L’actualité de la crise : POUR LA RÉFORME BANCAIRE FRANÇAISE : UNE DÉTERMINATION… « NORMALE », par François Leclerc

Billet invité.

La « réforme » des activités bancaires que prépare le gouvernement français méritera-t-elle véritablement sa dénomination ? Prenant les devants pour afficher sa détermination, l’objectif proclamé du projet de loi qui sera présenté au Conseil des ministres du 19 décembre prochain est de réaliser une séparation des activités de dépôt et de marché des banques, afin de prendre les devants et de couper court aux velléités du rapport européen Liikanen – de loin plus ambitieux. Les banques françaises semblent avoir gagné sur toute la ligne, grâce au soutien affirmé de Pierre Moscovici, le ministre des finances. La lecture de son allocution de présentation de la réforme, lors des Entretiens de l’Autorité des Marchés Financiers du 15 novembre dernier, est à cet égard instructive (les citations sont issues du texte écrit et non prononcé).

« Comme je l’ai souvent dit, cette réforme exigeante ne portera pas atteinte, j’y ai veillé et j’y veillerai, ni au modèle français de banque universelle, qui a fait la démonstration de sa résistance face aux crises, ni aux activités qui sont nécessaires au financement de l’économie » a d’entrée de jeu énoncé le ministre, « car mon rôle – et j’y ai veillé en faisant en sorte qu’il s’agisse d’une séparation des activités et non pas d’une remise en cause du modèle de banque universelle, n’est pas de déstabiliser le secteur dont j’ai la charge, c’est de piloter avec leurs acteurs les mutations que je crois nécessaires ». Il a également mis en avant des mesures ponctuelles d’interdiction de la spéculation sur les dérivés portant sur les matières premières agricoles ou encore le trading à haute fréquence.

Les principes affichés sont empreints d’une indéniable générosité : « Cette réforme obéira à l’objectif que j’ai toujours affiché, toujours poursuivi : restaurer une finance au service de l’économie, et non au service d’elle-même. » Mais son descriptif même fait immédiatement problème : il ne s’agit plus d’une séparation des activités de dépôt et de marché – comme le préconisent la loi Dodd-Frank, la commission Vickers ou le rapport Liikanen – mais de « la séparation des activités des banques utiles à l’investissement et à l’emploi de leurs activités spéculatives. »

Les banques françaises ont donc obtenu gain de cause sur un deuxième chapitre qui leur tenait particulièrement à coeur, dans la droite ligne du respect du principe de « banque universelle », une flatteuse dénomination qui signifie qu’elles pratiquent tous les métiers, soit précisément le facteur de risque systémique mis en cause partout ailleurs aujourd’hui dans le monde. Il s’agit de la possibilité de conserver liée à la banque de dépôts l’activité dite de « tenue de marché », qui conduit les banques à prendre, en s’appuyant sur leurs fonds propres, des positions directionnelles importantes sur les marchés afin d’assurer la liquidité d’un produit financier donné, officiellement au bénéfice de leur clients.

Le ministre éclaire lui-même ce qu’il considère être « les activités nécessaires au financement de l’économie » : « Il ne faut de ce point de vue pas sous-estimer les besoins de plus en plus sophistiqués de nos entreprises en matière de financement et d’accès aux marchés, mais tourner nos banques vers leurs clients, en particulier les PME et les ETI, pour leur offrir l’ensemble des services financiers dont ils ont besoin pour se développer, investir et embaucher. » En d’autre terme, les produits financiers sophistiqués sont utiles à l’économie et à l’emploi et les banques doivent avoir les moyens de les proposer à leurs clients, ce qui implique qu’elles en assurent la liquidité

Autre chapitre présenté sous un jour des plus favorables : « Le rôle de l’Etat et du contribuable n’est pas de financer les banques en difficulté. Ce n’est pas à lui de payer pour leur sauvetage. Les banques elles-mêmes doivent y contribuer. » Le projet de loi prévoit donc que les banques devront assumer le coût d’une éventuelle faillite de l’une d’entre elles, mais le dispositif prévu fait douter du sérieux de la proposition : elles devront abonder un fonds avec objectif de réunir 10 milliards d’euros sur dix ans – quand on sait que 100 milliards d’euros ont été débloqués au niveau européen pour les banques espagnoles…

