Que faire « le jour d’après » ?, par Roberto Boulant

Billet invité.

Posons les choses simplement :

1- Les solutions existent, elles foisonnent même. Sans remonter à Sismondi, il suffit de se rappeler le programme de ce crypto-communiste-enragé-le-couteau-entre-les-dents… qui avait pour nom Franklin Delano Roosevelt.

Mais, et c’est bien là le nœud du problème,

2- Ces solutions n’ont strictement aucune chance d’être appliquées dans nos systèmes politiques actuels. En toute liberté, les peuples votent, sortent les sortants et… rien ! Business as usual (ou plus exactement, l’effondrement de nos sociétés s’accélère). Bref, poser la question c’est y répondre : est-on encore en démocratie, quand le choix consiste entre des partis et des candidats qui pratiqueront après le ‘brouillard de guerre’ de la campagne électorale… la même politique ?

Sans se lancer dans l’historique du pourquoi et du comment, il est évident que volontairement et par idéologie, et/ou forcés par le carcan des traités, des accords commerciaux et des jeux de pouvoir internes, nos dirigeants politiques sont incapables d’empêcher la course à l’abîme. Et peu importe de savoir si le chaos proviendra d’un énième krach financier ou du délitement du lien national provoqué par la concentration des richesses. Le rapport de force est tellement défavorable, nos institutions sont tellement verrouillées, que je ne vois aucune solution réaliste permettant d’éviter cet effondrement.

La bonne question est donc à mon sens : que faire ‘le jour d’après’ ?

Quelles structures citoyennes mettre dès à présent en place et qui sauront se montrer suffisamment résilientes pour s’imposer démocratiquement et éviter la montée aux extrêmes et la guerre ? Et ce mot de guerre n’est pas écrit par un millénariste délirant ! Qui aurait imaginé il y a de cela quelques années encore, que les troupes de l’OTAN et de la Russie risqueraient de se retrouver face à face en Ukraine ?* Qui aurait imaginé que le Royaume-Uni puisse se désintégrer jeudi prochain (avec les conséquences en chaîne que l’on imagine sur des pays comme l’Espagne) ?*

En janvier 1914 déjà, le monde était mondialisé et personne d’imaginer la formidable accélération qui allait aboutir au carnage généralisé.

En résumé, contrairement à Cédric Mas (Il est encore temps !), et probablement à une majorité de gens, je pense sincèrement qu’il est déjà trop tard, que nous ne pouvons plus éviter l’implosion.

Mais au moins pouvons-nous anticiper le ‘jour d’après’ pour éviter que l’implosion ne soit suivie d’une explosion beaucoup plus dévastatrice (un scénario appelé avec un humour noir, ‘l’option supernova’).

Au moins, pouvons-nous réfléchir dès à présent aux moyens de rétablir alors la démocratie et de sauvegarder la paix.

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* Des surprises stratégiques anticipées par certains. Mais personne n’écoute les oiseaux de mauvaises augures, leurs croassements risquant par trop de perturber le ronron du business as usual. Franchement, signaler qu’il y a un iceberg droit devant alors que la musique est si douce, c’est d’un mauvais goût !

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75 réflexions sur « Que faire « le jour d’après » ?, par Roberto Boulant »

    1. Badiou enfile les conneries comme d’autres enfilent les perles, dans sa féroce volonté de vouloir légitimer le communisme totalitaire.
      Démystifier la connerie, oui !

      1. OUI ! basta avec Badiou !!
        Il représente lui aussi ce qui bloque toute évolution, ou même toute « révolution ».

    2. La démocratie « au sens contemporain du terme » dit Badiou. C’est à dire le système représentatif, sans contrôle, des élus. La perversion du terme au XIXe siècle n’est pas innocente. Ce système représentatif sert en effet les intérêts des puissants/possédants (finance, économie) qui influent sur et contrôlent le monde politique, d’ailleurs très largement issu de ces classes dominantes. On est entre soi, ce n’est pas vraiment un monde de chômeurs et de difficultés d’argent, au moins (en matière de psychologie, difficultés d’être, c’est autre chose, la société est plus égalitaire). La Suisse est le pays où l’on trouve ce qui se rapproche le plus d’une démocratie dans le sens véritable du terme (référendum d’initiative populaire…) et c’est plus motivant pour le citoyen. Le contrôle, les limites fixées aux dirigeants sont sans doute une clé indispensable pour le fonctionnement sain d’un système politique, l’homme étant faillible, les exemples récents ne manquent pas. (Ou il faut au pouvoir l’homme exceptionnel, mais qui par définition n’est pas la règle ; et qu’on n’entende pas par là le chef militaire ! La référence d’Ashoka me paraît meilleure). Se rapprocher de la vraie pratique démocratique me paraît davantage en fin de compte la voie d’avenir, d’autant plus qu’adaptée au niveau éducatif qui a monté. Contrôle des élus, mandat court, procédures de tirage au sort en certains cas… A mon sens il faut expérimenter.

  1. Tout à fait d’accord avec cette analyse. Et je dirais même plus : cette implosion du monde d’avant est non seulement inévitable, mais désormais souhaitable pour construire un monde d’après un tant soit peu viable et vivable.

    Des éléments pour le monde d’après ? En voici quelques-uns : le programme du Yéti

  2. C’est plutôt comme ça que je vois les choses aussi…mais cela peut-être un piège avec :

    – Une sorte de hate de l’effondrement, un peu voir très malsaine pour un évènement aux issues incertaines.

    – Un attentisme où, compte tenu des échelles de temps concernées, un bon bout de vie peut rester englué…

    Alors cela ne doit pas empêcher qui que ce soit d’agir et de se demander quoi faire d’utile MAINTENANT.

  3. Le rapport de force est tellement défavorable, nos institutions sont tellement verrouillées, que je ne vois aucune solution réaliste permettant d’éviter cet effondrement.
    La bonne question est donc à mon sens : que faire ‘le jour d’après’ ?

    La solution réaliste, consiste à ne pas se laisser aller à attendre « le jour d’après », le jour de l’effondrement. Il y a une grande probabilité pour que cela devienne encore bien plus difficile d’agir avec raison lorsque nos systèmes de communications et d’échanges pacifiques seront devenus inopérants et uniquement soumis aux forces de la violence aveugle.

    Pourrions-nous encore échanger contradictoirement et pacifiquement sur le blog de Paul Jorion et les autres, le jour d’après ?

  4. Je suis tout à fait d’accord, et vous prie de noter que beaucoup d’initiatives « à ras de terre » existent et seront vitales… le jour d’après. Sauf que le postulat n’est pas ici l’action politique, qui sera de toute façon problématique dans un « climat » de surenchères liées aux peurs exacerbées, mais la recréation d’un lien social fort à partir des besoins de base, comme se nourrir sainement.
    Il faut citer les AMAP, le mouvement des colibris initié par PIERRE RABHI, la revue Kaizen, bien d’autres (Transition citoyenne etc)…
    La recherche théorique est intéressante mais quand l’incendie surgit et libère les pulsions enfouies jusque-là, seule la solidité de liens existants, fondé sur des pratiques bien rodées, peut constituer une bouée de sauvetage et en même temps l’amorce d’une nouvelle relation d’harmonie entre l’homme et la nature, entre l’homme et les hommes, entre l’homme et lui-même…
    Sur ce dernier point, l’extraordinaire digestion par l’occident, en un demi-siècle, des techniques orientales de travail sur soi constituent aussi un outil qui sera fort utile… le jour d’après !
    Bref : le jour d’après se prépare donc tous les jours d’avant, sur plusieurs plans : personnel, relationnel donc social, économique. De façon invisible, une nouvelle société en voie d’organisation différente coexiste avec l’ancienne. Je crois qu’elle résistera au cataclysme financier ou politique. Ensuite, l’histoire reste à écrire !

    1. De façon invisible, une nouvelle société en voie d’organisation différente coexiste avec l’ancienne.

      Je pense que oui et cette nouvelle société doit sans cesse négocier avec l’ancienne, c’est ce qui se passe en réalité, ceci dit nous n’en sommes qu’aux prémisses.

