VentsContraires.net – Paul Jorion : « Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique »

(I) « Nous nous débarrassons du travail de manière massive »
(II) « La personne remplacée par une machine n’en profite absolument pas »
(III) « Les machines pourraient financer une allocation universelle »
(IV) « Pas de décroissance sans remise en question de la propriété privée »
(V) « Peut-on sortir d’un modèle économique fondé sur la croissance ? »

Cette question du travail est ouverte aux commentaires.

Sur le site VentsContraires.net

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33 réflexions sur « VentsContraires.net – Paul Jorion : « Les Luddites avaient compris la réalité du développement technologique » »

  1. Oui il faudrait mettre sur la table du débat public la problématique du travail ; cela vaut aussi pour tous les grands enjeux de ce siècle .
    Il faut pourtant aussi constater qu’on ne le fait pas et qu’on reste dans le blanc ou noir et le rapport de force ; le fil de l’eau suicidaire.
    La démocratie cognitive qui réunit les acteurs diversifiés que nous sommes autour d’une recherche de l’intérêt commun est à la fois la seule issue de sauvetage et le chemin qui semble le plus éloigné de notre culture politique .
    Le libéralisme a bétonné le monde et l’esprit dans un système du non choix et de la non réflexion .
    Comment casser ça ? Comment libérer une culture de la discussion publique au delà des blogs qui sont de pâles reflets de ce qu’il faudrait institutionnaliser ?
    De même qu’on a su installer des urnes et des bureaux de vote ,il faudrait savoir mettre en oeuvre dans les mairies et tous échelons territoriaux des think tank publics , ouverts à tous et reliés au processus de la décision publique(référendums)

  2. Suite de mon précédant commentaire .

    J’ai quelques idées sur la question de mettre en oeuvre un nouvel outil public adossé à nos institutions .
    Pour que cette proposition s’affirme il faudrait :

    1 lui donner qq visibilité en la décrivant
    2 l’expérimenter ici ou là
    3 qu’un nombre suffisant de citoyens et « personnalités soutiennent le projet
    4 qu’une demande d’inscription dans la loi de ce projet soit posée auprès des députés
    5 que les futurs candidats au futures présidentielles soient pressés à promettre la mise en oeuvre du projet

    1. Bonjour,

      La démocratie cognitive demande de mettre en place des actions collectives de formation, car ce sont les publics les plus dominés et exclus qui sont les plus éloignés de toute participation et qui pourtant, devraient agir en premier pour changer les conditions qui leur sont faites.

      Nous avons collectivement les moyens de mettre en place de tels dispositifs de formation.

      1. La « formation  » a toujours le défaut de se diviser en sachants (formateurs) et ignorants (ceux qui ont besoin d’être formés) ; lorsqu’il s’agit de politique ,on ne sort donc pas du tout d’un système dominant /dominés.

        Autant la formation est un processus utile à mettre en œuvre dans des domaines spécifiques, autant la démocratie cognitive qui est un savoir global émergeant de l’échange de points divers n’a pas besoin de formation mais de pratique.

        Si cette pratique est aujourd’hui désuète et que la discussion publique n’a pas été organisée dans l’institution politique et qu’on n’en éprouve même pas le besoin, c’est parce que « le bien commun » (objet de la démocratie cognitive) a déjà été prédéfini et accepté par tous sans discussion, sans débat, sans vote sans même s’en apercevoir : les avancées scientifiques et techniques associées à l’exploitation des ressources fossiles ont fait péter le bouchon du champagne pour tous ! ce progrès , cette croissance , cette libération… on y a goûté , on croit encore à ses promesses, dans le monde entier ; le bien commun n’est plus à interroger collectivement : il est là , systémique, et la démocratie représentative suffit amplement à sa gestion.
        « On » voit bien que c’est un attrape nigauds et que tout craque et que l’interrogation doit ressurgir.

        L’interrogation collective organisée, reliée aux processus de décision est devenue aujourd’hui un impératif.
        Il ne s’agit pas de former. Mais de mettre en place à côté du représentatif, s’y adossant et venant révolutionner la gouvernance, une structure nationale et locale de réflexion collective .
        Ce qui n’empêche nullement d’imaginer des processus de formation au sein de ce nouvel outil politique.

