DE LA DÉMOCRATIE EN WALLONIE, par Jonathan Dehoust

Billet invité.

À la question de savoir si l’année 2015 sera une année de prospérité économique, les Belges seraient parmi les plus pessimistes sur une liste de 65 pays. C’est ce que rapporte une étude annuelle Gallup. Seuls l’Italie, la Bosnie, la Serbie et le Liban seraient aussi cafardeux quant aux promesses de cette nouvelle année.

Quelle noirceur dans notre plat pays ! Et force est de constater que le climat social post-nouvel an ne fait pas office d’anxiolytique : les medias sont inondés de témoignages de chômeurs exclus et de craintes de Centres Public d’Action Sociale (*) débordés et l’on attend toujours ce qu’il adviendra du fameux « saut d’index » et autres mesures du Gouvernement Michel contestées par les organisations syndicales. De nouvelles actions ne sont pas impossibles. La Belgique n’est plus seulement divisée entre francophones et néerlandophones : le clivage s’est élargi vers une opposition grévistes/non-grévistes – quelle que soit la langue parlée.

Pourtant, gardons un espoir et appuyons-nous sur le moindre fait susceptible d’apporter un brin d’optimisme. J’en ai un à vous proposer. Quittons le fédéral, allons voir du côté des entités fédérées. En Wallonie, plus principalement. Les différents partis politiques qui composent le parlement souhaiteraient faire de la région une pionnière en matière de consultations populaires ; forme de démocratie participative désormais possible selon l’article 39bis de la Constitution. Il ne resterait que les modalités de mise en œuvre à discuter : initiative gouvernementale, parlementaire ou populaire ? La majorité PS-cdH pencherait vers cette dernière solution, de crainte qu’une initiative émanant exclusivement des institutions servent d’instrumentation politique. Autre chose : extension de l’âge pour le vote à 16 ans ou conservation de la majorité civile ? Récolte de 100.000 signatures citoyennes ou abaissement de ce seuil ? Parmi les signatures, faut-il laisser la place à un certain pourcentage commun entre les cinq provinces de la région ? Une réponse à ces questions serait trouvée dans les prochains mois.

Même si l’avis donné par la population ne serait pas contraignant pour le pouvoir politique, voyons cette proposition de décret spécial comme une voie réjouissante vers une ouverture alternative au dogme d’une démocratie représentative malade.

Espérons ! Espérons que l’idée fasse tache d’encre et infecte les parlements bruxellois et flamand ! Espérons que les consultations populaires fassent effet et ne soient pas qu’un simple rideau fumigène lancée par la particratie francophone. Espérons que les questions posées aux citoyens les (re)politisent et les rendent inventifs. Finalement, espérons qu’en cas de confédéralisme (avenir logique comme les lois de Darwin selon Siegfried Bracke, Président du Sénat), la Wallonie ait le courage de se réinventer en élargissant les initiatives citoyennes pour devenir une terre de grande créativité politique dans cette Europe de technocrates.

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(*) Wikipedia : En Belgique, il existe un Centre Public d’Action Sociale (CPAS) dans chaque commune belge […] Les centres publics d’action sociale sont des organismes publics qui ont pour mission « de permettre [à chacun] d’être en mesure de mener une existence conforme à la dignité humaine ». Ils sont donc chargés de dispenser une aide sociale en faveur de certaines personnes. Mais aussi, d’autres mesures spécifiques d’accompagnement et de soutien, d’ordre psychologique, sociale, financière, médicale, administrative, leur sont accordées en vue de leur permettre de se réinsérer dans une vie sociale active.

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