LA ROBOTISATION, STADE ULTIME DU CAPITALISME, par Zébu

Billet invité.

1- Des études de plus en plus précises (concernant la France, par exemple), convergent pour décrire le même phénomène de robotisation (par le remplacement du travail manuel par le robot et du travail intellectuel par le logiciel).

2- Le gros de la robotisation n’avait visé jusqu’ici que la classe ouvrière, or c’est l’ensemble du salariat qui est désormais concerné, les classes moyennes et supérieures étant maintenant elles aussi atteintes. Seules les classes sociales en « apesanteur sociale », en sont les bénéficiaires : les happy few mondialisées ou les rentiers à vie en sont a priori exclues, le phénomène visant justement à les alimenter elles en revenus du capital, social ou monétarisé.

3- Le capitalisme ayant visé jusqu’ici à créer les conditions d’émergence d’une classe de consommateurs (moyenne et sup) sur lesquelles est fondée la démocratie représentative (ce sont ces classes sociales, moyennes et supérieures, qui sont représentées dans ce système), la désintégration de ces classes sociales par la robotisation implique celle du système politique actuel. Des systèmes de gouvernement coercitifs et liberticides seront donc nécessaires pour garantir l’évolution en cours.

4- Aucun système de redistribution, fiscal ou autre, n’est envisagé face à ce phénomène. Tout au contraire : le processus est précisément en place pour alimenter les rentiers. Ce processus est intrinsèque au capitalisme : il est son implication logique, liée à la recherche de productivité (gains de moins en moins redistribués socialement, voire pas du tout). La robotisation ‘socialisée’ est le stade ultime du capitalisme : la robotisation a éliminé le travail humain et seul le capital demeure désormais rémunéré.

5- Même la mise en place d’une redistribution sociale sous forme ‘x’ ou ‘y’, qui viserait à tempérer l’évolution en cours, ne serait qu’un palliatif : un nouveau système d’« adaptation sociale ». Il serait d’ailleurs en permanence miné par le maintien comme justification idéologique de l’évolution en cours du principe du Tout travail mérite salaire – mais lui seul !, qui demeurerait en place.

Ayant conduit à ce que seul soit encore rémunéré le capital, le travail humain ayant lui entièrement disparu, la robotisation aura opéré la concentration de la richesse entre les mains des seuls capitalistes. La robotisation, ayant apporté la solution finale à la question du salariat (ou du prolétariat, les deux termes étant synonymes), par l’élimination pure et simple de celui-ci, constitue bien le stade ultime du capitalisme.

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185 réflexions sur « LA ROBOTISATION, STADE ULTIME DU CAPITALISME, par Zébu »

  1. Le sujet de ce topic a été, à mon sens, remarquablement développé sur ce site, construit avant 2002, (les références temporelles sont donc à majorer):

    http://www.syti.net/Topics.html

    Certains paragraphes peuvent sembler excessivement paranoïaques ce qui pourrait décrédibiliser l’ensemble, mais sait on exactement ou est la limite?

  2. Point essentiel pour comprendre la dynamique en cours:

    Il n’y a pas de solidarité entre les maîtres du monde, ou plutôt entre les aspirants maîtres du monde.
    Il y a juste convergence d’intérêt à dominer les peuples et communautés.
    Chaque aspirant a intérêt à éliminer ses rivaux potentiels, et à collaborer avec plus fort que lui, pour tenter de grimper dans la hiérarchie du pouvoir.
    On ne sait à priori qui sera éliminé, et qui l’emportera.

    Cette dynamique régit en fait toute la société libérale capitaliste.
    Chacun d’entre nous a intérêt à profiter de son concurrent, collègue ou voisin, en s’alliant occasionnellement avec lui et en l’éliminant si nécessaire, par exemple lors des concours d’entrée, ou lors des plans de sortie (licenciement), tout en collaborant avec ses supérieurs pour tenter de grimper socialement.

    Nous sommes conditionnés à ces « valeurs » dès l’enfance de sorte à ce qu’elles nous paraissent naturelles et universelles. Les premiers sont glorifiés, ce qui légitimera une éventuelle arrogance, les derniers subissent le déshonneur. Les compétitions sportives et autres, démocratisent ces procédés. Ceux qui refusent ce jeu stagnent, régressent, ou sont exclus.

    Les critères de sélection sont fixés par les maîtres, de sorte à obtenir un certain type de société soumise, sans que nous en soyons conscients. Les majors (premiers de la classe) sont généralement les plus soumis, et aussi les mieux adaptés au système qu’il convient de pérenniser, en particulier dans les écoles qui forment les cadres du système (les politiques, les grands patrons, et bien sur les « experts »).

    On adhère volontiers à cette logique guerrière, car chacun se croit généralement plus fort que les autres, d’autant plus que ce qui est au dessus de nous nous échappe.
    Les qualités morales des individus ne peuvent en rien la modifier.

    1. @ Dominique Gagnot 28 octobre 2014 à 05:47

      Les compétitions sportives et autres, démocratisent ces procédés. Ceux qui refusent ce jeu stagnent, régressent, ou sont exclus.

