La colère est muette sous la camisole de la peur d’être encore plus pauvre, par rienderien

Billet invité.

La baisse du chômage est « mon obsession, mon combat » a déclaré début mai le président de la République, estimant qu’il n’aurait pas la crédibilité nécessaire pour briguer un deuxième mandat si le chômage ne baissait pas d’ici à 2017

François Rebsamen s’est fixé l’objectif de ramener le nombre de chômeurs sans activité « le plus près possible des trois millions » d’ici la fin du quinquennat de François Hollande en mai 2017

Monsieur le Président, c’est quoi le message ? Le plan ? Le programme ? Pour arriver à faire baisser le chômage ce qui vous donnerait le droit de vous représenter pour un second mandat et Monsieur le ministre du travail Rebsamen de vous congratuler de  »passer sous la barre  » des trois millions de chômeurs.

Moins de trois millions de chômeurs et tant pis pour ceux qui resteront sous la barre.

Non, non, vous êtes dans l’illégalité au regard du « droit au travail » inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.

Ainsi quand bien même le chômage baisserait, nul ne peut nier qu’il peut reprendre plus haut, plus fort une fois les élections passées.

On peut aussi douter de l’efficacité, voire de la toxicité des réformes qui seront mises en œuvres pour arriver à vos fins, juste pour un second tour.

Parce que de l’emploi humain, toutes les technologies s’appliquent à le supprimer, parce que c’est ainsi que le monde est pensé dans les sphères du capital. Parce que les leviers de la croissance du profit sont les mêmes pour tous, mondialisation oblige.

Faire le constat de la compétition au plus riche, au plus intelligent, au plus performant, sur les reins des plus faibles, des plus pauvres, ce n’est plus jouable pour ceux qui travaillent sans gagner leur vie, qui pourtant s’accrochent à l’angoisse de la perdre totalement, et la perdent quand ils n’y croient plus.

Voilà ce qui fait que la colère est muette sous la camisole de la peur d’être encore plus pauvre.

Merveilleux chantage, qui permet à la finance d’agir comme bon lui semble.

Exiger l’établissement d’un revenu universel au lieu d’accepter toutes les compromissions pour cesser de vivre au ralenti, diminués, moqués, ignorés, voilà vers quoi il faut tendre, parce que nous ne pouvons plus faire confiance aux partis politiques.

On ne vous croit plus, le changement c’est maintenant mais sans vous.

Paul Jorion propose qu’une part de la richesse produite par les machines revienne à la société dans son ensemble à travers une taxe sur la productivité – et non plus, comme c’est le cas actuellement, essentiellement par l’imposition d’un travail humain en voie de disparition.

Une autre proposition viendrait purifier le capitalisme : l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix.

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