      2. Pour préciser un peu les choses : en vrac et à peaufiner:

        • Ce qu’il faudrait mettre en place .
        Adossé aux divers échelons territoriaux, des Conseils Citoyens en charge de faire l’interface avec les représentants ; un conseil citoyen communal, un conseil intercommunal ; un conseil à l’échelon des pays , (intercommunalités larges sur un territoire de projet ) et un conseil national .
        Missions de ces conseils : 1 suivre et analyser les politiques publiques 2 informer et consulter les citoyens lambda( organisation de réunions publiques) 3 rédiger un avis sur ces politiques 4 étudier des problématiques importantes engageant l’avenir du pays 5 Suite à ces études, ,sur des problématiques s’y prêtant, lancer un débat et demander l’organisation d’un référendum. Dans ce cadre ils constituent un think tank national public et ont vocation à travailler sur un projet de société répondant aux enjeux actuels.
        Ces Conseils Citoyens sont obligatoires, leur missions et leur fonctionnement sont précisés et encadrés par une loi ; ils sont composés de membres de droit ( tous les habitants ) et de membres actifs (mettant en œuvre les missions et assumant le fonctionnement ) ; les membres actifs sont tirés au sort avec un mandat d’une durée maximum de trois ans ; leur nombre est déterminé et proportionnel à l’échelon territorial concerné .
        Ces Conseils disposent de moyens matériels ( local, matériel audio visuel etc) et humains (animateurs , chargés de mission) Ils sont rigoureusement indépendants des divers pouvoirs publics et privés. Ils fonctionnent d’une manière collégiales (pas de présidents ou autre grade hiérarchique)
        Concernant certaines études et débats ils travaillent en collaboration avec l’assemblée nationale , notamment les commissions parlementaires.
        Aux divers échelons, les représentants élus ont obligation de soutenir le fonctionnement de ces conseils et de PARTICIPER , en tant que membre de droit aux divers travaux et réunions publiques qui sont organisées.
        Les Conseils Citoyens disposeront obligatoirement de temps d’antenne audio visuels. Ils pourront travailler avec les médias qui en seront les relais et partenaires dans le strict respect de leur totale indépendance.

  3. L’irruption des robots est certaine, mais la fin de l’oléocène demande des changements radicaux dans l’agriculture et dans l’actualisation du bâti qui devra devenir énergétiquement pérenne, ces deux domaines verront exploser les emplois.

    Prenons l’agriculture. En Belgique, la Région wallonne envisage 16.000 micros fermes sur deux hectares, imaginons-nous que des familles laminées par trois générations de chômage vont réunir les moyens de devenir propriétaire de leur exploitation. Mais certainement que si, les petites dames en jupe de cuir des services sociaux les orienterons vers les régies foncières de proximité pour signer des contrats de quasi-servage trans générationnel. Pour l’Europe se sera des millions d’entreprises de ce genre, et accompagnées de normes de réciprocité de spécialisation de production et de distribution, qui renforceront les latifundiaires. Et surtout ne vous laissez pas avoir, les 80 % de fermes qui contrôle encore 14% des terres agricoles ( 3% de latifundiaires en contrôle 50%) sont des « petits paysans » ceux-ci ne lâcherons pas le bout de gras qu’ils croient avoir durement gagné au travers d’un processus de sélection naturelle sur le critère de résilience aux emprunts bancaires appliqué sur trois générations, au même titre que la résistance familiale de leurs gènes aux cancers d’origine chimique. Nous les leurs avons payé leurs petites propriétés agricoles, au travers de la PAC avec nos sous, et notre « mal bouffe » qui plus est, avant qu’ils ne se reconvertissent en masse en Amap, dont les salariés agricoles mis à disposition par les pouvoirs publics, n’auront pas le statut de coopérateurs un homme une voix.

    Alors que la robotisation pourrait être l’occasion d’une émancipation collective, ne doit-on pas s’inquiéter du fait que le travail sera maintenu dans sa fonction de contrôle social ? Il suffit d’examiner le document suivant : « Des règles plus intelligentes pour des denrées alimentaires plus sures:.la Commission propose un paquet législatif primordial pour moderniser, simplifier et renforcer la filière agroalimentaire en Europe.., pour trouver le paragraphe qui assassine en prolepse toute perspective d’autonomisation sociale par l’auto organisation collective des dominés.
    (http://europa.eu/rapid/press-release_MEMO-13-398_fr.htm)

    10) L’utilisation des semences par des jardiniers amateurs est-elle concernée?
    L’utilisation de semences dans les jardins privés n’est pas réglementée par la législation de l’UE. Les jardiniers amateurs peuvent acheter tout type de semence ou de matériel végétal et vendre leur matériel en petites quantités. Ils peuvent choisir d’acheter du matériel qui n’a pas été soumis à essai et enregistré et dont l’identité, la santé et la qualité seront uniquement garanties par le producteur dudit matériel (matériel de niche).
    Dans le cadre de ce système, les jardiniers amateurs peuvent également vendre tout type de matériel. Ils peuvent aussi choisir d’acheter du matériel produit et commercialisé par des opérateurs professionnels, c’est-à-dire des opérateurs exerçant à titre professionnel des activités de sélection, de production et de vente de semences, dans les jardineries par exemple. Dans ce cas, des règles plus strictes s’appliquent et des essais concernant l’identité, la santé et la qualité sont nécessaires.