      1. Utiliser le mot « coexister » me paraît exagéré, je dirais que l’idée de la possibilité existe, tout au mieux. Quoi qu’il en soit le jour d’après sera placé sous le signe de l’expérimentation et donc de l’erreur, un risque essentiel à sa concrétisation.

  5. Bonjour.

    Que faire le jour d’après ? d’après quoi ?

    Aprés un Fukushima puissance 10 ?

    Aprés un 9/11 puissance mille ?

    Aprés un Gaza-Ukrainien généralisé ?

    Aprés quoi ?

    Aprés une Nième crise Subprime ?

    Aprés une finance indomptable ?

    Après une monnaie inique ?

    Après quoi ?

    Aprés des politiques irresponsables ?

    Aprés des peuples insouciants volontaires ?

    Après des lobbys de grand chemin ?

    Après Quoi ?

    Après la dernière goutte de pétrole ?

    Après le dernier grain de riz ?

    Après le dernier nuage ?

    Après quoi ?

    Après la démocratie mondialisée ?

    Après la dictature globalisée ?

    Après l’anarchie fanatique ?

    Après quoi ?

    Après le premier cri ?

    Après le dernier soupir ?

    Après un coma profond ?

    Après quoi ?

    Après une drogue dure ?

    Après une arme de destruction massive ?

    Après un couteau sur la gorge ?

    Aprés quoi, puisque nous y sommes déjà ?

      1. @Lucas

        Après-demain !

        Après Minuit ou avant Midi ?

        Après Hollande ?

        Après internet ?

        Après l’école ?

        Après quoi ?

        Après la digestion ?

        Après la transgression ?

        Après l’évacuation ?

        Après quoi ?

        Après l’amour ?

        Aprés la passion ?

        Après un soupir ?

        Aprés quoi ?

        Aprés la gauche ?

        Après la droite ?

        Après la gauche ?

        Aprés la droite ?

        Aprés la gauche ?

        Euh! bug… Reset !!

        Après demain ?

        Avec ou sans réseaux ?

        https://presumes-terroristes.fr/

    1. Après … l’effondrement au complet et tout proche de notre système politico-économique capitaliste concurrentiel débridé, en Europe ainsi qu’en France. ( Il serait bon de nous limiter à cela dans un premier temps, non ? )

      1. @Fram-boise.

        « Après … l’effondrement au complet et tout proche de notre système politico-économique … »

        Après la vie, la mort, mais Après la mort, je ne suis pas sûre du Aprés…

      2. C’est sur le moment présent qu’on peut intervenir, le présent c’est notre marge de manoeuvre pour tenter une approche alternative au désastre pré ou post-apocalyptique.

  6. Je ne comprends pas ce ‘jour d’après’.
    Je ne comprends pas que l’on passe par pertes (avérées ?) et profits (potentiels ?) nos jours actuels, et même nos jours futurs.
    Il y a là un fatalisme qui n’augure rien de bon, si ce n’est pour ceux à qui cela profite, i.e. pour le système en place.
    Je ne comprends même pas que l’on puisse poser cette question, pour la bonne et simple raison qu’on ne sait même pas s’il y aura un jour ‘d’après’ : d’après quoi ? d’après la guerre nucléaire mondiale ? d’après la révolution finale ? d’après la fin du fin ?
    Comment peut-on se projeter au ‘jour d’après’ alors même que l’on ne sait pas si l’on pourra ce jour là faire quoi que ce soit, et si même nous serons encore là ?
    On est en pleine eschatologie avec ce type de discours …
    Et on n’en n’a pas besoin.

    1. « Je ne comprends même pas que l’on puisse poser cette question, pour la bonne et simple raison qu’on ne sait même pas s’il y aura un jour ‘d’après’  »
      😮
      et ‘dieu?’ comprenez-vous? (Car je tiens à vous rappeler que l’on ne sait pas grand choses.)

    2. « Je ne comprends pas que l’on passe par pertes (avérées ?) et profits (potentiels ?) nos jours actuels, et même nos jours futurs »

      Il ne s’agit pas de « nos jours », Zébu. Il s’agit du système — ou du régime, appelons-le comme on veut — qui régit aujourd’hui notre quotidien et qui est en train de perdre pied. Le « jour d’après » (j’ai moi-même baptisé mes chroniques sur Politis « le monde d’après »), c’est celui qui va remplacer le système d’avant — ou ancien régime — celui du capitalisme agonisant et CONDAMNÉ. Tout comme il y eut un changement de système — ou de régime, ou même encore de civilisation — après l’ère de l’empire romain ou après la monarchie française.

      Le « monde d’après » d’aujourd’hui, c’est le monde post-capitaliste à l’occidental. Un changement de régime, de système, de civilisations quand celles d’avant en viennent à se suicider.

      Et ces bouleversements historiques, oui, ne se passent jamais sans tragédies. Non du seul fait des nouveaux mondes en gestation, mais d’abord des anciens mondes qui s’accrochent — jusqu’au suicide — à leur domination et à leur puissance en perdition. Ce n’est pas un souhait, mais un constat : on ne change pas de système, de régime, encore moins de civilisation, en votant « utile » tous les cinq ans.

      1. Le monde ‘post-capitaliste’, qu’est-ce que tu veux que je t’en dise ? Le monde des bisounours ? Où on cours tous nus, la main dans la main ? Où on ‘imaginerait’ plein de choses, tout plein ?
        Et peu importe le constat : la question n’est pas là.
        La question c’est de savoir si on attend que le système s’effondre ou pas (mais aussi ‘pourquoi devoir attendre ?’).
        Sachant que s’il s’effondre, il s’effondrera sur tout le monde : ça, c’est le genre de petit truc que t’as juste oublié de dire à tout le monde et qu’en conséquences, parler du ‘jour d’après’ me semble, comment dire … ‘superfétatoire’.

      2. @zébu

        Tu ne crois pas que tu fais dans la caricature, là ? Où ai-je laissé entendre l’imminence d’un monde d’après « Bisounours » ? Décidément, la panique est mauvaise conseillère.

      3. Je l’ai dit suffisamment de fois ce qu’était le post- capitalisme, il s’agit de passer de l’économie financière à l’économie sobriétatire.
        Je vais essayer de l’intégrer à l’étude de la thermodynamique des sociétés.
        Permettez moi de m’occuper de ce qui ne me regarde pas il en va de l’avenir des générations futures.
        Le jour d’après c’est le jour qui suit hier.
        Tiens, pour avoir un aperçu de ce que peut-être le jour d’après on pourrait espérer par exemple des black-out en Belgique (Les centrales se fissurent)

    3. Bonjour
      Je crois, contrairement à vous, que le texte pose la bonne question. Et le texte de Pierre donne un début de réponse à la question posée.
      En suivant le 3ème principe de thermo sur l’évolution, le gros bloc de pensée occidentale est en train de se fracturer en petites unités. À lire tous les jours ce blog et celui de Berruyer, je constate que beaucoup d’intervenants sont, par esprit de synthèse, déjà à l’orée de la forêt civilisation occidentale. Le problème est alors que nos connaissances (historiques, sociales, économiques, métaphysiques en un mot) ne nous permettent pas de trouver une solution puisque nous sommes formater par ces connaissances (et cela Toynbee l’a amplement expliqué et démontré dans les systèmes qui s’écroulent) plus ce que nous dit la science de l’ADN (sur les structures sociales inscrites) et maintenant la neurophysiologie du cerveau. Il y a un changement de phase qui nous est invisible avec nos moyens anciens bien en nous. L’avenir est en cours dans le présent, c’est donc à la jeunesse de devoir affronter ce défi. Tout ce que nous proposons (ou proposerons) est déjà non recevable pour elle (à tort ou à raison). Substituer des chefs actuels incompétents par d’autres chefs (ou leurs nouvelles règles) parce qu’ils sont à l’orée de la forêt, ne s’inscrit pas dans le changement de phase. Ni vous, ni les d’jeunes, ni moi ne savons ce qui sortira de cette évolution. L’espèce humaine est composé d’individus tous différents (comme tous les mammifères) mais ce sont des êtres vivants sociaux (comme certains mammifères) : il en sortira donc des règles inconnues actuellement qui émergeront de petits groupes comme ceux dont parle Pierre dans son mail. À chacun d’entre nous de s’y préparer et de s’y atteler, non en tant que gourous, mais simplement en tant qu’être utile (et les jeunes sont assez preneurs de cela, dans la mesure où vous les laissez diriger leur nef dans un esprit de « fluctuat nec mergitur »).
      Là où je vous rejoins, c’est que le défi est gigantesque et fait peur : réchauffement climatique, surpopulation urbanisée, cible préférée des bactéries et virus en cours d’évolution adaptative, disparition de l’énergie carbonée.
      Mais à mes yeux, cela n’est en rien de l’eschatologie. Les faits sont têtus et il vaut mieux les regarder en face.
      Cordialement
      Christian

      1. Le problème n’est pas de savoir ce qui sera (comment voulez-vous que je sache ce qui sera dans 50 ans ? Ridicule). Le problème, c’est de savoir si on veut faire ou pas.
        Savoir ce qui sera n’a rien à voir avec ça.