Qu’importent, dans ces conditions, les mesures effectives qui sont envisagées dans le projet de loi, l’essentiel est ailleurs, souligné par le ministre lui-même : « Cette reforme est faite dans l’intérêt même du secteur financier, dans l’intérêt de sa protection, dans l’intérêt de son image, dans l’intérêt également de cette réconciliation que je souhaite entre les banques et les Français ». La péroraison vaut d’être reproduite : « Elle vous permettra, je crois, cette loi bancaire, ambitieuse et rigoureuse, de redoubler d’effort pour faire ce que vous savez admirablement faire, servir vos clients, tous vos clients et financer notre économie, à un moment crucial de son histoire. »

Le ministre ne s’arrête pas là : « … je défends auprès de nos partenaires européens, dans le cadre des négociations en cours, une position d’une grande fermeté, prolongement logique du volontarisme dont nous faisons preuve en France. » L’exemple est en effet donné et va produire ses effets : « Je ferai preuve au niveau européen, et c’est déjà le cas, de la même volonté en défendant une position très ferme sur la directive sur les Marchés d’Instruments Financiers (MIF). » Qu’ajouter ?

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46 réflexions sur « L’actualité de la crise : POUR LA RÉFORME BANCAIRE FRANÇAISE : UNE DÉTERMINATION… « NORMALE », par François Leclerc »

  1. Hahahahahahha!
    Mort de rire!
    Mais, qui croit en Moscovici ou en Hollande?
    Les belges?
    Qui croit en ces sombres balivernes?
    Merci à ce blog, de montrer le caca, comme dit Chavez, aux français qui croient en ce genre de politique!

    1. L’Islande va très bien, merci… mais en avez-vous entendu parler ?
      Alors que la Grèce vient tout juste d’obtenir une nouvelle rallonge de plus de 40 milliards d’euros, certains estiment que la zone euro ne fait que gagner du temps. La péninsule peut-elle s’inspirer de l’Islande pour s’en sortir ?
      En savoir plus sur
      http://www.atlantico.fr/decryptage/islande-va-tres-bien-merci%E2%80%A6-mais-en-avez-entendu-parler-charles-gave-558353.html?page=0,0

      quand à la politique française, à genoux devant Mme Merkel, le béret à la main…c’est elle qui décidera !

      1. Morvandiaux/Mélenchon/Islande/Charles Gave. La bouche est bouclée. Admirez le résultat de la pédagogie jorionienne. Pour sûr, c’est pas à Sciences-po qu’on verrait ça. Un seul mot : ma-gni-fi-que.

      2. Comment ils ont étranglé le peuple grec depuis 2009 ! et cette nuit du 27 novembre encore…

        Après avoir infligé 11 plans d’austérité, une véritable destruction sociale, au peuple grec, après l’avoir forcé à brader ses entreprises publiques, ruiné sa production, aggravé sa dette odieuse, liquidé ses droits sociaux, à l’éducation, à la santé, salaires et retraites, la troïka UE/BCE/FMI a joué, mardi 27 novembre 2012, à relâcher la pression.
        C’est un peu comme un chat jouant avec la souris qu’il a capturé et qui est à sa merci. C’est un peu comme les barbares des temps lointains, envahissant un pays, brulant les maisons, violant les femmes, détruisant les trésors puis rendant des terres aux vaincus pour qu’ils produisent à nouveau de quoi alimenter les occupants.
        La politique d’austérité infligée par l’UE depuis 2009 sous prétexte de la « rembourser », a provoqué une telle récession qu’elle a porté la dette grecque de 100 points du PIB à 170 points du PIB !…
        http://www.blogapares.com/aider-la-grece-mais-non-les-banques/#more-2563

      3. Gavé , comme tout spéculateur , prône depuis longtemps et par dogme la faillite des états .
        Paradoxalement , il vante le fait qu’un état ait joué son rôle, et proclame le fait que l’Islande aille désormais trés bien , et ce sur la base des premiers signes de remise en forme .

