CERTAINS LANCEURS D’ALERTE SONT DE GRANDS NAÏFS !

L’une d’entre vous me recommande d’écouter le podcast d’une émission de radio récente sur une station californienne pour y entendre ce qu’explique un professeur américain. Et en effet, ce qu’il dit est à ce point judicieux, que je croirais m’entendre parler moi-même. 😉

Mais la première partie de l’émission capte elle aussi mon attention : il y est question des efforts de l’administration Obama pour protéger dorénavant les « whistleblowers » : les lanceurs d’alerte. Or, un lanceur d’alerte sur l’utilisation (illégale, faut-il le rappeler ?) de la torture par diverses instances américaines, vient de se voir condamner à deux ans et demi de prison pour avoir mis en danger le secret défense. Ceux qu’il dénonçait (incroyable mais vrai !), courent toujours.

Le problème avec les lanceurs d’alerte (comme le souligne ce cas-ci), c’est qu’une fois sur deux, ce qu’ils dénoncent appartient à la sphère de la Realpolitik : la différence entre ce que les États prétendent faire (avec des sanglots dans la voix) et ce qu’ils font en réalité (avec un réalisme tout pragmatique).

Les lois de protection des lanceurs d’alerte devraient être plus précises : « Tout lanceur d’alerte aura droit à la protection de l’État (pour autant que ses alertes ne mettent pas en lumière l’indignité de l’État lui-même, sans quoi il est un traitre – ce dont il aurait quand même dû avoir la perspicacité de se rendre compte !) ».

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