      2. @zebu,

        Soit, par où commencer ?
        Doit on abolir le système politique actuel, pour rafistoler un peu le bordel ?
        Doit on sortit du système et commencer dès aujourd’hui à s’auto gérer pour sa propre résilience ?

        Notons que dans le cas 1, la violence sera surement de mise, les uns ne voulant simpelment pas lâcher prise.
        Dans le cas 2, c’est plus marrant, il y aura aussi de la violence, soit parce que
        1/ le système en place refusera cette échappatoire et voudra la détruire à la raison de son bénéfice manquant,
        2/ soit parce que dans l’effondrement du système actuel, la survivance dé-raisonnée aura probablement raison de ces initiatives citoyenne à petite échelle.

        Alors, je veux faire quelque chose, mais, ma conclusion, reste de savoir quoi faire d’intelligent pour qu’une telle initiative puisse perdurer.
        Qu’elle échoue des conditions aléatoire qui se présenteront à elle, c’est une chose, qu’elle soit honteusement mal préparée en est une autre..

      3. @ maboiteaspam :
        « qu’elle soit honteusement mal préparée en est une autre.. » : certes.
        L’éternel retour de la crainte de l’échec de 1848.
        Mais comment savoir si elle fut mal ou bien préparée … sans essayer ?
        Une affaire aussi bien préparée soit-elle, et longuement, ira à la poubelle, pour peu qu’elle rate cet espace-temps où les choses s’articulent, bien ou mal, mais s’articulent.
        On peut passer des jours à concevoir et vérifier les suspentes du meilleur parapente qui soit au monde pour que quand vienne le jour, on puisse déclarer ‘je suis prêt !’ … et ne pas avoir de vent.

    4. C’est effectivement la particularité de l’organisme humanité que de constamment devoir et vouloir changer des poutres de l’édifice , sinon l’édifice lui même, alors que celui ci est en phase de déséquilibre .

      La situation particulière dans l’Histoire , c’est qu’il faut changer pas mal de poutres maîtresses , sans accord majoritaire sur les poutres à changer et sur les techniques et timing des changements , alors même que les tenants du pouvoir s’accrochent aux poutres anciennes .

      A mon sens le plus préjudiciable est encore et plutôt le non accord majoritaire sur le choix des nouvelles poutres , dont la nature se précise pourtant et dont l’emploi résultera sans doute autant de la nécessité par obligation ( économique , politique , écologique , biologique ) , que de la disponibilité assurée par de vaillants petits et grands architectes .

      http://www.pauljorion.com/blog/2014/09/12/comment-rehabiliter-laction-politique-par-francois-leclerc/#comment-452406

      Car zébu a raison selon moi de dire que l’histoire humaine , c’est indissociablement le passé , le « présent » , l’avenir ( auquel je rajoute toujours le  » hors temps » ) , et de ce point de vue , si « Carpe Diem  » et  » Hic et Nunc  » peuvent avoir une signification individuelle , ça n’est plus le cas dès que l’on parle de société et de relations .

      Notre vie , si elle a un sens , ce n’est pas seulement  » maintenant » , ce n’est pas seulement  » après » ( qui selon moi n’est qu’une variante de  » maintenant » ) , ce n’est pas seulement  » le bon vieux temps » ( qui n’était pas toujours si bon que ça pour tout le monde ).

      C’est l’adaptation à défaut d’anticipation au réel ( la nouveauté étant que l’activité humaine peut rendre ce réel significativement modifié , au point paradoxal de le rendre plus dangereux pour l’espèce) , avec notre cerveau de gauche et de droite qui contiennent dans leur fonctionnement cette aptitude aux « quatre temps » .

      L’urgence pousse à l’action et aux actes d’impact  » immédiat » , donc elle donne la prime à ceux , cerveaux de gauche , qui font dans l’analyse , l’ordre , l’organisation , la prise de risques .

      Le sentiment de l’urgence et le désir de solutions novatrices , passent ,par des cerveaux de droite .

      Les quatre temps du cerveau sont portés au plan politique par des forces , partis ou groupes assez facilement repérables .

      Le cerveau ( la politique ) n’est conforme à sa vocation que lorsque ces deux pôles ( Loi et Lien ) et quatre temps ( passé , hors temps , « présent » , avenir ) sont ( suffisamment) synchrones pour la même fin .

      A ce jour , si on imagine de mieux en mieux la fin ( mort ) du système , il n’y a pas encore assez de convergences sur la fin ( finalité ) du nouveau système à lui substituer , pour que la transition soit portée  » en conscience » , dont Paul Jorion nous redit souvent à l’envi , qu’elle n’est pas l’outil volontaire que l’on dit au niveau individuel . Ce que je crois aussi au niveau collectif car les pulsions et les désirs sont sous jacents dans chacune des quatre aptitudes de nos cerveaux relativement au temps ..

      Conclusion : avant de pouvoir changer les poutres qu’on souhaiterait , il faut faire murir une convergence majoritaire , dans toutes les couches de la société , dans tous les esprits les plus  » naturellement opposés », pour que le nouveau projet sous tendu par les nouvelles poutres donnent à « chacun » le sentiment d’y valoriser ses propres aptitudes ( qu’ils s’y sentent reconnus sinon mis « en avant » ) ..

      Même si au final , ça ne se passe pas comme on l’aurait imaginé ou souhaité , on n’aura pas perdu son …temps .

    5. Le jour d’après, je serai radié du R.S.A parce ce que je n’aurais pas su gagner à la grande foire d’empoigne contre les bac plus 5, les bac moins cinq, les chômeurs de droite, les chômeurs de gauche, un emploi parmi les soi- disant 350 000 qui – quelle horreur! – ne trouvent pas preneurs!
      Le jour d’après, je serai dans la rue.
      Le jour d’après ce sera l’hiver.
      Et j’attendrai en grelottant le jour d’après.
      Le jour d’après ce sera le printemps et les fleurs refleuriront.
      Et si je ne suis pas congelé quelque part sous un pont, je serai enfin prêt.
      Prêt pour le jour d’après. Car il y aura toujours un jour d’après… Sans moi, sans nous, sans personne.
      Un jour meilleur avec des fleurs au bout des bras, au bout des yeux, de ceux et celles qui attendent depuis des millénaires le jour d’après…

  7. Le jour d’après, nombre de personnes retourneront leurs vestes (ex: des enfants moins nourris que ceux du voisin et c’est la guerre), dans un sens comme dans l’autre, et comme toujours.