        Comment on se relève d’une grosse récession et d’une énorme inflation ?
        C’est expliqué là , et ce ne sont pas des méthodes ultra libérales habituellement prôné par un des chantres de la pensée « libérale »…
        Certaines dettes ont été purement été éffacées et la responsabilité de certains prêteurs mis en cause .

        http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/26/prendre-exemple-sur-l-islande_1795868_3234.html

  2. Le ministre ne maîtrise pas son sujet. Il s’est fait gentiment avoir (scénario positif pour le ministre…) par la Direction du Trésor, dont les jeunes fonctionnaires « sous-payés » (d’après eux) n’aspirent qu’à aller pantoufler chez BNP ou SG (ça paye beaucoup mieux… et sans corrompre la réflexion de ces gens brillants car triés/sélectionnés sur le volet, ça donne une certaine « flexibilité » intellectuelle tout naturellement « courbée » vers l’écoute « hyper développée » aux propos pro domo de leurs futurs employeurs potentiels). Bon! Une fois qu’on a compris ce biais « humain » (mais non éthique), on doute de plus en plus de la « démocratie », on se résout à l’idée de la ploutocratie (version US) ou de l’oligarchie (version post-soviétique), mais ce sont les populistes extrêmes — droite/gauche « même chose » — qui vont rafler la mise en économie politique. Lamentable. Une faillite totale de nos élites. Un double échec: non seulement ils nous ont plantés collectivement mais en plus ils font fait le lit du retour aux pires moments de l’histoire du XXème siècle.

  3. G. Schroeder le grand social-démocrate a trouvé une excellente sinécure avec Gazprom… personne n’a tellement crié à l’abus mais on s’habitue à cette indignité. Il a laissé des millions de travailleurs pauvres derrière lui mais lui il a assuré! Comme Blair…
    Est-ce que M. Moscovici brillant et surdiplômé trouvera un job quand son métier de ministre s’arrêtera?
    Il est clair que nous avons une mémoire collective : on verra si il est engagé par une nos banques systémiques TBTF… Pour le moment soyons généreux au bénéfice du doute, pensons qu’il aurait tout simplement besoin de lire le blog et et les livres du prof. Jorion et les articles de F. Leclerc !

  4. Ce Mosco est vraiment à la botte des banquiers. Espérons qu’au niveau européen, de vraies mesures visant à bien séparer les activités de marché et de dépôt seront prises.

    1. Ne vous faites pas de soucis pour ce haut fonctionnaire et élu local socialiste mais surtout européen à tout prix donc libéral comme la plupart des socialistes!

  5. Bonsoir l’imprécateur.

    « Lamentable. Une faillite totale de nos élites. Un double échec: non seulement ils nous ont plantés collectivement mais en plus ils font fait le lit du retour aux pires moments de l’histoire du XXème siècle. »

    Espérons que cela se retournera une nouvelle fois contre eux et cette fois ci d’une manière définitive. Quelque fois l’histoire est bien faite, sans le savoir à force d’être trop sûr de soi on tend le bâton qu’on va prendre sur le coin du nez.

  6. C’est amusant un ministre français qui décide quelque chose.
    prévenez barroso, il ne faudrait pas que çà dégénère.
    bientôt les français vont décider des taux d’emprunts grecs et fixer la notation de Moodys
    heureusement il y a une politique bancaire européenne.

  7. L’Islande va très bien, merci… mais en avez-vous entendu parler ?

    Alors que la Grèce vient tout juste d’obtenir une nouvelle rallonge de plus de 40 milliards d’euros, certains estiment que la zone euro ne fait que gagner du temps. La péninsule peut-elle s’inspirer de l’Islande pour s’en sortir ?

    Une fois le bilan nettoyé, les réformes de structures peuvent alors commencer et l’on peut s’attacher à renvoyer les banquiers des instances politiques et monétaires qu’ils ont accaparée pour qu’ils retournent dans leurs agences de quartier d’où ils n’auraient jamais du sortir. Et tout cela doit se faire de façon démocratique, en demandant son avis au peuple par référendum ou au travers de nouvelles élections, à chaque étape.

    A mon avis, il est temps, grand temps que les autorités politiques européennes demandent toutes affaires cessantes une consultation aux élites Islandaises pour apprendre comment se sortir du trou dans lequel elles ont collé le vieux continent. Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit que la probabilité d’une telle demande est faible, très faible et que les élites Européennes préféreront continuer à crucifier leurs peuples sur la croix de l’Euro plutôt que de reconnaître leurs erreurs et bien entendu, refuseront de demander leur avis aux peuples de façon démocratique.

