Sans pour autant « perdre son âme », par Patrick Duprez

Billet invité.

Cher Paul Jorion,

Je trouve dommage que votre participation au « colloque sur l’économie positive » ait donné lieu à un déchirement parmi vos « amis », et comme je suppose que vous savez choisir vos « amis officiels », je ne peux que constater qu’une fois de plus, ceux que je qualifierai de « progressistes » en opposition aux possédants et autres conservateurs « friqués », se sont divisés sur une « participation ponctuelle » en somme toute non problématique par rapport à vos engagements que je pense être autant positifs que sincères.

Il est vrai que les « gens de gauche » ont toujours eu une propension à se diviser (souvent pour des broutilles) alors que la droite a toujours eu la conservation de ses privilèges et le « fric » comme horizon et coefficient unificateur.

À la question : fallait-il pour autant participer à un colloque qui réunissait des personnalités très proches du « marché et de la finance », voire même franchement détestables, je répondrai sans équivoque positivement car s’il fallait pour faire passer vos idées, se contenter d’articles dans le « Monde Diplomatique » vous seriez resté dans les « limbes » de la notoriété.

Je crois comme vous qu’il est nécessaire sans pour autant « perdre son âme », d’utiliser tous les moyens médiatiques (beaucoup trop rares) mis à la disposition de tous ceux qui s’opposent à l’économie financiarisée et au pouvoir de l’argent.

La seule vraie question qui se pose est : « Comment peut-on dépasser le stade de la confidentialité qui est toujours la vôtre (et celles des autres) pour créer un mouvement d’opinion capable, d’influer fortement sur les hommes politiques et de « renverser les barrières » du fric et de la finance mondialisée ? ».

Pour cela, je ne vois qu’une seule réponse : « Unir inlassablement les oppositions à la société du fric et fédérer les bonnes volontés » car le temps est compté à l’Humanité.

En ce qui concerne Jacques Attali, je constate qu’il se dirige maintenant dans une meilleure direction même si je reste en désaccord avec sa conception de l’économie positive ainsi que sa conception technocratique de la démocratie.

J’aurais également aimé que vous nous parliez de Jeremy Rifkin dont beaucoup d’idées m’ont paru intéressantes.

Amitiés de la part d’un de vos nombreux amis non officiels.

Partager :