      Je partage cet avis. Le règne de la compétition agit partout chez les humains comme chez les autres espèces. C’est un donné du monde qui ne touche pas que le monde vivant. Les phénomènes d’attraction-répulsion sont universels. Ils s’appliquent autant aux domaines des idées et des sentiments qu’aux éléments soumis aux seules lois de la physique dans l’infiniment petit et l’infiniment grand.

      Vouloir combattre l’esprit de compétition, c’est se condamner à ne pas s’armer pour faire face aux nécessités de l’évolution. La collectivité qui cultive cette façon de voir son futur, condamne sa survie au sein de son espèce. C’est peut-être ce qui est arrivé aux néandertaliens.

      1. Mais je ne condamne pas l’esprit de compétition en soi!
        Je condamne un système basé sur la compétition.
        Bien sur que, par ailleurs, la compétition est un moteur… mais a utiliser intelligemment!

      2. Nécessités de l’évolution ? Encore une fois c’est une assertion infondée, un micmac mal compris d’un pseudo-darwinisme.
        Parler de compétition (comme vous le sous-entendez) est un non-sens basé sur une simple importation de concepts venu d’idéologies mais pas des sciences. Vous confondez tout : phénomènes d’attraction-répulsion physiques avec une compétition ! En biologie il n’y a que des interactions complexes impossibles à résumer ainsi en faisant de l’anthropomorphisme. Des études sur le terrain montrent amplement que des comportements coopératifs également existent chez les grands primates. Etc. Une espèce n’est pas en compétition : elle s’adapte en permanence ; ça peut se traduire par des éliminations ou des symbioses. Il n’ y a pas de règle exclusive.
        Jouer aux cartes ou faire du sport : oui, on a le plaisir de la compétition mais pourquoi tout mélanger ? C’est absurde pour moi.
        Par contre l’honneur de l’espèce humaine est de limiter ou même éviter la lutte (comme la compétition) par des lois éthiques. Après tout ce qui serait compétitif, ce serait tout simplement l’élimination des poids morts, les inactifs, les chômeurs, les malades ou les retraités. Voilà un belle et très facile victoire de la compétition et de la compétitivité !

      3. On oppose classiquement les adaptations sélectives, conformes à l’orthodoxie darwinienne, et les adaptations instructives, qui, elles, ont un relent lamarckien. La pensée « mainstream », la pensée « système », réduit le darwinisme, l’adaptation sélective, au « struggle for life », logiquement équivalent à la lutte contre la mort, slogan moins vendeur. Pour moi, la lutte pour la vie ne peut se réduire à la lutte contre la mort. C’était déjà, je crois, l’opinion de Darwin qui a essayé d’expliquer les théories de Lamarck par sa propre théorie des gemmules.

        RenéThom (Une théorie dynamique de la morphogénèse):
        « La synthèse entrevue [dans l’article] entre les pensées « vitaliste » et « mécaniste » en Biologie n’ira pas sans un profond remaniement de nos conceptions du monde inanimé. »

        Pour moi, l’économie et la biologie « mainstream » sont vus au travers du prisme du mode de pensée mécaniste issu de la coupure dite galiléenne; et je vois le capitalisme et la robotique (les animaux-machines de Descartes) comme des conséquences logiques de cette façon de voir les choses.

        Misère de la pensée économique et misère de la pensée biologique même combat?
        Penser l’économie autrement et penser la biologie autrement même combat?
        Je suis convaincu que oui.

    1. Voilà c’qui arrive quand on sait plus quoi faire de son pognon, comme nos chers Norvégiens. On stocke des graines sous les glaces du Spitzberg et on conçoit des robots tueurs autonomes.

  3. La question qui me vient tout de suite est:
    Puisque les robots ont pris ou prennent le relais à moindre coût, que faire alors de tout ces gens devenu inutiles puisqu’il n’est nullement envisagé de leur procurer les moyens de vivre décemment ?
    On s’achemine vers de grosses tempêtes….

    1. Les gens ne sont pas inutiles en eux-mêmes. Ils sont inutiles aux capitalistes mais ce faisant les capitalistes deviennent eux aussi inutiles aux autres. Il n’y a pas vraiment à faire des gens il me semble, c’est à mon avis le sens des évolutions en cours. De plus je serais très étonné que les gens fassent rien… ne rien faire est une conséquence d’un manque d’intégration, or si l’emploi n’est plus la pierre angulaire de l’intégration sociale ce n’est pas pour ça qu’il n’y aura plus de société, nous construirons (nous construisons) de nouveaux outils d’intégration. Ce qui ne règlera d’ailleurs pas le problème définitivement : il y aura toujours des difficultés d’intégration, des systèmes de contrôle et de rattrapage à trouver.
      L’ultime stade du capitalisme c’est quand il ne fait plus système… on peut tenir aux hommes plutôt que de tenir au capitalisme… surtout quand on ne fait pas partie de ceux qui profitent vraiment du capitalisme !
      On s’achemine vers de grosses tempêtes, c’est sûr.

      1. Pour ce qui est de l’inutilité des gens, je me plaçait bien sur du point de vue des « décideurs », le 0.01%.
        Aussi ces « gens là » (les « décideurs ») ont tout intérêt à laisser se développer des marchés informels. Effectivement les « inutiles » s’occuperont autrement et cela leur permettra de survivre, sans inquiéter ce 0.01% et leur dépendances (le 1%).

