La complexité égyptienne, par Jeanne Favret-Saada

Billet invité.

Michel,

Entièrement d’accord avec votre texte d’hier soir, y compris avec le ton sur lequel il était écrit. Bien sûr qu’il n’y a pas de Pax Americana en Égypte, parce que les USA — Obama en particulier — ont parié sur le mauvais cheval (les Frères musulmans), parce qu’ils n’ont plus les moyens de leur politique (1,5 milliards de dollars, c’est peu pour l’armée égyptienne à côté de ce que promet l’Arabie saoudite), ni l’envie d’intervenir sur tous les théâtres. Je me garderais juste de parler d’une « naissance impossible de la démocratie » parce que l’Égypte est dans une situation très indécise. Précisément parce que ce qui s’y passe évoque (vous avez raison sur ce point) ce qui nous menace en Europe, nous devons nous imposer — me semble-t-il — un règle de méthode très ferme : ne pas prononcer de jugements définitifs sur des situations fondamentalement instables. Accepter l’idée que, pour finir, le pire devienne réel ne devrait pas nous entraîner à le voir tout de suite réalisé.

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