  8. Comment se fait-il que les peuples, dans les démocraties, votent toujours pour leurs maîtres ? Y compris pour les plus violents, les plus cruels. Pourquoi n’usons-nous pas de l’extraordinaire pouvoir que nous donne le droit de vote pour choisir nos pairs ? Servitude volontaire ? Plus subtil sans doute.
    En gros, nous le savons, nous les dépendants à la drogue dure de la consommation/gaspillage. Les esclaves de cette formidable énergie liquide qu’est le pétrole. Nous les classes moyennes. Les 80%. Mais qui sommes-nous ?
    En un peu plus d’un siècle et demi, nous sommes passés d’un peuple rural inscrit dans un vaste écosystème naturel faiblement prédateur à un peuple urbain ( béton/acier/goudron) complètement coupé de la Nature, surtout pour les plus jeunes (Voir étude sur les films de Disney). Si nos enfants et petits enfants comprennent le discours sur la préservation de l’environnement qui leur est tenu, ils ne le ressentent pas. Ils sont durablement ( définitivement?) installés dans la fuite en avant d’un progrès techno-scientifique salvateur. D’ailleurs aujourd’hui ils constituent même une nouvelle catégorie, celle des hommes connectés/augmentés qui trouve normal de cultiver des légumes hors sol et d’élever des animaux dans des usines industrio-pharmaceutiques.
    Il n’y a pas de solution démocratique collective pour le moment. Il faut proposer partout où cela est possible de micro expériences, appuyés sur notre aptitude à être résilient, avec l’espoir qu’elles auront une capacité forte d’entraînement. N’espérons pas convaincre les autres pour espérer qu’ils changent. C’est de l’inverse dont il s’agit. Montrer notre changement pour les convaincre.
    Ainsi, pourquoi beaucoup de gens parmi les plus défavorisés d’entre nous persistent-ils à vouloir vivre dans les villes alors qu’ils n’ont vraiment plus rien à y espérer ? Que ne choisissent-ils de fonder des communautés humaines dans les campagnes et villages de France où l’on ne vit plus depuis des décennies alors qu’il serait possible d’y réinventer le monde et surtout ce nouveau cadre, ce nouveau paradigme dont nous avons tant besoin.Mise en commun des ressources, de la force de travail, de l’intelligence et des capacités créatrices de chacun. Sobriété et solidarité.
    Poursuivre l’expérience en cours de cette forme de démocratie, c’est accepter de mourir à brève échéance. Il faut choisir de vivre et sauver les enfants, en effet.

    1. Vous ne comprenez donc pas que le vote n’est qu’une parodie de démocratie? Que les « candidats » sont présélectionnés par le système financier-médiatique? Que politiques, médias, comme toutes les entreprises sont soumis aux diktats de la finance?

    2. > Que ne choisissent-ils de fonder des communautés humaines dans les campagnes et villages de France…

      Très personnellement, à bientôt 30 ans, je ne sais pas comment faire cela. Si tant est que les divergences personnelles soient balayées d’un revers de la main pour faire vivre une communauté, je vous demande alors ce qu’un profil d’informaticien peut bien apporter à une communauté qui n’en pas besoin….

      Irais je jusqu’à dire que nous autres jeunes gens issue de ces parcours technologique sommes des plantes poussées hors sols, tels des animaux élevé au zoo, qui ne sachons plus nous adapter à la nature bien vivante du dehors ?
      Trop spécialisé pour nous extraire, et pas assez ingénu pour nous ré inventer ? Je ne sais pas.

      Mais, de ce blog, il serait bon temps qu’en sorte quelque chose de plus concret que cette réflexion incessante, non ?

      J’aimes bien vous lire, tous, PJ, leclerc, leis, sarton, zebu, ancestral, timiota, et les commentateurs aussi,
      mais cela ne suffira pas.

      1. A maboiteaspam
        « Que ne choisissent-ils de fonder des communautés humaines dans les campagnes et villages de France… »
        Notre Dame des Landes :
        Se joue là , sur un territoire de 2000 ha , une tentative , parcellaire certes , de vie « libre » .
        Et ce , depuis plusieurs années maintenant .
        Confrontation directe avec l’Etat et la plus puissante des multinationales du BTP ( le groupe VINCI , pour ne pas le citer ), le mouvement est , je crois , au bord d’obtenir une victoire .
        Victoire qui est due à la pratique ( résistance et organisation ) et à la théorie ( assemblées horizontales décisionnaires )
        La résistance seule eut été défaite / idem pour la théorie .

      2. @maboiteaspam
        Concrètement, dans ton cas précis, il serait effectivement judicieux de se reconvertir, ou au minimum d’apprendre à faire autre chose avec tes dix doigts que de l’informatique.
        Avec un peu de bonne volonté tout est possible… tu ne trouveras pas de réponses, de solutions, ou de « mode d’emploi pour Après » sur ce blog: tu le dis toi même « cela ne suffira pas »….et pour cause : l’avenir c’est à toi de le tracer !
        à toi, à moi, à nous
        Ce blog permet « l’éveil des conscience » et « la bataille des idées ». Préalables indispensables, mais simples préalables.

  9. Accepter cette question revient à dire que vous consentez et admettez que le rapport de force est par trop inégal pour seulement envisager qu’il soit possible de le modifier.
    Autant dire « wait and see ».

    Ce que nous vivons n’est pas une crise des institutions, c’est une crise des rapports de forces, ce n’est pas une crise politique, c’est une crise de l’absence de politique, ce n’est pas une crise de la démocratie, c’est une crise de la fabrication du consentement.

    introduction de Michel Leis dans la nature de la crise politique

    Le jour d’après quoi ?
    La tambouille débile de « la crise politique » ?
    La généralisation des conflits armés « conventionnels » ou pas ?
    Un « accident nucléaire » définitif ?
    Une catastrohe « naturelle » provoquée ?
    L’implosion du « système » financier ?
    …….

  10. Je me posais les mêmes questions dans un demi-sommeil et, lâche, j’ai préféré me lever, faire le café, passer à autre chose, le quotidien, le tour des blogs…
    Nous sommes au dés-espoir, plus ou moins, et nous demandons que faire pour jouir d’espoir à nouveau…
    L’humanité ne peut conjurer la catastrophe, tant les nations que les dirigeants que les peuples peuvent être taxés d’égoïsme et d’irresponsabilité (laissant l’altruisme et le courage à d’autres qu’on ‘attend’). Il faudrait une expédition guerrière des Etats contre les paradis fiscaux par lesquels le capitalisme organise leur appauvrissement, leur incapacité à agir. Mais c’est rêver et attendre après ‘Don Quichotte’. Donc on fait la guerre aux pauvres en attendant, aux Etats pauvres et aux pauvres fous.
    Alors oui, il faut anticiper le jour d’après par un ‘que faire’, sans haine, sans culpabilité, sans dénonciation toutes stériles. Et anticiper, c’est aussi construire.
    Mais souvent le ‘programme de la résistance’ (en France), le nouvel ordre des partis social démocrates (en Belgique), n’apparait que dans l’épreuve (vers 1943-44…).

  11. Le « jour d’après » peut être caractérisé par le fait que la capital a perdu de son pouvoir.
    Un peu de qu’a été la nuit du 4 août 1789, véritable date de la révolution française.
    Ce jour là l’assemblée constituante met au système féodal base sur la domination des classes nobiliaire et ecclésiastique, domination basée sur le foncier.
    Il en sera de même pour le « jour d’après », une assemblée constituante ou tout autre processus devra mettre un terme à la domination des deux classes que sont la haute bourgeoisie et la haute fonction publique, domination basé sur le capital.
    Le meilleur moyen d’y parvenir c’est d’opter pour une nouvelle monnaie, l’ancienne perdant quasiment toute valeur et nationaliser les biens réels qui pourraient reconstituer la domination du capital sur la société.
    Le « jour d’après » acte l’effondrement d’un système qu’il faudra reconstruire sur de nouvelles bases.
    Que faire après ?
    Établir des règles qui ne permettent plus la reconstitution d’une quelconque classe qui dominerait la société.
    Pour ce faire analyser en profondeur tout ce qui pu contribuer à l’émergence de classes dominatrices (du communiste à l’ultra libéralisme) et qui de dominant deviennent prédatrices.
    C’est possible si on se base sur des lois économiques dûment validées par les faits.

      1. Hélas non, car une théorie n’est juste que si tous ses fondements le sont.
        Or un de ceux ci est faux. Je le cite :
         »
        La croissance et/ou la richesse sont limités car les ressources sont limités

        Non, l’ouvrage démontre que c’est faux, la limitation est structurelle et indépendante des ressources.
        « 

      2. @Hadren
        Je vous cite

        Hélas non, car une théorie n’est juste que si tous ses fondements le sont.

        Tout a fait d’accord avec cette assertion
        mais vous écrivez :

        Non, l’ouvrage démontre que c’est faux, la limitation est structurelle et indépendante des ressources.