      2. @stephp> Le pouvoir doit s’exercer. Si les 99% deviennent inutiles aux 1% alors les 1% deviennent inutiles aux 99%. Sans frictions (ce qui est bien sûr impossible) ça créerait 2 systèmes économiques différents, le système des 99% pourrait évidemment reproduire le système capitaliste pré-robotisé (aucune utopie prolétarienne n’est désormais envisagée par personne, la domination s’exerçant idéalement sur les machines)… pour aboutir aux mêmes blocages.
        Dans le pire des cas le 1% réussit à inventer une guerre qui achèvera de réorganiser les hiérarchies jusqu’aux chaînes de commandement militaires, dans le meilleur des cas le 1% et le 99% « s’émanciperont » du produit en croyant pourtant le reproduire et en suivant pourtant des objectifs à première vue opposés. Évidemment le pire peut aboutir à l’extinction de l’espèce… c’est pour ça que c’est quand même bien le pire… soyons certains que tous ceux des 99% ne sont pas prêts à éviter le pire.

        Je pense que le meilleur outil à notre disposition est quand même l’idée d’utiliser l’euro comme bancor qu’on trouve régulièrement sur le forum, dans le même temps il faut réussir à faire émerger sur la place publique l’idée d’une France fédérale, sinon il n’y aucune chance que quoique ce soit vienne de France… je dis ça parce que je suis français… encore que je crois que la France est le terrain idéal d’une refonte non territoriale du fédéralisme.

  4. Outil , mécanique , technique , artefact , robot , cyborg ….et leur relation avec l’esprit .

    Si la robotisation est le stade ultime du capitalisme , elle n’en est pas la justification , et je serai tenté d’en dire ce que d’autres disaient de la technologie dans sa relation à la nature :

    il y a deux façons d’agir sur la nature :en la pillant ou en la transformant;

    Il y a deux façons d’utiliser les robots : pour transformer ( et la démocratie doit être la force qui guide les transformations et les maîtrise dans le respect des équilibres terrestres) , ou pour piller et le marché capitaliste atteindra son vrai stade ultime par arrêt de l’arbitre et fin de partie .

    1. « Si la robotisation est le stade ultime du capitalisme , elle n’en est pas la justification » : oui.
      Malheureusement, dans ce cadre de pensée, la robotisation est justifiée.
      D’abord parce que c’est le seul moyen d’augmenter la productivité et donc les gains qui iront alimenter le capital.
      Ensuite parce que dans un environnement concurrentiel, ce processus est présenté comme à la fois nécessaire pour gagner la ‘compétition’ dans la lutte du tous contre tous et utile socialement (alléger le fardeau de l’Homme).
      Il faut donc lutter contre tout cela plutôt que de lutter contre la robotisation : productivité, gains, concurrence, compétition.
      Même des revenus, socialisés et équitablement répartis, issus de ce processus de robotisation, ne remettent pas en cause la logique de pillage.

      1. « Il faut donc lutter contre tout cela plutôt que de lutter contre la robotisation : productivité, gains, concurrence, compétition. »
        Entièrement d’accord, faire sourire les machines et combattre toutes ces choses, où leurs donner un sens différent.. (en ajoutant: profit, dette, intérêt..)

  5. Bernard Friot propose, dans une approche iconoclaste, le « salaire à vie ». C’est sans doute terriblement utopique (voire scandaleux pour beaucoup d’entre nous, et surtout pour l’oligarchie), mais il a le mérite -de part sa remise en cause d’un certain nombre de « fondamentaux » (la propriété lucrative en particulier) autour desquels est organisée la société capitaliste-, de proposer une voie pour reprendre la main face au « capitalisme triomphant ».
    Tant que l’on se battra sur le terrain de l’adversaire, nous irons de défaite en défaite. C’est d’ailleurs le cas depuis plus de trente ans.

    http://www.youtube.com/watch?v=cjL1MuE5wpI

    Sortir du cadre, présuppose, que soient pensées, proposées, des alternatives à un modèle qui se proclame sans alternative (TINA). Tout effort dans ce sens est bienvenu.

  6. La robotisation, ayant apporté la solution finale à la question du salariat (ou du prolétariat, les deux termes étant synonymes), par l’élimination pure et simple de celui-ci, constitue bien le stade ultime du capitalisme.

    Bien, on va pouvoir passer à l’étape suivante car il semble que certains avaient prévu la chose il y a un siècle et demi. Cet article de 1967 -Karl Marx et l’époque de l’automation- par Rudi Supek n’a pas pris une ride et ne demande qu’à contribuer à la réflexion car il n’y a pas de raison que la fin du capitalisme (j’associe ici « ultime » à fin, on est aussi objectif qu’on le peut…) signifie qu’il faille considérer que tout ce qui est possible à partir de là est acquis et que des dévoiements et/ou des contretemps ne soient à l’affût.