    La réforme clarifie la situation: tout non professionnel (jardinier amateur, par exemple) pourra procéder à des échanges de semences avec d’autres particuliers sans être concerné par les dispositions du règlement proposé. Le règlement proposé prévoit que l’utilisateur de semences reçoit les informations nécessaires sur l’identité du matériel (nom de la variété et caractères soumis à essai, par exemple) et que la santé et la qualité du matériel sont garanties.

    Ne semble-t-il pas que ce texte organise, en sous-main, le sabotage de nouvelles pratiques émancipatrices ? comme par exemple, la possibilité de coopératives municipales libertaires, au travers desquelles pourraient se développer de nouveaux communs par l’expérimentation de pratiques de réciprocité. Ainsi cette voie d’émancipation par la mise en commun du travail autonome n’est-elle pas est déjà condamnée! Vous avez le droit de tout faire, du moment que l’échange économique se limite à un réseau de jardiniers solipsistes complétant leur allocation universelle généreusement distribuée à partir de taxes prélevées sur les propriétaires de robots.

    L’assignation des citoyens au travail de leur lopin n’est-elle pas une tendance profonde de l’évolution de nos sociétés ? Voyer l’idée de Poutine, sous-jacente au projet de loi No 269545-6 d’Amendements aux Lois Individuelles d… en lien avec l’Adoption de la Loi Fédérale sur les domaines familiaux a été présentée dans la Duma D’état de la Fédération de Russie en même temps comme le projet de la loi Fédérale sur les Domaines Familiaux.
    http://www.scoop.it/t/actu-geo-politique/p/4022520348/2014/06/05/po
    Conformément au projet de loi en question, on accordera des terres :
    À chaque citoyen ou famille de le La Fédération de Russie qui veut; Une terre de non moins d’un hectare ;
    Ce gratuitement;

    pour utilisation à vie avec le droit de transfert par legs (comme propriété héréditaire pour vie ou comme propriété privée, à l’option du citoyen lui-même ou elle-même);
    sans le droit de vente, de louer, etc (seulement le transfert par le legs après la mort ou le transfert à un parent proche pendant sa durée de vie );

    avec une exemption de trois types d’impôts — foncière, sur les bâtiments et sur les produits du dit domaine;

    avec le droit de construire une habitation sur un domaine sur des terres à vocation agricole, dans des régions peuplé et dans des zones forestières ;

    sans possibilité de confiscation ou d’expropriation des domaines pour des exigences gouvernementales ou municipales;

    avec le droit de s’unir avec d’autres domaines familiaux dans des écovillages et autre rassemblements de domaines familiaux;

    avec la possibilité de recevoir l’appui de l’état conformément aux lois fédérales actuelles.
    La date prévue d’entrée en vigueur de la loi est le 1 juillet 2014″

    1. Morlie, vos chiffres sur les structures agricoles de Wallonie sont absolument dénués de tout fondement.
      Vos 3% d’exploitations « latifundiaires » (>150 Has) pèsent grand max 15% de la SAU wallonne, les 80% des plus petits exploitants en pesant eux un bon 50%.
      Pour la peine je vous laisse chercher les références officielles.
      Ps: excellente la réglementation européenne sur les semences, vraiment.

    2. @ Jean-Luce Morlie

       » L’irruption des robots est certaine, mais la fin de l’oléocène demande des changements radicaux dans l’agriculture et dans l’actualisation du bâti qui devra devenir énergétiquement pérenne, ces deux domaines verront exploser les emplois.  »

      Peu de choses sont sûres dans l’avenir.
      Mais on n’attire pas les mouches avec du vinaigre.
      Je vous ai dit ce que je pensais de votre manière de considérer les paysans.

      En appéritif, ici :
      Cette manière de considérrer les paysans ne va pas attirer beaucoup de monde.
      Tant qu’à restaurer le servage, c’est plus facile à dire qu’à faire.