        Vous n’êtes pas d’accord soit,mais il convient de le prouver.
        Or dire que l’on n’est pas d’accord sans le prouvez n’a strictement aucune valeur scientifique.
        En revanche on va faire ici un raisonnement par l’absurde.
        1. Les ressources sont illimités.
        2. La richesse est en corrélation avec ses ressources.
        => la richesse est illimité.
        Si la richesses est illimité toutes les habitants peuvent devenir riche.
        Si tous les habitants sont riches personne ne l’est !
        Si personne ne l’est alors la richesse est limité ce qui est en contradiction avec les 2 premiers points de notre hypothèse !
        CQFD !

  12. Que l’on en soit au jour d’après, ou au jour d’avant, sans un leader intègre, devant nous, qu’une longue descente aux enfers.

    Je m’en réfère aux états unis qui ont plusieurs fois succombé, puis abolie, leurs banques centrales privées. Dès que les leaders ont disparus, les agents privateurs ont pu implémenter leurs plans, dès qu’un leader à décidé d’agir, ces mêmes plans ont étaient défaits.

    Après, je veux bien qu’on me montre comment concrétiser un système de vote, quel qu’il soit, à l’abri de la subversion dans un monde de survie par la compétition.

    1. « L’éveil des consciences » permet aux ex-compétiteurs de devenir partenaires.
      Une fois les compétiteurs disparus, il n’y a plus de compétition.

  13. Il y a déjà eu des jours d’après comme en 39. J’avais deux grands-père l’un pasteur de bonne famille l’autre braconnier -ferrailleur. Ils n’avaient pas l’honneur de se fréquenter à l’époque quoique vivants dans le même village. Vous avez compris l’un était polyglotte humaniste qui usera de son statut « neutre » d’homme de religion pour aider autant qu’il le pourra, notamment dans les camps du sud de la France. L’autre communiste et rétif à toute autorité, en bon camisard, s’armera et résistera par tous les moyens. Quelque soit votre statut dans la société, votre niveau de culture ou de richesse la réponse est dans votre tête et dans votre cœur. Tous les deux se sont appuyés sur des réseaux d’amitiés et de convictions créés jour après jour avant la guerre.
    Il me semble que la meilleure chose à faire actuellement, c’est de tisser du lien social. Celui qui sera seul ne pourra rien faire… A l’époque d’internet 2.0, l’engagement n’est que du blabla virtuel. Il faut réapprendre à parler à son voisin et à écrire des lettres sur du papier. (moins rapide mais plus confidentiel)
    La très grande difficulté sera que les gens aujourd’hui ne sont pas autonomes. Simples quidam, vous êtes vous posés la question de votre vulnérabilité économique? Celui qui perds son travail n’a plus aucun moyen de subsister alors que le paysan pauvre dans un pays sous-développé ne peut pas être plus pauvre, il n’a rien de plus a perdre. Heureusement pour lui, il n’est pas seul.
    Nous sommes des animaux sociaux qui ont perdus le sens du vivre ensemble et qui nous sommes laissés dicter des modèles de société absurdes. « Back to basic »: Un homme = une voix. Des hommes = un groupe qui peut inventer ses propres règles. etc… Notre seule vrai richesse ce sont les autres. Quand Jean Moulin avait besoin d’un toit peu lui importait que ce soit un médecin ou un ferrailleur… Tissez du lien en dehors du système de l’argent avant qu’il ne soit trop tard.

  14. Comme dit plus haut, le jour d’après c’était hier. Le chaos est déjà en cours d’instauration.
    Qu’est-ce que le « libéralisme » actuel, si ce n’est le droit pour n’importe qui de faire n’importe quoi, du moment qu’il en a le pouvoir ?
    La démocratie est totalitaire ? Mais oui !
    La démocratie véritable est participative et absolue.
    L’individu y est tenu de la respecter absolument, et elle doit absolument respecter l’individu pour conserver son nom et sa qualité.
    Mais, même ainsi, les seules choses à faire pour limiter les effets de « l’effondrement », voir faire progresser l’humanité, c’est former et informer, et espérer que la réflexion de l’humain informé l’emporte sur l’émotion du singe savant.

  15. Pour ce qui est de l’attente de l’implosion finale, ça me fait trop penser à la parousie que certains attendent depuis quelques millénaires. Mais au moins, on n’en est plus à vouloir conseiller le Roi ou lui envoyer des lettres de condoléances-pétition. Ouf.

  16. pas totalement d’accord avec votre analyse; le résultat du referendum écossais, si le oui l’emporte serait un signe positif alors que vous indiquez au contraire que ce serait un signe de plus prouvant la décadence générale.
    Plus globalement, je crois qu’il est toujours dangereux, voir un peu lâche d’imaginer l’après alors que d’autres continuent de lutter pour que cet après n’ait jamais lieu.

  17. Que faire « le jour d’après » ?

    Bonjour à toutes et à tous,

    Je ne souhaite à personne d’en arriver là car dans ce cas précis, j’ai bien peur qu’il n’y ait même pas de jour d’après pour l’humanité…

    Pourquoi est-ce que j’écris cela ? Parce que il est tout simplement impossible à ce stade de faire sans notre système actuel !

    Faire avec oui ! Mais attendre son implosion/explosion puis faire sans pour repartir de zéro, qu’on se le dise dès maintenant, c’est tout simplement irréaliste, voire extrêmement risqué !

    D’autant que si implosion/explosion du système il y a, rien ni personne ne pourra empêcher l’ultime sentence de l’humanité sur elle-même : son éradication définitive par l’arme nucléaire…

    Nous avons tous tendance à l’oublier, mais la menace nucléaire est bien réelle est pèse de tout son poids sur nos petites épaules bel et bien usées par le temps…

    D’ailleurs Stop ne l’a pas oubliée dans son orgie d’« Après »… Il ne l’a juste pas placée au bon endroit selon moi :
    […]
    « Après quoi ?
    Après une drogue dure ?
    Après une arme de destruction massive ?
    Après un couteau sur la gorge ?
    Aprés quoi, puisque nous y sommes déjà ? »

    … car il nous sera totalement impossible d’en venir aux mains après une ADM, puisque tout disparaitra pour longtemps…

    Je vous conseille de relire « Mémoires d’un déraciné, physicien et citoyen du monde » de Georges Charpak… Tout est dit dans ce livre…

    Il ne faut donc surtout pas attendre l’implosion/explosion du système actuel… Il faut au contraire trouver la solution qui fera que tout se stabilisera, que l’humanité cesse une bonne fois pour toute de s’autodétruire… Cela signifie aussi la fin de l’individualisme…

    S’agissant d’un système complexe observé sur le point de se compliquer/radicaliser violemment, il n’y a qu’une seule solution possible selon moi : un choc de complexification/diversification… J’ai beau chercher, je ne vois aucune autre solution viable…

    Pour ce faire, tous les outils existent (empreinte écologique, SRoI, etc.) mais ne sont pas reconnus dans les politiques mises en œuvre par des Etats dépassés, et encore moins par des Lobbies qui pour leur part ne font que rechercher de fausses excuses tout en réinventant la roue en permanence… C’est donc à nous de leur faire la démonstration que c’est à ce stade la seule solution envisageable…

    Aussi :
    – soit nous attendons l’implosion/explosion du système et donc par ricochet nucléaire quasi simultané de l’humanité tout entière…
    – soit nous réagissons enfin en masse en faisant peser de tout notre poids nos propositions/revendications…

    Ce sera certes très douloureux dans les deux cas, sauf que dans le second, nous avons au moins une petite chance, aussi infime soit-elle, de nous en sortir la tête haute…

    Il y va de la « Survie de l’espèce » toute entière…

    Pour revenir à l’introduction du billet de Roberto, Franklin Delano Roosevelt disait justement : « Faites quelque chose et, si ça ne réussi pas, essayez autre chose. »

    Tout est dit dans cette citation… Alors ne baissons pas les bras…

    1. Il ne faut donc surtout pas attendre l’implosion/explosion du système actuel… Il faut au contraire trouver la solution qui fera que tout se stabilisera, que l’humanité cesse une bonne fois pour toute de s’autodétruire… Cela signifie aussi la fin de l’individualisme…

      OK.