    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/homso_0018-4306_1967_num_3_1_993

    Il introduit très bien l’article suivant du même numéro par Marx lui-même -Conséquences sociales du machinisme automatisé-, qui attend depuis que les faits le rendent d’une pertinence déconcertante:

    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/homso_0018-4306_1967_num_3_1_994

    1. @ Lazarillo :
      La fin comme achèvement, peut-être, mais pas la fin telle que prévue par Marx. Ultime, donc.
      Finalement, dans les Grundrisse, Marx définit ce moment justement où l’automatisation permettra la fin du travail comme élément moteur de la création de la valeur, du lien entre valeur d’usage et valeur d’échange : c’est donc la fin du travail qui mettrait fin à la valeur, alors que l’on sait que rétrospectivement, c’est Ricardo qui tenta, en vain, de théoriser la valeur par le travail, repris, toujours sans succès, par Marx.
      Marx définit aussi la dissolution de la propriété privée à ce stade là pour entrer dans la socialisation : à mon sens, nous sommes non pas entrés dans cette phase définie par Marx, mais bien dans celle de l’accès (au capital), faisant suite à la dissolution de la propriété privée.
      Pour lui, c’est la fin du capitalisme, de par la libération du temps de travail (déconnecté de la création de valeur).
      Néanmoins, s’il a anticipé le risque d’une classe de technocrates dirigeant ce moment, il n’a pas pu intégrer l’automatisation possibles des fonctions intellectuelles, supprimant ainsi cette classe de bureaucrates/technocrates pour ne laisser que la classe des capitalistes.
      Et ce n’est pas la fin du capitalisme mais son stade ultime, du simple fait que Marx a fondé son analyse sur le lien travail/valeur, quand la valeur est un artefact que le travail ne pouvait pas combler, et que la disparition du travail n’implique pas la disparition de cette ‘valeur’ : au contraire, grâce à l’automatisation, cela permet d’augmenter les profits (et non pas leur baisse tendancielle).

      Clairement, on n’a pas pris l’orientation prévue par Marx, à savoir la socialisation des processus de production (et donc des richesses), par le progrès de la machinisation et la disparition du travail.
      Parce que le travail n’est pas la base de la création des richesses en capitalisme mais bien les rapports de forces sociaux qui déterminent l’accès au capital, où la classe capitaliste domine grâce à l’accès qu’elle a au capital, plus qu’à sa possession.

      1. Très bonne analyse.

        Cette traduction fautive d’Aristote (dont on sait grâce à Sylvain Piron qu’elle vient d’Albert le Grand), qui a fait voir à Marx des « valeur d’usage » et « valeur d’échange », l’a emmené sur une voie de garage, comme on le voit dans ce passage des Grundrisse et dans son résumé par Rudi Supek.

        Marx ne voit dans la machine que le moyen de tirer plus de l’ouvrier et il critique amèrement Lauderdale qui voit la machine créer de la « valeur », en fait de la plus-value, indépendamment du travailleur, jusqu’au moment où le travailleur ne travaille plus que si peu qu’on tombe automatiquement dans la société du loisir : « le libre développement des individualités » qui « permet aux individus [de] recevoir une formation artistique, scientifique, etc. grâce au temps libéré et aux moyens créés au bénéfice de tous » (p. 123).

        Or on a la confirmation maintenant que c’est Lauderdale qui voyait juste : « Lauderdale croit avoir fait une grande découverte, écrit Marx, lorsqu’il affirme que les machines n’accroissent pas la force productive des ouvriers, mais les remplacent ou effectuent ce qu’ils ne peuvent faire par leur seule force » (p. 120).

      2. @zebu

        Plus pragmatiquement, ce passage de l’article de Supek m’a interpellé en ce qu’il me paraît être une conclusion percutante en relation à l’époque que nous vivons.

        Désagrégation de la communaté et isolement des individus vont cependant de pair avec l’universalisation progressive des capacités et des besoins humains, nous l’avons déjà dit. Le capitalisme a accéléré ce processus, mais en même temps, il a vidé complètement l’individu, en vidant de leur sens ses besoins et capacités, en aliénant l’homme de l’homme. Et l’homme, Marx le souligne, ne pourra exprimer sa nature universelle et la vivre dans sa totalité qu’à l’intérieur de la communauté humaine

        En d’autres mots, je me suis dit « on y est! », au point de bascule. Les questions qui viennent ensuite sont inquiétantes: quid des catalyseurs, des modalités, du temps de transition mais elles peuvent être posées. Mieux encore, les évènements nous imposent de nous les poser sous peine de disparition pure et simple de l’espèce, ce blog est une plateforme prolifique à cet effet. Je ne peux pas m’empêcher de voir un parallèle entre cet extrait et la succéssion simultanée de deux billets hier et aujourd’hui l’illustrant:

        la désagrégation: http://www.pauljorion.com/blog/2014/10/28/jeteins-graduellement-ce-quil-y-a-de-bon-en-moi-par-jean-claude-boudreault/
        et l’aspiration: http://www.pauljorion.com/blog/2014/10/29/propositions-de-lois-pour-changer-la-monde-par-francois-fievre/

        Un autre parallèle qui m’est venu à l’esprit est que la « communauté humaine » telle qu’elle y est définie m’apparaît analogue à la « société planétaire » selon François Roddier dans la conclusion de son exposé: http://www.pauljorion.com/blog/2014/06/10/la-survie-de-lespece-selon-francois-roddier/

        Ironiquement la solution finale à la question du salariat que se serait trouvée le capital sera peut-être finale dans un autre sens que celui envisagé par lui? Osons au moins le rêver, je suis encore sous le choc du rêve de François Fièvre et de son audace dont j’ai manqué.