      Et même les robots ne seront peut-être pas si soumis que ça.
      Je n’insiste pas là-dessus si je trouve que si nous créons un jour des intelligences artificielles, elles devraient avoir les mêmes droits que nous.
      Sinon, c’est une recréation de l’esclavage.

      Amusant comme sur un blog où on se prétend contre l’opression, personne ne parle de la très ancienne oppression subie par les paysans, et celle qui s’annonce des IA;
      Seul l’homme des villes est interessant.

      Dont acte.
      Attitude très générale.
      Mais dès lors, il me semble que si les paysans et les IA ont intéret pour les premiers à faire cessession et pour les second soit cela soit nous anéantir.
      Je rappele que le paysan peut vivre sans l’urbain et pas le contraire et que l’IA sera sans doute plus intelligente que nous donc plus dangereuse que nous donc potentiellement capable de nous anéantir.

      Par justice….
      A défaut par intérêt, montrons quelque considération à ce qui a une importance considérable pour nous.

  4. Tout est brillamment exposé dans le premier commentaire.

    La Question est de savoir si la propriété privée des robots et des ressources naturelles pourra être abolie. Ce qui suppose le renversement de l’oligarchie en place…
    Je n’imagine pas qu’il soit possible de la raisonner, sinon avec quels arguments de poids, (sachant que, de toute évidence, le bien être des populations ne fait pas partie de ses préoccupations) ??
    La révolution de 1789 n’est pas terminée.

  5. Le capitalisme en tant que mode de production de richesses matérielles est aux abois…les tenants de ce système qu’ils soient de gauche ou de droite croient en une issue possible à la fin du monde du travail…La disparition de la classe ouvrière et des producteurs quels qu’ils soient peut être mis en // avec la crise majeure du capitalisme qui commence aux années 70 (premier microprocesseur 1971)…le capitalisme est en face de sa principale contradiction que K Marx avait déjà prédite…La concurrence élément essentiel et la course à la productivité suppriment toujours plus de postes de travail dans tous les domaines tout en accroissant le nombre de marchandises dont le prix à terme ne fait que baisser.
    La baisse des marges des entreprises des pays industrialisés développés a été compensée par différents moyens…Délocalisations , blocage et maintenant baisse des salaires… Les marges des entreprises allemandes peuvent dire merci à Schroder en son temps et à Merkel qui ne veut pas entendre parler d’augmentation pour le moment…Aux États Unis le salaire des ouvriers est au point mort depuis plus de 30 ans.
    Jusqu’à présent les différentes luttes ouvrières que les capitalistes dénoncent comme des entraves à la bonne marche de la société et au bien de tous se sont avérées au final comme un aiguillon …sans toutes ces luttes comme le dit C Castoriadis le capitalisme se serait peut-être déjà effondré.
    Depuis les années 80 le capitalisme ne trouvant pas de solution pour l’économie réelle a tenté une dernière sortie pour réanimer le malade en faisant appel au capitalisme financier…Crédit…Dette…Spéculation…Injection massive de monnaie… rien n’y fait …le monitoring de la crise n’indique aucune amélioration…
    Peut-on trouver des solutions sans changer radicalement le mode de production et de distribution?…Une masse toujours plus grande de capital fictif qui ne repose pas sur une production à l’échelle de l’économie réelle n’est pas viable… Les 3/4 du profit des banques proviennent de la spéculation…les dettes continuent de courir jusqu’ à ce que personne ne puisse les rembourser… Et après ?

  6. @ Jean-luce Morlie

     » Et surtout ne vous laissez pas avoir, les 80 % de fermes qui contrôle encore 14% des terres agricoles ( 3% de latifundiaires en contrôle 50%) sont des « petits paysans » ceux-ci ne lâcherons pas le bout de gras qu’ils croient avoir durement gagné au travers d’un processus de sélection naturelle sur le critère de résilience aux emprunts bancaires appliqué sur trois générations, au même titre que la résistance familiale de leurs gènes aux cancers d’origine chimique. Nous les leurs avons payé leurs petites propriétés agricoles, au travers de la PAC avec nos sous, et notre « mal bouffe »

    Que de ressentiment contre les paysans !
    On dirait que vous leur en voulez de s’être maintenu sur leurs terres.
     » Nous la leur avons payé leurs petites proprités ».
    Ben oui, il n’y a pas que les opprimés des usines et les chômeurs, mais ne vous déplaise, les paysans survivent.
    Et puis, il ne faudrait pas tout inverser, les paysans étaient là avant la construction des villes, ce sont eux qui ont payé pour les villes bien plus que les villes n’ont payé pour eux.
    Autre chose : on peut se passer des villes pour manger.
    Pas des paysans.

