LE 1% ET NOUS, par Michel Leis

Billet invité.

Le 1 %, (les plus riches) qui s’oppose aux 99% (vous et moi) est en réalité un concept interstellaire qui échappe à l’entendement de la plupart des individus. On le dénonce quand on a atteint un certain niveau de compréhension de l’état des rapports de forces dans notre société, on l’instrumentalise dans certains discours (ça peut être plus grave), rien n’y fait, on est aux antipodes de la réalité vécue par les citoyens.

La grande force du Front National, c’est d’être capable de mettre en scène ces inégalités vécues au quotidien comme une représentation de celles plus larges qui traversent la société. S’attaquer à ces inégalités supposées évite de traiter d’autres inégalités plus fondamentales. Réclamer la tolérance zéro s’applique au voleur à la tire, pas aux fraudeurs du fisc qui volent des milliards à la société ou aux spéculateurs qui jouent avec l’argent d’autrui. Réclamer la fin de l’assistanat ne vaut que pour le HLM en face, pas pour les banques qu’il faut à tout prix préserver de la faillite afin de sauver l’épargne du bon père de famille, etc, etc…

C’est bien la difficulté d’un programme de gauche (ou social-démocrate extrémiste). Réduire les inégalités et l’appétence pour le profit des 1 % ne modifie pas à court terme le quotidien des individus. Il ne semble pas avoir de prises ou de relations avec les fins de mois difficiles, les pressions subies dans l’entreprise, la difficulté à trouver un travail. Un tel programme ne se projette pas au niveau du citoyen, tout simplement…

Celui qui arrive à établir cette connexion entre les problèmes fondamentaux évoqués à longueur de billets dans ce blog et le quotidien des individus est candidat pour 2017…

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