    Mais ce qui m’étonne le plus , c’est le silence radio total de la presse sur ce qui s’est passé en Islande et l’absence de comparaison entre l’Islande et la Grèce. Si les peuples savaient qu’il existe une solution à leurs malheurs, peut-être exigeraient ils que des actions soient prises en ce sens ? Est ce pour cela que l’on n’entend JAMAIS parler de l’Islande ? Et la presse a t’elle reçu des ordres? Mais de qui?

    http://www.atlantico.fr/decryptage/islande-va-tres-bien-merci%E2%80%A6-mais-en-avez-entendu-parler-charles-gave-558353.html?page=0,0

    1. Couler la Grèce ça a ou ça va rapporter quoi à qui?

      Le Monde a publié Prendre exemple sur l’Islande LE MONDE ECONOMIE | 26.11.2012 à 10h44 Par Thorolfur Matthiasson, Université de Reykjavik

      S’en est suivi une fort brève discussion où certains déclarent que c’est intéressant et d’autres que la situation de l’Islande et de l’UE ne sont pas du tout comparables.

      Au cas où les Européens – ou seulement certains des pays européens – diraient eux aussi que les banques ayant fait n’importe quoi ils refusent de payer l’addition, il serait intéressant d’avoir des avis éclairés sur les conséquences prévisibles… Autrement dit un avis sur le fait que si ne pas rembourser des sommes relativement modestes ne semble pas justifier d’envahir un si petit pays (320.000 habitants) dans l’espoir de compenser les pertes ils se pourrait que les mêmes aient de quoi se rembourser et les moyens de l’exiger dans ces autre cas.

  8. Perte du AAA pour le MES et le FESF:

    European Rescue Mechanism Loses AAA Rating.

    S&P futures are bleeding back down again after-hours as Moody’s announces the downgrade of the EFSF and ESM from AAA to Aa1. « Moody’s decision was driven by the recent downgrade of France to Aa1 from Aaa and the high correlation in credit risk which Moody’s believes is present among the ESFS’ and ESM’s entities’ largest financial supporters. » Of course, this is nothing to worry about as we are sure that some Middle East sovereign wealth fund will still buy their bonds? Or China? Or Supervalu?

    *MOODY’S DOWNGRADES ESM TO Aa1 FROM Aaa, EFSF TO (P)Aa1 FROM Aaa.

    http://www.zerohedge.com/news/2012-11-30/european-rescue-mechanism-loses-aaa-rating

    1. « Eine große Katastrophe! » Les murs tremblent à Berlin !

      Et bien sûr l’annonce un vendredi soir quand tout est fermé jusqu’à lundi au petit matin… C’est une info de taille ! Le mécano qui a été monté par Merkel & co se fissure d’ores et déjà ! C’est pas merveilleux ?

    2. Et pour le fmi , il y a une note ? N’y aurait il pas des corrélations négatives ?

      je lance une souscription pour un fonds martien géré par un robot curiosity qui sera déconnecté du réseau bancaire terrien

      une notation à quatre lettres sera utilisé AAAA.

      1. Je propose une notation à plusieurs lettres correspondant à « pris à la gorge par les banquiers » :

        AAAAArrgh !

  9. Bonjour

    Les dirigeants des grandes entreprises françaises ne connaissent pas en profondeur le métier de leurs entreprises car ils sont issus pour la plupart de la fonction publique (ex: dans l’automobile, comparer le parcours des dirigeants allemands et français!) Il en va de même dans la banque. Il sont donc besoin de se « blinder  » sur les particuliers pour ne pas être débordés….

    Sous l’ancien régime, qui constitue toujours la base de notre société, être « bien né  » vous permettait de réclamer une charge quelles que soit vos compétences. (Le résultat, dans la marine,par exemple et en dehors de rares exceptions de capitaines sortis du rang, face aux anglais tout le monde le connait ! Pourtant les navires de rang de la france étaient techniquement supérieurs à ceux des anglais en général)
    Il semblerait que ce privilège de naissance ait été transformé en privilège de scolarité, ce qui est déjà mieux mais produit toujours les mêmes effets!