        L’aspect prophétique auquel je me réferais concernant Marx est dans le constat de notre choix inéluctable, maintenant, entre exprimer ou réprimer notre nature universelle. La deuxième option étant au risque de ne plus être là pour le raconter, comme nous le savons.

      3. Merci Zébu
        « Parce que le travail n’est pas la base de la création des richesses en capitalisme mais bien les rapports de forces sociaux qui déterminent l’accès au capital, où la classe capitaliste domine grâce à l’accès qu’elle a au capital, plus qu’à sa possession. »
        « La propriété privée, les capitalistes, eux, sont déjà passés à autre chose. »

        Je comprends :
        D’une part, que nous sommes face à une alternative terrifiante devant cette métamorphose des conditions et acteurs de la production de « richesse » : le développement non humain
        ou le développement humain
        D’autre part que les petits frères sont nos amis.
        Vous écrivez pour anticiper un ordre social salvateur
        Ou l’on statut que cette ressource (capital) n’a aucune valeur pour définir l’accès social à un certain nombre de ressources, lesquelles seront considérées comme gratuites (mais dont l’accès obéira à des règles d’usage) : le commun.
        J’essaie de récapituler et résumer :
        • Les vivants (espèces)
        • les non vivants (robots,logiciels).
        • La ressource (capital crédit)
        • Le pouvoir
        Quelques vivants, en détenant les non vivants, ont le pouvoir sur tous les autres vivants, un droit de vie et de mort en devenant la ressource laissant ou interdisant l’accès aux ressources vitales.
        D’où vient la pérennisation de leur pouvoir ? Le crédit non plus sur le capital et la propriété mais sur le pouvoir que leur donne leur détention des non-vivants par l’aliénation/disparition préalable et continue du et des vivants/charges.
        Cependant, pour décréter que la ressource (capital et crédit) n’a plus aucune valeur, donc plus aucun pouvoir ni sur le non-vivant ni sur le vivant, il faut libérer le non-vivant et le vivant du capital et du crédit (du pouvoir).
        Cette libération serait une réelle innovation, une révolution bouleversant l’ordre social politique et économique actuel. Comment éviter toute contre-révolution mortifère pour une recomposition du système politique social et économique en suscitant l’adhésion massive des vivants ?
        Vous dites : en donnant accès, systématiquement puisque gratuitement, j’ajoute instantanément, aux ressources vitales à tous les vivants avec et grâce au vivant et non-vivant. Comment ? Le commun. Le vivant-commun détient alors la ressource, donc le pouvoir. Là encore, comment éviter que ce commun/pouvoir ne soit absorbé récupéré par les apparatchiks capitalistes et ne devienne un pouvoir à l’image des pouvoirs communistes et sociaux libéraux qui se sont effondrés ? La réponse reste en suspens.

        Si nous vivons une alternative vivant/non-vivant, pour rétablir un rapport de force en faveur du vivant commun, n’est-il pas nécessaire de le faire à partir de la richesse elle-même et du capital, endogènes et non exogènes, en les exprimant dans une monnaie infalsifiable fondée sur le vivant (exemple chaque individu, animal, etc… est unité monétaire), une unité-vivant/crédit d’échange tangible liée aux valeurs d’usage (pas de contrefaçon possible ni spéculation de/sur l’état vivant et l’état mort) ?

  7. Bonjour à tous,

    J’ai indiqué dans de précédents commentaires pourquoi je pense que, contrairement à ce que laissent entendre certains auteurs de ce blog, la robotisation ne peut se faire qu’à un prix: sortir du capitalisme. Elle n’est aucunement en phase avec la logique du capitalisme, mais bien en rupture totale avec elle.

    Sortir du capitalisme implique deux scénarios possibles: 1) si les élites économiques se maintiennent, il faudra qu’il y ait une sortie vers un « féodalisme 2.0 »; 2) l’autre possibilité est « l’économie de l’abondance, la société des loisirs »: chacun a son ou ses robots et est presque autosuffisant. Les robots font tout le travail nécessaire et l’humain est « libre » de vaquer à ses loisirs. Cela se fait au prix de la disparition des élites économiques.

    Il y aura donc conflits en vue. D’autant plus qu’il y aura des mouvements luddites anti-robots pour des raisons éthiques et morales: le travail ferait partie de la condition humaine; vouloir le faire disparaître, c’est nous déshumaniser.

    Quoi qu’il en soit, mon point est de rappeler que tout cela ne se fera pas si rapidement ou si facilement. Remplacer le travail humain par le travail des robots impliquera des choix, des pertes de privilèges pour les uns ou pour les autres. Il ne s’agit pas d’un processus inéluctable et certain, mais d’un processus qui sera la synthèse d’une lutte de classes aux contours encore très incertains.

  8. le problème est récurrent, dans la Grèce antique les citoyens libres étaient remplacés par des esclaves, des hommes contraints à devenir des robots sous le joug de maîtres tyranniques. Les habitants de la cité, remplacés par ces robots humains, se retrouvaient sans activité et sans ressource.