      Alors partons là-dessus, dans l’hypothèse où cette assertion est vraie, et sans essayer de la démontrer pour le moment.

      Qu’avons-nous alors, au présent ?

      – L’assertion en question;
      – Un certain nombre de réflexions et contre-réflexions sur ce qui est en train de se passer;
      – Une inégalité intenable des richesses, sur une population mondiale de plus de 7 milliards d’habitants, cette inégalité étant à la fois mondiale et locale (en un mot, elle est « partout »);
      – Une complexité telle que nous avons délégué aux machines la plupart des décisions à prendre;
      – Des écosystèmes très très très malmenés;
      – Des ressources « non-renouvelables » qui s’épuisent très très rapidement;
      – Des infrastructures : usines, centrales électriques (charbon, pétrole, gaz, nucléaire, éolien, photovoltaïque, marémotrice,…), routes, ponts, voies de chemin de fer, réseaux en tous genres;
      – Des cultures et mentalités diverses et variées;
      – Des armes, beaucoup, beaucoup d’armes, dont beaucoup sont « de destruction massive ».

      Et avec tout ça, il faudra « trouver la solution qui fera que tout se stabilisera, que l’humanité cesse une bonne fois pour toute de s’autodétruire… »

      Ce qui veut dire que cette même humanité devra – doit ! – acquérir de toute urgence… (roulement de tambour…) la sagesse. Dans une proportion non négligeable de ses membres.

      Mais tout d’abord, il faut revenir aux besoins. La pyramide des besoins de Maslow est un bon point de départ.

      Pour le moment, un bon quart de l’humanité n’accède même pas au premier étage de la pyramide, ce qui déjà en soi démontre l’inanité du système en place. Nous pourrions déjà nous arrêter là : comment faire en sorte qu’une proportion « acceptable » de l’humanité accède à ce premier étage ? Et qu’est-ce déjà qu’une proportion « acceptable » ? 95 % ? 99 % ? Cette dernière proportion laisserait encore 70 millions de gens dans le trou… Mais si tout le monde sauf eux ont déjà de quoi manger et boire quelque chose de correct en suffisance, nous pourrons considérer ça comme un succès.

      Et comment faire ça, non seulement sans épuiser d’avantage les écosystèmes, mais en les régénérant au contraire ? Sans aucun doute, l’individualisme, ce n’est pas une piste ! Il faudra faire preuve de générosité et utiliser les connaissances biologiques et agronomiques que nous avons déjà. Michel Lambotte, où êtes-vous ? Il va falloir former des gens ! 😉

      Mais ce n’est pas tout… Il va falloir aussi s’occuper de nos infrastructures avant qu’elles nous pètent à la gueule. Le nucléaire « civil » à cet égard est tout à fait représentatif de ce problème. On est déjà au deuxième étage de la pyramide, mais c’est tout aussi vital. Paul Jorion nous le faisait remarquer dans sa plaidoirie au tribunal pour les générations futures. D’autant plus que le nucléaire « civil » pourrait être aussi utilisé comme « arme de destruction massive », très massive, même ! La seule vraie issue, c’est le démantèlement. Ce qui signifie bien qu’il faut trouver des nouvelles sources – renouvelables ! – d’énergie.

      De même, désamorcer les conflits ne passera que par un accès plus équilibré aux ressources de base et aux sources d’énergie…

      Il faudra aussi débrancher un certain nombre de machines… celles qui prennent les décisions à notre place, et trop vite pour que nous puissions suivre…

      Bon, je pourrais continuer comme ça quasiment à l’infini. J’arrête ici, en faisant remarquer que tout ça ne sera en effet possible qu’en tournant résolument le dos à l’individualisme. La « science économique », avec son « homo œconomicus », a démontré qu’elle nous conduit au chaos, l’individualisme n’était pas le bon moteur.

      Alors essayons l’altruisme.

      Y a du pain sur la planche en tout cas… et ça prendra du temps !

      1. Former les gens n’est pas nécessaire et je n’en ai pas la prétention, ils se formeront bien eux-mêmes.
        L’essentiel est de faire son possible pour donner l’exemple qu’on croit être bon, sans savoir si c’est réellement le cas. J’ai 16 ans d’expérience dans les potagers collectifs, c’est tout ce que je peux présenter au niveau agronomique.
        Passez au jardin à Jupille, nous en discuterons, il y a aussi ceci http://www.chantdescailles.be/?page_id=64 d’un collègue qui est ingénieur agronome.
        A propos d’altruisme, je suis en train de lire le livre de Matthieu Ricard Plaidoyer pour l’altruisme, très agréable à lire et montre que l’altruisme est plus présent qu’on ne le croit.

  18. Du grand détounement au grand tournant.
    Détournements au Sénat Mediapart (désolé lien payant).
    Une énième preuve de la corruption de la classe politique serait sur le point de se matérialiser, ça devient tellement fréquent que bientôt plus personne n’y prêtera attention se sera la norme.
    C’est l’histoire de la grenouille dans l’eau chaude qui n’a pas conscience qu’elle est en train de cuire.
    Avant internet on pouvait manquer d’information ou être soumis aux canaux institutionnels et se faire tromper faute de moyens de vérification, c’est un peu moins vrai aujourd’hui, par contre nous sommes noyés sous le flot d’informations et de diversité des sources comme nous sommes noyés par la diversité des moyens de contrainte, gouvernement local, institutions européennes, système financier, lobbying, publicité….
    Tout ça ne fonctionne que par la religion de l’économie qui sous entend « libre échange » profit et laisse libre cours à tous les détounements.
    Est-ce que l’enjeu ne serait pas de changer de religion pour promouvoir non plus l’économie mais la vie ???

  19. Vous vous opposez, vous cherchez des maîtres, vous opposez les maîtres même, les maîtres même s’opposent et se déchirent. Il y a du bon chez Onfrey comme il y a du bon chez Badiou, tout n’est pas à prendre et tout n’est pas à laisser. Allez écouter sur Médiapart le débat organisé il y a quelques mois entre ces deux philosophes ils savent se parler, c’est ce que nous devons faire, nous écouter et non pas nous opposer par vil orgueil. Qui à tort qui à raison ? il faut discuter et faire fi de l’Ego qui sans cesse nous laisse croire que notre parole est « La Parole », lorsqu’en fait elle n’est que la traduction de notre pensée, qui est elle même la traduction de notre mémoire acquise au fil des jours. Cela dit eux-mêmes (Les maîtres) peuvent ne pas savoir écouter l’autre ou avoir de l’autre une image idéalisée qui devient alors enjeu de dispute et de séparation (Voir Fassin Face à Onfrey dans l’émission de Tadéï « Ce soir ou jamais » de Vendredi dernier, ou Fassin ayant entendu Onfrey le matin même sur France-inter engage et provoque ce dernier sur un terrain sur lequel il n’avait absolument pas besoin d’entrer). Des idées il en faut, un idéal aussi, mais il serait préférable qu’il ne soit pas avec un « isme ». Ainsi socialisme, communisme, libéralisme, Islamisme, capitalisme, nous enferme dans des dogmes, il faut essayer de penser sans les dogmes et donc d’imaginer quelque chose qui soit bon pour tous, bon pour tous les hommes mais aussi pour la planète toute la planète, animaux, insectes, plantes etc… mais sans cet idéal écologiste, ou altermondialiste, ou Bouddhiste. Il ne faut pas non plus de maîtres, le type sur une estrade nous domine, il a de l’ascendant et nous croyons bêtement que tout ce qu’il dit est juste ou si nous avons une image autre nous croyons au contraire que ce « maître » est un parfait idiot, parce que l’image créée en notre esprit est grise, nous le voyons donc en fonction de cette image, c’est une idée préconçue, il faut donc savoir écouter même celui que l’on qualifierai d’ « ennemi » tel celui qui oserai voter pour le front national, sinon nous récolterons la guerre civile. Donc ne nous opposons pas mais essayons de nous comprendre, l’homme ne veut qu’une chose, la sécurité, le cerveau n’est calme que s’il se sent en sécurité, c’est un fait, mais ce n’est pas pour cela qu’il faut imposer un système policier, qui laissera croire que nous sommes en sécurité au détriment de notre liberté, car le cerveau à également besoin de liberté et celle-ci est indispensable à son bon fonctionnement, il faut donc rechercher un moyen qui permette à l’homme d’accéder au bonheur, avec une certaine sécurité et une vrai liberté. Pour que l’homme soit libre il ne faut pas qu’il soit esclave, or le travail est une forme moderne d’esclavage. Pour compenser cet esclavage on nous dit : « Consommez pour vivre » et nous consommons et nous sombrons un peu plus dans l’esclavage avec l’illusion de la liberté. Il faut donc une voie qui donne à l’homme une vrai liberté, sans l’esclavage. Nous détruisons nos réserves vitales, elles s’amenuisent et disparaissent. Mais c’est nous les occidentaux qui en prenons la plus grande part, il faut donc que nous partagions, car le bonheur est aussi dans le partage. Le moi ne pense qu’à lui, il se divise, en sous moi qui se déchirent les uns et les autres, nous somme en lutte perpétuelle avec nous-même, comment voulez vous que nous puissions nous entendre si nous ne sommes même as capable de comprendre la déchirure qui nous brûle ? Tant que nous ne serons pas capable de mettre de l’ordre en nous-mêmes, même le plus grand de nos intellectuels affrontera son pair pour prendre le dessus comme le font certains animaux qui veulent diriger leur groupe. Notre si vieux cerveau à conservé ces archaïsmes qui dominent nos débats et nous divisent au lieu de nous unir.