    Ajoutez y le traditionnel concubinage incestueux et maintenant partouzard entre la HFP ,le privé et le politique et vous avez la recette du bouillon pour tous, caviar pour quelques uns!

    Cordiales OAT AAA ‘tchoum!

    1. bouillon pour tous

      à ce jour, certes, le (trop) bon peuple boit le bouillon …
      mais, il se pourrait que les « caviardisés » doivent boire un de ces jours le bouillon de onze heures , se trouvant ainsi purement et simplement caviardés des registres de l’Histoire…

  10. M. le ministre Moscovici est au mieux infiltré par le lobby bancaire (pour les optimistes) ou pire un de leur meilleurs agent.

    Ce qui suit est long, je le reconnais, mais une fois qu’on l’a lu, on croit comprendre que les banques n’ont rien à craindre.

    Je m’explique.

    PIERRE MOSCOVICI est vice-président du Cercle de l’Industrie. Ce lobby, représentant les intérêts des trusts français à l’échelle européenne, a été créé en 1993 par Raymond Lévy, alors président de Renault, et Dominique Strauss-Kahn, qui venait tout juste de quitter le ministère de l’Industrie et du Commerce extérieur. Ce Cercle de l’Industrie es partenaire du MEDEF, de l’Institut de l’Entreprise et de la Table ronde des Industriels européens.

    Le Cercle de l’Industrie s’est doté du conseil d’administration suivant (non exhaustif):
    – Denis Ranque (président)
    Administrateur de CMA-CGM, de Saint-Gobain et du Fonds Stratégique d’Investissement français ; ex-PDG de Thalès
    – Jean-Yves Naouri (trésorier)
    Directeur des opérations du groupe Publicis. Son frère, Jean-Charles Naouri, a été directeur de cabinet de Bérégovoy à Bercy et associé-gérant de Rothschild & Cie Banque, avant de prendre le contrôle du groupe de distribution Casino, et de devenir l’une des plus importantes fortunes de France estimée, en 2011, à 883 millions d’euros par le magazine écofi Challenges. Jean-Charles Naouri est aussi conseiller de la Banque de France, administrateur de Rothschild & Cie Banque et de Fimalac. Cette dernière holding, chapeautant l’agence de notation Fitch Ratings, appartient à un proche de Laurent Fabius : Marc Ladreit de Lacharrière.

    – Bertrand Collomb (administrateur)
    Administrateur des sociétés Total, DuPont et Reuters Founders Share Company, conseiller de la Banque de France, président d’honneur de Lafarge et ex-vice-président d’Unilever

    ETC, etc…

    Quant à notre président HOLLANDE, il a comme conseillers:
    – Jean-Hervé Lorenzi, , actuel administrateur de BNP Paribas Assurances, de la Cie financière Edmond de Rothschild, et membre du conseil d’orientation de l’Institut Montaigne, think tank créé par Claude Bébéar (Axa).
    – Jean-Paul Fitoussi, administrateur du trust financier italien Sanpaolo IMI, de Telecom Italia et de Banca Sella Holding.
    – Emmanuel Macron, associé-gérant chez Rothschild & Cie Banque
    – Stéphane Boujnah, patron de la branche française du groupe financier espagnol Santander.

    On a aussi les conseillers de MICHEL SAPIN, ministre du travail actuel:
    – Thierry Aulagnon (ex-directeur de cabinet à Bercy) est membre du comité de direction de la Société générale
    – Eric Lombard (conseiller technique à Bercy) est président de BNP Paribas Cardif et du Groupement français des Bancassureurs
    – Godefroy Beauvallet (conseiller e-Government au ministère de la Fonction publique), il dirige actuellement le Fonds Axa pour la Recherche…

    ALORS maintenant vous avez compris?