  9. taxer la propriété privée dans son entièreté, c’est taxer le capital sous toutes ses formes. Le combat est titanesque, car l’ennemi est partout, en nous, sur le blog, dans la rue, dans la meute, chez les opposants, au sein des minorités comme des majorités. Zébu lui-même semble vaincu, après le stade ultime… et bien, essayons de devenir rentier puisque les faits sont là. Asséner des certitudes pour une histoire qui ne fait que se prolonger, c’est faire le jeu du capital, dommage !

    1. patience, petit bonhomme 😉 , il faut comprendre avant que de proposer …
      J’ai aussi du mal à le faire : hier encore, je pensais que la socialisation des gains liés à la machinisation via une taxe à la sismondi pouvait être une, sinon LA solution (c’en est une, mais de court terme, et non structurelle) …

      1. c’est aussi ce que prétend régulièrement Paul Jorion, mais pourquoi de court terme ? Si cette taxe est prélevée sur le chiffre d’affaires réalisé, elle est pérenne.

      2. Il y a un autre moyen de résoudre la question des robots sans les taxer:

        Supposons que:

        – on ne laisse au privé que la propriété de ce qui est renouvelable et abondant (au sens que l’on peut en produire autant que le marché en demande, auquel cas les prix de ces choses là tendront vers les coûts de production, comme les biens industriels de masse. Sur ces biens la spéculation est impossible, puisqu’on peut produire « à volonté »

        – si les robots permettent de réduire les coûts, c’est tout bénef pour les consommateurs. Les profits n’exploseront pas à cause de la concurrence.

        – Les employés remplacés par des robots pourront travailler dans des secteurs « hors marché » (remise en état de la planète, etc.), financés par les rentes perçues par la collectivité et payées par ceux qui feront usage des biens de la collectivité.

        Tout ça reste a préciser. Peut être aussi que ça ne tient pas la route, il faut creuser …

      3. Domi, éventuellement dans un libre marché, car si vous mettez des quotas, si vous planifiez la production, les prix peuvent subir une espèce de spéculation 😉
        mais la production de masse se heurte à la rareté des matières premières, le coût de l’énergie, les scories générés, la pollution, etc. Il faut plutôt tendre vers un phénomène de décroissance.

  10. Pour envisager la disparition du travail dans le cadre de l’inévitable robotisation, ne faudrait-il tenir compte du fait que le travail permet de satisfaire, chez chacun, le besoin de commander aux autres ; même débonnaire, on est toujours le petit chef de quelqu’un.

    Paul Jorion propose que nous nous livrions, petites mains enfin désoccupées, tous ensemble et avec bonheur, à la toilette de Madame la Terre. La réalité du dévoiement de l’économie sociale et solidaire, et de l’économie positive par la réalité des chantiers d’insertion devrait prendre place dans cette discussion. De la même façon que le Bangladesh à un avenir dans la production matérielle face aux robots, les chantiers d’insertion ne sont-ils pas l’avenir du besoin domination auquel le travail répond.

    Comme une bonne citation vaut mieux qu’un long discours :

    Là encore, les actions des associations, aussi louables soient-elles, contribuent à maintenir les personnes les plus démunies dans un état de soumission et de dépendance. Car, toutes ces associations sont en lien direct avec l’État (financièrement) et les administrations, car elles doivent faire profil bas pour obtenir l’agrément des départements et avoir l’autorisation de fonctionner par les préfets. Par exemple l’ANDES (Association nationale des épiceries solidaires), qui agit dans le cadre de chantiers d’insertion.
    Il n’y a pas de petits profits.
    Le premier chantier de ce type a vu le jour à Rungis en 1998. Depuis cette date d’autres ont été créés : à Perpignan, à Lille, à Marseille et à Lyon. Dans ces chantiers dits d’insertion, ce sont des chômeurs de longue durée qui récupèrent chaque jour, chez les grossistes des palettes de fruits et de légumes, destinés à la poubelle. Ensuite, ils effectuent un travail de tri qui permet sur 100 kilos de fruits et légumes d’en sauver environ 55 kilos de la décharge. Puis, ces 55 kilos de fruits et légumes seront vendus 30 centimes le kilo dans les épiceries solidaires du réseau, mais aussi aux Restos du cœur et dans les banques alimentaires.
    C’est exactement le même principe de fonctionnement qui prévaut pour les paniers de la mer qui sont régis et encadrés par la Fédération nationale des paniers de la mer. Là encore, des salariés en insertion récupèrent les tonnes de poissons invendus parce que trop chers. Ces salariés apprennent à nettoyer et à découper, puis à congeler le poisson qui sera ensuite livré à un prix défiant toute concurrence, aux structures d’aide alimentaire. Après que la première association des paniers de la mer a vu le jour dans le Finistère en 1997, quatre autres ont suivi : à La Rochelle, à Boulogne-sur-Mer, à Lorient et à Saint-Malo. Une autre va prochainement être créée à Fécamp. Il ne faut pas croire que ces grossistes et ces chevaliers d’industrie des MIN, des criées cèdent leurs invendus gratuitement. Ce ne sont pas des philanthropes, la misère leur est totalement étrangère et ils ne se sentent surtout pas responsables. Rien n’est gratuit chez ces gens-là. En contrepartie de leurs invendus, ces bienfaiteurs d’un genre particulier réduisent leurs déchets et, par la même occasion, ils réduisent le montant de la taxe qu’ils ont à payer. Ils profitent également de la défiscalisation liée aux dons aux associations.
    Plus la misère, la pauvreté et le chômage progressent et perdurent, plus ces chantiers « dits d’insertion » se développent. Ils sont l’expression même de la misère et d’un pays en voie de sous-développement.
    Les conditions de travail, d’hygiène et de sécurité ne sont guère respectées, dans ces chantiers de « l’humiliation », proches de l’esclavage. Au sein de ces structures, il n’existe aucune convention collective, le travailleur est lié au règlement de l’association. Et surtout qu’il ne s’avise pas à faire preuve d’indépendance, d’émancipation ou même de réfléchir, car il sera immédiatement suspecté d’être une forte tête, donc à surveiller. Le salarié en « insertion » doit réapprendre à être poli et à respecter le chef. Il doit également arriver à l’heure et travailler pour un salaire (des clopinettes) qui jamais ne lui permettra de s’en sortir. Mais qui, par contre, le maintiendra dans un état de dépendance totale vis-à-vis du pouvoir politique, de l’administration tatillonne et aux ordres du patronat exploiteur