  20. @ zébu,
    Je ne parle pas dans mon billet de la fin du monde, mais de la fin d’un monde.
    Il y aura donc forcément un ‘jour d’après’.
    J’ignore où se placera alors le curseur entre le ‘courons tout nu dans les près z’en riant follement’ et ‘courons tout nu dans les décombres en essayant d’échapper aux bombes’.
    Mais dites-moi si je me trompe, je pense surtout que notre désaccord porte sur la possibilité pour les peuples, d’installer pacifiquement un rapport de force qui leur soit favorable ?
    Pour le dire d’une manière lapidaire, je pense que le 1% (et surtout le 0,1%) qui jouissent sans entrave de la machine à concentrer les richesses, ne lâcheront rien. D’une certaine manière, ils opteront pour la même politique nihiliste que Bachar El Assad en Syrie : ‘ou bien vous vous soumettez, ou bien se sera le chaos. Mais moi, contrairement à vous les gueux, j’aurai toujours les moyens d’y survivre et dans le plus grand confort !’
    La lucidité n’est pas du désespoir.
    C’est une manière de se préparer à l’inconnu, d’être prêt à saisir les opportunités et à combattre les voies qui mènent à l’extinction.

    1. Bien sûr qu’ils ne lâcheront rien !
      Mais il y a une différence entre partir de ce constat pour en tirer la conclusion que nous ne pouvons qu’imaginer le jour d’après et partir de ce même constat pour essayer d’instaurer un rapport de force.
      Ce n’est certes pas la fin du monde mais ce système-monde est devenu trop prégnant pour être aussi rasséréné que cela sur les chances de survie de l’espèce pour le ‘jour d’après’ …

      1. On en revient donc au verrou de la démocratie représentative… de l’argent. Avouons que jusqu’à présent, aucun peuple européen n’a trouvé de solutions réalistes pour le faire sauter (si, les islandais, mais sans vouloir les offenser, ça ne compte pas. De mémoire ils doivent représenter l’équivalent de la population de Limoges).
        Il ne nous reste plus comme disait Gramsci, qu’à allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté… et à trouver une solution réaliste et vite ! Parce que je crains fort que le compte à rebours n’ait déjà commencé…
        Alors, le fil bleu ou le fil rouge ? (et que quelqu’un fasse taire cette petite voix qui dit que nous sommes tous daltoniens !)

  21. On ne peut pas prendre un virage,

    Du grand détournement au grand tournant

    .
    Le mot clef est « Laxisme » – des partis en place et de leurs administrations – et c’est le concept qui permet aux partis les plus folkloriques ou effrayants de réclamer une place ! Je ne suis pas sûr que quiconque fasse quoi que ce soit, « le Jour d’après » ! Toute médecine, pour chasser « un mal » ou un dysfonctionnement s’appuie sur les forces disponibles, sur ce qui reste en bon état de marche. C’est un mythe qui n’appartient pas au monde médical que d’imaginer qu’il suffit d’arracher ce « mal » pour que tout redevienne normal, sain, « comme avant » !
    Car les écosystèmes les plus stables finissent par dériver sous de multiples effets papillons. Et le néolibéralisme aime jouer avec des déséquilibres abusifs qui rapportent, surtout quand ils savent que d’autres payeront la facture. L’alcool et la drogue ou les algorithmes des financiers appartiennent à ces abus dont chacun teste les limites qui ne sont pas les mêmes avant et après la catastrophe. Il est définitivement acquis qu’aucune catastrophe n’est assez importante pour toucher les paradis fiscaux, qui plus est dans leur dimension virtuelle : le pire est donc certain. Mais nous continuerons à en parler avec plaisir. Toutefois, je crains que nos petits enfants n’y trouvent plus le même plaisir.

  22. Consterné , à l’heure où après avoir commémoré la grande et la petite guerre
    avoir expliqué les économies nécessaires , s’être excusé de dérisoires histoires de culs,
    on trouve le temps d’organiser des réunions pour financer encore et encore des destructions au moyen orient, on trouve le temps d’écrire des lois anti-terroristes

    Alors qu’ à nouveau un boat people coule en méditerranée au coeur de l’europe

    500 personnes coulées au nom de l’impérialisme économique

    Qui ira rappeler à nos gouvernants qu’on ne peut pas toujours se comporter comme des ord….

    Et qu’il faut un minimum d’humanité et de compassion pour être digne de gouverner.

    Maintenant venez nous expliquer vos échelles de priorité sur la façon la plus adéquate d’éliminer ceux qui vous gênent.

  23. Certaines réactions à ce billet ainsi que d’autres entendues très fréquemment ça où là m’inspirent une nouvelle description d’une forme de névrose pourtant très ancienne et très répandue, qu’on pourrait nommer par exemple le « syndrome du hamster », pathologie conduisant celui qui en est victime à vouloir systématiquement agir, sans presque aucune considération pour le bienfondé de son action, tel le hamster dans sa roue, qui court sans pour autant se déplacer ne serait-ce que d’un iota.

    Ce syndrome déjà identifié par Jacques Rouxel et incarné par ses braves shadoks qui préféraient pomper « de peur qu’il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas », celui d’un volontarisme pour le moins irrationnel, consiste ainsi à dépenser de (son) l’énergie à mauvais escient, comble notamment quand on prône par ailleurs une consommation modérée des ressources.

    Le même encore qui conduisit la « sagesse populaire » à produire le dicton « c’est l’intention qui compte », comme si le résultat importait moins que la volonté qui l’a produit, ce qui est particulièrement inacceptable quand par exemple des vies sont suspendues au-dit résultat.

    Ainsi que l’avait déjà évoqué F. Lordon concernant les premières mesures à prendre à la suite de la crise des subprimes , une action peut s’avérer pertinente et efficace à un moment donné mais être totalement hors de propos avant ou après. La question est donc la suivante: Le moment est-il (encore) propice pour les idées généralement défendues sur ce blog?

    1. tel le hamster dans sa roue, qui court sans pour autant se déplacer ne serait-ce que d’un iota

      Hors se maintenir en forme c’est effectivement peu éfficace mais courir « librement » vers le précipice sans rechercher une échappatoire est-ce si différent du comportement des shadoks ???

    2. La réponse pourrait sembler paradoxale mais elle ne l’est pas.
      Le véritable moment propice est passé : c’était en 2008-2009.
      Mais on a préféré jeter tout ce que l’on avait sous la main, des milliers de tonnes de liquidités, puis refermer le couvercle, pour stopper la fusion du coeur financier.
      Aujourd’hui, moins que jamais, le moment n’est pas propice, parce que tout est ‘under control’.
      Aujourd’hui, plus que jamais, le moment est propice, parce qu’il n’y a plus rien en stock.
      Et que comme l’on sait qu’il arrivera forcément un jour où cela pètera de nouveau (mais nul ne sait où ni comment), simplement parce qu’il suffit de comprendre que le système a atteint son stade critique dont il ne peut redescendre que par une explosion/implosion, alors plus que jamais les moments qui viendront seront tous propices.