    Surtout qu’on on sait que dans la commission chargée de plancher sur la séparation des activités bancaires, il y avait sur 5 personnes, un administrateur de la BNP et un ancien conseiller de Michel Pébereau (ex-PDG de BNP de 1993 à 2003 et dont il est le président du conseil d’administration depuis cette date)

    Voilà!! Maintenant je dis ça, je dis rien…

      1. Sources:
        – olivier berruyer, émission les experts BFM Business du 12/11/2012 (y a 1 résumé d’à peu près 14 minutes qui traîne sur youtube je crois)
        – les belges du site d’infos Banc-public.be avec un article de geoffroy geuens du 23 janv 2012

        Voilà pour l’essentiel mais ce n’est pas exhaustif, il y a d’autres sources, suisses, belges, anglo-saxonnes, etc… (peu de françaises en fait) .
        Dans tous les cas, il faut recouper et vérifier les sources et documents.

    1. Moscovici comme tout le gouvernement socialiste n’est pas infiltré par le lobby bancaire mais il en est à son service puisqu’au nom de l’UE il s’agit de sauver l’euro à tout prix donc de faire payer aux citoyens le prix fort des errements du système bancaire. D’ailleurs le nouveau patron de la Banque d’Angleterre vient de Goldman sachs comme Mario Monti, Mario Draghi et comme l’ex-premier ministre grec Luca Papademou. A cela s’ajoute le FMI au service du capitalisme financier apatride.

    1. « banque universelle »

      encore un coup de la novlangue ( présidant de tout temps au totalitarisme ) :
      déboisement :
      banque qui mélange le maigre potage, fruit du labeur des gueux, avec les tripatouillages des affairistes z’é (gros) rentiers, » ni vu ni connu, je t’embrouille » ; en cas de big problème, les gueux seront largement mis à contribution, et les z’ôt seront les pieds au chaud aux îles caïmans, mais pas que …

  11. Cela me fait penser aux opéras à grand spectacle, où, au son d’une musique grandiose, les choristes font mine de marcher en piétinant sur place, en brandissant des accessoires en carton, et en clamant avec beaucoup de vocalises « nous avançons, nous avançons … ».
    Les spectateurs, sous le charme, applaudissent (ils ont payé pour cela, il serait malvenu qu’ils dénoncent une duperie de notoriété publique qui fait partie du programme).

  12. Etre de droite ou de gauche ne se décrète pas par le nom du parti politique auquel on appartient, cela se constate par la politique menée, ici c’est claire, une fois de plus le Parti « Socialiste » est de droite.

  13. La Cour européenne de justice valide «le secret défense» pour la BCE: dans un jugement rendu ce jeudi, la Cour européenne de justice a justifié le refus de la Banque centrale européenne de rendre publics des documents relatifs à la dette grecque. Goldman Sachs était en cause. Mario Draghi aussi.

    http://www.mediapart.fr/journal/international/291112/la-cour-europeenne-de-justice-valide-le-secret-defense-pour-la-bce

    Tuile pour le Belgique et pour la France avec DEXIA:
    L’augmentation de capital de Dexia pourrait alourdir le budget.
    Selon Eurostat, l’augmentation de capital de 2,9 milliards doit être considérée comme une dépense et non comme un investissement. Le gouvernement a jusqu’au 12 décembre pour contester ces arguments.

    Les 2,9 milliards d’euros que la Belgique doit emprunter pour l’augmentation de capital de la banque résiduelle Dexia doivent être inscrits dans le budget, selon l’Office européen de statistiques Eurostat, lit-on samedi dans Het Laatste Nieuws.

    Dans un courrier du 27 novembre, adressé par Eurostat au président de l’Institut des comptes nationaux, Jean-Marc Delporte, Eurostat indique que l’augmentation de capital doit être considérée comme une dépense et non comme un investissement.

    Un déficit aggravé

    Si la hausse de capital est menée cette année, le budget affichera alors un déficit de 3,6 % et non de 2,8 %. Si l’opération se produit en 2013, alors la Belgique aura un déficit de 3 % et non de 2,15 % comme estimé précédemment.

