à une hausse globale de température pour éliminer le virus humain qui infeste son organisme … ou ce virus s’étouffera t’il de lui-même ?

    1. 333. “ Humanité “
      Nous ne tenons pas les animaux pour des êtres moraux.
      Mais croyez-vous donc que les animaux nous tiennent pour des êtres moraux?
      Un animal qui savait parler disait :
      “ L’humanité est un préjugé dont nous autres animaux, au moins, nous ne souffrons pas.”
      Nietzsche – Aurore

  20. A tous :
    Je vous invite à écouter les deux émissions de Ruth Stégassy , consacrées au nucléaire en France.
    Samedis 6 et 13 septembre de 7h.05 à 8h.
    Edifiant .

  21. Cher Monsieur Jorion,
    Cet article est très intéressant et je vous avais écouté attentivement à votre conférence à la Salle du Sénéchal à Toulouse. Malheureusement je n’avais pas pu rester jusqu’à la fin mais j’aurais aimé vous livrer ma réflexion suivante:
    Dans le monde occidental du début du vingtième siècle, les tensions liées aux visées hégémoniques des principaux pays européens avaient créé de multiples crises qui avaient abouti à la première guerre mondiale qui s’apparente aussi à un suicide collectif, et d’une ampleur que personne ne pouvait imaginer en 1914. Pourtant , la révolution russe de 1917, les mouvements spartakistes (Rosa Luxemboug, Karl Liebknecht) issus directement de ce cataclysme n’avaient pas réussi à balayer le capitalisme de la planète, ni les forces de la finance et de l’argent qui s’étaient reconverties dans l’industrie des armes puis ensuite dans les travaux de reconstruction. C’est pour ça que j’ai des doutes sur votre pronostic concernant le capitalisme qui serait bientôt proche de disparaître submergé par cette vague scélérate que vous nommez soliton résultant de la crise que nous traversons. Il semble que le capitalisme soit capable de s’auto-regénérer en s’appuyant de façon imprévisible et contingente sur les effets induits par les évènements qui le mettent en péril… mais j’espère me tromper lourdement !

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