      La véritable question, pour quelqu’un qui refuserait d’attendre cette explosion/implosion pour vérifier si le moment est alors propice (sachant qu’un tel évènement emporte souvent hommes et idées avec lui), c’est de savoir comment faire comprendre à une minorité croissante :
      1- ce qu’est un stade critique
      2- qu’il est impossible de revenir à une position ex ante
      Si c’est le cas, alors tous les jours d’aujourd’hui sont des jours propices.

      Le véritable problème ensuite est de passer du stade de la connaissance au stade de la réalisation.

  24. Oui il est trop tard et probablement qu’il a toujours été trop tard.
    La preuve : même les plus pertinents des penseurs restent toujours dans le constat sans jamais réellement proposer une solution politique qui serait acceptable par une majorité des gens.
    Et pendant ce temps là le système continue de se déliter inexorablement
    Alors qu’est-ce qui explique qu’un certain nombre d’entre nous continue d’avoir l’espoir que les choses changent?
    Peut être tout simplement parce que sans cela, la vie serait impossible à supporter.
    Au fond d’entre nous (pour paraphraser Gandhi) nous savons tous que ce que nous faisons est dérisoire mais qu’il est important qu’on le fasse.
    Encore une chose, je ne suis pas sûr que l’effondrement que je pense inéluctable soit une porte de sortie positive pour l’Humanité.

    Patrick

  25. Que faire « le jour d’après » .
    Larguer les amarres et voguer tant bien que mal dans le déluge de barbarie libérer par l’égoïsme accumulé dans chacun de nous. L’arche de Noé
    Il faut bâtir un navire mental dont la structure puisse résister à toutes les horreurs qui jalonnent notre histoire. Je pense qu’aucune ne nous sera épargnée.

  26. La France ne s’éffondrera pas. C’est un territoire relativement homogène, avec une langue et une histoire communes, des traditions et des communautés sans doutes risilientes… et surtout une armée et une police dignes de ce nom. Mais c’est aussi un pays auto-suffisant sur le plan alimentaire, qui peut donc se replier sur ses frontières et se « couper » du reste du monde.
    Je ne crois donc pas du tout au chaos total et au retour à l’age de Pierre. Le vrai risque est ailleurs : que l’une des composantes de notre société fasse main basse sur les vrais leviers du pouvoir en cas de défaillance du système actuel : armée et police bien sur, mais aussi média et moyen de télécommunications, stocks stratégiques (pétrole et essence…). Bref, tout ce dont nous ne pourrions plus nous passer si nous ne voulons justement pas retourner à l’age de Pierre.

    1. Mais c’est aussi un pays auto-suffisant sur le plan alimentaire, qui peut donc se replier sur ses frontières et se « couper » du reste du monde

      Ah oui, vous avez des preuves?
      On coupe le pétrole, y a plus rien à bouffer!

  27. Bonsoir,
    Je n’ai pas eu le temps de lire les autres commentaires, désolé s’il y a des redites

    Concernant les causes de l’atonie de la classe moyenne, je propose les points suivants, en vrac et en résumé :

    – on a le droit de gagner de l’argent, ce n’est pas honteux, la victimisation affichée des riches face à des tranches d’impôts élevés est un discours audible

    – il y a un mélange des intérets avec une classe moyenne qui a des revenus principalement basés sur le travail mais que le discours médiatique focalise sur sa pension complémentaire, ses actions, son plan d’investissement trucmuche, etc… tous ces dispositifs où ses intérêts sont identiques en apparence à ceux du grand capital font oublier la source principale du revenu actuel

    – l’Etat est l’ennemi : tout pour ne pas lui donner de l’argent, il est toujours mieux d’investir dans des trucs (des frais déductibles pour les indépendants par exemple) plutôt que de donner de l’argent à l’Etat, sans voir le retour qu’en ont les personnes au travers des services et des infrastructures et même s’il y a des abus de la part des dirigeants politiques et assimilés (directeurs d’organismes publics). En déplaçant le point d’attention sur l’Etat on n’attire pas l’attention sur les problèmes de classes

    – Focalisation du discours sur le nationalisme, en Belgique par exemple, la NVA (parti indépendantiste flamand) et d’autres partis flamands également, jouent sur le registre linguistique par exemple en présentant les pauvres paysans flamands partis dans les tranchées de 14-18 qui ne comprenaient pas les officiers francophones (la bourgeoisie belge d’alors était presque exclusivement francophone, même en plein Flandre), la situation est décontextualisée et sert à pointer le doigt sur les francophones wallons d’aujourd’hui, censés être les héritiers de ces exploiteurs car francophone… en oubliant de dire que les paysans wallons de 14-18 ne comprenaient pas forcément mieux les officiers puisqu’eux parlaient… wallon et pas (encore) français à l’époque. Ce type de discours cherche à opacifier que la lutte des classes source du problème et construit une querelle linguistique flamand/francophone du XXIe siècle

    Par rapport aux divers billets récents demandant le passage à la VIe république, je m’interroge pour savoir s’il faut vraiment passer 1 à 2 ans maintenant à plancher là dessus et mettre l’action concrète sur l’économie, l’écologie, le social, … de côté ?

    Vu à côté des 6 ans passés dans un blocage des changements, 1 à 2 ans ce n’est peut être pas grand chose… Ou alors mener les changements sociaux (avec quel homme politique ?) et le changement de constitution en parallèle ? Partant du principe que les constitutionnalistes ne sont pas les mêmes que les acteurs des changements sociaux ?

    Bonne soirée

  28. Je ne suis pas sûr qu’il y aura une « implosion », mais la fin d’une époque approche. En revanche une chose est sûre : on nous demandera de payer la casse.
    Il faut sauver les banques, il faut sauver l’euro, il faut sauver l’UE, le projet européen, il faut sauver le néoliberalisme et son TINA, il faut sauver la confiance des investisseurs, il faut sauver les carrières du personnel politique (très soucieux de durer)………. Ça fait beaucoup.

    Qui payera tout ça?

  29. Pour un jour « d’après » le moins conflictuel possible, tout le monde connait la solution. La solidarité, Alain Caillé en parle très bien, c’est donner recevoir et rendre.
    Pour donner, il faut avoir. Dans notre situation, on a tendance à attendre que les moins bien lotis se mobilisent en premier, jusqu’à ce que l’orage approche de nous, et qu’on commence à s’inquiéter. Or, les plus précaires ne sont pas forcément les plus aptes à renverser le système surtout lorsque le reste de la population les qualifie d’assistés. Où alors cela passe par un acte de violence. C’est pour ça que les chômeurs ne sont pas au défilé du 1er mai, et qu’il arrive qu’un homme désespéré s’immole par le feu devant son agence pôle emploi.
    Pour éviter la violence, la considération des besoins de son prochain est un préalable. De là nous pouvons donc envisager une sorte de solidarité qui se répand (et se répond) de haut en bas, donc qui part des plus riches vers les plus pauvres, sur le plan national, et international, entre individus et entre nations.
    Le travailleur occidental doit entendre son homologue étranger, considérer ses intérêts et la convergence obligée avec les siens, et adapter son comportement. Les élites mondialisées se sont entendues pour bâtir ce système qui nous met à genoux, nous devons nous entendre pour ne pas subir les conséquences de leurs excès, cela passe par une synchronisation des luttes populaires européennes, par un équilibrage du niveau de vie. Nous nous sentirons mieux si nous prenons les devants, en prenant l’initiative d’un accord avec celui qui n’a pas les mêmes ressources et les mêmes richesses..
    Soit nous donnons (un peu), soit nous perdrons (tout) si mes comptes sont bons, donc il n’y a pas à hésiter. Pour anticiper le déferlement de cette multicrise, nous devons nous mobiliser pour le plus fragile, avant nous-même, afin de prévenir des excès de violence.

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