    Le gouvernement a jusqu’au 12 décembre pour contester les arguments d’Eurostat. Les actionnaires de Dexia doivent voter l’augmentation de capital le 21 décembre prochain.

    http://www.lesoir.be/130459/article/actualite/belgique/2012-12-01/l%E2%80%99augmentation-capital-dexia-pourrait-alourdir-budget

    1. « La Cour européenne d‘injustice valide «le secret défense» pour la BCE: dans un jugement rendu ce jeudi, la Cour européenne d‘injustice a justifié le refus de la Banque centrale européenne de rendre publics des documents relatifs à la dette grecque. Goldman Sachs était en cause… »

      je suis prise de découragement . ..le moral en berne …ce coup ci, la guillotine n’y suffira pas, hélas … ou alors, faudrait la rendre …voyons, plus compétitive, c’est cela !! j’ai trouvé ! et augmenter sa productivité …j’ai (enfin) absorbé le catéchisme neolib.
      eureka ! on va baisser notre déficit, et comment !
      tous ces salaires exorbitants, parachutes dorés, stock options, pantoufleurs, neoconférenciers-grassement-rémunérés-à-ne-rien-faire ( non, y’en a pas qu’un ), agents de corruptions diverses et variées, copains et coquins , joueurs de bonneteau avec la santé et la vie des gueux,…raccourcis … ça va faire des éconocroques !

  14. Le doute n’est plus permis. Moscovici n’est pas le bon homme bien intentionné qui se fait rouler par les méchants banquiers, pas plus que Fabius n’est naif au point de croire que les missiles français permettront de libérer le peuple Syrien, ainsi Hayrault n’est pas plus naïf lorsqu’il confit la gestion d’un futur aéroport inutile à Vinci, et pactise avec Mittal….
    Nous sommes les témoins d’une redéfiniton des cartes stratégique, basée sur une usurpation d’abord dialectique où après le libéralisme signifiant la liberté d’être égoïste et cupide, le socialisme est utilisé pour étouffer toutes les tentatives de réflexions et d’actions pour concevoir une autre façon de vivre ensemble.

  15. Quel surnom à donner à Moscovici puisque dans le tabernacle du Gouvernement on surnomme déjà Hollande « Culbuto ».?

  16. Vous avez certainement lu les extraits du rapport concernant la gestion désastreuse & opaque de Sc Po qui est la pépinière des futurs hauts fonctionnaires qui vont irriguer tous les étages de la maison France.
    Grâce au pantouflage, on va les retrouver dans les banques et les entreprises.
    Ne soyons pas étonnés des petits arrangements entre amis qui se règlent dans des clubs ou cercles prestigieux comme celui de l’industrie créé par DSK.
    Qui s’est donc inquiété de la stratégie de DEXIA, à l’époque de Pierre Richard ? Il y avait dans le CA des politiques éminents qui ont cautionné ses folies financières.
    La réforme bancaire sera donc un simple coup de peinture sur un building lézardé. Il faut bien faire croire aux concitoyens que la finance est l’ennemi du peuple comme Mittal, celui des ouvriers de Florange.

    1. /// Vous avez certainement lu les extraits du rapport concernant la gestion désastreuse & opaque de Sc Po ////
      Non !! sans dec. ?

    2. JPM,

      Au cas où vous liriez les réponses à votre commentaire : un débat animé se déroule depuis quelques jours et en ce moment-même sur le blog à propos de Sciences Po.

  17. Notre ministre souhaiterait donc opérer un tri entre bonne et mauvaise spéculation.

    Alors que la question posée demeure: séparer financement et spéculation.
    Découpler les activités de dépôt et de marché des banques.

    C’est à dire:
    *d’un côté, le rôle d’attribution des moyens de production que jouent les banques
    *de l’autre, le pillage de l’économie réelle et la dilapidation organisée par la finance

    Car faut-il le rappeler, la finance ne contribue que marginalement au financement de l’économie, aux alentour de 7% ce me semble, et encore, les bonnes années.
    L’essentiel du financement des entreprises non financières passe par les canaux de l’autofinancement et de l’endettement.

    L’argument invoquant une spéculation, fut-elle bonne, au service du financement des entreprises est structurellement irrecevable.

    Comme notre ministre a certainement souffert de mauvais conseils en la matière, permettez-moi cette modeste contribution à la question de la réforme bancaire:

    -fermons la bourse

    -nationalisons le système bancaire

    -réorganisons les banques comme suit: leur capacité de financement, leur rôle d’attribution des moyens de production est géré par des conseils citoyens qui arbitrent les propositions émanant des différentes chambres de consommateurs et de producteurs.

