À la recherche d’une jeune gréviste perdue : une longue histoire déjà, par Paco76

Billet invité.

Le 3 juillet dernier, Paul Jorion mettait en ligne le ‘petit’ film de Jacques Willemont : La reprise du travail aux usines Wonder.

Usine de Saint-Ouen en région parisienne, les fameux accords de Grenelle (mai/juin 1968) viennent d’être signés.

Le personnage central de cette vidéo étonnante et criante de vérité, c’est elle bien sûr, cette jeune gréviste aux larmes de rage qui « ne veut plus remettre les pieds dans cette taule… ».

Comme on la comprend… Mais après toutes ces années, qu’est-elle donc devenue cette ouvrière anonyme ? De même que notre Judith de « La survie de l’espèce », peut-être que ‘tout le monde s’en fout’ aussi !? Enfin peut-être pas…

Suite à la mise en ligne de la vidéo, une bouteille à la mer en quelque sorte, on espère qu’un beau matin : « Bonjour, voilà, c’était moi… », ce serait beau ça, non ?

Trois semaines ont passé, pas de nouvelles du côté du blog… Et pourtant Paul Jorion aimerait bien la rencontrer, et nous aimerions tant que PJ la rencontre !

Après avoir déniché un contact via un lien sur le blog du réalisateur Jacques Willemont (où la mystérieuse est déjà une icône), à ma grande surprise celui-ci me répond illico :

« Il faudrait la chercher, à tout prix ».

Le mystère s’épaissit, le réalisateur lui-même ignore l’identité de la belle révoltée…

Cette réponse encourage quand même Paul Jorion à lancer alors un avis de recherche. C’est ‘Perdu de vue’ sur le blog !

Mais déjà en 1996, Hervé Le Roux réalise un film de trois heures, Reprise, un voyage au cœur de la classe ouvrière’, relatant la recherche quasi obsessionnelle de l’identité de la jeune ouvrière qui ‘crève l’écran’, comme dans une enquête à suspens, chaque personne y est retrouvée… Sauf la jeune femme.

D’autres ont certainement mené des recherches, mais leurs quêtes n’ont apparemment pas abouti…

Reste la possibilité de fouiner dans les archives de la Société Wonder, mais elle en a aussi disparu, Bernard Tapie est passé par là, la dernière usine a fermé en 1994.

Les ouvriers ont obtenu de meilleurs salaires, de meilleurs conditions de travail, mais pas de ‘vrai changement’… de vie, de tout…

Madame, nous espérons vous revoir bientôt.

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