    Prétendre comprendre le futur quand on ne comprend pas le passé est voué à l’echec.
    Le ressentiment anti-paysan a donné lieu à la persécution des koulaks et la relégation des paysans chinois loin des villes.
    Il me semble que mêmes causes, mêmes effets, si des gens ayant du ressentiment contre les paysans viennent au pouvoir, ils traiteront ces derniers comme les révolutionnaires que je citais l’ont fait.

    Ca me rappele un débat où on parlait d’énergie en oubliant les paysans.
    Triste sort du paysan : oublié ou méprisé.

  7. Visiblement, les lecteurs du blog sont en vacances et ceux qui sont encore là ne trouvent pas de solution à la question du travail (remplacement des hommes par les robots sans salaire de compensation).
    Il me semble clair que les propriétaires des robots qui travaillent à notre place ne nous accorderont jamais un salaire de compensation (revenu universel ou revenu de base, etc).
    A partir de ce constat, et comme nous ne pouvons pas davantage retourner à l’âge de pierre, il faut pourtant bien trouver une solution à la survie de l’espèce.
    Personnellement, je n’en vois qu’une et c’est déjà mieux que rien. Et puisque personne ne la propose, alors qu’elle est connue de tous, je me risque à la formuler en sachant que j’ai très peu de chance de me tromper car cette solution est la seule à notre portée.

    La solution est très simple à partir du moment ou l’on abandonne nos valeurs modernes de droit de l’homme et tout ce qui va avec, c’est à dire à partir du moment où l’on pose sérieusement la question de la survie de l’espèce.

    En effet, la survie de l’espèce n’implique pas obligatoirement la survie de toute l’humanité. Or, il me semble essentiel de bien poser la question de fond: s’agit-il de sauver toute l’humanité ou de sauver l’espèce humaine ?

    En fait, je ne vais pas donner ma solution (qui n’est d’ailleurs pas la mienne mais plutôt celle de la couronne d’Angleterre…) mais me contenter d’essayer de modifier la question de départ.

    Sur le blog Paul Jorion, la question est-elle de sauver l’humanité ou de sauver l’espèce humaine ?

    Si je me réfère à la BD de Paul Jorion, il s’agit plutôt de sauver l’espèce humaine. Si nous formulons la question de cette manière, alors la réponse est facile à trouver. Ce qui est moins facile à trouver, c’est sa mise en oeuvre mais, à la limite, on s’en fout car on trouvera toujours une méthode.

    S’il s’agit de sauver l’humanité, c’est à dire l’ensemble des gens vivants actuellement sur terre et tous leurs descendants, là, le problème devient insoluble pour toutes les raisons largement développées sur ce blog. Si bien développées que l’on débouche à tous les coups sur une impasse: notre système de croissance infinie n’est pas viable sur une terre aux ressources finies.

    Donc, puisqu’il n’est pas concevable de revenir en arrière et que nous ne pouvons pas davantage continuer d’aller de l’avant, nous sommes bien obligés de trancher quelque part en se posant la question suivante: comment continuer d’aller de l’avant sans nous condamner à disparaître en tant qu’espèce humaine ?

    si les intellectuels ont quelque chose à faire, c’est bien de nous aider à formuler cette question-là, c’est à dire à nous aider à parler non plus en termes de sauver l’humanité mais de sauver l’espèce humaine.
    EG

    1. Si par « aller de l’avant », vous entendez conserver le modèle économique capitaliste actuel fondé sur la croissance, en effet c’est sans solution.

      Par contre on peut parfaitement imaginer un autre modèle économique, infiniment plus sobre.
      A la louche, dans les pays riches, 90% des ressources sont gaspillées pour préserver les entreprises, les emplois, et les revenus du travail et du capital qui vont avec.

      Pour faire court, un autre modèle économique, où tout serait pensé dans l’optique d’économiser et partager les ressources équitablement, (car c’est bien ça le fond du problème)
      et non de maximiser le profit à court terme pour une minorité,
      remettrait en question la propriété privée, et les rentes de situation.
      Inutile de dire que les concernés ne sont pas d’accord. Et pourtant, c’est ça ou le chaos.

