La symbiose société/économie, par Jean-Paul Vignal

Billet invité.

Il est opportun de considérer les rapports société/économie sous un angle biologique, comme une symbiose obligatoire : elles ne peuvent vivre l’une sans l’autre, mais si l’une d’entre elles essaie de trop augmenter les bénéfices qu’elle en retire, elle devient parasitique pour l’autre et peut menacer sa survie et partant le sienne propre, en la replaçant dans le cadre du projet de constitution économique de Paul Jorion.

L’évolution « impériale » du monde des affaires et de la finance est telle que les sociétés humaines ne peuvent plus supporter qu’elles soient socialement irresponsables, s’arrogeant de plus en plus de droits grâce au chantage que leur permet leur mobilité géographique, et sans aucun devoir : il leur suffit pour y échapper en toute légalité de déclarer faillite en la préparant soigneusement pour se donner le temps de siphonner les actifs utiles vers des cieux plus accueillants, et le tour est joué. C’est socialement intolérable et explosif.

Je pense également que le primat absolu du politique n’est pas une bonne chose s’il revient à nier le mode de vie propre de l’économie, comme cela a presque toujours été le cas historiquement quand le politique l’emporte, la cerise sur le gâteau étant le communisme à planification centrale que même toutes les richesses naturelles et humaines de l’empire soviétique n’ont pas pu empêcher d’imploser ou, à une moindre échelle, la mise en œuvre du Programme Commun qui a transformé de légitimes ambitions politiques en un échec économique qui a finalement permis le retour en force du tout marché et a contribué à affaiblir durablement le fait que le partage équitable des richesses est le fondement économique indispensable à la stabilité des sociétés humaines.

La difficulté est de trouver une instance d’arbitrage entre les deux, une sorte de Cour Suprême Politique et Sociale démocratiquement élue par les deux bords, au dessus du politique et de la représentation dite patronale, capable de comprendre et de faire coexister pacifiquement ces deux entités « biologiquement » condamnées à vivre en symbiose, et dotée des pouvoirs nécessaires pour faire appliquer ses arbitrages, qui reviendrait de fait à responsabiliser socialement l’économie dans les faits au lieu de ne le faire que dans les discours et de la laisser faire ce que bon lui semble en toute liberté mondialisée au détriment des sociétés humaines qu’elle anémie de plus en plus dangereusement.

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