    Salutations anarchistes
    Cyberpipas, chercheur en économie niveau 2

  18. Notre ministre souhaiterait donc opérer un tri entre bonne et mauvaise spéculation

    En fait, cette réforme n’empêchera pas une nouvelle crise bancaire : la régulation préconisée, y compris le simple cantonnement de certaines activités, existait avant 1929…

    La réforme ne consistera pas à séparer les banques casinos des banques utiles :
    -en fait, encadrement d’ activités financières jugées trop risquées (règle « Volcker light »).
    -Pas de séparation des activités bancaires sous un même toit ( ring-fencing ou cantonnement préconisé par la Commission Vickers au Royaume-Uni ou le groupe Liikanen) promise par Hollande au Bourget

    http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1216319&xtmc=paris_moins_ambitieux_que_londres_ou_washington&xtcr=1

    « Seules les opérations jugées purement spéculatives et inutiles à l’économie, ne possédant aucun lien avec les clients, sont en effet cantonnées. Toute l’activité dite de « tenue de marché » est épargnée.

    « Si elle découle des demandes des clients (par exemple, la vente de produits financiers couvrant des entreprises contre le risque de change), elle conduit également les banques à prendre des positions « directionnelles » (massives, potentiellement dangereuses) pour garantir la liquidité des marchés, soit la revente des produits…

    Le négoce de produits dérivés de matières premières agricoles – accusé de faire varier les prix – et le trading haute fréquence – le négoce de titres financiers à grande vitesse – seront pour leur part interdits. Mais, une fois encore, seulement s’ils sont réalisés pour compte propre. « Ce qui est cantonné ou interdit est très limité. Pour frapper fort et tirer les leçons du passé, le gouvernement aurait pu interdire le compte propre, organiser une vraie séparation des activités bancaires », poursuit M. de Vauplane. [avocat en droit bancaire au cabinet Kramer Levin Naftalis & Frankel, professeur à l’université Panthéon-Assas (Paris-II)] » Le Monde

    Hélas, il y a absence de débat national:

    Le gouvernement n’en a pas appelé au peuple pour obtenir le soutien nécessaire à un combat politique contre le lobby bancaire. Pourtant, il obtiendrait ce soutien sans problème :
    -84 % des Français sont pour la séparation bancaire, 77 % pensent que les banques sont responsables de la crise, 65 % qu’elles devraient être placées sous le contrôle de l’Etat, 71 % qu’elles n’ont pas tiré les leçons de la crise et 74 % qu’elles n’accordent pas suffisamment de crédit à l’économie (IFOP – Juillet 2012).
    -Le pays s’attend à ce que la justice soit réellement imposée aux grandes banques à l’heure où les profits, les scandales et les abus bancaires font régulièrement la une des journaux, et qu’une part grandissante des Français se bat quotidiennement pour sa survie.

    En plus notre système financier est en état de faillite ou cela s’y apparente:

    Le système financier international a temporairement échappé à un effondrement total, uniquement par la grâce d’afflux massifs de liquidités émanant des banques centrales et des Etats ; les banques françaises sont en état de faillite virtuelle :
    -Les banques françaises ont été autorisées à conserver plusieurs dizaines de milliards d’euros d’actifs toxiques (Dexia, etc.) sans devoir les afficher dans leur bilan (hors-bilan, structures de défaisance).
    -La Société Générale, le Crédit Agricole et BNP Paribas ont touché plusieurs dizaines de milliards de dollars des plans de renflouements américains (via l’assureur AIG).
    -L’ensemble du système bancaire européen vit sous perfusion de la Banque centrale européenne, qui a prêté aux établissements financiers 1000 milliards d’euros sur 3 ans et leur rachète pour des centaines de milliards d’euros des obligations souveraines dont elles souhaitent se défaire.
    -En 2008 et 2009, le salut des banques françaises est passé par des garanties d’Etat ; elles ne sont donc pas solides.

    Les cinq banques universelles françaises ont atteint une taille systémique périlleuse pour l’économie réelle :
    -Le bilan de nos grandes banques représente plus de trois fois le PIB national.
    – 1/3 de leurs bilans correspond à du crédit aux entreprises, collectivités ou particuliers.
    -Leur stratégie est guidée par leur positionnement sur les marchés internationaux ; leur centre de gravité est à la City de Londres et à Wall Street, places financières de tous les scandales et de toutes les fraudes révélées depuis 2008.

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