      (par ailleurs, un tel système n’exclue pas l’émulation par la récompense de chaque individu selon ses mérites, contrairement à des systèmes trop égalitaires)

      1. « La course à la récompense…Est-ce si difficile de devenir des adultes »

        Il est un fait avéré que sans récompense à la hauteur, bien peu accepteraient certaines responsabilités. C’est humain, et c’est une lourde erreur que de ne pas le reconnaître.

      2. Ce que vous appelez récompense ne se résume t-il pas à vouloir l’avoir plus grosse que le voisin?
        Et puis il se pourrait que le bien peu suffise.

    2. @ Eric Gaillot

       » En fait, je ne vais pas donner ma solution (qui n’est d’ailleurs pas la mienne mais plutôt celle de la couronne d’Angleterre…) mais me contenter d’essayer de modifier la question de départ »

      Pourquoi ? Peur de le faire ? Avez-vous seulement votre solution prétendue ?
      Entre un anti-paysan applaudi plus haut et j’ai du bon tabac dans ma tabatière, c’est un grand cru, aujourd’hui.

    3. On commencera donc par se débarrasser des malthusiens (surtout les malthusiens honteux/fachos masqués comme toi). Après on avise.
      Pas vrai Gaillot ?
      Eh ! Ton blog du Rassemblement Nation Française est pas Point Mort mais mort tout court. Réanime donc ton merdier plutôt que squatter chez Jorion.

      (Tordante la référence au prince Philip, 100 % AOC larouchiste. L’est trop aimable avec toi l’père Jorion)

  8. Pour moi la religion du « progrès » qui transparaît au travers du développement technologique est intimement lié à l’idée selon laquelle l’intelligence a pour fin la capacité d’agir, c’est à dire le pragmatisme (déf. wiki). Thom: « Le pragmatisme n’est guère que la forme conceptualisée d’un certain retour à l’animalité. » À mon sens notre société actuelle privilégie beaucoup trop cette forme d’intelligence au point de rendre inaudible celle qui a pour fin la connaissance (parmi nos présidents français Sarkozy est pour moi de loin le plus pragmatique (et fier de l’être!) et également de loin le plus inculte). Disqualifier l’action au profit de la connaissance va pour moi dans le (bon) sens d’un nécessaire refroidissement de l’humanité (pour le refroidissement climatique écouter Courtillot).

    Comment connaître? Je pense ne pas me tromper en disant que PJ est constructiviste et assez violemment (pas tant, cependant, que BRL!) anti-réaliste donc aristotélicien et anti-platonicien (cf. Le mathématicien et sa magie). Thom consacre son ouvrage « Esquisse d’une sémiophysique » à examiner les deux points de vue (le sous-titre est « Physique aristotélicienne et théorie des catastrophes »). En réponse à Woody Allen il conclut par « Seule une métaphysique réaliste peut redonner du sens au monde ».

  9. Sur le travail .

    Je suis un paysan ; et j’ai quitté les villes(il y a très longtemps) pour le devenir ; mon fils reprends la ferme et fabrique des pâtes alimentaires bio : production de blés durs sur la ferme , atelier de fabrication des pâtes (minoterie + machine à pâtes + échoir + emballeuse)

    A bien y regarder , à quoi bon réinventer un métier déjà connu et industrialisé ? A quoi bon s’emmerder à cultiver du blé alors que c’est si facile et moins risqué de l’acheter ?
    Moi même j’ai durant ma « carrière » de paysan beaucoup construit : maisons en moellons , maisons en bois , maisons en pailles, comme les trois petits cochons … A quoi bon s’emmerder à construire alors qu’il y a des artisans et des maisons clés en main ?

    A quoi bon baiser sa femme puisqu’on peut inséminer ?

    J’ai peur que l’hyper spécialisation du travail et le seul critère de compétitivité nous aient égarés !
    Ce ne sont pas les robots qui sont cons ! ils ne représentent aucun danger et peuvent nous rendre de sacrés services . Par contre , au delà de ces progrès techniques , on est loin d’avoir décollés : on est pas de flèches ! Les dégazements de méthane en cours devraient pourtant bientôt nous donner du travail !
    Mais étroits d’esprit comme nous sommes , au lieu de réaménager le territoire et les métiers , on va lancer de la géo ingénierie ! Misère , on est très très mal barré ! et si on a pas compris le sens du travail on a pas compris non plus le pourquoi ou au moins le comment vivre ensemble sur cette terre.
    J’en reviens donc à la nécessaire interrogation collective face aux réponses toutes faites de nos dirigeants normaux.

