« Paul Jorion ne parle jamais de… »

Difficile de proposer une moyenne hebdomadaire, mais combien de messages ne reçois-je pas me disant : « M. Jorion, vous ne parlez jamais d’un sujet pourtant essentiel, à savoir de… » ? Aujourd’hui, c’est « … vous ne parlez jamais de la monnaie ».

Je m’empare alors de ma plume et je réponds : « Cher Isidore, si je rédige moins de billets relatifs à la monnaie récemment, c’est parce que j’ai consacré à ce sujet un ouvrage publié chez Fayard en 2009, intitulé L’argent mode d’emploi, où j’ai consigné (au prix d’un effort – il faut bien l’admettre – non-négligeable) la plupart des choses qu’il me semblait pertinentes de dire sur la monnaie… ».

Et au moment où je dépose ma plume j’imagine entendre le soupir d’exaspération de mon correspondant : « Un livre ? Quoi ! Il ne peut pas dire tout ce qu’il y a d’intéressant à savoir sur la monnaie dans un billet de deux ou trois feuillets sur son blog ? »

Hélas non, mon cher Isidore : je suis tout à fait incapable de vous expliquer en deux ou trois feuillets la pêche à l’Île de Houat (1983), la transmission des savoirs empiriques (1984), ce qui fait d’un système informatique, un système « intelligent » (1989), la chute de la compagnie américaine Enron (2003), pourquoi il allait y avoir une crise du capitalisme américain due aux titres subprime (2007), comment les notions de « vérité » et de « réalité » furent inventées (2009), comment se constituent les prix (2010)… j’en suis malheureusement tout à fait incapable ! De même que je me sens incapable de répondre à ces questions sous la forme d’un feuilleton de 200 épisodes sur le blog.

Il m’arrive de vous offrir des « piqûres de rappel » lorsqu’un sujet que j’ai traité sous la forme d’un billet sur le blog redevient d’actualité mais la nécessité – qui me taraude – d’aller de l’avant m’interdit de revenir indéfiniment sur des sujets dont j’ai le sentiment que je les ai traités – dans la mesure de mes moyens – de manière (quasi-) exhaustive.

J’écris pour partager des idées dont il me semble que leur circulation bénéficierait à la communauté. Je fais ma part, qui consiste à les mettre sur papier. C’est le mieux que je puisse faire.

Une liste exhaustive des seize choses dont (très coupablement) « je ne parle jamais » 😀 peut être consultée ICI.

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