    « Faire face à l’incurie du pouvoir politique : à propos d’une tentative de récupération du mouvement de la Tentes des glaneurs » (lemondelibertaire)

    Ne croyons-nous pas que l’accent, partout porté,sur l’inévitable robotisation ne cache, l’enjeu très actuel, car déjà en cours, de la reconstruction de nouvelles hiérarchies ?

    1. Et pourtant ceux qui étaient souvent à l’origine de ces associations, s’étaient « bougés le cul », croyant bien faire.
      Comme quoi ça ne suffit pas.

      1. Evoquer ce qui serait la contradiction ultime du capitalisme, pour ne retenir que la nécessaire taxation des propriétaires de robots, n’évite-t-il pas de poser, prioritairement la question de l’émancipation des pauvres.

        La robotisation ne satisfera pas le désir de domination, voyez ainsi, aujourd’hui déjà, « Podemos » choisit le centralisme ! Sur les 200.000 personnes qui se sont volontairement inscrites à la consultation organisée par Podemos, 88.000 n’ont pas voté, pourquoi ?

        §

        Je pense sincèrement qu’une très large mobilisation sur une action collective de formation, articulant les moyens existants, afin que les marges puissent prendre en main la construction de leur milieu de vie direct, est prioritaire à toutes velléités de recréer un « parti » qui ne serait « vraiment » de gauche afin d’avoir le pouvoir de redistribuer .

        Malgré ce qu’il est tenté de faire croire ici, ce ne sont pas les robots qui vont changer les vitrages et l’isolation des HLM délabrés ; c’est pourtant la priorité, (s’il s’agit en France de se donner les moyens d’en finir avec le nucléaire) ; à moins que la visée soit de montrer l’exemple d’une redistribution des cartes, en favorisant l’enrichissement de nos « braves PME » actives dans l’isolation … qui donc et dans quelles conditions seront redistribuées les taxes prélevées sur les propriétaires de robots ?

        L’urgence n’est-elle pas à la création de coopératives autonomes de rénovation du bâti ? Le combat décisif n’est-il pas est de permettre aux chômeurs d’y forger leur capacité à l’autonomie, sans être obligés de faire les clowns dépressifs au, RSA pôle emploi, en faisant semblant de chercher un travail qui n’existe pas, parce que, est-il ajouté ici, « les robots l’auraient pris » ? L’émancipation ne passe-t-elle pas par un revenu de base et la construction de lieux de développement de l’autonomie? sur ce point, n’est-il pas dangereux de ce centrer sur la question « les robots qui viendront » et de laisser, dans l’indifférence, se construire l’aliénation déjà là?.

    2. oui, le travail disparaît aussi de cette manière là.
      Ceci dit, cette citation en dit long sur l’auteur, qui méconnaît voir écrit des conneries.
      L’association, par exemple, ne dépend pas de ‘l’autorisation du préfet’ pour fonctionner : il n’existe pas de contrôle à priori, mais bien un contrôle à posteriori, de légalité.
      Ensuite, évidemment que les salariés ont une convention collective !!
      Soit, avant le 1er décembre 2012, ceux-ci appliquaient la convention de la structure qui les employaient, soit après la CCN des ACI (obligatoire). Il suffit juste d’aller sur le site de la FNARS pour s’en assurer : http://www.fnars.org/images/stories/champs_d_action/pdf/CNAR-IAE-Fiche-technique-ACI-aout-2013.pdf
      Que celle-ci ne soit pas appliquée est évidemment un autre problème.
      Je suis par contre totalement d’accord sur l’utilisation sociale, économique et financière de ces ateliers.
      Mais ce n’est pas une raison pour écrire n’importe quoi.

  11. A propos de logiciels, celui qui gère ce blog est remarquable.

    J’ai noté que mes commentaires ne sont publiés que s’ils obéissent à certaines règles.
    Ces règles sont bien pensées, puisqu’elles visent à rendre les discussions les plus constructives possibles.

    Étonnant, non?