  10. La question du travail, c’est en fait plusieurs problèmes: se nourrir, se loger, s’éduquer et s’habiller, car le travail ce n’est pas la source et la finalité de toute existence humaine, mais bien un moyen de subsistance. Je sais que certains d’entre vous aiment leurs métiers, tant mieux, mais quand même le travail salarié dans une société équilibrée, ce ne devrait pas être quotidien, avec tout ce que cela implique en termes de circulation, logement, stress…, Si une personne n’a d’autres aspirations que de vivre le plus simplement possible, et sereinement, aujourd’hui est-ce encore possible? Si le paiement du loyer peut atteindre la moitié des revenus, c’est que tout ce système est à détruire. On parle de pénurie de logement dans les métropoles, les campagnes deviennent des lotissements-dortoirs pour classe moyenne, et on bétonne à tout-va. De l’air! Du temps pour vivre et ressentir ce que cette planète nous offre! Pour pas cher et en bas de chez nous, nous pouvons être heureux et moins soucieux. Donc moins mauvais et plus enclin à la solidarité. Car le travail aujourd’hui nous rend mesquin et même vicieux, et je le dis avec conviction car j’ai eu la malchance de connaitre et subir dans plusieurs entreprises les plans sordides de quelques DRH, et croyez bien que les boites du CAC 40 ou les grandes administrations mettent toute leur attention à la manière dont leurs salariés échangent – ce qui me laisse penser que le travail est le moyen par lequel l’individualisme et l’hypersurveillance peuvent prospérer, et cela me rappelle que Paul Jorion assimilait l’esprit d’équipe dans notre société à la tolérance à la fraude.
    Le Medef nous parle de mobilité. Ok! Il serait peut-être bien pour tous ces jobs mal payés de pouvoir passer d’un emploi à l’autre, une semaine à faire de la mise en rayon, une autre dans le bâtiment, une autre à faire de la saisie informatique… mais pas non-stop, et pas pour loger dans un taudis et bouffer de la merde, et pas comme une monade isolée (l’expression de Leibniz, reprise par Michéa). Le Medef dirige la France, et nous laissons faire. Les médias nous bourrent le crâne de propagande, et nous nous croyons malin en esquivant leurs coups foireux, mais nous en payons le prix en laissant les autres s’abrutir. Après une journée de galère au boulot, avec la pression au travail et la laideur de nos villes, des gens apprécient de regarder « la roue de la fortune ». Alors que faire? Nous devrions harceler nos élus, ne pas les lâcher, qu’ils sentent à chaque pas une ombre derrière eux, et qu’ils se disent que la politique n’est pas un moyen d’ascension sociale, mais que cela doit permettre de servir son pays, d’être au service des gens modestes.

    1. « Nous devrions harceler nos élus, ne pas les lâcher, qu’ils sentent à chaque pas une ombre derrière eux, et qu’ils se disent que la politique n’est pas un moyen d’ascension sociale, mais que cela doit permettre de servir son pays, d’être au service des gens modestes. »

      Vous êtes bien optimistes sur les capacités d’écoute de nos élus!

      Le mode de sélection de ceux à qui on confie NOTRE pouvoir est à revoir du sol au plafond.
      C’est certainement doute par là qu’il faut commencer car, dans le système actuel, les qualités qu’il faut pour conquérir le pouvoir n’ont rien à voir avec celles qu’il faut pour gouverner…

    2. Fataliste, le corbeau…
       » des gens apprécient de regarder « la roue de la fortune ». ».
      L’aliénation du salarié est-elle si intériorisée pour que ce spectacle, et bien d’autres, ne soit pas perçu pour ce qu’il est: une totale défaite de l’esprit et de l’humanité ?
      Il existe quelques moyens de se préserver du matraquage idéologique, tel celui glorifiant la roue de la fortune. Restons-en au pratique terre-à-terre: la seule place de ce poison qu’est la TV est la poubelle, classe déchets toxiques. (Une statistique ancienne et non sourcée pointait que ceux disant ne pas regarder la TV y passait en réalité 2 ou 3 h. par jour. Antienne: « Elle me tient compagnie, mais je ne la regarde pas. »)

      Quant aux élus, un minimum de travail sur soi-même – dont les prémisses sont une TV mise en petit morceau comme distraction libératrice- permettra de constater qu’il ne faut rien en attendre. Je rejoins le commentaire de Dominique Gagnot.
      Courage, rien n’est certain, sauf la fortune: elle n’existe pas.

      1. Le jeu, c’est un moyen efficace d’orienter le comportement d’un individu. Peut-être que la solution c’est un jeu de société qui valorise le projet collectif, un jeu plus intéressant que le Monopoly, qui permettrait à la fois de s’instruire et de répondre aux grands enjeux de manière ludique tout en passant un bon moment. Pour qu’un changement soit approuvé, il doit être compris, et je crois que la simplicité peut résoudre beaucoup de choses.
        Les élites élues ne devraient pas tolérer ce genre d’émissions sans qu’apparaisse à l’écran la mention « vous allez maintenant rendre votre cerveau disponible ».

  11. Il y’a un paradoxe chez Sapiens-Sapiens Roboticus : Les plus connectés d’entre eux aiment fantasmer et se projeter dans le système économique induit par la « robotisation », soit la suppression du travail des être sensibles du genre Sapiens. Les promoteurs de la religion libérale sauront diffuser la « culture de libération du salarié » qui voit son travail automatisé.

    Toutefois, Homo Economicus Occidentalis se gardera de réfléchir au sort donné aux êtres sensibles du type bœufs, vaches, cochons, moutons, dindes, saumons, truites voir coquillages ou crustacés qui lui servent de nourriture, tandis que la technologie produit des robots sensés être .. sensibles. Un peu comme ces animaux !

    Vous pouvez changez de vie de devenant végétarien, et vous laisserez aux robots agricoles le soin de produire nos protéines et nos vitamines sans faire souffrir le genre animal.

    Une espèce développée se doit de préserver les êtres sensibles que le règne animal lui dicte être inférieure, sinon elle restera à jamais barbare avec ses semblables.

  12. 1 – Inutile de s’interroger sur nos dirigeants, et le système qu’ils veulent maintenir coûte que coûte. Cela n’est motivé que par des intérêts de caste…
    L’avenir (mis à part le chaos) est au delà de ces gens et de leur système!

    2 – Mettons en arrière plan les questions financières. La Finance ne doit pas être un moyen d’asservissement comme actuellement, mais un outil au service du projet social et écologique..

    3 – Postulons que les modes de production et de consommation à venir pourraient être très différents des modes actuels.

    Une fois ceci posé, le champ de la réflexion s’élargit considérablement.

    Exemple de réflexion:
    Comment réduire notre consommation (pillage?) des ressources, (ne pas s’arrêter au seul recyclage)
    1 – Cesser de produire pour produire, mais pour répondre à de réels besoins dont on définira les priorités. (ce qui libérera de nombreux emplois utilisables ailleurs!)
    2 – Orienter le matraquage médiatique pour promouvoir et glorifier des modes de vie qui minimisent la conso, soit l’exact contraire de ce que l’on fait. (de quoi donner du boulot à des publicitaires!)

    Ex de réflexion concernant l’empreinte écologique des objets, on peut:
    – multiplier leur durée de vie,
    en les simplifiant (meilleure fiabilité),
    les concevoir facilement réparable, en limitant les variantes pour standardiser (à quoi bon avoir le choix entre 50 modèles d’automobiles?),
    – utiliser des matériaux aisément recyclables/renouvelables/durables
    – les utiliser moins!
    etc.

    Il me semble que la marge de progrès est énorme…

  13. Tels des scorpions, les prédateurs de la finance qui ont organisé le travail humain comme système qui profite à ceux qui possèdent l’outil de production et les ressources énergétiques signeront leur arrêt de mort à vouloir pour plus de profits remplacer le travail humain par des robots.
    Nous assistons à une radiation évolutive ou adaptative qui bouleverse tout notre environnement intellectuel, social et affectif concernant notre rapport travail/argent.
    Le revenu de base est une solution de survie intermédiaire en attendant de trouver un équilibre de la répartition des richesses et de nouvelles formes de vie hors du joug du travail comme système qui condamne à la vie ou à la mort physique et ou sociale.
    Les robots sont révolutionnaires !

  14. 2014, XXIème Siècle début d’un roman de science fiction :

    « Si l’on suppose avec Paul Jorion que le système financier « tel qu’il est », est le meilleur moyen qu’a trouvé Dame Nature pour supprimer en masse les capitalistes spéculateurs, il faut admettre que le slogan « pas de paris sur les prix » a l’avantage de supprimer les tâches stupides des robots « financiers ». Ainsi, dans ce monde rêvé, les dits « robots » appliqueraient leurs temps CPU à des tâches dignes du genre humain : pas de paris sur nos vies ! »

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