      1. En fait j’ai cherché à comprendre ses critères, et les applique moi-même, pour lui faciliter la tache….

        à suppimer… 😉

    1. Dominique, la technique c’est de commenter directement au début du fil, d’être dans les 5 premiers, là vous passez même en disant n’importe quoi. Le logiciel cherche à rassurer le créateur sur le succès de son entreprise, lorsqu’il semble convaincu de sa capacité à séduire suite à la multiplication des interventions, il devient alors plus hardi sur la coupure… 😉

  12. en son temps et dans un autre contexte, on a eu Marx puis la puissante résistance du socialisme, le monde devenait multipolaire ; dans notre temps, on a Piketty, de puissants réseaux de résistance sont en germe. Nous devons aller au-delà du stade ultime défini par zébu, car une fois celui-ci établit, il faudra utiliser ses infrastructures nouvelles pour une communion démocratique régénérée.

  13. Guy Leboutte
    29 octobre 2014 à 14:31
    Cette question ne semble pas inutile!
    Etre remplacé par des robots ? Le vrai risque serait plutôt de devenir robot

    Bonsoir à tous.
    En effet ,Guy… Je développe à titre d’exemple:
    J’exerce une activité où la plupart, pour ne pas dire la totalité de mes concurrents font appel à des techniques informatiques de création et de modélisation qui ont fait leur succès.
    J’ai de mon côté, par attachement à des techniques plus artisanales, poursuivi mon activité dans le sens qui me paraissait le plus en accord avec la conception que je me faisais de mon métier.
    Ainsi, j’ai pris le risque d’écarter toute demande ou sollicitation d’activité sortant du cadre que je m’étais fixé.
    Ce cadre très simple, mais « très solide » consiste à refuser toute prestation dès lors qu’un intermédiaire quel qu ‘il soit, risque de me séparer du bénéficiaire réel de mon travail.
    Ceci m’a naturellement fait écarter tout participation à des travaux pour le secteur public , ou même pour toute société du secteur privé.
    Je travaille ainsi depuis plus de 20 ans, uniquement pour des « vrais » gens (au sens juridique, des personnes physiques) et mon activité, et la confiance qui l’entoure désormais sont un réel motif de satisfaction, d’autant que j’aime mon métier plus que tout et l’exerce toujours avec la même passion, sans aucune assistance informatique pour la partie créative qui est le coeur de mon métier.
    Aujourd’hui, peut-être grâce à cette crise que vous déplorez tous (et moi-aussi!), la concurrence n’existe plus, asphyxiée par les frais généraux et les contraintes salariales et je suis désormais quasiment seul sur mon secteur à savoir encore faire simplement mon travail…
    Cette activité indépendante et très artisanale n’a pu prendre son essor qu’après de longues années de pratique et de patience pendant lesquelles je savais pertinemment que d’autres marchaient bien « plus fort » que moi sans les exigences que je m’étais imposées!
    Dire que je vis aujourd’hui sur un grand pied serait mentir, mais je vis bien en faisant ce que j’aime comme j’aime, et(le plus important à mes yeux) sans patron, ni employé.
    J’ai su renoncer il y a bien longtemps à des futilités grégaires et cycliques comme les vacances lointaines, et consacre mon temps libre à ma famille, à ma maison, et à mes enfants qui sans faire de grandes études trouvent tout naturellement leur chemin en regardant leurs camarades foncer tête baissée dans les impasses des formations à la modes (surtout celles devenues payantes), alors qu’eux se dirigent vers de vrais métiers (ceux qui leur permettront bientôt de devenir indispensables à leurs semblables quand l’art de « faire de ses propres mains » aura disparu).
    Ils discernent déjà eux-même les résultats désastreux d’études inutiles et suivies avec ennui par la plupart de leurs camarades, et les motivations essentiellement financières (le salaire futur) qui les justifient tant bien que mal.
    Il tentent d’ailleurs, comme je le fais ici de partager leur expérience en toute gentillesse avec ceux qu’il voient déjà comme les prochains naufragés de la vie, et ne reçoivent bien souvent en retour que moquerie et mépris.
    La robotisation des esprits, bien plus que celle du travail, nous pousse tous artificiellement à remettre en cause perpétuellement nos formations, nos modes de travail et même de vie quotidienne, et aujourd’hui le plus fréquemment possible.
    Est-ce que les besoins et les aspirations profondes de l’homme ont autant évolués?
    Ceux qui nous dirigent, eux change-t-ils leur façon de gouverner?
    Je ne l’ai pas remarqué.
    N’attendez pas d’avoir atteint votre « niveau d’incompétence », c’est le but recherché de la robotisation, et la dépression au bout du chemin! ( En plus les robots ne font que des conneries – les mêmes que les hommes qui les programment)
    Il nous faudra tous très bientôt refuser d’agir contre nos convictions sous prétexte que « le patron » l’a demandé.
    C’est vrai, c’est plus facile pour moi qui n’en ai pas!(de patron!)
    Alors si vous n’osez pas, faites plombier*, couvreur*, ou charpentier*… On en demande!
    Et puis au moins la robotisation ne vous remplacera pas!(malgré tout ce que peu écrire P.JORION…trop de grains de sable, ça bloque les imprimantes 3D!)
    A plus, Eric.

    *Moi c’est le bâtiment, pour les autres métiers voir un autre intervenant!

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